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Désindustrialisation : près de 900 usines françaises ont été fermées en trois ans

La crise de 2008-2009 a violemment accéléré la désindustrialisation de la France. Près de 900 sites industriels ont fermé leurs portes en trois ans, selon les chiffres de Trendeo pour « Les Echos ». Et le nombre d’emplois supprimés remonte nettement depuis quelques mois.

Dans l’Aude, c’était le projet industriel phare. Georges Frêche, l’ancien président de la région Languedoc-Roussillon, s’était battu pendant des années pour que l’investissement se concrétise. En mars encore, l’affaire semblait en passe d’aboutir. Mais la raffinerie d’huile de palme envisagée à Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, est aujourd’hui dans les limbes. Sime Darby, le producteur malaisien qui devait injecter 200 millions d’euros, a tout gelé pour au moins un an. Il l’a annoncé aux responsables régionaux peu avant Noël. Il faut dire que l’huile de palme est un produit de plus en plus contesté à cause de la déforestation qu’entraîne son essor et certains grands clients de l’agroalimentaire s’en détournent. Sur place, les écologistes étaient montés au créneau. Tant pis pour les 50 à 200 emplois qui auraient pu être créés…

L’histoire de cette raffinerie fantôme offre un saisissant résumé de la situation de l’industrie en France. Elle n’a pas disparu. Il y a toujours des projets, et nombre d’entre eux se concrétisent, heureusement. Mais ils sont de plus en plus rares, incertains. Et ils ne compensent pas, loin de là, les fermetures d’usines et les réductions d’effectifs dans les sites existants. C’est ce que montrent les données collectées par l’observatoire de l’investissement Trendeo pour « Les Echos ».

Le délitement du tissu industriel français a commencé il y a longtemps. « L’industrie manufacturière française a commencé à détruire des emplois dès le premier choc pétrolier de 1973 », rappellent Patrick Artus et Marie-Paule Virard dans « La France sans ses usines » (Fayard, 2011). Mais la crise de 2008-2009 a violemment accéléré le mouvement. Depuis trois ans, quelque 880 annonces portant sur la fermeture d’un site industriel ont été enregistrées par Trendeo, dont environ 400 en 2009, l’« année terrible » et encore près de 200 en 2011. Au-delà de quelques grands chocs très médiatisés, comme chez ArcelorMittal à Gandrange ou chez Molex à Villemur-sur-Tarn, il y a surtout eu une nuée d’affaires bien plus discrètes. A l’image de l’arrêt de l’usine de boîtes de conserve Crown Emballage de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), qui vient d’être annoncé pour 2012 aux 40 salariés concernés.

Pendant ces trois mêmes années, seules 494 créations de sites ont été recensées. Bilan : la France compte environ 385 usines de moins aujourd’hui qu’au début de 2009. La mutation du dispositif industriel ne se lit pas seulement dans les ouvertures et fermetures d’usines. En trois ans, Trendeo a aussi repéré 870 décisions d’extensions de sites industriels tricolores. Mais, là encore, ces bonnes nouvelles ne contrebalancent pas les 1.170 annonces de réduction des effectifs enregistrées dans le même temps.

Saignée dans l’automobile

Au final, entre les postes créés et ceux supprimés, près de 100.000 emplois industriels ont été perdus en France ces trois dernières années, indique Trendeo. Un décrochage qui rappelle la période de 1978 à 1985 et ses cataclysmes industriels comme Creusot-Loire ou Manufrance. « Alors que, dès 2010, l’économie française prise globalement a recommencé à créer des emplois, l’industrie continue d’en supprimer », souligne David Cousquer, le gérant de l’observatoire. Le secteur aéronautique, entraîné par Airbus, l’agroalimentaire et le luxe sont certes restés créateurs nets d’emplois. Mais cela n’a pas suffi du tout à compenser les saignées qui ont frappé l’automobile (près de 30.000 postes rayés de la carte en trois ans), la pharmacie, la high-tech, la chimie ou encore la métallurgie. En cause, notamment : des coûts salariaux trop élevés, des produits milieu de gamme qui peinent à s’exporter et une innovation insuffisante. Malgré des coûts équivalents, l’industrie allemande s’en sort bien mieux.

L’année 2012 s’annonce difficile. La reprise des projets, des embauches, etc., constatée à partir de l’été 2010 s’est interrompue depuis plusieurs mois déjà. Légèrement créatrice d’emplois pendant deux trimestres, l’industrie a recommencé à en détruire depuis cet été et la crise des dettes publiques. Le phénomène s’amplifie actuellement, « du fait à la fois d’une baisse du nombre d’emplois créés et d’une légère reprise des suppressions d’emplois », note Trendeo. Le plan présenté par PSA pour réduire son effectif de plusieurs milliers de personnes en annonce sans doute d’autres.

Les Echos

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Les Etats-Unis demandent à la Chine et au Japon de cesser d’affaiblir leur monnaie

Les Etats-Unis ont indiqué, mardi 27 décembre, qu’ils souhaitaient voir la Chine et le Japon cesser d’agir pour affaiblir leur monnaie. Le département du Trésor a déclaré, dans son rapport semestriel sur les taux de change, que le yuan restait “considérablement sous-évalué” malgré son appréciation des derniers mois, et que les interventions pour faire baisser le cours du yen ne lui paraissaient plus légitimes.

“La tendance de longue date de la Chine à accumuler des réserves en devises étrangères, la persistance de l’excédent de ses comptes courants et l’appréciation inachevée du renminbi (le nom officiel du yuan), compte tenu en particulier de la rapide croissance de la productivité dans le secteur des biens exportés, indiquent que le taux de change réel du renminbi persiste à être désaligné et reste considérablement sous-évalué”, a écrit le Trésor.

Le terme de “désaligné” appartient au vocabulaire du Fonds monétaire international, qui l’emploie pour ce qu’il considère comme une infraction aux obligations de ses Etats membres. En théorie, si un nombre suffisant d’Etats membres du FMI dénoncent une telle infraction, la Chine peut voir son droit de vote suspendu. En pratique, cette éventualité n’est pas imaginable aujourd’hui.

PAS DE SANCTIONS COMMERCIALES

Pékin a décidé, en juin 2010, de laisser évoluer le taux de change entre le yuan et le dollar, après presque deux ans où il était resté immobile. Depuis, la monnaie chinoise s’est appréciée d’environ 8 % face au billet vert, et “de près de 12 %” en tenant compte de l’inflation. Ce rythme est jugé insuffisant par le gouvernement américain.

Mais le Trésor s’est gardé, une fois de plus, de désigner la Chine comme un pays qui “manipule” son taux de change. S’il le fait, le Congrès est autorisé à imposer des sanctions commerciales. La dernière fois qu’un pays a été rangé dans cette catégorie remonte à 1994, lorsque la Chine avait dévalué le yuan de moitié.

CRITIQUES À TOKYO

Les Etats-Unis ont, par ailleurs, adressé des critiques inhabituelles à Tokyo. “Plutôt que de réagir aux inquiétudes nationales sur le ‘yen fort’ en intervenant pour essayer d’influencer le taux de change, le Japon devrait prendre des mesures fondamentales et en profondeur pour accroître le dynamisme de son économie”, a affirmé le département du Trésor.

Le ministère a indiqué qu’il avait soutenu l’intervention coordonnée du G7 sur le marché des changes une semaine après le séisme du 11 mars, mais pas celle unilatérale de fin octobre. “Les interventions unilatérales japonaises ont été menées à des moments où le marché des changes semblait fonctionner de manière ordonnée et où la volatilité du taux de change entre yen et dollar était plus faible que, par exemple, celle du marché euro-dollar”, a-t-il expliqué.

Ce jugement devrait satisfaire le lobby des constructeurs automobiles américains, celui qui se fait le plus entendre pour dénoncer ces interventions.

Le Monde

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Crise de la dette européenne : sombre scénario pour l’économie mondiale Lire l Crise de la dette européenne : sombre scénario pour l’économie mondiale

La zone euro se prépare à la récession, le modèle chinois est remis en question. Avec une croissance attendue de 6 % en 2012, l’Afrique peut profiter de cette situation morose pour se repositionner sur l’échiquier économique.

Les sommets de l’Union européenne (UE) se succèdent, sans parvenir à rassurer les marchés. Ni le renforcement – de 440 milliards à 1?000 milliards d’euros – du Fonds européen de stabilité financière (FESF, destiné à jouer les pompiers auprès des pays en difficulté), ni l’adoption, le 9 décembre à Bruxelles, de règles budgétaires communes aux 17 États de la zone euro ne semblent suffisants.

À peine ce dernier accord était-il annoncé que l’agence américaine de notation Moody’s déplorait « l’absence de mesures décisives pour stabiliser les marchés à court terme », laissant entendre que la France, mais aussi les Pays-Bas ou l’Allemagne ne sont plus à l’abri d’une dégradation de leur fameux « AAA » qui leur permet d’emprunter à des taux bas. Une dégradation qui grèverait encore plus leur marge de manœuvre pour relancer leurs économies.

Europe Croissance gelée

Selon la plupart des analystes, la messe est dite?: « Si l’Europe n’est pas encore en récession fin 2011, tous les baromètres indiquent qu’elle y entrera au premier trimestre 2012 », estime Paul-Harry Aithnard, directeur de la recherche du groupe Ecobank. Pour lui, l’année qui vient marquera « le début d’une décennie de stagnation des économies européennes, à l’image de celle qu’a connue l’Asie du Sud-Est en 1997 ». Or la crise de cette dernière avait divisé par trois les crédits accordés, fait exploser l’inflation et entraîné une récession dramatique (– 13,1 % en Indonésie et – 10,5 % en Thaïlande en 1998).

L’économiste marocain Camille Sari, spécialiste en finance internationale, n’est guère plus optimiste?: « On est entré dans un cercle vicieux?: chaque sommet européen promet plus de rigueur, mais les mesures adoptées ne peuvent pas avoir d’effet à court terme, donc ne rassurent pas les marchés. En revanche, elles risquent d’avoir un effet négatif sur la consommation, déjà en stagnation depuis l’été, et sur les investissements des entreprises. Il ne faudra pas grand-chose pour que la zone euro bascule. » Signe qui ne trompe pas, le chômage a recommencé à monter depuis juin 2011 dans l’union monétaire, alors qu’il était stable (autour de 10 %) depuis juin 2009.

Personne ne croit plus au 1,8 % de croissance annoncé pour la zone euro en 2012 par le Fonds monétaire international (FMI) en octobre. Les chiffres de l’institution de Bretton Woods ont fondu comme neige au soleil?: début décembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne prévoyait plus que 0,2 % de croissance pour les 17 pays de la zone.

Léger refroidissement avec la Chine

Tous les regards sont désormais braqués sur la Chine, qui tire jusqu’à présent l’économie mondiale (9,5 % de croissance en 2011). « Nous prévoyons une réduction de la croissance chinoise à 8 %, mais pas un atterrissage brutal », anticipe Paul-Harry Aithnard. Un chiffre avancé aussi par Richard Fox, analyste à l’agence de notation Fitch?: « L’empire du Milieu saura faire preuve d’une bonne adaptabilité, en alliant comme à son habitude dirigisme et décentralisation, tout en maîtrisant l’inflation. »

Mais les derniers chiffres de la production industrielle chinoise, qui progresse moins vite (+ 12,4 % en novembre, le niveau le plus bas en deux ans), ont refroidi les ardeurs de certains analystes, pour qui le pays a atteint un palier de croissance. La banque britannique HSBC relève « une demande intérieure qui faiblit et une demande extérieure qui ne peut que baisser ».

La Chine, usine du monde, reste très dépendante de ses exportations. La demande intérieure n’a pas encore pris le relais, malgré l’émergence d’une classe moyenne (le salaire mensuel d’un ouvrier est passé de 50 à 270 euros entre 2000 et 2011). Les conteneurs qui sont actuellement expédiés vers l’Europe et les États-Unis (41 % des exportations chinoises) ont été commandés avant la crise?; le pays n’a donc pas encore été affecté par la situation en Europe, mais cela ne saurait tarder. Pour le célèbre Nouriel Roubini, enseignant à l’université de New York qui avait prévu la crise de 2008, la croissance chinoise pourrait n’être que de 5 % en 2013. Et pour les plus pessimistes, comme Albert Edwards, stratégiste chez SG Cross Asset Research (Société générale), elle tomberait même à 3 % dès 2012 : « Nous avons identifié un risque d’atterrissage brutal de la Chine comme l’un des principaux chocs possibles en 2012. »

Le niveau d’endettement élevé – mais masqué – du pays peut alimenter ces craintes. La banque britannique Standard Chartered l’estime non pas à son taux officiel de 20 % du PIB, mais à 68 %, en y intégrant les dettes des agences financières régionales chinoises. Un chiffre qui monte à 85 % si l’on ajoute l’endettement des collectivités locales, des chemins de fer et des banques publiques…

Afrique Gare à la contagion?!

En ces temps troublés pour l’économie mondiale, dont le PIB devrait malgré tout progresser de 3,2 % en 2012, selon l’OCDE, l’Afrique, en dépit de ses 6 % de croissance attendus, ne sera pas épargnée. « Au sud du Sahara, l’UE représente en moyenne 30 % des exportations, et les pays les plus dépendants sont le Cap-Vert (94 %), le Mozambique (61 %) et le Cameroun (55 %) », estime Richard Fox, de Fitch.

Pour les pays du Maghreb et l’Égypte, l’impact sera plus fort. « En 2011, le nombre de touristes européens a baissé de 80 % en Égypte, de 40 % en Tunisie et au Maroc. C’est considérable pour un pays comme le Maroc, dont le secteur touristique représentait 5 milliards d’euros de revenus en 2010 », indique Camille Sari. Autre canal de transmission de la crise au Maghreb?: les transferts d’argent des émigrés, qui, au Maroc, représentent 6 milliards d’euros chaque année. « En Espagne et en Italie, continue Camille Sari, le niveau du chômage et la crise poussent beaucoup de Maghrébins à rentrer au pays?: sur les 800?000 Marocains résidant en Espagne il y a trois ans, pas moins de 284?000 sont revenus dans le royaume. C’est à la fois une perte et un poids pour l’économie. »

Le continent sera également affecté par le biais des banques européennes, dont les prêts représentent 82 % de ceux accordés aux économies africaines, soit 380 milliards d’euros (contre 50 % en Asie et 66 % en Amérique latine). Une source de financement qui pourrait faire défaut à l’avenir, même si les banques chinoises ont accru leur présence. La première d’entre elles, Exim Bank of China, a ainsi prêté 51,6 milliards d’euros entre 2001 et 2011, soit plus que la Banque mondiale (42 milliards d’euros). Mais c’est encore peu par rapport aux montants européens.

Dernier impact de la conjoncture mondiale sur l’Afrique, mais finalement plutôt limité?: celui des variations des prix des matières premières (90 % des exportations africaines vers l’Asie). Pour Paul-Harry Aithnard, le niveau élevé des prix de la plupart des produits miniers, alimentaires et agricoles ne sera pas remis en question?: « Bien sûr, certains cours, comme ceux du cuivre, sont volatils ces derniers mois, en raison d’une spéculation importante. Mais à long terme, nous pensons que les prix des métaux de base resteront stables, portés par la demande du BTP chinois [malgré une crainte de bulle immobilière, NDLR]. Quant aux cours du café et du sucre, ils devraient être orientés à la hausse du fait de la forte demande et de la stabilisation des productions. Le pétrole devrait de son côté rester entre 75 et 110 dollars en 2012 [97 dollars le 14 décembre 2011], compte tenu du déséquilibre durable entre l’offre et une forte consommation tirée par les pays émergents. »

Si la crise de l’euro et l’éventuel ralentissement chinois ne sont donc pas – au premier abord – des bonnes nouvelles pour les Africains, reste que ceux-ci peuvent en profiter pour s’affranchir de l’Europe. « La crise de 1997 a obligé l’Asie du Sud-Est à restructurer son système bancaire, à développer ses échanges régionaux et à diversifier ses partenariats, rappelle Paul-Harry Aithnard. Gageons que cette conjoncture poussera l’Afrique à faire de même. »

Jeune Afrique

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Le Brésil devient la 6e puissance économique mondiale

Le Brésil est devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale, se classant désormais devant le Royaume-Uni, d’après le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research (CEBR), un institut de recherche basé à Londres. Les Etats-Unis conservent la première place, suivis par la Chine (2e), le Japon (3e), l’Allemagne (4e) et la France (5e).

Cette montée en puissance du Brésil observée par le CEBR vient confirmer des projections du Fonds monétaire international (FMI) corroborées par la société d’analyse Economist Intelligence Unit (EIU) et le Business Monitor International (BMI). Le produit intérieur brut (PIB) du géant sud-américain atteindrait, selon leurs calculs, repris par le quotidien Folha de S. Paulo, 2 440 milliards de dollars, contre 2 410 milliards de dollars pour l’économie britannique.

Le Brésil avait déjà gagné l’année passée une place au classement des économies mondiales en dépassant l’Italie, aujourd’hui huitième. Son économie a connu une croissance de 7,5 % en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions  à 3,5 % pour cette année après un fort ralentissement de l’activité, plombée par la crise européenne de la dette et le ralentissement de la croissance mondiale.

Dans une interview à la radio BBC, le directeur du CEBR, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l’Asie dans l’économie mondiale, au détriment des pays occidentaux. Par ailleurs, “des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l’énergie, s’en sortent très bien et montent progressivement”, a-t-il ajouté.

Toujours d’après le CEBR, la France sera dépassée par le Royaume-Uni en 2016. Paris ne pointerait plus qu’à la 9e place en 2020, tandis que la Russie et l’Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs.

Le Monde

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Christine Lagarde : “l’économie mondiale est en danger”

L’économie mondiale est “dans une situation dangereuse”. C’est le constat que dresse Christine Lagarde dans un entretien au Journal du dimanche. Ce n’est pas la première fois que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) s’alarme de la situation économique mondiale. Le mois dernier déjà, elle mettait en garde contre les risques d’instabilité financière.

Christine Lagarde considère que les discussions entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et leurs homologues n’ont pas encore enrayé la crise. Mais elle se garde de citer des noms. “Le sommet du 9 décembre n’était pas assez détaillé sur les aspects financiers et trop compliqué sur les principes fondamentaux”, dit-elle. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens avaient alors prévu un changement des traités de l’Union pour renforcer l’intégration budgétaire et engager chaque pays à respecter les règles.

Il y a eu des progrès considérables en Europe mais ils sont graduels et mal compris. Il faut accélérer la mise en oeuvre des mesures”, insiste Christine Lagarde. Il serait utile, selon elle, que les Européens “parlent d’une seule voix et annoncent un calendrier simple et détaillé”.

Christine Lagarde relève encore que les Etats-Unis, le principal acteur de l’économie mondiale, sont touchés et que les pays émergents, moteurs des années 2000, sont grippés. L’ancienne ministre de l’économie évoque la Chine, le Brésil et la Russie où “les prévisions de croissance sont revues à la baisse”.

Le FMI, qui doit livrer fin janvier ses prévisions économiques mondiales, tablait jusqu’ici sur une croissance de 4%. Mais la directrice générale du FMI a déjà prévenu que ce chiffre serait revu à la baisse.

Le Monde

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Londres donne le coup d’envoi au découpage de ses banques

Les banques de détail dédiées aux particuliers et aux PME devront être séparées des banques d’investissement. Londres milite pour que Bruxelles adopte ces mesures. Des coussins de capitaux supplémentaires sont ajoutés.

Tout n’est pas encore inscrit dans le marbre et Londres a fait quelques concessions au secteur bancaire. Mais un peu plus d’un an après avoir mis en place la commission Vickers, Londres devrait bien adopter la plupart des recommandations de ce groupe de 5 experts. Pour le chancelier de l’Echiquier George Osborne, qui s’exprimait hier à Westminster, il s’agit « des réformes du secteur bancaire britannique les plus importantes de l’histoire moderne ».

L’élément crucial en est l’installation d’une cloison entre les banques de détail dédiées aux particuliers et aux PME, d’une part, et les banques de gros et d’investissement, d’autre part. La banque de détail devra être capitalisée séparément et avoir son propre conseil d’administration. Des limites seront fixées aux financements que celle-ci pourra fournir à la banque d’investissement. Le but est d’éviter que le contribuable ne subventionne indirectement les activités de marché. La garantie implicite des Etats aux activités de banque de détail permet en effet aux groupes bancaires dans leur ensemble de se financer moins cher.

500  % du PIB

Le pays a dépensé une fortune pour maintenir à flot ses banques pendant la crise. Les bilans de ces dernières pèsent encore aujourd’hui 500 % du PIB contre 300 % pour la France et 100 % pour les Etats-Unis, a rappelé George Osborne. Londres estime donc que le coût de la mise en place des recommandations Vickers - entre 3,5 milliards et 8 milliards -en valent la peine. « Londres “wimbledonise” la City en en excluant les acteurs britanniques survivants », estime en revanche Simon Gleeson de Clifford. Pour maintenir la compétitivité de la City, les banques d’investissement étrangères basées à Londres ne sont en effet pas touchées par ces réformes.

Pour compléter le dispositif, le gouvernement prône des coussins de capitaux supplémentaires aboutissant, avec des dettes automatiquement convertibles en capital, à un « core » Tier-1 d’au moins 17 % pour toutes les banques britanniques, soit bien plus que les accords Bâle III. Le déposant devrait en outre primer sur le détenteur de dettes non sécurisées en cas de faillite. Enfin, George Osborne a demandé à Royal Bank of Scotland de se concentrer sur le Royaume-Uni et de réduire encore la taille de sa banque de marché.

Si Londres veut que ces mesures fassent l’objet d’une loi d’ici à 2015, pour une application en 2019, le gouvernement prend son temps. Méfiants, les travaillistes demandent d’ailleurs la surveillance de la mise en place de ces recommandations. Londres appelle à de nouvelles consultations avant la publication d’un rapport au printemps 2012 pour ajuster certains éléments. Et fait quelques concessions. Les dépôts et les prêts aux grandes entreprises peuvent ainsi être logés à l’intérieur de la banque de détail cloisonnée ou à l’extérieur, ce qui laisse de la marge. Par ailleurs, les filiales étrangères de banques basées au Royaume-Uni pourront être exemptées du ratio prudentiel minimum de 17 % si elles prouvent « qu’il n’y a pas de risque pour le contribuable britannique », a dit George Osborne.

Alors que les banques britanniques pâtiront de la perte de la garantie publique implicite face à leurs concurrentes, George Osborne a précisé hier que Bruxelles « regardera ce qu’il peut faire pour réconcilier cette distorsion au niveau européen ». « Le Royaume-Uni s’engagera activement dans ce débat », a-t-il ajouté.

Les Echos

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La zone euro renflouera le FMI à hauteur de 150 milliards d’euros

Lors du sommet des 8 et 9 décembre, les dirigeants européens s’étaient donné dix jours pour décider de renforcer le pouvoir du Fonds monétaire international, et lui permettre ainsi de peser davantage dans la crise de la dette qui secoue le vieux continent.

Au dernier jour de ce compte à rebours, lundi 19 décembre, les ministres des finances de la zone euro se sont mis d’accord pour renflouer l’institution de Washington à hauteur de 150 milliards d’euros. Une somme qui devrait permettre au FMI d’aider indirectement les pays en difficulté de l’union monétaire, devenant ainsi un nouveau pare-feu financier contre la crise.

  • L’Europe espère un large soutien

Concrètement, il s’agissait pour les ministres des finances européens de fixer la répartition de contributions sous forme de prêts bilatéraux, afin qu’à son tour le FMI vienne en aide aux pays en difficulté de la zone euro. A cette occasion, les dix-sept pays de la zone euro ont confirmé vouloir “fournir 150 milliards d’euros supplémentaires” au Fonds monétaire international, a indiqué le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, dans un communiqué.

Mais pour atteindre son objectif de 200 milliards d’euros, la zone euro espère aussi un soutien extérieur. “Les autres pays de l’Union européenne vont se positionner”, mais ils l’ont déjà fait “implicitement”, selon une source gouvernementale, qui affirme que “les 200 milliards” devraient être atteints. Lundi, après trois heures et demie de négociations entre ministres des finances, quatre pays hors zone euro – la République tchèque, le Danemark,  la Pologne et la Suède – ont déjà accepté de participer au renflouement du FMI pour aider la zone euro.

Mais l’Union européenne ne compte pas s’arrêter là. Dans un communiqué, le président de l’eurogroupe en a ainsi appelé au reste du monde. “L’Union européenne apprécierait que les membres du G20 [le forum des pays riches et émergents] ainsi que d’autres pays membres du FMI financièrement solides soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI”, a ainsi écrit Jean-Claude Juncker.

  • La Grande-Bretagne fait cavalier seul

Le gouvernement britannique a pour sa part confirmé, lundi, son refus d’apporter au FMI une contribution financière destinée à la seule zone euro. Le ministre des finances, George Osborne, a décliné les demandes de ses homologues européens, qui demandaient à la Grande-Bretagne de participer à hauteur de 30 milliards d’euros au renflouement du FMI. “Le Royaume-Uni a indiqué qu’il définirait sa contribution au début de l’année prochaine dans le cadre du G20″, précise le communiqué final des membres de l’eurogroupe.

Après avoir décidé de rester à l’écart de la réforme des institutions européennes, Londres marque ainsi une nouvelle fois son indépendance vis-à-vis de l’Union européenne. Le gouvernement britannique s’est pourtant fait remarquer lundi après avoir lancé un vaste projet de réforme de son secteur bancaire, qui pourrait inspirer les autres pays de la zone euro.

  • La BCE refuse de nouveau de prêter aux pays en difficulté

Alors que les négociations allaient bon train dans l’UE, la Banque centrale européenne a une nouvelle fois fait preuve d’intransigeance lundi 19 décembre. Son président, Mario Draghi, a ainsi souligné une nouvelle fois que l’institution monétaire de Francfort n’avait pas vocation à financer les Etats de la zone euro en créant de la monnaie. Une déclaration directement destiné aux pays – France en tête – qui considèrent qu’une action de la BCE sur les marchés serait la seule solution efficace pour enrayer la crise de la dette.

Depuis plusieurs mois, la pression se fait forte sur l’institution monétaire européenne pour augmenter ses achats et se transformer en prêteur de dernier ressort des pays de la zone euro mis en difficulté par les marchés.

  • Fitch place la note de la banque européenne d’investissement sous surveillance

L’agence d’évaluation financière américaine Fitch a mis sous surveillance lundi soir la note “AAA” qu’elle attribue à la dette à long terme de la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette institution financière internationale, soutenue par les 27 membres de l’Union européenne, participe principalement à des projets menés dans les pays de l’UE, mais également dans 150 autres pays du monde.

D’après Fitch, l’institution ne mériterait plus son “AAA” si la note de l’Espagne (9,7 % du capital), actuellement de “AA-”, était abaissée. La BEI a annoncé jeudi qu’elle prévoyait d’emprunter sur les marchés 60 milliards d’euros en 2012, contre 75 milliards en 2011.

Le Monde

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DSK, pessimiste sur l’eurozone, fait à Pékin son retour à la vie publique

L’ex-chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn a effectué, lundi 19 décembre à Pékin, son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un “radeau sur le point de sombrer”, en refusant de commenter ses propres déboires. Après plus de sept mois de turbulences personnelles, DSK a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie, fort de son expérience à la tête du FMI.

Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d’esprit ou sur son choix de la Chine pour revenir sur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse :“aucun commentaire.”

Sur un ton docte d’expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points. “Nous voyons les pays européens passer d’un plan (de sauvetage) à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance”, a déclaré M. Strauss-Kahn.

UN EURO “TRÈS TRÈS VULNÉRABLE”

Invité par le groupe NetEase, l’un des géants de l’Internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de quarante-cinq minutes, dans lequel il a été très critique envers les mesures de sauvetage prises à Bruxelles. Il s’est montré, par ailleurs, plutôt tendre avec ses hôtes chinois. Il a ensuite répondu à des interrogations d’internautes transmises par le biais d’un animateur du forum.

“Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant, a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone. Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable, et le radeau semble sur le point de sombrer. (…) Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer”, a-t-il affirmé.

Il a estimé, en revanche, que le gouvernement chinois avait “particulièrement bien tiré son épingle du jeu” lors de la crise de 2008-2009.

Le Monde

DSK, pessimiste sur l’eurozone, fait à Pékin son retour à la vie publique

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2012 sera l’année de tous les dangers

Au moment où nous regardons spontanément vers l’avenir, la perspective de 2012 se présente comme une année dont le potentiel explosif est d’une rare violence. Quelle que soit la direction de nos regards, nous ne pouvons nous voiler la face.

En Europe, la perspective de devoir refinancer 1.200 milliards d’euros est sombre : des pans entiers d’investisseurs (notamment les banques européennes) ne souscriront pas à de nouvelles émissions souveraines de l’Eurozone., malgré l’abandon d’une demande de contribution du secteur privé. L’Europe a perdu la confiance des investisseurs.

La croissance ne sera pas au rendez-vous pour diminuer le poids de la dette.

L’Europe est entrée en récession. Meme si certains pays ont encore un léger surplus, celui-ci est compensé par les perspectives de récession profonde d’une partie des pays confrontes avec un programme d’austérité incontournable.

De l’autre coté de l’Atlantique, la paralysie du Congres américain et l’échéance électorale rendent toute action difficile. Il y a toute fois une différence importante : le coût de l’endettement public des Etats-Unis est de moins de la moitié de celui de l’Europe. L’effet boule-de-neige qui entraine l’Europe dans un précipice, ne s’applique pas aux Etats-Unis, qui continent a être perçus comme le placement de dernier recours.

L’Asie commence à sentir les effets d’un ralentissement de l’économie. Certes, la diminution de la demande européenne et américaine impacte la production et l’exportation de l’Inde et de la Chine, mais l’Asie épargne dans des proportions importantes (environ 30% du revenu des ménages). L’Inde, dont le gouvernement est paralysé, est aux proies avec une roupie en chute libre, une inflation croissante, et une balance des paiements dont le surplus va faire place à un déficit. La Chine, mieux gérée par son gouvernement, est moins explosive, mais sa croissance est également en baisse.

Je pourrais continuer avec le Moyen Orient, l’Amérique latine et l’Afrique. Le fait est qu’il n’y a pas beaucoup de foyers de croissance permettant de soutenir l’activité économique a travers le monde. La combinaison de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale ne devrait produire qu’une croissance zéro.

Aujourd’hui, c’est l’Europe qui inquiète le monde, non parce qu’elle connaît une crise de l’endettement, mais à cause de l’inaction pathétique de ses dirigeants politiques. Ils sont de plus en plus déconnectés d’une réalité explosive. Ne pas avoir organise un rééchelonnement de la dette italienne avec ses 440 milliards d’chances en 2012 est irresponsable. Si le sommet du 12 décembre est «celui de la dernière chance, l’Europe l’a définitivement laisse passer. Lors de mes déplacements a travers le monde, c’est l’inquiétude principale qui domine.

La fragilité du système bancaire européen ajoute à ces inquiétudes. Je ne vois pas comment l’un ou l’autre pays de l’Eurozone pourra échapper à un sauvetage d’urgence d’une de ses institutions présentant un risque systémique pour l’économie. L’absurde exigence de l’Autorité Bancaire Européenne d’un niveau de fonds propres de 9% au milieu de 2012 va aggraver cette pression, diminuer l’appétit des banques à prêter à l’économie et donner le spectacle de cessions dans des conditions défavorables. Le tout va affaiblir les fonds propres des banques. Une crise du crédit pourrait s’ensuivre.

Dans ce contexte, les marchés des capitaux a travers le monde sont devenus incapables de fournir les fonds propres a travers des émissions d’actions, et l’émission de dette atteint des couts prohibitifs. Les investisseurs préfèrent les bons du Trésor ou les dépôts bancaires  à court terme.

Avec en toile de fond des banques centrales américaine et européenne à la limite des risques qu’elles peuvent assumer et des Etats surendettés, il n’y aura de ressources que si tout est fait pour rétablir la confiance et le pouvoir d’achat. Le consommateur est maltraite et a appris, depuis quelques années, que meme les placements les plus surs pouvaient être dangereux.

L’argent est là, mais il n’est plus réinjecte dans l’économie à cause phénomène de peur qui angoisse tous les investisseurs. Gérer l’anxiété est devenu la priorité si nous voulons que la tornade de 2012 ne se transforme en tsunami par la panique. Le drame, c’est que la cause en est essentiellement politique, et les politiciens n’ont plus de crédibilité. Leurs discours continuent à pratiquer la langue de bois et le déni. Seules des actions concrètes associeés  à la candeur et l’honnêteté pourraient réparer cette crise de confiance. Les entreprises sont-elles  en mesure d’éviter l’implosion.

C’est mon vœu le plus cher pour l’économie et la finance en 2012.

Le Monde

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Bourses : la Fed ajoute au pessimisme

Les commentaires assez pessimistes de la Réserve fédérale américaine ont refroidi les ardeurs des investisseurs qui vont suivre, avec attention, aujourd’hui, le discours d’Angela Merkel devant le Parlement allemand.

Déprimées par les commentaires assez pessimistes de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), les inquiétudes sur l’Europe et la pression des agences de notation, les Bourses européennes ont ouvert en baisse, ce mercredi matin. Le Dax à Francfort cédait 0,61 % dans les premiers échanges, le Footsie-100 à Londres perdait 0,95 % tandis que le CAC 40 à Paris ouvrait en baisse de 0,69 % à 3.057, 43 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,35% et, à Wall Street, le Dow Jones a lâché 0,55% et le Nasdaq 1,26%. La Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi en légère baisse de 0,39%, un nouveau repli de l’euro face au yen pesant sur les groupes exportateurs.

L’euro était en légère hausse mercredi matin mais restait sous le seuil de 1,31 dollar, son plus bas niveau depuis janvier, les investisseurs continuant à acheter le billet vert dans un marché convaincu d’un abaissement imminent des notes de crédits des pays de la zone euro. Vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), l’euro valait 1,3037 dollar contre 1,3033 dollar mardi vers 22H00 GMT. L’euro avait franchi mardi soir à la baisse le seuil des 1,31 dollar, son niveau le plus faible depuis début janvier.

L’euro a plongé lorsque des députés allemands ont indiqué que la chancelière Angela Merkel s’était de nouveau prononcée contre une hausse de la capacité de prêt du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit succéder l’an prochain au Fonds européen de stabilité (FESF). C’est ce refus de Mme Merkel de donner davantage de moyens au MES qui continuait mercredi à peser sur l’euro, a indiqué la National Australia Bank à Dow Jones Newswires. «Cette position combinée à la crainte d’une dégradation imminente des notes de la zone euro et aux baisses des marchés boursiers a placé la monnaie européenne à son plus bas depuis 11 mois», a ajouté la banque.

La Fed a maintenu son taux directeur quasi nul et se tient prête à agir davantage pour hâter la reprise de l’économie américaine, qu’elle juge toujours trop lente. Malgré ces inquiétudes, il n’y a « aucun changement dans l’actuelle politique » de la banque centrale, déplorent les analystes de BNP Paribas également préoccupés par le « ralentissement des dépenses d’investissement des entreprises » mentionné par l’institut monétaire.

Pour Gregori Volokhine de Meeschaert, les investisseurs commencent aussi à réaliser « que ce qui a été promis vendredi (à l’issue du sommet européen de Bruxelles, ndlr) était non seulement insuffisant, mais ne résolvait aucun problème ». Les craintes restent vives d’autant que la chancelière allemande Angela Merkel, qui va s’exprimer devant le Parlement ce mercredi, s’est de nouveau prononcée contre une hausse de la capacité de prêt du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit succéder l’an prochain au Fonds européen de stabilité (FESF).

Le MES sera doté d’une capacité d’emprunt de 500 milliards d’euros, un montant insuffisant pour venir en aide à l’Espagne et l’Italie si ces pays ne parviennent plus à emprunter à des taux soutenables sur les marchés, selon les experts. Les investisseurs attendent aussi avec appréhension une probable action des agences de notation, suspendus à l’annonce de Standard & Poor’s qui a menacé de dégrader très prochainement la note de 15 pays de la zone euro, dont l’Allemagne et la France.

Peu de statistiques macroéconomiques rythmeront la séance. En zone euro, les chiffres de la production industrielle en octobre sont attendus dans la matinée et, outre-Atlantique, les investisseurs regarderont les prix à l’importation pour novembre.

Les Echos

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Le FMI exclut un nouveau prêt à la Grèce

Le Fonds monétaire international (FMI) a exclu, mardi 13 décembre, la possibilité d’augmenter son soutien financier à la Grèce par le biais d’un nouveau prêt, éventualité largement envisagée en Europe. “La mission n’est pas ici pour discuter d’un nouveau programme”, a affirmé lors d’une conférence téléphonique le chef de mission du FMI en Grèce, Poul Thomsen.

M. Thomsen s’exprimait depuis Athènes, où il a entamé lundi des pourparlers avec le gouvernement grec et les deux autres membres de la “troïka” des créanciers publics du pays (Banque centrale et Commission européennes) sur la politique économique du nouveau gouvernement, entré en fonctions en novembre.

PLAN DE FINANCEMENT DE 89 MILLIARDS D’EUROS

Le ministre des finances, Evangelos Venizélos, a indiqué lundi que ces négociations devaient déboucher sur un nouveau plan de financement de la Grèce “d’un montant de 89 milliards d’euros d’ici à fin janvier”. M. Thomsen a insisté pour dire que, pour le moment, aucune participation du FMI à ce plan n’était négociée, et que le fonds continuait à travailler dans le cadre celui de 30 milliards d’euros accordé en mai 2010. “Nous avons un programme en place, et nous prévoyons toujours de continuer à soutenir la Grèce. Il n’y a pas de demande de nouveau programme”, a-t-il déclaré.

M. Thomsen a rappelé que le pays pouvait compter sur ses partenaires européens. “Les dirigeants européens ont dit, lors de leur précédent sommet en juillet, qu’ils continueraient à soutenir la Grèce aussi longtemps qu’il le faudrait pour qu’elle retrouve un accès au marché, à supposer bien sûr que le programme reste sur les bons rails”, a-t-il rappelé.

“Je pense que […] cet engagement à apporter un soutien du secteur officiel au taux de financement triple A du FESF [le fonds de secours de la zone euro], avec cette participation globale du secteur privé, est une amélioration essentielle des perspectives de viabilité de la dette”, a-t-il souligné. Les créanciers privés de la Grèce, représentés par l’Institut de la finance internationale, ont offert en octobre d’effacer la moitié de la dette du pays qu’ils détiennent. Les détails de l’offre sont en cours de négociation.

Le Monde

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L’Institut Montaigne dresse le scénario catastrophe de la sortie de l’euro

Une sortie volontaire de la France de la zone euro détruirait jusqu’à un cinquième de la richesse nationale sur dix ans et détruirait un million d’emplois, selon une projection de l’Institut Montaigne paruedans Les Echos, mardi 13 décembre. En pleine crise de la zone euro, l’idée d’un retour au franc est envisagé par la candidate du Front national à l’élection présidentielle, Marine Le Pen.

Selon les scénarios, du plus optimiste au plus pessimiste, envisagés par l’institut, une telle mesure détruirait entre 6 % et 19 % de produit intérieur brut en dix ans. “Plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers d’emplois seraient supprimés dès la première année. A long terme, il faudrait même s’attendre à la destruction de plus d’un million d’emplois”, écrit le journal économique.

Les exportations seraient plus dynamiques mais les ménages, qui consomment beaucoup de produits importés, perdraient du pouvoir d’achat, jouets et voitures étrangères deviendraient 20 % plus chers, selon l’Institut Montaigne. La dette serait creusée par la dévaluation de la monnaie au point que “la France se trouverait rapidement dans la situation de l’Italie aujourd’hui (118 % de dette)”, ajoute l’institut.

Le Monde

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Bourses : Moody’s jette un froid

Paris, Francfort et Londres baissent dans les premiers échanges. L’agence de notation a estimé ce matin que le sommet européen de vendredi n’avait pas produit à son sens de résultat décisif et avait laissé la zone euro exposée à de nouveaux chocs.

Les Bourses de Paris, Francfort et Londres ont ouvert la séance en baisse de respectivement 0,67 %, 0,69 % et 0,38 %. Une heure avant l’ouverture, elles étaient pourtant attendues en progression après l’accord européen de vendredi ébauchant une vaste refondation de la zone euro. Mais l’agence Moody’s est venu doucher cet optimisme en annonçant lundi matin qu’elle réexaminerait les notes des pays de l’Union européenne au premier trimestre 2012, le sommet de la semaine passée n’ayant pas produit à son sens de résultat décisif et laissant la zone euro exposée à de nouveaux chocs. De son côté, Standard and Poor’s prendra la décision d’abaisser ou non la note de 15 membres de la zone euro dans les « prochains jours » après avoir analysé la portée du pacte budgétaire de Bruxelles, a déclaré vendredi sa présidente pour la France, Carole Sirou.

«L’appétit pour le risque s’est amélioré vendredi, ce qui s’est traduit par des hausses sur les marchés financiers et une légère détente des taux obligataires en Espagne et en Italie», ont relevé les analystes de National Australia Bank dans une note à leurs clients. «Mais le sommet européen n’a pas donné de solution miracle et les investisseurs attendront cette semaine des précisions sur les mesures annoncées, notamment sur leur entrée en vigueur et sur leur efficacité à mettre un terme à la crise de la dette», ont-ils noté.

Dans ce contexte prudent, les émissions obligataires en Espagne et en Italie cette semaine constitueront un bon révélateur de l’état d’esprit des investisseurs, ont ajouté les analystes. Et de souligner que l’étendue de l’aide promise par le Fonds monétaire international (FMI) sera également scrutée. Les pays européens envisagent de renflouer le FMI à hauteur de 200 milliards d’euros sous forme de prêts pour qu’il aide en retour les Etats en difficulté de la zone euro, une décision qui devrait être confirmée d’ici dix jours.

Sur le marché des changes, l’euro cède du terrain face au dollar, à 1,3357 dollars vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), contre 1,3384 dollar vendredi soir où il avait été soutenu par l’accord des dirigeants de l’Union Européenne.

La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,37%, portée notamment par des rachats de positions à découvert.

Les Echos

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Le veto de David Cameron à Bruxelles sème le trouble au Royaume-Uni

Le premier ministre britannique, David Cameron, devrait être accueilli en héros lundi 12 décembre par les parlementaires conservateurs à la Chambre des communes, mais devra s’expliquer auprès des libéraux-démocrates mécontents du veto au traité européen élaboré la semaine passée à Bruxelles. Le chef du gouvernement doit s’adresser aux élus de son pays à 16 h 30 pour leur faire un compte rendu du sommet au cours duquel il a résisté aux pressions de la France et de l’Allemagne.

“Sur le fond, il va répéter ce qu’il a déjà dit au cours des deux derniers jours et expliquer pourquoi il a fait ce qu’il a fait et pourquoi il estime que c’était la chose à faire”, a déclaré un porte-parole du 10 Downing Street. “La Grande-Bretagne n’est pas membre de la zone euro. Ce dont ils ont débattu était de savoir comment faire pour s’assurer que l’euro fonctionne, a ajouté ce porte-parole. Pour ce qui est des autres questions politiques, comme la défense, la Grande-Bretagne reste tout à fait au centre des choses.” La décision de Cameron de ne pas s’engager dans le nouveau traité européen visant à renforcer les règles budgétaires s’appliquant aux Etats membres a isolé les Britanniques au sein des Vingt-Sept.

Elle a également provoqué une tension dans les relations avec les libéraux-démocrates pro-européens de Nick Clegg au sein de la coalition gouvernementale issue des élections législatives de mai 2010. Clegg a reconnu être “amèrement déçu” par le résultat du sommet de Bruxelles et a jugé que le refus de Cameron constituait une “mauvaise chose pour la Grande-Bretagne”. Malgré son mécontentement, le chef de file des libéraux-démocrates a tempéré son propos en reconnaissant qu’une fracture au sein de la coalition serait un “désastre économique” à un moment où le pays flirte avec la récession.

e premier ministre d’Ecosse Alex Salmond a accusé lundi, dans une lettre, David Cameron de ruiner les intérêts écossais en s’étant s’opposé à un changement de traité à Bruxelles. M. Salmond, dont le Parti national écossais, avait remporté la majorité absolue au Parlement écossais, en mai 2011, reproche à David Cameron d’avoir bloqué le traité vendredi sans en avoir consulté Edimbourg.  Il accuse Cameron d’“avoir commis une bourde en changeant les relations du Royaume-Uni avec l’Union européenne, sans en avoir référé à ses collègues libéraux-démocrates, sans parler des gouvernements locaux d’Edimbourg, de Cardiff [pour le pays de Galles] et de Belfast [pour l'Ulster]“.

L’Ecosse, qui est rattachée depuis trois siècles au Royaume-Uni, dispose de son Parlement et de son gouvernement depuis 1999 dans le cadre des accords historiques dit de “dévolution”. Alex Salmond accuse le premier ministre britannique de “diriger maintenant une administration divisée, ayant d’une crédibilité zéro dans les négociations avec l’UE et où les intérêts de l’Ecosse en sont profondément affectés”.

Le Monde

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La Chine connaît la plus faible hausse de sa production industrielle en deux ans

La hausse de la production industrielle en Chine a connu en novembre sa plus faible progression depuis août 2009, avec 12,4 % de hausse, tandis que les ventes de détail ont continué à croître de manière soutenue, a rapporté vendredi le gouvernement. Sur un mois, le ralentissement de la production industrielle s’élève à 0,8 point de pourcentage.

La hausse des investissements en capital fixe s’est également ralentie, atteignant 24,5 % sur les 11 premiers mois de l’année, contre 24,9 % sur les dix premiers, a ajouté le Bureau national des statistiques (BNS). L’annonce de ce ralentissement de la production industrielle fait suite à la publication au début du mois de l’indice de la production manufacturière, qui a reculé en novembre d’un mois sur l’autre pour la première fois depuis 33 mois.

Les ventes de détail, jauge de la consommation des ménages, ont augmenté de 17,3 % en rythme annuel le mois dernier, contre 17,2 % en octobre, alors que ce secteur de l’économie est encore peu développé en Chine, où l’investissement occupe une place démesurée.

La croissance de l’économie chinoise donne des signes importants de ralentissement cet automne tandis que Pékin a marqué des points dans la lutte contre l’inflation, la hausse des prix étant retombée à 4,2 % sur un an en novembre.

Cette conjoncture, due en partie à la crise en Europe et aux Etats-Unis qui pèse sur les exportations, a amené le gouvernement à commencer à desserrer sa politique monétaire. Les réserves obligatoires des banques ont ainsi été abaissées fin novembre, leur permettant de prêter davantage aux entreprises pour soutenir l’acitivité économique.

Le Monde

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Pour Pécresse, l’accord européen a “très fortement renforcé l’euro”

La ministre du budget et porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a émis l’espoir, vendredi 9 décembre, que l’accord trouvé au sommet européen de Bruxelles sera bien accueilli par les agences de notation. “On a vraiment très fortement renforcé la crédibilité de l’euro parce qu’il y a une solidarité de la zone euro qui s’exercera, parce que la BCE sera un outil très puissant de cette solidarité, parce que nous avons affirmé la volonté de tous les Etats d’aller vers la discipline budgétaire, vers la règle d’or, vers le redressement des finances publiques”, a déclaré Valérie Pécresse sur iTélé.

Il va y avoir un gouvernement économique qui va parler de croissance. Tous ces éléments mis bout à bout, ça fait vraiment une zone euro solide et crédible”, a-t-elle estimé. “Les faits parlent d’eux-mêmes. J’espère que c’est ainsi que les percevront tous les observateurs de la zone euro”, a ajouté la ministre du budget, en réponse à une question sur la menace de Standard & Poor’s de dégrader les pays de la zone euro.

“VERS LA SORTIE DE CRISE”, SELON M. ACCOYER

Les 17 membres de la zone euro ont scellé dans la nuit de jeudi à vendredi un accord en vue d’un nouveau traité intergouvernemental qui mettra en œuvre un pacte budgétaire renforcé. Le Royaume-Uni a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne signerait pas le futur traité de refondation. “Il valait mieux un accord à 17 vite que chercher un accord à 27 qui serait introuvable”, a jugé Valérie Pécresse.

Le président UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a vu dans l’accord “une page très importante sur la voie de la sortie de cette crise de la zone euro”. “C’est tout un travail qui aurait dû être intégré et respecté depuis le traité de Maastricht [en 1992]. Il y a des règles qui n’ont pas été respectées et que nous sommes désormais en mesure de respecter”, a ajouté M. Accoyer. “Il revient maintenant au Parlement de voter des décisions budgétaires qui soient conformes à ce que nous avons décidé il y a dix-neuf ans, lorsque nous avons accepté l’euro”, a noté M. Accoyer.

“UN ACCORD DE REPLÂTRAGE”, POUR M. MORIN

Hervé Morin, candidat du Nouveau Centre à l’élection présidentielle, a estimé vendredi qu’il ne s’agissait que d’un “accord de court terme, de replâtrage”. “Nous avons besoin de refondre en profondeur le système”, a affirmé l’ancien ministre, invité des “4 Vérités”. Selon lui, la Banque centrale européenne doit ainsi “être en situation d’acheter de la dette des Etats”.

Il a également prôné la mise en place d’une Europe fédérale, avec une “harmonisation fiscale” et des institutions européennes démocratiquement élues, pour éviter “le marchandage permanent entre Etats”. Pour réduire le volume des déficits, M. Morin milite pour une taxation des transactions financières.

François Pérol, président du groupe bancaire BPCE, a vu dans l’accord “un traité de solidarité européenne et de discipline budgétaire”. Mais la crédibilité de l’euro “ne sera renforcée que si l’accord est appliqué”, a-t-il prévenu sur Europe 1.

Le Monde

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