Qu’elle produise des biens ou rende des services, l’entreprise a fondamentalement pour objectif la rentabilisation des investissements réalisés par ses propriétaires pour son existence et son développement, et incidemment le mieux-être des employés de tous niveaux qui s’activent pour qu’il en soit ainsi. Cette quête de performance et de croissance est des plus éprouvantes en conjoncture de crise, quand l’environnement économique est particulièrement défavorable.
Cependant, il n’y a pas que les adversités extérieures qui freinent l’expansion d’une entreprise. Sa gestion interne peut également lui être lourdement dommageable, quand elle n’obéit pas aux règles qu’aucune entité économique ne saurait contourner sans tomber dans le ruisseau. Il y a notamment les procédures. Quand elles n’existent pas où sont foulées au pied, lorsque les agents n’en font qu’à leur tête, pensant bien faire dans l’intérêt de l’entreprise, mais très souvent à leur avantage personnel, l’entreprise risque d’avoir tout faux.
Mais les procédures, aussi indispensables et incontournables soient elles, ne sont pas la panacée. Elles peuvent même être handicapantes lorsqu’elles pèsent sur les rouages de l’entreprise jusqu’en en gripper le fonctionnement. Quand elles prennent le dessus sur les hommes et les femmes dont elles sont censées simplifier, fluidifier et surtout assurer la traçabilité et sécuriser les actes qu’ils posent, les procédures créent plus de problèmes qu’elles n’aident à en résoudre. Face à des situations inédites, elles limitent la créativité, l’esprit d’innovation et la capacité de réponses rapides des ressources humaines dont elles enserrent les énergies.
La compétence d’un management se juge, certes, sur les résultats qu’il réalise à la tête de son entreprise, en termes d’augmentation de sa production, de ses ventes et profits. Mais ses performances sont, dans une mesure principale, sous-tendues par la qualité de ses ressources humaines, de la manière dont elles sont gérées, utilisées et valorisées. C’est dans le quotidien des rapports que le dirigeant entretient avec les responsables de ses directions et services et des relations de travail existant dans ces compartiments et entre eux de façon transversale que se joue de plus en plus le devenir de l’entreprise.
Le grand défi pour le dirigeant d’entreprise est donc de mobiliser à bon escient ses ressources humaines, et surtout de les remobiliser quand la flamme n’y est plus. C’est un challenge impossible sans le bris d’un certain nombre de verrous. Parmi ceux-ci figurent, en très bonne place, les avantages acquis sans contrepartie, le clientélisme, le défaut de reconnaissance et surtout le manque de projets.
Une entreprise étant un lieu de production de biens et de services, mais aussi de partage d’une partie des revenus induits, il est normal que les salariés se voient attribuer un certain nombre d’avantages matériels et financiers, à la mesure de leur position et contribution dans les résultats obtenus. Mais ces bonus peuvent être source de frustrations et peser négativement sur la dynamique de l’entreprise quand ils sont inégalement et inéquitablement répartis, et que ceux qui en bénéficient le plus ne sont paradoxalement pas des foudres de guerre au travail. Le pire, c’est quand l’on s’oppose à leur remise en cause au moment où une entreprise en difficulté doit impérativement réajuster ses charges. Comme l’écrit Jacques-Antoine Malarewics, dans un ouvrage fort didactique, « Gérer les conflits au travail – la médiation systémique en entreprise » : « un avantage peut toujours sembler être acquis alors que – malheureusement ou heureusement – les contextes changent et évoluent, ce qui peut les rendre caducs. Ces avantages sont facilement dépassés car ils ne peuvent être compris que si l’on tient compte de l’environnement dans lequel ils ont été négociés et obtenus ».
Le clientélisme consiste en l’entretien entre un dirigeant et certains cadres et employés de relations complices fondées sur la protection et l’octroi de faveurs en échange de services particuliers. Il est source de graves conflits au détriment de l’entreprise, du fait des sourdes antagonismes qu’il crée entre le cercle fermé des privilégiés qui obéissent à leurs intérêts personnels et tous les autres qui, sans occulter les leurs, considèrent que c’est l’intérêt général qui doit primer et qu’il doit y avoir plus de transparence, de justice et d’équité, sans quoi l’entreprise va péricliter. Généralement, c’est un changement de direction qui permet de briser ce verrou. Mais il faut se garder de reproduire le système, autrement.
En plus d’un salaire dignement acquis, la reconnaissance du mérite du travailleur doit être de mise. La non satisfaction de ce besoin, qui n’est pas une simple question d’amour propre, mais de distinction pour une participation de qualité à l’œuvre collective, est une autre source de frustration et de crise. Le dirigeant doit savoir identifier les éléments de saine reconnaissance qui conviennent le mieux, notamment pour attirer ou s’assurer le maintien dans l’entreprise de cadres et d’employés de valeur.
Les projets sont une manière de poser positivement les problèmes de développement de l’entreprise. Même s’ils n’aboutissent pas tous nécessairement, ils ont le mérite de redonner confiance en eux-mêmes à ceux qu’ils mobilisent pour le travail, de fédérer un maximum d’énergies vers des objectifs précis, de maintenir et de renforcer la cohésion du groupe dans la quête de solutions aux difficultés de la société. Et si les procédures et pratiques sont assainies, ils concourent à la mise en place de cercles vertueux à même d’inscrire tous les segments de l’entreprise dans une dynamique de réussite et de progrès.
Source: le Soleil



A l’heure actuelle, le débat n’est plus, pour ou contre la financiarisation de l’Economie mondiale, mais plutôt sa régulation. Et, dans cette perspective, les lignes de démarcation des règles d’organisation et de fonctionnement qui régissaient le secteur privé et celles qui régentaient la sphère publique étaient nettes et claires dans un passé récent.
Plusieurs fois remise à d’autres rendez-vous dont le dernier en date remonte au mois d’octobre dernier, la signature de l’Accord de partenariat économique entre l’Union européenne et les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest commence à ressembler à une arlésienne. L’on ne cesse d’en parler, mais nul n’est sûr de son avènement. Certes, ce n’est pas que personne ne veut de ce projet visant à instaurer une zone de libre échange entre l’Ue et la Cedeao, la Mauritanie incluse. Le problème est de s’accorder sur toutes les conditions requises pour sa mise en œuvre.
L’avenir de l’économie et de la finance internationales dépendra de la régulation de la finance, de la mise en œuvre de mesures antiprotectionnistes et du respect de l’environnement, analyse l’économiste français Nicolas Baverez.
La crise financière mondiale partie des Etats-Unis en septembre 2008 est la première crise globale du capitalisme et augure ’’la fin du cycle néolibéral de la mondialisation’’, analyse l’essayiste français Nicolas Baverez.
L’histoire ne saurait tout expliquer. Mais ce n’est pas nécessairement chercher à se dédouaner d’un vécu calamiteux que de l’interpeller pour y trouver une part de justification tangible.
Comme le rapace dont ils portent le nom, ils sont toujours à l’affût, prêts à fondre sur leur proie au moment où elle est la plus vulnérable, pour la gruger jusqu’à l’os. Les fonds vautours sont, depuis quelques années, dans une ronde infernale autour les pays pauvres, africains en particulier, pour les saigner à blanc, leur soutirer le maximum d’argent possible.
Les armes sont de la marchandise comme toute autre, à la seule et grande différence avec les produits de consommation courante qu’elles sont des instruments de mort, et non de vie. Cependant, « si vis pacem para bellum » – si tu veux la paix, prépare la guerre – comme on en convenait dans la Rome antique. Sous ce rapport, les Etats de droit, pour dissuader quiconque de porter atteinte à leur intégrité territoriale, ont l’obligation d’équiper leurs armées, dans la mesure de leurs possibilités réelles et le respect équilibré de leurs priorités de développement. Dans ces situations-là, la production, l’exportation ou l’importation d’armes passent par des conventions et normes internationales très strictes, dans le souci que l’armement des nations ne dépasse son objectif préventif pour mener à des guerres massivement destructrices ou fratricides, que les armes qui s’échangent à travers le monde ne tombent entre les mains de tyrans, de dictateurs, de terroristes et autres gens en rupture de ban qui en font les pires usages.
Le modèle des Gramen banks indiennes prospère dans l’Ouest africain francophone. Les structures spécialisées dans la microfinance qui s’en sont inspiré ont, en effet, largement tissé leur toile dans la région et réduit, dans une mesure appréciable, l’exclusion financière des hommes et des femmes évoluant en marge de la sphère économique classique, tout au long de ces vingt dernières années. Durant cette période, les Systèmes financiers décentralisés (Sfd) ou Institutions de microfinance (Imf), comme on les appelle, ont permis à près de 15% de la population régionale, active principalement dans l’économie informelle, d’accéder à des services financiers, en termes d’épargne et de crédit, pour des montants annuels avoisinant, aujourd’hui, les 500 milliards de francs Cfa.
Revenu à des niveaux d’approvisionnement et de prix plus acceptables pour les consommateurs, tout au long de cette année, le marché mondial du riz est de nouveau sous la menace de très fortes tensions. D’énormes besoins sont exprimés par les Philippines, pays parmi les plus gros importateurs de riz du monde, ainsi que par l’Inde. Grande productrice de riz, l’Inde a pratiquement cessé ces exportations depuis deux ans ; elle est en ce moment contrainte d’importer massivement pour compenser des pertes subies dans ses rizières dues à une sécheresse suivie d’inondations catastrophiques. Et comme si cela ne suffisait pas, un pays comme le Japon a entrepris de détourner une partie de sa production de riz pour la fabrication de biocarburant.
Copenhague, c’est comme Genève et Pittsburgh. Evidemment, la capitale scandinave à la petite sirène ressemble peu à la cité helvétique des institutions internationales ou à la métropole américaine de l’acier. La première est au bord de la mer, la deuxième donne sur le lac et la troisième chevauche trois rivières. Mais dans ces trois villes, on tente de relever les défis du monde. A Copenhague, c’est bien sûr le réchauffement climatique qui est en jeu depuis hier. A Genève, la semaine dernière, c’était le commerce mondial. A Pittsburgh, il y a un peu plus de deux mois, il s’agissait de la finance.
Le coton ouest-africain continue sa descente aux enfers entamée depuis le retournement de tendance intervenu quatre années plus tôt. Durant les deux décennies précédentes, cette matière textile de base que l’on qualifiait avec emphase d’or blanc était quasiment le seul produit d’exportation de la région dont les parts du marché mondial augmentaient. Le coton faisait alors assez convenablement vivre quelque quinze millions de personnes et participait au renouveau du monde rural à travers des programmes de modernisation des techniques culturales, d’alphabétisation et d’organisation corporatiste des producteurs pour une meilleure gestion et défense de leurs intérêts.
Jack Sim a une passion dans la vie : les toilettes. Probablement l’endroit au monde que l’on fréquente le plus et dont on parle le moins. Ce petit Chinois rigolard, jamais en panne d’une bonne histoire, a décidé d’y consacrer sa vie. En 2001, à quarante ans, fortune faite à Singapour dans l’immobilier, il cherche un sens à sa vie. Préoccupé par l’état déplorable des toilettes publiques de Singapour, il découvre une grande cause humanitaire oubliée. Près de 2,5 milliards d’habitants, 40 % de la population mondiale, n’ont pas accès à des toilettes. Plus d’un million d’enfants meurent chaque année de diarrhée à cause des maladies propagées par l’absence d’assainissement. Les grandes âmes préfèrent s’intéresser à l’eau plutôt qu’aux latrines et aux égouts. Jack Sim va s’y employer. A sa manière. « Les gouvernements s’en fichent, car ils ne s’intéressent qu’aux grands travaux. Les humanitaires ne sont que dans l’assistance. Dès qu’ils partent, personne n’entretient ce qu’ils ont installé. La seule solution c’est le marché. Les pauvres doivent acheter leurs toilettes et il faut leur donner envie de le faire ! »
C’est comme la réplique d’un séisme. La faillite annoncée de Dubaï est le fait de l’onde de choc de la crise qui a profondément fissuré la sphère financière internationale. Alors que les économies les plus puissantes s’en remettent depuis quelque temps, apparemment, Dubaï est rattrapé par le phénomène qui sourdait en son sein depuis l’année dernière.
Une âme sensible assise à mes côtés s’est surprise à verser une larme devant les images télévisées de milliers d’hectolitres de lait répandus sur un champ de patate ou de blé par des paysans français en colère, parce que le prix auquel leur production est achetée ne les satisfait point. Ailleurs, en Europe, ce sont des tonnes de tomate, de carotte ou d’autres produits agricoles qui sont déversés dans les rues pour sensiblement la même raison. Ces agissements ont sans nul doute heurté notre amie parce qu’elle les a associés au fait qu’un enfant meurt de faim, près de nous, toutes les six secondes.
Alourdissement du système et augmentation des dépenses, ce sont les conséquences de la création d’une holding pour la Senelec, analyse un consultant en économie pétrolière.


