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Google Sénégal: Tendances de recherche annuelle sur Internet au Sénégal en 2011

Facedakar, Facebook et les écouteurs Beats en tête

Selon  Google Insights,  un outil  de Google qui permet d’avoir des données et des tendances de recherche globale, régionale ou locale, le site internet Facedakar est en tête  du top 10 des recherches  qui ont le plus progressé au Sénégal en 2011. Facedakar est suivi des « pages jaunes » (2e)  et de « translate (3e). Leral.net et seneweb sont aussi dans le Top 10. Facedakar en tête et la présence  des portails d’infos comme Leral.net, Seneweb et Rewmi démontrent que les Sénégalais utilisent de plus en plus Internet pour s’informer mais leur préférence va d’abord à l’information people.

Les recherches les plus populaires en 2011

Facebook,  Monster Beats et Wade en tête

Pour les recherches les plus populaires en 2011,  Facebook est en tête. On note aussi dans le Top 10, « télécharger » et « jeux » qui indiquent une appropriation ludique d’Internet par les jeunes qui l’utilisent pour télécharger des jeux. Youtube et les portails comme Google, Hotmail et Yahoo complètent le Top 10.

Pour les recherches d’images en 2011, les écouteurs haute définition MONSTER BEATS lancés par le rappeur Docteur Dre arrivent en tête devant Lil Wayne Messi et Modou Lo.

En matière de popularité pour les Politiques  sur Internet Wade arrive tête suivi de  Idrissa Seck.

En plus de nous donner des informations sur les tendances de recherches au Sénégal, Google a conçu le “Zeitgeist” qui permet aussi de savoir les tendances au niveau mondial. Vous pouvez avoir le Top 10 des recherches les plus rapides et les plus populaires dans plus de 50 pays sur le site que Google a dédié au Zeitgeist sur http://www.google.com/intl/en/press/zeitgeist2010



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Une Solution Sénégalaise à la Crise Financière Européenne

La crise financière en Grèce et dans d’autres pays européens qui continue de mobiliser toutes les énergies des leaders de l’union européenne n’a toujours pas trouvé une solution durable malgré les nombreux arrangements formulés.  Au moment où l’Italie et le Portugal sont menacés de faillite économique, la solution à la crise de la zone euro pourrait venir de l’Afrique avec une solution inspirée de la dévaluation du franc CFA de 1994.

Dr. Abdourahmane Sarr, économiste sénégalais, déjà connu pour son engagement pour le financement du développement local au Sénégal,  vient de proposer en collaboration avec Dr. Biagio Bossone une solution audacieuse à l’inquiétante crise financière rampante qui secoue la Grèce et d’autres pays européens depuis plusieurs mois.

En effet, dans un article intitulé « «Greece Can Devalue AND Stay in the Euro »,   paru  sur le site de allafrica.com[1] et  publié dans le célèbre blog de l’économiste Roubini[2], Drs. Sarr et Bossone proposent une dévaluation de la monnaie en comptes bancaires en Grèce qui permettrait de réaliser à la fois l’ajustement budgétaire et externe comme cela a été le cas du FCFA en 1994.  Il s’agit selon les auteurs, d’établir un taux de change dévalué (par surprise pour prévenir le rush) ou flottant entre les dépôts en comptes bancaires des résidents locaux et la base monétaire commune en euro des différents pays européens qui font face à des problèmes d’ajustement budgétaire et extérieur. Les dépôts bancaires dévalués à tous les égards constitueraient une nouvelle monnaie complémentaire à l’euro. Une dévaluation surprise de ces comptes vis-à-vis de l’euro, tout en permettant au pays subissant la dévaluation de rester dans la zone euro, aura l’avantage d’augmenter le niveau des prix intérieurs exprimés dans la nouvelle monnaie, d’augmenter les recettes fiscales nominales dans cette monnaie, et de réduire les déficits budgétaires sans contraction des dépenses puisque ces dernières ne seraient pas autorisées à augmenter proportionnellement à la dévaluation pour les nouveaux contrats de dépenses qui ne seront pas en euro.  La solution proposée découle d’un nouveau regard sur la compréhension que l’on a de la fonction de la monnaie comme moyen de paiement dans nos systèmes bancaires modernes où il y a une dualité complémentaire entre la banque centrale et les banques commerciales qu’elle accompagne.

Les dépôts bancaires – comme moyen d’échange- sont complémentaires à la base monétaire.  Jusqu’à ce qu’il y ait règlement de paiements et de chèques entre banques à la banque centrale, et donc en base monétaire, l’argent en comptes bancaires est juste un moyen d’échange par convention. C’est également  par convention (ou en raison d’une décision) qu’il n’y a pas de taux de change entre la monnaie de base et l’argent en dépôt, ou mieux que les dépôts bancaires et la base monétaire s’échangent à parité, la banque centrale se tenant prête à fournir aux banques solvables contre garanties éligibles, la monnaie centrale dont elles pourraient avoir besoin. En réalité, il n’y a pas de raison irrévocable pour laquelle cet état de fait doit rester ainsi. Dans un pays faiblement bancarisé une monnaie complémentaire locale pourrait même être introduite avec les mêmes possibilités de fluctuation de change avec la monnaie nationale afin de réaliser le potentiel économique des communautés de base.

Cette solution technique inspirée  de la dévaluation du FCFA, contraste avec celles  proposées par les pairs européens de Papandréou et impopulaires aux yeux du peuple et qui n’arrivent pas à stimuler la  croissance.

Interpelé sur sa contribution, Dr. Sarr avance que sa proposition n’est pas nouvelle.  Il s’agit pour le cas présent de l’adapter au contexte de l’union monétaire à laquelle appartient ce pays. D’éminents économistes ont proposé une dévaluation tendancielle de monnaies en comptes bancaires pour opérationnaliser la mise en œuvre de taux d’intérêts négatifs par les grandes banques centrales dans le contexte actuel de crise mondiale.

Dr. Sarr sponsorise le Centre d’Etudes pour le Financement du développement Local (CEFDEL) et fait un plaidoyer actif pour l’introduction de monnaies régionales, complémentaire au franc CFA pour régler le problème du financement du développement local au Sénégal ( www.cefdel.org).

Contributions

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Les agences de notation sont le symptôme d’un mal profond

Comment se fait-il que certains initiés aient été avertis dès vendredi en début d’après-midi et à travers Twitter que l’agence Standard & Poor’s abaisserait la notation des Etats-Unis ?

Et comment interpréter la chute violente des bourses tout au long de la semaine dernière autrement que par le biais de messages électroniques reçus en début de semaine par certains grands fonds spéculatifs ayant bien profité de cette opportunité de vendre agressivement à découvert parce que avertis à l’avance de cette décision ? De fait, les rumeurs vont bon train sur Internet quant à la décision de S&P de dépouiller les Etats-Unis de leur “AAA”. Tout comme la dérision et l’ironie vis-à-vis d’un institut qui avait complètement loupé la bulle immobilière en 2007…

Quelle différence pourtant avec ces mêmes maisons tout à la fois compétentes et circonspectes du début des années 1990, précisément parce qu’elles se cantonnaient au business très spécifique de la notation des obligations émises par les entreprises. Cet univers feutré des agences de notation – qui, à l’époque, analysaient et pesaient scrupuleusement toutes les données avant de dégrader – ne tranche-t-il pas avec leur activisme insupportable d’aujourd’hui et ce alors même (et d’autant plus) que leurs critères pour juger de la notation des dettes souveraines sont pour le moins vagues et sans substance ? Comment s’en étonner du reste puisque leur mission originelle ne fut pas de noter la solvabilité des nations et comment diantre le pourraient-elles avec seulement 100 analystes (chez S&P par exemple) responsables d’étudier et de décortiquer les comptes de 136 pays… ?

Belle réussite à la vérité pour des agences passées complètement à côté du montage abracadabrantesque des subprimes qui ne se privent pas aujourd’hui de faire étalage de leur pouvoir en décernant mauvais points et doctes avertissements non seulement à de pauvres petites nations comme la Grèce mais à des géants comme les Etats-Unis d’Amérique. Pourtant, il semblerait bien qu’elles cherchent aujourd’hui à masquer leur incompétence et leur inexpérience à noter les dettes souveraines derrière des jugements politiques ne faisant vraiment pas partie de leurs mandat ou attributions.

Relisons à cet effet le communiqué de presse de S&P rendu public samedi 6 août et imputant cette perte du “AAA” à des “institutions politiques” américaines ayant “faibli” dans leur détermination à lutter contre les problèmes budgétaires. Autrement, le vénérable institut S&P ne craindrait pas tant la capacité du pays à rembourser ses dettes, il ne mettrait pas tant en cause la solvabilité des Etats-Unis que leur “volonté” de s’atteler à remédier aux déficits… !

Ce faisant, S&P couvre ses arrières car sa crédibilité serait totalement perdue si, ayant maintenu intacte la notation AAA, les ennuis américains devaient s’accentuer tandis que cette dégradation aurait fait l’effet d’un “choc salutaire” si les finances du pays venaient à se redresser… Ainsi, les agences de notation jouent-elles comme “sur du velours” – gagnantes à tous les coups- et sans devoir endosser une quelconque responsabilité par rapport au couperet de la baisse de notation d’une dette souveraine. Sans négliger bien-sûr leurs diagnostics à forte coloration politique dont s’emparent les adversaires de l’administration démocrate en place puisque le probable candidat à l’investiture républicaine Mitt Romney saisit la balle au bond et assimile la perte du AAA de son pays à la “dégradation de la présidence Obama”…

Comment en est-on arrivé là ? Ces tous puissants instituts qui s’invitent – voire qui infléchissent – les débats politiques, ces agences dont les avis font autorité auprès des Etats et des gouvernements et non les moindres, ne sont en réalité que le symptôme d’un mal bien plus profond : le remplacement de l’Etat-nation par l’hégémonie du marché ! Partant en effet du principe que seuls la création de richesses et les profits sont dignes d’intérêt, la philosophie de l’homme prévalant en ce début de XXIe siècle sacralise tout ce qui est susceptible – comme les agences de notation – d’appréhender les marchés tout en bridant le pouvoir étatique. Les gouvernements se doivent donc d’être réduits à leur portion congrue, sauf bien-sûr lorsqu’ils sont appelés à la rescousse pour sauver les établissements financiers…

Pourtant, après quatre ans de crise financière et de marasme économique intenses, il devient vital de changer de paradigme. Le retour à la référence “Etat” redevient de salut public.

Le Monde

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Qui paie pour les notations des Etats?

Le débat qui fait rage sur la nature, la responsabilité et l’opportunité des notations souveraines peut être avantageusement éclairé par une analyse réaliste du mode de rémunération de ces notations.

Au départ, les notations visaient les obligations des entreprises et des banques. Dans les années 70, Moody’s en particulier a développé un activisme visant à  étendre cette notation aux Etats souverains et aux nombreux émetteurs publics d’euro-obligations, tels la Banque Mondiale ou la Banque Européenne d’Investissement.

J’étais à l’époque en charge du consortium des émetteurs des obligations du Royaume de Belgique. Je me souviens de la démarche, qui fut abondamment critiquée et à laquelle bon nombre d’Etats ont hésité à souscrire.

Pour convaincre les Etats, les agences de notation ont exercé une forme de chantage visant à dire aux Etats récalcitrants que Moody’s qu’elles iraient de l’avant quelle que soit la décision de l’Etat et qu’il était de l’intérêt de celui-ci de « coopérer » plutôt que de se voir imposer une notation.

La théorie veut que cette notation était requise par les investisseurs. Ce n’est pas entièrement faux, mais les vrais commanditaires des agences de notation sont les banques qui dirigent ces émissions. Pendant des décennies, les investisseurs se basaient sur les estimations des banques qui effectuaient d’ailleurs un examen approfondi du crédit de l’émetteur. La notation était un  moyen facile de ne plus devoir effectuer ces analyses onéreuses.

Lors de la crise financière, on se souviendra que les banques d’affaires se sont basées sur des notes AAA pour des obligations qui rassemblaient des crédits hypothécaires, notamment sub-primes. Dans ce cas, elles sont allées jusqu’à « fabriquer » des actifs financiers dont elles savaient qu’ils étaient défectueux et ce petit ménage à deux a envahi les marches de produits qui devaient faire exploser la crise financière des 2007. La Bank of America vient de transiger avec ses clients pour 8,3 milliards de dollars.

Dans le case des risques souverains, ce sont les mêmes banques d’affaires qui se ont mis en les agences de notation auprès des Etats leur précisant que, sans notation, le coût de leurs emprunts serait supérieur.

A la clé de cette manipulation et de ce chantage des banques, on aurait pu croire que les investisseurs, ou à tout le moins les chefs de file des émissions, paieraient pour ce service qui leur permet de ne pas avoir a se préoccuper du crédit des Etats et de le confier aux agences de notation, trop contentes d’obliger.

C’est compter sans les moyens de pression de ces banques. On a donc réussi à faire payer par les Etats des notations en leur vendant le fait que cela réduisait leurs couts d’émission.

La collusion entre l’absence d’analyse de crédit par les banques et les bénéfices des agences de notation a produit le système parfait que nous connaissons aujourd’hui.

Avant même d’imaginer des réformes de fond, il serait intéressant que le G7 décide que les Etats qu’ils représentent  cessent de financer un système qui les prend au piège d’évaluations qui ont prouve leur nuisance depuis quelques mois. La Commission européenne, en la personne du commissaire français Michel Barnier, pourrait ajouter cet élément à la directive qu’il prépare.

Comme les investisseurs institutionnels ne paient jamais pour ce genre de service et, même pour des analyses financiers, rémunèrent les auteurs en leur transmettant des ordres de transactions (les « soft dollars, devenus illégaux aux Etats-Unis), ce sera aux banques d’affaires dirigeant ces émissions de prendre en charge ces dépenses. Nul doute que cela amènera une reforme du système qui mettra bon ordre à la débâcle actuelle.

Le Monde

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L’Europe a besoin d’un plan B

L’Europe a été créée via un mécanisme que Karl Popper a appelé le « piecemeal social engineering » (ingénierie sociale par étapes). Un groupe de dirigeants, partageant une vision à long terme sur la création d’Etats-Unis d’Europe, a reconnu que la seule manière d’y parvenir était d’avancer graduellement : établir des objectifs limités pour pouvoir mobiliser la volonté politique nécessaire à leur réalisation et conclure des traités imposant aux Etats de renoncer seulement à la partie de souveraineté qui leur était supportable politiquement.Les architectes de l’UE ont généré la volonté politique indispensable en invoquant le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, la menace posée par l’Union soviétique et les bénéfices économiques liés à une plus grande intégration. Par la suite, le processus s’est autoalimenté et a été fortement stimulé par la perspective de réunification de l’Allemagne à la chute de l’Union soviétique. L’Allemagne savait qu’elle ne pouvait être réunifiée sans une unification européenne plus large, et était prête à en payer le prix. Les Allemands ont aidé à réconcilier les intérêts nationaux contradictoires en acceptant l’introduction de l’euro. L’ennui, c’est qu’une fois la réunification allemande achevée, l’élan principal du processus d’intégration a disparu et la crise financière a même enclenché un processus inverse. Après la chute de Lehman Brothers, les gouvernements ont d’abord veillé à ce qu’aucune autre institution financière majeure ne fasse faillite. Mais chacun l’a fait de son côté. En refusant une garantie commune pour l’UE, l’Allemagne a même opéré un virage à 180 degrés, devenant la principale force d’opposition à une « union de transferts ». Cela a créé une Europe à deux vitesses, les pays débiteurs croulant sous le poids de leurs dettes et les pays en surplus prenant de l’avance. En tant que principal créancier, l’Allemagne pouvait dicter les termes de l’assistance, qui ont été punitifs et ont poussé les pays débiteurs vers l’insolvabilité. Au passage, la posture de l’establishment politique s’est elle aussi renversée : au lieu d’encourager une plus grande intégration, les responsables européens plaident pour le statu quo. Les autorités financières ont recours à des mesures de plus en plus désespérées pour gagner du temps. Mais, en réalité, le temps joue en leur défaveur : une Europe à deux vitesses éloigne de plus en plus les pays membres les uns des autres. La Grèce se dirige vers un défaut désordonné et/ou une dévaluation avec des conséquences incalculables.Si l’on veut arrêter et renverser ce processus en apparence inexorable, la Grèce ainsi que la zone euro doivent se doter d’un plan B. Si un défaut grec est probablement inéluctable, il est possible d’éviter qu’il se fasse de manière désordonnée. Et, puisqu’une certaine contagion ne pourra être évitée - quoi qu’il arrive en Grèce, le Portugal et sans doute l’Irlande en subiront les conséquences -le reste de la zone euro doit être protégée. Cela implique de renforcer cette dernière, probablement au moyen d’un usage plus large des « eurobonds » et d’une forme d’assurance-dépôts au niveau de la zone euro. L’UE elle-même aura besoin d’un plan B pour générer la volonté politique nécessaire. L’élite européenne doit revenir aux principes qui ont guidé la création de l’Union, en reconnaissant que notre compréhension de la réalité est naturellement imparfaite et les institutions forcément défectueuses. Une société ouverte ne se satisfait pas de l’immobilisme ; elle cherche des alternatives lorsque les mécanismes et institutions ne fonctionnent plus. Il devrait être possible de mobiliser une majorité proeuropéenne silencieuse derrière l’idée que, lorsque le statu quo devient insoutenable, nous devrions pouvoir chercher une solution européenne au lieu de solutions nationales. Les « vrais Européens » devraient être plus nombreux que les « vrais Finlandais » et autres anti-européens en Allemagne et ailleurs.

George Soros est président de Soros Fund Management et de l’Open Society Institute

Source les echos


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Tendances de recherche mensuelle sur Internet au Sénégal:BEN LADEN DETRONE LE MARIAGE ROYAL

Selon Google Insights, un outil de Google qui permet d’avoir des données et des tendances de recherche globale, régionale ou locale, Oussama Ben Laden est la tête du TOP 10 des recherches sur Internet au Sénégal. Cette tendance montre l’intérêt des internautes sénégalais pour la mort de Ben Laden. C’est la première fois depuis 3 mois qu’un événement suscite plus d’intérêt pour les internautes sénégalais que la Cote d’Ivoire et sa crise post électorale. Néanmoins l’intérêt pour la cote d’Ivoire est encore très fort parce que Gbagbo et Abidjan.net, le plus grand portail ivoirien sont respectivement à la 2e et à la 3e place.

Le top 10 des recherches qui ont le plus progressé dans le monde

Oussama Ben Laden est aussi au sommet du TOP 10 mondial détrônant ainsi en quelques heures le mariage royal et le 122e anniversaire de Charlie Chaplin.
Commentant ces résultats, Tidjane Deme, Directeur Général de Google Sénégal a déclaré “ Le Sénégal à l’instar du monde a suivi les informations sur la mort de Ben Laden. Les internautes au Sénégal et dans le monde ont été sur Google pour s’informer et il est intéressant de noter l’intérêt des sénégalais pour les affaires internationales se confirme avec Ben Laden et Gbagbo au sommet du TOP 10 »

A propos de Google

Les recherches innovantes de Google permettent de connecter des millions de personnes dans le monde tous les jours. Fondée en 1998 Larry Page et Serge Brin des étudiants doctorants de l’université de Sanford, Google est considéré aujourd’hui comme le premier site par les plus grands marchés mondiaux. Le programme de publicité très ciblée de Google offre des opportunités d’affaires diverses et variées avec des résultats quantifiables tout en renforçant l’expérience globale des usagers du web. Le quartier général de Google se trouve dans la Sillicon Valley. Google a aussi des bureaux dans les Amériques, en Europe et en Asie.

Pour plus d’infos
www.google.com Vous pouvez aussi visiter notre Africa Blog http://google-africa.blogspot.com/ et nous suivre sur Twitter twitter.com/googleafrica

Contact Sénégal : Yoro Dia
diayero@gmail.com

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De nouveaux outils pour financer les défis d’une nouvelle Afrique

La vision de l’Afrique a changé. Un nouvel optimisme empreint désormais les discours portant sur le continent. Il se fonde sur la très forte croissance économique que connaissent de nombreux pays depuis leur accession à l’indépendance qui est, de l’avis général, appelée à durer. Entre 2000 et 2007, l’Afrique a connu une croissance annuelle moyenne de 5,5%, et en 2009, au plus fort de la crise économique mondiale, elle a fait preuve d’une résilience remarquable avec une croissance de 2,4%. L’assainissement des finances publiques, les progrès en matière de bonne gouvernance et de gestion expliquent notamment ces bonnes performances. Des tendances de fond nourrissent cette évolution favorable, telles que l’urbanisation et les progrès en matière de santé et d’éducation.

Pour autant, malgré les progrès enregistrés, l’Afrique est loin d’avoir relevé tous ses défis. Avec une population d’un milliard d’habitants, atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement est une véritable gageure. Le retard en infrastructure coûte chaque année deux points de croissance aux pays en développement. L’Afrique devra dépenser 93 milliards de dollars par an pour pourvoir à ses besoins en équipements collectifs, 80 milliards pour l’agriculture, et 100 milliards pour lutter contre le changement climatique. Au total, pas moins de 300 milliards de dollars supplémentaires par an doivent être trouvés pour le développement du continent. Alors, qu’en sera-t-il quand cette population aura doublé d’ici 2050 ?

Face à l’ampleur de ces besoins, le financement du développement doit impérativement changer d’échelle.

Aujourd’hui, l’aide publique au développement est absolument indispensable. Depuis 1960, la communauté internationale a consacré plus de 568 milliards de dollars d’aide pour l’Afrique, soit 15% du PNB du continent. Cette aide provient essentiellement des finances publiques des pays développés, qui, malgré la récente crise mondiale, sont parvenus à rassembler 129 milliards de dollars en 2010, le plus haut niveau jamais atteint ! Cependant, cette aide ne pare qu’aux besoins les plus pressants. Les budgets des pays du Nord ne peuvent pas tout. Le changement d’échelle des besoins en développement appelle à la mobilisation de nouvelles ressources financières plus importantes et plus stables. Ce constat s’impose à nous. Les nouveaux besoins nécessitent de nouveaux outils.

Il existe trois principales pistes qui permettraient de créer de la richesse, en plus de l’aide traditionnelle.

En premier lieu, des contributions de solidarité pourraient s’adosser aux secteurs qui ont le plus bénéficié de la mondialisation tels que le fret maritime, les industries pétrolières ou gazières, le tourisme, ou les transactions financières. Ces contributions pourraient être de très petits montants, de manière à ne générer aucun effet négatif, imposables à tous, et complémentaires de l’aide publique traditionnelle. Par exemple une infime taxe sur les transactions mondiales de change de 5 centimes pour 1000 dollars permettrait de collecter près de 40 milliards de dollars et ainsi d’envoyer à l’école primaire tous les enfants africains pendant deux ans. La faisabilité d’un tel mécanisme est confirmée. Son impact potentiel immense. Par ailleurs, le parlement européen a voté le 9 mars 2011 une loi qui soutient l’idée d’une taxe sur les transactions financières. Le changement d’échelle est juridiquement acté au niveau européen. Reste la volonté politique à activer.

En deuxième lieu, de nouveaux types de partenariats entre le secteur public et le secteur privé permettraient de financer des domaines clés pour le développement des pays pauvres, tels que les équipements urbains, l’énergie ou l’agriculture. Le secteur privé est un levier primordial. Or, les entreprises et banques locales souffrent d’un accès limité aux capitaux. C’est pourquoi les institutions financières de développement, comme l’Agence Française de Développement (AFD) ou la Banque Africaine de Développement (BAD), jouent un rôle primordial de levier dans le financement du secteur privé pour drainer les investissements privés domestiques et les investissements directs étrangers. Elles contribuent ainsi à dynamiser les marchés financiers en attirant l’épargne locale, en offrant des systèmes de garanties, en réduisant le risque et en facilitant l’accès au crédit du secteur privé. Par ailleurs, une étude récente conduite conjointement par la BAD et la Banque Mondiale a montré que les transferts de fonds des migrants africains pourraient constituer une source de financement colossale : leur volume approche ceux des investissements directs étrangers ou de l’aide publique au développement ! C’est dire l’enjeu que représente la mobilisation pour le développement des autres ressources quantitatives existantes.

“L’entreprenariat social” ou “social business” constitue une troisième voie vers la création endogène de richesse et de bien-être social. Déployée par Mohammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, l’entreprenariat social consiste à considérer les populations pauvres comme des consommateurs à proprement parler. L’entreprise sociale, tout en n’étant pas une organisation charitable, a pour but de fournir des produits et services adaptés au portefeuille des populations pauvres. Elle dédie ainsi son activité à la résolution de problèmes sociaux et environnementaux plutôt qu’à la recherche exclusive de profits. L’entreprise sociale, guidée par une gestion prudente, introduit donc les avantages du marché concurrentiel dans le champ du progrès social. De même, le capital-risque solidaire, l’investissement socialement responsable et la philanthropie privée font partie de ces innovations sociétales au service du développement. L’originalité de ces outils de financement a d’ores et déjà capté l’attention des banques de développement, avec l’émergence notamment de la micro-finance et du commerce équitable. Ils ont également attiré dans leur giron des fondations prestigieuses telles que les fondations Gates ou Skoll.

En somme, face à l’urgence aigue d’agir, nous ne sommes pas démunis de moyens. Le financement pour le développement du XXIe siècle peut être amplifié : par la levée de ressources collectives, stables et indépendantes des budgets des Etats, par des partenariats public-privé, comme par un nouveau type d’entreprenariat dédié aux pays les plus pauvres. Nous disposons d’outils novateurs pour aller au bout de nos convictions et plus loin dans nos objectifs. Encore faut-il vouloir s’en servir.

Henri de Raincourt, ministre chargé de la coopération et Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement

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Le monde à l’heure de la guerre humanitaire

Sous le poétique nom de « L’Aube de l’Odyssée », le 19 mars 2011, une coalition internationale, emmenée par la France, la Grande-Bretagne, avec le soutien prudent des Etats-Unis, du Qatar et d’autres pays, intervenait en Libye par des frappes aériennes contre les forces armées de Mouammar Kadhafi.

L’objectif des bombardements dans ce pays - en principe souverain -était non pas de conquérir un territoire, comme ce fut le cas lors de la colonisation du XIX e siècle et du début du XX e, ou encore de prendre le contrôle de richesses minières, voire d’anéantir une menace à la sécurité de la communauté internationale, mais de protéger des populations civiles « attaquées ou menacées de l’être ». Pour défendre cette intervention, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, soulignait, mardi, « la responsabilité morale extrêmement lourde » devant ce qui aurait pu être un massacre de plusieurs milliers de personnes, notamment à Benghazi. Car le colonel Kadhafi, précisait le ministre des Affaires étrangères devant la presse diplomatique, avait promis un « bain de sang » si ses blindés reprenaient la ville rebelle.

La décision de frapper les forces du colonel Kadhafi est, de fait, la première application de principes contenus dans un document adopté en septembre 2005 par le sommet mondial des Nations unies « sur la responsabilité de protéger lorsqu’un Etat se montre incapable ou non désireux de protéger sa population face aux crimes les plus graves ». Ce texte est une extension sans précédent du droit international conçu depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale et de la notion d’ingérence humanitaire apparue notamment lors de la guerre du Biafra, à la fin des années 1960. Une notion théorisée en France par Bernard Kouchner et le professeur de droit international Mario Bettati. C’est sur ce texte que la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 17 mars se fonde.

Cette innovation n’est pas que juridique. Politiquement, il s’agit aussi de faire oublier la passivité de la communauté internationale devant les terribles massacres de population civile de l’époque contemporaine, comme au Rwanda en 1994 ou encore, plus proche de nous, lors des guerres dans l’ex-Yougoslavie.

Et pourtant, avec l’intervention en Libye, le monde n’est pas rentré dans une nouvelle ère où l’Organisation des Nations unies et ses bras séculiers militaires, la France, l’Angleterre, l’Amérique ou encore l’Otan, auraient repris le monopole de la violence légitime aux Etats eux-mêmes. Même si l’intervention libyenne, comme celle d’ailleurs de l’ONU en Côte d’Ivoire pour faire respecter le résultat d’une élection démocratiquement organisée, représente un progrès de la communauté internationale, on en est loin.

En premier lieu, l’ingérence humanitaire et l’attitude du Conseil de sécurité, l’instance suprême des Nations unies, sont à géométrie variable. Pour les cinq grandes puissances, Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et France, qui ont un droit de veto, il ne s’agit pas de se mêler des affaires intérieures de tous les pays, surtout pas s’il s’agit d’un de ces cinq membres permanents. Il n’a jamais été question ainsi d’intervenir dans les « affaires chinoises », ni dans les affaires russes. Le droit d’ingérence humanitaire a ses limites. « Ce n’est pas seulement en dénonçant les droits de l’homme à Moscou que nous allons arranger la situation en Tchétchénie. C’est un peu plus compliqué que cela », avait dit, en août 2007, Bernard Kouchner, premier chef de la diplomatie de Nicolas Sarkozy.

De plus, la notion d’ingérence humanitaire n’est pas universelle. Un pays comme le Brésil, qui s’est d’ailleurs abstenu comme l’Allemagne lors du vote de la résolution 1973, préfère garder une certaine neutralité vis-à-vis de l’ingérence, quelle que soit son nom. Et il n’est pas le seul. Surtout que, dans le cas libyen, le motif initial a déjà évolué vers l’idée de renverser le régime pour le remplacer par un autre gouvernement.

De même, il n’est pas question, face au grand mouvement de démocratisation de la rive sud de la Méditerranée, d’intervenir au nom de la protection des populations civiles dans tous les pays où un gouvernement a décidé de faire un usage souvent excessif de la force face à des manifestants sans armes comme en Syrie, au Yémen, à Bahreïn ou ailleurs.

Mais ce n’est pas la seule limite. Comme lors des interventions de l’Otan au Kosovo en 1999, voire de l’application des zones d’exclusion aérienne au sud et au nord de l’Irak après la première guerre du Golfe de 1991, les seuls bombardements aériens ne sont pas suffisants pour inverser le rapport de force. La Libye en est une nouvelle illustration. Car les forces rebelles n’ont pas la capacité au sol de résister seules aux troupes de Kadhafi. En outre, dix ans après le début de la guerre en Afghanistan et huit après celle en Irak, les capacités militaires que les puissances peuvent mettre à la disposition de coalition à but humanitaire sont restreintes. Ce qui explique d’ailleurs en partie la prudence des Américains en Libye.

Mais en dépit de ces nombreuses limites, l’intervention en Libye marque un progrès du droit international. Une façon d’éviter que « l’esprit de Munich », cet accord qui, en 1938, scellait l’abandon de la Tchécoslovaquie à l’Allemagne nazie, ne hante la conscience des dirigeants. Même si la « guerre humanitaire » restera l’exception plutôt que la règle.

Jacques Hubert-Rodier est éditorialiste aux « Echos ».

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L’essor vertigineux du trading algorithmique

Qu’est-il donc arrivé le jeudi 6 mai 2010 à la Bourse de New York ? En quelques minutes, l’indice phare Dow Jones a chuté de plus de 9 %. Un vent de panique s’est emparé des marchés et 1 000 milliards de dollars se sont envolés. Si plusieurs causes sont évoquées, l’une d’elles, l’algotrading, est mise en avant. Peu connue, cette technique boursière a pourtant assuré en 2009 70 % du volume des 10 milliards d’échanges quotidiens réalisés sur les différentes places boursières aux Etats-Unis, selon Tabb Group, une société américaine de conseil et de recherche sur la finance.

L’algotrading, contraction de “trading algorithmique” (aussi appelé “high frequency trading”, “trading à haute fréquence”) ne cesse de gagner en importance. Cette pratique repose sur “des machines capables d’exécuter des ordres à toute vitesse et de tirer ainsi profit des écarts de prix minimes sur les valeurs […]. Ces outils d’un nouveau genre arbitrent, fractionnent, achètent et vendent. Leur dieu est le même que celui du trader à tête d’homme : le temps. A la différence que leur échelle de temps est le millième de seconde et que, en guise de cerveau, ils disposent de formules algorithmiques” (Mathieu Rosemain, Les Echos, 14 avril 2010). Le phénomène est à relier au “turbo-capitalisme” identifié par le sociologue Paul Virilio dans une interview à Libération (25 mai 2010) devenu, pour certains, emblématique de cette “finance folle” qui a gagné la planète.

Son histoire est récente. Né aux Etats-Unis à la suite de l’informatisation des ordres sur les marchés financiers dans les années 1970 (voir la chronologie), le trading algorithmique a pris son essor au début des années 2000, quand la décimalisation a modifié la taille des ordres en fractionnant leur valeur, passée d’un minimum de 1/16 de dollar (0,062 5 dollar) à 0,01 dollar. Cela a changé la microstructure du marché en créant des différences plus petites entre prix offerts et prix proposés, favorables aux opérations automatisées.

Une décennie plus tard, le boom de l’algotrading est spectaculaire. Aux Etats-Unis, plus de 75 % des institutions financières et 95 % des traders institutionnels utilisent des stratégies de trading algorithmique. Selon la société Celent, le trading à haute fréquence constitue près de 42 % des volumes d’actions traités et atteindra 54 % au dernier trimestre 2010. Les plus grosses sociétés américaines de trading algorithmique, comme Getco ou Citadel, traitent parfois de 10 à 20 % des actions de grandes sociétés cotées.

L’Europe est “en retard” en la matière : l’algotrading y est responsable d’un ordre sur quatre, selon le cabinet d’études américain Aite Group. Mais il pourrait monter à 45 % des volumes quotidiens dans deux ans. Celent prévoit surtout un développement en Asie, avec la modernisation notamment de la Bourse de Tokyo. Mais d’autres régions du monde s’intéressent à cette technique, comme l’Amérique latine, attirées par la promesse de plus de liquidité, qui rend les investissements moins coûteux et plus simples.

Les enjeux financiers sont considérables : 2 % des 20 000 firmes de trading américaines utilisent ces techniques et ont réalisé en 2008 un bénéfice de 21,8 milliards de dollars. D’autant qu’une partie des échanges se fait grâce à l’essor des “dark pools”. Ces plates-formes électroniques opaques capteraient pas moins de 4,1 % des volumes échangés en valeur en Europe, selon Tabb Group. Les échanges opaques pourraient représenter 7 % des échanges de titres en 2010 et bénéficieraient de l’essor et de la sophistication croissante de l’algotrading.

Les enjeux sont donc considérables et le ticket d’entrée ne cesse de s’élever. Les teneurs du marché comme Getco, les fonds spéculatifs et les Bourses elles-mêmes se livrent à une bataille technologique coûtant des centaines de millions de dollars d’investissements – pour gagner les quelques fractions de seconde qui leur permettront d’empocher des bénéfices juteux. Les opérateurs boursiers ont aussi compris leur intérêt. Progressivement, ils proposent à leurs membres de louer des serveurs à quelques mètres, voire quelques centimètres du cœur des échanges électroniques. C’est ce qu’on appelle la “co-location”. On estime qu’à chaque centaine de miles (160 kilomètres) supplémentaire de distance du lieu de l’opération, 1 millième de seconde est ajoutée à celle-ci : ce qui peut faire perdre une opération ou gagner des millions.

Une fluidité accrue du marché

Les partisans de l’algotrading mettent en avant deux arguments en faveur de cette technique boursière :

* Les places financières les plus automatisées, comme le Nasdaq (marché des valeurs technologiques aux Etats-Unis), ont gagné des parts de marché par rapport à celles qui le sont moins, comme le New York Stock Exchange (NYSE). Les économies d’échelle ont contribué à diminuer les commissions sur les opérations et contribué aussi à la consolidation des places boursières, c’est-à-dire au rapprochement entre les Bourses.

* Par ailleurs, un des bénéfices évidents pour les investisseurs est “la réduction des spreads [écarts] – différence entre le prix auquel un acheteur est désireux de payer un instrument financier et le prix auquel un vendeur est prêt à le vendre – ainsi qu’un accroissement de la liquidité” (Chicago Fed Letter, mars 2010, en PDF). La liquidité améliorée du marché boursier signifie qu’il est plus facile d’y échanger des valeurs, ce qui le rend plus attractif pour les investisseurs. C’est en tout cas l’argument avancé par les traders à haute fréquence. Ces opérations n’entraînent pas non plus une volatilité accrue du marché, c’est-à-dire une amplification de la fluctuation des cours. De même, selon la Réserve fédérale américaine (Fed), elles n’augmentent pas l’instabilité des devises.

Mais comme le souligne Yann-Eric Le Boulch, président de CM-CIC Securities, l’algotrading aboutit aussi à une fragmentation de la liquidité en multipliant les ordres de plus en plus fins, ce qui accroît les coûts de négociation et les frais informatiques. Les intervenants traditionnels peuvent y être perdants, même si la concurrence entre les Bourses fait baisser les prix.

Un faisceau de risques multiformes

Les risques engendrés par l’algotrading sont multiples. D’abord le risque d’erreurs lors des opérations est accentué lorsque l’accès des clients aux opérations se fait via les machines, sans que cet accès soit filtré. Selon Robert L. D. Colby, ancien vice-directeur de la division trading et marchés de la Securities and Exchange Commission (la SEC, le gendarme de la Bourse américaine), en deux minutes, des centaines de milliers d’ordres valant des milliards de dollars peuvent être donnés. L’accroissement de la vitesse des opérations sans contrôle peut donc générer des pertes considérables. L’indice Dow Jones Industrial Average avait ainsi chuté de 100 points en 2002 quand un courtier de la banque Bear Stearns avait entré par inadvertance un ordre de vente de 4 milliards de dollars au lieu de 4 millions. Vu la vitesse des opérations, plus de 600 millions de dollars d’actions avaient été échangés avant que l’erreur ne soit détectée. En 2003, une société de trading américaine était devenue insolvable en seize secondes quand un de ses employés s’était trompé dans une opération, rapporte la Fed de Chicago dans un document récent (lire l’entretien avec Thierry Foucault, professeur à HEC).

L’algo-trading pose également le problème d’un accès équitable au marché. Cette technique avantage les intervenants de grande envergure qui peuvent négocier numériquement de larges volumes de titres, presque à la vitesse de la lumière. Ce qui pose la question de la formation des prix sur le marché : celle-ci est-elle sincère, dénuée d’intérêt ? Ou au contraire, est-elle biaisée ? Si tel est le cas, on s’écarterait d’un fonctionnement efficient des marchés financiers (lire l’entretien avec Bénédicte Doumayrou et Arnaud Oseredczuk).

Quelle utilité sociale ?

Sans compter que l’algo-trading a permis le développement de pratiques inéquitables. A l’été 2009, une forme particulière de trading à haute fréquence a retenu l’attention : les flash orders. Par cette pratique, les Bourses autorisent certains clients, contre commission, à regarder brièvement les ordres avant qu’ils ne soient placés et orientés vers des plates-formes rivales. Les flash orders, très critiqués par les autorités de régulation boursière, sont accusés de fausser les fondements du marché libre. Deux opérateurs américains, Nasdaq OMX et Bats, ont d’ailleurs décidé de les abandonner.

Aussi, certains s’interrogent sur l’utilité “sociale” du trading algorithmique. Le Prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, s’est ému de la montée en puissance de ces méthodes de spéculation qui, selon lui, ont largement contribué aux profits élevés de la banque d’affaires Goldman Sachs. “Cette méthode constitue une sorte de taxe pour les investisseurs qui n’ont pas accès à ces ordinateurs super-rapides, écrit-il dans le New York Times en août 2009. La Bourse est censée allouer le capital aux utilisations les plus productives, comme par exemple aider les sociétés qui ont de bonnes idées à lever des fonds.” Or, relève l’économiste, les courtiers qui donnent leurs ordres “un trentième de seconde plus vite que les autres” ne contribuent guère à “l’amélioration de cette fonction sociale”.

Quant au risque d’accroître les bulles spéculatives et donc, éventuellement, de provoquer des krachs, il n’est pas encore établi. On se rappelle cependant que le krach d’octobre 1987 a été en partie aggravé par le trading informatisé et la stratégie d’assurance de portefeuille, rappelle Paul Wilmott, fondateur d’une revue de finance quantitative, dans une tribune au New York Times. Et plus récemment, le mini-krach du 6 mai a renforcé les inquiétudes sur cette pratique boursière. Si l’on ne sait pas qui a déclenché cette chute boursière, le trading à haute fréquence est mis à l’index par les régulateurs, notamment la SEC. La question d’une meilleure régulation du phénomène est posée.

Les régulateurs en phase de consultation

Alors que le trading algorithmique prend de l’ampleur sur toutes les places mondiales, les autorités de régulation, aux Etats-Unis et en Europe, sont en phase de consultation afin de déterminer des mesures d’encadrement pour ces pratiques. Fin avril, la Securities and Exchange Commission (SEC), chargée de réguler les marchés financiers aux Etats-Unis, a lancé une consultation avec les principaux acteurs, étendue sur deux mois.

Depuis janvier, le régulateur américain s’est saisi du dossier du trading à haute fréquence et a esquissé une série de mesures. La première consiste à identifier les traders spécialisés dans ce genre de transactions et donner à la SEC des informations sur les opérations financières qu’ils réalisent. Cette obligation s’appliquerait à environ 400 cambistes officiant sur les places américaines, dont les transactions dépassent les 2 millions d’actions échangées, ou des volumes supérieurs à 20 millions de dollars (15,2 millions d’euros) par jour.

La SEC envisage aussi des mesures garantissant un accès équitable aux marchés. Dans un rapport préliminaire publié en janvier, l’organe de régulation se demandait en effet si “le fait que des traders professionnels sont capables de réaliser des opérations plus rapides rend l’accès aux marchés injuste pour les particuliers ?” De plus en plus de sénateurs, parmi lesquels Ted Kaufman du Delaware et Mark Warner de l’Etat de Virginie, font pression par ailleurs sur le régulateur pour qu’il donne des réponses sur le rôle des échanges à haute fréquence sur les marchés.

Dans le sillage de la SEC, la Commission européenne s’intéresse également de près au trading à haute fréquence. La problématique, à l’échelle européenne, consiste à étudier les conséquences de la directive sur les marchés d’instruments financiers dite “MIF”, du 21 avril 2004. Celle-ci, entrée en vigueur le 1er novembre 2007, “a importé le mode de fonctionnement américain et notamment mis fin au monopole des marchés réglementés”, indique un rapport sénatorial de la fin de l’année 2009.

Dark pools et colocation

En avril, le CESR (Committee of European Securities Regulators), situé à Paris, a lancé une consultation afin de déterminer l’impact de l’algo-trading en Europe. Trente-neuf institutions, représentant les principales parties prenantes, telles que la banque, les assurances et la gestion d’actifs, y participent.

La question des “dark pools”, qui traitent des ordres anonymisés et supérieurs à la “taille normale de marché”, est l’un des objets d’étude. Un autre centre d’intérêt est le régime de la “colocation”, qui permet aux traders à haute fréquence de placer leurs serveurs à proximité de ceux des Bourses. Si cette initiative réduit les délais de latence pour passer un ordre, elle pose la question d’un avantage injuste. Après cette phase de consultation, la Commission européenne devrait faire ses propositions en 2011, ensuite soumises à l’approbation des Etats membres.

En France, l’Autorité des marchés financiers a pour sa part estimé, dans son rapport sur la “cartographie des risques 2010″, paru fin mai, que la pratique du trading à haute fréquence menace “l’intégrité du marché dès lors que les stratégies de trading sont détournées de leur objectif initial pour être utilisées à des fins de manipulation de marché”. Le régulateur français fait également valoir que les investissements nécessaires en technologie, infrastructure et savoir-faire pour entrer dans ces marchés lucratifs représentent une barrière à l’entrée, susceptible de créer des distorsions de concurrence.

Le Monde

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Les Trente Glorieuses chinoises touchent à leur fin

Cherchez l’erreur. Si l’on en croit les analystes, l’économie chinoise a connu une croissance d’un peu plus de 10 % en 2010. Sur la même période, le principal indice de la Bourse de Shanghai a accusé une baisse de 14 %. Les investiseurs ont manifestement perdu une partie de leur enthousiasme au cours du dernier trimestre 2010. Au moment même où la planète entière réalisait tout ce qu’elle doit à l’économie chinoise, les milieux d’affaires craindraient-ils, eux, que la suite du programme de développement du pays soit plus délicate ? Depuis deux mois, les débats qui animent le petit monde des économistes tournent autour d’un thème unique : l’inflation. Celle-ci risque-t-elle de dérailler ? Elle retrouve actuellement ses niveaux d’avant la crise. Elle devient surtout problématique en matière alimentaire, avec une hausse annuelle de plus de 11 %. Fin décembre, une enquête d’opinion a révélé que le degré d’exaspération des ménages était au plus haut depuis plus de dix ans face à ce problème. Cela n’a pas échappé au pouvoir. Car personne, dans les cercles dirigeants, n’a oublié que le soulèvement populaire de 1989 était intervenu après une période de forte hausse des prix. Le Premier ministre, Wen Jiabao, a d’ailleurs déclaré avoir appris au cours de sa carrière qu’il y a « deux sujets qui peuvent fragiliser la stabilité sociale [...]. L’un est la corruption, l’autre le niveau des prix ». Il vient de répéter que la lutte contre l’inflation serait un objectif majeur cette année, tandis que le gouverneur de la banque centrale déclarait viser la « stabilité » des prix. Dès lors, deux scénarios se dessinent. Dans le premier, les autorités font ce qu’elles ne cessent de promettre et emploient les grands moyens pour calmer la hausse des prix. C’est l’option la plus courageuse, car elle impose d’aller à l’encontre des milieux d’affaires et de ralentir coûte que coûte la circulation monétaire dans le pays. Freiner une activité de crédit manifestement débridée, mettre de nouveaux bâtons dans les roues du secteur immobilier, en pleine bulle spéculative, relever substantiellement le taux de change du yuan, les mesures à prendre sont connues. La Bourse de Shanghai ne s’y trompe pas : cela signerait la fin d’un certain âge d’or du capitalisme chinois, qui a vu les entreprises accéder au crédit bancaire à des tarifs exceptionnellement bas, au détriment de ménages contraints de placer leur épargne sur des comptes très mal rémunérés. Cela compliquerait aussi singulièrement la tâche des exportateurs positionnés sur les secteurs à faible valeur ajoutée. Ces derniers voient aujourd’hui la hausse de la devise chinoise -qui s’est appréciée de 3,6 % face au dollar l’an dernier -comme leur principale épée de Damoclès.

Pas sûr, donc, que Pékin soit vraiment déterminé à sortir l’artillerie lourde car il y aurait, à l’évidence, de la casse. D’où le deuxième scénario auquel on assiste aujourd’hui. Il est plus empreint de prudence… ou d’indécision. Même si la banque centrale a depuis longtemps conscience de la nécessité d’agir, elle reste subordonnée à un pouvoir politique hésitant et soumis au lobbying des milieux d’affaires. Certes, les autorités ne sont pas restées les bras croisés. Aux banques, elles ont ordonné six hausses de leurs réserves obligatoires au cours de l’année 2010 et deux hausses des taux d’intérêt. C’est peu comparé à d’autres banques centrales d’Asie – six hausses de taux en Inde, trois en Malaisie. C’est surtout une demi-mesure lorsqu’on constate à quel point la banque centrale rechigne à limiter le niveau des crédits bancaires. L’an dernier, l’objectif – pourtant élevé -de 7.500 milliards de yuans de nouveaux prêts a été dépassé, et rien ne permet de penser que celui de 2011 sera revu à la baisse. Le volume des prêts dans le pays est pourtant en hausse de 60 % sur deux ans et la masse monétaire semble partir en dérapage incontrôlé.

Pour certains économistes, cette hésitation à contenir fermement le crédit témoigne d’une inquiétude sur la santé du système financier. Après avoir prêté excessivement sur ordre de Pékin en 2009, afin de stimuler l’économie dans un contexte de récession internationale, les banques se retrouvent avec des créances plus que douteuses, contractées notamment par les collectivités locales. Et certains de leurs débiteurs n’ont d’autre choix que d’obtenir de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Pékin craindrait-il de provoquer une hécatombe en normalisant pour de bon l’activité bancaire ?

En réalité, les autorités peuvent analyser le casse-tête sous tous les angles, elles savent bien que les choses se compliquent. Car derrière les causes climatiques qui peuvent expliquer, ici ou là, la hausse des cours du chou ou du riz, il y a des forces structurelles à l’oeuvre dans la poussée d’inflation actuelle. L’une est l’envolée des salaires, qui se concrétise plus vite que prévu, et que l’évolution démographique va accélérer dans des délais assez courts. L’autre est, paradoxalement, le statut de « star » qu’a désormais la Chine sur les marchés. Conformément à son nom chinois, la deuxième économie mondiale est véritablement devenue « le pays du centre », ce qui lui vaut d’attirer les capitaux du monde entier, et alimente des bulles spéculatives sur toutes sortes d’actifs. Au final, entre coûts de main-d’oeuvre en hausse, inflation d’actifs multiples et devise appelée à s’apprécier, la Chine ne peut plus être ce pays low cost qui a bouleversé l’équilibre du monde. Certes, cela ne signifie en aucun cas la fin de la croissance. Mais les Trente Glorieuses chinoises touchent sans doute à leur fin.

Gabriel Grésillon est le correspondant des « Echos » à Pékin ; cette analyse est la cinquième d’une série de six consacrée aux perspectives politiques et économiques dans les grands pays.

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Non Monsieur le Président la pauvreté n’a pas reculé

Lors de son discours de fin d’année 2010, le président de la république s’est aventuré dans des déclarations économiquement discutables. Ces déclarations remettent systématiquement en question les capacités du président en matière de réflexions économiques. Pour étayer sa position selon laquelle le Sénégal a franchi le seuil de la pauvreté, le président déclare : « nous avons fait passer le revenu per capita de moins de 500 dollars, le seuil de pauvreté, avant 2000, à 1.350 dollars en 2010. Ainsi, chiffres en mains, le Sénégal a franchi le seuil de la pauvreté ; il a réussi à se hisser la tête hors de l’eau ». Effectivement, le revenu per capita était de 480 dollars en 2000. Mais sur quel critère de comparaison entre 2000 et 2010, le président s’est t-il basé pour avoir de telles convictions ? A-t-il oublié la théorie du pouvoir d’achat ? Que fait –il de la variation du cours du dollar, qui est passé de d’environ 700 F CFA en 2000, à 500 F CFA en 2010 ? Ne saisit-t-il pas donc que 480 dollars valent 336 000 F CFA en 2000, et que 1350 dollars valent 675 000 F CFA en 2010. Autrement dit, le revenu per capita est passé de 336 000 F CFA en 2000, à 675 000 F CFA en 2010, soit une augmentation réelle d’environ 100%.

L’arbitrage consiste alors à jauger le pouvoir de 350 000 F CFA en 2000 et à le comparer à celui de 650 000 F CFA en 2010. Pour un tel arbitrage, il faut considérer la spirale d’inflation qui a frappé les produits de première nécessité et ceux de l’énergie. Le prix de la bombonne de 6 kg de gaz butane est passé de 2000 F CFA en 2007 à 4000 F CFA en fin 2010, soit une hausse de 100% en moins de 4 ans. Le prix de l’électricité, a subit une hausse de plus de 120% depuis l’année 2000. Dans la période 2000-2010, le prix du litre d’huile est passée de 600 F CFA à 1250 F CFA, soit une augmentation de près de 110% en moins de dix ans. Durant cette même période, le prix du kilogramme de sucre est passé de 350 F CFA à 750 F CFA, soit environ 115% d’augmentation en moins de 10 ans. De 2000 à 2010, le prix du carburant a flambé en moyenne de 90% et le prix du loyer a flambé de plus de 150%.

Dès lors, on peut dire, sans se tromper, que l’inflation, pendant cette dernière décennie 2000-2010, dépasse 100%. Donc l’augmentation du PNB par tête avancé par le président, est en deçà de l’augmentation fulgurante constatée sur les prix. Finalement, un revenu de 350 000 F CFA en 2000 fait office d’un pouvoir d’achat supérieur (ou égale) au pouvoir d’achat d’un revenu de 650 000 F CFA en 2010. Le président doit alors revoir son argumentaire, puisque ses chiffres prouvent le contraire de ce qu’il cherche à démontrer.

Dr Elhadji Mounirou NDIAYE, économiste.
(elhadjimounirou@gmail.com)

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Le bonheur nouvel indicateur de développement

A une époque de fort resserrement budgétaire et de crise financière, les dirigeants politiques envisagent aujourd’hui la croissance économique comme la pièce maitresse de leur programme de politique intérieure. Le produit intérieur brut est considéré comme le principal indicateur du bien-être national. Mais, à l’heure où nous nous projetons sur 2011 et au-delà, ne devrions-nous pas nous poser la question suivante : est-il vraiment sage d’accorder une telle importance à la croissance ?

CAMBRIDGE – Soit, de nombreuses études ont confirmé que les pays les plus riches ont tendance à être plus heureux que les pays pauvres, et que les personnes riches se sentent généralement plus comblées que leurs concitoyens moins bien nantis. Pourtant, d’autres conclusions en provenance de plusieurs pays relativement aisés, comme la Corée du Sud et les Etats-Unis, suggèrent que leurs habitants ne sont pas plus heureux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a 50 ans, malgré un doublement ou un quadruplement, en moyenne, des revenus par habitant.De plus, une récente enquête canadienne a montré que les gens les plus heureux vivent dans les provinces les plus pauvres, comme Terre Neuve et la Nouvelle Ecosse, tandis que les citoyens des provinces les plus riches, notamment en Ontario et en Colombie Britannique, comptaient parmi les moins heureux. Puisque le bonheur est finalement ce que désirent le plus les gens, et que la richesse n’est simplement qu’un moyen pour y parvenir, la primauté accordée actuellement à la croissance économique semblerait être une erreur.Ce qui ressort en tout cas de telles enquêtes est que les gens ne parviennent pas à prédire ce qui les rendra heureux ou tristes. Ils se focalisent trop sur leurs réactions initiales aux changements dans leurs existences et font abstraction de la rapidité avec laquelle le plaisir apporté par une nouvelle voiture, une augmentation de salaire ou un déménagement sous des climats plus ensoleillés s’évanouit, les laissant pas plus heureux qu’auparavant. Il y a donc un certain risque à ce que les dirigeants politiques s’appuient simplement sur les sondages d’opinion et les panels de consommateurs pour découvrir ce qui pourrait réellement améliorer le bonheur des gens.Parmi toutes les enquêtes effectuées à ce jour, cependant, il se dégage deux conclusions qui seraient particulièrement utiles à la réflexion des législateurs. Tout d’abord, la plupart des choses qui sont sources de satisfactions durables pour les individus sont aussi bonnes pour d’autres personnes – un mariage solide et des relations étroites de tout type, aider les autres, participer à des actions civiques, et un gouvernement démocratique, honnête et efficace. Les mesures politiques qui encouragent donc le bien-être individuel tendent à bénéficier à l’ensemble de la société.Deuxièmement, les expériences qui donnent un plaisir ou une tristesse durables ne sont généralement pas considérées comme hautement prioritaires par les cercles gouvernementaux. Par exemple, trois affections médicales à l’origine d’un désarroi particulièrement profond et durable – la dépression clinique, les douleurs chroniques et les troubles du sommeil – sont toutes des conditions qui peuvent être traitées avec succès, à la grande satisfaction de ceux qui en souffrent. Mais ces personnes sont souvent mal prises en charge par les systèmes de santé.La réponse logique à tout ceci serait de se demander si les enquêtes sur le bonheur sont vraiment suffisamment fiables pour être utilisées par les législateurs. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à cette question et suite à de nombreuses études, ont découvert que les réponses sur leur bien-être formulées par les individus correspondent assez justement aux indices plus objectifs.Les gens qui prétendent être heureux semblent vivre plus longtemps, se suicident ou abusent de drogue moins souvent, obtiennent plus fréquemment des promotions de leurs employeurs et connaissent plus de bons amis et des mariages plus durables. Les évaluations qu’ils font de leur propre bien-être sont assez étroitement en phase avec les opinions de leurs amis et des membres de leur famille.Les statistiques sur le bonheur semblent donc être globalement aussi justes que nombre de statistiques utilisées régulièrement par les dirigeants politiques, tel que les sondages d’opinion, l’indice de pauvreté ou même la croissance du PIB – lesquelles regorgent d’imperfections.Les recherches sur le bonheur en sont encore à leurs balbutiements. De nombreuses questions demeurent inexplorées, les résultats de certaines études doivent encore faire l’objet de confirmations, et d’autres encore, comme celles qui prennent en considération les effets de la croissance économique, ont donné des résultats contradictoires.Il serait donc prématuré d’articuler des mesures politiques audacieuses autour des seules enquêtes sur le bonheur, ou de suivre l’exemple du minuscule Bhoutan en adoptant le principe du Bonheur National Brut comme principal objectif national. Les résultats peuvent pourtant être utiles aux législateurs, même aujourd’hui – pour par exemple déterminer les priorités parmi un ensemble d’initiatives envisageables ou pour identifier de nouvelles possibilités d’intervention politique qui méritent une étude plus approfondie.A tout le moins, les gouvernements devraient emboiter le pas de la Grande Bretagne et de la France et envisager de publier régulièrement les statistiques sur les tendances du bien-être de leurs concitoyens. De tels indices stimuleraient vraisemblablement un intéressant débat public tout en fournissant des données intéressantes pour les enquêteurs.Au delà de cela, qui sait ? Des recherches supplémentaires fourniront indubitablement plus d’informations détaillées et plausibles sur le type de mesures politiques à même d’améliorer le bonheur des individus. Un jour peut-être, les responsables politiques pourraient même utiliser ces recherches pour illustrer leurs décisions. Après tout, qu’est ce qui pourrait compter plus aux yeux de leurs électeurs que le bonheur ? Dans une démocratie, du moins, cela devrait vraiment compter pour quelque chose.

Par Derek Bok

Président de l’université Harvard de 1971 à 1991 puis de 2006 à 2007. Auteur de “The Politics of Happiness” (Princeton )

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MOUBARACK LO, ECONOMISTE : « La relance tant attendue reste à faire »

Economiste de son état, Moubarak Lô a analysé la situation économique du pays. Cette fin d’année 2010 n’est guère fructueuse pour lui. Il a évoqué plusieurs phénomènes pour rendre compte de ces difficultés et projette la période de stabilité économique du Sénégal en 2012-2013. L’an 2010, une année de redémarrage au niveau mondial. Les années précédentes ont été des années de crise alimentaire, de crise économique et financière en l’occurrence 2007, 2008 et 2009. Ce redémarrage est considéré par Moubarak Lô, « comme mou pour le Sénégal ».Les analyses de l’économiste portent la croissance de 2010 à 4% au maximum. Un progrès notoire par rapport à 2009. La barre était à cette période à 2%. Cependant pour Moubarak Lô, « cette hausse n’approxime pas le taux de croissance historique ». Il explique que « le Sénégal était sur la pente des 4.6 à 5% de taux de croissance sur les dernières décennies ».Selon lui, « le pays n’a pas atteint le palier de croissance historiquement obtenu les années précédentes ». Il est formel : « la relance tant attendue reste à faire ». « La croissance demeure molle, comparée au taux de croissance démographique » a-t-il déclaré. Par ailleurs, ce taux de croissance ne permet pas de réduire la pauvreté. Une inquiétude qui se fonde d’autant que le taux de croissance était fixé à 7 et 8% sur la période de 2006 à 2010.Suivons les explications de Moubarack : « avec ce qui est réalisé cette année-ci et celles précédentes sur les 5 ans on n’aura pas mieux fait que 3% ».Pour l’année 2011, il est catégorique, le Sénégal n’est pas dans les dispositions à faire des progrès. « Rien n’indique que la croissance du pays va s’accélérer » a-t-il affirmé. Il a assuré que « ce qui est bénéfique dans la croissance ce n’est pas d’atteindre la barre des 7% mais c’est de maintenir ce taux sur la durée ».Cet objectif ne pourra être atteint, selon lui, que dans une posture dynamique notamment avec des investissements au niveau des produits manufacturiers et beaucoup de diversification. En effet, il est convaincu que l’économie continue à être dominée par les mêmes secteurs, à savoir la commande publique, les télécoms et le commerce.Il a également notifié que le vrai enjeu de la relance de l’économie se situe au niveau industriel. Pour cela, il a associé à ce domaine l’agriculture, malgré le recul qu’elle a connu ces dernières années. Cependant, Moubarack pense qu’une « bonne campagne pourrait contribuer à son maintien sur le moyen et le long terme ». L’industrie est aussi présentée par l’économiste comme « le secteur qui pourra assurer un véritable redécollage à l’économie ». Pour y arriver, « il faudrait inhiber les délestages qui plombent la croissance ».Moubarack Lo estime que « les délestages affaiblissent la production de la Senelec. De manière directe, la croissance économique reçoit le contrecoup de ces délestages. D’un autre aspect, ce sont les secteurs de l’industrie, de l’artisanat et du commerce qui en pâtissent indirectement. Beaucoup de petites entreprises ne fonctionnent pas avec les coupures d’électricité. Ce qui constitue un coût énorme non seulement pour la croissance mais aussi pour les emplois ».Moubarack dira que « 2010 sera de même calibre que 2011. Le redressement de l’économie sénégalaise ne pourrait être effectué en raison du contexte pré –électoral ». Il projette ce redressement entre 2012 et 2013 du fait de « la période d’euphorie qui suit en général les élections ». Ce qu’il appelle « un critère politique à la croissance »

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L’Afrique : laboratoire des économies du futur

“La seule chose que nous devons craindre, c’est la crainte elle-même.” c’est par cette phrase que Franklin Roosevelt remonte le moral d’une Amérique confrontée à la Grande Dépression. Comme en 1930, la crise actuelle a permis une remise en cause du système et contribué au changement du regard sur l’Afrique. En matière d’aménagement du territoire, il est beaucoup plus difficile et coûteux d’apporter une modification à une infrastructure existante que d’en construire une nouvelle. Face à ce constat, nous sommes donc convaincus que l’Afrique est la “nouvelle frontière” non seulement de l’économie mondiale mais aussi de la croissance verte car les faiblesses d’hier sont aujourd’hui des forces.

Replacé dans le contexte africain, la phrase de l’ex-président américain peut se résumer en un seul mot : OSONS. C’est en tout cas le message que nous essayerons d’adresser aux investisseurs et gérants de capitaux pour les attirer sur le continent. En effet, en compagnie de M. Bernard Yvetot, vice-président de France Télécom, M. Hugo Ferreira, directeur de la Compagnie Benjamin de Rothschild et M. Guy Zounguere-Sokambi, Ambassadeur, “point focal” Afrique centrale à Bruxelles, nous intervenons dans l’atelier : l’Afrique : laboratoire des économies du futur lors du 8è EMA Invest qui aura lieu le 21 et 22 octobre à Genève (voir programme ci-dessous).

Nous devons en effet, déconstruire nos imaginaires pour construire nos rêves. A part dans les contes de fées, il n’y a point de bonheur dans la misère. Le feu Président Houphouët-Boigny avait raison d’affirmer qu’on ne partage pas la pauvreté. D’ailleurs les autres ne sont pas plus riches que l’Afrique, ils sont plus endettés. Si la Chine est aujourd’hui l’une des locomotives de la croissance mondiale, c’est grâce en partie à Deng Xiaoping. Après un séjour en 1979 aux Etats-Unis où il eut l’occasion de visiter le centre de la NASA, le siège de Boeing et celui de Coca-cola, de retour en Chine, il déclare au peuple “Enrichissez-vous”.

Replacé dans le contexte africain, la phrase de l’ex-président américain peut se résumer en un seul mot : OSONS. C’est en tout cas le message que nous essayerons d’adresser aux investisseurs et gérants de capitaux pour les attirer sur le continent. En effet, en compagnie de M. Bernard Yvetot, vice-président de France Télécom, M. Hugo Ferreira, directeur de la Compagnie Benjamin de Rothschild et M. Guy Zounguere-Sokambi, Ambassadeur, “point focal” Afrique centrale à Bruxelles, nous intervenons dans l’atelier : l’Afrique : laboratoire des économies du futur lors du 8è EMA Invest qui aura lieu le 21 et 22 octobre à Genève (voir programme ci-dessous).

Nous devons en effet, déconstruire nos imaginaires pour construire nos rêves. A part dans les contes de fées, il n’y a point de bonheur dans la misère. Le feu Président Houphouët-Boigny avait raison d’affirmer qu’on ne partage pas la pauvreté. D’ailleurs les autres ne sont pas plus riches que l’Afrique, ils sont plus endettés. Si la Chine est aujourd’hui l’une des locomotives de la croissance mondiale, c’est grâce en partie à Deng Xiaoping. Après un séjour en 1979 aux Etats-Unis où il eut l’occasion de visiter le centre de la NASA, le siège de Boeing et celui de Coca-cola, de retour en Chine, il déclare au peuple “Enrichissez-vous”.

En l’absence de financements importants pour subventionner l’agriculture, le salut viendra de l’explosion de la demande grâce notamment à une classe moyenne solvable. Comme le rappelle dans Le Figaro du 10 septembre Luc RIGOUZZO, Directeur Général de Proparco (filiale de l’AFD) “En 2040, sur le milliard et demi d’habitants que comptera l’Afrique Subsaharienne, il y aura 240 millions d’urbains au revenu moyen équivalent à 20 dollars par jour, soit un marché annuel de plus de 1 700 milliards de dollars”.

Il faudra donc produire énormément de biens et services pour répondre à une telle demande. Or c’est la production de masse qui impacte le plus l’environnement, appauvrit la biodiversité et augmente les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. Bilan carbone, plan climat, économie immatérielle, écologie industrielle et territoriale, économie de fonctionnalité, évaluation économique et compensation de la biodiversité, virtualisation et économie circulaire, il faut tout expérimenter pour l’élaboration de différents modèles économiques qui permettront dans quelques années un découplage fondamentale entre la croissance économique et la consommation des matières premières.

Sur le plan macroéconomique, faudra-t-il un capitalisme d’état ou un système hybride qui favorise les investissements gouvernementaux tout en stimulant l’émergence d’un secteur privé fort ? Cette deuxième solution, plus plausible, sera probablement marquée d’un ADN green indispensable à la mise en place des éco-activités. Pour paraphraser Deng Xiaoping “Africains, enrichissons-nous grâce à la création de nombreuses éco-entreprises et start-up innovantes” et contrairement à la Chine, ce développement économique doit être intégré en amont les questions sociales et environnementales.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises est en passe de devenir un outil important de compétitivité aussi bien pour la conquête du marché national qu’international. Entre les matières premières, le gisement d’énergies fossiles, le potentiel d’énergies renouvelables, la disponibilité des terres arables, le bassin du Congo, la diaspora et le capital humain, tous les ingrédients sont réunis pour faire de l’Afrique le laboratoire des économies du futur.

Arrêtons donc de nous considérer comme pauvre et valorisons l’image du continent. Comme le rappelle dans Le Temps, Michel Juvet Directeur de la recherche à la Banque Bordier “Les gouvernements devraient faire des tournées internationales pour aller vanter leur économie. L’image est cruciale. L’Afrique doit vanter ses forces, non ses faiblesses. Les concerts de charité, qui font la promotion de la pauvreté du continent, ne l’aident pas à se développer. Il faudrait des concerts de promotion économique!” Il est important de se positionner sur le créneau de la croissance verte avant que la bulle n’éclate.

Il y a urgence pour la conception et la mise en œuvre de stratégie ambitieuse de green economy. Alors O.S.O.N.S !!!

Les Afriques

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Electricité et délestage au Sénégal : pour que la lumière soit …

La crise du secteur de l’énergie que traverse le Sénégal est à ce point grave qu’elle devrait transcender les divergences d’opinions politiques. Il est du devoir de tout homme politique de proposer des solutions.

Tout a été dit sur la gravité et les causes de cette crise du secteur, devenue structurelle. Nous en subissons chaque jour les conséquences. Nous avons tous entendu des histoires de délestage qui empêchent d’opérer des malades. Nous connaissons tous des foyers obligés de jeter le contenu du congélateur. Nous avons croisé le tailleur dont les jambes soudain se sont mises à pédaler dans le vide, faute d’électricité. Nous avons entendu la plainte des industriels obligés d’arrêter des usines. Nous savons comme il est difficile pour eux de continuer à y croire, à se battre pour gagner des contrats sans être certains de pouvoir les exécuter. Nous n’ignorons rien de l’angoisse de parents dont les enfants le soir doivent se résoudre à réviser les leçons à la maigre lueur des bougies.

Devant cette situation, le Gouvernement a annoncé des projets (centrales nucléaires et autres) qui laissent sceptiques nos concitoyens lassés des promesses sans lendemain.
Les réactions de plus en plus violentes aux coupures d’électricité sont la preuve d’un sentiment d’exaspération grandissant. Si nous n’y prenons garde, ce sont les fondements même de notre nation qui seront ébranlés et l’autorité de l’Etat qui s’en trouvera affaiblie. Il n’est de l’intérêt de personne que nous en arrivions à cette situation. Nous devons au peuple sénégalais des solutions rapides.

J’en propose une. Elle comporte deux volets. Elle règlera très rapidement le problème de la fourniture de courant. Elle pose les bases d’une refonte du secteur. Elle a fait ses preuves dans des pays aussi différents que le Kenya ou le Bengladesh. Elle a permis à l’Afrique du Sud d’organiser sa coupe du monde et de faire face à une demande d’électricité qui a augmenté de manière significative pendant cette période.

Dans l’urgence, je propose les solutions suivantes :

A. Faire appel à des professionnels qui louent des centrales de production d’électricité qui peuvent être installées dans des délais très courts en tout point du territoire national pour être reliées au réseau Senelec.

Pendant la grande sécheresse de 2000 qui a vu la production d’électricité du Kenya baisser de plus des deux tiers, plus de 100 MW de capacités temporaires ont été installées. Les rapports de la Banque Mondiale indiquent que sans ces installations provisoires ce pays aurait perdu en neuf mois 200 Milliards de francs Cfa !! Le coût des coupures intempestives se chiffrent pour notre économie à des centaines de Milliards de francs Cfa par an.

B) Créer à côté de la Commission de Régulation du secteur de l’Electricité, un Comité National de l’Energie dirigé par un expert qualifié issu du secteur privé et comprenant des représentants des consommateurs, de la société civile, des entreprises et de la Senelec. Il sera chargé de lancer les appels d’offres d’attribuer les marchés et d’effectuer les règlements nécessaires dans la transparence. Les financements viendront d’une part d’un prélèvement de 15 à 20 francs CFA par litre de carburant vendu et de contributions des bailleurs de fonds qui voudront certainement nous accompagner dans notre effort. Ces fonds versés dans un compte séquestre ouvert dans une banque de la place serviront à payer les fournisseurs et permettront de lisser la différence entre le prix de l’énergie produite par les centrales d’urgence et le prix facturé aujourd’hui par la Senelec. Il convient en effet de veiller à ce que l’usager ne paie pas son courant plus cher tout en s’assurant qu’il bénéficie d’un service de meilleure qualité. Pour mémoire, nous rappellerons que ce ne sera pas la première fois que des mesures fiscales exceptionnelles seraient prises pour faire face à une crise dans le secteur de l’énergie. Entre 2006 et 2009 le consommateur sénégalais a payé un surcoût de 35 francs CFA par litre de carburant pour alimenter un fonds qui a servi à éponger une dette de 85 milliards de la Sar envers ses fournisseurs et les banques.

Certes on pourrait augmenter simplement le prix de l’électricité. Cela me paraitrait particulièrement injuste envers les ménages les plus modestes qui en proportion de leurs revenus disponibles seraient plus pénalisés

C) Acheter les excédents de fuel disponible dans la sous-région. Notre pays a toujours été à l’avant-garde dans la construction de l’Uemoa. Nous autres leaders politiques sénégalais de quelque bord que nous soyons avons toujours entretenu d’excellentes relations avec nos homologues ivoiriens. De part et d’autre existe, parmi les hommes politiques, une réelle volonté de renforcer la coopération entre les deux pays. Il se trouve précisément que, d’après mes informations, la raffinerie de Cote d’Ivoire est excédentaire en produits pétroliers et exporte son surplus ; il se trouve que la production de la Sar en attendant la réalisation de son programme d’expansion ne suffit pas à satisfaire la demande nationale en diesel. Il se trouve enfin que l’Etat sénégalais et l’Etat ivoirien sont majoritaires dans le capital de chacune des raffineries installées dans son pays. Je suis convaincu, que sous l’impulsion des gouvernements les deux unités industrielles peuvent se mettre autour d’une table, optimiser leurs production, et avoir des accords d’achat et de vente de leur produit pour le plus grand bien des consommateurs. La transparence dans les contrats d’approvisionnement de la Senelec sera ainsi garantie et les coûts baisseront de manière significative.

Sur un plan plus structurel, cette crise est d’une telle ampleur que nous devons explorer toutes les voies qui peuvent s’offrir à nous pour en sortir de manière durable. Je ne reviendrai pas sur l’urgence qu’il y’a à améliorer la gestion de la Senelec, ni sur l’impératif d’une meilleure planification des investissements. Qu’il me suffise simplement d’indiquer que parmi les problèmes de nature structurelle, celui d’encourager la production privée, notamment celle des énergies renouvelables me semble le plus important tout en laissant à l’Etat le monopole du transport. Cela ouvrira la porte du secteur à des investisseurs qui demain essaimeront dans la région. Cela fera entrer la partie production de Senelec dans un cercle vertueux car elle sera en concurrence avec des producteurs indépendants. Nous tenons là les moyens de créer, comme dans le domaine des télécommunications, un champion régional dans le secteur.

Beaucoup a déjà été dit sur la nécessité d’instaurer un climat de confiance avec les bailleurs de fonds, seuls capables de nous accompagner sur des investissements à long terme et qui mobilisent des montants importants. C’est à ce prix que les financements nécessaires seront mis en place pour permettre par exemple l’interconnexion des réseaux en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette interconnexion est indispensable pour que nous puissions recevoir, le cas échéant, l’excédent de production hydroélectrique de la zone OMVS, OMVG. Les 100 MW de Gouina (en cours de discussions), les 60 MW de Félou (en cours de construction), à la suite des 205 MW de Manantali (déjà disponibles), seront un soulagement pour nos populations, en termes de quantité et de prix, l’hydroélectricité étant largement moins chère que l’électricité thermique actuellement produite.

Mais c’est aussi le moment d’être audacieux dans notre approche et d’oser aller vers d’autres voies moins conventionnelles.

1) Le développement de la production privée d’électricité est certainement un des domaines qui pourraient être explorés avec les industriels. En effet un certain nombre d’unités industrielles de taille importante à l’échelle du pays, Suneor, la Sococim, les Ciments du Sahel, la CSS, les ICS, disposent aujourd’hui de capacités de production propres qui leur permettent de s’affranchir du réseau Senelec et de ne pas connaître d’interruptions dans leur activité en cas de délestage. Je propose de mettre en place les incitations fiscales nécessaires pour les amener à augmenter leurs capacités et à vendre le surplus de production à Senelec. Je propose également d’encourager ces producteurs à céder une partie de la production à Senelec notamment dans les zones non desservies et aux heures pour lesquelles ces usines ne sont pas en plein régime. Cela devra se faire naturellement en concertation avec les investisseurs car il s’agira pour eux d’être assurés qu’ils seront payés ou qu’ils pourront déduire de leurs impôts le prix du courant vendu à la société nationale d’électricité. Si la CSS augmentait ses capacités de manière à fournir une partie de l’électricité nécessaire à la région de Saint Louis, si la Sococim en faisait de même pour servir Rufisque, il y’a fort à parier que tout le monde s’y retrouverait. Ce serait par ailleurs une manière de résoudre pour partie le problème des pertes importantes liées au transport et de faire baisser les coûts.

Parmi les unités industrielles dont nous avons parlé plus haut, nous n’avons pas à dessein inclus la Sar. Je m’étais laissé dire il y’a quelques années que notre raffinerie était excédentaire en essence et en naphta et qu’au lieu d’exporter ce dernier produit à des prix bas, il y’aurait quelque sens à le garder chez nous et à l’utiliser pour produire de l’électricité. Cela améliorerait la situation financière de la SAR. Je ne sais pas où en est ce projet. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il m’a été donné de voir tourner il ya quelques années des centrales naphta dans d’autres pays du continent. Là aussi il me semble qu’il y’a une réflexion à mener lorsque l’on sait la qualité des ingénieurs que nous avons dans les deux entreprises.

2) Comme maire de Thiès j’ai mis en place un éclairage des rues en partie solaire. Pape Diop maire de Dakar à l’époque a signé en 2008 une convention de dix millions d’euros avec l’AFD pour développer l’éclairage public au solaire dans Dakar.
Je vois cette source d’énergie comme un puissant moyen à utiliser dans le cadre de programmes d’économies d’énergie. Cela passe par un travail étroit avec les collectivités locales du pays pour ce qui est de l’éclairage public, mais aussi par le lancement de grandes campagnes d’économies d’énergie. Je propose dans ce cadre qu’il y ait davantage d’incitations fiscales pour tous les équipements solaires. Cette mesure fera baisser les prix d’accès à cette énergie et incitera les ménages à envisager plus facilement le remplacement de tout ce qui est éclairage extérieur dans nos maisons par du solaire. Nous avons les compétences techniques dans le pays. Nous pouvons avec l’aide de partenaires étrangers investir massivement dans le secteur. Créer au Sénégal un pôle d’excellence dans le solaire en Afrique subsaharienne est à notre portée. S’y ajoute qu’une telle politique soulagera le réseau Senelec, supprimera une partie des groupes électrogènes dont le ronflement trouble de plus en plus le sommeil de paisibles citoyens dans nos quartiers et libérera de la capacité de production pour les autres usages.

Voila quelques unes des réflexions que m’inspire la situation du secteur de l’énergie.
Les joueurs de la Linguère et de la Ja, ceux du Djaraf, du Casa-sport et de l’Us Rail, et tous les autres, savent se fondre dans l’équipe nationale, pour honorer le drapeau du Sénégal dans les compétitions internationales. Cela devrait inspirer le PS et le PDS, la Ld et l’AFP, AJ et le PIT ainsi que toutes les formations politiques de notre pays. Et les inciter à s’unir quand l’intérêt suprême de la nation le commande : la paix en Casamance et le rayonnement du Sénégal en Afrique et dans le monde, la défense de la démocratie dans notre pays et la solution au problème vital de l’énergie.

L’heure est venue sur ce dernier sujet pour tous les hommes de bonne volonté de notre pays de se mettre ensemble pour trouver les solutions.

Idrissa Seck
Ancien Premier Ministre du Sénégal
Maire de Thiés
Membre du Comité Directeur du PDS

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Contrat État du Sénégal/Global Voice : la grande arnaque

Nous ne devons pas voir de l’injustice et nous taire. Tel doit être le credo de tout patriote sincère. Si l’affaire Global Voice passe, ce sera une grande injustice pour le peuple sénégalais qui sera dépouillé, si les prévisions de chiffres d’affaires se réalisent, de 300 milliards de francs Cfa en cinq ans, au vu et au su de tout le monde. Il faut arrêter le processus avant qu’il ne soit trop tard. Se taire serait synonyme de complicité passive, pour qui sait.

Global Voice est le genre de sociétés étrangères qui n’ont pas de marchés chez elles, mais ne ciblent que des Etats d’Afrique où certaines négociations peuvent, malheureusement, se conclure facilement pour des raisons de nature différente. Le décret pris au Sénégal pour introduire Global Voice n’est d’ailleurs qu’une copie conforme de celui élaboré au Congo, à une virgule près. Comment peut-on confier une mission de contrôle à une société qui n’est pas capable de gagner ce marché de contrôle en Europe ou aux Etats-Unis, une société qui n’est référencée par aucune école de télécommunications, une société qui n’a des marchés qu’en discutant avec des gouvernements d’Afrique sub-saharienne et jamais par appel d’offres ?

Global Voice propose au Sénégal des équipements de contrôle qui coûtent au maximum 2 millions d’euros (1 milliard 300 millions francs Cfa) sur le marché international, somme largement inférieure aux 7 à 10 milliards de francs Cfa annoncés par Global Voice.Ce sont des tarifs standards que tous les spécialistes des télécommunications connaissent et le Sénégal peut les acquérir en moins d’un mois. Ces équipements sont loin d’être rares et loin de procéder d’une technologie exceptionnelle.

Comment peut-on accepter de verser à une société qui n’a même pas développé le système informatique standard, environ 50 % des recettes, soit 5 milliards de francs Cfa par mois, au même titre que l’Etat ? En une année, Global Voice Group encaisserait 60 milliards de francs Cfa et 300 milliards de francs Cfa durant toute la période du contrat de cinq ans. Avec ce montant, il est possible de relier tous les pays d’Afrique occidentale à l’Europe par fibre optique. Ainsi les coûts d’accès à la bande passante d’Internet seront très faibles et les coûts des communications téléphoniques seront très bas, facilitant la réduction de la fracture numérique chère au président sénégalais.

Le décret pris pour introduire Global Voice, une copie conforme de celui élaboré au Congo

Il s’y ajoute que le Sénégal regorge de dignes fils bien formés et capables de construire l’ensemble des applications et de faire fonctionner les équipements. Ainsi, le pays aura des équipements et des technologies qui lui appartiennent et qu’il pourra proposer à d’autres pays amis d’Afrique et d’ailleurs.De nombreux services supplémentaires à valeur ajoutée pourront également être développés et proposés sur le marché mondial. Le Sénégal ferait ainsi honneur à son haut rang de pays dynamique en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication et renforcerait ainsi son potentiel pour devenir, à brève échéance, un pays émergent où la pauvreté aura été vaincue.

Une autre raison pour ne pas confier le contrôle des communications entrantes à Global Voice réside dans ce que cette société possède une filiale qui s’appelle System One qui est opérateur de télécommunications et qui va, indûment, concurrencer les opérateurs locaux. Ce qui ne serait pas un bon arbitrage. L’Artp, en tant que qu’agence chargée de la régulation, ne devrait pas cautionner cette pratique. La mission de contrôle des communications entrantes devrait donc être confiée à une institution publique nationale qui n’aura besoin que d’une assistance technique d’au plus une année pour gagner en autonomie de gestion du système de contrôle. Le pays n’a ni besoin de cinq années de contrat ni des quatorze personnes mises à disposition par Global Voice.

Le système permettra de contrôler les fraudeurs qui changent souvent de méthode et de comportement. Et, il faut être averti pour les confondre. Global Voice dit qu’elle a déjà détecté 10 000 lignes en fraude. Ces propos n’engagent qu’elle. Il ne suffit pas de dire que telle ligne a fraudé et puis c’est tout, avec comme seul souci de convaincre de la pertinence de sa proposition. C’est le comportement du fraudeur qu’il faut savoir. Ce sont des éléments de ce type qu’il faut préciser. Compter des minutes et déceler la fraude sont deux choses différentes.

Sur le côté sécuritaire, les droits ne sont pas les mêmes. Par exemple, les services nationaux de sécurité, instruits par la Justice, peuvent avoir tous les droits de recherche sur le système de contrôle, tandis que l’Artp et le gouvernement ne devraient accéder qu’au nombre de minutes appelées. Un système de sécurité peut être installé de telle sorte qu’à chaque recherche, on puisse connaître la personne qui a recherché une information, à quel moment et pour quel résultat de sa requête. L’autorité hiérarchique doit valider chaque recherche avant qu’elle ne s’effectue.

En définitive, les représentants de l’Etat qui ont choisi Global Voice ne la connaissent peut-être pas assez ou n’ont pas voulu, pour des raisons inconnues, investiguer sur elle. Ce n’est pas pour rien que certains pays ont coupé le lien avec elle dès qu’ils ont découvert le pot aux roses. Le gouvernement sénégalais doit faire de même, sans tarder, et mettre en place un système efficace pour traquer les fraudes, efficient dans son coût d’acquisition, performant dans ses rendements et doté de hautes normes de sécurité et de protection des données individuelles.

Moubarack LO* * Economiste, Président de l’Institut Emergence, Email : moubaracklo@gmail.com

Abdoulaye DIAGNE Expert en système d’information et en intelligence économique, Directeur de Agensys, Email : agensys@gmail.com

L’intertitre est de la rédaction

Source: Walf

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