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	<title>Senegal-business.com &#187; Portrait</title>
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		<title>MAKHTAR DIOP, VICE-PRESIDENT DE LA BANQUE MONDIALE POUR L’AFRIQUE: Du Sénégal à la Banque mondiale en passant par le Fmi</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 08:48:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Ancien ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal dans le second gouvernement formé par l’ancien premier Ministre Moustapha Niasse sous Wade, Makhtar Diop devient Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. Peu de sénégalais se souviennent encore de lui ou ne le connaissent même pas, tant le passage de l’homme dans l’attelage gouvernemental au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2012/01/mactar-diop.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15363" title="mactar diop" src="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2012/01/mactar-diop.jpg" alt="" width="155" height="110" /></a>Ancien ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal dans le  second gouvernement formé par l’ancien premier Ministre Moustapha  Niasse sous Wade, Makhtar Diop devient Vice-président de la Banque  mondiale pour l’Afrique.<br />
Peu de sénégalais se souviennent encore de lui ou ne le connaissent même  pas, tant le passage de l’homme dans l’attelage gouvernemental au  Sénégal a été fulgurant. Makhtar Diop avait quitté son poste  d’économiste au siège du FMI à Washington pour devenir Ministre de  l’Economie et des Finances dans le second gouvernement formé le 3 avril  2000 par l’ancien premier Ministre Moustapha Niasse, sous Wade. A  l’époque, l’actuel ministre de l’Economie et des finances Abdoulaye  Diop, était ministre Délégué chargé du Budget.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Makhtar Diop est aussi un des ministres sinon le ministre le plus  éphémère de l’époque. Entre Moustapha Diagne son prédécesseur au poste  de ministre de l’Economie et des finances et Abdoulaye Diop, son  successeur jusqu’aujourd’hui, Makhtar Diop n’aura tenu qu’un an d’avril  2000 à mai 2001, comme argentier de l’Etat. Pourtant, en si peu de temps  et très impliqué alors dans les grandes reformes macro-économiques du  Sénégal qu’il a initiées telles que la restructuration de la Direction  des Douanes, l&#8217;informatisation des Services du Trésor. Réformes qui ont  permis au cours de cette année une augmentation très forte des recettes  en dépit d&#8217;une baisse des tarifs extérieurs communs aux hui pays membres  de l’Uemoa (Union économique et monétaire Ouest africaine) dont il aura  présidé le Conseil des ministres, le 21 décembre 2000.</p>
<p>Un Conseil des ministres auquel avaient pris part aux travaux un certain  Charles Konan BANNY alors Gouverneur de la BCEAO, Monsieur, Moussa  TOURE, Président de la Commission de l&#8217;UEMOA, Yayi BONI, Président de la  BOAD, dans le contexte d’une « insuffisante convergence » des  performances en matière d&#8217;inflation entre les pays et la persistance de  tensions sur la trésorerie publique dans certains Etats, comme le  Sénégal.</p>
<p>Auparavant, sa carrière d’analyste financier et son passage en tant que  fondé de pouvoir à l&#8217;Union sénégalaise de banques (USB) lui ont  certainement servi lorsqu’il a lancé le premier Sovereign Debt Credit  Rating (notation de la dette souveraine d’un pays) avec Standard and  Poors. De même, le conseiller technique qu’il a été au ministère de  l&#8217;Économie et des Finances, de 1986 a1993, puis économiste au Fonds  monétaire international (FMI) de 1997 à 2000, a su, en tant que ministre  de l’Economie et des finances, jouer un rôle important rôle dans la  fusion du plan Omega et MRAP qui a donné naissance au NEPAD, alors si  cher au Président Wade. Ce qui n’a pas empêché celui-ci de le «  remercier » en mai 2001. Motif : « pas assez politicien » ! Du moins  officiellement.</p>
<p>Car son départ du gouvernement coïncide avec le début de mal gouvernance  du régime PDS qui conduit le Sénégal, en 2008, à demander l&#8217;aide de la  France pour payer sa dette intérieure qui, en 2000, était nulle. La  Constitution de 2001 avait réorganisé les institutions publiques  centrales, avec l’objectif de promouvoir une meilleure gestion des  ressources publiques dans un cadre simplifié et rationalisé. Le Sénat,  très critiqué, avait alors disparu du paysage institutionnel en même  temps que le Conseil économique et social. Deux institutions alors  jugées « budgétivores » et « inutiles » par les nouveaux tenants du  pouvoir qui ont vite fait de les ramener, avec plus de gabegie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Départ heureux</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
Pendant ce temps, à partir d’octobre 2001, Makhtar Diop a occupé tour à  tour à la Banque mondiale, les fonctions de directeur des opérations  pour le compte du Kenya, de la Somalie et de l&#8217;Érythrée ; directeur pour  le Secteur Finances, Secteur privé et Infrastructures pour l&#8217;Amérique  latine et les Caraïbes ; directeur des opérations et de la stratégie  pour l&#8217;Amérique latine et les Caraïbes ; Actuellement Directeur des  opérations de la Banque mondiale au Brésil depuis janvier 2009, Makhtar  Diop y gère le plus gros portefeuille de la Banque mondiale avec des  prêts à ce pays atteignant, en moyenne, trois milliards dollars par an,  selon un communiqué émanant de la BM. Un poste qu’il devrait quitter en  mars prochain pour rejoindre le siège de l’institution à Washington, en  tant que nouveau Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique.  Une nomination sanctionnée par le Conseil d’Administration de ladite  institution qui fait de M. Diop, le premier Africain francophone à  occuper ce poste, en remplacement de Mme Obiageli Ezekwesili qui est de  nationalité nigériane.</p>
<p style="text-align: justify;">Sud Quotidien</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>GABRIEL FAL &#8211; PDG DE CGF BOURSE: &#8220;Beaucoup pensent encore que les activités boursières et financières se résument à de la spéculation&#8230;&#8221;</title>
		<link>http://senegal-business.com/2011/08/gabriel-fal-pdg-de-cgf-bourse-beaucoup-pensent-encore-que-les-activites-boursieres-et-financieres-se-resument-a-de-la-speculation/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 09:18:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Rencontre avec Gabriel FAL, LEADER Président Directeur Général de CGF Bourse, Gabriel Fal est un homme effacé qui mène ses activités dans la discrétion. Il a hérité du caractère trempé, du pragmatisme et du sérieux de son père Cheikh Fal, premier Directeur de la défunte multinationale, Air Afrique. Aujourd’hui, ce riche et tout à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/08/Gabriel-Fal.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-13952" title="Gabriel-Fal" src="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/08/Gabriel-Fal.jpg" alt="" width="137" height="151" /></a>Rencontre avec Gabriel FAL, LEADER Président Directeur Général de CGF  Bourse, Gabriel Fal est un homme effacé qui mène ses activités dans la  discrétion. Il a hérité du caractère trempé, du pragmatisme et du  sérieux de son père Cheikh Fal, premier Directeur de la défunte  multinationale, Air Afrique. Aujourd’hui, ce riche et tout à la fois  lourd héritage lui a permis de gagner la confiance de nombreuses  sociétés internationales. Il est marié à l’ex-mannequin Mimi Basse et  père de trois enfants. Icône est allé à sa rencontre pour en savoir un  peu sur l’homme.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si on vous demandait de dresser rapidement votre cursus, que diriez-vous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gabriel Fal :</strong> Je dirais que j’ai investi ma carrière  professionnelle dans la « finance de marché », ce qui correspond assez à  ma formation académique puisque je suis diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce et  d’Administration des Entreprises de Rouen avec une concentration en  Marketing et d’un MBA de l’Université Mc Gill au Canada avec une  spécialité en Finance. Mon premier emploi m’a été offert par la Chase  Manhattan Bank à New York puis à Dakar pour l’ouverture de son bureau de  représentation pour l’Afrique de l’Ouest. J’ai ensuite rejoint la  Citibank qui avait une plus grande ambition pour l’Afrique alors que la Chase Manhattan Bank ne s’y  était installée que par la volonté de son Président David Rockefeller J’ai donc eu la chance, à ce moment là, d’être recruté par la Citibank  Dakar au sein d’une super équipe dirigée alors par Magatte Diop avec Evelyne Tall, Gabriel Lopes, Ahmed Iyane Dia, etc. Au sein de la City,  j’ai eu à gérer les comptes de toutes les grandes entreprises du Sénégal  avant d’en devenir le DGA. De là, j’ai été affecté à Londres pour gérer le  Département des financements structurés chargé de l’Afrique francophone sous la supervision de Arnold Ekpe qui est devenu, depuis, le DG du  Groupe Ecobank International.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand avez-vous commencé à vous intéresser aux activités boursières ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est à partir de 1996, que j’ai démarré la grande aventure de la  Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’UEMOA (BRVM) que j’ai  contribué à installer en tant qu’Administrateur pour le Sénégal et Membre du  Comité technique. Au démarrage de la BRVM, j’en ai décliné la Direction Générale et j’ai préféré me tourner vers l’entreprenariat, en lançant  une Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) en Bourse qui s’appelle CGF Bourse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, au vu de ce cursus, on peut dire que vous avez  réussi. Comme feu votre père, vous avez un goût prononcé pour les hautes  études. Que représente ce dernier pour vous ? Sa trajectoire vous  a-t-elle influencé ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, si je devais parler de point commun entre l’expérience de  mon père et la mienne, j’évoquerais le goût de la démarche scientifique  et de l’innovation. Comme lui, j’aime les défis qui consistent à créer  quelque chose qui n’existait pas auparavant dans notre environnement.  Bien sûr, les dimensions ne sont pas comparables car en tant que PDG  fondateur d’Air Afrique, Cheikh Fal a étéun des premiers grands managers  en Afrique, mandataire de 11 chefs d’Etat qu’il n’hésitait d’ailleurs  pas à bousculer quand cela était nécessaire. Il me disait qu’en dehors  de programmer de nouvelles lignes, de commander de nouveaux avions, de  superviser la formation de pilotes africains et de tenir en respect  l’actionnaire-concurrent Air France, il passait au moins un tiers de son  temps à recouvrer les sommes que les différents Etats devaient à Air  Afrique. Un travail que ses successeurs n’ont pas su faire et qui est à  l’origine des difficultés de l’entreprise après son départ. On a  tendance à oublier qu’au moment où il quittait la Compagnie en 1973, Air  Afrique était rentable et classée la 18ème compagnie aérienne du monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Beaucoup de Sénégalais ne vous connaissent pas alors que vous  êtes un modèle de réussite qui peut les inspirer, leur servir  d’exemple. Pourquoi cette discrétion ou cette modestie ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Disons que j’ai un métier qui consiste, entre autres, à gérer des  valeurs pour le compte de clients et cela ne se prête pas trop au  « m’as-tu vu » ! (Rires). Plus sérieusement, je pense que dans la vie,  il faut faire des choix. Personnellement, je préfère que les idées que  je défends progressent au détriment de ma notoriété que le contraire. En  plus, la communication de CGF Bourse est plus orientée vers le client  et le produit que vers la promotion de soi-même. Si au terme de ma  carrière professionnelle, mes compatriotes et les entreprises de mon  pays savent se servir à bon escient du formidable atout que représente  le marché financier et boursier régional alors je pourrais dire que j’ai  rempli la mission que je me suis fixée. J’en profite pour dire que mon  épouse m’aide énormément dans mon travail surtout vis à vis des  investisseurs internationaux. Je l’en remercie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Venons-en à vos activités professionnelles ? Vous avez fondé CGF Bourse. En quoi consiste son rôle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si, en tant qu’épargnant individuel, vous décidez d’investir une  partie de votre épargne dans des actions, il vaut mieux que celles-ci  soient cotées en Bourse que non-cotées car la cotation vous offre une meilleure  information, sécurité et transparence sur lesdites actions ainsi que la  possibilité de les revendre facilement. L’intérêt d’acheter des actions est de profiter  des dividendes (à savoir 10% par an en moyenne pour la Sonatel) et  d’encaisser des plus values (le cours de la Sonatel a été multiplié par 9 depuis son  introduction en Bourse). Or, pour acheter des actions cotées en Bourse  vous devez nécessairement ouvrir un compte dans une SGI. Ce dernier  fonctionne un peu comme un compte bancaire où votre SGI débite le  montant de vos achats d’actions et crédite le produit de vos ventes  d’actions. CGF Bourse est une parmi les 22 SGI agréées dans l’UEMOA par  le Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) qui est une institution de l’UEMOA qui surveille la sécurité  des épargnants. Le régime de surveillance et de sanctions est sévère.  C’est simple, si une SGI fait une faute, elle encourt un retrait  d’agrément immédiat. CGF Bourse compte actuellement 17 collaborateurs et gère un  portefeuille-clients d’environ 150 milliards de francs CFA.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quels sont les services que les SGI comme CGF Bourse procurent aux entreprises ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise qui cherche à lever des fonds sur le marché financier,  soit sous forme d’actions ou sous forme d’obligations, doit  nécessairement en confier le mandat à une SGI. Suite à cette levée de fonds, les actions  sont introduites en Bourse pour faciliter leur négociabilité,  c’est-à-dire leur revente. C’est le même principe pour les obligations.  CGF Bourse a été mandataire de divers émetteurs comme la Sonatel,  Matforce, la BOAD, la BIDC, l’AFD, l’Etat du Sénégal, et bien d’autres.  Par exemple, si le Port Autonome de Dakar peut afficher des performances  aussi remarquables, c’est aussi grâce aux deux emprunts obligataires  qu’ils ont pu mobiliser en 2004 et 2010 à travers CGF Bourse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous semblez minimiser la spéculation boursière et les crises  financières internationales dont la dernière en date en 2008 a été très  sévère ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, beaucoup de gens pensent encore que les activités boursières  et financières se résument à de la spéculation. C’est vrai que la  Bourse se prête facilement à la spéculation financière mais on n’est pas  obligé de spéculer quand on place son argent en Bourse. On peut placer  son argent en bon père de famille. Les gens clairvoyants savent que les  revenus de tout un chacun ne sont pas réguliers et linéaires pendant une  vie. Il faut donc répartir ses revenus entre les périodes fastes comme  celle de son summum de carrière et celles moins rémunératrices comme  celle de la retraite. Le système boursier permet de gérer son patrimoine  de la manière la plus rentable, la plus transparente et la plus sûre.  Prenez, par exemple, la situation des employés de la Sonatel. Si beaucoup ont pu acheter des  maisons « cash », c’est en grande partie grâce au portefeuille d’actions  qu’ils ont su négocier en 1997 et qui ont fait l’objet d’une  introduction en Bourse en 1998.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En quoi consistent les activités de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La presse a tendance à parler de la Bourse comme s’il agissait d’une  personne, d’une entreprise ou d’un gouvernement, en fait on devrait  parler de système boursier car cela implique plusieurs intervenants comme le CREPMF, les SGI, les banques, les experts comptables etc. Il y a  bien une société qui gère l’exploitation de la « cotation » et qu’on  appelle communément la « Bourse » mais je dirais que la Bourse ne gère  qu’une partie du système boursier : la cotation, c’est-à-dire le calcul  des valeurs. C’est une calculatrice géante ! En dehors de cela, la  Bourse n’est que la compilation statistique des activités des SGI. Ce  sont ces statistiques qui font l’objet de commentaires journalistiques. Or l’ensemble de ces  statistiques traduisent des tendances, de l’engouement ou de la méfiance pour une valeur, un secteur économique voire un pays donné. Pour  simplifier, lorsque les journaux parlent de la « Bourse », ils parlent  de la synthèse de l’activité d’une place financière donnée comme la  Bourse de Paris, celle de New York ou la BRVM. Ce sont des notions  macro-économiques, c’est-à-dire au niveau d’un pays. Ce qui doit  intéresser le particulier, c’est ses propres achats et ventes d’actions,  et donc sa propre synthèse à travers son relevé de compte mensuel  établi par sa SGI.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quel est l’impact de la crise ivoirienne sur la BRVM ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Durant la crise ivoirienne les activités boursières ont chuté en  volume d’environ 90%. Par contre, les cours, c’est-à-dire le prix des  actions, sont restés stables. Cela veut dire que les épargnants et les  investisseurs régionaux et internationaux sont restés convaincus que la  situation en Côte d’Ivoire allait se rétablir à brève échéance. Il n’y a  donc pas eu de mouvement de panique comme on aurait pu justement le  redouter. J’en attribue le mérite à nos institutions communautaires de  l’UEMOA qui ont joué une partition sans fausse note et qui, selon moi,  ont sauvé la Côte d’Ivoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Sonatel pèse-t-elle encore lourd au sein de la BRVM ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Sonatel pèse toujours entre 40 et 50% des activités boursières de  l’UEMOA. Les plus gros investisseurs sur la BRVM sont des fonds  d’investissement anglais et américains qui ne sont pas vraiment des fonds spéculatifs mais des fonds universels qui veulent des actions dans  toutes les régions du monde, y compris en Afrique. Ils travaillent sur  un indice qui regroupe les valeurs qui sont considérées comme les 40  actions les plus performantes d’Afrique parmi lesquelles, les grandes  valeurs égyptiennes ou sud africaines et la Sonatel est la seule valeur de la  BRVM qui n’est jamais sortie de cet indice. Pour nous taquiner, les  gestionnaires anglais disent que la BRVM devrait s’appeler la« Bourse de la Sonatel »  tellement cette dernière est hégémonique parmi les valeurs cotées à la  BRVM. C’est tout dire ! (rires)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comparée à ses consoeurs des pays anglophones, la BRVM reste encore à la traîne.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui l’explique selon vous ? C’est certain que les pays  francophones sont encore peu développés en matière boursière. C’est culturel, c’est historique, mais cela ne veut pas dire pour autant que  les choses ne changeront jamais. Parlons d’abord des épargnants. En  réalité on ne leur propose que rarement d’acheter des actions ou des  obligations. En Europe, en Asie ou ailleurs, si vous allez voir votre  banquier et que celui-ci constate que vous avez des disponibilités d’épargne sur vos  comptes, il va certainement faire rapidement le diagnostic de votre  profil d’investisseur (comme un médecin va faire votre bilan de santé)  et vous proposer des produits financiers et boursiers pour améliorer la  sécurité et le rendement de votre épargne. Chez nous, la banque se  limitera à vous proposer un « dépôt à terme maison » parce que même si  les banques participent activement aux emprunts obligataires pour leur  propre compte, elles ne sont pas encore prêtes à proposer ces mêmes  produits à leurs clients car elles y voient une concurrence pour leurs  dépôts. J’ai toutefois la conviction que cela changera dans le futur  tout simplement parce qu’il n’y a pas de raisons que le Sénégal suive  une évolution différente que la plupart des pays plus développés.  Regardez, au Sénégal, le nombre des épargnants en Bourse, par exemple, ne dépasse pas 50.000 personnes contre presque  un million au Ghana.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi certaines entreprises sont encore réticentes pour  mettre leur capital en bourse ? Est-ce un problème de culture boursière  ou une méfiance ? Comment expliquer ce peu d’engouement des  entrepreneurs d’Afrique francophone pour la Bourse ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une première raison tient à la nature de l’actionnariat des  entreprises. Certaines sont des filiales de multinationales qui n’ont  guère besoin de capitaux externes ni envie de partager avec d’autres actionnaires  leurs bénéfices. Ou alors, il s’agit de sociétés familiales au sein  desquelles la gouvernance d’entreprise, qui implique transparence, respect des normes  de gestion, n’est pas toujours à la hauteur.</p>
<p style="text-align: justify;">À côté de ces arguments apparaît celui des logiques d’investissement  qui différencient les anglophones des francophones. Dans le cycle de vie d’une entreprise, après la phase de création et de promotion,  l’entrepreneur anglophone privilégie le financement du développement par  le capital, à travers des fonds d’investissement ou de capitalrisque.  Arrivé à la phase de maturité, qui intervient en général au bout de six à  sept ans, le fonds d’investissement effectue sa « sortie » par la  Bourse.</p>
<p style="text-align: justify;">L’opération permet à l’entrepreneur anglophone de valoriser au mieux  son capital grâce à la plusvalue qu’il a réalisée. À l’opposé de cette  tradition anglo-saxonne, l’entrepreneur francophone finance généralement la phase  de développement de son entreprise par de la dette bancaire. La phase de  maturité arrive au moment de l’extinction des emprunts, et le rendement  que le promoteur attend n’est réalisé qu’à travers les dividendes distribués. Parler d’une éventuelle « sortie » est une question taboue  puisque, selon lui, l’entrepreneur francophone est là pour toujours…  (rires) !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon vous, au regard des déboires de la Senelec, par exemple, comment se porte l’entreprise publique au Sénégal ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau de l’entreprise publique, je ne comprends pas pourquoi on  nomme à la tête de sociétés importantes et pas toujours faciles à gérer,  des gens qui n’ont aucune expérience de la gestion sous prétexte qu’ils sont  performants sur le plan politique. Vous vous rendez compte que  certaines entreprises publiques ne publient pas de comptes certifiés depuis des  années. Dans ce cadre, je serais partisan d’une règle non écrite qui  consisterait à démettre immédiatement de ses fonctions tout Directeur Général d’une entreprise ou régie financière publiques qui ne  pourrait pas faire certifier ses comptes annuels car c’est le comble de  l’incompétence en matière de gestion. C’est comme si un pilote d’avion  prétendait faire son travail, c’est-à dire transporter les gens en toute  sécurité, sans utiliser un tableau de bord fiable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le MEDS vous a décerné le prix du meilleur manager homme de  l’année 2010. Selon vous, qu’est-ce qui vous a valu ce trophée ? Et que  représente pour vous cette distinction ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, je tiens à féliciter le MEDS et son Président Mbagnick  Diop, car il a su organiser un grand évènement réellement populaire  autour de l’entreprise sénégalaise et africaine. Bien sûr, il y a ceux qui doutent  de la sincérité et de la valeur de la distinction. A ceux-là, je dis  qu’il s’agit effectivement d’une manifestation commerciale pour les  sponsors et de mobilisation de ressources pour les organisateurs. Et  alors ? Rien de nouveau sur la comète, cela fonctionne comme ça partout  dans le monde entier ! Par contre, je peux témoigner que CGF Bourse n’a  jamais été mise devant un « deal » qui consisterait à échanger un  sponsoring contre une distinction. Pour ma part, je considère que j’ai créé en 1998  une entreprise avec un capital de 150 millions de francs CFA qui n’a  jamais fait de pertes et dont le capital vient d’être porté à 1 milliard de  francs CFA. CGF Bourse travaille et paye ses factures dans le respect  absolu de ses clients, de son personnel, de ses fournisseurs et prestataires de  service, de l’administration fiscale, ce qui lui permet de recevoir en  retour leur considération et respect. Cela dit, cette distinction n’est pas un diplôme académique, censé  certifier un savoir donné ou la maîtrise d’une technique, mais juste une  reconnaissance « honoris causa », pour l’honneur, d’une contribution au  progrès de la gestion des entreprises dans notre pays et je le prends  donc comme cela. Par ailleurs, mes collaborateurs et moi-même essayons  d’aller le plus possible vers le grand public pour lui apporter, autant  que faire se peut, les bienfaits de l’investissement et de l’épargne et à  ce titre, la distinction du MEDS était parfaitement opportune.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etes-vous passionné de politique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas passionné de politique mais un grand amateur  d’Histoire, avec un grand H. Je lis en moyenne deux ou trois livres à la  fois concernant le même sujet pour pouvoir faire des recoupements et mieux comprendre le  « pourquoi et le comment » de ce qui s’est passé dans l’espace et dans  le temps. Je m’intéresse à la politique actuelle de mon pays, non pas dans ses  dimensions « lutte pour le pouvoir » ou « positionnement pour un poste »  mais dans ce que l’Histoire retiendra de notre époque et du régime qui  est le nôtre. Franchement, à titre personnel, les postes de gouvernement  ne me font pas rêver et je n’échangerais pas ma position d’entrepreneur indépendant pour celle de ministre. Pour aller plus loin, je dirais que  si on devait considérer une répartition intelligente des rôles au  Sénégal, il faudrait qu’il y ait moins de politiciens et plus  d’entrepreneurs, d’ingénieurs et de chercheurs. Il faudrait aussi  revaloriser, c’est à dire donner plus de considération pécuniaire, à des  professions qui sont tout aussi indispensables au développement du pays  que celle de ministre, à savoir, les enseignants, les métiers de santé  publique, les agents de propreté, les agriculteurs, les professionnels  du tourisme et bien d’autres.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous voulez dire que les responsabilités publiques ne vous intéressent pas ? D’où vous vient cette aversion ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’aime l’indépendance avant tout ! Or, un responsable de la sphère  publique reste forcément très dépendant du pouvoir politique. Peut-il,  dans ce cas, échapper à la pensée unique ? Je ne le crois pas. Si vous  le permettez, je voudrais profiter de cette tribune pour demander à  certains de vos collègues journalistes d’éviter de qualifier certaines nominationsà des postes  publics de « juteuses ». Ceci est dérangeant car cela insinue auprès des  lecteurs que le bénéficiaire serait le propriétaire de son domaine de responsabilité  dont il pourrait disposer des ressources à sa guise, alors qu’en fait,  il n’en est que le dépositaire. Or, un dépositaire n’est pas un propriétaire, il  doit rendre compte de sa gestion et restituer en intégralité, à la fin  de sa mission, les affaires ou les actifs qui lui ont été confiés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Politique et finance, un couple sur lequel repose tout développement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette assertion. Certes,  l’action publique et le financement font partie intégrante du  développement mais ils sont loin d’être les seuls. Je pense que d’une façon ou d’une autre tous  les corps de métiers participent au développement économique et social  du pays. Maintenant si votre question tend à insinuer que les financiers  devraient faire de la politique et les politiques de la finance, vous ne  trouverez pas en moi un avocat de cette thèse. Je suis plutôt un adepte  de la théorie du « à chacun son métier ». Bien sûr, des personnes comme  le Président Yayi Boni, ou l’ex Premier ministre de Côte d’Ivoire,  Charles Konan Banny sont issus de la sphère financière mais il faut dire que  l’un dirigeait une banque de développement et l’autre une banque  centrale et de ce fait, partie prenante de l’élaboration et de l’exécution de la  politique macro-économique des Etats et donc, par extension, de la  direction politique des pays. Cela n’est pas le cas des banquiers commerciaux, des banquiers  d’affaires, des ingénieurs financiers et des spécialistes de la finance  de marché parmi lesquels je me classe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si on vous demandait d’adresser un message aux jeunes Africains, que leur diriez-vous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’encouragerais tous les jeunes à choisir, à l’apprendre, avec toute  la patience et la persévérance qu’il faut, et à exceller dans un métier.  Que la jeune personne ait fait ou non des études poussées, ce n’est pas le plus  important. Ce qui compte, c’est de maîtriser un savoir ou une technique  et essayer de devenir le meilleur. Vous savez, si vous êtes le meilleur  cordonnier ou la meilleure couturière de votre ville ou de votre pays,  vous deviendrez un ou une notable aisé(e) et respecté(e) partout et en tout temps. Si par contre, vous êtes bardé de diplômes sans  maîtriser un métier particulier, vous risquez de vivre une vraie  « galère ». J’invite donc tous les jeunes Africains et Africaines et  surtout les filles, à choisir et à privilégier « l’approche métier ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Icône Magazine</strong></p>
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		<title>Maroc : Mohamed El Kettani, l&#8217;homme de l&#8217;international</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Aug 2011 09:13:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Management]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis son accession à la tête d’Attijariwafa Bank en 2007, Mohamed El Kettani conduit à un rythme soutenu le développement du groupe au sud du Sahara. Nouvelle étape?: la création d’une banque d’affaires à Dakar. Banquier incontournable du royaume chérifien, Mohamed El Kettani s’est rapidement fait un nom dans les milieux bancaires du continent, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/08/elkettani.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-13830" title="elkettani" src="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/08/elkettani.jpg" alt="" width="147" height="150" /></a>Depuis son accession à la tête d’Attijariwafa Bank en  2007, Mohamed El Kettani conduit à un rythme soutenu le développement du  groupe au sud du Sahara. Nouvelle étape?: la création d’une banque  d’affaires à Dakar.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN30097elketknabaf0/" target="_blank">Banquier incontournable du royaume chérifien, Mohamed El Kettani</a> s’est rapidement fait un nom dans les milieux bancaires du continent,  en menant tambour battant l’implantation d’Attijariwafa Bank au sud du  Sahara. « En cinq ans, nous avons acquis douze banques dans douze  pays », résume-t-il. Une expansion qui s’est accélérée à partir de 2009,  avec l’acquisition (contre 250 millions d’euros) puis <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARCH-LIN30118enhauessuah0.xml/" target="_blank">l’intégration progressive de cinq banques du Crédit agricole</a> (<a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/congo_brazza/congo_brazza.asp" target="_blank">Congo-Brazzaville</a>, <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/cote_ivoire/cote_ivoire.asp" target="_blank">Côte d’Ivoire</a>, <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/cameroun/cameroun.asp" target="_blank">Cameroun</a>, <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/gabon/gabon.asp" target="_blank">Gabon</a> et <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/senegal/senegal.asp" target="_blank">Sénégal</a>). Ce fait d’armes lui vaut d’être reconnu sur la scène internationale comme le patron modèle d’un groupe africain décomplexé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour preuve, Mohamed El Kettani était <a href="http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2576p138.xml0/france-ecobank-attijariwafa-bank-bmces-implanter-hors-d-afrique.html" target="_blank">le  seul chef d’entreprise nord-africain convié à s’exprimer lors la  conférence-débat « Rethink Africa », organisée par le Medef  International</a> le 12 juillet à Paris. Comme à son habitude calme mais  déterminé, il a exposé la stratégie du premier groupe bancaire marocain  – et sixième africain. Tout en distillant des messages clairs.  « L’Afrique est traversée par une profonde mutation. Les élites du  continent ne veulent plus être mises sous surveillance, elles réclament  des relations bâties sur le principe d’égalité et des partenariats  gagnants pour les deux parties. »</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours sûr de lui, <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2546p040-041.xml4/" target="_blank">Mohamed El Kettani, 53 ans,</a> a frappé une nouvelle fois là où on ne l’attendait pas. Désormais  solidement installé dans la banque de détail du Togo au Sénégal, son  groupe tente une percée dans la banque d’affaires. Début juillet, il a  créé une représentation d’Attijari Finances à Dakar, qui ouvrira ses  portes dans quelques mois. Une partie de l’équipe est déjà embauchée  – le recrutement du patron est en cours – et se forme actuellement au  siège du groupe, à Casablanca. Objectif?: s’imposer dans le conseil  financier aux entreprises dans toute la zone franc CFA. Le groupe peut  capitaliser sur son expérience au Maghreb. Attijari Finances domine  largement au Maroc et est très actif depuis deux ans en <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/tunisie/tunisie.asp" target="_blank">Tunisie</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manque d’audace?? </strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>C’est donc au tour du sud du Sahara.  « Nous avons abordé le marché subsaharien à travers l’activité de  détail, car elle vous procure une bonne connaissance d’un pays et vous  fait gérer le fonds de commerce d’une banque. Aujourd’hui, nous avons  atteint une maturité suffisante pour nous intéresser à nos autres  métiers?: le conseil aux entreprises, la gestion d’actifs ou  l’intermédiation en Bourse », explique Mohamed El Kettani. Pourquoi  Dakar?? « Avec nos deux filiales, Crédit du <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/senegal/senegal.asp" target="_blank">Sénégal</a> et CBAO, c’est dans ce pays que nos actifs bancaires sont le plus  élevés en Afrique de l’Ouest », justifie-t-il. Mais rien n’est figé.  « Nous ouvrirons peut-être un jour une banque d’affaires à Abidjan et en  Afrique centrale », anticipe le patron marocain.</p>
<p>Car l’homme de l’internationalisation  d’Attijariwafa Bank, à la tête du groupe depuis 2007, ne compte pas  s’arrêter là. Il s’apprête même à faire taire les critiques sur son  manque d’audace, qui ne le ferait s’intéresser qu’aux pays d’Afrique  francophone. « Nos décisions d’investissements ne sont pas liées à la  langue. Même si c’est vrai que <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAHS25p021-022.xml0/" target="_blank">nous ne sommes présents qu’au Maghreb et en Afrique francophone jusque-là</a>. Mais nous envisageons de nous implanter en <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/guinee_equatoriale/guinee_equatoriale.asp" target="_blank">Guinée équatoriale</a>, en <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/angola/angola.asp" target="_blank">Angola</a> et dans des pays d’Afrique anglophone. » À partir de 2012, affirme  Mohamed El Kettani, la moitié des agences d’Attijariwafa Bank seront  situées hors du <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/maroc/maroc.asp" target="_blank">Maroc</a>,  ce qui implique la création de 300 nouveaux bureaux. Les filiales  subsahariennes représenteront alors de 27 % à 28 % du produit net  bancaire.</p>
<div style="text-align: justify;"><strong>Jeune Afrique</strong></div>
<div></div>
<p><a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2636p086-087.xml0/#ixzz1TxI4xz00"></a></div>
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		<title>Yérim Sow, l&#8217;insaisissable golden boy sénégalais</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Feb 2011 10:27:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Télécoms, banques, immobilier… À 44 ans, il est devenu un investisseur de premier plan en Afrique de l’Ouest, et l’une des premières fortunes de son pays. Mais il se tient farouchement éloigné des médias. Enquête sur les pas d’un golden boy très discret. Les jeunes femmes se pâment dès qu’il franchit le seuil d’une boîte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/02/yerimsow.jpg"><img src="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2011/02/yerimsow.jpg" alt="" title="yerimsow" width="150" height="140" class="alignleft size-full wp-image-10157" /></a><strong>Télécoms, banques, immobilier… À 44 ans, il est devenu un investisseur de premier plan en Afrique de l’Ouest, et l’une des premières fortunes de son pays. Mais il se tient farouchement éloigné des médias. Enquête sur les pas d’un golden boy très discret.</strong></p>
<p>Les jeunes femmes se pâment dès qu’il franchit le seuil d’une boîte de nuit huppée d’Abidjan, les ouvriers le portent au panthéon de la modestie et de la gentillesse. Investisseur hors pair, homme d’affaires impitoyable – même avec ses amis –, modèle pour beaucoup d’Africains… Yérim Habib Sow, 44 ans, est tout cela à la fois. Richissime entrepreneur sénégalais de 1,85 m qui cultive la discrétion, énigmatique et puissant, il alimente toutes les rumeurs.</p>
<p>Le « quadra » au crâne rasé et au bouc poivre et sel pèserait dans les 150 milliards de F CFA (228,7 millions d’euros), mais il est totalement absent de la sphère médiatique, si ce n’est à travers ses nombreux investissements. Le mall Sea Plaza et l’hôtel de luxe Radisson Blu, les immeubles de bureaux et d’appartements Trilénium et Rivonia, le complexe immobilier haut de gamme Waterfront… Son empreinte se révèle aux quatre coins de Dakar, et ses édifices contemporains – il travaille notamment avec l’architecte sud-africain Stefan Antoni – sculptent la capitale. On retrouve aussi sa trace à Bamako et à Abidjan, en Guinée et au Cap-Vert, à Maurice et en Suisse.</p>
<p>Son nom est à peine susurré, et peu osent évoquer une rencontre, une anecdote. « Il est chatouilleux, il ne veut pas qu’on parle de lui, il est puissant… Je ne veux pas être cité », confie un entrepreneur. Au siège suisse de Teylium, le holding qui chapeaute ses affaires, on obtient un sourire poli pour toute réponse à une demande d’entretien… qui n’aura jamais lieu. « M. Sow ne souhaite pas donner suite à la parution d’un article le concernant. » C’est un homme discret, dans la vie privée comme dans les affaires. </p>
<p><strong>La bosse du commerce</strong></p>
<p>Peut-être un héritage familial. Le père est tout aussi effacé. Nulle interview fleuve d’Aliou Sow, aucun article sur son empire du BTP fondé en 1970, la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE). Yérim et ses sept frères et sœurs, issus du mariage d’Aliou Sow avec la petite sœur de Mohamed ­Tiecoura Diawara, ancien ministre du Plan du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, ont grandi à Dakar à l’ombre de cette réussite africaine, dans la maison familiale de la rue Aimé-Césaire, dans le quartier résidentiel de Fann. De quoi susciter des vocations. Et si l’un des aînés, Oumar, reprendra plus tard les affaires du père, Yérim semble très tôt plus indépendant.</p>
<p>Aujourd’hui encore, un avocat d’affaires dit de lui qu’il aime « travailler seul ». Enfant, Yérim fait ses premières affaires dans le quartier, aux abords de l’école franco-sénégalaise située en face de la maison. « Il avait la bosse du commerce », se souvient un ancien voisin. De ses voyages, il ramène des objets introuvables à Dakar. « Il pouvait arriver avec une paire de baskets qu’il revendait en se faisant un petit bénéfice. » Écolier, collégien puis lycéen dilettante dans les établissements sénégalais, il part étudier, comme nombre de jeunes Africains aisés, au Canada, où il s’inscrit à l’Université de Montréal pour faire polytechnique. Il a 19 ans. Il dit avoir complété son parcours à l’Université de Boston où, officiellement, il décroche un diplôme d’ingénieur.</p>
<p>En Amérique du Nord, au milieu des années 1980, l’informatique balbutiante est portée par quelques visionnaires comme Bill Gates (Microsoft) et Steve Jobs (Apple). En Afrique, tout est à faire. Probablement inspiré par ces réussites, Yérim Sow, 21 ans, monte en 1988 sa première société, Direct Access, spécialisée dans l’informatique. L’aventure va durer six années, au terme desquelles Yérim ne deviendra pas le Bill Gates africain qu’il avait sûrement rêvé d’être.</p>
<p>Il aurait pu s’arrêter là, rejoindre son frère Oumar embauché depuis quelques années dans l’affaire familiale, mais au lieu de ça, il sollicite un prêt à son père. Son idée?? Répandre au Sénégal et en Côte d’Ivoire ces petits appareils révolutionnaires, les pagers, qui permettent de recevoir un message. Ils font un tabac chez les jeunes Occidentaux, alors pourquoi pas en Afrique?? Mais le chef de famille ne l’entend pas de cette oreille. Est-il échaudé par la première expérience de son fils?? Ou refuse-t-il simplement par principe, lui qui s’est fait tout seul?? L’amour maternel, inconditionnel, aura raison de son intransigeance, et Yérim se retrouve à 27 ans à la tête d’un capital colossal, de 1 milliard de F CFA. Cette fois sera la bonne et, sous le regard débonnaire du clan, ses « bip access » marquent toute une génération?: un succès immédiat, qui gagne aussi la Côte d’Ivoire. Yérim jette ainsi les bases de sa réussite sous l’ère Abdou Diouf.</p>
<p>Ce qui fera sa force, sûrement, c’est de ne jamais attendre, de profiter de l’ascension pour investir, lancer d’autres affaires. « Il peut bosser quinze à dix-sept heures par jour quand il est sur un nouveau projet, et il ne comprend pas que les autres n’en fassent pas autant, rapporte un vieil ami. Il est toujours à 100 km/h. » Il veut gagner, vite et beaucoup. En phase avec son temps, celui des golden boys et de l’argent facile, il fait partie de cette génération d’entrepreneurs férus de nouvelles technologies, habiles avec les chiffres et suffisamment dans le vent pour sentir poindre une tendance.</p>
<p>La déferlante des mobiles, qui commencent à conquérir le Nord, ne pouvait lui échapper. Il s’associe à l’homme d’affaires ivoirien Koffi Bergson, patron de Loteny Electronics, proche des milieux politiques. Depuis la fin des années 1980, Bergson possède la première licence de téléphonie du pays, ­Loteny Telecom, mais n’a pas les moyens suffisants pour démarrer. Yérim Sow les lui fournira, en partenariat avec Telecel International, détenu par le millionnaire rwando-congolais Miko Rwayitare (décédé en 2007), présent dans d’autres pays ouest-africains, et racheté plus tard par l’égyptien Orascom Telecom. L’amitié entre Bergson et Sow sera de courte durée?: lors d’une assemblée générale de Loteny, une recapitalisation est décidée. Bergson ne peut pas suivre, il est éjecté du poste de président et devient actionnaire minoritaire, avec 0,8 %. Par la suite, Yérim Sow se lie à Bernard Koné Dossongui, businessman ivoirien de dix-sept ans son aîné, patron du Groupe Atlantique (banques, télécoms…), avec qui il rachète en 2004 les parts d’Orascom dans Telecel Côte d’Ivoire, pour 53,1 millions de dollars.</p>
<p><strong>Une aventure ivoirienne</strong></p>
<p>Outre les affinités naturelles qui le lient au pays natal de sa mère (il a la double nationalité), la Côte d’Ivoire est propice aux affaires. Il a pu l’expérimenter avec ses pagers, et la marque Telecel suit le même chemin en devenant vite incontournable dans le paysage de la téléphonie?: trois ans après son lancement, le chiffre d’affaires atteint 34 milliards de F CFA, avec un profit de 9 milliards.</p>
<p>Yérim Sow se sent bien à Abidjan. Il fait construire une villa dans le quartier chic de Cocody, rue de la Canebière. « Un bateau suspendu au dessus l’Atlantique » – comme la décrivent certains – mis en vente pour 2 millions d’euros et qui n’a pas encore trouvé preneur. Outre les affaires, la capitale économique est connue pour ses nuits festives. Yérim sort beaucoup, aime se montrer, exhiber sa réussite… Un jet-setteur est né. Riche et célibataire d’à peine 30 ans, il a tout pour plaire. Les milieux huppés d’Abidjan s’habituent à la présence de ce jeune insolent, dont les traits d’enfant gâté n’ont pas totalement disparu. Il veut toujours avoir le dernier mot et « boude » quand on le contredit.</p>
<p>Ses amis louent cependant sa générosité. Ses conquêtes un peu moins, qui le décrivent comme quelqu’un d’avare, de jaloux et de possessif. Le succès de Telecel a révélé un vrai talent, celui d’un requin des affaires qui ne connaît pas le mot « compromis ». S’il signe, c’est qu’il est sûr de gagner, à des conditions qui font bien souvent fuir les investisseurs internationaux, peu disposés, néanmoins, à se brouiller avec un businessman qualifié de « talentueux ». On ne sait jamais.</p>
<p>Dans cette aventure ivoirienne, Yérim Sow est d’abord un opportuniste avide de nouvelles affaires, dont les acquisitions et créations de filiales ne paraissent pas le fruit d’une stratégie cohérente et mûrement réfléchie. En 2001, il met en place Teylium?: enregistré à Maurice, le holding est administré par l’avocat et conseiller fiscal français Philippe Ledesma et l’homme d’affaires mauricien José Poncini. Des bureaux seront ouverts en 2006 à Genève, rue du Prince, à deux pas des banques.</p>
<p>Attiré par le monde de la finance, Yérim Sow y fait ses premiers pas en 2006 en rachetant 5 % d’African Financial Holding, devenu par la suite BOA Group, maison mère du réseau Bank of Africa. La même année, il réalise le plus beau coup de sa carrière. Le groupe de télécoms sud-africain MTN est en pleine croissance et cherche à s’étendre sur le continent. Phuthuma Nhleko, son directeur général, ne pouvait ignorer l’ascension fulgurante du fleuron ivoirien?: dix ans après sa création, Loteny possède pas moins de 46 % de part de marché en Côte d’Ivoire et revendique plus de 800?000 abonnés. Au terme des négociations, MTN achète une partie du capital de Loteny à Yérim Sow, pour la modique somme de 76 millions d’euros, plus de 17 fois le capital de la société (4,3 millions d’euros). C’est le jackpot pour Teylium, qui reste le troisième actionnaire, avec 15,5 % (une participation estimée aujourd’hui entre 25 milliards et 40 milliards de F CFA).</p>
<p><strong>Chouchou de Simone Gbagbo</strong></p>
<p>Fort de ces nouveaux fonds, Sow fonde dans la foulée Bridge Bank Group à Abidjan avec Pape Diouf, patron de la banque d’affaires Linkstone Capital et fils d’Abdou Diouf. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le fonds d’investissement Cauris Croissance rejoindront par la suite le capital de la banque, dont l’immeuble a été inauguré en mars 2007 par le Premier ministre ivoirien d’alors, Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Encore un allié de poids, toujours plus près du Palais, vers lequel Yérim fait un pas de plus à travers Continental Beverage Company.</p>
<p>Cette usine d’eau située à Bonoua, ville natale de la première dame ­Simone Ehivet Gbagbo, est un vieux projet jamais abouti de l’ancienne star libérienne du football George Weah. Sow achète 85 % des parts et investit 2 milliards de F CFA pour démarrer la production d’eau minérale connue sous la marque Olgane. Simone se prend d’estime pour ce jeune patron qui met en valeur sa région. Elle lui prouvera son attachement en présidant notamment la cérémonie d’ouverture. Habile. Les bases ivoiriennes sont solides, et le fils d’Aliou Sow peut développer sereinement ses autres branches dans la région. Teylium Telecom acquiert 60 % du guinéen Intercel et 70 % de T+, deuxième opérateur au Cap-Vert.</p>
<p><strong>Retour à Dakar</strong></p>
<p>Le jeune loup solitaire approche alors de la quarantaine et semble vouloir se rapprocher de son pays natal, surtout depuis la naissance de son fils, en 2002, fruit de son union avec une Sénégalaise. En outre, l’instabilité chronique de la Côte d’Ivoire et son environnement des affaires dégradé sont pesants. S’il vit la majeure partie du temps à Genève, ses séjours à Dakar s’allongent. Avec l’Organisation de la conférence islamique (OCI), prévue en 2008, il voit une opportunité supplémentaire de développer ses activités immobilières et touristiques (avec Teylium Properties et Chain Hotels &#038; Resorts), encore peu étendues. Tout juste a-t-il montré son savoir-faire lors de l’édification de la tour Trilénium, construite en 2005 par l’empire familial CSE. Un premier rapprochement avec le clan Sow qui se réitère, toujours à Dakar, via la Société immobilière du Golf (immobilier résidentiel) et l’immeuble Rivonia.</p>
<p>Ses projets se multiplient à partir de 2007. Avec l’Agence nationale de l’OCI, dirigée par un homme de sa génération, un autre fils de président, l’actuel ministre d’État Karim Wade, il monte le projet d’un hôtel de luxe sur la corniche, le Radisson Blu. Selon un ancien cadre de l’établissement l’ayant rencontré plusieurs fois, Yérim Sow est « un homme discret, pas franchement sympathique, assez glacial et exigeant, qui intervient peu dans les affaires de l’hôtel ». Le bâtiment est aujourd’hui prolongé d’un centre commercial, Sea Plaza, le premier mall sénégalais, ouvert en juillet 2010. L’ensemble a nécessité un investissement de 50 millions d’euros, dont 17 millions en provenance de la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale). Les banques locales, la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) et les fonds propres de la société comblent le reste. Teylium affiche désormais ses ambitions dans l’immobilier et le tourisme de luxe?: en 2010, le portefeuille d’actifs global en cours représentait quelque 100 milliards de F CFA, répartis entre Bamako, Dakar et Abidjan.</p>
<p>Les ambitions de Yérim Sow sont désormais portées par une vision et des projets de long terme. De nouveau père, d’une petite fille née en 2008, il se fait aussi plus discret. Quand il rend visite à ses ouvriers, « il descend de son 4&#215;4, en basin, serre la main de tout le monde, il est vraiment simple et modeste », rapporte un entrepreneur dakarois. Opération séduction?? Ou prudence dans un pays où il ne fait pas toujours bon s’exposer?? Toutes les rumeurs circulent à son sujet?: il serait un proche de Karim, il aurait des ambitions politiques… D’aucuns se demandent comment il a pu obtenir des terrains sur la corniche, supputant quelques largesses avec le pouvoir.</p>
<p><strong>Une forteresse où se cacher</strong></p>
<p>« Yérim est totalement intègre dans ses affaires, il ne veut pas rentrer dans ce système », défend un proche. De fait, aucune preuve n’a jamais été apportée, ni de sa proximité avec le pouvoir actuel, ni du recours à des pratiques peu avouables – bien que courantes. Déjà présent dans l’aviation avec deux appareils en location (un Cessna Caravane et un Embraer Legacy), il est sollicité pour entrer dans le capital de la nouvelle compagnie aérienne Sénégal Airlines, phénix de la défunte Air Sénégal International. Il ne conclura pas l’affaire. Trop risqué?? Peut-être.</p>
<p>Le golden boy de Côte d’Ivoire a mûri et paraît plus réfléchi. Il se sépare de certains biens encombrants, comme son appartement new-yorkais de plus de 250 m2, situé au très couru 15, Central Park West, acquis en 2008 pour 10,3 millions de dollars. Toujours sur un bon coup, le Sénégalais le revend en 2010 pour le double du prix d’achat (environ 19,3 millions de dollars). De quoi financer un autre projet, de taille, plus personnel, et dont personne ne parle?: sur la corniche, non loin de la place Soweto et du palais présidentiel, Yérim Sow achève sa villa dakaroise?: 400 m2 de métal chromé, de pierre et de marbre, un cinéma, un réfrigérateur industriel, des douves… et des gardiens qui veillent jour et nuit. Un bâtiment à la démesure d’un homme d’affaires hors normes. Ou une forteresse pour mieux se cacher.</p>
<p><strong>Jeune Afrique</strong></p>
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		<title>Portrait: Djibril Bodian, le Boulanger de l&#8217;Elysée</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 14:59:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le boulanger d’origine sénégalaise Djibril Bodian fabrique la « meilleure baguette artisanale de Paris ». À ce titre, il est pour un an le fournisseur officiel du Palais de l’Élysée. « Les lames doivent être régulières. La croûte caramélisée doit attirer l’œil, être croustillante et odorante, cacher une mie couleur crème… » Djibril Bodian est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img "http://thm-a01.yimg.com/nimage/1ff9ee9f20d25b34">Le boulanger d’origine sénégalaise Djibril Bodian fabrique la « meilleure baguette artisanale de Paris ». À ce titre, il est pour un an le fournisseur officiel du Palais de l’Élysée.</p>
<p>« Les lames doivent être régulières. La croûte caramélisée doit attirer l’œil, être croustillante et odorante, cacher une mie couleur crème… » Djibril Bodian est intarissable sur les secrets de fabrication de sa désormais célèbre baguette de pain. Depuis qu’il a reçu, le 22 mars dernier, le Grand Prix de la meilleure baguette artisanale de Paris, les clients se pressent plus encore qu’à l’accoutumée dans sa boulangerie, Le Grenier à pain, à deux pas de la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement parisien. D’ailleurs, une coupure de presse accompagnée de la photo du jeune lauréat de 33 ans est fièrement exposée dans la vitrine de sa boutique de la rue des Abbesses. « C’est avant tout une reconnaissance de la part du métier, mais ce sont les clients qui sont ravis », s’amuse Djibril Bodian, époussetant la farine sur son tablier. Il reçoit à l’heure du déjeuner, dans son antre, à savoir ses cuisines, au milieu des fours qui tournent à plein régime.</p>
<p>C’est ici, il faut le dire, que se préparent les baguettes de pain servies sur les tables de l’Élysée, puisque la boulangerie est jusqu’à l’année prochaine le fournisseur officiel de la présidence française. « Je suis très fier pour lui et pour l’entreprise. Et je suis heureux de l’avoir embauché, commente Michel Galloyer, président et fondateur du groupe Grenier à pain, qui compte une vingtaine de boutiques. Ce garçon est un subtil mélange d’ambition et de modestie. La récompense n’a rien changé. Il a la chance d’avoir été très bien élevé?! » C’est d’ailleurs grâce à une réelle discipline que ce Sénégalais d’origine (Dakar) est parvenu à toucher du doigt l’excellence de la tradition française. « Je suis un artisan. J’ai beaucoup appris. Je suis méthodique et très autocritique. Tout est question de respect, à la fois des personnes et du travail. » Il n’a gardé du Sénégal que quelques souvenirs, dont celui de « vastes étendues », et il confie que beaucoup lui ont été racontés. « Tôt ou tard, j’y retournerai. Je suis 100 % français et 100 % sénégalais, ce sont deux parties de moi que l’on ne peut pas dissocier. »</p>
<p>Arrivé en France à l’âge de 6 ans (« Mon père est parti pour s’installer et réussir »), Djibril Bodian a grandi à Pantin (Seine-Saint-Denis) et reconnaît avoir reçu une éducation très stricte. « Mes parents m’ont serré la vis. Petit, c’était 20 heures tapantes à la maison, pas question de traîner dehors?! » se remémore-t-il avec un franc sourire, installé dans un bar du quartier. Si son père est boulanger et son frère aîné pâtissier, ce sont la mécanique et les voitures qui l’attiraient. Mais, avant son entrée au lycée de Pantin, il doit faire un choix concernant son orientation. Il règle ses pas sur ceux de son père et opte pour la boulangerie. En septembre 1996, il rejoint le centre de formation et d’apprentissage de Pantin, où il consacre deux années à la pâtisserie et une à la boulangerie. Fraîchement diplômé, il est nommé dans la foulée meilleur apprenti de Paris. « J’ai eu une adolescence paisible, j’étais calme et réservé. Mes amis habitaient le même immeuble que moi, je ne me suis jamais retrouvé dans de mauvais coups. Mon énergie, je l’ai dépensée au travail. » Et ça fonctionne, puisqu’en 2005 il est embauché par Michel Galloyer pour rejoindre l’équipe du Grenier à pain. Confronté à une nouvelle méthode de travail, artisanale cette fois, Djibril Bodian revoit sa copie et ne compte plus ses heures.</p>
<p>Sur le thème de l’intégration, l’homme n’est pas très bavard. Cela lui donne l’impression de « ne pas [se] sentir intégré ». Il insiste néanmoins sur le fait qu’il n’a jamais rencontré de problème pour se faire une place dans la société française. « OK, je viens du 93 et je suis noir. Mais les seules difficultés que j’ai rencontrées c’est pour entrer en discothèque dans le sud de la France. » Ses origines sénégalaises ayant été fortement mises en avant par la presse lors de l’annonce de sa distinction, en mars, il reconnaît « avoir eu un peu de mal avec ça au début ». Jamais auparavant ce prix n’avait fait l’objet d’une telle couverture médiatique. Son père a d’ailleurs été sceptique, avant de le féliciter d’une tape sur l’épaule. « Même s’il ne le dit pas directement, la fierté se lit dans ses yeux. » Pour autant, Djibril Bodian ne veut pas être un énième exemple du mec de banlieue qui a réussi. « Les jeunes des cités vivent dans des endroits délabrés, sans perspective d’avenir. Ils doivent batailler pour s’en sortir. Leurs parents doivent les éduquer dans ce sens. » Et d’ajouter?: « Il y a des Africains bons dans tous les domaines. Avoir les projecteurs sur soi ne signifie pas que l’on est le meilleur. » Il déplore d’ailleurs le comportement des joueurs de l’équipe de France lors du Mondial de football, en Afrique du Sud. « Ils auraient dû défendre le maillot. Ce qui est regrettable, c’est que l’on a jugé les joueurs et non l’équipe. Leurs origines ont été mises en avant, et ça a joué en leur défaveur. Cela a contribué à stigmatiser les jeunes issus de la diaspora. » Il regrette également que les Noirs aient été critiqués pour ne pas avoir chanté La Marseillaise. « On ne devrait pas les y forcer?; s’ils ne le font pas, cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne se sentent pas français. Par exemple, les joueurs de l’équipe d’Algérie ne chantent pas tous, et on n’en parle pas autant. »</p>
<p>Si Djibril Bodian en est là aujourd’hui, c’est, martèle-t-il, à force de travail et d’acharnement. Alors pour prendre le large et oublier ses horaires infernaux, il se plonge dans les livres. Le roman policier In Tenebris, de Maxime Chattam, repose sur sa table de chevet. Mais ce qui le transporte vraiment, ce sont les voyages. Il rêve de Bali, du Vietnam, du Mexique aussi. « Partir à la découverte de l’inconnu, faire des excursions. » Il s’est bien assagi depuis ses vacances festives en Espagne, en 2004. C’était la première fois qu’il quittait la France. « J’ai découvert un autre rapport à l’intégration, une autre vision de la vie. Je n’avais aucun problème pour entrer en discothèque?! »</p>
<p>Aujourd’hui, il rêve aussi de la maison familiale, à Dakar, où vit une partie de sa famille. Quant au cinquantenaire des indépendances africaines, il préfère ne pas s’emballer. « L’Afrique sera indépendante quand elle gérera ses ressources. Elle a tout à faire et recèle un potentiel énorme. Le continent est certes de plus en plus convoité, mais il ne faut pas le brader. » Mais avant de faire ses valises, il prépare une nouvelle aventure. Dans quelques mois, il prendra la gérance de la boulangerie?; il espère même la racheter, plus tard, et se mettre à son compte. « Mon but, c’est d’avoir les mains libres. Les horaires seront encore plus contraignants, mais pour le moment pas question de déléguer. J’aime le travail bien fait. » Au-delà, son plus grand rêve reste une chose très simple?: « Fonder une famille. » </p>
<p>Jeune Afrique</p>
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		<title>Jean-Claude Mimran, le roi du sucre sénégalais… Une menace nommée Ali Dangote et Gérard Senac</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 11:13:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Surnommé le roi du sucre au Sénégal, via sa société CSS (Compagnie Sucrière Sénégalaise), implantée à Richard-Toll, aux portes du désert, Jean Claude Mimran a érigé la discrétion en règle de vie. Son père, Jacques Mimran, riche exploitant de bois de Côte d’Ivoire et de Madagascar, avait raison de jeter son dévolu sur ces terres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img "http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRq_rOk_uwXAllhJ-3BBkihmV1MbaFVPBM9rjbdDmgkel5RAt4&#038;t=1&#038;usg=__jn-1DAtSpXpC8etunPnbTMrHtBw=">Surnommé le roi du sucre au Sénégal, via sa société CSS (Compagnie Sucrière Sénégalaise), implantée à Richard-Toll, aux portes du désert, Jean Claude Mimran a érigé la discrétion en règle de vie.</p>
<p>Son père, Jacques Mimran, riche exploitant de bois de Côte d’Ivoire et de Madagascar, avait raison de jeter son dévolu sur ces terres arides aux abords du fleuve Sénégal. Avec son flair des affaires, il se lance dans un projet d’implantation de canne à sucre, sur ce bout de terre perdu sur la boucle du lac de Guiers. Contre toute attente, la CSS devint rapidement la référence industrielle au Sénégal.</p>
<p>Fortune discrète d’un grand mécène</p>
<p>A la mort du père, en 1975, Jean-Claude Mimran porte sur ses épaules l’héritage de l’entreprise familiale. Il monte au front. Sans contrarier la ligne de conduite tracée par lepater. Richard-Toll commence de sortir de l’ornière. Electricité, eau et plans d’aménagements jaillissent autour des 8200 hectares des plantations de canne à sucre.</p>
<p>D’influents opérateurs économiques, importateurs de sucre, rêvent aujourd’hui de déboulonner l’empire sucrier, pour monopole abusif. Mais la conjoncture ne semble pas militer pour eux.<br />
La cinquantaine dépassée, ce juif à la silhouette frêle, résidant en Suisse, a bâti un empire industriel. Fuyant les plateaux de télévision et les mondanités, l’homme a tissé sa toile : de l’agroalimentaire à l’immobilier, en passant par les banques et le transport maritime. On lui attribue une fortune estimée entre 850 et 1000 millions d’euros, en 2009.</p>
<p>Au Sénégal, le label Mimran fait toujours recette. Le groupe est le second employeur du pays, après l’Etat. Porté par les Grands Moulins de Dakar, qui ont ramené au groupe une dizaine de milliards de FCFA en 2008, la CSS (Compagnie Sucrière Sénégalaise), dotée d’un capital initial de 31 millions d’euros avec ses quelque 6000 salariés, ne pèse pas moins de 80 millions d’euros en chiffre d’affaires, ces dernières années. Ex-propriétaire de la CBAO (Compagnie bancaire ouest-africaine), le groupe Mimran a décidé, en 2008, de vendre ses parts au groupe marocain Attijari, devenu l’actionnaire majoritaire. En Côte d’Ivoire, le groupe est très présent, via sa filiale SOMETRA, domiciliée à Monaco. Aussi au Pays-Bas, via la holding Maxhill.</p>
<p>Le prix du sucre en question</p>
<p>D’influents opérateurs économiques, importateurs de sucre, rêvent aujourd’hui de déboulonner l’empire sucrier, pour monopole abusif. Mais la conjoncture ne semble pas militer pour eux. En effet, soutient-on avec raison au sein de la CSS, le sucre vendu au Sénégal est désormais moins cher. Faux, rétorquent les importateurs, pour qui le sucre vendu au Sénégal coûte trois fois plus cher. Dame Ndiaye, président de l’Unacois, et Momar Ndao, de l’Association des consommateurs, seront certainement les derniers à croire à cette thèse du sucre sénégalais coûtant moins cher. Face aux contestations nourries par de récurrentes pénuries, l’Etat joue la prudence pour préserver cet important pourvoyeur d’emplois. Ce qui lui vaut des critiques de la part des importateurs. L’homme d’affaires Omar Seck, ex-Leader Price, qui s’y était essayé, a laissé des plumes et mis la clé sous le paillasson. </p>
<p>Une menace nommée Ali Dangote et Gérard Senac</p>
<p>L’industriel n’est pas assez bien connecté au palais de Wade. Tout à l’opposé du couple présidentiel Senghor et Diouf, dont il était le bras financier. Il n’hésitait pas, alors, à casser la tirelire pour conforter l’assise politique de ces alliés officieux. Les campagnes présidentielles étaient son jeu favori. « Il marquait son territoire en poussant les pions » assène une source. Jean-Claude tenait en main les cartes du puzzle. Avec Wade, les cartes ont changé. Alors opposant politique, le chantre du sopisme avait fait de l’accessibilité des denrées de base son cheval de bataille. Son accession à la tête du pays corse sa position de théoricien de la politique libérale. Le sucre de Richard-Toll passe sous le laser Wadiste. Il devient à la fois la botte secrète et une arme pour le pouvoir.</p>
<p>Pour mériter la confiance présidentielle et amoindrir la foudre, Mimran lâche les filets. Sa banque, surliquide, est appelée à la rescousse pour renflouement budgétaire. Le gilet entre le pouvoir Wade et Mimran se dégonfle. Le groupe a mobilisé un investissement de 5 milliards de FCFA pour la création d’une usine de production d’éthanol, au nord du pays, inaugurée en grandes pompes par le chef de l’Etat. En clair, ni paix, ni guerre.</p>
<p>Certaines informations laissent supposer une possible concurrence avec Gérard Senac, patron de la filiale sénégalaise de Eiffage. Très actif dans les activités de la fondation Viviane Wade, ce dernier est loin du compte. Car, d’autres industriels encore plus puissants s’intéressent au marché sénégalais du sucre. C’est le cas du milliardaire nigérian Ali Dangote. Lequel a établi ses quartiers à Dakar et a promis d’investir des centaines milliards dans le pays. La guerre Dangote-Mimran aura-t-elle lieu un jour ? Chez les Mimran, on joue fair-play et on minimise l’enjeu. « Nous attendons de voir pour apprécier » commente un initié du business local.</p>
<p>Les Afriques</p>
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		<title>L’Afrique qui marche : Fadima Touré Diallo, pont entre le Québec et l&#8217;Afrique</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 08:52:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Entrée par la petite porte chez SNC-Lavalin, l’émigrée malienne a gravi en moins de quinze ans les échelons du groupe canadien d’ingénierie et de construction pour en diriger aujourd’hui l’activité africaine. Soit 15 % du chiffre d’affaires. ‘Le rêve américain, je l’ai vécu’, témoigne Fadima Touré Diallo. Arrivée au Québec en 1996, les mains vides [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img "http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRuGeZn6QwwJwex5VBK1N54NE_OKNr9KmChAfGQe3lgu9We75o&#038;t=1&#038;usg=__Mn5hHx-K2boUke2dcNlx4lzkZY4=">Entrée par la petite porte chez SNC-Lavalin, l’émigrée malienne a gravi en moins de quinze ans les échelons du groupe canadien d’ingénierie et de construction pour en diriger aujourd’hui l’activité africaine. Soit 15 % du chiffre d’affaires.</p>
<p>‘Le rêve américain, je l’ai vécu’, témoigne Fadima Touré Diallo. Arrivée au Québec en 1996, les mains vides et la tête pleine de projets, la Malienne de 59 ans est aujourd’hui vice-présidente Afrique de SNC-Lavalin, multinationale leader en matière de services d’ingénierie et de construction d’infrastructures. Après en avoir gravi tous les échelons. Son histoire met en relief la capacité d’intégration de la société québécoise. Ni la couleur de sa peau, ni le fait qu’elle et ses cinq enfants, à son arrivée dans la Belle Province, vivaient entassés dans un trois-pièces, n’ont entravé sa progression. ‘Peu importe d’où tu viens. Si tu “livres la marchandise”, tu réussiras au Canada’, lance la dirigeante, citant un adage en vogue dans son pays d’accueil.</p>
<p>Sa carrière débute au Mali, il y a plus de trente ans. Après des études en économie, la jeune femme intègre la fonction publique malienne. À la fin des années 1970, elle a la responsabilité d’établir le cadastre de la ville de Bamako et lance un appel d’offres que SNC-Lavalin remporte. Lorsqu’elle émigre au Canada pour des raisons familiales, elle va frapper à la porte de la seule firme qu’elle connaît. On lui propose un poste de secrétaire, payé l’équivalent de 7 euros de l’heure (un peu moins de 5 000 francs Cfa). Rapidement, son habileté à établir des liens avec les clients africains fait mouche, et elle devient adjointe d’un conseiller du président du groupe. Elle occupera ce poste pendant cinq ans avant de devenir, en 2004, vice-présidente de SNC-Lavalin. La société basée à Montréal est présente dans 120 pays et affiche un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros. Elle réalise 15 % de ses revenus en Afrique où 50 bureaux de projets sont en activité. Sur le terrain, l’entreprise n’hésite pas à partager le gâteau en collaborant avec des entreprises locales. Sur chaque projet, elle recourt à des sous-traitants pour réaliser une partie des travaux. Fondée au Canada en 1911, l’entreprise du Nouveau Monde a appris très tôt – en coopérant avec les communautés autochtones amérindiennes pour réaliser des barrages hydroélectriques sur leurs territoires – à composer avec des interlocuteurs d’horizons différents. ‘Lorsque nous nous rendons en Afrique, nous ne dictons pas une conduite à nos partenaires. Nous y allons comme on irait à l’école, pour apprendre, et c’est ce qui permet la réalisation de projets complexes’, soutient Fadima Touré Diallo.</p>
<p>Prouesses techniques</p>
<p>La construction du complexe gazier de Gassi Touil, en Algérie, où le brut est capté, puis traité, et où l’on réinjecte du dioxyde de carbone dans les champs gaziers, est un bon exemple des prouesses techniques que le groupe canadien est prêt à réaliser. SNC-Lavalin s’est vu confier ce contrat d’une valeur de 785 millions d’euros en juin 2009, quand une entente liant Sonatrach aux opérateurs espagnols Gas Natural et Repsol a déraillé en raison de retards dans l’exécution des travaux.</p>
<p>Lorsque Fadima Touré Diallo s’exprime sur la relation que l’entreprise entretient avec le gouvernement algérien, elle affirme qu’elle est uniquement de nature ‘technique’. ‘On est jugé sur le résultat, et les clients satisfaits n’hésitent pas à refaire appel à nos services, avance-t-elle. On ne fait pas de copinage ni de politique. C’est ce qui nous permet de perdurer sur un continent où les dirigeants politiques changent au gré du vent.’ Cette précaution n’a pas empêché SNC-Lavalin de pâtir du récent remaniement ministériel algérien. Le 28 mai, Youcef Yousfi a remplacé, au poste de ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, éclaboussé par une affaire de corruption au sein de Sonatrach. Dans la foulée, les autorités ont suspendu le projet de construction de la ville pétrolière de Hassi Messaoud, pour lequel le groupe canadien avait été retenu. Ce projet, qui visait la création d’une nouvelle ville de 80?000 habitants comprenant les quartiers généraux des sociétés pétrolières qui exploitent les champs environnants, représentait 332 millions d’euros. Si, comme tous ses concurrents en Afrique, SNC-Lavalin doit composer avec les aléas politiques, le groupe reste ferme sur certains principes. ‘La sécurité au travail et le respect de l’environnement sont des valeurs sur lesquelles il n’y a pas de compromis possible’, affirme la vice-présidente. </p>
<p>Jeune Afrique</p>
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		<title>Gabriel Fal, le sénégalais qui gère des centaines de milliards en toute discrétion</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 08:33:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne parle presque jamais de lui, mais le sénégalais Gabreiel Fal est réputé être l&#8217;un des plus sérieux et talentueux banquier de Dakar. Il a fondé en 1995, la CGF, la première banque d&#8217;affaires du Sénéga et a su profiter de l&#8217;explosion de la finance en Afrique de l&#8217;Ouest. Entre obligations et bons du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:5FuhutoMKfi3FM:http://www.walf.sn/images/p5_4763.jpg"/>On ne parle presque jamais de lui, mais le sénégalais Gabreiel Fal est réputé être l&#8217;un des plus sérieux et talentueux banquier de Dakar. Il a fondé en 1995, la CGF, la première banque d&#8217;affaires du Sénéga et a su profiter de l&#8217;explosion de la finance en Afrique de l&#8217;Ouest. Entre obligations et bons du Trésor, l&#8217;argent coule à flots.</p>
<p>C&#8217;est Jeune Afrique sous la plume de Phillipe Perdrix qui nous le raconte, cette histoire de l&#8217;ascension d&#8217;un banquier sur la place de Dakar. « Nous sommes en juillet 1995. Après plusieurs années passées à la Chase Manhattan Bank puis à la Citibank, Gabriel Fal, banquier réputé et reconnu sur la place de Dakar, décide de voler de ses propres ailes. Il fonde la Compagnie de gestion financière (CGF Finance), première banque d&#8217;affaires au Sénégal. Deux ans plus tard, le banquier passe à la vitesse supérieure : il fonde CGF Bourse et devient administrateur de la toute nouvelle Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), à Abidjan. Cette ascension est le résultat « d&#8217;une bonne connaissance des marchés financiers et d&#8217;une conjoncture favorable », reconnaît, entre deux éclats de rire, un homme dont la bonhomie tranche avec l&#8217;attitude compassée du banquier classique. »</p>
<p>Le journal Les Afriques, sous la plume de Souleymane Niang, dresse le portrait d&#8217;un des hommes les plus respectés de la place financière ouest-africaine.</p>
<p>La façon la plus aisée de connaître Gabriel Fal, le président-directeur général de CGF Bourse, est certainement à travers sa vie professionnelle, et par ce qu’il veut bien dire sur ce dont il parle le mieux : la finance. S’il reconnaît volontiers qu’il faut un compromis intelligent entre le travail et la famille, Gabriel Fal cède peu sur son espace privé. « En fait, concède-t-il, je m’intéresse à beaucoup d’autres choses. Je suis passionné d’histoire, en particulier, la période du 19e siècle pendant laquelle le monde moderne politique et économique a été forgé. Je m’intéresse aussi aux activités culturelles ». Voire : Le financier n’est jamais loin : « Je suis actionnaire dans une galerie d’art », précise-t-il. Il y a aussi le sport. Sans doute d’autres occupations. Mais l’homme veille toujours à ce que son exposition personnelle ne fasse jamais de l’ombre à son affaire. Que le superflu ne brouille jamais l’essentiel. La sobriété est poussée jusqu’au strict nécessaire. Le bureau de l’un des hommes les plus influents du marché financier régional ouest-africain en a fait les frais.<br />
Le côté humain Depuis une vingtaine d’années, Gabriel Fal s’active dans la finance, « sous ses différentes formes ». Après de brillantes études à Sup de Co Rouen, en France et à l’université canadienne de McGill, c’est l’une des institutions bancaires les plus réputées du monde qui l’accueille en son sein : la Chase Manhattan Bank à New York. En deux ans seulement, il en est bientôt le représentant adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, à Dakar. Mais c’est à la Citibank que Gabriel Fal passe sans doute les moments les plus significatifs de sa carrière de banquier, entre 1982 et 1994. Tour à tour responsable des grands comptes publics et privés du Sénégal, directeur du crédit puis directeur général adjoint de Citibank Dakar, vice-président « financements structurés » à Citibank Londres et directeur régional « corporate » pour l’Afrique francophone, il arrange plusieurs montages financiers et levées de fonds pour le compte d’Etats et de sociétés de la sous-région. A ceux qui veulent trop facilement confiner l’homme dans la rigueur des chiffres, Gabriel Fal aime à rappeler qu’« on le veuille ou non, le cœur du métier, c’est l’analyse ». Mais il ajoute que « l’évolution importante d’un bon étudiant de l’université vers un bon analyste financier professionnel, c’est le côté humain. Savoir lire un bilan, c’est savoir apprécier la qualité des gestionnaires derrière les chiffres ». Selon le PDG, « la finance, la banque, c’est plus de la psychologie, de la sociologie que des chiffres. »<br />
« Une OPA, même hostile, fait partie de la vie démocratique de l’entreprise. »<br />
Pression inutile et contreproductive Chez CGF Bourse, toute pression inutile et contreproductive est bannie « parce qu’on peut atteindre nos objectifs sans nécessairement mettre les collaborateurs sous une pression insupportable, parce qu’il y a, incontestablement, un revers de médaille ». Par contre, poursuit M. Fal, « le coaching et la formation, la motivation de mes collaborateurs sont suffisants pour leur faire atteindre des résultats intéressants ». CGF Bourse a été fondée par Gabriel Fal à la suite de la création de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, UEMOA, en 1997. En vertu des statuts de la BRVM, Gabriel Fal est, comme quelques directeurs de la vingtaine de SGI qui interviennent sur le marché, l’un des administrateurs de la bourse. Si la BRVM est aujourd’hui une place boursière relativement dynamique et une société boursière à nouveau bénéficiaire, les premières années ont été très difficiles. Heureusement, CGF et Gabriel Fal avaient d’autres cordes à leur arc, notamment l’ingénierie financière et le conseil aux entreprises. Aujourd’hui, la mauvaise fortune de certaines sociétés sénégalaises – la Société africaine de raffinage et les Industries chimiques du Sénégal – qui ont bénéficié de ses conseils du temps de leur splendeur est, à ses yeux, imputable autant aux aléas du marché international qu’aux dysfonctionnements de certaines structures de ces entreprises. Ce qu’il faut, préconise Gabriel Fal, « c’est que les structures et les politiques qui sont menées autour de ces sociétés doivent s’adapter au marché international et non pas s’attendre à ce que le marché international s’adapte à elles ». Autrement dit, ces sociétés auraient dû provisionner des réserves conséquentes pour faire face aux conjonctures défavorables. Et, à l’avis de M. Fal, « il faut aussi que les actionnaires de ces sociétés là prennent leurs responsabilités à temps ». Or, se désole-t-il, dans ces cas et dans d’autres tels que celui de la défunte Air Afrique, les actionnaires, étatiques ou pas, n’ont pas joué leur rôle. Pour Gabriel Fal, « lorsqu’un actionnaire n’est pas en mesure de jouer son rôle, il faut qu’il cède sa participation à des actionnaires qui ont les capacités et la volonté de soutenir les sociétés dont ils sont propriétaires ». D’ailleurs, même si la prise de contrôle d’une société par une offre publique d’achat n’est pas possible à la BRVM car dans la plupart des cas le volume d’actions placé en bourse tourne autour du minimum requis, soit 20%, Gabriel Fal n’est pas contre le principe d’une OPA, même hostile, car selon lui, « cela fait partie de la vie démocratique de l’entreprise. En football, quand une équipe est sous-performante, elle est relégable. Dans le monde de la finance, elle devient opéable ».<br />
« Je ne vis pas comme un riche, mais comme tout le monde. Par contre, j’épargne car je cherche à me constituer un patrimoine pour ma retraite et pour mes enfants. »<br />
Relation sereine avec l’argent L’une des fiertés professionnelles de Gabriel Fal est sans doute le parcours boursier de la SONATEL. Il reconnaît « s’être approprié l’action SONATEL et en être l’avocat ». En effet, le PDG ne tarit pas d’éloges au sujet du titre qui détient le record de transactions mais qui, selon M. Fal « dispose encore d’un potentiel de valeur qui a besoin d’être mis à jour », car, explique-t-il, quand on la compare à d’autres sociétés africaines du même type, celles-ci ont une valorisation beaucoup plus élevée. Gabriel Fal avoue une relation sereine avec l’argent. Ni passionnelle, ni indifférente. Mais l’argent fiduciaire, en particulier, ne lui crée « aucune émotion » parce que « ce sont des chiffres qui sont alignés sur une feuille de papier, une masse de données qui ont besoin d’être échangées, qui ont besoin d’être travaillées selon les objectifs de leurs propriétaires ». Sur sa richesse, la réponse est tout aussi sibylline : « Je ne vis pas comme un riche, mais comme tout le monde. Par contre, j’épargne car je cherche à me constituer un patrimoine pour ma retraite et pour mes enfants ». En attendant, Gabriel Fal travaille de plus belle à développer son cabinet et le marché financier en général. Malgré tout, il siège à plusieurs conseils d’administration et participe activement à d’importants forums dont le Conseil présidentiel de l’investissement du Sénégal. Il est également membre de la Commission de supervision et de régulation des institutions de sécurité sociale (COSRISS) et membre du Comité d’investissement du fonds de capital-risque Aureos Capital Ltd, à Londres. </p>
<p>Source: Politicosn</p>
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		<title>Portrait de Tidiane Thiam, Président du groupe d&#8217;assurance britannique Prudential</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 18:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pispa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il a quitté la France pour crever le plafond de verre &#8220;parfaitement invisible mais ô combien réel&#8221; qui bloquait son ascension professionnelle. &#8220;Français avec un trait d&#8217;union&#8221;, comme il se définit lui-même, le Franco-Ivoirien Tidiane Thiam, 47ans, président depuis octobre dernier de Prudential, le premier groupe d&#8217;assurance britannique par la valorisation boursière, a secoué brutalement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.abidjan.net/qui/photos/thiam_tidiane.jpg"/><br />
Il a quitté la France pour crever le plafond de verre &#8220;parfaitement invisible mais ô combien réel&#8221; qui bloquait son ascension professionnelle. &#8220;Français avec un trait d&#8217;union&#8221;, comme il se définit lui-même, le Franco-Ivoirien Tidiane Thiam, 47ans, président depuis octobre dernier de Prudential, le premier groupe d&#8217;assurance britannique par la valorisation boursière, a secoué brutalement le monde feutré du secteur en proposant, le 1er mars, de racheter AIA, la branche asiatique de l&#8217;assureur américain AIG. &#8220;C&#8217;est le plus gros deal de l&#8217;histoire de l&#8217;assurance&#8221;, entonnent les quotidiens économiques. Tidiane Thiam promet de mettre sur la table 35,5 milliards de dollars. Pour ce faire, il doit procéder à une augmentation de capital de 20 milliards de dollars, la deuxième par l&#8217;importance jamais réalisée à Londres.</p>
<p>Grand, élancé, élégant, le regard cerclé d&#8217;une fine monture, la star de la City en ce début de 2010 n&#8217;en cultive pas moins une extrême discrétion. Mais sous la carapace de cet homme bien né &#8211; des liens de sang l&#8217;unissent à Houphouet Boigny &#8211; bouillonne une détermination sans faille. Il aurait pu se contenter d&#8217;être le premier Noir à diriger l&#8217;un des cent premiers groupes de la City. Mais il rêve d&#8217;un bâton de maréchal d&#8217;un tout autre métal. &#8220;C&#8217;est le reflet d&#8217;un état d&#8217;esprit que nous a insufflé notre père: être les meilleurs dans tout ce que l&#8217;on entreprend. Tidiane voulait constamment être le premier de sa classe, y compris en gym ou en dessin. Ce souci de la perfection l&#8217;a toujours guidé&#8221;, se souvient son frère Augustin, médecin à la retraite. Les sept enfants de la fratrie ont tous réussi leur parcours universitaire, avec une maîtrise comme bagage minimum. Sur cinq garçons, trois ont été déjà ministres en Côte d&#8217;Ivoire.</p>
<p>Alors français, le père de Tidiane, Amadou Thiam, né en 1923 à Dagana, sur les rives du fleuve Sénégal, arrive à Abidjan en 1945. Il lancera Radio Côte d&#8217;Ivoire en 1962, puis deux chaines de télévision, avant d&#8217;être nommé ministre de l&#8217;information, puis ambassadeur au Maroc. &#8220;Nous sommes sénégalais comme Barack Obama est kenyan&#8221;, ironise Augustin. Et Français comme leur père, Amadou, dont Tidiane Thiam a pu lire l&#8217;émotion dans les yeux &#8220;le jour où il reçut ses insignes de Chevalier de la Légion d&#8217;honneur. Ce jour-là, il comprit soudain pourquoi cet homme qui avait lutté pour voir la Côte d&#8217;Ivoire indépendante réagissait encore si fortement aux accents de <em>La Marseillaise</em><strong> où qu&#8217;il l&#8217;entende&#8221;.</p>
<p>C&#8217;est au lycée Descartes de Rabat que Tidiane obtient son bac avant de poursuivre ses études en France. &#8220;L&#8217;immigré que je suis est reconnaissant aux sans culottes. Ils nous ont donné en héritage ce mot et cette aspiration si précieux: la méritocratie&#8221;, écrit-il dans <em>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;être français?</em>, un ouvrage à plusieurs mains publié en octobre 2009 par l&#8217;Institut Montaigne. Polytechnicien, il doit à son 1,93m d&#8217;avoir défilé sur les Champs &#8211; Elysées au premier rang de la prestigieuse école, le 14 juillet 1983, sous le regard protecteur de sa mère. Un cursus qu&#8217;il complétera en 1988 par un MBA à l&#8217;Institut européen d&#8217;administration des affaires (Insead).</p>
<p>Mais sa couleur de peau plombe un CV orné des plus prestigieux diplômes de la République, ces prétendus sésames de la réussite. Il est d&#8217;abord recruté par le Cabinet McKinsey, à Paris. En 1994, il saisit l&#8217;occasion que lui offre le président Henri Konan Bédié de revenir au pays. Directeur général du Bureau national d&#8217;études techniques et de développement (BNETD), chargé des grands travaux, &#8220;il a ivoirisé l&#8217;institution, qui comptait 70% de cadres expatriés français&#8221;, rappelle Augustin. Il sera ensuite ministre du Plan et du Développement, jusqu&#8217;au coup d&#8217;État de 1999. &#8221; C&#8217;était pendant Noël, il était en vacances chez la famille de sa femme (une Américaine convertie à l&#8217;islam, la religion de son époux), aux Etats-Unis. Quandil a appris que ses collègues ministres avaient été arrêtés, il est revenu à Abidjan et s&#8217;est constitué prisonnier. Il faut le faire!&#8221; s&#8217;exclame Augustin.</p>
<p>De retour sur le vieux continent, il est repéré en 2002 par Aviva. En 2006, il devient le patron pour l&#8217;Europe et siège au conseil d&#8217;administration. D&#8217;aucuns le voient déjà prendre les rênes du groupe d&#8217;assurance britannique. Mais il rejoindra l&#8217;ennemi juré Prudential. Tidiane Thiam, &#8220;cet homme doué d&#8217;un talent extraordinaire&#8221;, dixit Marc Tucker, qui lui a cédé son fauteuil de PDG, ne frappe décidément jamais là où on l&#8217;attend.</p>
<p>Source: Jeune Afrique </p>
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		<title>Portrait de l&#8217;homme d&#8217;affaires Sérigne MBOUP</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 18:14:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pispa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n’a pas beaucoup de temps. Toujours entre deux avions, il rentre tard à la maison. Pour le coincer, une seule solution se rendre nuitamment chez lui. Ce que nous avons tenté sans succès. Finalement nous n’avons pu le coincer que sur le bateau Aline Sitoé Diatta, lors de sa première liaison commerciale. Et c’était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il n’a pas beaucoup de temps. Toujours entre deux avions, il rentre tard à la maison. Pour le coincer, une seule sol<a href="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2009/01/serigne_mboup1.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-878" title="serigne_mboup1" src="http://senegal-business.com/wp-content/uploads/2009/01/serigne_mboup1.png" alt="" width="70" height="108" /></a>ution se rendre nuitamment chez lui. Ce que nous avons tenté sans succès. Finalement nous n’avons pu le coincer que sur le bateau Aline Sitoé Diatta, lors de sa première liaison commerciale. Et c’était au retour sur Dakar dans sa cabine aux environs de 21 heures. Heure à laquelle il était encore en train de travailler alors que tout le monde s’apprêtait à se rendre au restaurant.<br />
Serigne Mboup est en fait un maniaque du travail. Pourtant, il n’a pas fait l’école française. Mais en discutant avec lui, on remarque rapidement qu’il n’a rien à envier à ceux qui ont fait leurs études dans la langue de Molière. Serigne Mboup est ce qu’on peut appeler un initié en langue arabe.<br />
C’est vrai qu’on ne peut pas être à la tête d’un aussi grand Holding que le Comptoir Commercial Bara Mboup, avec plus d’une dizaine de filiales, sans avoir un minimum de formation. Cette formation, le patron du groupe CCBM l’a reçue en arabe. A 10 ans déjà, il avait commencé à parler couramment cette langue venue d’Orient. Parce que contrairement à ses autres frères, son père, Bara Mboup, avait décidé de l’inscrire à l’école primaire arabe à Kaolack au quartier Ndorong chez Ouztaz Bassirou Bousso.<br />
Passé cette première étape, Serigne Mboup, toujours sur décision de son père, va rejoindre le célèbre Daara de Koki, dans la région de Louga, c’était en 1976. Dans cet établissement réputé pour son sérieux, il a au bout de trois années seulement, réussi à mémoriser tout le Coran. Ce qui lui avait valu à son retour à Kaolack dans la demeure familiale d’être accueilli avec tous les honneurs.<br />
Son père lui avait en effet organisé une grande fête à laquelle il avait invité des Égyptiens venus spécialement pour mesurer le degré de connaissance du jeune Serigne Mboup. Mais ce n’était qu’une étape dans sa formation. Puisqu’il retournera à Koki pour y poursuivre ses études. Il y décrochera d’ailleurs son certificat, son brevet et ira jusqu’au niveau du baccalauréat, un examen qui n’était pas alors organisé au Sénégal. Il ne restait qu’au brillant élève d’aller approfondir ses connaissances à l’extérieur, en Arabie Saoudite par exemple. Son père en décidera autrement puisqu’il va le rappeler à Dakar, on était alors en 1989 et Serigne venait juste d’avoir 23 ans. Ce rappel avait une grande signification.<br />
En réalité, trois années plutard, en 1992, le vieux Bara Mboup retournera auprès de son seigneur. Laissant ainsi à ses enfants un héritage fruit d’un dur labeur qu’il fallait conserver et fructifier en même temps. Serigne avait donc la lourde tâche de conduire désormais les affaires avec son frère Moussa dont il va se séparer quelques années plus tard. Ce dernier ayant préféré monter son propre business, mais aucun nuage ne plane sur leurs relations, tient à préciser Serigne Mboup.<br />
Réussir l’exercice consistant à conduire les affaires de son père était loin d’être évident en raison d’une expérience pour le moins insuffisante. Même s’il a eu le temps de découvrir le monde du business avec les nombreux stages qu’il a eu à faire. Peut-être aussi que le Coran qu’il cite souvent, comme étant à la base de tout, a été pour beaucoup dans sa réussite dans le business.<br />
Le départ des commerçants mauritaniens à la suite des événements malheureux de 1989 et le vide qu’il fallait combler était réellement une rampe de lancement pour lui. Son père avait en effet décidé d’investir dans les produits alimentaires et c’était à lui de gérer ce business. Et là, va débuter une grande aventure dans le monde des affaires pour l’ancien élève de Koki. Le coran en bandoulière, Serigne Mboup part à la conquête du pouvoir économique.<br />
Créateur d’Entreprises<br />
Inconnu du grand public avant 2000, cet homme de 42 ans marié à deux femmes se révélera au Sénégal avec son imposant centre commercial Touba Sandaga construit en plein marché Sandaga à Dakar. Et il aura le privilège d’avoir comme invité pour inaugurer ce bijou, le président de la République en personne. C’était en novembre 2001. Son initiative sera vite imitée par d’autres promoteurs. Ce qui fera pousser comme des champignons et un peu partout en centre ville des centres commerciaux. Il s’attaquera à d’autres secteurs et diversifiera ses activités.<br />
Master office pour le bureautique ; SBMA pour les produits alimentaires et d’entretien ; Pridoux, spécialisé dans l’implantation et l’exploitation de supérettes ; Espace Auto dans l’importation et la vente de véhicules ; CCBM immobilier qui doit s’occuper de la construction d’un immeuble ultra moderne à la place Soweto, projet qui, d’ailleurs, tarde à se concrétiser ; Africa transit, CCBM voyages, Digital planet qui connaît apparemment quelques problèmes puisque beaucoup de showrooms ouverts un peu partout ont fermé leurs portes. Sans oublier son implication dans le renouvellement du parc des taxis avec son projet de 50 taxis confiés à des femmes et inauguré par la première dame, Viviane Wade.<br />
Toutes ces entreprises, créées depuis le début de cette ascension vers le sommet du groupe CCBM ont permis à Serigne Mboup d’employer plus de 800 personnes. Et il se glorifiait dans un entretien qu’il avait accordé au journal Le Quotidien en janvier 2006 de verser 5 milliards de francs CFA à l’Etat sous forme de taxes. Aujourd’hui, même s’il ne veut pas aborder la question des bénéfices de son holding, il déclare faire un chiffre qui tourne en moyenne autour de 30 milliards de francs CFA. Ce parcours pour le moins exemplaire lui a peut-être facilité son intégration à la Confédération nationale des entrepreneurs du Sénégal (CNES) de Mansour Kama. Il y a aussi sa position concernant le statut qui doit être celui de l’homme d’affaires sénégalais. Il croit dur comme fer que ce sont eux qui feront du Sénégal un pays développé. Peut-être que c’est ce qui lui vaut d’être présent parmi les membres du Conseil présidentiel de l’investissement au titre des Sénégalais investisseurs au Sénégal. Au sein du CPI, les avis donnés par Serigne Mboup sont bien pris en compte. Un privilège certainement pour un pur produit de l’informel qui a réussi une bonne intégration dans le secteur formel.<br />
L’homme d’affaires préféré du président ?<br />
« Je n’ai jamais gagné aucun marché de la part de l’Etat ». Cette déclaration du patron de CCBM date de janvier 2006. Elle ne serait certainement pas valable par les temps qui courent. En réalité, le nom de ce capitaine d’industrie est cité dans les marchés les plus juteux qu’octroie l’Etat. Et d’après lui, la cote qu’il a réussie à avoir auprès des plus hautes autorités de ce pays n’est en rien le résultat d’un quelconque appui qu’il leur aurait apporté.<br />
C’est tout juste la reconnaissance d’un parcours qui impose en ce moment qu’il soit associé à certaines affaires. Même la limousine offerte au chef de l’Etat n’y est pour rien. N’empêche le patron de CCBM bénéficie depuis quelque temps de « faveurs » et semble être écouté par le président de la République.<br />
Le marché pour l’équipement en véhicules des députés de la présente législature a atterri dans la besace de Serigne Mboup. 150 véhicules 4×4 Hover d’un montant global de 2,5 milliards de francs CFA. Il y a également le marché pour la construction du futur siége du Sénat,10 milliards de francs CFA. Et last but not least, c’est à lui que le président s’est adressé quand il a fallu trouver un opérateur pour s’occuper de la gestion du nouveau bateau Aline Sitoé Diatta après la mise à l’écart de la SOMAT. Le président disait à la réception de ce bateau au mois de décembre 2007 qu’il allait confier ce « bijou » qui a coûté la bagatelle de 17 milliards de francs CFA à des Sénégalais bien assis financièrement. Et parmi ces Sénégalais, il y a Serigne Mboup. Ce qui peut laisser croire que contrairement à ce qu’il affirme, Serigne Mboup est bel et bien un homme assis sur une grosse fortune.</p>
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