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En Grèce, qui donc a lu le mémorandum du FMI avant de le signer ?

Les Grecs, déjà passablement assommés par les vagues de plans d’austérité déferlant sur leur économie moribonde, ne sont pas au bout de leurs surprises. A la fin de janvier, leur ministre du développement, Michalis Chryssochoïdis, a confié à la télévision, sur la chaîne Skai TV, qu’il avait signé le mémorandum de la troïka sur la crise de la dette grecque sans même l’avoir lu. Pour la simple raison qu’il avait à l’époque “d’autres obligations”, notamment celle de “combattre la délinquance”, rapporte le réseau de blogueurs Global Voices.

Le mémorandum, signé en mai 2010 et approuvé un an plus tard, a engagé la Grèce dans une série de réformes censées dynamiser sa compétitivité – privatisations, baisse des salaires dans la fonction publique, dérégulation de professions, etc. –, auxquelles ont répondu grèves et manifestations. Cette politique de rigueur était une condition à l’accord d’un prêt par la troïka – le FMI, la Commission européenne, et la Banque centrale européenne – de 110 milliards d’euros. Ce fameux mémorandum, accusé par certains d’appauvrir la population grecque à mesure que les salaires baissent et que le chômage augmente, serait par ailleurs anticonstitutionnel si l’on en croit Notis Marias, professeur à l’Institut européen de l’université de Crête, dans L’Humanité. En effet, il accorderait un transfert de compétences souveraines de l’Etat grec à la troïka, sans qu’il ait été approuvé par suffisamment de députés.

Bref, c’est donc ce texte, relativement important dans l’histoire récente de la crise grecque, qui aurait été approuvé sans avoir été vraiment examiné par tous, semble-t-il. En octobre, c’est un ancien député qui expliquait que “personne n’a eu le temps de lire le mémorandum, ni moi ni personne ne l’a lu ; nous avons autorisé M. Papakonstantinou [ministre de l'économie de l'époque] à le signer. C’était une affaire de confiance”. Le 23 janvier, Louka Katseli, ex-ministre du travail, disait aussi n’avoir eu que trois heures pour le lire, rapporte encore l’article de GlobalVoices. Au point que sur Twitter, un certain dangler69 s’interroge: “Finalement, y a-t-il eu au moins quelqu’un pour le lire ? Peut-être ceux qui n’ont pas été reconduits au Parlement.”

Le média GreekReporter rapporte quant à lui les paroles de Michalis Chryssochoïdis lors de son intervention télévisée : “Les négociations étaient très horizontales et étaient fondées sur une idée optimiste et simpliste, selon laquelle les choses allaient évoluer dans un certain sens. Or, elles n’ont pas évolué de la manière dont on le souhaitait, et les mesures successives ont créé une récession plus profonde, car elles ont réduit la liquidité.” En réponse aux vives réactions suscitées, sur la Toile, par ce drôle d’aveu télévisé, le ministre grec s’est finalement expliqué sur sa page Facebook. Extraits : “Je ne me suis pas occupé ni du texte ni des procédures de ces ‘prétendues’ négociations. (…) Je considère cela comme l’une des plus grandes erreurs de ma carrière politique. (…) J’ai dit cela pour insister sur la nécessité pour chacun de changer…”

Le Monde

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Banque : repli stratégique des groupes français en Afrique

Acteurs historiques en Afrique, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se désengagent peu à peu.

Les établissements français réduisent la voilure en Afrique. Commencée avec la crise financière de 2008, cette tendance se renforcera en 2012, avec la crise des dettes souveraines en Europe, qui oblige les banques, notamment hexagonales, à renforcer leurs fonds propres et à économiser 235 milliards d’euros d’ici à 2013.

Ainsi, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole, qui ont longtemps dominé le financement du commerce des matières premières et des produits de base entre l’Afrique et l’Europe, réduiront cette activité. En outre, « on s’attend à ce que les établissements français, qui jusque-là dominaient le financement du commerce intrarégional, cèdent du terrain aux banques locales », affirme-t-on dans les milieux bancaires africains.

Il faut dire que les banques françaises ont déjà perdu de leur emprise au sud du Sahara au cours des cinq dernières années. Dans les états-majors des groupes, on préfère parler de réorganisation stratégique. Celle-ci consiste notamment à se renforcer sur les principaux marchés - Côte d’IvoireSénégalCameroun – et à concentrer les efforts sur les activités les plus rentables. Ainsi, Société générale a gelé ses acquisitions en Afrique francophone, mais a annoncé en juin 2010 un plan stratégique visant à ouvrir 90 agences d’ici à 2015, principalement au Sénégal et en Côte d’Ivoire, où il se lance aussi dans le mobile banking.

Exception

Tout en se renforçant sur les mêmes marchés, BNP Paribas s’est retiré de la Mauritanie et de Madagascar. Crédit agricole s’est quant à lui recentré depuis deux ans sur la banque de détail en Europe et dans le Bassin méditerranéen. Il a ainsi cédé à Attijariwafa Bank, en 2010, cinq de ses filiales subsahariennes (Congo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon et Sénégal). La banque vient aussi de se désengager de sa filiale sud-africaine, et de nombreux analystes la soupçonnent de vouloir quitter l’Algérie et la Tunisie.

Exception à cette tendance : Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE) nourrit des ambitions d’expansion au sud du Sahara. Après être sorti du Crédit industriel et commercial (CIC) au Maroc, il a repris en juillet 75 % de la Banque malgache de l’océan Indien (BMOI) et 19,4 % de la Banque nationale du développement agricole (BNDA), au Mali. BPCE est actuellement en négociation pour la prise de contrôle de Banque Atlantique Côte d’Ivoire (Baci).

Jeune Afrique

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Facebook vaut-elle son pesant d’or?

Depuis que certaines informations ont été publiées, l’engouement que suscite Facebook pose quelques questions. Personne ne songe à mettre en question le caractère génial du concept qui fait que, comme 845 millions de mes meilleurs amis,  je me rends régulièrement sur ce réseau social pour y retrouver famille et connaissances. La question que pose une première offre publique d’actions est évidemment sa valorisation. Prenons garde : cette évaluation ne sera finale que dans quelques mois, au moment de l’offre.

Facebook vaut-elle 100 milliards de dollars?

Répondre à cette question implique une analyse fine qui n’est pas possible tant que le document d’offre n’est pas disponible. De quelles indications disposons-nous ?

  • Les revenus de Facebook seraient de 4 milliards de dollars en 2011. Certes, on semble nous en annoncer 7 en 2012, mais il est un peu tôt pour se baser sur ce chiffre. A ce niveau, l’opération se baserait sur un prix de 25 x les ventes. Aucune émission d’actions n’a atteint ce niveau de « richesse ».
  • Quelle sera la croissance de Facebook ? On attend les prévisions des analystes, mais tout porte à croire que la société devrait connaître une croissance très supérieure au secteur pour justifier cette évaluation. Or la croissance est essentiellement fonction de la publicité « ciblée » que Facebook vend aux annonceurs.
  • Quelle est la rentabilité de Facebook ? Les documents font état d’ 1 milliard de dollars de bénéfices en 2011. Cela nous donnerait donc une évaluation de Facebook a 100 fois ses bénéfices nets. Cela représente entre 3 et 4 fois les multiples du secteur. Mais par rapport a LinkedIn qui a un ratio prix/bénéfices de 1.429, cela semble presque généreux

Le mécanisme de l’opération mérite d’être rappelé.

  • 5% des actions sont mises sur le marché. Cette technique connue sous le nom de « création de rareté » a pour effet une hausse substantielle dans les jours qui suivent la première cotation mais qui n’a qu’un temps. $ 5 milliards et 5% de l’entreprise devraient assurer cet ffet de rareté.
  • LinkedIn, le « petit » concurrent de Facebook, a connu ce phénomène d’emballement, avec un cours qui a monte le premier jour de 100 a 122 $. Elle faut 71.8 dollars aujourd’hui. Netflix a déjà perdu plus de 50% de sa valeur.
  • Les autres actionnaires, et en particulier le personnel, devront attendre probablement six mois avant de pouvoir vendre en bourse. Ce délai permet de maintenir un niveau de cotation stable. Mais à l’issue de ces six mois, le marché pourrait voir se déverser un multiple de l’offre publique, et le cours se déprécier.

Dans ce contexte, il faut restreindre ses ardeurs et ne pas confondre génie et valorisation. Il faut aussi peut-être prendre du temps. Dans ce genre d’operations, si l’investisseur n’a pas reçu d’actions dans le cadre de cette émission (ce qui sera vraisemblable pour les particuliers en dehors des Etats-Unis), il vaut mieux s’abstenir et laisser se stabiliser un cours qui connaitra inévitablement des soubresaut. On y gagnera peut-être moins, mais on se protège contre un risque sérieux de perte.

« L’opération du siècle » le sera en tous cas pour les banques d’affaires qui devraient empocher la modique somme de 250-500 millions de dollars en commissions pour une opération dirigée par Morgan Stanley, qui a elle seule devrait en récolter 100 millions. Leur intérêt est d’avoir le prix le plus élevé pour elles mêmes et leur client, sans pour autant risquer un reflux qui les amènerait a faire une perte sur cette activité lucrative que sont les émissions d’actions.

Pour ceux que la gouvernance intéresse, il faut rappeler que Facebook est susceptible d’être pris en défaut de respect de la vie privée dans certaines juridictions. D’autre part, les actions de Mark Zuckerberg ont dix droits de vote par action et lui permettront de contrôler l’entreprise pour de nombreuses années encore.  Pour les 3.200 employés de Facebook, dont un millier deviendront millionnaires en dollars, c’est la manne céleste dont ils rêvent depuis huit ans.

Affaire à suivre, avec enthousiasme et prudence.

Le Monde

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La “mise sous tutelle” : une sanction que les pays en développement connaissent bien

Mise sous tutelle. Le mot a fait bondir ce week-end. Evoqué par certains Etats de la zone euro – Allemagne en tête – qui souhaitent conférer à l’Union européenne (UE) un pouvoir décisionnel sur la gestion budgétaire du pays, ce droit de regard absolu sur la gestion d’un pays soumis à un plan d’aide n’est pas sans rappeler les plans d’ajustement structurels (PAS) imposés par le Fonds monétaire international (FMI) dans les années 80 aux pays surendettés.

Si les deux méthodes semblent bien différentes, il s’agit dans les deux cas dejustifier un contrôle supranational de la politique économique, contrôle généralement axé sur la rigueur budgétaire, afin d’assainir des finances publiques en déroute. Pourtant, l’héritage des PAS a fait l’objet de bilans plus que contrastés. Pourquoi donc l’idée d’une mise sous tutelle est-elle remise au goût du jour ?

  • L’inusable “consensus de Washington”

Dans le cas de la Grèce comme dans celui des pays soumis au PAS, le consensus des économistes, largement dominé par l’école de Washington, part du principe que seule la stabilité macro-économique d’un pays est à même de générerde la croissance. Il ne s’agirait alors que de rétablir cette stabilité pour sortir le pays de l’endettement.

Partant de ce postulat, les PAS ont donc pour principal objectif de rééquilibrer la balance des paiements : l’aide du FMI est donc conditionnée à l’assainissement des finances publiques du pays.

Afin de satisfaire à ces exigences, le FMI et la Banque mondiale – superviseurs des PAS – contraignent les gouvernements à adopter des mesures radicales : coupes claires dans les dépenses publiques (éducation, santé, logement, aide sociale), privatisation des entreprises d’Etat, suppression des subventions, abolition du contrôle des prix et des barrières protectionnistes. Le coût social de telles mesures est incalculable.

  • Les pays en développement victimes des dogmes du FMI

En 2002, soit une vingtaine d’années après l’instauration de ces PAS, Joseph Stiglitz en tire d’amères leçons dans son livre La Grande Désillusion. Le Prix Nobeld’économie parle en connaissance de cause puisqu’il fut vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, le partenaire financier du FMI dans le cadre des PAS.

Dans son livre, M. Stiglitz remet en cause la rigueur budgétaire imposée par le FMI aux pays en développement et prend notamment pour exemple l’Ethiopie, qui s’est vu, en 1997, couper les vivres et ce à cause d’un déficit budgétaire galopant. Pourtant, ses résultats macroéconomiques étaient conformes aux exigences du FMI, avec une inflation quasi nulle et des capacités de production en hausse.

Autre dogme du FMI, celui qui voudrait que l’équilibre budgétaire d’un pays dépende des seuls impôts et n’intègre pas l’aide étrangère. Un principe rejeté par M. Stiglitz, qui regrette que le Fonds considère que cette aide, qu’il juge “instable”, doiveconstituer une réserve au lieu d’être dépensée dans le cadre de politiques de développement. Or l’économiste démontre dans ses travaux que les rentrées de l’aide internationale sont justement plus régulières, plus constantes que les rentrées fiscales.

  • Des programmes de libéralisation inadaptés

Entre autres “croyances dogmatiques” dénoncées par Joseph Stiglitz, la libéralisation du marché financier, jugée indispensable à la baisse des taux d’intérêts. Se pliant à la doctrine, le Kenya – un des premiers pays à avoir bénéficié d’un PAS – a ouvert au début des années 90 son marché financier à la concurrence et scindé ses banques en plusieurs établissements de moindre envergure.

A l’instar de l’Ethiopie, qui avait suivi les mêmes recommandations, le Kenya a vu, lui aussi, les préconisations du FMI se révéler franchement contre-productives : la fragmentation du secteur bancaire a entraîné une série de banqueroutes en 1993-1994 et l’augmentation des taux d’intérêts.

  • Et toujours pas de “politique d’éradication de la pauvreté”

En Amérique latine, l’Argentine ne fut pas mieux lotie. Après avoir indexé, sur les conseils du FMI, sa monnaie sur le dollar, l’inflation a certes baissé mais l’instauration d’un taux de change fixe a largement freiné la croissance du pays.

Quant à l’ouverture du système bancaires argentin aux investissements étrangers – mesure pourtant saluée par le FMI -, elle a pénalisé les PME, qui ont vu leur accès au crédit se tarir. Or l’octroi de prêts aux entreprises locales est indispensable à la croissance, souligne M. Stiglitz.

Dans les cas où les PAS ont permis le retour à l’équilibre macro-financier, la croissance résulte de facteurs exogènes. En Algérie, c’est notamment la hausse du prix des hydrocarbures, à l’échelle mondiale, qui a permis la réduction des déséquilibres et le retour à un taux de croissance positif.

  • Tutelle réelle contre tutelle morale

Si l’expérience des PAS jette un doute sur l’efficacité de politiques rigoristes sur des finances publiques souffrantes, il ne faut pas oublier que l’Union européenne comprend en son sein des mécanismes de surveillance qui n’ont a priori rien àenvier à ceux du FMI. La simple existence du Pacte de stabilité, qui limite le niveau des déficits des pays membres, en est un exemple. Pour autant, la crise a révélé combien cette “tutelle” de Bruxelles sur les finances des membres de l’UE restait théorique.

La mainmise des autorités européennes sur la politique budgétaire de la Grèce représenterait à ce titre une première. Bien qu’elle semble hors de question pour l’instant, une telle éventualité pourrait se préciser si la République hellénique venait à faire défaut le 20 mars, date d’une échéance de 14,4 milliards d’euros, pour laquelle une solution est à l’étude depuis déjà plusieurs semaines à Athènes. Sans résultat pour l’instant.

Le Monde

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Paul Krugman, Prix Nobel d’économie: “L’inflation n’est pas le problème, c’est la solution”

Prix Nobel d’économie et chroniqueur au New York Times, Paul Krugman donnera à Paris, mardi 31 janvier, une conférence sur la crise de la zone euro à l’initiative de la société Lunalogic.

Au moment où devait se tenir un nouveau sommet européen, lundi, l’économiste américain se montre sévère envers les mesures décidées jusqu’ici, regrettant la rigidité de l’Allemagne.

Vue des Etats-Unis, comment est perçue la crise de la zone euro ?

La vieille question est toujours d’actualité : “L’Europe, quel numéro de téléphone ?”Et ce malgré l’émergence de “Merkozy”, le duo formé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Personnellement, je suis très préoccupé par ce qui arrive. Il est devenu très difficile de comprendre comment l’Europe peut fonctionnertrouver les moyens de s’ajuster. C’est une réelle source d’inquiétude pour l’avenir de l’économie mondiale.

Les mesures prises fin 2011 vont-elles dans la bonne voie ? Jusqu’ici, aucun sommet n’a su apporter de réponses adéquates, aucune décision politique n’a sutraiter le problème dans son intégralité. La crise reste considérée uniquement comme un problème de dérives budgétaires. Ce n’est pas le cas. Ces déséquilibres existent, mais il y a aussi un écart de compétitivité et de flux de capitaux. Le seul élément positif est venu de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui a indirectement soulagé le marché des dettes souveraines. Mais, encore une fois, cela ne traite que l’urgence sansapporter de réponse fondamentale.

La BCE devrait-elle agir comme le fait la Réserve fédérale (Fed), qui achète massivement de la dette américaine ?

Si on met de côté les blocages politiques, oui, l’Europe a besoin d’une politique monétaire très agressive. Plus agressive encore que celle des Etats-Unis. Il n’y a pas d’autre moyen de faire les ajustements nécessaires. La BCE devrait racheterplus de dettes d’Etat mais aussi favoriser davantage l’expansion monétaire.

Cela ne risque-t-il pas de faire déraper les prix ?

L’inflation n’est pas le problème, c’est la solution.

Que voulez-vous dire ?

Pour restaurer la compétitivité en Europe, il faudrait que, disons d’ici les cinq prochaines années, les salaires baissent, dans les pays européens moins compétitifs, de 20 % par rapport à l’Allemagne. Avec un peu d’inflation, cet ajustement est plus facile à réaliser (en laissant filer les prix sans faire grimper les salaires en conséquence).

Le problème de compétitivité viendrait donc de salaires trop élevés en Europe du Sud par rapport à l’Allemagne ?

Au final, le problème est celui d’un déséquilibre des balances des paiements. Mais, si on prend l’exemple de l’Espagne, les salaires espagnols n’ont pas toujours été au-dessus de la moyenne. C’est un phénomène récent. Après la création de l’euro, il y a eu des afflux massifs de capitaux dans les pays dits à la périphérie de l’Europe qui ont provoqué une bulle du crédit.

Ainsi, que faut-il faire ?

Le problème de la zone euro, c’est sa construction même. Tout cela n’arrive pas par surprise : il y a vingt ans déjà, cette union monétaire provoquait des débats académiques, on se demandait comment ce système pouvait gérer un choc asymétrique, une récession plus profonde dans un pays que dans un autre. Mais la question a été négligée. Aux Etats-Unis, ces chocs asymétriques sont gérés, pas toujours parfaitement, grâce à un système budgétaire intégré et une mobilité très élevée.

L’Europe n’a aucun de ces deux atouts. II lui faut donc quelque chose d’autre pourdonner plus de souplesse au système. Une politique monétaire moins stricte avec une inflation plus élevée – autour de 4 % – offrirait une part de la flexibilité qui manque à la zone euro.

Croyez-vous à l’émergence, au final, d’Etats-Unis d’Europe ?

J’aimerais ! On peut imaginer un renforcement de l’intégration budgétaire, ou la création d’euro-obligations. Mais il y a beaucoup de freins à tout cela : les pays endettés redoutent de perdre leur souveraineté, les autres ne veulent pas sauverdes “irresponsables”. Ces débats pour l’heure contribuent plutôt à détruire l’idée de l’Europe.

Je dois dire que, quand je pense à la zone euro, je me trouve dans cette situation étrange où tout semble inextricable. Je ne peux imaginer que la zone euro s’effondre. Cela me paraît inconcevable, on perdrait tant. Je me dis donc que les politiques feront tout pour résoudre cette crise. Mais je pense alors aux solutions àmettre en place, et là je me dis : “Non, il est impossible qu’ils prennent de telles mesures.” Je suis alors confronté à une double impasse.

L’Allemagne a-t-elle une mauvaise influence sur l’Europe ?

L’Allemagne croit que la rectitude et la discipline budgétaires sont la solution. Elle a tort. Leur histoire les pousse à proposer un mauvais remède. Les Allemands étaient en mauvaise posture à la fin des années 1990. Alors ils regardent ce qu’ils ont fait, comment ils sont parvenus à redresser leur économie et transformer des déficits en excédents commerciaux. Ils pensent appliquer leurs solutions à la zone euro. Mais, si tel était le cas, il faudrait trouver une autre planète pour exporter les produits de l’Europe !

On parle parfois d’un “complot anglo-saxon” anti-euro…

Il y a toujours quelqu’un quelque part qui complote. Mais les gens raisonnables aux Etats-Unis comprennent bien que le succès de l’Europe nous profite. Ce n’est pas seulement une question économique. Il est question de démocratie, des droits de l’homme, de la victoire de nos idéaux. Et ce qui se passe aujourd’hui en zone euro ne vient pas des Etats-Unis, c’est un problème interne à l’Europe.

Lors des primaires républicaines, Mitt Romney a dit que Barack Obamaconduisait les Etats-Unis vers la voie de l’Europe en tentant de copier son modèle social. Le modèle européen est-il l’exemple à ne pas suivre ?

Non. La crise de la zone euro n’a d’ailleurs rien à voir avec le coût de son système social. Des économies avec un fort Etat-providence ne s’en sortent pas si mal. Regardez la France ! D’un point de vue américain, on se dit que personne n’a aucune incitation à la productivité, que vous avez plus de jours de vacances. Mais, au final, la productivité horaire est la même qu’aux Etats-Unis. En aucune manière cette crise ne montre l’échec de ces systèmes sociaux. Il est possible depréserver un niveau élevé de protection sociale avec une politique budgétaire responsable : il suffit de regarder la Suède.

On parle d’un retour du protectionnisme. Est-ce un danger ?

Au regard de l’Histoire, les petits réflexes protectionnistes ne sont pas un problème majeur. On essaie parfois de faire un parallèle avec la Grande Dépression. Cela n’a rien à voir. Il n’y a pas de barrière importante érigée contre le libre commerce.

Le Monde

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Bernard Spitz, Président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA):”On est entré dans une économie de désendettement”

L’assurance-vie a subi un mouvement de décollecte continu, inédit, de septembre à décembre 2011. Sur l’année, les cotisations ont chuté de 14 %. Pourquoi ?

Toutes choses égales, le phénomène est comparable à celui observé en 2008, lors du premier cycle de crise financière. Lorsque a éclaté la crise des dettes souveraines à l’été, l’assurance-vie s’est vu confrontée à un effet de ciseaux : la baisse des cotisations des assurés, qui avaient moins d’argent à placer, et la hausse des prestations versées par les assureurs.

Fragilisés, de nombreux épargnants ont procédé à des retraits sur leurs contrats d’assurance-vie. Il s’agissait souvent de sommes modestes, destinées à maintenirle pouvoir d’achat et à soutenir la consommation. Ou bien, pour des montants plus importants, à financer un achat immobilier en profitant d’un effet d’aubaine fiscal. J’ajoute que la concurrence des livrets bancaires offrant des rémunérations ponctuelles attractives a joué. Plus généralement, on est entré dans une économie de désendettement et nous commençons à en voir les effets.

L’assurance-vie est une épargne de long terme, qui finance l’économie. Son recul n’est-il pas préoccupant ?

Il convient de relativiser ce ralentissement : sur l’année 2011, la collecte nette est positive de 7,6 milliards d’euros et l’encours a augmenté de 22 milliards d’euros, à 1 362 milliards. Beaucoup se satisferaient de tels résultats.

Nous restons en capacité de financer les entreprises, comme la dette publique. Je rappelle que les assureurs détiennent, à eux seuls, la moitié de la dette française entre les mains des investisseurs nationaux. C’est un point-clé pour les agences de notation. Et, en 2011, les assureurs ont réalisé 3 milliards d’investissements nouveaux en faveur des PME !

L’assurance-vie reste, et restera, l’instrument privilégié de préparation de la retraite, le pilier de l’épargne longue en France. Les incertitudes sur l’économie n’entameront pas le besoin des Français de sécuriser leur avenir. Au contraire.

Les assureurs sont dans le viseur des agences de notation. Comment traversent-ils la crise ? Sont-ils prêts pour la nouvelle réglementation Solvency II ?

Le secteur de l’assurance a extraordinairement bien résisté l’an dernier, en dépit d’une situation exceptionnelle de perfect storm (“tempête parfaite”) qui a mêlé crise financière, crise de l’euro, krach boursier, catastrophes naturelles et ralentissement économique.

Le chiffre d’affaires global n’a baissé que de 9 %, à 190 milliards d’euros. Cette capacité de résistance est une chance pour l’économie française.

Les assureurs sont prêts pour Solvency II ! Mais nous demandons aux régulateurs d’améliorer les mécanismes qui introduisent de la volatilité dans les comptes et pénalisent les investissements de long terme. L’assurance est, et doit rester, un îlot de stabilité dans un monde d’instabilité, une industrie de long terme dans un univers de court terme.

Le Monde

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La Fed envisage de maintenir un taux extrêmement bas jusqu’en 2014

La Fed, Réserve fédérale des Etats-Unis, a annoncé, mercredi 25 janvier, qu’elle envisage de maintenir son taux directeur à un niveau très bas – entre 0 et 1 %  – jusqu’à fin 2014. A “long terme”, les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) jugent que le taux pourrait remonter dans une fourchette allant de 4 à 4,5 %.

Pour la première fois, la Fed a paralèllement annoncé qu’elle fixait une objectif d’inflation à long terme de 2 %, un changement qui constitue une victoire pour Ben Bernanke, président de la Fed et qui rapproche la banque centrale américaine des principes de politique monétaire des autres grandes banques centrales.

PRÉVISIONS DE CROISSANCE REVUES À LA BAISSE

Dans sa toute première déclaration d’“objectifs à plus long terme et de stratégie de politique”, la Fed a précisé qu’il n’était cependant pas opportun de fixer un objectif pour le taux d’emploi, le marché du travail n’étant que partiellement déterminé par des facteurs monétaires.

Dans le même temps, la Réserve fédérale a abaissé ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013, prédisant une augmentation du PIB américain de 2,2 à 2,7 % et 2,8 et 3,2 % respectivement. C’est sensiblement moins que ce que la Réserve fédérale prévoyait en novembre (2,5-2,9 % pour fin 2012 et 3-3,5 % fin 2013).

Immédiatement, la Bourse de New York remontait, conforté par le maintien d’une ligne “hautement accommodante” du taux directeur de la Fed jusque fin 2014 au moins.

Le Monde

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Apple reste au sommet, même sans Steve Jobs

Le groupe informatique américain Apple a annoncé, mardi 24 janvier, des résultats“records” au premier trimestre de son exercice 2012 décalé, avec les bénéfices et chiffres d’affaires trimestriels les plus élevés qu’il ait jamais connus, dépassant largement les attentes de Wall Street. L’action s’envolait de 8 %, à 454 dollars, vers 23 heures dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance officielle de Wall Street. Son bénéfice a plus que doublé sur un an, à 13,1 milliards de dollars, lors des trois derniers mois de l’année. Par action, cela représente 13,87 dollars alors que les analystes misaient en moyenne sur 10,08 dollars.

Le chiffre d’affaires est également largement supérieur aux prévisions, avec une progression de 73 % sur un an, à 46,3 milliards de dollars, alors que les analystes n’attendaient que 38,85 milliards de dollars. Le fabricant californien se félicite des“ventes les plus élevées jamais enregistrées” de téléphones iPhone 4S, de tablettes iPad et d’ordinateurs. “Le groupe a vendu 37,04 millions d’iPhone au cours du trimestre, soit un bond de 128 % en volume sur un an”, commente-t-il dans son communiqué. Le directeur financier du groupe, Peter Oppenheimer, a souligné pendant une conférence avec les analystes que l’iPhone 4S, lancé courant octobre, avait particulièrement dopé les ventes de ses smartphones.

Apple a également écoulé 15 millions d’iPad pendant la période sous revue, une envolée de 111 % sur un an, 5,2 millions d’ordinateurs Mac (+ 26 %) et 15,4 millions d’iPod (+ 21 %). “Nous sommes ravis de nos résultats exceptionnels et de nos ventes records”, a commenté Tim Cook, directeur général d’Apple, ajoutant que l’entreprise, qui a perdu il y a quelques mois son mythique cofondateur et PDGSteve Jobs, bénéficiait “d’une dynamique incroyablement forte, avec de nouveaux produits fantastiques dans les tuyaux”. L’iPad s’est également révélé“particulièrement populaire pendant la saison des fêtes”, se sont félicités les dirigeants d’Apple, notant que la tablette était de plus en plus adoptée par le monde de l’entreprise et dans l’enseignement.

Interrogé sur la concurrence des tablettes moins chères, comme la liseuse Kindle, d’Amazon, il a estimé que “les tablettes à fonctions limitées comme les liseuses électroniques n’entrent pas dans la même catégorie que l’iPad”“Je ne pense pas que quelqu’un qui possède un iPad se contenterait” d’un produit dédié à une seule fonction, a-t-il ajouté. “Nous allons continuer à innover à fond et nous pensons que nous serons en mesure de rivaliser avec n’importe quelle tablette qui sortira à l’avenir”, a-t-il affirmé.

M. Oppenheimer a ajouté que le lancement de la tablette multifonction Kindle Fired’Amazon, qui elle vise à rivaliser avec l’iPad, n’avait “pas eu d’impact” sur les ventes de celui-ci. Enfin, il a prévenu que les inondations en Thaïlande et les problèmes d’approvisionnement qu’elles ont entraînés allaient induire des “coûts d’achat plus élevés pour les disques durs” utilisés par le groupe dans ses produits.

Les prévisions d’Apple ont également dépassé les attentes de Wall Street : au deuxième trimestre de son exercice en cours, le fabricant à la pomme attend 32,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice par action de 8,50 dollars, alors que le marché tablait sur 32 milliards et 8,03 dollars. Le groupe, qui a généré plus de 17,5 milliards de dollars de flux de trésorerie pendant le trimestre, se trouve aujourd’hui face à un problème épineux : que faire de son argent ? “Nous discutons activement de la manière dont nous pouvons utiliser nos liquidités, mais n’avons rien à annoncer pour le moment”, a indiqué son directeur financier.

Le Monde

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Pour Goldman Sachs, la restructuration de la dette grecque va renforcer l’euro

L’accord sur l’effacement d’une partie de la dette de la Grèce “va anéantir le danger systémique” qui menace la zone euro, a estimé Francesco Garzarelli, cadre de la banque d’affaires Goldman Sachs, dans un entretien paru dimanche dans un journal grec. “La conclusion du PSI (Private sector involvement, l’effacement d’une partie de la dette privée) et la deuxième aide européenne à la Grèce vont anéantirl’importance d’un danger systémique dans la zone euro, qui provient du maillon faible, c’est-à-dire de la Grèce”, a indiqué M. Garzarelli à To Vima.

Cet expert, chef des recherches macroéconomiques de la banque américaine, explique que “d’ici 2014, une partie importante de la dette grecque sera passée du secteur financier privé aux institutions de la zone euro tandis que parallèlement un accord (européen) sur les finances publiques sera appliqué à tous les pays membres, pour imposer des règles communes sur la dette”.

“Cet accord sur les finances publiques va contribuer à la transformation de vieux titres des Etats –grecs, italiens ou espagnols– en une dette de l’ensemble de la zone euro. Ainsi le pouvoir de l’ensemble (de la zone euro) ne sera pas menacé par la maillon faible (…), la zone euro sera stabilisée”, a souligné M. Garzarelli.

Les tractations sur l’effacement d’une partie de la dette grecque se sont poursuivies ces derniers jours à Athènes entre le gouvernement grec d’un côté, et le chef du lobby bancaire mondial, l’IIF, Charles Dallara et le Français Jean Lemierre, détaché de BNP Paribas de l’autre. Les deux hommes ont quitté samedi Athènes pour se rendre à Paris et les négociations se poursuivaient à Athènes avec une équipe d’experts de l’IIF.

Malgré l’optimisme affiché par les deux parties sur l’avancée des négociations, des divergences persistent surtout sur le taux d’intérêt de nouvelles obligations qui seront émises après l’accord des banques sur l’effacement de 100 milliards d’euros de dette, soit 50% de la valeur des obligations qu’elles détiennent. “La finalisation d’un accord” est proche mais “les moments sont cruciaux“, soulignait dimanche le journal grec Kathimérini.

Ce sujet épineux devrait être discuté lors de la réunion prévue à Berlin dimanche soir entre la chancelière allemande Angela Merkel et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christiane Lagarde, selon les médias grecs. Athènes souhaite la conclusion de l’accord au plus tard “d’ici le sommet européen“,fin janvier, a indiqué dimanche à l’AFP une source du ministère des Finances.

Le Monde

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Draghi : “L’euro se portera mieux en 2012″

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a déclaré jeudi 19 janvier que la zone euro, minée par la crise de la dette, montrait de “timides signes de stabilisation” de l’activité économique. S’adressant à la presse après une réunion à Abou Dhabi avec les banques centrales des monarchies pétrolières du Golfe, M. Draghi s’est également dit confiant quant à une amélioration cette année de la santé de l’euro.

“Nous voyons de timides signes de stabilisation de l’activité économique à un niveau bas” dans la zone euro, a déclaré M. Draghi, ajoutant que le climat des affaires se détendait en Europe mais “avec toujours un risque de dégradation de la situation”. “Je suis confiant, l’euro se portera mieux en 2012″, a-t-il encore dit, évoquant “des progrès concernant les deux causes profondes de la situation actuelle, en l’occurrence le manque de discipline budgétaire et le manque de réformes structurelles”.

IL FAUT “PRODUIRE NOS PROPRES ÉVALUATIONS”

La France et l’Espagne ont franchi avec succès jeudi leur premier test d’envergure sur les marchés en levant des emprunts à des taux en baisse, moins d’une semaine après la décision de l’agence de notation Standard & Poor’s d’abaisser leur note et celle de sept autres pays de la zone euro. Cet abaissement en série le 13 janvier, bien qu’anticipé par les marchés, avait fait craindre une hausse du coût des emprunts de ces Etats sur le marché de la dette et une aggravation de la crise.

Interrogé sur les conséquences de ces dégradations, M. Draghi a répété qu’il ne fallait pas trop dépendre des agences de notation. “Connaissant leur réputation et comment cette réputation a été entachée durant la crise, je pense que nous devons tous […] apprendre à vivre sans note”, a-t-il affirmé. Il a appelé à “produire nos propres évaluations et les agences de notation continueront à émettre les leurs” qui, selon lui, “ne seront certainement que l’un des nombreux facteurs qui formeront notre jugement définitif dans l’évaluation de la solvabilité de certains pays”. Le président de la BCE avait déjà appelé lundi à “apprendre à se passer” des agences de notation.

Le Monde

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Le FMI va demander 500 milliards de dollars supplémentaires face à la crise

Face à l’ampleur de la demande, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué mercredi 18 janvier souhaiter disposer d’au moins 500 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à la crise de la zone euro et ses retombées sur l’économie mondiale. Refroidi par les réticences de bon nombre de pays riches, le Fonds devrait donc solliciter les pays émergents pour qu’ils participent à l’effort.

Selon une estimation de l’institution financière, les “besoins de financement potentiels mondiaux dans les années qui viennent” s’élèvent à 1 000 milliards de dollars. Ces ressources supplémentaires seront demandées aux Etats membres du FMI, avait expliqué un peu plus tôt à l’AFP une source proche du dossier, précisant que, pour des raison comptables, ce sont en tout jusqu’à 600 milliards de dollars supplémentaires qui pourraient être requis, afin de constituer un “matelas de sécurité”.

LES ÉMERGENTS AU SECOURS DE LA ZONE EURO

Le Fonds dispose actuellement d’un tout petit peu moins de 385 milliards de dollars de ressources qu’il peut prêter aux Etats membres qui en ont besoin. Il s’agirait donc de porter ce montant à 885 milliards. Les Etats de la zone euro se sont déjà engagés en décembre à fournir 150 milliards d’euros (192 milliards de dollars) au FMI “sous forme de prêts bilatéraux”. Resterait donc à l’institution financière de Washington à trouver au moins 308 milliards de dollars environ auprès d’autres Etats membres.

Les Etats-Unis ont déjà fermement manifesté leur refus de remettre au pot. De leur côté, une poignée de pays de l’Union européenne non membres de la zone euro (République tchèque, Danemark, Pologne et Suède) devraient apporter leur contribution, encore non chiffrée. En revanche, le Royaume-Uni se fait désirer, promettant d’étudier la demande du FMI tout en exigeant que les fonds apportés servent à aider des Etats et non à sauver l’euro.

Les efforts du FMI devraient donc se concentrer sur les pays émergents, notamment la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie. Le prochain rendez-vous sera la réunion des ministres des finances des pays riches et émergents du G20, les 19 et 20 février à Mexico.

VENIR EN AIDE À MADRID OU ROME

La zone euro, empêtrée dans sa crise de la dette et incapable, jusqu’ici, de bâtir un fonds de secours européen assez solide pour endiguer durablement sa propagation à des poids lourds comme l’Italie ou l’Espagne, s’était tournée fin 2011 vers le FMI. L’idée des Européens était d’abord de prêter de l’argent au Fonds afin qu’il soit capable, en retour, de venir en aide si besoin à Rome ou Madrid. Le FMI a en effet épuisé une grand part de ses ressources pour secourir la Grèce, le Portugal et l’Irlande, et ne pourrait pas se permettre, en l’état, de mettre au point un programme d’aide d’envergure à une grande économie comme l’Italie.

Mais, dans l’esprit de la zone euro, il s’agit aussi de montrer l’exemple à des pays émergents, Chine en tête, disposés à renflouer le FMI mais réticents à apporter leur écot tant que l’Europe n’aura pas démontré sa propre détermination.

Le Monde

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Le patron de Standard & Poor’s défend ses méthodes de notation

Le nouveau président de Standard & Poor’s, Doug Peterson, défend les méthodes plus agressives adoptées en juin dernier par l’agence de notation, à l’origine de la perte du triple A des Etats-Unis et de la France. La société new-yorkaise, qui a fait trembler les marchés et les gouvernements ces derniers mois, a adopté le 30 juin une révision de ses processus d’évaluation financière des pays. Ces nouveaux procédés “fournissent la base pour mener notre analyse”, déclare M. Peterson au Wall Street Journal, dont le site internet publiait les propos.

Cinq semaines après cette réforme, S&P entraînait un séisme politique en abaissant la note de crédit des Etats-Unis. La semaine dernière, neuf pays de la zone euro ont fait les frais de sa nouvelle approche, dont la France qui a perdu son précieux AAA et l’Italie dont la note a été dégradée de deux crans à BBB+. S&P et ses concurrentes Moody’s et Fitch ont été accusées d’accentuer la crise de la zone euro en dégradant la notation de pays européens endettés ou en fort déficit budgétaire à des moments clés.

“L’équipe (d’évaluation) des dettes souveraines est une équipe de haut niveau”, affirme le président de S&P au quotidien financier, premier média dans lequel il s’exprime depuis sa prise de fonction à la tête de la doyenne des agences de notation, le 12 septembre. “La valeur de ce que apportons vient en ayant les plus justes méthodologies, analyses, personnes, formations (…)”, avance M. Peterson, qui a travaillé 26 ans pour la banque Citigroup.

Le Monde

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Crise financière : la Chine doit trouver “d’autres ressorts de croissance”

Danielle Schweisguth, économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et spécialiste de la Chine, estime que celle-ci doit diriger ses exportations vers les pays émergents pour continuer à entraîner la croissance mondiale.

La croissance de la Chine s’est établie à 9,2 % en 2011, enregistrant un léger recul par rapport à 2010 (10,4 %). Quels sont les facteurs qui expliquent cette baisse ?

Il y a tout d’abord un facteur externe : le ralentissement des exportations. Cette année, les exportations chinoises en valeur ont augmenté de seulement 15 % contre 30 % en 2010. La baisse de la demande américaine et européenne, liée à la crise, en est la cause principale. Mais cette baisse est toutefois beaucoup moins importante qu’en 2009, où l’effondrement de la demande mondiale avait entraîné une chute de 17 % des exportations chinoises. A ce moment-là, tous les pays ont été affectés en même temps par la crise, notamment en Europe, où ils sont tous entrés en récession.

Aujourd’hui, le cas de figure n’est pas le même : les Etats-Unis ne s’en sortent pas si mal et en Europe, la récession s’annonce moindre. Le commerce extérieur est donc toujours dynamique – même s’il l’est moins qu’avant la crise – et tire la croissance du pays.

Il existe en outre un facteur interne : les mesures de resserrement monétaire et de restriction du crédit mises en place par le gouvernement en 2011 pour freiner la hausse des prix. Ces mesures ont permis de limiter l’inflation dans l’alimentaire. Mais Pékin a également mis moins de liquidités en circulation dans l’économie, ce qui a freiné l’investissement.

La croissance de la Chine va-t-elle continuer à jouer un rôle d’”amortisseur” de la crise mondiale ?

Le produit intérieur brut de la Chine représente en dollars plus de la moitié du PIB américain, donc le pays est en mesure de peser suffisamment lourd pour amortir la crise et continuer à jouer un rôle de moteur pour la croissance mondiale. Mais pour cela, elle va devoir trouver d’autres ressorts de croissance, notamment en basculant ses exportations vers l’Amérique latine, l’Afrique et les pays émergents en général.

Son rôle de “locomotive” se fera sentir pour les pays dont la Chine représente une part importante dans les exportations, comme les pays africains, asiatiques ou détenteurs de matières premières. En revanche, pour les pays de l’Eurozone, il ne faut pas compter sur la Chine pour résoudre la crise de la dette. Elle peut aider, mais son rôle reste marginal. Pékin n’est pas officiellement impliqué dans l’apport au capital du Fonds européen de stabilité financière (FESF), même si l’on sait qu’il fait partie des acheteurs de dette souveraine.

Quels sont les enjeux du modèle économique chinois à terme ?

La Chine paye aujourd’hui les conséquences du plan de relance de 2009. Pékin avait alors injecté beaucoup de liquidités dans l’économie, ce qui a généré un grand nombre de créances douteuses. A terme, cela peut être une bombe à retardement et entraîner une crise financière. Tout dépendra de la manière dont le gouvernement va gérer ces prêts.

A l’avenir, tout l’enjeu pour la Chine réside dans sa capacité à migrer vers un modèle économique où la demande intérieure est plus forte, notamment en passant par l’augmentation des salaires. L’instauration d’un système plus généreux de protection sociale permettrait également de diminuer l’épargne des ménages chinois, et favoriserait ainsi la consommation.

Le Monde

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La Banque mondiale émet un avis de tempête mondial

La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance pour l’ensemble de la planète et émet un avis de tempête pour que chacun se prépare au pire, même si ce scénario n’est pas celui qu’elle privilégie pour l’instant. Dans son rapport sur “les perspectives de l’économie mondiale”, publié mercredi 18 janvier, l’institution prévoit une croissance de 2,5 % en 2012 – alors qu’elle tablait encore sur + 3,6 % en juin 2011 – et + 3,1 % en 2013.

Ce “refroidissement” devrait être plus marqué dans les pays développés : ceux-ci connaîtraient une croissance de 1,4 % en 2012, contre + 2,7 % prévus antérieurement, en raison principalement d’une récession dans la zone euro (- 0,3 %). La hausse serait de 2 % en 2013 (+2,6 % prévus jusqu’alors).

Les pays en développement ne seraient pas indemnes, avec une progression attendue de 5,4 % en 2012 (+6,2 % prévus jusqu’alors) et de + 6 % en 2013 (+ 6,3 % prévus).

RÉSERVES BUDGÉTAIRES ÉPUISÉES

Les causes de ce ralentissement ? Tout d’abord, les pays riches ne parviennent pas à se tirer du bourbier des déficits et des dettes. Les Etats-Unis et le Japon semblent repartis, mais n’ont pas encore commencé l’assainissement de leurs comptes publics. Quant à la zone euro, elle fait peur au monde entier en raison de son incapacité à prendre, en temps et en heure, les mesures qui s’imposent pour redonner confiance dans ses engagements vis-à-vis des investisseurs.

Le ralentissement des pays en développement, et notamment de la Chine, de l’Inde et du Brésil, s’explique plus, lui, par les mesures prises par leurs gouvernements début 2011 pour refroidir leurs économies, menacées d’une vive reprise de l’inflation.

“Ce qui est rassurant, c’est que l’on ne constate pas encore chez eux de coup de frein sur l’économie réelle, souligne Andrew Burns, directeur du service des questions macroéconomiques à la Banque et principal auteur du rapport. Ce qui est inquiétant en revanche, c’est que les pays riches et les pays en développement ont épuisé les réserves budgétaires nécessaires pour contrebalancer une aggravation de la situation. La crise, qui pourrait en résulter, serait alors plus longue et plus sérieuse que celle de 2008″.

RÉSISTANCE DE L’AFRIQUE

Les canaux de transmission de cette crise sont nombreux. Le tassement de la croissance du commerce international (+12,4 % en 2010, +6,6 % en 2011 et +4,7 % en 2012) devrait d’autant plus déséquilibrer les balances commerciales que les prix des matières premières ont fortement chuté depuis leur pic du premier semestre 2011 : – 10 % pour les produits énergétiques, – 25 % pour les minerais et les métaux et – 19 % pour les produits agricoles.

D’autre part, les flux de capitaux vers les économies en développement ont reculé de 309 milliards de dollars au dernier semestre 2010 à 170 milliards au dernier semestre 2011. Cette raréfaction s’ajoutera à la baisse de quelque 6 % des envois d’argent des émigrés dans leur pays d’origine.

Les gouvernements pourraient être acculés à des coupes claires dans leurs budgets, amorce d’un cercle vicieux qui affecterait sévèrement la demande domestique.

Toutes les régions du monde ne seront pas logées à la même enseigne. Les plus menacées seront les économies d’Europe et d’Asie centrales, car elles sont très dépendantes des banques d’Europe occidentale qui pourraient être tentées de rapatrier leurs investissements pour se consolider.

A l’opposé, l’Afrique subsaharienne devrait faire preuve d’une réelle résistance avec une croissance de 6 % (hors Afrique du Sud), car les investisseurs la considèrent désormais comme une terre d’opportunités.

Pour affronter ces risques, la Banque mondiale semble avoir peu de solutions à suggérer, sinon de bon sens. “Que les pays en développement surveille attentivement les différents canaux par lesquels la crise peut les affecter, conseille Andrew Burns. Qu’ils arrêtent des priorités budgétaires pour le cas où, afin d’en contrebalancer les effets, notamment en privilégiant des filets de sécurité pour les populations et les infrastructures préalables à un rebond. Qu’ils vérifient que leur système bancaire résisterait à une nouvelle crise de confiance”.

Le Monde

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S&P abaisse la note du Fonds européen de stabilité financière à AA+

L’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé lundi 16 janvier qu’elle abaissait la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la dégradant de AAA à AA+. S&P confirme la note à court terme A-1+ et précise que la perspective est en développement.

Cette décision est la conséquence de l’abaissement de la note de la France et de l’Autriche, qui faisaient partie des Etats notés “AAA” et permettaient au Fonds, par leurs garanties, de bénéficier de la note optimale de S&P. Les deux pays, désormais notés AA+, font partie des neuf pays européens sanctionnés par l’agence vendredi. Depuis, S&P considère donc que les obligations du FESF ne sont plus totalement soutenues, autant par les pays membres du Fonds que par des valeurs mobilières notées AAA.

Standard & Poor’s n’exclut toutefois pas de relever la note à “AAA” si des garanties financières supplémentaires devaient lui être accordées. “Si nous constatons que les obligations à long terme du FESF sont pleinement soutenues par les garanties des Etats membres bénéficiant d’un triple A, nous pourrions relever sa note à ‘AAA’”, indique S&P. L’agence estime qu’il y a une probabilité qu’elle relève la note du FESF ou au contraire l’abaisse dans les deux ans.

LA CAPACITÉ DE PRÊT “PAS REMISE EN CAUSE”

Le patron du FESF, Klaus Regling, a toutefois estimé que la capacité de prêts du Fonds ne sera pas remis en cause par cette décision. “L’abaissement d’un cran de la note du FESF ne va pas réduire sa capacité de prêts de 440 milliards d’euros. Le FESF a les moyens de remplir ses engagements actuels et éventuellement d’autres, d’ici la mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES) en juillet”, a affirmé M. Regling.

Quant au président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, il a estimé lundi que l’Europe se trouve dans une situation économique “très grave”. “Durant les tout derniers mois de 2011, l’incertitude sur la durabilité de certains souverains et sur la résistance du système financier, combinée à des perspectives de croissance sombres, ont débouché sur de sérieuses perturbations du fonctionnement normal des marchés financiers et de l’économie réelle.” Invité par le Parlement européen en qualité de président du comité européen du risque systémique (ESRB), il a toutefois appelé à “apprendre à se passer” des agences de notation, ou à ne les considérer que comme “un paramètre parmi beaucoup d’autres”.

Le ministre des finances français, François Baroin, a lui estimé lundi soir qu’il n’y avait “pas besoin d’agir” sur le Fonds européen de stabilité financière. “Le FESF conserve intacte sa capacité de prêt, avec des moyens suffisants et garantis pour remplir l’ensemble de ses engagements présents et à venir”, affirme-t-il dans un communiqué.

DÉBATS SUR UN RENFLOUEMENT DU FESF

Mario Draghi a par ailleurs estimé que le Fonds de secours européen, privé de sa note “AAA”, devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l’état. Selon lui, “il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA” pour que le FESF conserve “la même capacité” ou puisse prêter “au même taux”.

Le scénario d’une hausse des garanties est toutefois mal engagé, l’Allemagne – premier contributeur du Fonds – ayant catégoriquement refusé lundi de remettre au pot pour le FESF. Les dégradations par Standard and Poor’s de plusieurs pays européens avaient déjà relancé vendredi le débat sur la nécessité d’un renflouement du Fonds de secours de la zone euro (FESF), avec de sérieux clivages entre les capitales européennes.

La chancellière allemande, Angela Merkel, avait notamment indiqué préférer, avant même cette décision de S&P, une dégradation du FESF plutôt que de le renflouer. Les dégradations “ne vont pas torpiller le travail du FESF et je ne vois pas de besoin d’y changer quelque chose”, avait-elle assuré. Lundi, le ministère allemand des finances a été dans le même sens, assurant qu’il n’était “pas besoin d’agir sur le FESF actuellement”.

La capacité de prêts de l’actuel FESF est de 250 milliards d’euros environ, sur une enveloppe initiale de 440 milliards, un montant insuffisant s’il fallait venir en aide à un pays comme l’Italie. Un fonds permanent de secours, le MES, devrait commencer à fonctionner dès le mois de juillet, remplaçant au bout d’un an cet instrument temporaire qu’est le FESF. Le MES doit avoir une capacité de prêt de 500 milliards d’euros et un capital propre de 80 milliards, apporté par les Etats membres.

Le Monde

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La décision de Standard & Poor’s risque de renforcer les divisions au sein de la zone euro

La zone euro va traverser une nouvelle période de fortes turbulences après la dégradation par Standard & Poor’s des notes de crédit de la moitié des Etats de la zone euro. Outre le décrochage de la France vis-à-vis de l’Allemagne, l’Italie risque de s’enfoncer davantage dans la crise.

La dégradation de la note de la France et de celles de huit de ses voisins européens porte un nouveau coup, sévère, à la zone euro. Standard & Poor’s aurait pu dégrader uniformément l’ensemble de la zone euro. Elle a choisi, vendredi, d’accorder un traitement différencié à chacun, prenant le risque d’accroître un peu plus les tensions politiques et financières au sein de la zone euro. Ses conséquences pour les marchés « sont pires qu’une dégradation pour l’ensemble de la zone euro, en raison des querelles politiques croissantes qu’elle va impliquer, des débats en cours sur le montant des pare-feu et de l’inquiétude des investisseurs », estiment les économistes de Royal Bank of Scotland (RBS). La décision de S&P est pourtant motivée, pour l’essentiel, par l’« insuffisance » des réponses apportées à la crise par « les dirigeants européens » au cours des dernières semaines, notamment à l’occasion du sommet européen du 9 décembre. « L’environnement politique dans la zone euro n’a pas été à la hauteur des défis croissants engendrés par la crise », a déclaré Moritz Krämer, en charge de l’Europe chez S&P.

Berlin renforcé dans son leadership

L’agence évoque aussi un « diagnostic incomplet » des causes de la crise et assure « qu’un processus de réformes basé sur le seul pilier de l’austérité risque d’aller à l’encontre du but recherché ». Or l’Allemagne, qui porte autant que les autres pays de la zone euro -sinon plus en tant que « chef de file » -la responsabilité de cette stratégie européenne, n’est pas mise en garde par S&P. Elle est même le seul pays de la zone euro à conserver à la fois son triple A et une « perspective stable ». Au sein des institutions européennes comme dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, le revers infligé aux Etats par S&P confirme l’incompréhension persistante vis-à-vis du programme de travail engagé par la zone euro. « L’Allemagne est le grand gagnant de cet exercice et voit sa puissance de négociation renforcée », souligne en tout cas RBS. « Berlin est seul dans le cockpit », commentait, samedi, l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton.

Première conséquence de ce « décrochage » vis-à-vis de Berlin, la France, qui avait déjà du mal à convaincre son partenaire de s’impliquer davantage dans le sauvetage de la zone euro, aura encore moins d’atouts en main pour le convaincre de prendre en charge une part croissante de la solidarité. Si, comme cela se profile, la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF) est alignée sur celle de la France et de l’Autriche, il n’y aura qu’une alternative : soit les Européens accepteront une réduction de la capacité de prêt du Fonds (d’environ 170 milliards d’euros, selon RBS), soit les pays triple A devront accroître leurs garanties, ce qui est improbable au regard des déclarations d’Angela Merkel, samedi. Or ce pare-feu est pour l’instant la seule digue existante -avec les interventions sporadiques de la BCE -contre la contagion de la crise à l’Italie qui, selon Moritz Krämer, doit faire face à des besoins de financement de 130 milliards d’euros d’ici à avril et de 300 milliards sur toute l’année. En outre, Berlin pourra se prévaloir de sa notation pour continuer à imposer à ses partenaires une réponse purement « budgétaire » à la crise. Ce week-end, Angela Merkel a demandé que le pacte budgétaire, actuellement en négociation, soit mis en oeuvre « rapidement ». « Et il ne s’agit pas d’essayer de l’adoucir partout où l’on peut, mais de donner des garanties de finances solides pour l’avenir », a-t-elle averti.

Les ECHOS

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