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AAA : la fin de quelques illusions européennes

L’annonce par Standard & Poor’s de la baisse de la note de neuf pays auxquels il faut ajouter la Belgique qui avait été dégradée par Moody’s il y a quelques jours, est un échec pour l’Europe. Elle met fin à des illusions qui avaient pris figure de mythe, et qui avaient été dans certains cas savamment entretenues en dépit de la réalité.

La France n’a pas agi de manière financièrement responsable.

  • Elle a, en connaissance de cause,  accru son endettement d’une manière qui ne pouvait que provoquer la baisse de sa notation. Depuis plus d’un an, le coût de ses emprunts et la prime de risque s’était maintenu a un niveau élevé et, meme si ces derniers jours la situation est moins tendue, elle a laissé ses taux dépasser 4% et accru son endettement de près de 60 %, soit 600 milliards d’euros en cinq ans à la fin du 3eme trimestre 2011.  Aujourd’hui, la dette de ces derniers donne un rendement de 1.8% à 10 ans alors que la France dépasse 3%. Les obligations allemandes à 30 ans rapportent 2%.
  • En dépit du bon sens, elle a fait du AAA un cheval de bataille. Cette hypocrisie éclate à la face de ceux et celles qui en ont fait un « trésor national ». Depuis plus d’un an la dette souveraine française ne se traitait plus sur les marchés au niveau de AAA comme l’Allemagne ou les Etats-Unis. S’attacher à cette notation se comprend sur le plan politique : cela a permis à la France de prétendre pendant des mois à un statut aléatoire, donnant ainsi un pouvoir exorbitant aux agences de notation. Elles ne le méritent pas.
  • Le texte relatif a une déterioration subséquente de na notations francaise est clair: elle interviendra si “les finances publiques (de la France)  devaient dévier du chemin de consolidation projeté. Les mesures budgetaires annoncées par la France sont insuffisantes pour rencontrer les objectofs de deficit de 2012 et 2013 si la croissance est moindre que 1 a 2 %.

L’Allemagne renforce son AAA.

  • Malgré la baisse de la note française, la perspective reste négative. L’Allemagne voit sa notation confirmée mais la perspective est passée de négative à positive. Elle pourrait donc perdre le + attaché à son AA.
  • Ce qui inquiète c’est que, selon le responsable de ces notations, John Chambers, au-delà de la situation des finances publiques, Standard & Poor’s s’inquiète pour la situation compétitive de l’économie française. Le décalage de croissance économique et de la balance du paiement entre la France et l’Allemagne pose des problèmes de fond.
  • L’Allemagne a dépassé en 2011 le seuil historique de 1.000 milliards d’euros d’exportations. Il suffit de se rendre dans les pays émergents pour se rendre compte de l’importance des activités développées dans ces pays à forte croissance et de la place prédominante que l’Allemagne y occupe.
  • Quatrième économie mondiale, après les Etats-Unis, la Chine et le Japon,  l’Allemagne et avant la France, elle procure à ses habitants un revenu par habitant de 44.000 contre 40.000 pour la France. En dix ans, la croissance en termes réels des salaires a été de 5 % en Allemagne contre 25% en France.
  • Il faudrait que l’Allemagne s’endette au-dela de 100% de son PNB pour que sa note soit remise en question.

La notation AAA de l’Eurozone ne résistera pas à la dégradation française

  • La France, avec 20% du quota de garantie de l’Eurozone, assurait le maintien d’une majorité des pays garants dotés d’une notation AAA. Avec la perte de sa note, 35% seulement des garanties des emprunts européens sont AAA. Il paraît inévitable que la notation des institutions de l’Eurozone, et principalement le Fonds Européen de Stabilite Financière, ne pourra pas rester au niveau actuel.
  • La Banque Européenne d’Investissement pourrait échapper à cette dégradation de la note européenne en raison de la qualité de ses actifs et de son niveau très élevé de fonds propres. C’est d’autre part une institution dont les actionnaires sont les 29 Etats Membres de l’Union Européenne.Mais comme les garants de ses prêts sont principalement des Etats et des banques européens, la chose n’est pas garantie.
  • Le Mécanisme Européen de Stabilité Financière est un programme de financement d’urgence tributaire des fonds levés sur les marchés financiers et garantis par le budget européen des 29. Il a un encours de 60 milliards d’euros d’euro-obligations.

Les investisseurs exclusifs en actifs AAA vont-ils revoir leur position ?

  • Une série d’investisseurs, particulièrement les institutions publiques et banques centrales, ont dans leur statut une limite spécifique pour leurs investissements : les actifs doivent être dotés d’une notation AAA. Nous avons assisté à une hécatombe dans les dernières années suite à la crise financière ou aux niveaux d’endettement.
  • La rareté des actifs AAA accroitre la demande par rapport à la demande. Cela se traduit, notamment pour les Etats-Unis et l’Allemagne, par une baisse substantielle des rendements des ces obligations. L’écart entre les couts de financement des AAA et les autres va s’accroitre, renforçant encore la position budgétaire des pays AAA.
  • Une série d’institutions financières ont déjà perdu ou vont perdre leur AAA en raison de la baisse de la notation du pays. Ce sera notamment le cas des institutions publiques.
  • Les investisseurs vont-ils assouplir leur position ? Meme si ce n’est pas exclu, il est difficile d’imaginer un conseil d’administration prenant la décision de prendre plus de risques que dans le passé. Le climat de recherche des crédits de haute qualité domine les politiques d’investissements privés ou publics.

Au-delà du cas individuel de la France, l’annonce de la baisse de la note de 9 pays européens envoie un signal qui, dans la situation présente, ne peut que provoquer des réactions inquiètes à travers le monde. Rappelons cependant que ce qui a été perdu peut être retrouvé. Encore faut-il en avoir la volonté politique, les moyens  et le soutien de la population.

Il y a 14 pays sur 137 qui jouissent encore du prestigieux AAA. Parmi eux, Le Royaume Uni, le Danemark,  la Norvège, la Suède, la Suisse et le Liechtenstein ne sont pas dans l’Eurozone: seuls l’Allemagne, le Luxembourg et la Finlande y représentent l’Eurozone. Pour rappel, ni Moody’s ni Fitch n’ont dégradé les Etats-Unis et la France.

Le Monde

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Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale : « Les banques n’ont pas vocation à investir dans la dette souveraine à long terme »

Dans un entretien aux « Echos », le PDG de la Société Générale revient sur les changements structurels qui vont transformer le modèle économique de leurs banques de financement et d’investissement. Selon lui, le tandem Didier Valet-Christophe Mianné, depuis quelques jours à la tête de ce métier chez Société Générale, est le plus à même de mener cette transformation tout en maintenant sa position concurrentielle.

La décision de la BCE d’accorder des prêts à trois ans aux banques est-elle un soulagement ?

L’enjeu collectif de ces mesures était d’assurer le financement des économies européennes. En permettant aux banques de refinancer leurs dettes à long terme, l’opération apporte un vrai confort et écarte le risque d’un « credit crunch » brutal et violent. Il y aura du financement disponible. Les PME ne doivent donc pas brider leurs projets d’investissement, car s’ils sont bons, elles pourront les financer. Les grandes entreprises émettent de plus en plus sur le marché, donc les banques peuvent concentrer davantage leurs ressources de bilan sur les PME. Et les chiffres montrent que les crédits continuent à croître : depuis la fin novembre, les prêts à l’économie ont progressé de 5,8 %.

Mais l’opération de la BCE visait aussi à inciter les banques à acheter de la dette souveraine…

Non. Notre mission est le financement de l’économie. Les banques n’ont pas vocation à investir dans la dette souveraine à long terme, les acheteurs naturels sont plutôt les assureurs et les investisseurs institutionnels. Nous sommes avant tout des intermédiaires. De plus, toute opération provenant des banques serait identifiable et ne permettrait pas de restaurer la confiance dans la signature des Etats. Les banques françaises vont gérer leurs stocks de dettes souveraines de façon responsable mais ne peuvent pas se substituer aux investisseurs finaux.

Les masses d’argent déposées chaque soir par les banques à la BCE montrent que la confiance entre banques n’est pas revenue. Pourquoi ?

Cela est lié à plusieurs raisons. D’abord, les banques doivent toujours avoir un compte excédentaire à la BCE. Ensuite, les fenêtres de refinancement de la BCE à 3 ans sont très rares, et il est probable que l’anticipation des besoins pour l’ensemble de l’année 2012 ait excédé les emplois immédiats. Enfin, il faut relativiser les montants en jeu. Le stock de financement de l’économie européenne s’élève à 15.000 milliards d’euros. Quand les banques empruntent 490 milliards d’euros, c’est 3 % du total… Par ailleurs, structurellement, la réglementation pousse à réduire les liens interbancaires en matière de liquidité. L’idée implicite est d’éviter les risques systémiques. Dans le ratio de liquidité de crise prévu par les normes de Bâle III, il y a une asymétrie très forte entre les crédits et les dépôts interbancaires. Ceci est pénalisant pour le marché interbancaire.

Quel impact aurait une dégradation de la note de la France sur la Société Générale ?

Une telle dégradation est déjà dans le marché. Elle pourrait avoir des conséquences sur le secteur bancaire, sachant que, structurellement, il faut s’habituer à des notes plus basses car le raisonnement des agences a changé, et regarder les choses en relatif.

Etes-vous optimiste sur l’issue des négociations sur l’échange de dette grecque ?

Elles ont de bonnes chances d’aboutir dans les prochains jours. Parmi les créanciers privés, les banques ont accepté de faire un effort exceptionnel. Il est possible que les pertes finales aillent au-delà de 50 %, mais il faut veiller à respecter un certain équilibre car même si les gouvernements s’attachent à dire que la Grèce sera un cas unique, il fera école pour les investisseurs. Il deviendra un « étalon du pire » qui risque de peser sur les autres pays.

La mise en place d’une taxe sur les transactions financières vous affecterait-elle ?

Une telle taxe imposée dans un cadre national isolé serait totalement contre-productive. Regardez le cas de la Suède, qui après avoir mis en place une taxe semblable, a dû y renoncer car les transactions se sont délocalisées et le pays ne collectait plus d’impôt.

Les Echos

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Transport aérien international : Un trafic de 2,7 milliards de voyageurs en 2011

Le léger mieux économique noté dans le monde en 2011, malgré les politiques d’austérité, a bien été ressenti au niveau du transport aérien international. Près de 2,7 milliards de personnes ont voyagé l’année dernière.

(Correspondant permanent – Montréal).Le trafic international de passagers a connu une croissance de l’ordre de 5,1 % par rapport à 2010, selon un communiqué de presse rendu public ce début de janvier 2012 par l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) basée à Montréal. ‘Cette augmentation du trafic régulier de passagers, mesuré en passagers-kilomètres réalisés (Pkr), traduit une croissance économique globale positive dans le monde, malgré de multiples entraves telles que la mise en œuvre de politiques d’austérité fiscale dans les économies européennes. La croissance globale du trafic a été favorisée par les perspectives économiques positives, basées sur une augmentation de 3 % du Pib mondial réel et par une forte demande de voyages aériens. Ce qui indique que les bilans des ménages se sont améliorés et que les recettes des entreprises sont solides’, note le communiqué de presse de l’Oaci. Sur ce bilan, l’on retient les performances affichées des voyages d’affaires et de loisirs qui se sont singularisés sur les marchés émergents. ‘En 2011, le marché des vols intérieurs a augmenté de 4,9 % par rapport à 2010, du fait d’une hausse estimative de quelque 10 % de la demande de voyages aériens intérieurs en Chine.

La croissance des marchés intérieurs a toutefois été sensiblement inférieure à celle de 2010’, indique l’Oaci. L’organisme onusien ajoute à ce tableau que ‘la plus forte progression du trafic international a été affichée par les compagnies aériennes du Moyen-Orient, suivies de celles d’Europe, qui ont tiré avantage de la possibilité qu’ont les transporteurs à faibles coûts d’agrandir leurs marchés de point à point. Les chiffres les plus bas, enregistrés en Amérique du Nord et dans la région Asie/Pacifique, n’en représentent pas moins des augmentations significatives en chiffres absolus. Par ailleurs, la croissance économique négative enregistrée au Japon a continué à faire pression sur les voyages aériens dans la région Asie/Pacifique’. Les taux de croissance relativement plus faibles des marchés intérieurs enregistrés en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique ont été compensés par la vigueur de la croissance des compagnies aériennes d’Amérique latine, de la région Asie/Pacifique et du Moyen-Orient, ajoute l’Oaci. Il est aussi révélé que la capacité offerte par les compagnies aériennes, exprimée en sièges-kilomètres disponibles (Skd), a augmenté de 6,5 % à l’échelle mondiale, alors que les coefficients de remplissage sont restés relativement semblables. Seulement le trafic de fret aérien a connu un ralentissement avec une faible hausse de 0,7 %, soit un total de 49 millions de tonnes en 2011.

Une telle situation s’explique, selon l’Oaci, par le climat économique plus lourd en Europe, combiné à un ralentissement des exportations chinoises et à une solide concurrence du transport maritime. L’industrie aéronautique s’en est bien tirée cependant. ’Les deux principaux avionneurs du monde, Airbus et Boeing, devraient avoir livré plus de 900 nouveaux appareils en 2011 et ont enregistré un nombre impressionnant de commandes, totalisant près de 2 000 nouveaux appareils à livrer au cours des prochaines années. Combinés à un processus d’exploitation plus efficace mis en œuvre par les compagnies aériennes et à un système amélioré de gestion du trafic aérien, ces appareils respectueux de l’environnement contribueront à assurer la durabilité du développement du transport aérien’, note l’Oaci.

Walf

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Geithner à Pékin dans un contexte de crispation bilatérale

Le secrétaire américain au Trésor doit s’entretenir avec Wen Jiabao sur l’Iran, mais également sur la relation économique bilatérale, sujet plus sensible que jamais aux Etats-Unis.

Difficile de faire semblant que tout va bien. La visite de deux jours à Pékin entamée mardi 10 janvier par le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner intervient dans une phase de crispation entre les deux pays. Alors que, côté américain, le contexte préélectoral pousse les différents protagonistes à faire assaut de fermeté à l’égard de la deuxième économie mondiale, la dégradation du climat économique n’incite guère Pékin à lâcher du lest sur le taux de change du yuan, principal point de friction.

Le responsable américain, qui a rencontré, mardi, le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan, doit s’entretenir, mercredi 11 janvier, avec Xi Jinping, le vice-Président promis au poste de chef de l’Etat lors de la prochaine législature chinoise, ainsi qu’avec Wen Jiabao, l’actuel Premier ministre. Au menu des discussions, l’Iran, que Washington cherche à asphyxier financièrement en coupant ses exportations pétrolières. Rallier Pékin à cette cause ne devrait pas être chose facile. D’après des statistiques américaines, la Chine absorbe 22 % des exportations de brut iranien, ce qui fait d’elle le principal client de Téhéran.

Les dossiers économiques bilatéraux promettent d’être au coeur des discussions. Aux Etats-Unis, les relations avec la Chine sont devenues un sujet hautement sensible. Pour ne pas apparaître dépassée par le camp républicain sur ce dossier, la Maison-Blanche aurait le projet de créer une cellule gouvernementale dédiée exclusivement à la surveillance de la relation économique avec la Chine, d’après le « Wall Street Journal ». Parmi les stratégies pour contrer Pékin, serait envisagé un nouveau partenariat avec l’Union européenne.

Les chiffres ne plaident pas pour une appréciation du yuan

Certes, dans son rapport semestriel sur les politiques de change, publié le mois dernier, le Trésor américain s’est gardé de présenter la Chine comme un pays manipulant sa monnaie. Une retenue hautement appréciée à Pékin. Mais les Etats-Unis n’en restent pas moins offensifs sur le fond, écrivant qu’ils vont « pousser à des changements de politique permettant une plus grande flexibilité du taux de change » chinois. A quoi l’agence officielle chinoise a rétorqué que les Etats-Unis feraient bien d’aller au-delà de cette querelle « inutile et sans fondement ».

De fait, sur ce dossier, rien de saillant n’est attendu. Outre une possible guerre commerciale que déclencheraient des mesures de rétorsion américaines -Pékin a donné un petit aperçu en surtaxant les grosses cylindrées américaines en décembre -il semble plus difficile qu’auparavant de légitimer une action de Washington vu la baisse de l’excédent commercial chinois.

Mardi, Pékin a présenté ses chiffres définitifs pour l’année 2011. Le surplus, à 155 milliards de dollars, a baissé de 14,5 % sur un an. Et les chiffres de décembre ne sont pas encourageants, puisque la croissance des importations, de 11,8 % sur un an, a atteint son plus faible niveau depuis deux ans. Qu’il s’agisse d’un mauvais signal pour la consommation des ménages chinois, ou, comme souvent en Chine, d’un indicateur avancé des exportations à venir, ce chiffre ne devrait pas apaiser l’inquiétude des autorités chinoises. Ce qui ne plaide pas pour une appréciation substantielle du yuan dans les mois à venir.

Les Echos

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Apple : avec 378 millions de dollars de rémunération en 2011, Tim Cook bat les records

Apple vient de communiquer (PDF) que son nouveau CEO, Tim Cook, bénéficierait d’une rémunération totale de 378 millions de dollars pour 2011. C’est un record (presque absolu) dans l’histoire des rémunérations abusives des Etats-Unis, et pour une fois ce n’est pas un banquier : le suivant était de 85 millions de dollars. En 2000 cependant, un dénommé Steve Jobs s’octroyait 20 millions d’actions qui valent aujourd’hui plus de 8 milliards de dollars. Si l’action monte, le million d’actions reçues en août par Tim Cook pourrait valoir beaucoup plus. Leur valeur aujourd’hui est déjà de 423 millions de dollars.

Le paiement se fait en actions qui, pour moitié, pourront être vendues respectivement après cinq et dix ans. Comme il s’agit d’actions, ce sont les actionnaires qui paient à travers la dilution que ce million d’actions représente. Son salaire vient d’augmenter de 900 000 dollars à 1 400 000 de dollars, auxquels s’ajouteront évidemment les dividendes sur son million d’actions. Cette formule assure au moins que l’encaissement de la valeur de ces actions ne se fera que si Tim Cook reste chez Apple pendant au moins cinq ans et au plus dix ans.

En valeur absolue, cela choque. En termes relatifs, cela représente un peu plus de un pour mille des actions en circulation. La capitalisation boursière d’Apple est de près de 400 milliards de dollars.

Ce qui révolte, c’est que ce montant a été alloué à une personne qui fait partie de l’entreprise et qui a fait une fortune considérable en construisant Apple. De surcroît, la rémunération de Tim Cook en 2010 était déjà de 59 millions de dollars.

Une fois de plus, on se demande ce que le conseil d’administration a pensé de la manière dont il défend les actionnaires. Il ose justifier cette décision comme une “promotion et rétention” de Tim Cook. C’est le côté sombre de Steve Jobs qui, ayant lui-même faussé ses stock-options en les antidatant, montre un besoin effréné de richesses. C’est son directeur financier qui a fait de la prison pour lui. C’est lui qui a pris cette décision et l’a proposée au Conseil. Ce conseil, qui comprend six membres indépendants sur dix, inclut notamment l’ancien vice-président… Al Gore qui fait partie du comité des rémunerations que préside Andrea Jung, le CEO de la firme de cosmétiques Avon Products, qui ne lui octroie que 7 millions de dollars de rémunération. Il faut dire que c’est Al Gore qui a prétendu être l’inventeur de l’Internet.

Il sera intéressant de voir comment les actionnaires réagiront lors de l’assemblée de février. Ils ne peuvent s’y opposer, mais, depuis cette année, ont le droit à la parole sur les rémunérations des dirigeants.

Apple a-t-elle tourné le dos aux valeurs d’entreprise ? Tim Cook vaut-il 378 millions de dollars ? Ce sont les questions que se posent la presse… non financière.

Le Monde

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Bonus : Wall Street table sur une chute de 30 % en 2011

La chute du revenu des banques au quatrième trimestre devrait avoir un fort impact sur le niveau des bonus versés au titre de 2011. Ceux-ci pourraient chuter de près de 30 % par rapport à 2010.

Janvier est un mois qui rend fou à Wall Street. Mais à quelques semaines des annonces des bonus dans les banques, le moral est particulièrement bas. Les résultats du quatrième trimestre devraient être marqués par une forte chute des revenus et les banques, pour apaiser des actionnaires laminés par une baisse de 30 % à 50 % des actions depuis février, seront enclines à réduire les rémunérations et favoriser les profits. Les plans de suppressions d’emplois annoncés par les banques ne devraient donc pas faire remonter la moyenne des compensations salariales.

Selon une analyse publiée hier par le « Wall Street Journal », le montant total des rémunérations (salaire, bonus, assurance-santé, etc.) pour les 34 banques étudiées par le quotidien atteindrait 159 milliards de dollars, soit le niveau le plus bas depuis 2008. Alors que JPMorgan Chase donne le coup d’envoi des résultats du quatrième trimestre vendredi, tous les yeux sont rivés sur l’étalon du secteur, Goldman Sachs. Ces deux dernières années, la banque a, à chaque fois, diminué les rémunérations lors du quatrième trimestre. Selon les calculs du « WSJ », les bonus annuels des quelque 400 associés de Goldman Sachs devraient être réduits de moitié par rapport à 2010 et leur rémunération cette année (salaire et bonus) se situerait entre 3 et 6,5 millions de dollars. La rémunération moyenne par salarié de Goldman Sachs chuterait de 10 %, à 385.000 dollars contre 431.000 dollars en 2010 (et 661.000 dollars en 2007).

Depuis la crise, sous la pression des régulateurs, qui voulaient réduire les comportements à risque, les rémunérations des banquiers ont été réorganisées, avec le plus souvent un salaire plus important, une part de bonus en cash plus faible, des clauses de « claw back » liées à la performance et davantage de titres et de stock-options.

Promesses pour l’avenir

Le train de vie des banquiers en a subi un coup. Ces derniers mois, certains ont dû vendre des résidences secondaires, d’autres obtenir un prêt de leur employeur, observe le « New York Times ». Tout cela dans une atmosphère de plus en plus lourde politiquement, entre le mouvement Occupy Wall Street et la pression mise par les démocrates sur l’inégalité croissante des revenus aux Etats-Unis.

Même si le millésime 2011 sera symbole d’austérité relative, il porte en lui la promesse d’une richesse future. Les banques vont distribuer des stock-options à des prix très bas, les titres du secteur s’étant effondrés. Lorsque les salariés pourront les céder, dans quelques années, ils pourraient enregistrer de fortes plus-values. Au point qu’un banquier, interrogé en décembre par le « New York Times », assurait prier tous les jours pour que le cours du titre de sa banque ne remonte pas avant l’octroi des bonus.

Les Echos

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Comment la Chine et l’Inde développent leurs marchés financiers

Dans une note publiée en mars, Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis, rappelait que la croissance économique précédait toujours celle du secteur financier. Il citait à l’appui des chiffres édifiants : les marchés obligataires sont dix fois plus importants dans les pays de l’OCDE que dans les pays émergents, les marchés d’action trois fois plus grands.

Deuxième économie mondiale, la Chine est effectivement encore très loin des pays occidentaux en matière de système financier. De même pour l’Inde, qui cherche à faire grossir ses flux d’argent frais en ouvrant la porte de ses Bourses aux investisseurs étrangers.

Ce “retard” s’explique par un choix relativement similaire pour les deux géants asiatiques : celui d’avoir refusé de se plier aux injonctions du FMI dans les années 90, qui plaidait pour une libéralisation totale des marchés. Un choix judicieux, quand on sait les ravages que la crise financière de 1997-1998 a fait en Amérique latine.

  • Des marchés fermés dans une économie planifiée

Les marchés financiers chinois restent à l’heure actuelle très peu ouverts aux investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, et pour cause : “Jusque dans les années 80, le gouvernement distribuait directement aux ménages la somme d’argent exacte qu’il souhaitait que les Chinois dépensent”, explique Anne-Laure Delatte, professeur d’économie à la Rouen Business School et spécialiste des marchés émergents. Lorsque ce carcan s’est brisé et que les Chinois ont pu disposer de plus d’argent que ce qu’ils pouvaient dépenser, ils se sont mis à investir.

“Mais à cette époque, l’économie est encore extrêmement planifiée, le gouvernement dit aux banques combien prêter et à qui prêter”, précise-t-elle. Inefficient, ce système ne permet pas une affectation optimale des ressources, “c’est à ce moment qu’on voit apparaître les ‘bad loans’ en Chine, des prêts non performants (prêts qui n’ont pas été remboursés trois mois ou plus après la dernière échéance)”.

Une libéralisation plus profonde serait nécessaire pour renforcer l’efficience des marchés, mais les gouvernements indien et chinois, malgré des initiatives, restent timides : la crise de 1997-1998, et plus récemment celle des subprimes, ne plaide pas en faveur d’une plus grande ouverture.

De fait, la taille réduite des secteurs financiers chinois et indien, ainsi que leur sévère réglementation, font que les indices boursiers sont de pâles reflets de la situation économique dans ces pays.

  • Le financement du développement économique en question

Faute de secteur financier performant, l’investissement en Chine se fait principalement à travers du cash prélevé sur les profits des entreprises, et non par le recours au crédit et à la dette. “Les taux d’intérêt, imposés par le gouvernement, sont très bas, explique Anne-Laure Delatte. Si vous défalquez l’inflation, ils sont négatifs, les Chinois n’ont donc aucun intérêt à placer leur argent sur les marchés.”

Mieux vaut investir directement dans l’économie chinoise qui, avec un taux de croissance qui a frôlé les 10 % pendant plusieurs années, reste très rentable. Tout le contraire des pays occidentaux, où les rendements sur les produits financiers peuvent très largement surpasser les taux de croissance.

Cela dit, le financement de l’économie par le biais des marchés financiers présente l’avantage d’optimiser l’affectation des ressources entre acheteurs et vendeurs, afin que les investissements soient satisfaisants pour tout le monde. “Cela favoriserait un développement économique plus équilibré et les rendements seraient plus intéressants”, estime Anne-Laure Delatte.

  • Une gouvernance encore très insuffisante

Les marchés financiers chinois et indien cumulent deux défauts : d’une part ils sont très fermés et sous-dimensionnés par rapport à l’économie de ces pays, d’autre part leur gouvernance reste très insuffisante. Les scandales financiers et délits d’initiés ne sont pas rares, ce qui explique pourquoi le gouvernement chinois a choisi de libéraliser les capitaux petit à petit, et d’éviter ainsi un afflux d’argent propice aux détournements.

De fait, les acteurs financiers sont encore mal armés pour jouer sur les marchés internationaux. A l’inverse, les investissements étrangers comptent pour à peine 1 % des flux financiers en Chine. “Comme les émergents restent attractifs, les gouvernements mettent des barrières à l’entrée de capitaux étrangers pour éviter la spéculation et l’inflation”, décrit Anne-Laure Delatte.

Face à ces écueils, il est plus facile pour les autorités de faire marche arrière et de ralentir le mouvement de libéralisation des marchés. Une pause qui se justifie également par le durcissement de la réglementation dans les pays occidentaux, et par le repli, lié à la crise, des investisseurs occidentaux sur leur marché national.

Pour autant, la Chine et l’Inde se sont engagées à se conformer aux règles de Bâle 3 sur la solvabilité des banques, un engagement facilité par le fait que ces deux pays n’ont été touchés ni par la crise des subprimes, ni par celle de la dette.

  • De timides réformes pour attirer les étrangers

La crise a provoqué le retrait de certains acteurs de la finance des pays émergents, notamment dans le “retail” : plus aucune banque étrangère n’officie dans la banque de détail en Russie, Goldman Sachs s’est retirée de Chine, et la pourtant très internationale HSBC a également réduit la voilure.

Pour compenser le tarissement de flux qui contribuent, dans une certaine mesure, à financer la croissance chinoise, Pékin a récemment donné la possibilité aux détenteurs de yuans “offshore” d’investir sur les marchés chinois, et a augmenté ses quotas sur les investissements étrangers. Autant de mesures destinées à faire oublier que la Bourse de Shanghaï a chuté de près de 22 % en 2011.

Le Monde

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La taxe Tobin de Sarkozy ou le simple retour de l’impôt de Bourse sur les actions ?

La taxe Tobin annoncée par Nicolas Sarkozy lors de ses vœux le 31 décembre pourrait, au moins dans un premier temps, se réduire à la réintroduction de l’impôt de Bourse, qui taxe les simples achats d’actions. C’est le scénario qui se profile à court terme, alors que Nicolas Sarkozy rencontre Angela Merkel ce lundi 9 janvier à Berlin.

Le chef de l’Etat veut en effet faire payer la finance, responsable selon lui de la crise économico-financière, et adopter la taxe sur les transactions financières, comme l’a proposé en septembre 2011 dans un projet de directive la commission européenne : 0,1 % sur les achats d’actions et les obligations et 0,01 % sur les produits dérivés. La commission s’est fixé pour objectif une mise en œuvre en 2014, tandis que les experts fiscaux des pays européens se sont réunis à deux reprises, le 5 décembre et le 3 janvier. Mais la présidence danoise de l’union européenne (UE) n’a pas encore inscrit le sujet au menu des ministres des finances. La mesure est censée rapporter 57 milliards d’euros par an à partir de 2014.

Elle se heurte à plusieurs problèmes : il est techniquement très compliqué de taxer les produits dérivés, ces informations n’étant pas toujours disponibles et les transactions réalisées au sein d’une même journée pas toujours inventoriées. Il est facile de taxer les obligations, mais Bercy ne veut pas taxer les bons du Trésor, en pleine crise de la dette souveraine. « On va avoir du mal à dire aux investisseurs d’acheter nos OAT [obligations assimilables du Trésor] tout en les taxant », s’inquiète un ministre, alors que les pays européens ont un programme d’émission massive d’obligations.

Reste la taxe sur les actions, qui reviendrait à remettre au goût du jour l’impôt de Bourse, qui a l’avantage d’exister à Londres sous forme d’un droit de timbre de 0,5 % et qui rapporte selon Bercy 2 à 3 milliards de livres par an. L’idée serait donc de voter avant les élections une loi qui transpose par avance la directive européenne et commencerait par faire entrer en vigueur l’impôt de Bourse, la taxation des obligations et produits dérivés intervenant plus tard, lorsque la crise de la dette se sera estompée, que les produits dérivés seront mieux contrôlés et que Paris ne sera plus isolé. L’Elysée espère que Mme Merkel ira de l’avant fin 2012, début 2013.

Le Monde

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L’économie mondiale pourra-t-elle atténuer la récession européenne ?

La recession européenne a commencé au dernier trimestre 2011. Le reste du monde sera en croissance plus ou moins forte en 2012.

Aux Etats-Unis, l’annonce ce week end d’une création de 200.000 emplois -entierement en provenance du secteur privé- en décembre 2011 semble confirmer une nette reprise de l’économie américaine. Meme à l’aune des Etats-Unis, 200.000 personnes ou foyers qui ont maintenant un emploi est considérable. Cela fait maintenant six mois que les Etats-Unis créent des emplois et la réduction du chômage  de 9,5 a 8.5% est significative.  Au total, 1,6 millions d’emplois à plein temps et à temps partiel ont été créés en 2011 aux Etats-Unis.

Cette information vient après une série d’indications importantes. Je me permets de les emprunter à un papier écrit par un économiste de renom, par ailleurs indépendant, David Hale (www.davidhaleweb.com).

  • La croissance le trimestre dernier serait de 3,5-4%
  • La construction résidentielle et commerciale reprend
  • La croissance des dépenses des consommateurs sera modérée pendant les prochains 2-3 trimestres

Les Etats-Unis de surcroit continuent à être considérés comme le meilleur risque du monde et se financent à des taux qui sont moins de la moitié de l’Allemagne et de la France. Ce taux considéré comme la référence « sans risque » a un impact sur les couts de financements des particuliers et des entreprises à travers les Etats-Unis.

Même si la croissance de la Chine et de l’Inde seront moins élevées (respectivement 8 et 6%) leur effet d’entrainement continuera à maintenir une croissance économique mondiale de l’ordre de 3%. Saluons au passage la performance de l’économie japonaise qui sera en croissance en 2012 malgré la crise de Fukushima et dont les exportations ont repris de plus belle.

Dans ce contexte, l’Europe fait figure de parent pauvre : les prévisions d’une récession de l’ordre de 2% en moyenne cachent des réalités très différentes.  La Grèce et l’Espagne perdront 3-4% tandis que l’Allemagne et la France pourraient avoir une récession plus proche de 0% que certains autres. La situation serait pire en Europe si nous ne pouvions pas espérer une croissance dans le reste du monde.

Tout cela est encore à prendre avec des pincettes. Unanimement, les économistes tempèrent leurs prévisions par les risques d’une crise accrue en Europe qu’aucun d’entre eux n’exclut. Il est donc  probable que la croissance internationale maintiendra  la récession en Europe dans des proportions acceptables. Réjouissons nous que l’environnement reste en croissance et tachons de tirer les leçons de cette récession que nous devons à nos chers (au sens affectif et financier) dirigeants politiques qui ont accru la facture des finances publiques et les taux d’intérêt dans des proportions invraisemblables.

Quant à ceux et celles qui veulent à tout prix que la situation américaine soit pire que celle de la France ou de l’Europe, il est temps de changer de refrain. Acceptons notre réalité et reconstruisons ce que nos Gouvernements et nos financiers ont détruit : l’économie réelle.

C’est toujours de la finance que pourrait provenir une crise accrue.

Le Monde

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Les élections américaines se joueront-elles sur l’économie?

« It’s the economy, stupid! », s’exclamait Bill Clinton avant son élection. Selon tous les prévisionnistes et stratèges américains d’aujourd’hui, c’est en effet sur ce sujet que les électeurs vont se focaliser. Ils justifient leur conviction par une série de considérations parfaitement légitimes :

  • Le taux de chômage de 9% qui ne se réduit que lentement
  • L’endettement record des Etats-Unis approchant les 15.000 milliards de dollars
  • Les institutions financières et leurs bonus
  • L’évolution de la réglementations financière
  • Les sanctions contre les banques et leurs dirigeants
  • Le déficit budgétaire record tant au niveau fédéral que des Etats
  • Le socialisme qualifié d’européen et qui est percu comme un échec

Tous ces sujets ont fait l’objet de désaccords et de critiques parfois violents entres les deux ailes du Congrès américain (républicains et démocrates) et créent une tension qui paralyse presque toute législation ou mesure nécessitant l’approbation du Parlement. Le Président Obama est plus vulnérable sur ce terrain. Il a même du utiliser son droit de faire des nominations entre deux sessions du Congrès pour enfin donner un patron au Bureau chargé de la protection des clients mécontents des pratiques des institutions financières. Les banques et leurs représentants républicains en avaient fait un casus belli. C’est essentiel si l’on veut éviter de mettre fin aux abus des institutions financières qui préparent toutes sortes de commissions et charges au détriment de leur clientèle particulière.

Le caucus de l’Iowa nous force à reconnaitre que cette vision est peut-etre simpliste. Il est certain que l’Iowa n’est pas représentatif des États-Unis, mais il participe d’un courant profond de l’opinion publique américaine : l’idéologie « sociale » ainsi qu’on la nomme ici. Dans cet agenda on retrouve un mélange dangereux de diverses tendances

  • Le racisme : un candidat a osé dire qu’il refusait que la réforme des soins de santé soit payée pour assister les noirs
  • La « tea party » qui, quoiqu’en régression, représente un courant archi-conservateur qui a fait notamment de l’avortement son cheval de bataille
  • Les « évangélistes » qui sont des militants pour le retour à la moralité et veulent imposer la religion chrétienne a toute l’Amérique au défi de sa diversité
  • Les « conservateurs » qui veulent notamment maintenir les 4 millions de porteurs d’armes aux Etats-Unis malgré l’abondance de crimes avec armes a feu
  • L’ « invocation de Dieu » comme source de la vocation politique de l’un ou l’autre candidat et d’une inspiration divine
  • Les « militants » qui veulent à tout prix que les États-Unis puissent aller en guerre contre leurs ennemis sans devoir chercher le consensus des Nations Unies (ce qui bloque la situation syrienne)
  • La « grandeur de l’Amérique » qui est fondée sur un nationalisme qui refuse l’immigration et ignore les pauvres

Ce débat, souvent irrationnel, a pour effet de rendre les républicains vulnérables : en effet, les indépendants et les modérés ne voteront pas pour des extrémistes. Mais le score du représentant de la modération et du libéralisme économique qu’est Mitt Romney (même s’il est mormon) est faible. Ses adversaires ont, ensemble, largement excédé son pourcentage de 25%. Il n’a pas fait mieux qu’il y a quatre ans.

Il sera important de voir dans les forces politiques qui s’entrechoquent au sein des candidats républicains quelle forme les élections primaires vont prendre. Elles détermineront le débat présidentiel après le choix du candidat républicain.

Entre le débat de société et le débat économique, il n’est pas certain que les considérations économiques et financières soient l’enjeu principal. Rien n’est décidément facile au Royaume de l’Oncle Sam. Même si la politique étrangère est absente du débat pour le moment, elle ne manquera pas de s’inviter au détour de problèmes internationaux.

Ne nous y trompons pas : même si ces conflits s’exprimeront aux Etats-Unis de la manière parfois violente avec laquelle ces campagnes se déroulent, nous sommes tous confrontés aux mêmes questions.

Le Monde

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“Sans accord de sauvetage, la Grèce devra quitter l’euro”

La Grèce devra quitter la zone euro si elle ne parvient pas à un accord avec ses bailleurs de fonds internationaux sur son deuxième plan de renflouement de 130 milliards d’euros, a déclaré mardi 3 janvier un porte-parole du gouvernement.

“L’accord de sauvetage doit être signé, sans quoi nous nous retrouverons hors des marchés, hors de l’euro”, a dit Pantelis Kapsis au micro de Skai TV. “La situation sera bien pire.”

Athènes a entamé une course contre la montre pour tenter de conclure un accord avec l’Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et ses créanciers privés sur les modalités du plan présenté début décembre avant d’importantes échéances sur sa dette en mars. Le pays pourrait se retrouver en défaut si aucun accord n’était conclu d’ici-là.

TROIS MOIS CRUCIAUX

Interrogé pour savoir si le gouvernement allait appliquer des mesures d’austérité supplémentaires pour compenser le dérapage budgétaire de l’an dernier, le porte-parole du gouvernement de coalition dirigé par Lucas Papadémos a déclaré : “Nous verrons. Des mesures additionnelles pourraient être nécessaires.”

Les discussions avec les banques et établissements financiers privés détenant de la dette grecque, aspect-clé d’un futur accord, sont particulièrement difficiles, a-t-il poursuivi. “Les trois ou quatre prochains mois sont les plus cruciaux et c’est la raison pour laquelle ce gouvernement existe”, a-t-il dit.

Dans un message diffusé pour le Nouvel An, le premier ministre, Lucas Papadémos, a déclaré que la Grèce allait connaître en 2012 une nouvelle année difficile mais qu’elle devait persister sur la voie des réformes afin de rester dans la zone euro.

Le Monde

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Crise financière : pour Mitt Romney, l’Europe ne doit pas compter sur un soutien américain

Mitt Romney prévient que l’Europe ne devra pas compter sur l’aide américaine pour résoudre la crise de la dette qui secoue actuellement la zone euro. “Les Etats-Unis doivent s’occuper de leur propre crise et ne donneront pas un dollar pour sauver l’Europe”, déclare M. Romney dans une interview au quotidien italien La Stampa, publiée mardi 3 janvier.

Un effondrement de la zone euro aurait “des répercussions énormes” pour l’économie mondiale et les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que ce scénario ne se produise pas, reconnaît l’ancien gouverneur du Massachusetts. “Mais ce n’est pas à nous de le faire. Les Européens doivent gérer leur crise avec les moyens dont ils disposent”, poursuit-il. “L’Allemagne, la France et l’Italie ont les ressources pour rembourser leurs dettes, résoudre la crise de confiance, investir et relancer la croissance, idéalement par le bais d’une véritable économie de marché.”

Le Monde

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L’Inde ouvre son marché financier aux investisseurs étrangers

L’Inde a annoncé dimanche 1er janvier qu’elle allait ouvrir son marché financier aux investisseurs particuliers étrangers pour la première fois, dans le cadre d’une importante réforme économique destinée à encourager l’investissement étranger. Cette mesure, qui entrera en vigueur d’ici au 15 janvier, a été prise “pour élargir la palette des investisseurs, attirer davantage de fonds étrangers, réduire la volatilité du marché et renforcer le marché indien des capitaux”, a expliqué le gouvernement dans un communiqué.

Jusqu’à présent, les investisseurs étrangers n’étaient autorisés à investir en Bourse en Inde qu’à travers des sociétés d’investissement ou des programmes institutionnels. L’économie indienne a connu une forte croissance ces quinze dernières années, et de nombreux investisseurs étrangers ont manifesté le souhait d’être présents sur le marché financier de ce pays de 1,2 milliard d’habitants.

DES DONNÉES ÉCONOMIQUES DÉCEVANTES

Les récentes données financières en Inde ont cependant été décevantes. Le principal indice de la Bourse de Bombay, le Sensex, a en effet enregistré un plongeon de 25 % en 2011 et de nombreux analystes prévoient davantage de baisses en 2012. Une longue série de hausses des taux d’intérêt de la Banque centrale, une inflation obstinément élevée et la dégringolade de la roupie à un niveau jamais atteint face au dollar ont contribué à ralentir la croissance.

Le gouvernement a par ailleurs suspendu début décembre l’ouverture de la grande distribution aux multinationales étrangères, un revirement majeur dû au tollé dans la classe politique et les petits commerçants. Il a également échoué à faire passer au Parlement une loi phare mais controversée contre la corruption, un fléau qui gangrène la société indienne et est à l’origine de plusieurs scandales impliquant le gouvernement du Premier ministre Manmohan Singh.

RÉVISION DE LA CROISSANCE

La croissance annuelle indienne est tombée à 6,9 % au dernier trimestre, pour la première fois depuis deux ans, reflétant le durcissement de la politique monétaire du pays et la détérioration de l’économie mondiale. Le gouvernement a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année budgétaire s’achevant fin mars 2012 à 7,5 % contre 9 % auparavant.

Selon le régulateur du marché boursier indien, les fonds étrangers ont vendu pour 358 millions de dollars de valeurs indiennes en 2011 alors qu’ils en avaient acheté pour 29 milliards de dollars en 2010. La Banque centrale indienne a augmenté ses taux à 13 reprises depuis mars 2010.

Le Monde

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Dix ans après, l’euro reste associé à une perte de pouvoir d’achat

Une décennie déjà. Le 1er janvier 2012, l’euro fêtera ses 10 ans de vie dans le porte-monnaie des Français. La monnaie unique avait remplacé le franc dans la vie courante –et les monnaies de onze autres Etats européens– trois ans après avoir fait son introduction sur les marchés financiers. Triste anniversaire, au moment où la zone euro traverse la plus grande crise financière de sa jeune histoire.

Bouc émissaire des angoisses inflationnistes, corset étriquant les pays européens, monnaie symbolisant les règles édictées par des bureaucrates de Bruxelles… l’euro est aujourd’hui accusé de tous les maux. Par les citoyens européens en général, les entreprises soulignant, elles, plus volontiers les bénéfices qu’elles tirent de cette monnaie unique.

Plus d’un tiers des Français (36 %) souhaiteraient ainsi que l’on revienne au franc et 45% estiment que l’euro est un handicap pour l’économie française, selon un sondage Ipsos-Logica réalisé pour l’association Lire la société, publié au début du mois de décembre.

En juin, dans un sondage en ligne sur le site du Figaro, il apparaissait qu’un gros tiers des sondés (37,2%) pensaient que l’euro n’existerait plus dans dix ans.

“Les consommateurs ont pris l’euro en grippe, juge l’économiste Philippe Moati. Cela tient aussi au fait que les gens n’ont pas le moral, qu’ils sont à la recherche d’une explication à leur malaise et que, dès lors, l’euro, qui est rattaché à des questions de mondialisation, devient un point de cristallisation de leur angoisse.”

Beaucoup accusent en effet l’euro d’avoir fait grimper les prix et sapé le pouvoir d’achat. Selon les relevés effectués par le magazine Que Choisir du mois de janvier2012, une baguette de pain ordinaire, que l’on payait 4,39 francs (67 centimes d’euros) avant l’euro, vaut aujourd’hui 85 centimes, soit une augmentation de 27 %. Le petit café au comptoir, qui coûtait à l’époque 4,98 francs (76 centimes), revient désormais à 1,10euro, soit 45 % de hausse.

Parmi les plus fortes progressions figurent aussi le kilo de pommes (65 % plus cher), le poulet Label Rouge (+47 %), ou encore l’huile de tournesol (+43 %).

Ces poussées inflationnistes sur des produits du quotidien proviennent pour une bonne part de l’envolée des cours de certaines matières premières.

“DÉCALAGE”

Mais pour de nombreux biens, les prix en euros se sont souvent purement et simplement substitués aux prix en francs. “Même le mec qui fait la manche dans la rue et qui demandait 1 ou 2 francs auparavant, demande aujourd’hui 2 euros”, relève Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers.

“Rétrospectivement, on voit très bien que la problématique du pouvoir d’achat émerge dans l’esprit des ménages au moment où l’euro entre en vigueur, alors qu’en fait leur pouvoir d’achat ne se met à se dégrader qu’après, relève M. Moati. On se rend compte qu’il y a un décalage, dû à une mauvaise appréciation des prix.”

A partir de l’arrivée de l’euro dans les porte-monnaie, inflation mesurée et inflation perçue ont nettement divergé. “Depuis l’euro, les ménages ont eu tendance à surestimer l’inflation, alors que l’indice des prix est resté sur sa trajectoire, poursuit M. Moati. En fait, la perception des ménages ne repose pas sur un inventaire exhaustif, comme celui de l’Insee. Ils appréhendent l’inflation à partir d’un petit nombre d’observations de prix qu’ils généralisent.”

Les données nationales sont en effet moins sévères. “Entre 2001 et 2010, le prix de la dépense de consommation des ménages a augmenté en moyenne de 1,6 % par an, soit à peine plus qu’entre1991 et 2001, où il avait progressé de 1,3 %”, rappelle Ronan Mahieu, chef du département des comptes nationaux de l’Insee. Quant au “pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages”, il a “augmenté de 1,7 % par an entre 2001 et 2010, contre 2 % en moyenne par an sur les dix années antérieures”, ajoute M. Mahieu.

Mais les données nationales sur l’évolution des prix intègrent l’automobile, l’électroménager, les téléviseurs, les télécommunications, des achats que les Français ne font pas tous les jours.
Les prix ont néanmoins progressé un peu plus vite que sur les dix ans qui ont précédé l’euro et les revenus un peu moins vite, entraînant une dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
Mais c’est aussi parce que leurs charges fixes, et surtout le logement, n’ont cessé d’augmenter, grevant leur pouvoir d’achat, que les ménages se sentent moins riches aujourd’hui.
“En 2010, les dépenses pré-engagées (assurance, logement) représentaient 27,8 % de leur revenu disponible brut, alors qu’en 2001 c’était 26,6 % et 26,4 % en 1994″, précise M. Mahieu.

“RÉFÉRENTIELS ERRONÉS”

La perception par les Français d’un choc inflationniste, qui serait dû à l’euro, tient aussi au fait que bon nombre d’entre eux convertissent encore en francs. “Lorsque les gens se mettent à douter d’un prix, ils convertissent, et comme on s’est habitué à des valeurs nominales plus petites, cela nous paraît exorbitant, explique M. Moati. De plus, on a gardé des référentiels de prix en francs, qui sont aujourd’hui erronés, car les prix auraient quand même continué à monter, même si on avait gardé le franc.”

Par ailleurs, certains produits ne sont plus comparables à la période d’avant l’euro. Par exemple, “la baguette de pain, aujourd’hui, intègre la plupart du temps dans son prix de vente celui de la franchise ou du contrat passé avec le fournisseur, et elle n’a plus rien à voir avec la simple baguette du boulanger que l’on pouvait acheter avant l’euro”, constate Reine-Claude Mader, présidente de l’association Consommation, logement, cadre de vie.

De la même manière, les forfaits de télécommunications sont plus chers qu’il y a dix ans, mais ils incluent des prestations beaucoup plus importantes, avec des accès à Internet.

Le Monde

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Du Japon au Soudan, la Chine développe l’utilisation du yuan dans le commerce

La Chine accélère l’internationalisation du yuan. Pékin a reçu, mercredi 28 décembre, une demande du Soudan, dont elle est le premier partenaire commercial, afin d’utiliser leurs monnaies respectives dans leurs échanges. Si les Chinois l’acceptent, “nous pourrions abandonner le dollar”, a déclaré le gouverneur de la banque centrale soudanaise, selon l’AFP.

Depuis 2009, la Chine a déjà signé des accords de “swap”, c’est-à-dire de compensation directe sur des montants plafonnés, avec de multiples banques centrales, surtout en Asie mais aussi avec l’Argentine ou la Nouvelle-Zélande. En décembre, de tels accords ont été conclus avec le Pakistan et la Thaïlande, permettant à leurs commerçants d’obtenir des yuans pour leurs transactions avec le premier exportateur mondial.

Une nouvelle étape a été franchie le 25 décembre, lorsque la Chine a signé avec le Japon un pacte prévoyant l’utilisation directe du yuan et du yen entre les deuxième et troisième économies mondiales, afin de “réduire le risque de change et les coûts de transaction”, selon Pékin. Aucun calendrier n’est établi et les détails restent à définir, mais cette étape est la dernière d’une “série progressive de signes montrant que Pékin est déterminé à développer un jour le yuan en tant que monnaie de réserve alternative viable”, note Donna Kwok, économiste de la HSBC.

Le Japon s’est engagé au même moment à investir jusqu’à 10 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros) de ses réserves dans le yuan. Malgré le montant limité au regard des colossales réserves de change des deux économies, c’est un coup de pouce au statut du yuan comme monnaie de réserve, le Japon étant le premier Etat du G8 à effectuer un placement dans des bons en yuans. “La Chine va poursuivre le processus d’internationalisation du yuan en 2012 malgré les incertitudes à l’international”, prédit Mme Kwok.

MONNAIE DE RÉSERVE ALTERNATIVE

Pour Pékin, il est important de contribuer à l’émergence d’une monnaie de réserve alternative pour briser l’exposition aux politiques monétaires américaines. Mais une telle devise de stature internationale doit par nature être librement convertible, ce qui n’est pas le cas du yuan. Soucieuse de conserver un contrôle déterminant pour ses exportations, la Chine n’a pas suivi la méthode orthodoxe consistant à libéraliser d’abord les taux de change : la Banque populaire de Chine ne tolère qu’un flottement de 0,5 % par rapport au taux-pivot qu’elle établit chaque jour pour le yuan. Elle n’a pas non plus levé les barrières aux flux de capitaux. “La Chine pourrait être le seul exemple d’un pays poussant sciemment l’internationalisation de sa monnaie tout en maintenant les contrôles de capitaux”, relevait en novembre Stephen Green, chef économiste de Standard Chartered en Chine.

D’où la vive curiosité sur cette internationalisation hybride. Au coeur de ces évolutions : Hongkong, où Pékin a laissé pousser au cours des dix-sept derniers mois un marché en yuan hors de ses frontières monétaires. La contrepartie est que les yuans positionnés à l’extérieur de la forteresse n’échappent pas au vent de marchés changeants. Ainsi, à la fin septembre, les yuans offshore furent-ils vendus massivement, aux côtés des autres devises asiatiques. Si les deux taux ne se séparèrent jamais de plus de 3 %, s’envola la présomption selon laquelle le yuan de Hongkong suit naturellement celui de Chine continentale.

Or le contexte actuel tendu pousse plutôt Pékin à se méfier d’un afflux de capitaux étrangers en quête de sécurité ou de spéculation en cas d’ouverture. “La Chine entend profiter des bénéfices attenants à une devise internationale mais la dernière chose qu’elle souhaite est une fusion du réacteur causée par une libéralisation mal évaluée des marchés financiers, dit Ren Xianfang, analyste d’IHS Global Insight. L’internationalisation restera donc largement limitée au compte commercial avec uniquement des tests limités sur le compte financier.”

La prochaine étape dans l’ouverture sera de savoir comment recycler les yuans de Hongkong en Chine. “Tout dépend de la vitesse à laquelle s’ouvrira le compte de capital, résume Kelvin Lau, économiste de Standard Chartered. Mais avec le temps, et la levée des barrières, il va y avoir une convergence graduelle. Nous parlons là de nombreuses années.”

Le Monde

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Pétrole : pourquoi les prix restent élevés

Les tensions géopolitiques avec l’Iran et la demande des pays émergents dopent les cours du baril.

C’est un équilibre précaire qui a de quoi intriguer. Malgré les risques de récession en Europe et aux Etats-Unis, les prix du brut se maintiennent à des niveaux très élevés. Depuis la mi-décembre, le baril de « light sweet crude » a même bondi de plus de 6 dollars à New York, passant le seuil des 100 dollars en début de semaine, pour redescendre hier, en clôture, à 99,50 dollars. Le baril de brent de la mer du Nord s’échange quant à lui à 108,33 dollars à Londres. Un prix très proche de la moyenne des cours sur l’ensemble de l’année, 111 dollars, alors même que cette moyenne s’avère la plus importante jamais enregistrée.

Les tensions géopolitiques expliquent en partie ce phénomène. Menacé d’un embargo sur ses exportations de pétrole par l’Europe et les Etats-Unis, l’Iran a mis les marchés pétroliers sous tension. Depuis le début de la semaine, la République islamique a multiplié les déclarations musclées. Hier, le commandant de la marine iranienne, l’amiral Habibollah Sayyari, a souligné qu’il serait « très facile » à la République islamique de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite entre un tiers et 40 % du trafic pétrolier mondial.

Les effets du printemps arabe

Mardi, le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi, a affirmé qu’en cas d’embargo « aucune goutte de pétrole ne transitera par le détroit d’Ormuz ». Ces déclarations s’accompagnent d’une démonstration de force. Depuis dix jours, la marine iranienne a entamé des manoeuvres militaires navales autour du détroit. Toutes ces rodomontades ont rendu les marchés nerveux. « Il n’y a pas d’alternative crédible au détroit d’Ormuz », souligne Olivier Appert, président d’IFP Energies Nouvelles.

Mais d’autres facteurs expliquent aussi ce niveau élevé des cours. Le printemps arabe, tout d’abord. Les événements du Proche-Orient ont bien évidemment entraîné une baisse de la production libyenne mais ils ont aussi conduit l’Arabie saoudite à fortement augmenter ses dépenses budgétaires. Effrayée par les manifestations de la communauté chiite de Bahreïn, la monarchie wahhabite a annoncé un plan d’investissements de 130 milliards de dollars sur cinq ans.

Ce train de mesures, qui comprend la construction de 500.000 habitations et une augmentation de 15 % du salaire des fonctionnaires, a eu un impact lourd sur le budget du royaume. Il a nécessité une augmentation des revenus pétroliers de l’ordre de 20 dollars par baril selon la banque Bernstein, qui a évalué le point mort du budget 2011 de Riyad à 85 dollars par baril. Le budget prévu pour 2012 ne devrait pas changer la donne. Un prix minimal du baril de 74 dollars sera nécessaire pour équilibrer le budget, selon le fonds d’investissement saoudien Jawa.

Dans le même temps, la soif de pétrole des pays émergents reste forte et compense la baisse de la demande dans les pays de l’OCDE. L’an prochain, la planète devrait consommer 90,3 millions de barils par jour, selon l’Agence internationale de l’énergie, soit une progression de 1,4 % par rapport à 2011. Or les capacités de production disponibles ne sont pas illimitées. A peine 4 millions de barils par jour dans le cas de l’Opep.

Qui plus est, les coûts marginaux de production du secteur sont en train d’augmenter parce que le développement des gisements offshore ultraprofonds ou du pétrole de schiste imposent des prix du pétrole bien plus élevés que les gisements terrestres classiques. Dans le cas des biocarburants par exemple, ces coûts de production peuvent se situer entre 70 et 80 dollars, affirment certains experts.

Dans ce contexte, quel pourrait être l’impact d’un embargo sur le pétrole iranien ? « Le blocage du détroit d’Ormuz aurait de sérieuses conséquences sur les prix du pétrole », souligne Richard Cochrane du cabinet IHS Global Insight. La hausse pourrait être de 25 dollars, selon une étude récente du cabinet Energy Funds Advisors.

Les Echos

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