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Lagarde réduit son estimation des besoins financiers du FMI

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé, jeudi 12 avril, que l’augmentation des ressources nécessaires pour son institution était aujourd’hui inférieure à l’estimation faite en janvier, de 500 milliards de dollars.

“C’est uniquement parce que des mesures ont été prises par les institutions européennes”, a-t-elle précisé, en référence à la décision prise le 30 mars par les ministres des finances de la zone euro d’augmenter la taille de leur dispositif commun de lutte contre la crise (Fonds de stabilité financière européenne et Mécanisme européen de stabilité). Trois mois auparavant, le FMI avait indiqué que face à la crise dans la zone euro et à ses répercussions, il devait augmenter ses ressources prêtables de 500 milliards de dollars.

PAS DE CONTRIBUTION DES ÉTATS-UNIS

Depuis, le Fonds n’a pas reçu de ses Etats membres d’autre engagement ferme que celui de la zone euro, qui a promis 150 milliards d’euros (198 milliards de dollars) en décembre. Les Etats-Unis continuent de dire qu’ils ne contribueront pas, et les pays émergents y réfléchissent encore.

Le sujet doit être discuté lors d’une réunion des ministres des finances et banquiers centraux du G20 à Washington, prévue pour le 20 avril, puis lors de l’assemblée semestrielle du FMI qui suivra. Mme Lagarde a dit qu’elle était convaincue qu’il y aurait des progrès à Washington. “J’ai bon espoir que, durant les assemblées de printemps qui arrivent, nous verrons une évolution, nous ferons des progrès, et nous nous saisirons de l’occasion”, a-t-elle expliqué.

Le Monde

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Cinq risques susceptibles de déclencher une nouvelle crise en Europe

La sortie de crise de la zone euro est semée d’embûches. Les élections en France et en Grèce, la récession en Espagne et en Italie seront autant de sujets d’inquiétude pour les marchés.

La chute des Bourses européennes et le regain de tension sur les marchés obligataires ces derniers jours sont venus rafraîchir la mémoire de ceux qui en doutaient : la crise de la zone euro n’est pas terminée ; elle est même prête à enflammer à nouveau les salles de marchés et les estrades politiques. Une remise de dette de 100 milliards d’euros au profit de la Grèce et une injection de liquidités de près de 1.000 milliards d’euros de la Banque centrale européenne (BCE) n’ont pas suffi à apaiser l’inquiétude des investisseurs à l’égard de la zone euro, en dépit de ses nouvelles règles de discipline budgétaire. Aujourd’hui, il semble même que ce soit le zèle que mettent les pays européens à s’imposer des cures d’austérité sans précédent qui fait peur aux investisseurs. Autant dire qu’entre craintes d’une trop forte récession et doutes sur la détermination de certains pays à tenir leurs engagements, les raisons de voir la crise repartir de plus belle dans les prochains mois ne manquent pas.

1 Les élections en France

C’est le rendez-vous politique européen le plus attendu des prochaines semaines. Les deux principaux candidats ont beau chacun répéter qu’ils respecteront l’objectif de réduction du déficit public à 3 % en 2013, le doute persiste. D’autant que le candidat socialiste, François Hollande, a annoncé son intention de « renégocier » le traité européen de discipline budgétaire et fait planer le doute sur sa volonté d’intégrer une « règle d’or » d’équilibre budgétaire dans la Constitution. « Si François Hollande annonce de façon unilatérale qu’il a besoin de plus de temps pour atteindre l’objectif de 3 %, il risque d’être très mal reçu par les marchés », estime Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis. Eric Chaney, chef économiste chez AXA, pense que « c’est sur le budget 2013 que les investisseurs vont attendre la France », au plus tard à la fin du mois de septembre. « Si la France s’engage sur une voie qui diverge de celle de l’Allemagne, alors tous les “spreads” risquent de s’envoler. »

2 Les élections en Grèce

Plusieurs fois repoussées, les élections législatives du 6 mai font craindre un nouveau retournement dans la crise grecque, même si les deux principaux partis, le Pasok socialiste et la Nouvelle Démocratie, de centre droit, ont promis à leurs partenaires européens qu’ils respecteraient tous les engagements pris par le gouvernement Papadémos. Mais il est probable que l’on n’échappera pas à une « poussée de fièvre »des marchés financiers au lendemain de l’élection, surtout si le scénario d’un émiettement du paysage politique grec se confirme et si les partis anti-européens (L’Aube dorée et le Laos, à l’extrême droite ; le PC et Syriza à l’extrême gauche) décrochent une forte représentation au Parlement. La réduction de 105 milliards d’euros de la dette publique grecque n’est pas entièrement achevée, ce qui ajoute à l’inquiétude, le pays n’étant pas à l’abri d’une crise politique et -ou sociale.

3 Le flou espagnol

L’Espagne est redevenue le point de fixation des marchés. D’un côté, le gouvernement Rajoy a semé la confusion sur les chiffres du déficit public de son pays et risque de ne pas pouvoir tenir ses objectifs, ni en 2012 ni en 2013. De l’autre, ces exigences ne semblent pas adaptées à la situation de l’Espagne (voir l’interview d’Eric Chaney page 9), qui souffre d’un « mauvais diagnostic ». Au point que les investisseurs craignent désormais un scénario à la grecque, où l’Espagne s’enfoncerait dans un cercle vicieux de récession et d’austérité. Cette confusion entretient l’inquiétude des marchés et menace de s’étendre à ses voisins italien et français. Les paroles rassurantes, hier, des gouvernements français et allemand louant « les énormes efforts » de l’Espagne risquent de ne pas suffire à rassurer durablement les marchés alors que les taux d’intérêt sur sa dette frôlent les 6 %.

4 Le risque de récession en Italie

Mario Monti a beau s’être lancé dans des réformes structurelles inédites de l’économie italienne, le coût de financement de sa dette s’est mis à remonter dangereusement ces jours derniers. Comme en Espagne, la croissance s’annonce plus faible que prévu et le chef du gouvernement serait sur le point d’annoncer un recul du PIB de 2,2 % cette année au lieu de 0,5 %. Le fait que 70 % des 232 milliards d’euros d’économies budgétaires planifiées soient financés par des hausses des recettes et non par des baisses des dépenses assèche plus encore les sources de croissance. Et fait redouter une explosion sociale.

5 Le référendum irlandais

Même si les sondages donnent pour l’instant le « oui » largement gagnant, l’épreuve du référendum sur le traité de discipline budgétaire n’est pas gagné d’avance. Un « non » irlandais jetterait le doute sur la capacité de la zone euro à s’engager sur la voie du fédéralisme budgétaire.

Les Echos

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Nokia revoit à la baisse sa prévision de marge et s’effondre en Bourse

Le géant déchu perd du terrain sur les marchés émergents où il fait ses volumes, et voit ses marges chuter dans les smartphones.

L’océan est bien glacé pour Nokia, qui a décroché en Bourse de plus de 10 % cet après-midi. En perte de vitesse, le constructeur de téléphones a sauté il y a un an de sa « plateforme en feu » (ce sont les termes du Pdg Stephen Elop) et s’accroche depuis à la bouée Windows Phone. Mais le groupe est loin d’être tiré d’affaire. Il a lancé aujourd’hui un avertissement sur ses résultats. La marge opérationnelle de l’activité « terminaux et services » devrait être de -3 % au premier trimestre, alors que la prévision initiale était « autour de l’équilibre, dans une fourchette de 2 points de pourcentage au-dessus ou au-dessous ». Pire, au deuxième trimestre, elle sera « similaire ou au-dessous du niveau du premier trimestre ».

Nokia souffre à la fois sur les volumes, qui ont fait sa force pendant des années, et sur les marges -ce qui révèle sa grande faiblesse dans les smartphones, face à un Apple ou à un Samsung. Au premier trimestre le groupe est passé en dessous de la barre symbolique de 100 millions de téléphones vendus dans le monde : il n’en a écoulé que 83 millions, en chute de 23,5 % sur un an. En Inde, au Moyen-Orient, en Afrique et en Chine, les marchés où Nokia était le seul acteur global à avoir installé sa marque il y a quelques années de cela, de petits concurrents aux prix agressifs grignotent sa position.

Sur ce total, l’immense majorité sont des téléphones bas de gamme ou simplement « multimédia ». Seuls 12 millions sont des smartphones : un an plus tôt, Nokia en avait vendu le double, soit 24,2 millions. Entre temps le groupe de Stephen Elop a effectivement changé de plateforme, laissé entendre à ses revendeurs et aux consommateurs que le système d’exploitation Symbian était condamné à disparaître… alors que l’offre Windows Phone, sous la marque « Lumia », n’est pas encore étoffée. « Nos résultats décevants [...] illustrent le fait que notre activité terminaux et services est encore au milieu de sa transition », a reconnu Stephen Elop.

La gamme Lumia bénéficie toutefois d’un bon succès d’estime, avec son design original et sa plateforme épurée. Il s’en est vendu 2 millions d’exemplaires au premier trimestre au prix moyen de 220 euros. « Nokia a vu une croissance séquentielle dans les activations de terminaux Lumia chaque mois depuis le début des ventes en novembre 2011 », se félicite le groupe dans son communiqué. Les opérateurs pousseraient en outre cette alternative pour ne pas demeurer prisonniers d’Apple ou de Google, dont les plateformes mobiles dominent l’univers du smartphone. Et Microsoft veille sur la croissance de sa plateforme : plus de 80.000 applications sont disponibles pour Windows Phone.

Les Echos

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Obama remet la fiscalité au cœur du débat électoral

La “règle Buffett”, du nom du milliardaire qui avait publiquement dénoncé son taux d’imposition, inférieur à celui de sa secrétaire, est de retour. Barack Obama, pratiquement assuré d’affronter le multimillionnaire Mitt Romney lors de la présidentielle de novembre, tente de replacer au cœur de la campagne son projet de réforme fiscale visant à imposerdavantage les plus hauts revenus.

Le président démocrate devait s’exprimer sur le sujet mardi 10 avril à 21 heures, heure de Paris, à l’occasion d’un déplacement à Boca Raton, en Floride, où il défendra son projet de taxe qui consiste à appliquer un taux d’imposition de 30 % aux contribuables gagnant plus d’un million de dollars par an.

Jeudi, ce sera au tour du vice-président, Joe Biden, de parler impôts lors d’une visite dans le New Hampshire, l’un des “Etats bascule” (“Swing States”), décisifs lors de l’élection. “Les familles de la classe moyenne prennent tout dans les gencives et ne voient pas les autresproduire le même effort”, résume Tammy Baldwin, représentante démocrate du Wisconsin, dans une vidéoconférence organisée par l’équipe de campagne d’Obama.

Le président américain n’a pas lésiné pour défendre son projet, puisqu’un mini-site Internet – explicatif et très convaincant – lui est désormais dédié.

A l’appui du président sortant, un rapport publié mardi par la Maison Blanche souligne que le taux d’imposition des Américains les plus riches a fortement diminué depuis 1995. Selon ce document, qui se fonde sur les données des services fiscaux, les 400 foyers américains les plus riches (qui ont gagné plus de 110 millions de dollars au total) étaient imposés en 2007 à hauteur de 18,1 %, contre 29,9 % en 1995.

Le Sénat examinera la “règle Buffett” le 16 avril, afin que le débat attire un maximum d’attention, même si les démocrates ne réuniront pas les 60 voix nécessaires pour qu’un vote ait lieu.

Le message de l’équipe du président sortant vise clairement à déstabiliser son probable adversaire Mitt Romney, cible de critiques récurrentes sur son appartenance au cercle des “super-riches”. Il avait admis avoir été taxé à 13,9 % en 2010 pour des revenus excédant 21 millions de dollars.

LUTTE DES CLASSES

L’entourage du prétendant républicain y voit une façon pour la Maison Blanche de vouloirfaire oublier la flambée des prix de l’essence ou les mauvaises statistiques de l’emploi en mars. Même si le taux de chômage est désormais à 8,2 %, au plus bas depuis trois ans, l’économie américaine a créé en mars nettement moins d’emplois qu’attendu. D’autres républicains accusent Barack Obama de chercher à déclencher une guerre des classes en ciblant les riches. Mitt Romney, lui, propose d’abaisser les impôts.

Un sondage réalisé auprès des électeurs indépendants dans les douze “Swing States” par le groupe de réflexion démocrate Third Way indique que la justice fiscale ne serait pas prioritaire. Ils seraient ainsi 80 % à préférer un candidat qui s’attache à défendre la libre entreprise plutôt qu’à réduire les inégalités.

Dans le même temps, Barack Obama conserve de l’avance sur son probable rival avec 35 % contre 29 % d’intentions de vote parmi ce groupe d’électeurs.

Le Monde

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Facebook rachète l’application de photo Instagram pour un milliard de dollars

Le géant des réseaux sociaux Facebook rachète l’application de photographie en réseau Instagram pour un milliard de dollars en actions et en numéraire, a annoncé lundi 9 avril son cofondateur et PDG, Mark Zuckerberg. Il s’agit de sa plus importante acquisition à ce jour. Le réseau social compte boucler l’opération dans le courant du trimestre.

“Il s’agit d’un jalon important dans l’histoire de Facebook, parce que c’est la première fois que nous acquérons un produit et une entreprise avec tant d’utilisateurs, a-t-il indiqué dans un communiqué publié sur sa page FacebookPendant des années, nous nous sommes concentrés sur la mise en place du meilleur système pour partager des photos avec vos amis et votre famille. Maintenant nous allons pouvoir travailler encore plus étroitement avec l’équipe d’Instagram qui permet de partager de belles photos prises sur des appareils mobiles.”

Nous pensons que ces systèmes différents vont se compléter” mais pour cela “nous devons avoir en tête de garder et solidifier les forces et les caractéristiques d’Instagram plutôt que d’essayer de tout intégrer dans Facebook”, a signalé M. Zuckerberg, qui précise qu’Instagram gardera son indépendance.

PAS DE MODÈLE ÉCONOMIQUE

Instagram, qui permet de prendre des photos depuis son téléphone portable, de lesretoucher avec une série de filtres, puis de les mettre en ligne, revendique trente millions d’utilisateurs après moins de deux ans d’existence. Exclusivement disponible sur les terminaux d’Apple jusqu’à la semaine dernière, l’application est désormais téléchargeable également sur Android, le système d’exploitation de Google. En à peine une semaine, plus d’un million d’utilisateurs d’Android ont installé l’application.

Le rachat d’une entreprise aussi jeune pour un milliard de dollars pose toutefois certaines questions. Malgré ses millions d’utilisateurs, Instagram n’a pas encore de modèle économique, et s’est jusqu’ici financé grâce à deux importantes levées de fonds. L’entreprise ne compte qu’une dizaine d’employés et ne possède pas de brevets stratégiques. Il y a un mois, l’entreprise était valorisée à 500 millions de dollars – une somme déjà très conséquente.

BULLE INTERNET

La trajectoire d’Instagram est le dernier épisode d’une série de rachats et d’entrées en Bourse très fortement valorisées dans le secteur des nouvelles technologies. Plusieurssociétés, dont la plus emblématique, Groupon, ont été valorisées à des sommes très importantes – avant, pour la plupart, de chuter lourdement en Bourse après quelques mois. Ces exemples alimentent les craintes d’un retour d’une forme de “bulle Internet”, similaire à celle qui s’était développée dans les années 1990 avant de provoquer l’écroulement des marchés en 2000.

Facebook, qui doit entrer en Bourse dans les prochains mois, pourrait voir sa valorisationmonter à 100 milliards de dollars, soit environ 100 dollars par utilisateur, le premier réseau social au monde revendiquant un milliard d’inscrits.

Le Monde

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Banque mondiale : la citadelle assiégée

Jim Yong Kim, le candidat présenté par les États-Unis, devrait remplacer Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale en juin. Mais le monopole américano-européen sur les institutions financières est de plus en plus contesté par les pays émergents.

Pour la première fois, la Banque mondiale semble résolue à appliquer un processus de sélection « ouvert, fondé sur le mérite et transparent » pour désigner le successeur de Robert Zoellick, son président (celui-ci n’a pas demandé le renouvellement de son mandat, qui arrivera à son terme le 30 juin). Jusqu’ici, les États-Unis s’arrogeaient le droit de nommer le patron de la Banque, les Européens se réservant, avec leur complicité, celui du Fonds monétaire international (FMI). Ngozi Okonjo-Iweala, 57 ans, ministre des Finances du Nigeria, José Antonio Ocampo, 59 ans, universitaire et ancien ministre des Finances de Colombie, et Jim Yong Kim, 52 ans, président du Dartmouth College, l’une des universités américaines les plus prestigieuses, ont été présélectionnés, le 23 mars, par le conseil d’administration.

Pour être retenu, chacun des trois candidats devra « avoir fait ses preuves à des postes de direction ; posséder une expérience de l’administration des grandes institutions internationales et une bonne connaissance du secteur public ; être en mesure de présenter une vision claire de la mission de développement de la Banque ; être fermement déterminé à promouvoir la coopération multilatérale et être convaincu de son importance ; être en mesure de communiquer de façon efficace et diplomatique et de faire preuve d’impartialité et d’objectivité dans l’exercice de ses fonctions ».

À l’aune de ces exigences, c’est « Ngozi » - comme elle est universellement appelée - qui semble la plus qualifiée. Diplômée de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), elle est entrée à la Banque mondiale en 1982 et a arpenté le monde en développement pour surveiller la mise en place de programmes d’aide aux pays pauvres. Ministre des Finances de 2003 à 2006, elle a mené une lutte sans merci contre la corruption et obtenu une très sensible réduction de la dette nigériane : 18 milliards de dollars. De 2007 à 2011, elle a été la numéro deux de la Banque avant de diriger de nouveau les finances de son pays.

José Antonio Ocampo est estimé bien au-delà de l’Amérique latine. De 2003 à 2007, il a été secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires économiques et sociales. Diplômé de l’université américaine Yale, il a aussi été ministre de l’Agriculture (1993-1994) puis des Finances (1996-1998) de la Colombie. Depuis 2007, il enseigne le droit international à l’université américaine Columbia. Il est proche de Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d’économie américain, avec qui, en 2006, il a écrit un livre sur la stabilité et la croissance.

La surprise est venue du choix de Jim Yong Kim par Barack Obama. On attendait une des femmes de poids de l’administration américaine, Hillary Clinton ou Susan Rice ; mais c’est ce médecin américano-coréen formé à Harvard et docteur en anthropologie qui a été présenté. Celui-ci a consacré la plus grande partie de sa brillante carrière à combattre les pandémies dans les pays en développement : de 1987 à 2009, il a notamment dirigé le département de lutte contre le VIH/sida de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sa qualité principale est de n’être issu ni de Goldman Sachs, ni de l’administration américaine, ni du petit monde des experts en développement. Son handicap est le revers de cette originalité, il ne connaît pas les processus du développement. Il a même écrit, en 2000, un livre dans lequel il accuse la croissance d’avoir paupérisé les classes moyennes des pays en développement. Étrange point de vue pour un homme qui aspire à diriger la Banque mondiale - dont la croissance est précisément l’objectif essentiel !

L’originalité de la compétition qui débute est d’opposer des candidats dont aucun n’est né aux États-Unis, mais qui sont tous issus des universités américaines. Ils ont en somme un pied « dedans » et l’autre « dehors », ce qui traduit bien l’évolution en cours dans la gouvernance des institutions de Bretton Woods. On sait que les pays émergents, qui assurent plus de la moitié de la croissance économique mondiale, contestent de plus en plus vigoureusement le duopole américano-européen…

Division

Mais ne rêvons pas. Le docteur Kim a toutes les chances de l’emporter. D’abord parce que les pays en développement ne sont pas parvenus à s’entendre sur un seul nom. Certes, l’Union africaine est derrière Ngozi, même si le Rwandais Paul Kagamé a applaudi le choix de Kim, qu’il connaît personnellement. Mais le Brésil hésite à soutenir Ocampo, l’Inde ne veut rien dire, la Russie manie la langue de bois pour ne pas se prononcer et les Chinois déplorent par avance la victoire du candidat américain !

La principale raison de la probable victoire de Kim est que les Américains détiennent près de 17 % des voix au conseil de la Banque et que les voix européennes (32 %) lui sont acquises en remerciement du soutien de Washington à la candidature de Christine Lagarde à la direction générale du FMI, l’an dernier. Si l’on y ajoute les voix du Japon, du Canada, de l’Australie et de quelques autres pays, il est clair que la majorité des suffrages est virtuellement acquise au candidat américain. Les mentalités et la géostratégie ont incontestablement évolué, mais pas encore suffisamment pour que tombe l’une des dernières citadelles monopolisées par les pays riches.

Pour se faire connaître, Jim Yong Kim a entrepris de visiter, avec l’assistance du Trésor américain, sept pays jusqu’au 9 avril : Éthiopie, Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Brésil et Mexique. Comme ses deux challengeurs, il sera ensuite entendu sur la politique qu’il entend conduire par le conseil d’administration. Celui-ci s’est donné pour objectif de désigner son président avant le 20 avril, « par consensus ». Mais le doute n’est pas permis : il sera américain. C’est la raison pour laquelle Ngozi a durci le ton dans le Financial Times du 29 mars. Elle veut désormais faire du processus électoral un « test » destiné à révéler « l’hypocrisie » de tous ceux qui déclarent vouloir un scrutin « ouvert », mais dont le seul objectif est de perpétuer leur domination.

Jeune Afrique

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Le président de la Banque mondiale favorable à une concurrence des Brics

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick s’est dit favorable, dans un entretien publié dimanche par le Financial Times sur son site internet, à l’idée du groupe des pays émergents des «Brics» de monter une banque de développement concurrente.

«Je suis assez économiste pour ne pas être partisan des monopoles», a affirmé M. Zoellick au quotidien britannique. Si les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) «décident de créer un autre véhicule de financement, très bien. Essayons de voir comment nous pouvons travailler avec», a-t-il poursuivi. M. Zoellick était à New Delhi au moment où s’y tenait un sommet de ce groupe. A l’issue de celui-ci, les cinq pays se sont engagés à étudier «la faisabilité et la viabilité» d’une «nouvelle Banque de développement pour mobiliser des ressources pour des projets d’infrastructures et de développement durable dans les Brics et d’autres économies émergentes et pays en développement». Les Brics sont des clients importants de la Banque mondiale, en particulier l’Inde qui est le premier d’entre eux. Mais ces pays estiment ne pas être suffisamment représentés dans les instances de direction et de décision de l’institution de Washington. Aucun de ces cinq pays n’a présenté de candidat à la succession de M. Zoellick qui doit quitter ses fonctions à la fin de son mandat le 30 juin. La présidence de la Banque mondiale a toujours échu à un Américain depuis 1946.

Afp

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BCE : Mario Draghi n’envisage pas pour le moment la fin des mesures anti-crise

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a expliqué, mercredi 4 avril, qu’il était “prématuré” d’envisager une sortie des dispositifs mis en place pour faire face à la crise financière. Interrogé sur la date à laquelle la BCE reviendrait à une politique plus classique, le patron de l’institut francfortois a expliqué qu’il n’était “pas évident de répondre à cette question”.

“Il faut déjà bien cerner les impacts des deux LTRO”, a-t-il ajouté, faisant référence aux prêts à trois ans – une durée exceptionnellement longue – accordés aux banques lors de deux opérations en décembre et février. Sur l’impulsion de la banque centrale allemande, la Bundesbank, un débat s’est fait jour récemment sur la nécessité de commencer à reveniren arrière. Les 1 000 milliards d’euros injectés dans le système dans le système par le biais des prêts à trois ans fait craindre à certains une résurgence des risques inflationnistes ainsi qu’une prise de risque excessive.

M. Draghi a répondu que les anticipations d’inflation restaient “solidement ancrées”, que le chômage restait élevés et la situation économique “plus faible qu’attendu”. Aucune raison dès lors d’amorcer un retour en arrière. De fait, le conseil des gouverneurs a décidé sans surprise de maintenir à 1 % son principal taux d’intérêt, le “refi”, et ce à l’unanimité de ses vingt-trois membres. Aucune discussion n’a eu lieu sur l’opportunité de changer ses taux, à la hausse comme à la baisse, a ajouté M. Draghi.

“PROGRÈS EXTRAORDINAIRES”

Pour M. Draghi, les deux prêts à trois ans ont eu des effets “puissants et complexes”. Il y a eu des “progrès extraordinaires”, pas “uniquement sur les marchés mais aussi dans les politiques des gouvernements”. Cependant, ces deux opérations représentent des“opportunités” pour que les gouvernements “lancent des réformes structurelles et des mesures de consolidation”. Interrogé sur la résurgence récente de tensions sur les emprunts d’Etat espagnols ou italiens, une adjudication de Madrid s’étant mal passée jeudi matin, M. Draghi a répondu qu’il s’agissait d’un “exemple de la fragilité des marchés” et des“attentes des réformes”.

M. Draghi a également répété que l’inflation reviendrait à moyen terme, c’est-à-dire en 2013, dans la cible visée par la BCE, à savoir “moins de 2 % mais proche de 2 %”. Pour l’heure, la hausse des prix constatée en Europe, qui a atteint 2,6 % en mars dans l’union monétaire sur un an, reste causée selon lui par la hausse des cours du pétrole et l’augmentation de taxes indirectes dans certains pays.

La BCE surveillera de près toute éventuelle transmission de ces chocs exogènes, c’est “un engagement sincère”. Et pour rassurer ceux s’inquiétant d’une résurgence inflationniste, notamment en Allemagne où les signes d’une bulle immobilière sont guettés, M. Draghi a rappelé que “tous les outils nécessaires sont disponibles pour traiter les risques de hausse des prix d’une manière ferme et en temps opportun”.

Le Monde

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La tablette Google sur la rampe de lancement

Google devrait faire son entrée sur le marché des tablettes numériques avant l’été. Plus petite que l’iPad, elle serait proposée à un prix très proche de celui de la Kindle Fire d’Amazon. Et sera vendue directement sur Internet.

L’année 2012 devrait bien être celle de l’arrivée sur le marché d’un nouveau challenger pour l’iPad et la Kindle Fire d’Amazon (toujours uniquement disponible aux Etats-Unis malgré les rumeurs qui annonçaient sa sortie française pour la fin mars) : une tabletteGoogle qui fonctionnerait sous Android. Eric Schmidt, le PDG de Google, avait levé le voile lui-même il y a quelques mois de cela dans une interview au journal Italien « Corriere della Sera ». Il annonçait alors une tablette Google dans les 6 mois. Si le calendrier est encore flou, les choses se précisent et la tablette Google devrait bien être disponible avant l’été selon le Wall Street Journal qui affirme aussi que la tablette de Google devrait être exclusivement vendue sur Internet. Un moyen de maintenir un prix compétitif face à la concurrence. Elle pourrait en effet être proposée à un prix inférieur à 200 dollars. Certains avancent même un tarif proche de 150 dollars.

Le choix de la distribution en ligne est cependant hardi compte tenu du précédent malheureux du téléphone lancé par Google en collaboration avec Nexus. Au bout de six mois, Google avait arrêté l’expérience de la vente en ligne exclusive : débordé par des problèmes de service après-vente et obligé de se plier aux préférences des acheteurs qui souhaitaient pouvoir prendre en main le produit avant de l’acquérir. « Alors que l’adoption d’Android a dépassé nos attentes, ce n’est pas le cas du site Internet. Il est resté un canal de niche pour amateurs avertis, mais il est clair que beaucoup de clients veulent une prise en main avant d’acheter un téléphone ainsi qu’un large choix de forfaits »,avait alors reconnu Andy Rubin, le patron d’Android.

Un écran de 7 pouces

Depuis quelques semaines les rumeurs vont bon train sur les sites spécialisés et permettent désormais d ‘avoir une idée un peu plus précise de cette nouvelle tablette. Elle sera dotée d’un écran de 7 pouces et sera donc en taille plus petite que l’iPad (qui mesure 9,7 pouces). Mais du coup plus proche de la Kindle Fire d’Amazon qui n’est actuellement disponible qu’aux Etats-Unis. La tablette Google devrait être produite en collaboration avec Samsung et Asus. Un moment approché, le taïwanais HTC aurait finalement refusé.

Elle fonctionnera sous Android, le système d’exploitation que Google souhaite voir de plus en plus développé sur les tablettes. D’ailleurs, selon certains experts, une des raisons du flou du calendrier de lancement de la prochaine tablette tiendrait à la volonté de ses concepteurs d’y intégrer la prochaine version de ce système d’exploitation : l’Android 5 aussi baptisé « Jelly Bean ».

Cette tablette bénéficiera du nouveau service « Google Play » la plate-forme née du rapprochement de l’Android Market, ainsi que des offres de vidéo, musique, et livres de Google. Cette tablette fera office de liseuse avec l’entrée en lice de la firme de Mountain View dans le monde des livres numériques. D’après « Livres Hebdo », les éditeurs qui participant au programme « Google Livres » auraient été contactés il y a peu pour signer un avenant concernant la distribution de leurs livres en version numérique sur la plate-forme Play. Le directeur de Google Livres France, Philippe Colombet, a confirmé l’information.

Les Echos

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La zone euro débat du montant de son pare-feu anticrise

La zone euro va tenter, vendredi 30 mars, de se mettre d’accord sur le montant de son pare-feu financier qui doit la protéger contre de nouveaux soubresauts dans la crise de la dette, à l’heure où la situation économique de l’Espagne suscite des inquiétudes. Le renforcement du Mécanisme européen de stabilité qui doit entrer en vigueur au 1er juillet divise au sein de la zone euro.

Premier contributeur des plans de sauvetage, l’Allemagne a longtemps refusé d’augmenterla capacité de prêts de ce mécanisme financier, censé être doté de 500 milliards d’euros. Elle a récemment assoupli sa position, mais pas assez pour satisfaire la Commission européenne, la France ou des organisations comme l’OCDE qui plaident pour un fonds de secours de près de 1 000 milliards d’euros, afin de rassurer pleinement les marchés.

“DISSUASION”

“Le pare-feu, c’est un peu comme le nucléaire sur le plan militaire, c’est fait pour ne pas être utilisé, c’est de la dissuasion”, a expliqué jeudi à Paris le ministre de l’économie français, François Baroin. Dans la soirée, son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, a rejeté l’idée d’un Fonds de secours de 1 000 milliards d’euros, mais a envisagé d’aller jusqu’à près de 800 milliards d’euros. Pour parvenir à un tel montant, il a suggéré d’ajouter aux 500 milliards d’euros du MES des prêts déjà octroyés ou promis par l’Europe aux pays en difficultés, en provenance de différentes enveloppes.

Cette proposition sera débattue vendredi par les ministres des finances de la zone euro, réunis à Copenhague, avant qu’ils ne soient rejoints par leurs collègues des dix autres pays de l’UE. Au même moment, le gouvernement espagnol présentera son nouveau budget 2012 qui prévoit des coupes sévères et sera scruté par ses partenaires, en raison du dérapage des déficits du pays.

Autre sujet qui devrait donner lieu à d’intenses tractations : le choix d’un nouveau membre pour le directoire de la Banque centrale européenne. Le Luxembourgeois Yves Mersch part favori. Malgré un calendrier serré, ces nominations pourraient être repoussées, en raison notamment de la présidentielle française qui vient perturber le jeu.

Le Monde

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Crise de l’euro : Monti rappelle la faute originelle de Paris et Berlin

A quelques jours d’une réunion des ministres des finances à Copenhague sur l’éventuel renforcement du fonds de secours de la zone euro, le premier ministre italien a rejeté sur l’Allemagne et la France une partie de la responsabilité de la crise européenne d’endettement.

Lors d’une visite au Japon, M. Monti a rappelé un épisode des premières années de l’euro qui a, selon lui, favorisé les dérapages ayant conduit l’Union monétaire au bord de l’abîme l’année dernière.

Cette histoire commence en 2003, lorsque l’euro n’était encore qu’un bébé. C’étaient alors l’Allemagne et la France qui étaient laxistes concernant les déficits publics et les dettes”, a-t-il expliqué, mercredi, lors d’un discours prononcé à Tokyo.

“PARE-FEUX”

M. Monti a raconté que le Conseil européen avait alors décidé de ne pas pénaliser les deux principales économies de la zone, contrairement aux mécanismes de sanction prévus au départ contre les Etats non vertueux. “Le Conseil européen, alors dirigé par l’Italie qui en occupait la présidence tournante, (…) a dit que contrairement à la proposition de la Commission européenne, (…) l’Allemagne et la France ne seraient pas inquiétées malgré leur déficit dépassant les 3 % du produit intérieur brut”, a-t-il souligné. M. Monti était alors commissaire chargé de la concurrence au sein de l’exécutif bruxellois.

“Bien sûr, si le père et la mère de la zone euro violent les règles, vous ne pouvez pas espérer [que des pays comme] la Grèce les respectent”, a-t-il estimé.

M. Monti s’est dit “confiant” sur la réussite de la réunion de Copenhague. “Le moment est venu de prendre une décision définitive et adéquate concernant les pare-feux”, a-t-il estimé. Il s’est montré beaucoup moins inquiet que précédemment des récentes remontées de taux d’intérêt sur les bons du Trésor espagnols. “L’Espagne est solidement sur la voie d’une consolidation budgétaire”, a-t-il affirmé. A Tokyo, il a déclaré que la contagion ne viendrait“certainement pas d’Espagne.

Le Monde

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Sombre début d’année pour l’économie chinoise

Le Bureau national des statistiques a publié, ce matin, le montant cumulé des profits des entreprises industrielles chinoises au cours des mois de janvier et février : pour la première fois depuis 2009, ces profits sont en baisse.

Encore un mauvais chiffre en provenance de Pékin. Le Bureau national des statistiques a publié, ce matin, le montant cumulé des profits des entreprises industrielles chinoises au cours des mois de janvier et février. Un cumul qui permet de « lisser » la statistique en effaçant le trou d’air du mois de janvier dû au nouvel an chinois.

Pour la première fois depuis 2009, année où le pays avait pris de plein fouet la crise financière internationale, ces profits sont en baisse. Ils ont chuté de 5,2% sur un an (pour atteindre l’équivalent de 96 milliards de dollars). L’an dernier à la même époque, ce même chiffre était en hausse de 34% !

Or, la publication récente d’un indicateur de l’activité manufacturière a révélé que le niveau des commandes avait été mauvais en mars, et confirmé que la contraction de l’activité s’était poursuivie pour le quatrième mois consécutif.

Ce matin, la Bourse de Shanghai a toutefois réagi de manière très paradoxale à la publication de ce chiffre : elle est repartie à la hausse. Si les propos de la Banque centrale américaine expliquent en partie ce regain d’optimisme, c’est surtout la conviction de l’imminence de mesures de soutien à l’économie chinoise qui a joué.

Bien que le Premier ministre Wen Jiabao n’ait cessé de marteler que rien ne sera fait pour enrayer la chute des prix de l’immobilier -qui est souhaitée par Pékin-le consensus est que les autorités vont devoir agir sur le plan monétaire. Elles ont déjà procédé à deux baisses des taux de réserves obligatoires ces derniers mois.

Les Echos

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USA : le président de la Fed réservé sur la reprise de l’emploi

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a indiqué lundi qu’il n’était toujours pas certain que la reprise de l’emploi aux Etats-Unis soit “durable”, malgrésa “récente amélioration”.

Même si “une large palette d’indicateurs laissent penser que le marché de l’emploi s’améliore, ce qui est effectivement une évolution bienvenue”, la situation du marché de l’emploi “reste loin d’être normale”, pour le patron de la Fed. Selon M. Bernanke, la chute du taux de chômage américain – qui est tombé de 9,1 % en août à 8,3 % en mars – pourrait être liée à des facteurs exceptionnels appelés à ne pas durer.

Par conséquent, a-t-il ajouté, toute “amélioration supplémentaire d’envergure du taux de chômage devrait nécessiter une accélération de la production et de la demande des consommateurs et des entreprises, évolution qui peut être soutenue par la poursuite d’unepolitique [monétaire ou fiscale] accommodante”.

POLITIQUE DE SOUTIEN

La Fed avait indiqué le 13 mars qu’elle doutait encore de la viabilité de la reprise en cours depuis bientôt trois ans aux Etats-Unis et qu’elle maintenait par conséquent intact le soutien énorme qu’elle apporte à l’économie du pays.

Elle avait ainsi décidé de maintenir son taux directeur quasi nul et de poursuivre jusqu’en juin, conformément à son plan initial, son opération lancée en octobre pour faire baisserencore un peu plus les taux d’intérêt à long terme. Quant à l’évolution probable de cette politique, M. Bernanke est resté vague, laissant la porte ouverte à toutes les possibilités.

Le Monde

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Présidence Banque Mondiale: Washington propose un universitaire

Les Etats-Unis ont présenté, vendredi, un universitaire américain peu connu pour prendre la tête de la Banque mondiale face à la candidature de poids de Mme Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria.
A quelques heures seulement de la clôture des candidatures (22h00 Gmt), Barack Obama a annoncé son choix pour la présidence de la Banque mondiale. Jim Yong Kim, 52 ans, médecin et anthropologue d’origine sud-coréenne, président de la prestigieuse université Dartmouth, est le désigné. « Jim a passé plus de deux décennies à œuvrer dans le monde entier en faveur de l’amélioration des conditions de vies dans les pays en développement » ; c’est « un candidat idéal », a déclaré le président américain. La nomination de M. Kim est une surprise, puisque son nom n’avait jamais été mentionné parmi ceux des candidats probables à la succession de Robert Zoellick, qui doit abandonner ses fonctions le 30 juin.

Selon une source proche de la Banque mondiale, Washington a songé très sérieusement à présenter l’ancien secrétaire au Trésor, Lawrence Summers, qui fut conseiller économique de Barack Obama, mais celui-ci était trop contesté, notamment par les pays africains et certains du G7. Quelques heures avant l’annonce américaine, l’Afrique du Sud avait officialisé la candidature de Mme Okonjo-Iweala, ancienne directrice générale de la Banque et concurrente « extrêmement sérieuse », selon la source proche de cette organisation d’aide au développement.

Une hégémonie occidentale « scandaleuse »

Le collectif d’organisations non-gouvernementales, Oxfam International, s’est réjoui « de voir un vrai débat sur la façon d’obtenir une direction crédible et légitime à la Banque mondiale » et a noté que l’Afrique avait « mis en avant une candidate éminemment qualifiée ». A défaut d’être connu, M. Kim a été directeur chargé du dossier du sida à l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Ses origines devraient être un atout à l’heure où les pays émergents remettent en cause l’hégémonie occidentale – « scandaleuse » pour Oxfam – aux institutions de Bretton Woods. En vertu d’un accord tacite entre l’Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un citoyen des Etats-Unis, tandis que celle du Fonds monétaire international (Fmi) revenait à un Européen. M. Kim a émigré en Amérique, avec ses parents, à l’âge de cinq ans, selon sa biographie officielle. Son profil est radicalement différent de celui des hommes qui se sont succédé jusque-là à la tête de la Banque ; presque tous sont issus du monde politique ou de la haute finance. C’est « un choix brillant [...] Je le soutiens à 100 % », a indiqué l’économiste américain, Jeffrey Sachs, annonçant qu’il retirait sa propre candidature axée sur une critique du rôle des Etats-Unis au sein de la Banque.

Le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a indiqué que, pour la France, il n’y avait « aucune raison à ce stade » de remettre en cause l’accord de partage du pouvoir entre Américains et Européens à la Banque et au Fmi. Il s’est adressé à l’Afp. Moscou a indiqué qu’à ses yeux, la nationalité du prochain président de la Banque était moins importante qu’un accroissement du rôle des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dans ses instances dirigeantes. Selon le calendrier retenu, la personne qui succédera à M. Zoellick doit être désignée avant la réunion de printemps de la Banque, le 20 avril.

AFP

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Merkel juge “catastrophique” une sortie de la Grèce de la zone euro

La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé qu’il serait “catastrophique” de permettreà la Grèce de quitter la zone euro, qui s’en trouverait “incroyablement affaiblie”, dans une interview télévisée à la BBC diffusée lundi 26 mars.

“Nous avons pris la décision de faire partie d’une union monétaire. C’est une décision non seulement monétaire, mais également politique, déclare Angela Merkel, dont les propos sont traduits en anglais. Ce serait catastrophique si nous disions à l’un des pays qui a décidé d’être avec nous : ‘Nous ne voulons plus de vous.’ D’ailleurs, les traités [européens] ne le permettent pas. Les gens dans le monde entier se demanderaient : ‘Qui sera le suivant ?’ La zone euro s’en trouverait incroyablement affaiblie.”

“ROUTE LONGUE ET ARDUE”

Elle a ajouté que la Grèce, qui a fait l’objet de deux plans de sauvetage européens, avait devant elle une “route longue et ardue”, mais que ce serait une “énorme erreur politique depermettre à la Grèce” d’abandonner l’euro. “La situation est très tendue. L’Europe, et en particulier la zone euro, est en crise. Cette crise est la conséquence de la crise financière mondiale et elle a entraîné des discussions très dures dans de nombreux pays, a ajouté Mme Merkel, interrogée sur l’émergence d’un sentiment anti-allemand en Grèce. Nous avons des débats houleux dans nos Parlements et nous utilisons des mots durs. Heureusement, nous avons appris à résoudre nos conflits pacifiquement.”

Angela Merkel a aussi réaffirmé son soutien à la présence du Royaume-Uni dans l’Union européenne malgré le refus de David Cameron de rejoindre le nouveau pacte budgétaire européen : “La Grande-Bretagne doit savoir qu’en Allemagne nous voulons une Grande-Bretagne forte dans l’UE, c’est ce que nous avons toujours souhaité et ce que nous souhaiterons toujours.”

Le Monde

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Twitter fête ses 6 ans mais n’a toujours pas trouvé son modèle économique

Joyeux anniversaire Twitter ! Le réseau social de “micro-blogging” qui permet à ses utilisateurs de poster des messages de 140 signes maximum a eu 6 ans mercredi 21 mars.Twitter – “babiller, gazouiller” en anglais – fonctionne sur un principe quelque peu différent de celui de Facebook, la star des réseaux sociaux : les utilisateurs n’ont pas des “amis” mais des “followers” qui s’abonnent à leur flux. Ainsi chacun reçoit les “tweets” des personnes qui l’intéressent et auxquelles il s’est abonné, qu’il les connaisse ou pas.

Crée par Jack Dorsey et une bande de jeunes ingénieurs de San Francisco qui avaient fondé une start-up nommée Obvious, Twitter a très vite suscité l’engouement du public. Avec ses 200 millions d’utilisateurs, il s’est hissé au rang de deuxième réseau social derrière Facebook, qui compte environ 800 millions d’abonnés.

Loin de se concurrencer l’un l’autre ou de se voler des utilisateurs comme l’avaient prédit certains observateurs du secteur, les deux plateformes ont, au contraire, trouvé un modus vivendi. Car en dépit du développement des posts photo et vidéo sur Twitter, le réseau n’offre pas les mêmes fonctionnalités que son cousin. Il ne s’est donc pas positionné sur les mêmes créneaux.

Son succès, Twitter le doit surtout à l’usage qu’en ont fait ses abonnées lors de grands événements – catastrophes naturelles, révolutions, affaire DSK… La propagation quasi à la vitesse de la lumière de l’information qu’il permet s’est avérée extrêmement pratique. C’est par exemple sur Twitter qu’a été donnée, en premier, la nouvelle de l’atterrissage miraculeux en janvier 2009 d’un avion de ligne sur la rivière Hudson à New York et le sauvetage des 155 voyageurs qui étaient à bord.

C’est aussi Twitter qui, la même année, a permis aux manifestants qui contestaient les résultats de l’élection présidentielle en Iran de se fixer des rendez-vous et de partager les informations. Idem pendant les révolutions du “printemps arabe” ou lors du tremblement de terre de Christchurch en Nouvelle-Zélande en 2011. Peu à peu, Twitter a aussi acquis une véritable importance dans la vie politique des citoyens.

“En 2008, nous avons vu que l’élection présidentielle américaine avait généré une gigantesque demande pour Twitter. C’est la même chose en France : les élections poussent de nombreuses personnes à rejoindre notre service”, explique M. Dorsey au Monde.

Résultat, Twitter, dans une moindre mesure que Facebook, attire les investisseurs qui lorgnent son potentiel de croissance. En 2011, le réseau social a levé 400 millions de dollars. Parmi les investisseurs, le milliardaire russe Yuri Milner – à travers DST Global, son fonds d’investissement – qui avait déjà mis de l’argent dans Facebook et qui a estimé la valorisation de Twitter à 8 milliards de dollars.

Pourtant, selon les analystes, le modèle économique du réseau demeure bancal. Les estimations de eMarketer, un cabinet américain spécialisé dans le marketing sur Internet, lui accordent un chiffre d’affaires de 139 millions de dollars (104 millions d’euros) en 2011 et 250 en 2012. L’argent viendrait en petite partie de ce que Microsoft lui reverse pour pouvoirutiliser les tweets dans les réponses de son moteur de recherche Bing mais surtout de la publicité sur PC et, depuis février 2012, sur mobile.

“TENDANCES”

Celle-ci se présente sous plusieurs formes. Il y a d’abord les “tendances”, ces mots ou phrases que Twitter inscrit sur le côté pour signaler les sujets les plus en vogue parmi les utilisateurs : les marques peuvent les sponsoriser pour qu’elles renvoient vers leurs produits ou leur nom. Selon Jeffrey Mann, de Gartner, cela peut leur coûter jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dollars la journée. Les marques peuvent aussi envoyer des “tweets” promotionnels vantant les mérites d’un produit à leurs “followers”, ou encore, chose nouvelle, à ceux qui ne sont pas abonnés.

Au risque de mécontenter certains : “C‘est toujours délicat pour un réseau social d’introduirede la publicité sans froisser ses utilisateurs, note Laurent Geoffroy, directeur marketing digital chez OrangeSur Twitter, je pense que les réticences vont être plus grandes qu’ailleurs.”

Le format qu’il propose – des textes de 140 signes et de toutes petites images – est aussi un handicap pour le développement de la publicité sur le site. “Ils sont obligés de proposer des publicités dans des formats très contraints. Ils ne peuvent pas vendre de bandeau publicitaire, par exemple”, remarque Erik-Marie Bion, directeur de Microsoft Advertising en France.

Selon Josh Martin, spécialiste en marketing des réseaux sociaux pour le cabinet Strategy Analytics, le développement par des tiers d’applications permettant d’accéder aux servicesde Twitter sans passer par son site peut aussi poser problème : ”L’interface n’était pas parfaite au début. Twitter a alors laissé des développeurs créer des programmes tels que TweetDeck ou UberSocial permettant d’accéder à ses services sans passer par son site ou son application mobile. Ça peut s’avérer dangereux car les entreprises qui contrôlent ces programmes pourraient très bien décider de bloquer les publicités !”, prévient-il.

Sans oublier le fait que Twitter s’adresse à un public beaucoup moins important que Facebook et recueille moins de données sur ses utilisateurs. Or ce sont elles qui permettent les publicités ciblées et qui attirent les annonceurs.

“Twitter n’a pas du tout le potentiel de Facebook, estime Virginie Lazès, de la banque Bryan Garnier. Son contenu est trop pauvre. Du coup, Twitter, à la différence de Facebook, ne se construit pas pour être un grand média indépendant mais pour être racheté par un Facebook, un Google ou un Microsoft, qui en fera un complément à son offre“.

Le Monde

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