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ECOVISION : Le bon sillon pour l’arachide

Sous le régime colonial, la production artisanale d’huile était interdite aux territoires sous domination française. Les contrevenants à cette prohibition voyaient leur marchandise saisie par l’autorité. Taillables et corrélables à merci, lorsqu’ils n’étaient que de simples sujets, ils étaient fortement amendés, voire envoyés en prison, en cas de récidive. Cependant, la santé du consommateur indigène n’était nullement le souci du colonisateur. A cette époque d’ailleurs, les connaissances et exigences en la matière n’étaient pas aussi fines que maintenant. L’on aimait faire bonne chaire sans retenue, manger gras, en Métropole et à la colonie, quand l’intendance suivait.

Les considérations en jeu étaient plutôt économiques. La production arachidière qui n’avait véritablement commencé à prendre racine qu’au lendemain de la première Guerre mondiale, ne devait alors avoir comme destination que les huileries bordelaises et marseillaises, par le canal des grandes maisons de commerce qui leur servaient de relais dans les colonies, au Sénégal principalement. Il faut savoir que, suivant le Pacte colonial qui a prévalu jusqu’aux dernières années avant l’indépendance, il était exclu qu’une matière première coloniale dont la destination était l’industrie métropolitaine fût transformée là où elle avait été produite. Les exceptions industrielles qui donnèrent naissance à des décortiqueries puis à des huileries, au Sénégal, résultèrent purement des accidents de l’histoire. L’implantation et le développement de ces unités dans la colonie n’ont pu être possibles que parce que l’on ne pouvait pas faire autrement. C’est quand, avec les crises économiques et les guerres mondiales, le fret devenait trop onéreux ou les bateaux indisponibles en grand nombre, qu’on se pliait à la valorisation locale de produits de base comme l’arachide. C’est ainsi que nous avons hérité de nos premières huileries…

Un demi-siècle après l’indépendance, les problèmes et les préoccupations sont assurément différents. La santé des populations est aujourd’hui une donne fondamentale. Il n’y a pas de développement véritable sans des acteurs économiques jouissant d’une bonne santé. D’autant que c’est le mieux-être collectif qui est la finalité de tout acte économique engageant ou impliquant une nation souveraine. Il est compréhensible, dans ces conditions, que l’autorité puisse être conduite à prohiber, comme dans une situation révolue, la production et la mise sur le marché d’une huile produite par des moyens traditionnels, disons on ne peut plus rudimentaires. Effectivement, pour être consommable à des risques sanitaires atténués, toute huile doit être raffinée, avec la technicité idoine. Ce qui n’est malheureusement pas le cas, pour les huiles artisanalement produites.

Mais l’interdiction de production et de vente de l’huile d’arachide paysanne – à tout le moins les saisies signalées ces derniers temps – est-elle la solution la meilleure ? Ils sont nombreux les Sénégalais de tout bord qui s’interrogent sur la pertinence, l’efficacité, l’opportunité de telles dispositions. D’abord parce que, quand elle se fera plus discrète sur le marché, l’huile d’arachide traditionnelle continuera toujours à être consommée dans les villages où elle est produite, mais encore dans les villes voisines, d’autant qu’il n’est pas possible de mettre un gendarme ou un contrôleur économique – s’il en existe encore – derrière chaque huilier artisanal ou chaque consommateur. L’équation santé demeure entière. Surtout que, prohibition pour prohibition, il faudrait aller jusqu’au bout de cette logique pour interdire la consommation de tous les produits dérivés : cacahuètes, pâte d’arachide, etc. Il conviendrait d’en faire de même avec le maïs, le riz, le soja, plusieurs fruits et légumes et bien d’autres produits agricoles sensibles à l’aflatoxine, un champignon cancérigène dont l’industrie est en mesure de circonscrire le danger.

Le problème de l’agriculteur sénégalais est de trouver un débouché à la grande quantité de graines d’arachide qui lui restera sur les bras quand les huiliers locaux auront fini d’acheter les 300.000 tonnes subventionnées qu’ils sont disposés à prendre, sur une récolte record d’environ 1,2 million de tonnes. La piste de l’exportation serait à explorer. Mais c’est une alternative d’autant plus difficile à mettre en œuvre que rien n’avait été prévu, cette année dans cette optique et qu’en la matière, l’improvisation est rarement gratifiante. Et puis franchement, renouer avec l’exportation brute de la graine d’arachide, très certainement sur l’Europe, pour la voire revenir sous forme d’huile, comme du temps de la colonisation, ce serait un recul néfaste pour l’économie nationale.

La solution, la meilleure serait de la transformer, ici même, pour repositionner l’huile d’arachide sénégalaise sur le marché local et lui faire reconquérir des débouchés extérieurs. Déduction faite des achats opérés par huiliers, des semences à mettre de côté et de quelques autres utilisations, le stock d’arachide résiduel, de l’ordre de 500.000 tonnes, permettrait la production locale de quelque 200.000 tonnes d’huile, l’équivalent des quantités d’huiles végétales brutes importées et raffinées pour la consommation des ménages. Il y a de quoi faire de la place à de nouvelles unités de transformation, si les industriels qui évoluent dans le secteur n’augmente pas leur volume de production. Leur capacité installée le leur permet, techniquement. Un différentiel de prix conséquent en faveur de l’huile d’arachide locale par rapport aux huiles d’origine étrangère serait un coup de pouce déterminant. Les qualités de l’huile d’arachide, qui lui confèrent un avantage de taille sur la plupart des autres oléagineux, feraient le reste, pour qu’elle emprunte le bon sillon.

Source: le Soleil

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ECOVISION: Ces intérêts contre l’huile de palme…

La grande offensive engagée, depuis des mois, par les magnats des oléagineux contre l’huile de palme remet en mémoire la virulente cabale des années quatre-vingt dix contre l’huile d’arachide. L’on avait lancé des informations exagérant sa contenance en aflatoxine pour la présenter comme dangereuse pour la santé humaine et la bouter hors des rayons des supermarchés européens. Cette campagne était alors menée au bénéfice des huiles plutôt occidentales avec lesquelles l’huile d’arachide, bien de chez nous, était âprement en concurrence.

Ce sont ces mêmes intérêts qui sont revenus à la charge, cette fois-ci contre l’huile de palme dont l’Indonésie et la Malaisie sont les principaux producteurs avec, dans leur sillage, quelques pays africains dont la Côte d’Ivoire.

Produite à partir de forêts de palmiers étendues, denses et de rendement très élevé, l’huile de palme est, des sept huiles les plus utilisées dans le monde, celle qui occupe le haut du pavé. Avec 47 millions de tonnes cette année, elle représente, à elle seule, 34,5% de la production mondiale, d’autant qu’elle est la moins chère de toutes.

Les cours de l’huile devenant de plus en plus intéressants, sous l’effet d’une demande poussée à la hausse par l’augmentation des besoins alimentaires et par la production de biodiesel, les autres huiliers concurrents cherchent à prendre le maximum de parts de marché à l’huile de palme. Non seulement les Européens accroissent les capacités de trituration de soja, de tournesol et de colza de leurs usines et mettent en route de nouvelles unités. Mais, encore, elles ont monté cette très grosse cabale contre l’huile de palme, avec le soutien d’écologistes et de scientifiques à l’objectivité douteuse.

« Greenpeace » et « Friends of the earth » en tête, les environnementalistes occidentaux jouent leur partition sur un air dénonçant les producteurs asiatiques et africains qui, pour le développement de leurs palmeraies, sacrifient de grandes forêts naturelles. Selon eux, « cette déforestation augmente les émissions de gaz à effet de serre, bouleverse l’équilibre de la faune et de la flore et a un impact négatif sur les populations locales de petits paysans ».

Ces arguties ne tiennent vraiment pas la route. Permettant de produire, dans une bonne moyenne, six fois plus d’huile que le soja, le colza ou le tournesol, les palmeraies nécessitent, comparativement, moins de terrain que la concurrence. Ensuite, si pour la constitution de palmeraies il faut effectivement déboiser, les arbres enlevés sont remplacés par …d’autres arbres. Par conséquent, le recyclage du dioxyde de carbone en oxygène continue. Par ailleurs, le palmier à huile requiert peu d’engrais. On ne peut pas en dire autant du soja, du tournesol ou du colza. En plus d’être boulimique en engrais, ces spéculations sont de plus en plus dopées aux Ogm, avec tous les risques qui s’y rattachent.

Et si l’on se soucie, véritablement, du sort des petits paysans locaux, il ne convient absolument pas de servir la soupe à ceux qui veulent le démantèlement des palmeraies asiatiques et africaines qui les font vivre. En Indonésie, le premier producteur mondial d’huile de palme, la production agricole de cet oléagineux occupe quelque trois millions de paysans à qui elle permet de se nourrir, de se vêtir et d’envoyer leurs enfants à l’école et à l’université. Là-bas, comme ailleurs, le palmier à huile contribue largement à la lutte contre la pauvreté. Alors ?

L’autre attaque menée contre l’huile de palme l’est sur le flanc très sensible de la santé humaine. Il lui est reproché d’être riche en acides gras saturés. Ils peuvent provoquer de l’hypercholestérolémie et des problèmes cardiovasculaires, notamment. Mais, ce que l’on ne fait pas remarquer est que les autres huiles, l’huile d’olive comprise, en contiennent aussi, même si c’est à des taux moindres.

Les huiles soja, de colza et de tournesol, deux fois plus sensibles à leur chaleur que les huiles d’arachide, d’olive ou de palme, dépassent très rapidement leur température critique, à la cuisson et deviennent alors indigestes. Leur grande sensibilité à la chaleur fait que leurs qualités organoleptiques se dégradent. En s’altérant sous l’effet de la chaleur, elles perdent leurs composantes bénéfiques, tels la vitamine E et les omega-3. En s’oxydant rapidement au chauffage, elles produisent des radicaux libres et des benzopyrènes. Selon des experts médicaux, ces éléments seraient impliqués dans l’apparition de nombreux maux : cancer, asthme, cataracte, maladies cardiaques, troubles articulaires et maladies dégénératives comme la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer.

En définitive, toutes les huiles se valent, car aussi indispensables soient-elles dans l’alimentation humaine, chacune a sa part de nocivité. L’excès d’acides gras, qu’ils soient saturés ou pas, doit être évité. Ce n’est pas pour rien que toutes les publicités alimentaires sur les chaînes de télévision françaises sont obligatoirement accompagnées du conseil de « ne pas manger trop gras », notamment.

Au total, il n’y a pas d’argument écologique ou sanitaire qui puisse valablement justifier une interdiction d’importer de l’huile de palme. Sinon, ce sont toutes les huiles alimentaires qu’il faudrait prohiber, d’importation comme de production locale. La démarche qui sied est de sensibiliser davantage les populations sur les risques qu’elles encourent, par une consommation excessive d’huile.

Et qu’on cesse surtout d’affirmer, sans gêne, que les accidents vasculaires cérébraux et les maladies cardiovasculaires sont plus nombreux dans la région de Ziguinchor, zone de production et de forte consommation d’huile de palme. Ces propos orientés ne résistent pas à l’appréciation de la réalité. Ces gens dont l’huile de palme entre régulièrement dans l’alimentation sont bien plus résistants que ceux qui, dans le reste du pays, abusent des autres huiles, avec les résultats dévastateurs que l’on sait.

Nous ne sommes absolument pas contre la protection de l’industrie sénégalaise. Bien au contraire. Mais il y a un pacte communautaire à respecter, celui qui a supprimé les barrières tarifaires et non-tarifaires sur tous les produits originaires de l’Union. Il faut veiller, dans le cas d’espèce, à ce que l’huile de palme, qui pourrait à nouveau être autorisée d’importation de Côte d’Ivoire, libre de tout droit de douane, soit réellement de cette origine et non de Malaisie ou d’Indonésie.

Les produits venant de ces derniers pays et dont il est impossible de soutenir la concurrence, devraient alors être assujettis à une taxe de protection la plus satisfaisante possible et acceptable du point de vue des règles communautaires en la matière. Les huiliers locaux feraient le reste, pour en particulier, augmenter la part de la production nationale d’arachide qu’ils triturent et œuvrer pour être plus compétitifs sur ce segment, plutôt que de vouloir essentiellement faire leur beurre dans le raffinage des huiles de soja et de tournesol qu’ils importent d’Europe.

Source: le Soleil

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DÉBAT : L’Économie est un Écologisme

La crise mondiale dont nous espérons la résorption dans les meilleurs délais nous permet de tirer un enseignement inédit dans l’histoire des Sciences économiques du fait qu’elle met fin au concept de pays riches et de pays pauvres en les déclassifiant en deux grandes masses : les pays les plus endettés et les pays les moins endettés.

En effet, les vertus de la finance procèdent des liens consubstantiels entre les notions de risques et d’intérêts qui se traduisent par une fonction mathématique croissante. Mais là où la finance a substitué les risques aux dettes exclusivement, sous ses différentes formes et dérivés possibles, elle a crée une équation mathématique insensée qui attribue un résultat positif à la somme d’actifs négatifs. Ainsi, la toxicité de l’économie mondiale découle-t-elle de la conversion du taux astronomique de la dette des institutions financières et bancaires en intérêts des particuliers. Par ailleurs, une autocritique des instruments classiques de la Science économique démontre que les notions d’utilité et de fonctionnalité, ainsi que la loi de l’offre et de la demande ne peuvent à elles seules constituer les leviers d’une économie saine et compétitive au 21ème siècle. Or, la régulation des marchés financiers se heurte à la notion de souveraineté dans une économie globalisée. Pourtant, il s’exerce à l’échelle planétaire des politiques monétaires et fiscales dont les conséquences sont désastreuses tant pour les épargnants du Nord que pour les petits boursiers du Sud.

Entendons-nous bien, nous ne remettons en cause ni le progrès technologique qui permet l’usage des payements automatisés ni les qualités de l’économie informelle. Il s’agit de replacer la question monétaire au coeur du débat actuel en attirant l’attention sur l’importance du flux de liquidité qui irrigue les marchés intérieurs des pays du Sud face à l’écartèlement du dollar par rapport à l’euro. Les pertes qui en découlent sont comparables aux eaux douces qui se jettent chaque année dans la mer. C’est la raison pour laquelle nous devons réfléchir très rapidement à la mise en place d’une troisième monnaie commune qui viendrait fermer la quatrième colonne du carré à côté du yen, pour composer le nouveau bouclier de protection d’une économie du futur ambitieuse et équilibrée. Enfin, l’implication des banques, fédérale américaine et centrale européenne ainsi que la participation du gouvernement chinois à son édification sont évidentes.

Pour ce qui est de la bonne marche de l’économie mondiale, notamment pour les années à venir, les dirigeants politiques devront faire preuve de beaucoup de modestie. En effet, le temps des révolutions est révolu. Force est de constater que nous entrons dans l’ère de l’évolution, qu’il s’agisse des questions de santé, d’éducation ou de production. En effet, la fiabilité de nos systèmes d’information, ainsi que l’amélioration des outils d’aide à la décision, sont infiniment plus opérationnelles pour que nous puissions contenir la production et donc améliorer la consommation.

Cette économie mondiale à double coeur devra trouver son état d’équilibre dans le calibrage du rythme de ses efforts (la production) par rapport au volume de ses récompenses (la consommation). Ainsi, une économie écologique trouvera-t-elle son intérêt dans la températion et la modération qui sont les moteurs par excellence de l’évolution.

Si (rP) correspond à la rotation de la Production et (vC) le volume de la Consommation, on atteindra un état d’équilibre ou Economie écologique (Ee) lorsque le taux de perte non Recyclable (pR) tend vers zero (0).

La traduction poétique de cette relation sera donc EE = rP – vC = pR < 1.

L’objectif de la perte nulle constitue un état d’équilibre financier dont le non respect peut être sanctionné. Ainsi, une Taxe sur la Perte non Recyclable permettra de réduire considérablement les effets néfastes de la gabegie d’un petit nombre de producteurs au détriment et à la privation d’un grand nombre de consommateurs.

Cet objectif à court, moyen et long termes doit être la résolution commune de toutes les politiques économiques à l’échelle de globe. Pour ce faire, nous proposons la mise en place de deux principes financiers qui font son intérêt : la finance spatiale et la finance écologique.

Concernant le premier, les territoires et les frontières participent non seulement de la Mondialisation, mais ils ne s’y opposent pas. En effet, l’utilisation des espaces et des territoires dans la finance mondiale ne s’était fait jusqu’ici que dans l’intérêt que produit le résultat de leurs oppositions ou de leur contraction. Ainsi, la délocalisation n’est en réalité qu’une équation de rentabilité spatiale, une sorte d’amortissement ou de finance des territoires. Or, suffirait-il de déterminer un seuil à partir duquel les taxes sur le revenu seront rééchelonnées et standardisées sur l’ensemble du globe, qu’il s’agisse des particuliers ou des sociétés selon des régimes spécifiques.

Cette taxe spatiale unique pourrait par la suite se décliner en fonds souverain mondial dont le mode de fonctionnement pourrait être équitable. Cette nouvelle fiscalité (off borders) viendrait, telle une couche d’ozone fiscale, renforcer la capacité d’absorption et d’emprunt des Etats et des grandes sociétés sans remettre en cause les parts dues aux trésors publics. Enfin, la délocalisation deviendrait-elle convertible en mesure de rentabilité au moins dans ses grandes lignes.

Concernant le second principe, osons l’expérience d’une nouvelle finance mondiale verte : la Finance Ecologique. En effet, les débats en cours sur la taxe verte sous ses différentes formes révèlent par ailleurs le malaise de son utilité. Il se dégage un sentiment mitigé du fait du caractère flou de l’utilisation et de la redistribution des fonds qu’elle peut générer. Or, nous le savons, la taxe sur les pollueurs peut favoriser l’émergence d’une élite de la pollution ce qui par ailleurs ne résout en rien la problématique du réchauffement climatique.

Sur le plan théorique, partant de la problématique de la crise de la dette face à l’urgence écologique, la finance écologique se heurte inéluctablement à la contraction des marchés financiers, du fait de l’épuisement de son modèle économique. C’est la raison pour laquelle nous requalifions les notions de l’offre et de la demande en la précisant dans une perspective d’une Economie écologique. En effet, il sera d’une importance vitale d’isoler l’offre écologique de l’offre et la demande écologique de la demande. Ainsi, nous distinguons dans le cadre d’une Economie écologique, l’ensemble des offres écologiques qui forment l’Economie tempérée et l’ensemble des demandes écologiques qui régissent l’Economie modérée.

De l’Economie tempérée ou de la températion, nous regroupons l’ensemble des mesures économiques et produits financiers dont l’objectif participe de la problématique du temps et du réchauffement climatique d’une part et d’autre part, nous regroupons autour de l’Economie modérée ou de la modération les mesures et les produits qui découlent d’une volonté de contenir la production ainsi que la consommation dans une relation de neutralisation.

De ce fait, « une Economie écologique peut être définie comme étant un écosystème financier dans lequel les actifs produisent et consomment, selon un principe de modération, les produits qui respectent l’environnement ».

Ainsi, les vertus de la modération et de la températion de l’Economie écologique résideront dans leur permutabilité de sorte à ce que les principes moraux de l’offre coïncident avec ceux de la demande. Il s’agit de faire du profit un humanisme et de l’écologie une vertu économique.

Sur le plan pratique, le maillon faible de notre engagement écologique vient-t-il de l’inexistence d’une finance écologique dans le portefeuille des mesures existantes sur les différentes taxes dites écologiques. Il s’agira dans les plus brefs délais de mettre en place un système fluide et opérationnel pour les particuliers et les entreprises pour le financement de l’Emprunt écologique. Ce dispositif d’une Economie tempérée coïncide avec la nécessité de financer à crédit la recherche et la production pour la mise sur le marché de nouveaux produits basés sur la contrainte écologique. Qu’il s’agisse des nouveaux moyens de transport ou des nouveaux équipements pour l’habitat comme pour les produits de première nécessité, la mise en place au sein des institutions financières et bancaires de nouvelles lignes de crédits spécialisées ou emprunts écologiques permettra une nouvelle activité des ménages sur le marché financier. Enfin, par extension, l’emprunt écologique permettra la mise en place de chaînes de distribution de produits écologiques de consommation qui seront compétitives et alternatives. En effet, sans un soutien financier lourd et massif, l’engagement écologique risque d’être très anecdotique face à l’économie de la pollution.

Concernant l’Economie de la modération, elle s’appuie nécessairement sur une maîtrise de la production.

Par conséquent, l’attribution sur le plan mondial d’une Licence-Evolution aux produits de consommation sera nécessaire pour agir écologiquement sur la demande. Il s’agira tout simplement d’interdire la fabrication ainsi que la commercialisation d’un produit qui ne présente aucune évolution majeure par rapport à ses prédécesseurs et par rapport à la concurrence. Nous mettrons ainsi fin aux dérives sur le coltane par exemple et les dommages collatéraux qu’il engendre dans les zones de conflit. Nous économiserons des ressources naturelles précieuses, tout en favorisant la recherche. Enfin, nous mettrons un frein à cette course effrénée de licences dans le domaine des propriétés et des marques que la concurrence a fini par vider de toute sa quintessence au plan intellectuel. En effet, tout et n’importe quoi sont protégés pour parer à d’éventuels utilisations commerciales. Ainsi, les consommateurs payent abusivement de nouveaux équipements qui ne sont en réalité que des mises à jour dont la programmation et la distribution ne répondent qu’à des calendriers marketing bien planifiés.

Pour conclure, nous résumerons l’Economie écologique comme étant une obligation morale et à ce titre une partie prenante qui mérite toute sa place au sein des conseils d’administration. Son élection, pour présider à son tour aux destinés des sociétés humaines et financières, est notre évolution.

« Haboker or », le jour se lève…

Thierno M. SOW Expert Consultant

10@one-zero.eu

www.one-zero.eu

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Ecovision: Les limites de l’ouverture du marché


Entamée dans les années quatre-vingt, dans la mouvance de la Nouvelle politique industrielle, accentuée au lendemain de la dévaluation du franc Cfa et renforcée avec l’entrée en vigueur du Tarif extérieur commun de l’Uemoa, l’ouverture tous azimuts du marché sénégalais aux produits d’origine étrangère a coûté très cher à l’industrie nationale. Fragile, dans des conditions de production point du tout compétitives, elle a très sérieusement été laminée par une concurrence internationale quasiment impossible à soutenir.

Envers elle, l’industrie sénégalaise est restée très fortement handicapée par des facteurs de production au coût onéreux et pas toujours des meilleures qualités qui puissent être, par une forte dépendance envers l’étranger en machineries et intrants, par des difficultés à renouveler ou à rénover les outils et par une main-d’œuvre, certes laborieuse, mais qui n’est pas très en phase avec les exigences d’une industrie moderne. Il s’y ajoute un marché étroit qui peine à sortir des limites territoriales nationales.

C’est tout le contraire, pour les entreprises, principalement asiatiques, qui taclent l’industrie sénégalaise sur son propre marché. Parties de quasiment rien, elles ont très rapidement domestiqué le mode de production moderne, l’ont adapté à leurs potentialités et capacités intrinsèques, pour bâtir et étoffer leur tissu industriel, afin de satisfaire les besoins locaux et conquérir d’autres débouchés, jusqu’au cœur de l’Occident développé.

Ces entreprises asiatiques ont relevé le défi de l’industrialisation avec des facteurs de production et une main-d’œuvre peu coûteuse et de bonne qualité, sous tous les rapports. Leur développement s’est produit, dans la plupart des cas, avec le bénéfice des appuis et de la haute protection des Etats. Il en est de même pour la conquête des marchés extérieurs. Elles se servent également du dumping pour briser les industries des marchés extérieurs dans leur collimateur. C’est ainsi que la concurrence asiatique a ruiné toutes les industries sénégalaises qui évoluaient dans les secteurs du textile, de la chaussure, des allumettes, du plastic, etc.

Faut-il laisser le massacre perdurer ? Il est certain qu’en dépouillant le tissu industriel sénégalais de l’infime protection résiduelle qui lui reste, et que lui concède par ailleurs les dispositions de l’Uemoa en la matière, les sarments de cette branche, qui résistent encore, vont s’étioler et tomber. L’on peut comprendre que des professionnels du négoce, dont le souci évident n’est autre que d’acheter des denrées au plus bas prix possible, pour les revendre à leur avantage, bataillent pour une libéralisation totale du marché.

Mais leur logique, purement commerciale, ne recoupe que les intérêts de leur corporation et dans une mesure évidente, ceux des consommateurs tout naturellement soucieux qu’on leur propose des produits, à des coûts d’acquisition correspondant à leur pouvoir et capacité d’achat, quelle qu’en soit, malheureusement, la qualité. Cela peut paraître normal, sans doute. Cependant, cette manière de voir les choses va dans le sens contraire de l’exigence de base de toute économie qui est le développement endogène industriel et notamment agricole, sous-tendu par des équipements de production, de transport, de communication et de services modernes et efficients. Mais encore, plus le marché s’ouvrira à une concurrence inégale, plus des industries locales tomberont et plus les destructions d’emplois seront grandes.

Que faut-il, dès lors, escompter des importateurs en question ? Qu’ils franchissent le degré commercial pour investir le champ industriel et agro-industriel. En s’inscrivant dans cette dynamique productive, ils seraient plus à même d’apprécier les dangers inhérents à une ouverture tous azimuts du marché et mesureraient les limites à ne pas franchir, au stade actuel du développement de l’économie nationale. Ils comprendraient beaucoup l’exigence du maintien d’un certain niveau de protection sur des produits qui, sans une défense organisée, disparaîtraient du menu industriel sénégalais.

Ce n’est pas pour rien que l’Accord de partenariat économique tendant à instaurer le libre-échange entre les pays de la Cedeao et l’Union européenne n’est toujours pas signé. Il se heurte au refus global de la partie ouest-africaine d’une ouverture démesurée du marché régional à la concurrence de produits européens, parmi lesquels ceux issus de l’agriculture et de l’agro-industrie sont largement subventionnés, à la production comme à l’exportation. Contre ceux-là, il convient bien d’opposer une exigence de protection des produits locaux dits « sensibles », à juste titre, ainsi que le font les négociateurs mandatés par la Cedeao.

Source: le Soleil

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Écovision: La corruption au cœur des puissants

Force est de constater, en le déplorant vigoureusement, à la lecture du dernier classement mondial établi par Transparency international, que la corruption est plus que jamais purulente et virulente dans les pays pauvres. Surtout dans ceux qui sont secoués par des guerres et autres crises internes, voire régionales. Les nations meurtries par des conflits récurrents qui ont détruit leur système de gouvernance, les États indigents et instables sont au bas du tableau. Cela est compréhensible, car le sous-développement, la faiblesse ou l’inexistence d’institutions fiables sont propices au pillage de ressources publiques, par la corruption et la concussion.

Ce qui l’est moins c’est que pareils phénomènes prédateurs continuent de prospérer au cœur de grandes puissances, comme les Etats-Unis ou la France. En la matière, elles n’ont absolument pas la cote qui devrait être leur, au regard de l’image très propre qu’elles renvoient au monde du haut des sommets économiques et politiques sur lesquels ils se sont hissés, siècle après siècle. La corruption n’est finalement pas l’apanage des pays pauvres, comme on a tendance à le faire accroire. Ce « cancer universel », ainsi que le dénomme Peter Eigen, le fondateur de Transparency International, reste prégnant dans l’autre partie opulente du monde.

Certes, tout organisme d’aide au développement est en droit, comme l’a fait l’Usaid, de dénoncer la corruption quand elle gangrène les rouages administratifs et économiques de certains pays bénéficiaires de son appui. Mais les grands de ce monde ne sont pas toujours les mieux placés pour donner des leçons à cet égard. Les très mauvais exemples sont récurrents dans la puissante Amérique.

Des audits sur le Pentagone révèlent qu’en 2005, la société de services pétroliers Halliburton, longtemps dirigée par l’ex-vice-président Dick Cheney, a surfacturé pour environ un milliard de dollars des fournitures à l’armée américaine en Irak. En 2006, Jack Abrammoff, un puissant lobbyiste Républicain, qui risquait trente ans de prison, pour une affaire vaseuse, a fait bénéficier de ses largesses plusieurs députés, en échange d’une réduction de peine de dix ans. L’ancien commissaire de Police newyorkais, Bernard Kerik, a été inculpé, en novembre 2007, de corruption, pour avoir perçu des pots-de-vin d’entreprises suspectées d’être liées à la Mafia.

Le sénateur Républicain de l’Alaska, Ted Stevens, a été mis en examen en 2008, sur sept chefs d’accusation, pour avoir, entre 1999 et 2006, effectué de « fausses déclarations » fiscales et accepté des « cadeaux » d’une entreprise, évidemment pour « services » rendus. Rod Blagojevich, alors gouverneur de l’Illinois, a été arrêté, le 9 décembre 2008, puis destitué par la suite, parce qu’il a cherché à vendre, au plus offrant, … le siège vacant au Sénat du Démocrate Barack Obama, après qu’il a été élu président des Etats-Unis d’Amérique.

Deux magistrats américains ont perçu plus de 2,6 millions de dollars, pour avoir envoyé des centaines d’enfants et d’adolescents purger, entre 2003 et 2006, des peines excessives, dans un centre privé de détention, en Pennsylvanie, géré par PA Childcare et Western PA Childcare. Lorsqu’un jeune était admis dans ce centre, ces deux entreprises qui géraient l’établissement en question recevaient des subsides de la part du comté pour couvrir leurs frais d’incarcération. Plus le nombre d’enfants condamnés était important, plus les fonds reçus par les deux sociétés en cause étaient abondants. Et le pot-de-vin consistant versé aux juges véreux, aussi.

L’ex-président de la Banque mondiale, l’Américain Paul Wolfovitz, a été obligé, en 2007, de démissionner pour népotisme Il n’a cependant pas fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire dans son pays. On le comprend bien, car sous l’administration Bush, il faisait partie des plus virulents faucons contre l’Irak.

Accusée d’avoir versé un « paiement illégal » de 50.000 dollars à un responsable indonésien du ministère de l’Environnement pour faciliter l’adoption par l’Indonésie du coton transgénique, Monsanto a été poursuivi aux Etats-Unis, par la « Securities and exchange commission » pour corruption. La firme a accepté de payer une amende de 1,5 million de dollars.Tout récemment, en février 2010, Alcatel-Lucent a été condamné à payer 137,4 millions de dollars à l’administration américaine pour clore une enquête sur des pots-de-vin relatifs à des marchés au Costa Rica, à Taiwan, ou encore au Kenya.

Cet échantillon de cas, parmi les plus connus, n’est qu’un fragment de la partie visible d’un immense iceberg. L’on considère que les affaires scabreuses, qui ne sont pas éventées et portées devant la justice, sont bien plus nombreuses qu’il n’y parait, à l’interne. A l’externe, dans ce contexte de libéralisation débridée de l’économie mondiale, les puissants usent également de l’arme de la corruption pour défendre leurs boulimiques intérêts. C’est connu, les multinationales d’obédience américaine, mais aussi d’autres pays industrialisés, usent, à grande échelle, de ce genre de procédés pour remporter marchés. La pratique sape la concurrence et induit une déperdition massive de ressources destinées au développement. Dans les pays pauvres, plus que chez les plus riches, malheureusement

Source: le soleil

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Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc

La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées.

La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français.

Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire.

La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire.

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958.

Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960.

Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise.

Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar.

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision.

Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration.

D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997.

Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994.
La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores.

C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).
Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc.

A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.
La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65).

Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros.

C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros).

Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti.
La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne.

Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également.

Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde.

Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées.
La libre convertibilité franc CFA/ euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains.
Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines.
La participation française à la gestion des banques centrales africaines

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision.

Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts).

La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA.
Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France.
Malgré le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne.
Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres.

Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains.

Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement.

Source: Seneweb

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Pour mettre fin à la dépendance énergétique de l’Afrique : Le Pr Momar Marième Dieng mise sur l’énergie thermonucléaire

L’Afrique est dotée en ressources énergétiques de toutes sortes. Pourtant, elle vit dans une dépendance énergétique structurelle. Et près de 60% des populations africaines n’ont pas accès au réseau électrique indispensable pour le développement. Pour sortir de ce cercle vicieux, le Pr Momar Marième Dieng avance comme solution le recours à l’énergie thermonucléaire.

Le professeur Momar Marième Dieng, responsable du Laboratoire de chimie-physique organique et d’analyse instrumentale (Lcpoa) de la Faculté des sciences et techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) est convaincu que, pour se développer, l’Afrique doit impérativement recourir à l’énergie thermonucléaire. Surtout que, d’après l’ancien lauréat du Grand prix du président de la République pour les sciences, les prévisionnistes les plus optimistes prévoient le tarissement des réserves de pétrole de part le monde à l’horizon 2050. D’où la nécessité de trouver ici et maintenant des énergies de substitution. Pour ce faire, le Pr Dieng propose un schéma de développement énergétique continental qui tient compte à la fois des sources d’énergie renouvelables et non renouvelables, de l’écologie et des progrès techniques des prochaines décennies. Et dans la palette des sources d’énergies du futur, le Pr Momar Marième Dieng jette son dévolu sur l’énergie thermonucléaire ; même s’il n’exclut pas les autres comme l’hydroélectricité (avec notamment les barrages) le solaire, le géothermique, le nucléaire ; les hydrocarbures (pétrole) et les biocarburants.

Avec force conviction, le Pr Dieng soutient que ‘si l’énergie thermonucléaire devenait exploitable avec un contrôle efficace de la réaction thermonucléaire, les besoins de la planète seraient couverts pour une période d’un milliard d’années. Je dis bien un milliard d’années’.Le responsable du laboratoire de chimie-physique organique et d’analyse instrumentale de l’Ucad, animait avant-hier samedi une conférence organisée par les établissements d’enseignement supérieur privé sur le thème on ne peut plus actuel : ‘Pour une doctrine énergétique et scientifique des Etats-unis d’Afrique’.

Avec force détails scientifiques, le Pr Momar Marième Dieng explique : ‘Les futurs appareils qui produiront cette énergie, qu’on appelle réacteurs thermonucléaires ou tokomaks (à cause de l’origine soviétique des premiers appareils qui portent ce nom) seront alimentés au stade vraiment opérationnel et définitif avec de l’hydrogène dit lourd qui sera obtenu essentiellement par l’électrolyse de l’eau de mer’. Selon lui, l’électrolyse qui fournit l’hydrogène léger, considéré comme ‘l’énergie de demain’, est déjà utilisé par les navettes spatiales comme carburant. A en croire le conférencier, chaque pays africain pourrait avoir sa petite installation d’électrolyse qui couvrirait largement ses besoins courants. Mieux, le Pr Dieng est d’avis que les barrages hydroélectriques, dont les 2/3 sont en Afrique, sont appropriés pour produire cette source d’énergie pour remplacer progressivement l’essence même au niveau de tous les moteurs à explosion comme au niveau des véhicules. Mais avant cela, le Pr Momar Marième Dieng suggère la création à l’échelle du continent d’un centre pilote de fusion. Ce centre pourrait être installé dans un pays africain approprié et accessible à tous les chercheurs qualifiés qui voudraient s’orienter dans cette voie. Parlant de l’énergie solaire, le conférencier pense que les recherches en vue d’abaisser le prix de revient des photopiles permettra de disposer de centrales solaires ; d’autant plus le continent africain avec le désert du Sahara dispose de formidables atouts. Il a passé sous silence les autres sources d’énergie.

En conclusion, le Pr Dieng suggère l’équipement des barrages existant et qui produisent l’hydroélectricité principale source d’énergie en Afrique sub-saharienne, pour réaliser une interconnexion du réseau électrique africain. Ce qui pourra devenir un marché intégré de l’énergie électrique à l’échelle du continent pour couvrir les besoins énergétiques des Etats-unis africains par une distribution rationnelle éliminant tout gaspillage.

Source: Walf

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Piqûre de rappel: Protectionnisme déguisé

L’Union européenne vient de donner un nouveau coup de vis à l’exportation des fruits et légumes des Acp vers son territoire, en exigeant ce qu’elle appelle des « normes éthiques et environnementales ». Après les normes sanitaires et de qualité que l’on peut bien comprendre, ces nouvelles exigences viennent d’ajouter une brique au mur de protectionnisme que l’Ue dresse pour freiner les produits du Sud mais en le camouflant sous le terme générique de normes. Que signifie pour un producteur de chez nous « tenir compte du commerce équitable et éthique et respecter l’environnement » ?

Le commerce équitable, qui est promu par certaines Ong occidentales comme Oxfam, s’adresse surtout au pays riches et à leurs multinationales pour qu’ils achètent à leur juste valeur les matières premières des pays pauvres. Alors comment un producteur de légumes des Niayes devrait-il s’y prendre pour le respect du commerce équitable, lui qui devrait plutôt l’exiger en sa faveur ?

Pour le respect de l’environnement, personne ne s’y opposerait, encore faudrait-il dégager des critères qui permettent de le certifier à propos de l’exportateur de fruits et légumes. Déjà, il faut dire qu’au niveau mondial, les approches divergentes des questions d’environnement ont fait capoter en décembre dernier, la conférence de Copenhague sur le climat. Comment peut-on imposer alors de manière unilatérale des exigences environnementales ?

L’édiction de toutes ces normes pour le confort du consommateur européen, soumet nos producteurs à une course d’obstacles sans fin qui met finalement sur la touche les petites entreprises. Ces messieurs de Bruxelles émettent tellement de textes que même le citoyen européen ne s’y retrouve pas toujours.

Dans la déclaration de Singapour en 1996, les membres de l’Omc s’engageaient à respecter les normes sociales fondamentales de l’Oit et proscrivaient l’utilisation de ces normes à des fins protectionnistes. Nos normes sociales et autres ne peuvent résulter que des progrès de notre développement économique. Et mettre la barre très haut dans ce domaine, maintient nos exportateurs dans une situation inconfortable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup de nations du Sud ont rejeté les normes environnementales que proposent les pays occidentaux car leur respect freinerait à coup sûr leur développement. Alors, si en plus des difficultés que rencontrent beaucoup de ressortissants de nos pays pour aller en Europe, il s’y ajoute celles de nos produits pour pénétrer ce marché, le plus riche qui nous est le plus proche, cela soulève de sérieuses interrogations.

Pourtant en même temps, par les Accords dits de partenariat économique (Ape) que l’Europe essaie de discuter avec les Acp, elle cherche à travers cet accord de libre-échange à abolir les droits de douane, essentiels pour beaucoup de ces pays, pour y déverser ses excédents commerciaux. Elle aura le beau rôle de dire que les barrières douanières n’existent plus pour les produits Acp vers son marché, mais tout en édictant des normes d’exportation qui, dans la réalité, aboutissent au même résultat.

Sans occulter la ruine de pans entiers de nos économies qui devraient résulter de l’application de ces Ape.

Au lieu de vouloir coûte que coûte signer avec les Acp des Accords de partenariat économique qui les priveraient d’importantes recettes douanières, il serait préférable que l’Ue propose comme l’ont fait les Usa (l’Agoa) et la Chine avec l’Afrique, des accords qui permettraient à nos pays pauvres d’y exporter certains produits sans droits de douane sans pour autant demander en retour des facilités douanières. Et même avec la Chine, il se trouve toujours des personnes pour s’émouvoir de la percée de l’Empire du Milieu en Afrique et des prêts qu’elle accorde en dehors des institutions traditionnelles que sont le Fmi et la Banque mondiale.

Si ce n’est pas chercher à isoler et à maintenir notre continent dans une place qui lui est assignée par la division internationale du travail instaurée par le capitalisme (à savoir fournir des matières premières), cela y ressemble.

Source: le Soleil

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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT A LA BASE:La recette japonaise

a célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal peut être une occasion pour notre pays d’interroger ses stratégies de développement, d’analyser ses succès et ses échecs et de tirer profit des meilleures pratiques dans le monde pour faire du Sénégal un pays émergent à l’horizon 2015. A cet effet, l’expérience du Japon, que nous avons eu l’occasion de connaître au cours d’un séjour dans ce pays aux mois de janvier et février 2010, peut beaucoup inspirer le Sénégal.

Deuxième puissance économique mondiale derrière les États-Unis, le Japon a réussi dans les années soixante à implanter une approche novatrice de développement centrée sur la vie des individus. La méthode Kaizen qui signifie amélioration des conditions de la vie, est un vaste mouvement qui a touché en quelques années tous les milieux ruraux japonais. Son secret, c’est de pousser les populations à la base à prendre leur propre destin en main.

Tel un missionnaire, l’agent de développement débarque dans une localité armé uniquement de son savoir et de son savoir faire. Quand il y ressort cinq années plus tard, il laisse des populations épanouies, innovantes, prospères et autonomes. Dans cette contribution, nous essayons de démontrer comment l’approche japonaise KAIZEN peut être salutaire pour les sénégalaises et les sénégalais.

Atouts du Sénégal pour l’application de KAIZEN

Nous avons noté au moins deux facteurs importants qui expliquent l’adaptabilité de Kaizen dans le contexte sénégalais. La culture : sur le plan culturel, le villageois sénégalais ne se sentirait pas étranger dans les milieux ruraux japonais. L’hospitalité des villageois, la façon de se tenir en assemblée et la pudeur sont autant de valeurs que nos deux milieux ruraux partagent.

Le système institutionnel : Le Japon a une décentralisation accomplie avec des préfectures (équivalent de nos régions) autonomes dotée d’une fonction publique locale au service des besoins spécifiques de la localité. Le Sénégal tend vers ce modèle avec la régionalisation et le transfert des compétences aux collectivités locales. En plus, on note une similitude du système de vulgarisation agricole basé sur deux types d’agents : Sekaï ou conseiller sur la vie (équivalent des agents des Centres d’Appui au Développement Local – CADL) et Nokaï (équivalent des agents d’agriculture des Directions Régionales de Développement Rural – DRDR et des conseillers agricoles de l’Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural- ANCAR).

Cependant ces seuls atouts ne suffisent pas pour réussir Kaizen au Sénégal. Kaizen est avant tout un ensemble de principes qui marquent une rupture par rapport à l’approche classique d’intervention.

Les Cinq (5) Principes KAIZEN

• Principe 1 : Zéro contrainte. Au lieu de dire qu’est-ce qui nous manque, Kaizen compte d’abord sur ce que les populations disposent. N’importe qui peut démarrer une initiative, n’importe où et n’importe quand. Les gros moyens qui viendront plus tard comme les infrastructures, renforceront cette initiative. L’investissement public provenant de l’Etat et de ses partenaires est corrélé aux performances des populations de la localité dans la mise en œuvre de leurs initiatives endogènes.

• Principe 2 : Pragmatisme avec de petites améliorations. Avant de penser aux ressources financières des partenaires, au transfert technologique, à l’accès au crédit, au marché, à l’information, Kaizen compte d’abord sur les ressources existantes, sur l’adaptation et sur la créativité des populations. Elle axe son intervention sur les besoins pratiques du quotidien des populations qui ne nécessitent rien de spécial comme par exemple : avoir une alimentation équilibrée à partir des produits locaux, veiller sur la propreté de la maison et de l’espace public, motiver les femmes à réfléchir par elles-mêmes pour faire de petites découvertes qui leur permettent d’alléger les travaux domestiques. Au japon, il règne une émulation pour le progrès. Chacun veut être meilleur dans un domaine donné. Des prix d’excellence sont organisés par les pouvoirs publics à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

• Principe 3 : Vision claire par et pour les populations. Quand l’approche classique met l’accent sur les réalisations physiques (tant d’écoles, tant de classes, tant de km de route), Kaizen vise la vie de la localité et le développement humain. Par exemple, les enfants mangent à midi au restaurant de l’école en utilisant les produits agricoles de la localité, leur développement physique et intellectuel est suivi par un nutritionniste engagé par l’école. Les populations maîtrisent elles-mêmes l’impact de leurs efforts sur la vie de la communauté.

Elles élaborent leur vision à l’aide d’un exercice participatif appelé Carte de vérification environnementale. Même les enfants y participent. Voici un exemple de vision qui en dit long sur la mentalité des milieux ruraux japonais : « (i) Nous allons construire un village confortable et plein d’abondance par la promotion de la santé des résidents, l’amélioration des montagnes, la création de spécialités locales et l’amélioration de l’environnement. (ii) Nous allons construire un village qui offre aux enfants des rêves, aux jeunes de l’espoir, aux adultes des revenus et aux personnes âgées un but dans la vie. (iii)

Nous allons améliorer la base de production et le cadre de vie d’une manière globale pour réaliser une riche harmonie entre la production et la vie. (iv) Nous allons apprécier à sa juste valeur la beauté naturelle du district de XXX, entretenir sa profonde humanité et protéger et entretenir sa culture traditionnelle brillante. (v) Nous allons renforcer les liens de solidarité en réunissant la sagesse et l’énergie de chaque résident de la communauté pour réaliser un village confortable et plein d’abondance en tant que localité modèle ».

• Principe 4 : Durabilité. L’approche classique cherche à résoudre un problème ponctuel qui malheureusement restera entier après le retrait du bailleur. Parfois, elle se soucie beaucoup plus du taux d’exécution financière qui fait du projet une finalité et non un moyen de développement. Par contre, Kaizen s’attaque aux causes des problèmes et encourage l’amélioration des conditions de la vie. Son effet dépasse les populations de la localité. Elle veut s’appuyer sur ces dernières pour influencer les autres.

• Principe 5 : Notre projet, notre responsabilité. Tel est le slogan des populations à la base. Elles établissement elles-mêmes le plan de développement de la localité et identifie les projets prioritaires avec la facilitation de l’agent de développement. Elles contribuent d’abord avant de solliciter l’appui des pouvoirs publics. Tout le monde participe à l’effort de développement de la localité selon ses capacités. Pour aménager un jardin public par exemple, elles ne font pas appel aux entrepreneurs des villes, elles mettent la main à la patte et en profitent pour partager de bons moments ensembles.

Le Pivot du développement : le Groupement KAIZEN

La stratégie Kaizen repose sur la formation d’un groupement fort qui va être le vecteur de changement dans la localité. Ce groupement présente un certain nombre de caractéristiques :

• Les membres partagent les mêmes objectifs. • Ils ont l’intention d’améliorer leur vie personnelle. • Ils désirent obtenir des connaissances, apprendre des techniques simples pour résoudre les problèmes et mettre en pratique ce qu’ils ont appris. • Chacun a un rôle au sein de la gestion du groupe. Les postes sont occupés à tour de rôle. • Le nombre idéal de membres varie de 10 à 15 personnes par groupement. • Les membres sont des voisins, des personnes pouvant facilement travailler ensemble. • Ils se réunissent une fois par mois pendant 2 heures de temps au maximum en changeant de lieu à chaque réunion. • Le nom du groupement est bien choisi. Il reflète l’idéal de ses membres. • Toutes les activités sont consignées dans le « registre du groupement » pour assurer un suivi efficace. • Le groupe organise souvent des expositions et des concours pour susciter davantage d’améliorations et partager les meilleurs succès. • Le leader du groupe développe le rêve d’une vie meilleure et est persuadé qu’il existe des possibilités. Il ne perd jamais de vue les objectifs. Il se montre toujours chaleureux et prévenant, et travaille avec chacun (n’est jamais vantard ni méprisant). Il est heureux de s’occuper de tâches secondaires après la réalisation d’une tâche majeure. Il facilite les activités. Il est très doué pour stimuler les autres. Il forme le prochain responsable qui prendra sa relève.

En définitive, le Sénégal a essayé diverses approches depuis l’aube de son indépendance, mais nous avons jugé que ces modèles ont renforcé la mentalité d’assisté chez les populations, inhibé leur créativité et ont fini par faire d’elles des consommateurs de projets au lieu des inventeurs de leur propre avenir.

Nous pensons que l’approche KAIZEN japonaise peut nous aider à renverser cette tendance. Cependant, nous sommes conscients qu’il n’existe pas de modèle parfait, tant les contextes diffèrent d’un pays à l’autre. Un effort d’adaptation s’avère donc nécessaire. L’exercice pourrait être mené dans une localité et permettrait d’établir le modèle Kaizen Sénégal.

Par : Mme SANE Véronique, M. THIARE Mamadou, M. NIANG Moustapha, M. LO Ibrahima Thierno Anciens stagiaires de la JICA, e-mail : thiernosn@yahoo.fr

Source: Nettali

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Pourquoi Abdoulaye Wade et Karim Meïssa Wade ont eu raison de choisir le développement par la voie des infrastructures ?

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Selon le rapport sur l’année 2007 de la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l’insuffisance de l’infrastructure que l’on observe dans de nombreux pays d’Afrique décourage l’investissement car elle alourdit les coûts de production.

C’est le cas des coûts du mouvement ou transport des marchandises d’un pays à l’autre. Les enquêtes d’opinion réalisées auprès de chefs d’entreprise en Afrique montrent que le manque d’infrastructure vient au troisième rang parmi les obstacles à l’investissement, après le financement et la corruption (Bigsten et Soderborm 2005).

En effet, aucun investissement majeur n’est possible sans une infrastructure de base fiable (réseau routier, électrique et téléphonique). Par exemple, si le Sénégal a réussi à renouer avec la croissance économique avec une moyenne de 5% entre 2002 et 2007 cela est essentiellement dû aux importantes infrastructures réalisées durant cette période (Mohamed H’ Midouche Représentant-Résident de la Banque Africaine de Développement qui est le premier bailleur dans le secteur routier au Sénégal).

C’est ce qui a poussé Monique Gagnon-Tremblay, Ministre des relations internationales, Ministre responsable de la francophonie du Québec à dire lors de son passage à Dakar en juin 2008 : ’’Je suis charmée par le Sénégal en chantier’’. L’artiste ivoirien Alpha Blondy, de passage récemment à Dakar, dont la première venue au Sénégal date de 1983, a dit : ’’Je suis émerveillé par la vitesse avec laquelle les infrastructures sont construites au Sénégal’’. Nous savons tous que c’est une lapalissade que de dire que son pays, la Côte d’Ivoire, est une référence en matière d’infrastructures dans la sous-région car elle adopté cette voie depuis le lendemain des indépendances.

Depuis l’année 2000, les efforts entrepris par l’Etat en dotant le Sénégal d’infrastructures modernes de dernière génération ont porté leurs fruits car notre petit pays vient d’être classé, pour l’année 2009, au 58ème rang mondial dans l’Indice de Performance commerciale et logistique de la Banque mondiale alors qu’il était à la 101ème place en 2007. Il se classe 2ème en Afrique après l’Afrique du Sud. En plus le rapport 2010 du Conseil français des investisseurs classe le Sénégal à la 4ème place avec une note satisfaisante de 2,85/5, derrière la Tunisie, le Maroc et l’Afrique du Sud. Les critères qui ont été utilisés pour cette notation sont (les infrastructures, la justice, le secteur informel, la main d’œuvre, le coût des facteurs de production, …).

Selon le rapport de l’année 2008 sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) les flux d’investissement étrangers directs (IDE) vers l’Afrique ont atteint un niveau record de 88 milliards de dollars US.

De plus, ces flux sont restés concentrés sur un petit nombre de pays en 2008, avec une croissance particulièrement forte en Afrique de l’ouest qui se taille la part du lion, avec une augmentation de 63% par rapport à 2007. En particulier le secteur agricole a amplement bénéficié de l’accroissement des investissements étrangers. Nous pensons que l’option prise par le Président WADE, depuis avril 2008, de mettre en place la GOANA « Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance » pour le développement de l’agriculture au Sénégal ; suite à une conférence sur la FAO et l’appel qu’il a fait à ses pairs africains dans ce sens, justifient en partie ce résultat.

La Tunisie a fait des avancées considérables dans la lutte contre la pauvreté caractérisées notamment par une diminution de moitié du nombre de pauvres durant les vingt dernières années et une réduction par trois du taux de pauvreté. Elles sont dues aussi à la qualité des infrastructures aéroportuaires construites (six aéroports internationaux), routières (trois autoroutes payantes), à la facilité d’accès de la population à des infrastructures de base (eau, électricité, assainissement) et à la promotion du secteur touristique. En plus, la Tunisie a été primée, il y a quelques années de cela, par la Banque Africaine de Développement grâce à la qualité de ses infrastructures routières.

La Tunisie arrive en tête dans la productivité du travail au Maghreb qui est le moteur principal de la prospérité d’une entreprise et d’un pays (Mc Kinsey). Au Sénégal, le Port de Dakar représentait 52% du PIB en 2007. Ce taux devrait être revu à la hausse avec l’arrivée du nouveau concessionnaire en l’occurrence DP world qui va investir entre 2008 et 2012 dans la modernisation des infrastructures portuaires pour doubler la capacité de traitement des conteneurs et construire le Port du futur à partir de 2011 pour en faire le Hub de la sous-région ouest africaine.

En effet, un appel d’offre international lancé par l’Etat sénégalais a permis de choisir l’entreprise Dubaï Ports World pour une concession d’une durée de 25 ans pour l’exploitation, la modernisation du port actuel, la conception, le financement, la construction et la gestion du nouveau Port. Le nouvel opérateur s’est engagé à réaliser un investissement de 300 milliards de francs CFA soit 700 millions de dollars US, pour atteindre ses objectifs.

De même la finition prévue sous peu de temps de la construction de l’Aéroport International Blaise Diagne, qui a une capacité d’accueil de 3 millions de passagers par an, va grandement contribuer à la croissance du PIB. Egalement, les nombreux investissements qui sont en train d’être réalisés dans le secteur du tourisme au Sénégal, auront un impact considérable sur la croissance du PIB lors des prochaines années, à condition de les accompagner avec une politique de promotion efficace.

Par ailleurs, selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), la croissance économique du Sénégal est de 2,8% en 2008 contre plus de 5% de 2002 à 2007. Cette baisse serait essentiellement due au recul de la valeur ajoutée réelle des services d’hébergement (-5,1%), et restauration (-4,4%) », qui sont fortement liés au tourisme.

Lors de la rencontre des ministres africains chargés des infrastructures sur le financement des Infrastructures en Afrique tenue à Dakar le 23 janvier 2008, il était question de choisir quelques projets à partir du document confectionné au préalable par une commission. Il convenait aussi d’engager la recherche de financement des études de faisabilité des corridors Dakar-Djibouti et Libreville-Mombassa-Nairobi-Addis Abéba.

A l’unanimité les participants étaient tous d’accord que le vrai décollage de l’Afrique passe par le développement des infrastructures (Abdoulaye Wade). Par conséquent, s’il n’y a pas d’infrastructures de qualité17 on ne peut envisager le développement (Bernard Zoba). Plusieurs schémas de financement (le partenariat public/privé, les garanties solidaires des Etats, les bons de trésors, les droits de tirages spéciaux pour l’Afrique au niveau du Fonds Monétaire International), ont été proposés lors de cette rencontre.

En outre le concept de « L’Etat développementiste » a été un facteur clef de la croissance économique spectaculaire de plusieurs pays asiatiques. Il consiste à accroître et à conserver les ressources financières intérieures d’un pays ou d’une région et de s’en servir pour la réalisation d’investissements productifs pour obtenir une croissance économique rapide et soutenue ainsi que la création d’emplois. Au Sénégal la Stratégie de Croissance Accélérée qui est la composante création de richesse du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP II) en est une parfaite illustration. Les économies africaines possèdent d’importantes ressources qui, si elles étaient mobilisées convenablement et affectées à des investissements productifs pourraient dynamiser la croissance.

Selon ce concept, l’action de l’Etat pourrait s’articuler autour de trois grands objectifs : intégration de l’économie intérieure, intégration stratégique extérieure, affectation rationnelle des ressources. L’intégration intérieure est essentielle pour accroître l’épargne, améliorer l’investissement et soutenir la croissance pour qu’une grande partie de la population d’un pays puisse en tirer profit. L’intégration interne implique que l’économie doit renforcer les liens entre les activités commerciales urbaines, rurales, d’une part, et entre les différents secteurs économiques, d’autre part.

Or, cette intégration exige des investissements de taille qui ne peuvent être assurés que par l’Etat. Bien entendu, le développement des infrastructures, surtout celui des réseaux routiers et téléphoniques, est la clef de l’intégration interne, car il permet aux différentes entités locales de communiquer entre elles et il améliore l’efficacité des échanges de biens et services, c’est-à-dire des marchés.

Les programmes routiers, hydrauliques et hydro-agricoles dont bénéficieront le Sénégal et certains pays africains dans le cadre du Millenium Challenge Account pourront grandement contribuer à la réalisation de l’intégration intérieure et en partie celle stratégique externe. L’intégration sectorielle facilite la diversification des produits et la transformation de l’économie nationale. En outre, la diversification de l’économie atténuerait les effets néfastes des chocs commerciaux sur les marchés internationaux.

Comme l’a fait savoir le Président de la République du Sénégal, Maître Abdoulaye Wade en 2005, c’est en réalité la diversification, et non la spécialisation comme on l’a fait croire à l’Afrique, qui est associée aux expériences de développement les plus réussies en Asie comme ailleurs. Si le Président Wade, le gouvernement, y compris Karim Meïssa Wade ont défendu avec autant d’ardeur les intérêts du Sénégal, entre autres, pour la concession du Port de Dakar avec Dubaï Ports World et dans le cas de la licence de téléphonie mobile de Millicom-Sentel ; c’est parce qu’ils croient fortement aux capacités managériales des sénégalais et en leur esprit patriotique.

Les gens tapis dans l’ombre et dont le seul but est de saborder là où se trouve les intérêts du peuple sénégalais, pour leur triomphe personnel ne sont pas à leur première tentative. Nous les avons à l’œil et ferons tout pour les empêcher de réussir leur sale besogne. Pour rappel, à la veille de la dévaluation du franc cfa en 1994, des études de grappes ont été effectuées pour chaque secteur porteur pouvant servir de tremplin au Sénégal, pour accélérer sa croissance. Le facteur qui avait été identifié comme frein à l’atteinte de cet objectif de croissance accélérée était le manque d’infrastructures économiques de qualité (réseau routier, aéroport, port, électricité, communication).

Le mérite qu’a le Président WADE et ses ministres c’est d’avoir eu le courage et l’audace d’entreprendre et de réaliser, entre autres, de grands projets tels que l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, l’Aéroport International Blaise Diagne, etc que l’ancien régime avait toujours qualifiés d’éléphants blancs. Pour rappel, il y a quelques années de cela, une étude de la Banque mondiale avait estimé au moins à 100 milliards de F cfa par an les pertes de compétitivité engendrées par le manque de mobilité urbaine à Dakar. Par conséquent, le choix pour le développement par la voie des infrastructures me semble pertinent.

Le régime de l’alternance n’a pas vocation de ranger des projets difficiles et complexes dans les tiroirs qui finiront un jour par se retrouver entre les mains d’un ressortissant d’un autre pays qui aura pris soin de les dépoussiérer pour les mettre en œuvre. Que de peines perdues pour nous les sénégalais dans cette phase de conception et de préparation tant difficile de ces projets. Avec le Président WADE, nous pouvons enfin croire que le mot impossible n’est pas sénégalais car les éléphants blancs finissent toujours par devenir une réalité. Georges Bernard Shaw : ‘’Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles sont et se demandent pourquoi ? Il y a ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être et se demandent pourquoi pas ?’’

Le Président WADE est avec la vérité et c’est pour ça qu’il a eu raison sur les détracteurs de ses grands projets pour le Sénégal et l’Afrique. Jacques Delors ancien Président de la commission économique européenne disait : ‘’Avec le courage on gagne parfois, avec la chance on gagne un peu, avec la vérité on gagne toujours’’.

Mouhamadou GUEYE Ingénieur en Industrie Agro-alimentaire et en Gestion des projets mouhamadou_gueye@hotmail.com

Source: Nettali

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Comment rendre les banquiers plus raisonnables?

BNPPARIBASMa chère fille,

A la Sainte-Eugénie, tu m’as posé l’une des drôles de question dont tu as le secret : « Comment va-t-on faire pour que les banques fassent moins de bêtises ? » Je découvre en cette Sainte-Bernadette que c’est finalement moins compliqué que je ne le croyais. A condition bien sûr de s’en tenir aux grandes lignes et de savoir éliminer les fausses bonnes idées qui fleurissent comme jonquilles au printemps.

D’abord, les financiers sont comme des enfants : il faut les surveiller, sinon ils font parfois n’importe quoi. Aux Etats-Unis, de grandes banques comme Goldman Sachs ou Merrill Lynch échappaient largement au regard des surveillants, car elles ne reçoivent pas de dépôts des particuliers. C’est fini, car elles ont eu besoin de beaucoup d’argent et elles ont dû changer de statut pour avoir le droit de venir en demander au guichet de la banque centrale. Pour d’autres acteurs comme les « hedge funds », c’est moins facile. De façon générale, beaucoup de pays songent à développer la surveillance, à faire coopérer les surveillants les uns avec les autres, à trouver des fonds pour recruter d’excellents inspecteurs. C’est une bonne idée. Les Européens sont aussi en train de créer un superpion qui vérifiera que les risques pris par certains acteurs ne risquent pas de faire s’écrouler tout le système (contrôle macroprudentiel). Evidemment, les banquiers vont tenter d’aller faire des bêtises ailleurs, là où c’est moins surveillé. C’est pour ça qu’il faut se battre contre les paradis fiscaux et réglementaires comme les Bahamas.

Ensuite, certains voudraient forcer ces pauvres banquiers à s’assurer contre leurs délires. Sur le papier, c’est une excellente idée. Mais ça ne tient pas debout. Une panique bancaire coûte bien trop cher. Si jamais on parvenait à accumuler assez d’argent, il faudrait protéger ce trésor de la voracité des Etats. Et il serait impossible de placer tout cet argent à un endroit d’où on pourrait le sortir d’un coup en cas de crise. Evidemment, ce constat n’empêche pas d’augmenter certaines primes de garantie payées par les banques, voire d’en créer de nouvelles. Et il est légitime de faire payer au secteur bancaire la facture du sauvetage, comme veut le faire Barack Obama, car les banquiers qui ont survécu profitent de la faillite des autres. Mais rien de tout cela ne sera à la hauteur de la prochaine crise. Je t’épargne les idées baroques, comme l’exigence que chaque banquier rédige son testament chaque soir avant de se coucher pour savoir comment on le découperait si d’aventure il trépassait dans la nuit.

Après, il y a la tarte à la crème du moment : tailler les banques. Si tu savais comme ils s’excitent là-dessus ! Il y a deux écoles. Primo, l’école King, patron de la Banque d’Angleterre : il faudrait ratibloiser les banques dès qu’elles dépassent une certaine hauteur, comme la haie de thuyas au fond du jardin. Sinon, elles deviennent trop grandes, « too big to fail ». Quand elles menacent de tomber, il faut venir à leur secours pour éviter qu’elles ne cassent tout dans leur chute. Le problème, ici, c’est que ça ne réglerait rien du tout. Le week-end du 13-14 septembre 2008, le gouvernement américain avait trois arbres à sauver. Il a pu en préserver deux – Merrill Lynch et AIG. Il n’a pas eu assez de temps pour s’occuper du troisième, Lehman Brothers, qui s’est effondré en emportant toute la forêt avec lui. Pourtant, Lehman n’était pas grand – pas assez pour être jugé « too big too fail ». Et si le gouvernement avait eu dix ou vingt arbres à sauver en même temps au lieu de trois, ça aurait été encore pire, car ses sauveteurs n’auraient jamais pu être partout à la fois.

Secundo, l’école Volcker, un ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis. Lui veut tailler les banques dans l’autre sens, faire le tri entre les activités bancaires classiques et la spéculation, ce que les gens sérieux appellent la « gestion pour compte propre » et les cyniques « la gestion pour compte malpropre ». Ici, les banques jouent avec leur argent pour en gagner davantage. Le problème, c’est que c’est très difficile de faire le tri, comme entre les lentilles et les cailloux. Quand un banquier vend une couverture à un client, pour se protéger par exemple du risque de change, c’est une activité classique. Mais quand la même banque se protège à son tour contre ce risque, ça devient la gestion pour compte propre…

Enfin, il y a la vraie solution. Rassure-toi, les gens y travaillent. Ca consiste à mettre un peu de plomb dans la cervelle des banquiers ou plutôt dans leur bilan. A les obliger à constituer plus de réserves en capital (relèvement des exigences de fonds propres). A les empêcher de prêter sans limites (ratio plafonné entre leurs prêts et leurs dépôts). En pratique, ce n’est pas simple. Figure-toi que, au coeur du capitalisme, on ne sait pas très bien définir… le capital ! Et puis il va falloir fixer ces contraintes activité par activité, car un prêt immobilier est en principe moins risqué qu’un aller-retour sur un produit dérivé. Tout ne pourra pas être décidé par des machines. Il faudra des « régulateurs », qui ne renoncent pas à leur fonction par paresse ou confiance aveugle au marché. Et puis ces nouvelles contraintes vont fatalement freiner le crédit et la croissance. Mais ce problème est aussi une solution. C’est ainsi que les banquiers feront moins de bêtises. Dans la vie, ma fille, il faut savoir ce que l’on veut.

Jean Marc Vittori
Editorialiste aux “Echos”

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Ecovision: Vivement que ça roule

autoroute a peageDans l’attente de l’achèvement et de l’ouverture totale à la circulation de l’autoroute Dakar-Diamniado, les usagers de la route se ronge le frein sur la Nationale 1 où, malgré tous les aménagements qui y sont apportés, ils peuvent mettre trois heures, souvent plus, pour rallier Thiès à la capitale. Le trafic y est régulièrement bouché à ses intersections et dans l’entonnoir rufisquois. En croissance d’environ 8% l’an, depuis 1994, il frise aujourd’hui la saturation. Il est clair que sans la solution parallèle de l’autoroute Dakar-Diamniadio, le calvaire y deviendra invivable, quand on sait que les déplacements automobiles pour sortir de Dakar où y entrer, par cet axe, continueront d’augmenter d’une manière exponentielle.

A terme, c’est quelque 320 milliards de francs Cfa qui seront dépensés là pour fluidifier totalement la circulation vers l’extérieur de Dakar. Cet investissement massif n’aura pas été possible sans emprunts publics et le recours à un partenaire privé. Ne serait-ce que pour rembourser la dette encourue, la formule consistant à faire payer un droit de passage à ceux qui utilisent la future autoroute s’impose tout naturellement.

Dans la norme européenne, on estime, en moyenne, une autoroute rentable à partir d’un niveau de trafic entre 10.000 et 12.000 véhicules par jour. La circulation sur l’autoroute à péage devrait pouvoir se situer dans cette fourchette. Mais, compte tenu du fait que le péage en sera à sa première expérimentation sous nos cieux, les usagers de la route pourraient mettre du temps à en prendre le pli. Sur une période qui risque tout de même d’être longue, beaucoup continueront à emprunter exclusivement la Nationale 1.

Il y a un énorme travail d’information et de sensibilisation à entamer d’ores et déjà, pour faire comprendre au plus grand nombre d’automobilistes les avantages qu’ils auront à emprunter l’autoroute à péage, en termes de gain de temps, de consommation en carburant, d’usure du matériel roulant et de sécurité.

Mais il faudrait aussi que les tarifs du péage ne soient pas prohibitifs. A l’évidence, avec des tarifs élevés, le nombre des usagers qui choisiront l’autoroute sera faible. Cette distorsion sera d’autant plus grande que la Nationale 1 alternative à l’autoroute, se sera, somme toute, bonifiée. Il ne fait pas de doute que pour être incitatifs et supportables, les tarifs pratiqués sur l’autoroute à péage devraient être les plus bas possible, avec le soutien modérateur de la puissance publique. Cette aide publique est logique si on estime que les tarifs payés par les usagers doivent être inférieurs à ceux qui résulteraient de l’application directe de critères strictement économiques, quand bien même des intérêts commerciaux sont en jeu, dans le cadre du Partenariat public privé (Ppp) qui a permis le financement partiel de l’autoroute.

Si les tarifs seront modérés, ils devront également être modulés. Il conviendrait de faire payer les véhicules ordinaires moins que les gros-porteurs. Les camions représentent, en effet, un coût plus important pour les routes et les autoroutes dont ils contribuent très fortement à la dégradation, en raison de la lourdeur de leur charge à l’essieu. C’est le cas en Europe où, sur certaines autoroutes, ils occupent 20% du trafic et génèrent 40% du chiffre d’affaires au péage.

Les retombées positives de l’autoroute à péage ne seront pas au bénéfice de ses seuls usagers. Ce nouvel axe va, en effet, revaloriser considérablement le foncier dans toutes les zones qu’il traverse et dessert. Dans sont articulation avec le futur aéroport international Blaise Diagne, la plate-forme industrielle de Diamniadio, la zone touristique de la Petite Côte voire tout l’hinterland national, son impact sera encore plus grand en termes de croissance et de développement économique et social global. L’effort consenti par les contribuables par dévers l’Etat et ses partenaires sera, de la sorte, largement compensé par de consistants retours sur investissements, directs et indirects. Vivement que ça roule à plein régime sur l’autoroute à péage.

Source:le Soleil

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ECOVISION : L’entreprise dans sa dimension humaine

entrepriseQu’elle produise des biens ou rende des services, l’entreprise a fondamentalement pour objectif la rentabilisation des investissements réalisés par ses propriétaires pour son existence et son développement, et incidemment le mieux-être des employés de tous niveaux qui s’activent pour qu’il en soit ainsi. Cette quête de performance et de croissance est des plus éprouvantes en conjoncture de crise, quand l’environnement économique est particulièrement défavorable.

Cependant, il n’y a pas que les adversités extérieures qui freinent l’expansion d’une entreprise. Sa gestion interne peut également lui être lourdement dommageable, quand elle n’obéit pas aux règles qu’aucune entité économique ne saurait contourner sans tomber dans le ruisseau. Il y a notamment les procédures. Quand elles n’existent pas où sont foulées au pied, lorsque les agents n’en font qu’à leur tête, pensant bien faire dans l’intérêt de l’entreprise, mais très souvent à leur avantage personnel, l’entreprise risque d’avoir tout faux.

Mais les procédures, aussi indispensables et incontournables soient elles, ne sont pas la panacée. Elles peuvent même être handicapantes lorsqu’elles pèsent sur les rouages de l’entreprise jusqu’en en gripper le fonctionnement. Quand elles prennent le dessus sur les hommes et les femmes dont elles sont censées simplifier, fluidifier et surtout assurer la traçabilité et sécuriser les actes qu’ils posent, les procédures créent plus de problèmes qu’elles n’aident à en résoudre. Face à des situations inédites, elles limitent la créativité, l’esprit d’innovation et la capacité de réponses rapides des ressources humaines dont elles enserrent les énergies.

La compétence d’un management se juge, certes, sur les résultats qu’il réalise à la tête de son entreprise, en termes d’augmentation de sa production, de ses ventes et profits. Mais ses performances sont, dans une mesure principale, sous-tendues par la qualité de ses ressources humaines, de la manière dont elles sont gérées, utilisées et valorisées. C’est dans le quotidien des rapports que le dirigeant entretient avec les responsables de ses directions et services et des relations de travail existant dans ces compartiments et entre eux de façon transversale que se joue de plus en plus le devenir de l’entreprise.

Le grand défi pour le dirigeant d’entreprise est donc de mobiliser à bon escient ses ressources humaines, et surtout de les remobiliser quand la flamme n’y est plus. C’est un challenge impossible sans le bris d’un certain nombre de verrous. Parmi ceux-ci figurent, en très bonne place, les avantages acquis sans contrepartie, le clientélisme, le défaut de reconnaissance et surtout le manque de projets.

Une entreprise étant un lieu de production de biens et de services, mais aussi de partage d’une partie des revenus induits, il est normal que les salariés se voient attribuer un certain nombre d’avantages matériels et financiers, à la mesure de leur position et contribution dans les résultats obtenus. Mais ces bonus peuvent être source de frustrations et peser négativement sur la dynamique de l’entreprise quand ils sont inégalement et inéquitablement répartis, et que ceux qui en bénéficient le plus ne sont paradoxalement pas des foudres de guerre au travail. Le pire, c’est quand l’on s’oppose à leur remise en cause au moment où une entreprise en difficulté doit impérativement réajuster ses charges. Comme l’écrit Jacques-Antoine Malarewics, dans un ouvrage fort didactique, « Gérer les conflits au travail – la médiation systémique en entreprise » : « un avantage peut toujours sembler être acquis alors que – malheureusement ou heureusement – les contextes changent et évoluent, ce qui peut les rendre caducs. Ces avantages sont facilement dépassés car ils ne peuvent être compris que si l’on tient compte de l’environnement dans lequel ils ont été négociés et obtenus ».

Le clientélisme consiste en l’entretien entre un dirigeant et certains cadres et employés de relations complices fondées sur la protection et l’octroi de faveurs en échange de services particuliers. Il est source de graves conflits au détriment de l’entreprise, du fait des sourdes antagonismes qu’il crée entre le cercle fermé des privilégiés qui obéissent à leurs intérêts personnels et tous les autres qui, sans occulter les leurs, considèrent que c’est l’intérêt général qui doit primer et qu’il doit y avoir plus de transparence, de justice et d’équité, sans quoi l’entreprise va péricliter. Généralement, c’est un changement de direction qui permet de briser ce verrou. Mais il faut se garder de reproduire le système, autrement.

En plus d’un salaire dignement acquis, la reconnaissance du mérite du travailleur doit être de mise. La non satisfaction de ce besoin, qui n’est pas une simple question d’amour propre, mais de distinction pour une participation de qualité à l’œuvre collective, est une autre source de frustration et de crise. Le dirigeant doit savoir identifier les éléments de saine reconnaissance qui conviennent le mieux, notamment pour attirer ou s’assurer le maintien dans l’entreprise de cadres et d’employés de valeur.

Les projets sont une manière de poser positivement les problèmes de développement de l’entreprise. Même s’ils n’aboutissent pas tous nécessairement, ils ont le mérite de redonner confiance en eux-mêmes à ceux qu’ils mobilisent pour le travail, de fédérer un maximum d’énergies vers des objectifs précis, de maintenir et de renforcer la cohésion du groupe dans la quête de solutions aux difficultés de la société. Et si les procédures et pratiques sont assainies, ils concourent à la mise en place de cercles vertueux à même d’inscrire tous les segments de l’entreprise dans une dynamique de réussite et de progrès.

Source: le Soleil

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Syscoha et Comptabilité publique : liaison ou transfert ?

syscoaA l’heure actuelle, le débat n’est plus, pour ou contre la financiarisation de l’Economie mondiale, mais plutôt sa régulation. Et, dans cette perspective, les lignes de démarcation des règles d’organisation et de fonctionnement qui régissaient le secteur privé et celles qui régentaient la sphère publique étaient nettes et claires dans un passé récent.

Aujourd’hui, force est de constater que la traditionnelle frontière de la dualité Administration publique/Secteur privé, Droit public/Droit privé est, davantage, plus de nature (organisation) que de degré (fonctionnement). Tant il est vrai que les principes, les règles et les outils de management du secteur privé qui ont permis aux entreprises de fructifier ce liquide nutritif (argent) sont monnaie courante dans les Administrations publiques et leurs démembrements. De part et d’autre, les objectifs sont les mêmes : rentabilité financière pour l’entreprise contre efficacité économique pour l’Etat et ses satellites. La comptabilité publique de l’Etat n’est pas en reste. Avec des voies différentes : atteinte des intérêts particuliers par les entreprises et poursuite de l’intérêt général pour l’Etat. A ce titre le Syscoha et la Comptabilité publique de l’Etat sont à plus d’un titre illustratifs.

Avant 1999, cette dernière était, en partie, unique. Depuis la directive communautaire n°5/98/CM/ Uemoa du 22 décembre 1998, le Plan comptable de l’Etat (du Sénégal comme des autres 7 pays membres de l’espace Uemoa) qui est une comptabilité de droit constaté, s’est largement inspiré du Système comptable ouest-africain (Syscoha) qui est une comptabilité de droit liquidé (commercial), pour ce qui est de la nomenclature des comptes. Tout en prenant en compte la spécificité de la nature juridique de l’Etat, comme la classe 0 qui est Hors comptabilité générale avec le résultat des lois et règlements. La classe 3 qui est stock pour le Syscoha devient un compte de liaison dans la comptabilité publique. La classe 8, Hors activité ordinaire « Hao » au Syscoha devient un compte pour les Mouvements de valeurs inactives.

La classe 9 qui est un compte de comptabilité analytique aussi bien dans le Syscoha que dans la Comptabilité publique de l’Etat retrace, pour celle-ci, l’exécution de la loi des finances communément appelée budget, en recettes et en dépenses.

Une directive de l’Uemoa supprime la classe 9 et recommande aux Etats membres la production des états financiers (Compte de gestion, Bilan et Annexes). En lieu et place, auparavant, de la production du Compte de gestion, de la Balance et des documents annexés. La nouveauté est donc la production de Bilan. Une série de contraintes peut donc se poser pour l’applicabilité effective de la mesure.D’abord, quel organe pour certifier les états financiers produits par les Etats ? Une cour des comptes ? Une agence de notation financière ? Une institution financière communautaire ? Les cabinets d’audit ? En attendant, jetons un coup d’œil sur le compte de classe 9.

Depuis 1999, les comptables supérieurs (exclusivement) exécutaient le budget de l’Etat à partir de la classe 9. En fin d’année, comme l’exécution du budget dans son ensemble donne naissance à des rentrées de fonds (recettes) et des sorties de fonds (dépenses) qu’on appelle dans le jargon, mouvement de fonds, les comptables supérieurs (Trésoriers payeurs régionaux dans les régions, Trésorier général au plan national) passaient, en fin d’année, des (ré) écritures dans les comptes de la classe 1 (Dettes), 2 (Immobilisations), 6 (Charges), 7 (Produits) pour solder (vider) le compte de la classe 9. C’est ce qu’on appelle, dans le milieu de la comptabilité publique, la réflexion.

Seulement, cette opération de régularisation n’a jamais été faite par les comptables supérieurs au Sénégal, en raison de son caractère lourd, périlleux, fastidieux et très complexe. Est-ce la raison pour laquelle l’Uemoa l’a supprimé ? Certainement.

Avec la suppression de la classe 9 dans la comptabilité publique des Etats membres de l’Uemoa, les comptables supérieurs vont passer directement les écritures dans les comptes de patrimoine respectifs (1, 2, 6,7).

Toujours dans le cadre des réformes, la comptabilité publique va faire des dotations pour les amortissements et les provisions avant de produire en fin d’exercice budgétaire, des états financiers avec un compte de gestion, un bilan et des annexes. Comme cela se fait dans le privé. Une révolution.

Pour ce qui est de la dotation, un problème majeur ne devrait pas se poser, car l’Etat dispose d’une base de données pour déterminer ses recettes fiscales et taxes et assimilés dus et, partant, provisionner ses créances douteuses. Pour les amortissements, il ne devrait pas aussi y avoir de problème, parce que l’Etat a en main son patrimoine mobilier et immobilier.

Donc, pour le compte de gestion (qui est le pendant du compte de résultat pour le privé, car l’Etat n’a pas pour vocation de faire des bénéfices, contrairement aux entreprises privées), c’est dans le changement, dans la continuité. Pour les documents annexes aussi, la tradition se fera respecter.

Par contre, les contraintes d’applicabilité effective de cette nouvelle directive de l’Uemoa qui n’est pas encore intégrée dans le dispositif légal national, car les Etats ont encore 7 ans pour l’intégrer dans leur dispositif légal, se situeront au niveau du Bilan.

Ainsi, si le bilan a pour objet, à un instant déterminé, de présenter de manière exhaustive, le patrimoine (ensemble des biens et des dettes) d’une entreprise, par quel calcul, l’Etat du Sénégal donnera-t-il une valeur financière à ses actifs comme la mer, les parcs nationaux, ses forêts, ses domaines publics (maritimes, aériens, terrestres) ? Tout un exercice.

Dans les années à venir, on appréciera les Etats (Finances publiques) de la même manière qu’on apprécie aujourd’hui les entreprises, c’est-à-dire de par leurs états financiers passés à la loupe des ratios de l’Analyse financière. A des variables près.

L’autre conséquence de cette révolution-évolution dans la Comptabilité publique de l’Etat est que les bailleurs de fonds et partenaires au développement viennent de remporter le dernier acte de leur guerre pour imposer les politiques de Bonne gouvernance économique. Après avoir remporté la première bataille, qui a consisté à faire migrer la comptabilité publique de l’Etat qui était une comptabilité en partie unique (les bailleurs n’avaient vu que du feu avec cette comptabilité) vers une comptabilité de la partie double (Syscoha). D’abord.

Ensuite, tout ce que les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement n’ont pas pu faire faire aux Etats de l’Uemoa, en vertu des règles sacro saintes des relations internationales (souveraineté, non ingérence), ils viennent de le réussir en se déplaçant de terrain. Comme le marché financier sous-régional n’a jamais été aussi sollicité ces 5 dernières années, en raison de vastes grands travaux et infrastructures initiés çà et là dans l’espace Uemoa, ceux qu’on appelle bailleurs de fonds et/ou partenaires au développement, dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, ont enfilé leur deuxième habit pour s’asseoir ce marché. Celui des investisseurs. Et attendre.

Car, il faut bien le comprendre, les relations entre les pays africains et les institutions financières internationales et autres partenaires au développement sont comme les relations entre les enfants et le canari. Tôt ou tard, ils (les Etats) viendront s’abreuver. Il fait chaud au Sud du Sahara et l’eau (l’argent) se fait rare. N’est-ce pas ?

Le constat, les Finances publiques des Etats membres de l’Uemoa sont quadrillées sur le marché financier, en amont par la Bceao qui les garantit de par sa signature ; et les agences de notation (rating) qui les notent. En aval, les états financiers (compte de gestion, le Bilan et les Annexes) que ces Etats devront certifier de la bonne tenue de l’argent du contribuable, qui rembourse les emprunts publics en dernier ressort ?

Dans la même veine, quand un comptable supérieur (Trésorier percepteur régional de Tambacounda par exemple) effectue une opération comptable pour le compte de son homologue de Thiès, le mouvement des écritures comptables se fait suivant une procédure appelée « Transfert » ou relation horizontale. Par contre, quand un comptable subordonné effectue des opérations comptables pour son supérieur hiérarchique, le mouvement des écritures comptables se fait suivant la procédure dite « Liaison » ou relation verticale.

Ce mécanisme transposé en l’espèce, on peut se demander : le Syscoha entretient-t-il avec la comptabilité publique de l’Etat, des relations horizontales (Transfert) ou des relations verticales (Liaison) ? En tout cas, d’un point de vue juridique, ceux qui ont toujours défendu l’idée selon laquelle l’Etat devrait être davantage défini et senti par son Service public (Diguit) semblent avoir raison sur ceux qui ont toujours vu et entretenu l’Etat dans sa mission de puissance publique et prérogatives exorbitantes de droit public (Haurio). L’arrêt Blanco du 8 Février 1873, Tribunal du conflit, resurgit.

Source: le Soleil

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ECOVISION : L’Ape, une arlésienne…

calebassePlusieurs fois remise à d’autres rendez-vous dont le dernier en date remonte au mois d’octobre dernier, la signature de l’Accord de partenariat économique entre l’Union européenne et les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest commence à ressembler à une arlésienne. L’on ne cesse d’en parler, mais nul n’est sûr de son avènement. Certes, ce n’est pas que personne ne veut de ce projet visant à instaurer une zone de libre échange entre l’Ue et la Cedeao, la Mauritanie incluse. Le problème est de s’accorder sur toutes les conditions requises pour sa mise en œuvre.

Faisant bande à part, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont déjà franchi le Rubicon, en signant des accords intérimaires, le 7 et le 13 décembre 2007 respectivement. Dans les dix années suivant l’entrée en vigueur de ces Apei, la Côte d’Ivoire admettra en franchise douanière totale 69,80% de ses importations européennes et le Ghana 62,24%. Au bout de quinze ans, ces ratios seront portés à 80,80% et 80,48%. Ces deux pays n’ont malheureusement pas un seul produit qui pourrait supporter la concurrence européenne sur leur propre marché. Ils ont, en fait, été contraints de parapher le protocole, sans quoi, en tant que non-Pma, ils ne pourraient plus bénéficier des préférences accordées en Europe aux produits Acp.

En réalité, même s’ils ne font pas partie des Pays les moins avancés, ces deux pays auraient pu continuer à exporter sur le marché européen des produits exemptés de droits de douanes, si tout simplement l’Ue acceptait de leur appliquer le régime « Tout sauf les armes ». C’est sous cette clause que les Pma de la région, en l’occurrence le Bénin, le Burkina Faso, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo continuent d’exporter sur l’Europe depuis le 1er janvier 2008. Il en est de même de du Cap-Vert qui est toujours sur la liste des non-Pma. Le refus au Nigéria de la dérogation faite à Praia ainsi que la pression sur la Côte d’Ivoire et le Ghana, avec le résultat que l’on sait, peuvent être interprétés comme une volonté manifeste de saper l’unité régionale contre la version de l’Ape régional proposée et défendue par les Européens qui manœuvrent ferme pour qu’il remplace très rapidement les accords intérimaires qui lui servent de cheval de Troie.

Mais il n’est pas dit que demain sera la veille, car les négociations qui se poursuivent achoppent sur des points déterminants. Les positions se sont, certes, considérablement rapprochées, concernant l’ouverture du marché sous-régional. Les Européens qui réclamaient une libéralisation minimale de 80% sur 15 ans ont ramené leurs exigences à 70%. De leur côté, les Etats de la Cedeao qui n’entendaient pas aller au-delà de 60% sont maintenant disposés à libéraliser à hauteur, de 67%, mais sur 25 ans. Si les taux proposés convergent apparemment, la divergence persiste sur le temps d’adaptation à concéder aux économies de la Cedeao pour qu’elles se raffermissent dans la perspective d’une ouverture totale aux produits d’origine européenne. Ensuite, il faudra bien que les Ouest-Africains s’accordent entre eux-mêmes et avec l’Union européenne sur la liste définitive de leurs produits sensibles à épargner de la libéralisation par le maintien de leur niveau actuel de protection. L’adoption d’un Tarif extérieur commun aux pays de la Cedeao est retardée par les discussions sur la proposition nigériane de rajouter une cinquième bande tarifaire au taux de droits de douane de 35% sur les quatre existantes (0%, 5%, 10% et 20%) et la reclassification d’un certain nombre de produits à mieux protéger.

Autant les Européens pressent les Africains à aplanir les obstacles à l’ouverture de leur marché, autant ils ne sont pas très précis sur la réforme de leurs politiques sectorielles concernant les produits concurrents, de même que sur les obstacles non tarifaires et autres obstacles à la pénétration de leur marché, tels que les normes sanitaires et phytosanitaires et autres obstacles techniques. L’Ue ne s’est toujours pas clairement prononcée sur comment elle va procéder pour les éliminer, sinon les réduire, comme le veut la Cedeao. Et si l’Ue réussit à faire incorporer la clause de la Nation la plus favorisée dans l’Ape, c’en est fini des préférences dont les produits ouest-africains bénéficient encore à leur entrée dans le marché de l’Union. En effet, ils y accéderont, à conditions égales avec les marchandises concurrentes d’autres origines, puisque suivant la clause de la Npf, tout avantage accordé à un membre de l’Omc doit l’être à tous les autres. Ce que refusent, bien entendu, les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Evidemment, la région ne signera aucun accord de partenariat qui n’intègre pas ses préoccupations relatives à la compensation des pertes en recettes douanières qu’induirait une situation de libre échange et à la nécessité de renforcer la résistance de certains de ses secteurs économiques aux chocs extérieurs. C’est dans cette optique qu’un Programme de l’Ape pour le développement (Paped) couvrant plusieurs domaines, dont les infrastructures, l’agroalimentaire, le textile et le tourisme, a été soumis à l’Ue pour un financement de 9,5 milliards d’euros sur 5 ans. Si l’on en juge par la réaction des Européens, qui n’entendent pas faire plus que ce qui était prévu dans l’Accord de Cotonou, le financement du Paped pourrait être un des verrous les plus durs à faire sauter pour arriver à un nouveau partenariat de qualité entre l’Ue et la Cedeao…

Source: le Soleil

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Crise économique et financière : un économiste donne ‘’les trois leviers’’ de la reprise

crise économiqueL’avenir de l’économie et de la finance internationales dépendra de la régulation de la finance, de la mise en œuvre de mesures antiprotectionnistes et du respect de l’environnement, analyse l’économiste français Nicolas Baverez.

‘’Les trois leviers décisifs qui décideront de l’avenir sont la régulation de la finance, la capacité à endiguer le protectionnisme et l’instauration d’un mode de développement respectueux de l’environnement’’, assure l’essayiste dans un ouvrage ‘’Après le déluge : La grande crise de la mondialisation’’ (194 pages), publié récemment aux éditions Perrin (France).Sur un autre registre, Baverez appelle à combattre ‘’la contagion de la peur, l’obsession sécuritaire et le retrait’’ qui caractérisent, selon lui, le monde aujourd’hui.

Pour ce faire, ‘’la construction d’une gouvernance planétaire’’ et la ‘’multipolarité’’ sont nécessaires, note-t-il, relevant que la multipolarité ‘’n’implique pas nécessairement le multilatéralisme’’.

Cette multipolarité suscite d’autant plus d’espoir qu’à son avis, ‘’le leadership absolu des Etats-Unis est révolu’’ même si le Japon et l’Europe, autres grands leaders de l’économie mondiale, ‘’sont sous la double menace de la déflation et de la marginalisation’’.

Mais encore, analyse Baverez : ‘’Les Etats-Unis demeureront la première puissance économique du monde pendant plusieurs décennies, grâce à la vitalité de leur démographie, grâce à la réactivité et à la créativité de leur société, grâce à la crédibilité de leur Etat de droit et à la solidité de leur institutions, grâce au rôle international du dollar…’’.

‘’Après le mythe de l’autorégulation des marchés, une nouvelle grande illusion prospère, fondée sur la croyance selon laquelle un Etat développé ou une banque centrale ne peuvent pas faillite’’, explique-t-il, à propos des causes de la crise financière partie des Etats-Unis en septembre 2008.

Pour sortir cette crise financière devenue économique, ‘’du côté du marché du travail, la priorité doit aller au soutien de l’emploi, à l’accompagnement personnalisé des chômeurs, à l’intégration des immigrés, à la formation initiale et continue, enfin et surtout, à la flexibilité’’, préconise-t-il.

Source: Aps

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