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Facebook dégringole en Bourse

Après des résultats jugés poussifs lors de son introduction vendredi, le titre Facebook chûtait de plus de 10 % lundi sur le Nasdaq.

Facebook a ouvert lundi 21 mai sur le Nasdaq sensiblement sous son prix d’introduction de 38 dollars, à 35,52 dollars, en chute de 7 %. Après quelques minutes de cotation la valeur cotait 35,72 dollars avant de poursuivre sa chûte. Trente minutes après le début des échanges, la valeur lâchait entre 11 % et 13 %.

Après une première séance qui aura vu l’action du groupe augmenter de seulement 0,61  %, beaucoup attendaient de voir comment les investisseurs allaient réagir lors de cette deuxième journée en Bourse pour le site de Mark Zuckerberg.

Des chiffres en trompe l’oeil

Pourtant, les premiers résultats de vendredi auraient pu laisser penser que le premier réseau social du monde avait réussi ses débuts à Wall Street. Une valorisation à 104,8 milliards de dollars, près de 16 milliards de dollars levés et environ 580 millions de titres échangés en un jour… L’entrée en Bourse du réseau social aux 901 millions d’utilisateurs aura battu tous les records, Bob Greifeld, le directeur général du Nasdaq, qualifiant même l’IPO de Facebook comme la plus grande de « toute l’histoire de l’humanité. »

Mais ces chiffres impressionnants masquent en réalité une introduction en Bourse poussive. Les débuts au Nasdaq du site de Mark Zuckerberg ont été retardés par des problèmes techniques, et le titre a passé la majeure partie de la séance à tenter de se maintenir au-dessus du cours d’introduction de 38 dollars, pour finir sur un gain de seulement 23 cents (+0,61 %), à 38,2318 dollars. Il semble donc que Facebook ne soit pas parvenu à déclencher l’enthousiasme des investisseurs.

Pire, certains spécialistes affirment même que l’action aurait été fortement soutenue par Morgan Stanley, désireuse de maintenir le titre au-dessus de son prix d’introduction. La banque américaine, qui a été le fer de lance de l’introduction de Facebook en Bourse, aurait ainsi dépensé plusieurs milliards de dollars pour maintenir le niveau de l’action autour des 38 dollars, en utilisant l’option de sur-allocation (greenshoe) des 63 millons d’actions en réserve.

Le comportement des banques a d’ailleurs été pointé du doigt par certains spécialistes. « Je pense que les banques pilotant l’opération ont incité Facebook à offrir trop de titres », assure l’analyste Michael Pachter de Wedbush Securities, qui considère que « le marché n’avait pas suffisamment d’appétit » pour toutes ces actions.

Des débuts moins bons que ceux de Google ou de Linkeldin

Les débuts poussifs de Facebook sont bien loin de ceux réalisés par ses concurrents lors de leurs propres introductions en Bourse. En 2004, Google avait ainsi fini sa première séance par un bond de 18  %, tandis que Linkeldin avait fêté sa première journée de cotation avec un bond de 109  %. En termes de capitalisation, Facebook s’est classée vendredi en septième position des valeurs technologiques américaines cotées.

Un modèle économique qui suscite encore des interrogations

Autre problème pour Facebook  : le réseau social suscite toujours de nombreuse interrogations quand à son modèle économique. Pour Larry Chiagouris, professeur de commerce de la Pace University, le monde de la pub « s’aperçoit de plus en plus que Facebook est d’un intérêt limité pour des opérations de marketing ». Un constat qu’a déjà fait le constructeur américain General Motors, qui a récemment annoncé qu’il stoppait toute publicité sur Facebook.

Certains spécialistes du marketing ont même pointé le fait que les internautes cliquaient plus facilement sur les publicités publiées par Google que sur celles publiées par Facebook. Pas de quoi rassurer les investisseurs. Larry Chiagouris considère ainsi que « le meilleur conseil pour les publicitaires, c’est de limiter leurs investissements jusqu’à ce que Facebook prouve qu’il peut ramener des résultats significatifs ».

Le Monde

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Le G8 plaide pour une zone euro “forte et unie” et encourage la croissance

Les dirigeants des pays du G8 ont plaidé samedi pour une zone euro “forte et unie”, avec laGrèce, et se sont engagés à “encourager la croissance”, tout en prenant des mesures contre les déficits, lors d’un sommet dominé par la crise de la dette européenne. Un engagement pour la croissance dont le président français François Hollande s’est félicité, estimant que cette dimension était une “attente” des opinions publiques et des marchés.“La première grande orientation, celle que je voulais donner, je n’étais pas le seul, c’était demettre la croissance au coeur de nos discussions (…) il apparaît d’évidence que la croissance a été le grand sujet de ce G8″, s’est réjoui M. Hollande.

Hôte du sommet organisé dans sa résidence forestière de Camp David, dans le Maryland, le président Barack Obama a salué le consensus qui s’est dégagé des discussions. “Tous les dirigeants sont d’accord aujourd’hui ici, la croissance et l’emploi doivent être notre priorité absolue”, a déclaré Barack Obama, en clôture des travaux. “Il y a maintenant un consensus de plus en plus net sur le fait qu’il faut en faire plus pour créer de la croissance et des emplois dans le contexte des réformes budgétaires et structurelles” engagées enEurope, a estimé le président américain.

DIFFÉRENCES DE STRATÉGIE

La double ambition affichée par les dirigeants du G8 butte toutefois sur des différences de stratégie. Différences soulignées dans le communiqué du sommet de Camp David qui pointe que les mesures à prendre “ne sont pas les mêmes pour chacun” d’entre eux. Dans un effort pour contenter à la fois la chancelière allemande Angela Merkel, apôtre de la rigueur, et les nouveaux dirigeants italien Mario Monti et français François Hollande, qui souhaitent donner davantage priorité à la relance, M. Obama a affirmé que la recherche de la croissance et la lutte contre les déficits devaient aller de pair.

M. Monti a estimé qu’on ne pouvait pas “se contenter d’attendre des réformes structurelles et la réduction des déficits pour générer de la croissance”. Il a appelé le conseil européen du 23 mai à “définir des mesures concrètes, comme un renforcement du capital de la Banque européenne d’investissement, des obligations destinées aux projets (d’infrastructures) et une évolution vers les eurobonds” et annoncé un sommet avec M. Hollande et Mme Merkel à Rome en juin.

Mme Merkel, qui a rencontré en tête-à-tête M. Obama à Camp David samedi soir, a nié toute divergence entre Paris et Berlin sur ce sujet. “Le message important à retenir du sommet, c’est que la consolidation des budgets et la croissance sont les deux faces de la même médaille”, a-t-elle affirmé. Selon elle, les dirigeants des pays du G8 et de l’Union européenne “sont tombés entièrement d’accord pour dire qu’il faut les deux choses: de la discipline budgétaire (…) et en même temps des efforts pour la croissance”.

L’EURO AVEC LA GRÈCE

Ce débat sur la dette européenne s’effectue sur fond de graves inquiétudes pour la Grèce, où la crise économique se double d’un blocage politique. Les Grecs sont à nouveau appelés aux urnes le 17 juin et leur sortie de l’euro est ouvertement évoquée.

M. Hollande a affirmé avoir obtenu que le soutien à la Grèce soit mentionné par le G8. “Le message que j’ai voulu porter (…) ça a été le souhait que la Grèce reste dans la zone euro, respecte ses engagements mais soit appuyée, accompagnée par l’Europe pour stimuler sa croissance”, a déclaré M. Hollande.

Candidat à un second mandat le 6 novembre, M. Obama a mis en garde contre les effets néfastes des difficultés européennes sur la situation aux Etats-Unis où, même modeste, la croissance est revenue et le chômage a décru d’un point depuis août 2011.

UNE SOLUTION DIPLOMATIQUE POUR L’IRAN

Les dirigeants du G8 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, CanadaItalieFranceAllemagne,JaponRussie) et de l’UE avaient déjà effectué un tour d’horizon des dossiers géopolitiques brûlants vendredi soir, notamment les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, ainsi que la Birmanie et la Syrie.

Sur l’Iran, à quelques jours de la reprise de négociations à Bagdad avec le Groupe “5+1″(Etats-Unis, RussieChine, France, Grande-Bretagne, plus Allemagne), M. Obama a exprimé l’espoir de parvenir à une solution diplomatique, tout en estimant à propos de Téhéran “que ses violations continuelles des règles internationales et son incapacité àprouver jusqu’ici qu’il n’essaie pas de militariser (son programme nucléaire) constituent un grave motif d’inquiétude”.

Les pays du G8 ont aussi adressé un avertissement à la République islamique en se disant prêts à prendre des mesures pour assurer l’approvisionnement du marché mondial enpétrole, façon de montrer qu’ils pourront supporter les effets sur les cours des sanctions contre le secteur pétrolier iranien devant entrer en vigueur en juillet.

SOUTENIR UN PROCESSUS POLITIQUE EN SYRIE

Concernant la Syrie, les dirigeants du G8 appellent dans leur communiqué le gouvernement syrien “et toutes les parties” à faire cesser immédiatement la violence. Les huit dirigeants ont dit “soutenir les efforts” du médiateur international Kofi Annan, même si ce dernier n’est pas parvenu à faire respecter le cessez-le-feu entré théoriquement en vigueur le 12 avril. Ils se sont dit “déterminés à envisager d’autres mesures aux Nations unies en fonction des besoins”.

M. Obama a évoqué la nécessité de voir un “processus politique” s’engageant “plus rapidement” dans ce pays, théâtre d’une révolte réprimée dans le sang par le régime de Bachar Al-Assad. Cette formulation vague n’a pas pu camoufler le différend persistant avec Moscou, allié du régime syrien. Un conseiller du Kremlin, Mikhaïl Margelov, a estimé samedi qu’il “ne peut pas y avoir de changement de régime par la force”.

L’après-midi devait être consacré à l’Afghanistan ainsi qu’aux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. L’Afghanistan sera le sujet dominant du sommet de l’OTAN qui démarrera dimanche à Chicago dans la foulée du G8.

Le Monde

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Facebook : Mark Zuckerberg donne le coup d’envoi à la cotation

Mark Zuckerberg a ouvert symboliquement la séance de ce vendredi sur le Nasdaq. La cotation du géant des réseaux sociaux commence à 17h.

Ce vendredi 15h30 heure française, Mark Zuckerberg a sonné la cloche pour ouvrir, depuis le siège de Facebook à Menlo Park, le Nasdaq à Wall Street. Un geste symbolique réalisé 90 minutes avant le début de la cotation du réseau social sur le marché électronique.

Dans des images internet retransmises par le Nasdaq, Mark Zuckerberg a sonné au petit matin la cloche à distance, à l’extérieur du siège de sa société à Menlo Park (Californie), tout sourires et entouré de ses plus proches collaborateurs. A New York une énorme banderole de la couleur bleue du réseau social aux 900 millions d’utilisateurs, était déployée sur le bâtiment du Nasdaq en plein Times Square, où se lisaient quelques mots de la profession de foi de M. Zuckerberg extraits de son dossier boursier : « pour un monde plus ouvert et connecté », suivie de sa signature. « Marck Zuckerberg a inscrit une entreprise au Nasdaq », lisait-on sur sa page Facebook.

A Menlo Park, où la presse n’avait pas été admise, des centaines d’employés, beaucoup d’entre eux portant le type de sweatshirt à capuche fétiche de M. Zuckerberg, s’étaient rassemblés pour porter l’excitation à son comble. Beaucoup devaient avoir passé la nuit sur place pour participer à un « hackathon », c’est-à-dire un marathon de codage informatique, organisé pour l’occasion.

Tout de suite après la sonnerie, la directrice d’exploitation Sheryl Sandberg, bras droit de M. Zuckerberg, l’a étreint de joie.

Deuxième plus grosse IPO derrière Visa

L’événement est inédit : c’est la deuxième plus grosse entrée en Bourse de l’histoire américaine, après celle de Visa. L’ampleur de la levée de fonds donne le tournis. Facebook a mis sur le marché plus de 421 millions d’actions au prix de 38 dollars pièce, pour un total de près de 16 milliards de dollars, ce qui valorise le groupe à 104 milliards de dollars maximum. C’est largement plus que, par exemple, la valorisation de Disney pourtant implanté de longue date, d’environ 80 milliards de dollars.

De l’avis général des observateurs, cette entrée en Bourse ne devrait pas changer grand chose au niveau économique pour le géant californien, du moins dans un premier temps. Ce n’est par besoin de liquidités que Facebook fait appel au marché. Le site réalise 3,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires chaque année et détient déjà 4 milliards de dollars de liquidités.

L’objectif de marquer les esprits

Certains pointent d’ailleurs les problèmes à venir de la société. Celle-ci serait surcotée par rapport à sa capacité réelle à créer des bénéfices, un comble pour un réseau qui réunira probablement bientôt un septième de la population mondiale. Le modèle économique serait notamment menacé par le fait que les annonceurs sont mitigés quant à l’impact de l’achat de publicité sur Facebook. Le constructeur automobile américain General Motors a récemment lancé un pavé dans la mare en décidant de ne plus en acheter, constatant que les utilisateurs du réseau social ne cliquent presque pas sur ses annonces.

Cette entrée en Bourse permet en revanche de marquer les esprits en faisant un gros coup au sein de ce temple du capitalisme qu’est Wall Street. Et de signifier son ambition d’être le leader des acteurs de l’Internet dans la décennie à venir. Presque accessoirement, elle enrichit aussi Mark Zuckeberg, lui qui possède 18,4% des parts de la société.

Le Monde

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A Washington, Jean-Claude Trichet défend les succès de l’euro

L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a défendu, jeudi 18 mai, à Washington les succès enregistrés selon lui par la zone euro depuis l’adoption de la monnaie unique européenne en 1999, sans minimiser les “énormes”problèmes actuels.

“Si je vous avait dit en 1998 que l’euro serait lancé en temps et en heure sans problème technique, j’imagine que 50 % du public m’aurait cru” et le reste non, a déclaré M. Trichet lors d’une conférence au Peterson Institute, cercle de réflexion économique réputé de la capitale américaine.

“Si je vous avait dit que treize ans” après son lancement, l’euro serait la monnaie de 17 pays et de “350 millions de personnes”“90 % auraient dit : ‘il rêve, 350 millions, c’est plus que la population des Etats-Unis‘”, a ajouté M. Trichet.

STABILITÉ DES PRIX

“Si je vous avais dit que la stabilité des prix serait assurée” dans la zone euro, une fraction encore moindre de l’assistance y aurait cru, a encore dit M. Trichet, qui s’exprimait devant un parterre d’économistes parmi lesquels deux anciens présidents de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker et Alan Greenspan, ou encore l’ancien numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky.

M. Trichet a voulu insister ensuite sur “deux points qui sont totalement ignorés”. Depuis le lancement de l’euro le 1er janvier 1999, a-t-il dit, la croissance économique par tête a été de 0,8 % dans la zone euro et de 0,6 % aux Etats-Unis, et les créations d’emploi nettes jusqu’au 31 décembre 2011 ont été de 14,5 millions dans la zone euro, et de 8,5 millions en Amérique.

“Je ne dis pas cela par suffisance” ou pour nier la réalité des difficultés actuelles, “nous avons des problèmes énormes” et “le triste privilège d’être l’épicentre de la crise des dettes publiques”“mais gardez cela à l’esprit [...] nous sommes dans un environnement qui manque d’objectivité”.

Le Monde

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Hollande et Merkel : “renégocier” ou pas le traité européen

Une prise de contact franche et directe. A l’image de ce coup d’épaule décoché par la chancelière au nouveau président de la République qui, recevant les honneurs de la Bundeswehr dans la cour de la chancellerie, avait une fâcheuse tendance à ne pas marcherdroit sur le tapis rouge. A l’image aussi du petit coup de coude qu’elle lui a envoyé, quelques instants plus tard, jugeant qu’il restait trop longtemps immobile devant la garde.

De fait, les deux dirigeants avaient beaucoup de choses à se dire, et le président français était très en retard. Pas de temps à perdre, donc. A l’issue d’une rencontre d’une heure, ils ont rendu compte à la presse de leur premier échange, chacun à sa façon. Directe pour Angela Merkel : “Chacun a parlé dans sa langue maternelle.” Plus enrobée pour François Hollande“Nous avons parlé la langue universelle, celle de la communauté d’intérêts, de l’intelligence respective.”

Ils voulaient apprendre à se connaître avant d’étudier le fond des dossiers. Ils n’ont rien caché de leurs divergences, que ce soit sur le pacte fiscal, la croissance ou la Grèce. Mais chacun a tenu à affirmer que la convergence entre les deux pays est une priorité. Sur le pacte fiscal, Mme Merkel a rappelé qu’il avait été “signé en mars”Comprendre : il n’est plus temps d’en discuter ; pourquoi le faire ? La croissance est inscrite dans le traité, a-t-elle laissé entendre.

Réponse de M. Hollande : “Le mot était dans le traité, mais pas vraiment prononcé.” Et il ne s’est pas privé d’exprimer, lui, le mot qui fâche : il n’exclut pas de “renégocier” le pacte, comme il l’a assuré pendant sa campagne présidentielle. “Notre promesse, nous la maintenons”, a-t-il dit.

Jusqu’à quand ? Sans doute jusqu’à fin juin. Si, lors du sommet européen des 28 et 29 juin, le président estime avoir obtenu assez d’avancées sur la croissance, il devrait accepter de compléter le pacte et non de le “renégocier”. Les deux dirigeants sont convenus d’une méthode : ouvrir le débat sur tous les sujets avant le Conseil européen de juin et, si possible, élaborer des positions communes.

CALENDRIER COMPLEXE

M. Hollande n’a pas évoqué le mémorandum en quatre points qu’il voulait envoyer “le lendemain de son élection” à ses partenaires européens. En estimant que “tout doit être mis sur la table, de part et d’autre”, en évoquant “les eurobonds” et “les réformes structurelles”, il laisse entendre qu’il ne s’enfermera pas dans une relance keynésienne, qu’il est prêt à étudier les propositions de nature plus libérales émises, fin février, par le président du Conseil italien, Mario Monti, et le premier ministre britannique, David Cameron.

Jusqu’à fin juin, les dirigeants européens, notamment les Français et les Allemands, vont donc faire une liste de propositions, puis voir s’il est possible d’aboutir à un consensus. Cette date, évoquée tant par Paris que par Berlin, ne doit rien au hasard. Outre le Conseil européen, la chancelière n’a sans doute pas très envie de faire des concessions à M. Hollande avant les élections législatives françaises.

Elle est elle-même soumise à un calendrier interne complexe. Après la déroute électorale de son parti, la CDU, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le 13 mai, Mme Merkel n’est pas en mesure d’obtenir des concessions importantes du Parti social-démocrate (SPD). Or, elle a besoin des voix de l’opposition pour faire adopter le projet de loi sur le pacte fiscal et sur le Mécanisme européen de stabilité. Mardi, les trois principaux dirigeants du SPD s’étaient au contraire employés à faire front commun avec M. Hollande pour réclamer davantage de soutien à la croissance. Initialement, la chancelière espérait faire adopter ces textes fin mai, mais le SPD juge cette date “irréaliste”.

DIVERGENCES SUR L’AIDE À APPORTER AUX GRECS

Autre dossier brûlant : celui de la Grèce. Là encore, si les deux dirigeants s’accordent pourrespecter le verdict des urnes – une façon d’envisager une sortie de la Grèce de la zone euro – et pour exiger des Grecs qu’ils respectent le mémorandum signé avec leurs créanciers, M. Hollande et Mme Merkel divergent sur l’aide à apporter aux Grecs. Quand la chancelière concède, du bout des lèvres, qu’“on pourra éventuellement faire de nouvelles propositions”, le président semble se sentir investi d’une mission. “Je mesure les épreuves et les souffrances qu’une partie du peuple grec subit. Nous viendrons vers eux pour leurpermettre d’assurer leur croissance. Je dois envoyer un certain nombre de signes”, dit-il.

“Hollande, dernier espoir des Grecs”, titrait le Spiegelonline quelques heures avant cette conférence de presse retransmise en direct sur CNN et la BBC. Manifestement, le président français entend assumer sa position de leader de la gauche européenne. D’où, d’ailleurs, la volonté de ne pas se laisser enfermer dans un dialogue bilatéral avec l’Allemagne. Se disant partisan d’“ une relation équilibrée et respectueuse, équilibrée entre nos deux pays et respectueuse de nos partenaires de l’Europe, M. Hollande, qui avait déploré, pendant la campagne présidentielle, que l’axe franco-allemand soit par trop outrageusement mené par Berlin, n’a pas seulement critiqué en creux, son prédécesseur.

Il a également – ce qui est rare au cours d’un sommet entre les dirigeants des deux pays – insisté pour que cette relation ne soit pas exclusive, mais prenne davantage en compte les autres pays européens et les “ institutions communautaires ”. En rencontrant à Paris, avant même sa prise de fonctions, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, et Hermann van Rompuy, président du Conseil européen, il avait déjà mis en scène ce souci de rééquilibrage.

Après la conférence de presse, les deux dirigeants et leurs entourages ont eu un dîner de travail, au cours duquel ils ont abordé d’autres sujets internationaux comme la Syrie, l’Afghanistan, l’Iran. Là aussi, les différences d’approche étaient parfois sensibles, notamment sur l’Afghanistan car les deux pays n’ont pas le même calendrier de retrait. Mais l’ambiance était détendue et même, affirme un participant, non dénuée d’humour.

Le Monde

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Retraits massifs dans les banques grecques

Devant l’incertitude politique et économique, les Grecs ont procédé à des retraits massifs sur leurs comptes en banque et si les autorités n’évoquent pas de “panique bancaire” à ce stade, elles reconnaissent un sentiment de “peur qui pourrait évoluer en panique”. Les retraits d’argent dans les banques grecques ont atteint 700 millions d’euros lundi, a indiqué le président de la République, Carolos Papoulias, aux chefs des partis politiques qu’il a reçus.

“Le gouverneur de la Banque de GrèceGeorges Provopoulos, (…) m’a informé que la situation des banques était très difficile” et “que le système bancaire était actuellement très faible”. M. Papoulias estime par ailleurs que “la situation” serait “pire au cours des deux prochains jours”.

L’ARGENT PART À L’ÉTRANGER

“Il s’attend à des sorties totales de l’ordre de 800 millions d’euros”, a ajouté le président grec. L’inquiétude est provoquée par l’incertitude politique qui a suivi le scrutin législatif du 6 mai, au cours duquel aucun parti n’a reçu de majorité, plongeant le pays dans la paralysie politique. Une nouvelle réunion est prévue ce mercredi entre le président Papoulias et les dirigeants des formations politiques pour la mise en place d’un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes jusqu’à la tenue des nouvelles élections.

En février, l’ancien ministre des finances, Evangelos Venizélos, avait chiffré à quelque 16 milliards d’euros les sommes déposées à l’étranger depuis 2009, début de la crise de la dette, dont “32 % dans des banques au Royaume-Uni et 10 % dans des banques enSuisse.

Le Monde

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Moody’s dégrade 26 banques italiennes

L’agence de notation Moody’s a annoncé lundi qu’elle abaissait la note de crédit de long terme de 26 banques italiennes, à cause des difficultés économiques de l’Italie, de l’affaiblissement des bénéfices et d’un “accès restreint aux financements de marché”. Les abaissements vont d’un à quatre crans, avec un cran pour les deux plus grandes banques du pays, UniCredit et Intesa Sanpaolo, toutes deux ramenées à A3.

Pour le numéro trois, Banca Monte dei Paschi di Siena (BMDP), la sanction est de deux crans, à Baa3, et pour le numéro quatre, Banco Popolare, d’un cran, à Baa3 également. Cela les place juste au-dessus de la catégorie “spéculative”. D’après Moody’s, ces banques“sont confrontées à des difficultés importantes dans la qualité des actifs, les fonds propres et/ou le financement”.

PERSPECTIVE NÉGATIVE

Dix banques ou filiales tombent dans cette catégorie “spéculative”, tandis que deux qui y étaient déjà s’enfoncent plus bas encore. Pour toutes les banques concernées, la perspective est “négative” ce qui signifie que Moody’s envisage d’abaisser encore ces notes, si les problèmes de financement s’aggravent, en cas de “récession prolongée” ou encore en cas d’abaissement de la note de l’Etat italien (actuellement à A2).

“Les notes des banques italiennes font maintenant partie des plus basses chez les pays européens avancés, reflétant la vulnérabilité de ces banques à un contexte économique défavorable en Italie et en Europe, a expliqué Moody’s dans un communiqué. Nous reconnaissons, toutefois, que les banques italiennes évoluent dans un contexte moins tendu que, par exemple, les banques portugaises.”

Elle a invoqué dans un communiqué “des conditions de plus en plus défavorables, avec le retour de l’économie italienne en récession et une austérité gouvernementale qui réduit la demande à court terme”. Son hypothèse est d’un recul du produit intérieur brut de 1,9 % en 2012. Elle perçoit “des défis de plus en plus grands pour la qualité des actifs et un affaiblissement des performances d’exploitation, à un moment où les prêts à problèmes et les provisions pour pertes de crédit augmentent”.

DÉPENDANCE CROISSANTE VIS-À-VIS DE LA BCE

Moody’s s’inquiète aussi d’un “accès restreint aux financements de marché qui, s’il persiste, mettra une pression supplémentaire sur les banques pour réduire leurs actifs, posant des risques pour leur enseigne et leurs bénéfices”. Enfin, elle a relevé chez certaines de ces banques “des risques pour les créanciers provenant de faiblesses potentielles dans la gouvernance, les contrôles et la gestion des risques, en particulier chez des banques plus petites, non cotées”.

L’agence de notation avait annoncé en février qu’elle envisageait d’abaisser à court terme les notes de 114 banques européennes, en raison de la crise dans la zone euro et de la baisse de la note de plusieurs Etats du continent. Les banques italiennes ont fait partie des grosses clientes des opérations de refinancement géantes sur trois ans de la Banque centrale européenne en décembre et février.

“Nous pensons que leur utilisation croissante des fonds de la BCE illustre les pressions sur le financement auxquelles elles sont confrontées, et leur vulnérabilité à de nouvelles perturbations sur les marchés”, a souligné Moody’s, qui estime qu’elles pourraient “avoir du mal à réduire leur dépendance” vis-à-vis de cette source de liquidités.

Le Monde

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Facebook réveille les craintes d’une bulle internet

Il fallait s’y attendre. A quelques jours de son introduction en Bourse, prévue le vendredi 18 mai, Facebook a relevé son prix, selon les informations du Wall Street Journal. Ses actions coûteront entre 34 et 38 dollars (26,4 à 29,5 euros), contre 28 à 35 dollars auparavant. Une manière de signifier aux investisseurs que le pari Facebook vaut vraiment le coup d’être tenté, et d’amplifier encore le “buzz” sur l’opération la plus attendue de l’année.

Il faut dire que les chiffres donnent le tournis. Facebook possède plus de 900 millions d’utilisateurs actifs : près d’un internaute sur deux dans le monde y a ouvert un profil. Parmi eux, plus de 500 millions se connectent au moins une fois par jour. Ce qui place le réseausocial au rang de troisième “pays” le plus peuplé au monde, derrière l’Inde et la Chine.

Pas étonnant, donc, que le groupe ait voulu aligner ses ambitions financières sur ses succès d’audience. Pour son entrée sur le Nasdaq, Facebook est valorisée jusqu’à 104,2 milliards de dollars, loin devant les 22 milliards que valait Google lors de son introduction en Bourse en 2004. C’est plus de 28 fois son chiffre d’affaires et de 100 fois ses bénéfices. Atitre de comparaison, Microsoft vaut 11 fois ses bénéfices… Tout cela pour un groupe qui n’existait pas il y a huit ans et dont le PDG, Mark Zuckerberg, a fêté ses 28 ans le 14 mai.

LES PRÉCÉDENT NETSCAPE ET AMAZON

Il n’en fallait pas davantage pour réveiller le spectre de la bulle Internet qui, au tournant des années 2000, fit gagner puis perdre des millions aux investisseurs leurrés par les paillettes des sociétés du Web.

commencer par Netscape, l’un des premiers navigateurs Internet, introduit en Bourse en août 1995. Proposée à 28 dollars, l’action grimpa à 71 dollars en une journée… pourredescendre à près de 15 dollars dans les deux années qui suivirent. Netscape fut racheté par AOL en 1998 puis dépérit, devancé technologiquement par l’Internet Explorer de Microsoft.

Amazon, le pionnier de la vente de livres en ligne, a eu plus de chance : valorisé 375 millions de dollars en 1997, il pèse aujourd’hui une centaine de milliards. Mais il aura tout de même fallu attendre 2003 pour que le groupe soit rentable.

Pour les défenseurs du groupe de Menlo Park (Californie), le profil de Facebook n’a rien àvoir avec ses prédécesseurs. “Comparé aux start-up, Facebook est une société mature”, soulignent les analystes de Fidelity. Dans le secteur Internet, à 8 ans, on a dépassé l’âge de raison… Netscape, lui, s’était lancé en Bourse à seulement 16mois. Et même si le groupe de Mark Zuckerberg a vu le jour dans une chambre d’étudiant, il compte aujourd’hui 3 500 salariés. Pas de quoi le confondre avec une jeune pousse.

Surtout, Facebook possède un avantage de taille : il gagne de l’argent. En 2011, le réseau a enregistré un bénéfice net d’un milliard de dollars, soit 27 % de son chiffre d’affaires (3,7 milliards). “On n’est pas dans de la finance-fiction”, résume Virginie Lazès, directrice associée chez Bryan Garnier.

UNE “MACHINE À CASH”

Mais plus que sur ses faits de gloire passés, c’est sur l’avenir de Facebook que se penchent les investisseurs. Ils parient sur la capacité du réseau à devenir une “machine à cash”. En la matière, la référence, c’est Google, la success story de l’Internet. Introduit sur le Nasdaq en 2004, le moteur de recherche a su monétiser son audience, grâce à la mise en place de liens commerciaux vers les sites ciblés par les internautes. Ceux qui ont acheté des actions il y a huit ans ont multiplié leur mise par huit.

Chez Facebook, dont 82 % des revenus proviennent de la publicité, l’offre commerciale est encore assez classique, basée sur la vente de bandeaux publicitaires. Mais Mark Zuckerberg et ses équipes rêvent d’en démultiplier le potentiel en permettant plus encore qu’aujourd’hui aux grandes enseignes de cibler le profil des consommateurs, au vu de ce qu’ils aiment, lisent ou consomment. S’ajoutent les ambitions du groupe sur le mobile, où il constitue déjà l’application la plus téléchargée. “Le marché de la publicité sur mobile devraitpasser de 1,5 milliard de dollars en 2010 à 17,6 milliards en 2015″, souligne-t-on chez Fidelity.

A l’aune de ces perspectives de croissance, le prix à payer pour Facebook peut semblertout relatif. Le réseau social LinkedIn, le seul de la dizaine de sociétés Internet arrivées en Bourse l’an dernier à valoir plus que son cours d’introduction, se paie actuellement plus de 900 fois ses bénéfices; pour Amazon, ce ratio atteint 185.

LES FAILLES DU MODÈLE

Le modèle Facebook n’est toutefois pas sans faille. La baisse du résultat de 10 % au premier trimestre, et la précision apportée la semaine dernière par les dirigeants, selon laquelle Facebook “n’[a] pas encore réussi à tirer de revenus substantiels de l’activité de ses utilisateurs sur la plate-forme mobile” ont jeté un froid.

Mais les dirigeants du groupe ont plus d’un tour dans leur sac. Ils ont su allécher les investisseurs pour l’introduction en Bourse du groupe. Ne serait-ce qu’avec la mise en vente d’un faible nombre d’actions (12 % du capital), garant d’une ruée sur le peu de “papier”disponible, et la mobilisation de 31 banques pour démarcher les futurs actionnaires potentiels.

“La technique est connue: on fixe un prix d’introduction inférieur aux attentes, de façon àfavoriser une hausse de l’action le premier jour de Bourse. Entre-temps, les grandes banques introductrices ont vendu à leurs meilleurs clients des titres avant cotation en étant sûres qu’ils y gagneront”, décrypte Benoît Flamant, gérant chez IT Asset Management.

Même si le succès est au rendez-vous le premier jour, difficile de dire s’il se confirmera à long terme. Groupon avait bondi de 30 % en un jour; il vaut aujourd’hui deux fois moins que lors de sa mise en Bourse. Sur Facebook, les gérants de Henderson Global Advisors se veulent “prudemment optimistes”“Il faut attendre six à neuf mois après une introduction en Bourse pour savoir s’il y a réellement bulle ou non”, rappelle M.Flamant.

Le Monde

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Pour Obama, l’affaire JPMorgan illustre la nécessité de réformer Wall Street

La perte de trading qui a coûté au moins 2 milliards de dollars à JPMorgan illustre la nécessité d’une réforme de Wall Street, a déclaré lundi le président américain Barack Obama. “JP Morgan est l’une des banques les mieux dirigées qui soient. James Dimon, son dirigeant, est l’un des banquiers les plus intelligents que nous ayons et malgré cela, ils ont perdu 2 milliards de dollars, voire plus”, a-t-il dit sur la chaîne de télévision ABC.

Nous ne connaissons pas tous les détails. Il va y avoir une enquête, mais c’est pour cela que nous avons adopté une réforme de Wall Street, a-t-il ajouté. On aurait pu avoir une banque moins forte, moins rentable, faisant ce genre de pari, et le gouvernement aurait peut-être dû intervenir. C’est exactement pour cette raison que la réforme de Wall Street est si importante.”

ATTAQUES CONTRE LE CAMP RÉPUBLICAIN

Barack Obama, dont l’interview sera diffusée mardi, en a profité pour attaquer son rival républicain Mitt Romney : “Nous avons de vraies différences sur cette question car le gouverneur Romney, les membres – certains membres – républicains du Congrès et l’industrie financière déclarent que [la réglementation] est inutile, qu’elle entrave la formation du capital.”

Le président américain a ajouté : “Nous voulons une industrie financière qui marche. Ce sera toujours une des marques de l’Amérique. Mais ce qui fait de nous la meilleure industrie financière, c’est la transparence, la responsabilité, des règles afin que les petits investisseurs aient le sentiment qu’en plaçant leur argent à Wall Street, il ne va pas soudainement s’évanouir.”

La Réserve fédérale a fait savoir qu’elle vérifiait si JPMorgan ne prenait pas de risques dans d’autres secteurs. La banque centrale américaine examine aussi si la perte de trading n’a pas de conséquences plus larges dans la gestion du risque par la banque. JPMorgan a décidé lundi de se séparer de sa directrice des investissements, Ina Drew, en réponse aux pertes liées à une stratégie de couverture hasardeuse qui ont entaché la réputation de son directeur général, Jamie Dimon.

Le Monde

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Wolfgang Schäuble veut faire rimer croissance avec assainissement budgétaire

Dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos, lundi 14 mai, Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, assure qu’une croissance “forte et assise sur une base solide” n’est “en aucun cas contradictoire avec l’assainissement budgétaire, trop longtemps repoussé, que les gouvernements européens poursuivent désormais avec ténacité. Au contraire, ils se renforcent mutuellement”, fait-il valoir.

Dénonçant une relance financée par le déficit, M. Schäuble souligne qu’un “budget intelligemment assaini crée la confiance sans laquelle consommation et investissement sont inconcevables”“Quant à la croissance, elle participe à l’assainissement budgétaire en réduisant les dépenses de l’Etat et en stimulant ses revenus.”

Avant la première rencontre entre le nouveau président français, François Hollande, et la chancelière Angela Merkel, M. Schäuble met en exergue les vertus du modèle allemand basé sur la compétitivité. Pour lui, “une des leçons de la crise est que les membres d’une union monétaire doivent travailler sans relâche à la convergence de leurs économies nationales. Mais ils doivent aussi maintenir, voire améliorer, leur compétitivité vis-à-vis du reste du monde, une exigence souvent négligée par le passé. C’est sur cette compétitivité que s’appuie toute croissance durable”.

M. Schäuble se dit prêt à étudier le rôle que pourrait jouer la Banque européenne d’investissement dans la relance de la croissance. Le financement des PME doit aussi être discuté au niveau national et européen, tout comme la lutte contre le “fardeau bureaucratique”. Le ministre évoque l’implication de l’Etat dans l’économie, qui peut “inhiber”l’investissement, et s’interroge aussi sur l’utilisation des fonds européens, qui pourraient être mieux utilisés, par exemple pour la formation professionnelle.

Le Monde

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La zone euro résisterait à une sortie de la Grèce, selon Berlin

La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce, a estimé le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, dans un entretien au quotidien régional allemand Rheinische Post, paru vendredi 11 mai.

De tous côtés, des tentatives d’appaisement face à une Grèce toujours embourbée dans la crise politique et économique se font entendre. A la question : “La zone euro peut-ellesupporter une sortie de la Grèce ?” M. Schäuble répond vendredi 11 mai : “L’Europe ne sombre pas aussi facilement.” Il précise toutefois : “Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Mais elle doit aussi le vouloir et remplir ses devoirs. Nous ne pouvons forcerpersonne.”

Selon M. Schäuble, la zone euro est mieux armée qu’il y a deux ans. “Nous avons beaucoup appris ces deux dernières années et construit des mécanismes de protection. Les dangers de contamination pour les autres pays de la zone euro sont devenus plus faibles et la zone euro est dans son ensemble devenue plus résistante”, dit-il. “La crise a montré que lorsqu’il faut agir vite, l’Europe peut réagir rapidement (…). L’idée que nous ne serions pas capables de réagir à court terme devant quelque chose d’imprévu est faux”, a-t-il ajouté.

MESURES DE RELANCE

De son côté, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a conditionné le versement de nouvelles aides à la Grèce aux respect par Athènes de ses obligations, dans un discours aux députés allemands vendredi.

Quant au président américain, Barack Obama, il a reproché jeudi à l’Europe de ne pas avoiradopté suffisamment tôt des mesures de relance face à la crise, comme les Etats-Unis. M. Obama a reconnu que l’économie américaine subissait toujours des “vents contraires”, mais restait en bien meilleur état que celle de l’Europe où certains pays sont entrés en récession.“L’Europe est toujours dans une situation difficile, en partie parce qu’ils [ses dirigeants] n’ont pas pris les mesures décisives que nous avons prises au début de cette récession”, a ajouté M. Obama.

Pendant ce temps, la Grèce se cherche toujours un gouvernement. Jeudi des rumeurs circulaient sur un possible accord sur une grande coalition, placée sous l’égide du dirigeant socialiste Vénizélos.

Le Monde

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Les Etats-Unis ouvrent leur marché à trois grandes banques chinoises

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi 9 mai qu’ils autorisaient l’implantation sur leur territoire de trois des quatre plus grandes banques chinoises, détenues en majorité par l’Etat chinois. La banque centrale américaine a détaillé l’ensemble des mesures de régulation et de supervision auxquelles sont soumises les banques en Chine. Elle les a estimées satisfaisantes en matière de respect des normes de fonds propres, de prévention des risques, de respect de la législation ou de lutte contre le blanchiment d’argent.

La FED a ainsi approuvé à l’unanimité la demande de la plus grande banque chinoise, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), pour racheter 80 % de la filiale new-yorkaise d’une banque hongkongaise, The Bank of East Asia USA. Cette filiale contrôle 780 millions de dollars d’actifs et 621 millions de dollars de dépôts, grâce à 13 agences dans l’Etat de New York et en Californie offrant leurs services aux particuliers et entreprises.

Ont également été approuvées à l’unanimité les demandes d’Agricultural Bank of China (AgBank) et Bank of China, troisième et quatrième plus grandes banques chinoises, pourouvrir des succursales respectivement à New York et à Chicago. La FED n’a pas précisé quelles activités AgBank et Bank of China comptaient mener aux Etats-Unis.

L’annonce intervient une semaine après la conclusion d’une session du dialogue stratégique et économique Etats-Unis-Chine à Pékin, lors de laquelle responsables chinois et américains ont discuté de l’ouverture du marché intérieur chinois. En septembre 2010, Washington a porté devant l’Organisation mondiale du commerce une plainte pour remédier à la discrimination dont seraient victimes en Chine les émetteurs de cartes bancaires américains.

Le Monde

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Athènes va recevoir une partie de l’aide européenne

La Grèce va recevoir, jeudi 10 mai, 4,2 milliards d’euros sur les 5,2 milliards qui devaient lui être versés à cette date, a annoncé mercredi le Fonds de secours de la zone euro (FESF) dans un communiqué, précisant que la Grèce n’avait pas besoin du milliard restant avant juin.

Les responsables de la zone euro, qui se sont réunis mercredi soir, “ont décidé de laisser le versement du milliard qui reste à la décision de l’Eurogroupe lundi” lors d’une réunion prévue de longue date à Bruxelles, a précisé une source gouvernementale européenne.

La Commission européenne avait dans un premier temps confirmé que les 5,2 milliards d’euros seraient versés jeudi en dépit de l’incertitude politique qui pèse sur le pays. Mais les incertitudes en Grèce ont poussé certains pays, surnommés “les triple A” en référence à la notation la plus élevée attribuée à leur dette, à demander des assurances, avait indiqué une autre source gouvernementale, reconnaissant que l’impasse politique que traverse Athènes“inquiète tout le monde”.

DEMANDES D’ASSURANCE À LA GRÈCE

Plusieurs responsables européens ont affirmé qu’Athènes devait respecter les engagements pris auprès de ses créanciers si elle voulait continuer à recevoir de l’aide“Si la Grèce veutrester, il n’y a pas de meilleure voie que celle que nous avons adoptée, on ne peut pas avoirl’un (le sauvetage financier) sans l’autre” (les économies et les réformes), a affirmé le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, lors d’un colloque à Bruxelles.

La Grèce devra rembourser 450 millions d’euros d’obligations dès lundi que ses détenteurs ont refusé d’effacer dans le cadre de la vaste opération de restructuration de sa dette menée en mars. Athènes doit, en outre, rembourser 3,3 milliards d’euros d’ici au 18 à la Banque centrale européenne.

Le versement de la prochaine tranche d’aide doit en théorie être décidé en fonction des discussions entre les bailleurs de fonds et les autorités grecques prévues en juin, mais est désormais hypothétique. Selon les analystes de Credit Suisse, de ce nouveau feu vert dépendra le versement d’une tranche d’aide de 23 milliards d’euros destinés à la recapitalisation des banques grecques, et de 8 milliards supplémentaires pour aider Athènes à faire face à ses échéances de remboursement, réduire son déficit et assurer le paiement d’arriérés.

LE PASOK CHARGÉ DE TROUVER UN COMPROMIS GOUVERNEMENTAL

Pendant que les tractations financières continuent, Athènes tente de trouver une sortie de crise politique. Evangélos Vénizélos, chef du parti socialiste grec (Pasok), se verra remettrejeudi par le chef de l’Etat, Carolos Papoulias, le mandat de former un gouvernement de coalition.

Après le naufrage des discussions menées par Antonis Samaras, chef de la droite Nouvelle-Démocratie, arrivé en première place mais sans majorité lors des élections législatives de dimanche et l’échec d’Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale Syriza, M. Vénizélos, en tant que chef du parti arrivé en troisième position dans les urnes, doit sevoir charger de cette tâche délicate, selon la Constitution.

Le Monde

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Les Bourses replongent, inquiétudes sur la Grèce

Les Bourses européennes ont creusé leurs pertes pendant la séance de mardi, jour férié enFrance mais actif sur l’ensemble des places financières mondiales. Sur fond d’inquiétudes croissantes concernant la situation politique et financière de la Grèce, le chef de file de la droite conservatrice arrivé en tête des élections législatives grecques ayant renoncé àformer un gouvernement, les plateformes d’échanges ont évolué de concert et fermé dans le rouge.

“Le risque, [c'est] un défaut de la Grèce sur l’une de ses prochaines échéances, avec un degré de probabilité élevé, mais aussi le début des démarches nécessaires à organiser la sortie de la Grèce de la zone euro”, indiquait CM-CIC Securities. Résultat, Paris a fini en baisse de 2,78 %. A la clôture de la séance, l’indice CAC 40 a perdu 89,42 points, à 3 124,80 points, dans un volume d’échanges assez faible. La veille, il avait pris 1,65 %. Les valeurs les plus touchées étaient les bancaires et les industrielles, toujours en première ligne en cas de soubresauts sur les marchés. Société Générale perdait 5,34 %, à 17,03 euros, et Renault 5,57 %, à 31,25 euros.

LA BOURSE D’ATHÈNES AU PLUS BAS DEPUIS 20 ANS

La Bourse de Londres a également terminé sur une bonne glissade, entraînée par les valeurs minières et bancaires. L’indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 100,51 points, soit 1,78 % par rapport à la clôture de vendredi, à 5 554,55 points. Le marché londonien était fermé lundi en raison d’un jour férié. “L’incertitude politique générée par les élections du week-end en Europe n’aurait pas vraiment dû constituer une surprise pour les marchés, compte-tenu de l’exactitude des sondages”, qui prévoyaient ces résultats, a observé Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK. “Mais il semble que les investisseurs ont choisi d’opter pour la prudence et ainsi de faire chuter les actifs à risque”, a-t-il ajouté.

La Bourse de Francfort a clôturé dans la même tendance, l’indice vedette Dax a perdu 1,90 %, à 6 444,74 points, et le MDax a perdu 1,97 %, à 10 516,30 points.

Quant à la Bourse d’Athènes, elle a poursuivi sa descente aux enfers, clôturant en chute de 3,62 %. L’indice a clôturé à 620,54 points, au plus bas en vingt ans, tandis que l’indice des banques FTSEB poursuivait sa dégringolade. Lundi, la Bourse avait déjà plongé de 6,67 %, et l’indice bancaire de 12,6 %.

Côté obligataire, les incertitudes dans la zone euro poussaient les investisseurs vers lesplacements considérés comme refuge. L’emprunt allemand à 10 ans (Bund) se détentait ainsi de quatre points de base à 1,571 %, non loin de son plus bas historique à 1,549 %, touché la veille. Les emprunts néerlandais étaient aussi recherchés, après une émission obligataire réussie des Pays-Bas, le rendement des obligations à 10 ans reculant à 2,13 %.

Le Monde

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Croissance : les partenaires européens de M. Hollande veulent négocier vite

Un court appel pour effacer des semaines de silence : François Hollande et Angela Merkel se sont entretenus au téléphone, dimanche 6 mai dans la soirée. Aucune date n’est fixée, mais la chancelière allemande a invité le président élu à lui rendre visite à Berlin, dès qu’il sera investi.

Sans attendre jusque-là, François Hollande va devoir engager une véritable course contre la montre dans une Europe encore malade de ses dettes. Avec un double objectif: donner des gages aux marchés, tout en réorientant la gestion de la crise dans l’espoir d’adoucirl’austérité exigée par la chancelière allemande.

CLIMAT INCERTAIN

Le climat risque d’être d’autant plus incertain que les législatives en Grèce ont vu la percée des partis extrémistes, opposés au programme de rigueur signé par le gouvernement sortant avec ses bailleurs de fonds internationaux, la zone euro, et le Fonds monétaireinternational (FMI).

A ses futurs homologues, le candidat socialiste a répété sa volonté de renégocier le pacte budgétaire signé en mars par vingt-cinq pays à l’initiative d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy. S’il ne conteste pas la discipline imposée par le traité, François Hollande entend lui adjoindre un volet “croissance”.

Une promesse qui valut à cet homme politique, plutôt méconnu en Europe, d’être boudé par les dirigeants conservateurs pendant la campagne. “L’Europe nous regarde et au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que, dans bien des pays européens, cela a été un soulagement, un espoir, l’idée qu’enfin l’austérité pouvait ne plus être une fatalité”, a lancé le nouvel élu, dimanche soir.

SOUTIENS ITALIEN ET BRITANNIQUE

Pour “réorienter” la construction européenne, François Hollande pourra compter sur le soutien de ceux qui attendaient discrètement son élection pour contrecarrer le leadership allemand dans le pilotage de la crise.

Parmi eux se trouvent le Britannique David Cameron, et surtout Mario Monti, le président du conseil italien, deux hommes avec qui François Hollande s’est également entretenu au téléphone dimanche soir. Les résultats des élections en France et en Grèce “imposent une réflexion sur la politique européenne”, a fait savoir l’Italien : “Il est fondamental que l’Europe adopte d’urgence des politiques concrètes pour la croissance.” Un souhait martelé par l’un des rares alliés socialistes du nouvel élu en Europe, le premier ministre belge Elio Di Rupo, et par son homologue danoise, la socialiste Helle Thorning-Schmidt, dont le pays assure la présidence des Vingt-Sept ce semestre.

De son côté, la chancelière allemande refuse de discuter du pacte budgétaire, déjà ratifié par trois pays, la Grèce, le Portugal et la Slovénie, tandis que l’Irlande organise un référendum sur le sujet dès le 31 mai. Mais elle s’est dite prête, elle aussi, à discuter d’un plan de soutien à la croissance.

DES MARCHÉS NERVEUX

Le temps presse. “M. Hollande ne peut pas attendre le jour de son investiture pour entrer en contact avec ses homologues”, considère le premier ministre du Luxembourg, et patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker : “Les marchés sont nerveux.” Pour lui, il faut “régler au plus vite cette affaire de traité”, afin d’apaiser les incertitudes apparues en marge des scrutins en France, mais surtout en Grèce. Les homologues de François Hollande sont prêts à ajouter une déclaration au pacte budgétaire, voire un protocole, mais pas à remettreen cause le corps du texte.

Les travaux sont, en revanche, déjà bien engagés sur l’agenda de “croissance”, qui pourraitfaire l’objet d’un accord lors du prochain Conseil européen, les 28 et 29 juin, après un premier dîner informel entre M. Hollande et ses homologues, fin mai-début juin. La Commission européenne travaille depuis des mois aux différentes pistes esquissées par M. Hollande : augmenter le capital de la Banque européenne d’investissement, lancer des obligations afin de financer les infrastructures ou réaffecter certains fonds européens, en faveur des régions les plus pauvres ou de l’intégration des jeunes sur le marché du travail.“Nous partageons la conviction qu’il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d’infrastructure (…) tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de réduction de la dette”, a rappelé José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, dimanche soir.

CONVAINCRE DU SÉRIEUX BUDGÉTAIRE

C’est sur ce terrain de la consolidation que le nouveau président français est attendu au tournant. Pour convaincre de son sérieux budgétaire, M.Hollande s’est engagé, comme son prédécesseur, à ramener le déficit public sous les 3 % dès 2013. Là aussi, les échéances risquent de se précipiter : la Commission européenne publie ses prévisions économiques de printemps dès vendredi 11 mai. Elles pourraient être assez proches de celles déjà dévoilées par le FMI, qui estime le déficit à 3,9 % du PIB pour la France en 2013. “Il s’agit d’être prudent pour ne pas braquer un nouveau membre du Conseil européen, mais aucune flexibilité n’est possible concernant la France”, prévient un haut responsable européen, sansexclure qu’un plan de rigueur soit mis à l’ordre du jour.

D’ici là, François Hollande sera soumis à un autre test : la délicate succession de Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, qui oppose le Nord et le Sud de la zone euro. Angela Merkel pousse son ministre des finances, Wolfgang Schäuble. Nicolas Sarkozy n’a pas souhaité trancher avant la présidentielle. Son successeur se montrera-t-il conciliant?“Tout est négociable”, disent certains de ses conseillers, tandis que d’autres ne voient pas l’apôtre de la croissance européenne soutenir de si tôt l’avocat le plus acharné de l’austérité au sein de la zone euro.

Le Monde

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Les défis économiques de François Hollande

François Hollande prend les rênes d’une France en faible croissance dans une Europe déprimée, avec pour principaux défis le redressement des comptes publics et de l’emploi. La pression est forte sur le nouveau président, qui sait que ses marges de manoeuvre sont plus limitées que celles de ses prédécesseurs. Ayant désigné la croissance comme une condition de la réduction des déficits publics en Europe, il devra négocier, en particulier avec l’Allemagne, des mesures pour dynamiser l’activité sans détériorer les comptes des Etats. En France, il hérite d’un déficit public annuel d’environ 100 milliards d’euros, concentré sur l’Etat et les comptes sociaux. Il promet de le ramener de 5,2% fin 2011 à 3% du produit intérieur brut fin 2013, conformément à l’engagement de la France, en augmentant les impôts et en freinant la hausse des dépenses, l’effort entre les deux étant équilibré. Priorité des Français, le chômage progresse, lui, chaque mois depuis près d’un an et atteint un niveau oublié depuis la fin du XXe siècle. Pour inverser la tendance, adapter le système social et relancer l’industrie, le nouveau président a prévu d’utiliser les armes fiscale et budgétaire et d’engager d’importantes négociations avec les organisations patronales et syndicales. Comme ses prédécesseurs, il espère être aidé par une croissance plus dynamique que ne l’attendent le FMI, l’OCDE, la Commission européenne et les économistes. Des mesures de rigueur additionnelles pourraient dès lors s’imposer. Le PIB croîtrait selon lui de 0,5% cette année, 1,7% en 2013, 2% en 2014, et 2% à 2,5% à partir de 2015. Les économistes de Crédit Agricole-CIB estimaient avant le second tour qu’il s’agissait d’une prévision “trop optimiste”. “Les deux programmes manquent d’une stratégie crédible et globale pour doper la compétitivité et la croissance”, ajoutaient-ils à propos des finalistes. François Hollande s’est opposé à un ralentissement soudain des dépenses publiques, expliquant vouloir éviter un effet récessif qui assécherait les recettes de l’Etat et accroîtrait le déficit au lieu de le réduire. La hausse des dépenses serait de 1,1% par an – contre 1,7% en moyenne de 2007 à 2010 – ce qui permettrait de baisser leur montant en pourcentage du PIB si la croissance est là. Ses proches ont souligné que les agences de notation observaient les perspectives de croissance des Etats, et pas seulement les ratios budgétaires. Dégradée par Standard and Poor’s au début de l’année, la note de la France – toujours “triple A” chez Moody’s et Fitch – est en perspective négative chez les trois agences, ce qui signifie que d’autres dégradations sont possibles. François Hollande promet d’atteindre l’équilibre des comptes publics fin 2017, une première depuis 1974. L’effort serait d’une centaine de milliards en cinq ans, dont une quarantaine d’ici fin 2013, soit autant que le budget annuel de la défense. “Malgré l’engagement fort des candidats à maîtriser les déficits, nous soulignons l’ampleur historique de l’ajustement qui serait nécessaire”, notaient les analystes de Barclays. Pour baisser le ratio de dette sur PIB, qui tend vers 90%, à environ 80% fin 2017, François Hollande prévoit d’importantes hausses d’impôts, là où l’impact serait selon lui le moins sensible : les ménages les plus riches et les plus grandes entreprises. Trente milliards d’euros d’impôts nouveaux viendraient réduire le déficit, et une quinzaine de plus financeraient une partie de ses 20 milliards d’euros de mesures. Certaines de ces mesures doivent selon lui soutenir la croissance et l’emploi, d’autres rétablir la “justice” comme l’adoucissement de la réforme des retraites. Il s’est en revanche engagé à supprimer la hausse de la TVA décidée pour le mois d’octobre et qui frapperait tous les consommateurs. Face à un chômage au plus haut depuis 1999, François Hollande compte sur une batterie de mesures publiques – dont une hausse des embauches de fonctionnaires – et sur le soutien aux petites et moyennes entreprises. Il promet un “contrat de génération” pour intégrer les jeunes dans les entreprises tout en conservant les salariés les plus âgés, et la création de 150.000 “emplois d’avenir”, une remise au goût du jour des “emplois jeunes” du gouvernement Jospin. Il annonce un recentrage de la formation sur les publics les moins formés et le renforcement des moyens de Pôle Emploi.

FAIBLESSES STRUCTURELLES

Le nouveau président devra aussi résorber des faiblesses structurelles qui fragilisent l’économie française depuis la fin des “trente glorieuses”. Le commerce extérieur, qui n’a été excédentaire que dix années depuis 1950, était en déficit de 70 milliards d’euros l’an dernier, un record. La part de marché de la France dans les échanges mondiaux se dégrade, à 3,3% l’an dernier contre 5,8% en 1995. Et le déficit des exportations avec l’Union européenne, qui représentent 61% du total des produits vendus hors de France, s’est encore creusé. Le déséquilibre des échanges extérieurs se retrouve dans celui des paiements courants, lequel mesure l’évolution de l’endettement du pays vis-à-vis de l’extérieur, alors que près des deux tiers du stock de la dette négociable française sont détenus par des non-résidents. François Hollande a surpris pendant la campagne par sa discrétion sur les réformes structurelles censées réduire ces déséquilibres. “Les discussions sur un agenda de réformes structurelles (marché du travail, des biens et des services) sont, de façon surprenante, absentes de la campagne de François Hollande”, soulignaient les analystes de Barclays. “Cela étant dit, nous voyons des raisons de croire dans la capacité de François Hollande à mener des réformes : le Parti socialiste a traditionnellement une bonne relation avec les partenaires sociaux et François Hollande est connu pour construire des consensus.” Pour Gilles Moec, de Deutsche Bank, “atteindre son objectif de déficit zéro en 2017 est sous-tendu par des prévisions de croissance ambitieuses dont nous pensons qu’elles ne sont pas crédibles sans des réformes structurelles rapides sur lesquelles les socialistes sont actuellement totalement silencieux”.

Reuters

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