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Côte d’Ivoire : bonne performance des banques ivoiriennes en 2011

Selon l’association professionnelle APBEF-CI, les banques commerciales ivoiriennes sont en forme. Leurs bilans comme le taux de bancarisation du pays sont en nette progression depuis quelques années, malgré l’instabilité politique du pays.

Malgré la crise postélectorale de 2010-2011, le secteur bancaire ivoirien est florissant, affirme l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI). Les établissements ivoiriens (publiques et privés) ont réalisé un bilan cumulé de près de 4 000 milliards de FCFA (6 milliards d’euros) en 2011, en augmentation de 37% sur quatre ans, a annoncé mardi Souleymane Diarrassouba, président de l’APBEF-CI, lors d’une cérémonie de présentation du bilan du secteur.

« C’est une performance », a commenté Diarrassouba. « Tous les jours des milliers de comptes sont ouverts dans toutes les banques de Côte d’Ivoire », a-t-il poursuivi, alors que le taux actuel de bancarisation est évalué à 10% sur une population de 22 millions d’habitants. De 2008 à 2011, le nombre de comptes dans les 21 banques du pays est passé de 879 478 à 1 847 837, soit une augmentation de 110%, a-t-il ajouté.

Banques de proximité

Selon l’association, le bilan cumulé est passé de 2 867 milliards de FCFA (4,3 milliards d’euros) en 2008 à 3 914 milliards en 2011 (5,9 milliards d’euros). « Les banques ont été plus proches, en collectant l’épargne auprès des ouvriers, des paysans, des commerçants, etc…. », a expliqué Diarrassouba.

Selon les banquiers ivoiriens, ces performances devraient s’améliorer, en raison des perspectives positives de croissance pour 2012. Lundi, Charles Diby Koffi, le ministre ivoirien de l’Économie, avait estimé que l’année 2012 marquerait, pour la première fois depuis plus de dix ans, le retour à une croissance forte du PIB (Produit intérieur brut), projeté à 8,5% contre -5% en 2011. Reste que le secteur bancaire ivoirien souffre d’une grande dispersion de l’offre contre laquelle le gouvernement entend lutter dans les prochaines années.

AFP

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Elle y enregistre un repli de 13 % : 2011, année morose à la Brvm

Après une importante progression en 2010, la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) a enregistré un repli de 13 % en 2011. Mais, le directeur de cette bourse, qui tirait le bilan de l’année écoulée à Dakar, annonce que 2012 se présente sous de bons auspices pour le marché financier régional.

La crise post électorale en Côte d’ivoire a beaucoup impacté sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) l’année dernière. A fin 2011, les indices ont affiché des niveaux moins élevés qu’en fin 2010, selon le directeur général de cette bourse régionale, Jean Paul Gillet qui tirait, hier à Dakar, le bilan de l’année écoulée. Pour ce dernier, les indices ont clôturé l’année à 138,88 points pour le Brvm composite et 158,49 pour le Brvm 10, soit des régressions respectives de 12,70 % et de 13,37 %. Le montant des transactions s’inscrit également dans la même tendance baissière, passant de 112 milliards de francs Cfa, représentant -27,67 % par rapport à l’année précédente. ‘C’est une baisse mais qui n’est pas si importante au regard de ce qui s’est passé dans d’autres bourses et d’autres marchés financiers. Et surtout qui vient après une hausse en 2010 de 27 %’, souligne Gillet. Qui annonce que cette baisse de 13 % n’est pas uniforme aux 39 valeurs cotées à la Brvm. ‘Toutes les valeurs n’ont pas baissé. Cette baisse de 13 % est provoquée par la valeur qui pèse très lourd sur cet indice, à savoir l’action Sonatel qui a perdu de la valeur’, dit-il.

Cette situation globalement morose, la Brvm l’explique largement par la répercussion sur le marché des conséquences néfastes de la crise post-électorale en Côte d’ivoire. En effet, selon un communiqué de presse remis aux journalistes, la réquisition des structures du marché (Brvm, Dc/Br et Crepmf) a entraîné une désorganisation du fonctionnement du marché financier régional dans son ensemble, occasionnant ainsi son arrêt momentané et sa délocalisation en dehors de la Côte d’ivoire. Mais, avec le site de repli sur Bamako, de février à mai, la bourse a pu redémarrer ses activités et limiter les dégâts.

Même si elle a régressé en 2011, elle a néanmoins enregistré une assez bonne capitalisation. En effet, selon le directeur de la Brvm, cette année a été plus remarquable en terme de capitalisation puisque la capitalisation globale a progressé grâce à des augmentations de capital de sociétés existantes qui ont permis de compenser la baisse des cours. Il indique que la capitalisation action a baissé de 8,5 % mais la capitalisation obligataire a augmenté de 52 % grâce à l’arrivée tout en fin d’année de l’emprunt Tpci de Côte d’ivoire qui a apporté 160 milliards de francs Cfa à la capitalisation obligataire qui avoisine maintenant les 800 milliards de francs Cfa.

2012 sous de bons auspices

Malgré ce repli en 2011, la nouvelle année s’annonce sous de bons auspices, à en croire Jean-Paul Gillet, qui avait à ses côtés le président du Consiel d’administration de la Brvm, Amadou Kane. ‘Pour 2012, les prévisions sont bien orientées et devraient se situer en forte hausse par rapport à 2011’, souligne Gillet. Le Dg de la Brvm estime en effet qu’il est attendu des introductions en actions d’entreprises de la Côte d’ivoire et de la région, notamment par les programmes de privatisation, ainsi que l’accroissement des recours au marché financier au niveau du financement des Etats de l’union.

Mais, l’un des projets phares de la Brvm et du Dépositaire central / banque de règlement (Dc/Br) durant cette année demeure l’ouverture d’un nouveau marché destiné aux Pme et Pmi. Ce projet tend, selon Gillet, à valoriser les Petites et moyennes entreprises (Pme) et Petites et moyennes industries (Pmi) et à leur permettre d’accéder plus facilement aux financements qu’offre le marché financier régional.

Amadou Kane, Pdg de la Bicis et Pca de la Brvm, pense que ce projet peut beaucoup aider à résoudre l’épineux problème du financement des Pme dont une très grande partie meurt avant la première année. ‘Le financement de l’activité économique requiert des ressources longues alors que la Banque centrale, au niveau de ces normes prudentielles, exige que les prêts à moyens et longs termes au niveau des banques soient couverts par des ressources adaptés. Et il se trouve que l’épargne qui est dans le système bancaire dans notre zone n’est pas majoritairement à moyen et long terme. Ce sont des dépôts à très courts termes. Il est donc nécessaire d’impulser ce recourt au marché pour que les ressources à long terme qui seront levées puissent offrir des mécanismes incitateurs à ces souscripteurs grâce à la bourse qui garantie une certaine liquidité’, dit-il.

Walfadjri

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Bourse : La Brvm démarre l’année 2012 avec une hausse de 0,77 %

Après une année 2011 plutôt difficile, la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) entame l’année 2012 sur une note positive en affichant une légère hausse sur l’essentiel de ses indicateurs. La lettre mensuelle de Cgf bourse, transmise hier, indique que ‘les indices Brvm 10 et Brvm Composite progressent respectivement de 1,5 %, à 160,87 points et 0,77 %, à 139,95 points’. Le marché est principalement tiré par les secteurs ‘services publics’, ‘Industrie’ et ‘Agriculture’.

Le secteur ‘Services Publics’ domine le marché en termes de valeur d’échange. Selon le communiqué, il affiche 33 069 titres négociés (1,81 % des transactions mensuelles) pour une valeur globale de 3,81 milliards de francs Cfa, soit 63,37 % de la valeur totale des échanges mensuels. ‘Le secteur enregistre la plus forte hausse mensuelle à travers Sode Ci qui offre une plus-value mensuelle de 22,67 %, à 22 080 francs Cfa. Cie Ci gagne 14,94 %, à 19 080 francs Cfa tandis que Onatel Bf perd 6,82 %, à 41 000 Fcfa’, dit-on. Tout n’est pas positive malgré son dynamisme avec 30 220 titres négociés, soit 91,38 % du volume sectoriel mensuel. Car, le texte informe que ‘Sonatel Sn reste stable à 120 000 francs Cfa au terme du mois de janvier’.

L’‘Agriculture’ affiche 27 910 titres échangés (1,53 % du volume mensuel du marché) pour une valeur totale de 975,41 millions de francs Cfa, soit 16,23 % de la valeur des transactions mensuelles. En dehors de Sicor Ci, qui reste stable à 3 795 francs Cfa, tous les autres titres qui composent le secteur enregistrent des hausses mensuelles : Palm Ci grimpe de 8,97 %, à 16 890 francs Cfa, Saph Ci, de 5,03 %, à 42 010 francs Cfa et Sogb Ci de 3,57 %, à 58 mille francs Cfa.Selon le communiqué, le secteur ‘Finances’ présente 1 703 629 titres négociés (93,32 % du volume mensuel) pour une valeur globale de 664,51 millions de francs Cfa, soit seulement 11,06 % de la valeur totale des échanges mensuels du marché du fait toujours de la faiblesse du cours de Eti (Ecobank) dont le volume de transaction représente 98,98 % (1 686 189 titres) du volume sectoriel mensuel et 92,36 % du volume mensuel du marché. Pour Cgf bourse, malgré cette forte activité, Eti reste stable à 37 francs Cfa. La Brvm remarque que ‘dans la dynamique de reprise globale du marché, les bancaires laissent apparaître une relative embellie et Boa Bf, Sgb Ci, Boa Ci et Boa Niger s’améliorent, respectivement, de 6,71 %, à 35 000 francs Cfa, de 3,99 %, à 36 500 francs Cfa, de 3,57 %, à 29 000 francs Cfa et de 3,23 %, à 32 000 francs Cfa. Dans le même sillage, Bici Ci gagne 0,16 %, à 32 050 francs Cfa’.

Le secteur ‘Distribution’ n’est pas en reste selon les indices relevés dans la lettre mensuelle. Il présente 53 628 titres transigés (2,94 % du volume mensuel) pour une valeur totale de 433,58 millions de francs Cfa, soit 7,21 % de la valeur totale mensuelle du marché. Servair Abidjan Ci et Sari enregistrent des hausses mensuelles respectives de 7,45 %, à 8 mille francs Cfa et de 7,49 %, à 35 735 francs Cfa tandis que Cfao Ci, Total Ci et Sda Ci cèdent 10,33 %, à 14 800 francs Cfa, 5,4 %, à 70 mille francs Cfa et 4,76 %, à 80 mille francs Cfa.Les secteurs ‘Industrie’ et ‘Transport’ enregistrent 7 028 et 380 titres échangés (respectivement 0,38 % et 0,02 % du volume mensuel du marché) pour des valeurs globales respectives de 113,08 millions de francs Cfa et 15 millions de francs Cfa, soit 1,88 % et 0,25 % de la valeur mensuelle du marché, respectivement.

Cette bonne santé financière est à ranger, selon Cgf bourse, sur le compte de la normalisation de la situation en Côte d’Ivoire, favorisant une reprise des activités de plus en plus marquée. ‘Les industriels retrouvent progressivement la confiance des investisseurs. Ainsi, Uniwax Ci, Sivoa Ci et Smb Ci offrent des plus-values mensuelles respectivement de 21,62 %, à 9 675 francs Cfa, de 7,38 %, à 7 200 francs Cfa et de 5,26 %, à 20 000 francs Cfa’, lit-on dans le texte.

Le communiqué signale aussi l’amélioration de la capitalisation boursière de l’ensemble des titres cotés et celle des valeurs composant l’indice Brvm 10 respectivement, de 0,88 %, à 3 205 milliards de francs Cfa et de 1,5 %, à 2 441 milliards de francs Cfa. Par contre, renseigne Cgf bourse, la capitalisation du marché obligataire recule de 2,97 %, à 677,28 milliards de francs Cfa du fait, principalement, du paiement de la dernière échéance, le 25 janvier, de la ligne ‘Caa Bénin 6 % 2007-2012’. Quant au marché des actions, il totalise 1 825 644 actions transigées pour une valeur globale de 6,01 milliards de Fcfa.

Walfadjri

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Envois de fonds : Les migrants ont injecté 30 milliards d’euros en Afrique en 2010

Le continent africain s’arroge 30 milliards d’euros sur les 245 milliards que les migrants ont envoyés, en 2010, à travers le monde. C’est mieux que l’aide publique au développement ou l’investissement direct étranger.

Sur les 245 milliards d’euros de fonds envoyés par les migrants du monde en 2010, 30 milliards sont destinés à l’Afrique, indique une étude conjointe de la Banque africaine de développement (Bad) et de la Banque mondiale. Le volume des transferts de fonds de la diaspora africaine dépasse l’aide publique au développement ou l’investissement direct étranger (Ide). Le seul hic, c’est les coûts d’envois de ces fonds qui sont jugés globalement trop élevés, d’où la réflexion sur : «Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone franc».

Cette étude a été préparée par l’association «Epargne sans frontière» et est cofinancée par la Bad et l’Agence française de développement (Afd). Elle concerne le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, le Cameroun et les Comores. Les envois de fonds sont indispensables, reconnaît l’étude, ils bénéficient en particulier à de larges couches de la société qui, sans ressources, vivraient dans une pauvreté extrême. On note que les flux d’argent envoyés par les migrants, même en période de crise économique et financière des pays de résidence, tendent à rester stables et à être moins liés à la conjoncture économique. C’est tout le contraire de l’aide publique au développement et des Ide.

Préférence pour les envois en espèces

Les coûts de transferts semblent se stabiliser à un niveau encore très élevé, indique une analyse des marchés des envois d’argent. On constate un poids relativement important des transferts en espèces, un recours croissant à d’autres produits de transfert, en particulier le transfert de compte à compte avec paiement d’une partie en espèces. Il y a aussi une augmentation sensible de l’offre de produits de bi-bancarisation classique ((ouverture d’un compte à distance, à partir du pays de résidence dans le pays d’origine et possibilité d’accéder à des services comme le crédit immobilier, etc.).

On note que les intermédiaires financiers ne s’intéressent qu’aux migrants et pas aux familles récipiendaires, ce qui provoque un impact négatif sur l’inclusion financière (notamment la bancarisation des populations bénéficiaires des transferts).  C’est ce qui explique la préférence pour les envois en espèces. Etant des opérations simples et peu coûteuses, les envois en espèces constituent l’intérêt premier des opérateurs car étant fortement rémunératrices et sans risque. L’étude interprète la volonté des opérateurs à faire baisser les coûts comme étant dictée par un souci de captation, de maintien voire d’augmentation des marges, que par une stratégie d’inclusion financière et de bancarisation. «Partout, les marges bénéficiaires restent appréciables.

Ce contexte semble favoriser la stabilisation et non la baisse des coûts des transferts et justifie d’autant plus une action des Etats aux plans national, bilatéral et multilatéral pour réduire ces coûts (…)». Selon l’étude, il y a cinq types d’acteurs actifs ou susceptibles de le devenir sur le marché des transferts. Il s’agit des sociétés de transferts d’argent (Sta), les banques et postes locales (elles ont pris conscience de l’importance de la manne et des commissions qu’elle peut générer), les institutions de micro-finance (Imf), les opérateurs de téléphonie mobile, les autres sociétés maîtrisant les technologies de la monétique et les acteurs des marchés financiers et boursiers.

Le Soleil

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Côte d’Ivoire : trop de banques, pas assez de comptes

La première économie de la région est à la traîne en matière bancaire. Les cinq établissements publics de Côte d’Ivoire sont affaiblis et les privés dispersés.

Agir sans se presser. Du côté du gouvernement Ouattara, en matière bancaire, l’époque est encore à la réflexion avant l’action. Premier objectif : statuer sur le sort des cinq banques publiques ivoiriennes en difficulté, dont certaines, notamment la Banque nationale d’investissement, ont un poids non négligeable dans l’économie. « Toutes les options sont en train d’être analysées. Liquidation, regroupement, privatisation… », souligne un conseiller à la présidence. La seule quasi-certitude est que le gouvernement a peu de chances de s’engager dans une recapitalisation massive.

Deuxième impératif : « recréer un pôle bancaire public fort, capable de financer réellement et de manière satisfaisante les petites et moyennes entreprises, l’immobilier, l’habitat social, l’agriculture, ajoute le même conseiller. C’est le véritable enjeu aujourd’hui ». Parmi les pistes à l’étude : travailler avec des banques internationales spécialisées ayant développé une expertise dans un domaine important (groupe coopératif, banque agricole, banque de développement local)… Plus généralement, l’enjeu est de bâtir enfin une véritable puissance bancaire, à la hauteur de l’économie ivoirienne.

Depuis plusieurs années, les banques du pays reculent régulièrement dans le panorama financier africain, au profit, notamment, de leurs consoeurs nigérianes, ghanéennes ou kényanes. Le taux de bancarisation s’élève à 10 % hors institutions de microfinance, selon l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF). À Nairobi ou à Lagos, il atteint le double, au moins. Tout comme au Togo, leader du domaine dans la zone franc CFA.

Besoin de concentration

Pis, en Côte d’Ivoire, une grosse partie de cette bancarisation est le fait d’une seule banque, publique… En effet, « sur 2 millions de titulaires de comptes, la moitié est à la Caisse nationale des caisses d’épargne [CNCE] », souligne un banquier. Depuis l’arrivée des nigérians Diamond Bank et Guaranty Trust Bank et du gabonais BGFI Bank, 24 établissements prétendent donc se partager un seul million de comptes… « Il est vrai qu’il y a trop de banques et que la capitalisation est insuffisante, estime Guy Sauvanet, directeur général de Diamond Bank Côte d’Ivoire. Il y aura concentration. » Même si cette éventualité dépend aussi de la Commission bancaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, l’exécutif ivoirien devrait militer pour des rapprochements entre établissements.

De son côté, le secteur privé a d’ores et déjà porté ses doléances à la présidence, sous la forme d’un mémorandum postcrise, via l’APBEF de Côte d’Ivoire. L’occasion de tirer le bilan des difficultés (lire encadré) et de suggérer quelques pistes de réformes. « L’un des points les plus importants pour nous est l’application effective des règles de droit et l’assainissement de l’environnement juridique », précise un banquier.

La profession milite également pour un assouplissement des contraintes de liquidité, ce qui lui permettrait de prêter davantage à moyen et long terme. Malgré les heurts, elle a toutefois retrouvé confiance. Guy Sauvanet en témoigne : « Je suis très positif sur l’économie ivoirienne, explique-t-il. Les projets importants d’infrastructures dans l’électricité et les ports, ou encore la réhabilitation, sont des facteurs encourageants. »

Jeune Afrique

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Démission : Robert Zoellick quittera la Banque mondiale fin juin

Le président de la Banque mondiale, l’Américain, Robert Zoellick, a informé hier le conseil d’administration de cette institution financière internationale de 187 pays de sa décision de quitter ses fonctions le 30 juin prochain, rapporte un communiqué du Bureau de la banque à Dakar.

‘Je suis honoré d’avoir mené une telle institution de classe mondiale avec autant de gens talentueux et exceptionnels. Ensemble, nous avons axé notre travail sur le soutien des pays en développement pour juguler les crises et à s’adapter à des changements économiques mondiaux’, dit-il dans le communiqué Robert Zoellick. Qui s’estime très heureux de voir que lorsque le monde avait besoin de la Banque, ses actionnaires ont répondu avec des ressources accrues et leur soutien pour des réformes clés. ‘La Banque est maintenant forte, saine et bien positionnée pour relever de nouveaux défis, et il est donc un moment naturel pour moi de passer à autre chose et de soutenir une nouvelle direction’, poursuit le document.

Représentant spécial des Etats-Unis pour le commerce du 7 février 2001 au 22 février 2005, secrétaire d’Etat adjoint auprès de la secrétaire d’Etat, Condoleeza Rice, de janvier 2005 à juillet 2006, Zoellick avait succédé à son compatriote, Paul Wolfowitz, forcé de quitter la tête de la présidence de la Banque mondiale en juin 2007 après un scandale concernant l’avancement de sa compagne au sein de l’institution financière internationale.Sous la direction de Zoellick, la Banque mondiale dit, dans le communiqué, avoir fourni plus de 247 milliards aux pays en voie de développement pour stimuler leur croissance et lutter contre la pauvreté.

Notons que le poste de président de la Banque mondiale a été monopolisé par les Etats-Unis depuis la création de l’institution, il y a 67 ans, en vertu d’un accord non écrit qui réserve le poste de directeur général du Fonds monétaire international (Fmi) aux Européens.

Walfadjri

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Bourse : FTSE-ASEA, le nouvel indice panafricain

Destiné aux investisseurs étrangers, un nouvel indice boursier panafricain doit être lancé au deuxième trimestre 2012.

FTSE-ASEA : c’est le nouvel indice destiné à rendre les titres phares des Bourses africaines plus visibles aux investisseurs étrangers. Présenté en décembre, il est le fruit d’un partenariat entre le groupe FTSE, spécialisé dans le calcul des indices boursiers, et l’Association des Bourses africaines (Asea). Mesurant les performances de titres cotés sur 16 des 22 marchés membres de l’Asea, il doit être lancé au deuxième trimestre. Parmi les places retenues pour leur dynamisme, Lagos (Nigeria), Nairobi (Kenya), Lusaka (Zambie) ou, côté francophone, Casablanca (Maroc), Tunis (Tunisie) et Abidjan (Côte d’Ivoire). Pour chaque pays, trente sociétés cotées au maximum seront sélectionnées ; au moins 15 % de leur capital devra être libre.

Projecteurs

À titre d’illustration, on peut estimer le potentiel d’investissement généré par l’indice à environ 275 milliards d’euros. Selon Jonathan Cooper, le directeur général Afrique – Moyen-Orient de FTSE, « au-delà des entreprises sélectionnées, [il] permet de braquer un peu plus les projecteurs sur l’Afrique dans son ensemble ».

Car les indices spécialisés sur les marchés émergents n’incluent souvent que les Bourses d’Afrique du Sud, d’Égypte et de l’île Maurice. Pourtant, une étude simulant l’évolution du FTSE-ASEA entre 2008 et 2011 montre qu’il a été nettement plus performant sur cette période que le FTSE Emerging EMEA 40 (les quarante sociétés les plus liquides cotées dans les pays émergents d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient).

Jeune Afrique

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Uemoa – Finance : La Boad participera à la nouvelle banque sénégalaise de développement

La Banque ouest africaine de développement (Boad), basée à Lomé au Togo, a décidé de participer à hauteur d’un milliard de francs Cfa au capital de social de la Banque nationale pour le développement économique (Bnde), en création au Sénégal.’Aux termes des dispositions de la convention de prise de participation, la Boad consent une somme d’un milliard souscrit au capital social de la Bnde au Sénégal’, rapporte un communiqué reçu, jeudi à l’Aps à Dakar.

La cérémonie de signature de la prise de participation s’est déroulée récemment dans la capitale togolaise, entre le vice-président de la Boad, Bassary Touré, et l’Administrateur-directeur général de la banque, Ndèye Khady Guèye.Selon le texte, ‘la Boad a accepté de souscrire à ce projet parce qu’il cadre avec sa stratégie d’intervention en faveur du secteur privé pour la promotion des petites et moyennes entreprises (Pme) des pays de l’Uemoa’.

La Banque nationale pour le développement économique, signale la même source, est ‘une banque en création qui a besoin de 10 milliards de francs Cfa pour démarrer ses activités’.Elle remplace le Fonds de promotion économique (Fpe).

‘La création de la Bnde contribuera inéluctablement à apporter une réponse au manque de financement de Pme sénégalaises’, a indiqué la Boad, une institution spécialisée de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.Avec cette convention de prise de participation dans le capital de la Bnde, le montant total des concours de la Boad en faveur du secteur privé au Sénégal s’élève à 98,792 milliards, relève le communiqué de l’institution de financement du développement de l’Uemoa.

L’Uemoa regroupe, depuis 18 ans, sept pays francophones, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo et un Etat lusophone, la Guinée-Bissau, en mai 1997.

L’union est créditée d’un Produit intérieur brut (Pib) de 32 637,2 milliards de francs Cfa.L’ensemble de sa population est projetée à 93,6 millions d’habitants, en majorité jeune.Elle est répartie sur une superficie de 3 509 600 Km2.

Walfadjri

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Modèle alternatif au système financier international : Un Davos des coopératives à Québec

La force de la coopération pourrait être une alternative crédible pour le système financier international en crise.Le Sommet international des coopératives de Québec, prévu du 08 au 11 octobre prochain, cherche à proposer un modèle de pensée et d’action économique plus crédibles.

L’Alliance coopérative internationale (Aci), la patronne des coopératives du monde, ne cache guère qu’elle peut être une alternative plus crédible que le système financier international en crise. 1 500 participants en provenance de 90 pays et représentant tous les acteurs coopératifs auront, en octobre prochain, pour ambition d’explorer une nouvelle approche de la pensée économique pour pouvoir développer une économie qui répond réellement aux besoins des populations. Le thème de cette rencontre majeure appelée ‘Davos des coopératives’ est intitulé ‘L’étonnant pouvoir des coopératives’. Plus de 125 conférenciers de renommée mondiale, dont des récipiendaires de prix Nobel, des grands noms du secteur coopératif et universitaire, des membres de gouvernements, des représentants d’autorités réglementaires et d’organisations supranationales, feront l’état des lieux du mouvement coopératif et approfondiront les défis actuels et à venir.

Les participants au sommet découvriront les résultats de six études inédites réalisées par de grands cabinets internationaux comme Mckinsey & Company sur les grandes tendances mondiales et défis, stratégies de développement, meilleures pratiques, de Deloitte sur la productivité, le financement et la capitalisation, de l’Ipsos-Uqam sur l’attente des membres et d’Irecus sur les retombées sociales et économiques des coopératives. ’La présence des 300 plus grandes entreprises coopératives et mutualistes au monde est une occasion rêvée d’avoir accès à un bassin de décideurs et de personnes influentes’, souligne Stéphane Bertrand, directeur exécutif du Sommet dans les colonnes du journal Espace D de la coopérative Desjardins de janvier 2012. Le directeur exécutif explique que ‘le sommet arrive dans un contexte particulièrement intéressant au niveau mondial. Après tous les événements économiques et financiers que nous avons connus sur la scène mondiale depuis 2008, la fragilité de nos économies nationales, le fruit est mûr pour redécouvrir l’un des secrets les mieux gardés du milieu économique : la force de la coopération’.

La directrice de la programmation de l’événement, Joanne Lechasseur, dans les colonnes du même journal note aussi que ‘le sommet international des coopératives sera ainsi appelé à devenir une tribune pour discuter d’enjeux d’affaires actuels et futurs et définir des initiatives visant à favoriser la prospérité durable des coopératives et des mutuelles et de leur milieu’. Stéphane Bertrand, un des organisateurs, d’ajouter que l’événement veut démonter que les coopératives constituent un modèle d’affaires distinct et performant et une solution de rechange au modèle d’affaires dominant. ‘Je suis convaincu que les coopératives auront un rôle beaucoup plus grand à jouer au cours des prochaines années. L’avenir appartient désormais aux entreprises qui mettront le capital humain au-devant du capital financier et des rendements excessifs qui engendrent des dérives économiques. Le sommet peut jouer un rôle déclencheur à ce niveau’, conclut Stéphane Bertrand.

Le Canada reste un modèle majeur d’un système pourtant fondé à Londres en 1895. Il compte 9 mille coopératives pour près de 18 millions de membres. Les coopératives canadiennes possèdent des actifs de près de 252 milliards de dollars.

Walfadjri

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Banques : Comment la Boad a racheté la holding Brs au franc symbolique

Tentatives infructueuses menées en coulisses des multinationales bancaires, deal foireux entre l’ancien gouverneur de la Bceao, Henri DacouryTabley et le groupe Nsia. Bref, la holding de la Brs a tout vécu. Minée par des pertes sèches à hauteur de 60 milliards francs Cfa, dues à la non rentabilité de cinq de ses filiales, le groupe bancaire était en vente depuis 2011. Finalement, c’est l’offre de la Boad qui a prévalu sur toutes les autres. L’institution ouest-africaine vient de la racheter au franc symbolique, avec à la clé un plan de renflouement d’urgence estimé à plus de 90 milliards francs Cfa. Les Afriques livre les dessous de cette grande opération qui a abouti après plusieurs longues nuits à la vente des 8 filiales de la Brs.

Créé en mai 2004, la holding du groupe Banque régionale de solidarité (Brs), pesant plus de 24 milliards francs Cfa en valeurs de capitalisation, vient d’être rachetée finalement par la Boad. Au franc symbolique. Une prouesse pour l’institution bancaire de développement ouest-africaine, qui a mené en douceur, des mois durant les négociations sur l’axe Lomé-Dakar- Niamey.

Veto de la Bceao

La holding Brs, suite à la décision des autorités de la Bceao de mise en vente des actions de ses 8 filiales entamée début 2010, n’a pas pu conclure l’opération de cession avec bon nombre de repreneurs qui se sont manifestés. Selon une source autorisée, qui suit le dossier, la Bceao a exigé au repreneur la cession globale du holding. ‘Les repreneurs ne voulaient acheter que les filiales rentables au nombre de quatre sur les 8 que compte la holding’ a commenté notre source. Refus catégorique de la Bceao. Du côté du siège de l’institution, c’est la formule du bouquet ou rien qui sied. Les banques intéressées à son rachat partiel et non à la reprise du bouquet ont dû au finish jeter l’éponge. Rebelote. On change de stratégie, pour séduire, rassurer et convaincre les repreneurs. Le projet de création de la holding Brs, considéré comme le bébé de l’ex-gouverneur de la Bceao, Charles Konan Banny, du fait de son entregent auprès des chefs d’état de la zone Uemoa, est devenu une réalité sur le marché bancaire régional. Son départ à la tête de la Bceao pour s’occuper de la primature ivoirienne, soutiennent des voix autorisées de l’institution, avait précipité la dégringolade de certaines filiales qui peinent à décoller.

L’arrivée d’un nouveau gouverneur, en l’occurrence Henri Dacoury-Tabley, va dérégler la machine. Quelques-unes des filiales de Brs reprochent à la Banque centrale sous le magistère Dacoury-Tabley sa timidité à les accompagner dans leur développement interne et même de l’inopportunité de l’opération de la vente du holding à d’autres groupes bancaires. Les positions étaient divergentes au sommet de l’institution et le malaise couvait à peine sur les contours du schéma de mise en vente du holding. Beaucoup s’étaient opposés, informe notre source, à la franchise du tandem Bceao-Brs. C’est la direction Crédit et Micro-finance de la Bceao, pièce maîtresse du plan de montage de cession des actions de la holding, qui s’est chargée de mettre en musique l’opération. A l’époque, seul l’ex-gouverneur Dacoury-Tabley avait le pouvoir et le mandat de communiquer sur ce projet. Annoncé par Les Afriques, après vaines sollicitations, les autorités ont préféré s’emmurer dans un silence.Sous le magistère de Dacoury-Tabley, l’information sur la santé financière morose en vérité de la holding se savait par les administrateurs.

Quelques-unes des filiales étaient au creux de la vague. L’audit des comptes du holding diligenté fut catastrophique. Ce dernier révèle plus de 60 milliards de francs Cfa de pertes sèches accusées par certaines filiales au bord du gouffre. L’audit confirme une insuffisance notoire de ressources propres au niveau de certaines filiales. Ce qui explique que depuis début 2010, la Bceao étudiait le scénario de la vente du holding sur la base des risques, des avantages, des opportunités et de l’environnement du marché. Une grande majorité des actionnaires qui avaient perdu espoir ont suggéré la vente des filiales non rentables et de garder les banques crues.

Le deal Dacoury- Nsia

A la faveur d’une crise aiguë qui sévit en Côte d’Ivoire et les tentatives infructueuses des groupes bancaires short-listés, l’ex-gouverneur de la Bceao, Henri Dacoury-Tabley lance les négociations avec le groupe ivoirien Nsia pour lui filer sur un plateau d’argent la holding. Son président, l’Ivoirien Jean Kacou Diagou, ami aussi du président déchu, Laurent Gbagbo, et de Dacoury-Tabley, est mis sur orbite. Selon des sources bien informées, le dossier est géré avec discrétion depuis la présidence d’Abidjan. Rien ne doit filtrer jusqu’à la finalisation de la vente du holding Brs. L’offre est alléchante du côté de Nsia qui saute sur cette grosse opportunité.

Les besoins ont été clairement définis par le tandem Dacoury- Jean Diagou. Un fromage pour la Nsia qui a pris l’option de sauver les meubles. Sous le parrainage attitré de Laurent Gbagbo. La transaction passe à la vitesse supérieure. Le président de Nsia s’entoure de toutes les garanties pour mettre sous son pavillon la holding.

Contre toute attente, les choses se gâtent pour Laurent Gbagbo, acculé par l’insurrection populaire et la pression de la communauté internationale. Avec sa chute, l’ex-gouverneur, Dacoury-Tabley se voit retirer le mandat de signature au nom de la Bceao, suite à la décision des chefs d’Etat de l’Uemoa. Sans parrain, le deal foire. La finalisation de la transaction est reportée sine die.

Au franc symbolique

Après un chassé croisé des multinationales et groupes panafricains, la Bceao a trouvé repreneur courant septembre, à l’issue du Conseil d’administration du holding à Niamey. L’information n’a pas été rendue publique. ‘La Boad a été très flexible. Elle a accepté de racheter au franc symbolique la holding Brs’, confirme une source autorisée, contactée par Les Afriques. Soucieuse du développement du secteur public et privé de l’Afrique de l’Ouest, la Boad a accepté de garder les filiales déficitaires.

Un plan de renflouement d’urgence de la holding est adopté par les autorités de la Boad à hauteur de 90 milliards francs Cfa pour apporter du cru au groupe.Selon nos informations, la Boad va s’attacher à court terme un partenaire bancaire technique stratégique en vue de l’accompagner dans sa mise en route du plan de relance.’Le rachat au franc symbolique est une bonne formule et le plan de renflouement devra doter le holding de capitaux conséquents, plus attractifs et de ressources pérennes’, a commenté notre source.

Les Afriques

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Banque : repli stratégique des groupes français en Afrique

Acteurs historiques en Afrique, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se désengagent peu à peu.

Les établissements français réduisent la voilure en Afrique. Commencée avec la crise financière de 2008, cette tendance se renforcera en 2012, avec la crise des dettes souveraines en Europe, qui oblige les banques, notamment hexagonales, à renforcer leurs fonds propres et à économiser 235 milliards d’euros d’ici à 2013.

Ainsi, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole, qui ont longtemps dominé le financement du commerce des matières premières et des produits de base entre l’Afrique et l’Europe, réduiront cette activité. En outre, « on s’attend à ce que les établissements français, qui jusque-là dominaient le financement du commerce intrarégional, cèdent du terrain aux banques locales », affirme-t-on dans les milieux bancaires africains.

Il faut dire que les banques françaises ont déjà perdu de leur emprise au sud du Sahara au cours des cinq dernières années. Dans les états-majors des groupes, on préfère parler de réorganisation stratégique. Celle-ci consiste notamment à se renforcer sur les principaux marchés - Côte d’IvoireSénégalCameroun – et à concentrer les efforts sur les activités les plus rentables. Ainsi, Société générale a gelé ses acquisitions en Afrique francophone, mais a annoncé en juin 2010 un plan stratégique visant à ouvrir 90 agences d’ici à 2015, principalement au Sénégal et en Côte d’Ivoire, où il se lance aussi dans le mobile banking.

Exception

Tout en se renforçant sur les mêmes marchés, BNP Paribas s’est retiré de la Mauritanie et de Madagascar. Crédit agricole s’est quant à lui recentré depuis deux ans sur la banque de détail en Europe et dans le Bassin méditerranéen. Il a ainsi cédé à Attijariwafa Bank, en 2010, cinq de ses filiales subsahariennes (Congo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon et Sénégal). La banque vient aussi de se désengager de sa filiale sud-africaine, et de nombreux analystes la soupçonnent de vouloir quitter l’Algérie et la Tunisie.

Exception à cette tendance : Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE) nourrit des ambitions d’expansion au sud du Sahara. Après être sorti du Crédit industriel et commercial (CIC) au Maroc, il a repris en juillet 75 % de la Banque malgache de l’océan Indien (BMOI) et 19,4 % de la Banque nationale du développement agricole (BNDA), au Mali. BPCE est actuellement en négociation pour la prise de contrôle de Banque Atlantique Côte d’Ivoire (Baci).

Jeune Afrique

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Les banques internationales à l’assaut du marché africain

Poussés hors de leurs marchés domestiques par la crise de la dette, les établissements bancaires européens, américains, mais aussi chinois et qataris multiplient les initiatives pour se renforcer en Afrique. Le point sur leurs stratégies.

L’Afrique n’a jamais autant suscité l’intérêt des banques internationales. Avec la crise de la dette en Europe et la récession qui guette les économies développées, le continent au milliard d’habitants et à la croissance économique de 5,8 % en 2012 (prévision) devient une destination privilégiée des investissements étrangers. Et donc une terre d’opportunités pour les établissements financiers mondiaux.

Au Maroc, 2012 démarre sur les chapeaux de roues. La cession annoncée par la Société nationale d’investissement (SNI) de 10 % à 20 % de ses parts dans le capital d’Attijariwafa Bank, d’ici à fin mars, aiguise l’appétit des établissements du Golfe, en quête de nouveaux marchés à fort rendement. Pour l’instant, ni Attijariwafa ni la SNI ne souhaitent communiquer sur les discussions en cours, mais le nom de Qatar National Bank (QNB) revient avec insistance. Surtout que le qatari a tenté en vain, l’an passé, un rapprochement avec le marocain BMCE Bank. « L’arrivée d’un établissement qatari à son capital apporterait une bouffée d’oxygène à Attijariwafa, confronté à un problème de liquidités sur son marché national. La crise mondiale a provoqué une baisse des investissements directs étrangers et des transferts des Marocains résidant à l’étranger », explique Hanane Rahali, analyste financier chez CFG Group au Maroc.

Attijariwafa réaliserait une belle affaire si cette opération se confirmait : QNB vient d’annoncer un bénéfice net de 1,6 milliard d’euros en 2011 (+ 32 % par rapport à 2010). Et en plus de pouvoir développer des produits financiers alternatifs (islamiques), la banque qatarie serait bien placée pour le financement des grands projets d’infrastructures dans le royaume chérifien et du commerce sans cesse croissant entre les deux pays. Car si, pour l’instant, la valeur de leurs échanges ne dépasse guère les 45 millions d’euros, ce

montant est appelé à croître au cours des prochaines années : entre novembre et janvier, l’émir du Qatar, Hamad Ibn Khalifa Al Thani, s’est rendu à deux reprises au Maroc et a conclu avec le royaume plusieurs accords, notamment dans le tourisme. Par ailleurs, une entrée au capital d’Attijariwafa permettrait à QNB de prendre indirectement pied en Afrique subsaharienne, où le groupe marocain possède une dizaine de filiales.

Britanniques à l’affût

Pour l’instant, ce sont surtout les établissements européens qui convoitent le Sud du Sahara. Alors qu’ils suppriment massivement des postes chez eux (près de 60 000 emplois dans le secteur européen en 2011), ces groupes, surtout britanniques, multiplient les initiatives pour renforcer leur présence en Afrique. Ainsi Barclays, qui a racheté 56 % du sud-africain Absa Bank en 2005 pour 2,1 milliards d’euros, a délocalisé fin 2011 sa direction Afrique de Dubaï à Johannesburg. Sa consoeur HSBC, qui a tenté l’an dernier, sans succès, de prendre le contrôle du sud-africain Nedbank, est toujours en quête d’un partenaire stratégique en Afrique. « HSBC est bien implanté en Asie-Pacifique et vise désormais le financement du commerce entre l’Afrique et l’Asie », explique Paul-Harry Aithnard, directeur recherche du groupe Ecobank.

Idem du côté de Standard Chartered. « Nous sommes à l’affût de toutes les opportunités d’acquisitions qui pourraient se présenter en Afrique », a indiqué en décembre Diana Layfield, directrice Afrique de Standard Chartered. Déjà présent dans seize pays africains, notamment dans l’est du continent, le groupe, qui réalise environ 10 % de ses bénéfices en Afrique, met désormais le cap à l’ouest. Dans son viseur : le Nigeria et le Ghana, où il possède déjà des filiales locales et entend profiter de leurs taux de croissance respectifs de 6,6 % et 7,3 %. Le groupe cible aussi l’Angola, autre pays producteur de pétrole. Credit suisse aussi fait parler de lui. Le groupe a ouvert sa première filiale africaine à Johannesburg début 2011. Quelques mois plus tard, en juillet, Credit suisse a été la principale banque d’affaires à monter l’acquisition du manufacturier sud-africain Defy Appliances par le turc Arçelik Group. Montant de l’opération : 225 millions d’euros.

“Gestion du risque”

Les Américains ne sont pas en reste. En novembre, la banque d’affaires JP Morgan a ainsi ouvert une filiale spécialisée dans la couverture de change en Afrique du Sud. « Nous voulons vraiment développer notre activité de trésorerie et de services aux entreprises à travers toute l’Afrique, mais aussi préparer la voie pour notre activité de banque d’investissement. C’est maintenant qu’il faut être présent pour un retour sur investissement dans les cinq à dix ans à venir », a indiqué John Coulter, patron Afrique de JP Morgan, au Financial Times. La banque est par ailleurs en négociation pour ouvrir des bureaux de représentation au Kenya et au Ghana au cours du premier trimestre.

Le chinois Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) vient aussi d’ouvrir un bureau de représentation en Afrique du Sud, au Cap. Selon les analystes, celui-ci devrait servir de base pour une nouvelle stratégie africaine du groupe, qui a déboursé 3,8 milliards d’euros pour racheter 20 % de Standard Bank, première banque africaine, en 2008.

Mais si l’engouement est bien réel, Paul-Harry Aithnard estime que « ces groupes étrangers avanceront de manière prudente, en s’appuyant sur les acteurs locaux, qui connaissent mieux les marchés africains ». De fait, le renforcement de la présence des banques mondiales en Afrique peut être considéré comme une opportunité pour les groupes africains. Ils pourront ainsi bénéficier de financements additionnels pour participer à certaines syndications qui jusque-là étaient hors de leurs moyens. Peuvent notamment tirer profit de cette nouvelle configuration : les banques nigérianes (First Bank of Nigeria, United Bank for Africa…), qui viennent de sortir d’une réforme qui a conduit à leur recapitalisation. Le groupe Ecobank (basé au Togo), fort de sa présence dans 30 pays africains, s’estime aussi incontournable.

Il ne faut toutefois pas écarter la menace que les groupes internationaux soient les seuls à profiter de la croissance en Afrique. Ce cas de figure « ne surgira réellement que si, au bout des cinq prochaines années, les banques africaines ne deviennent pas plus robustes et n’améliorent pas leur gestion du risque en vue de dominer l’activité de banque de détail », indique un banquier ouest-africain. C’est, d’après les spécialistes, un élément crucial pour le développement des économies africaines.

Jeune Afrique

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Jacques Attali : “Sans fédéralisme, c’est la fin de l’euro”

Quelles seront les conséquences de la dégradation par Standard & Poor’s de la note d’une série de pays européens ? Réponse de l’économiste et écrivain français Jacques Attali.

Vendredi 13 janvier. L’annonce de la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P) assomme la classe politique française. À cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, cette mauvaise nouvelle alourdit un peu plus le bilan économique du président (et futur candidat) Nicolas Sarkozy. En réalité, la perte du triple A ne fait qu’entériner l’envolée de la dette de la France et le décrochage de sa compétitivité par rapport à l’Allemagne, l’une et l’autre déjà constatés par les marchés. Reste que ce déclassement souligne une nouvelle fois les insuffisances de la stratégie de sauvetage mise en oeuvre par l’union monétaire européenne.

Ancien sherpa de François Mitterrand, Jacques Attali est aujourd’hui président de PlaNet Finance, une ONG internationale de conseil en microfinance présente dans quatre-vingts pays, notamment africains. Il décrypte ici la décision de S&P et analyse les conséquences de la crise en France, en Afrique et dans le monde.

Jeune Afrique : Qui a été sanctionné par Standard & Poor’s (S&P) ? Nicolas Sarkozy pour avoir laissé filer la dette ? La France pour son modèle social devenu hors de prix ? Ou la classe politique, qui n’a pas voté un budget équilibré depuis 1974 ?

Jacques Attali : L’équilibre budgétaire n’est pas une fin en soi. Et il existe de la bonne dette. Si elle n’excède pas 60 % du PIB, si elle est consacrée aux investissements et si le taux de croissance est supérieur, ou voisin, aux taux d’intérêt, elle est même excellente. Le modèle social français n’est hors de prix que parce que l’on a massivement baissé les impôts sans réduire les dépenses publiques. Cette tendance a débuté sous le gouvernement de Lionel Jospin, en 2000. Ensuite, ce dérapage s’est accentué avec la crise financière venue d’Amérique, en 2008. La seule réponse a été de laisser filer les déficits en croyant que cette crise était passagère.

La France est-elle promise à un nouveau plan de rigueur ?

La plupart des pays développés sont concernés : Japon, États-Unis, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni… En France, l’équation est simple : le gouvernement a prévu en 2012 un déficit budgétaire équivalant à 4 % du PIB avec une croissance à 1 %. Avec une croissance nulle, il faut trouver 17 milliards d’euros. Et l’on approche dangereusement d’une dette dépassant 90 % du PIB. À partir de ce seuil, elle devient incontrôlable.

Dans votre dernier livre (Candidats, répondez ! Fayard), vous adressez 153 questions aux candidats à la présidentielle. Pensez-vous que le futur hôte de l’Élysée disposera d’une réelle marge de manoeuvre ?

Il est certain qu’un programme d’ajustement s’imposera. Il n’y a pas de raison de se priver d’une TVA sociale, que les Allemands appellent d’ailleurs de son vrai nom : dévaluation fiscale. Or c’est un impôt injuste qui n’a de sens que si on le compense par une réforme fiscale globale. Mais cette dernière n’apporterait des recettes qu’à partir de 2013.

Autre volet d’une politique de rigueur : faut-il réduire les dépenses publiques ?

Je ne veux pas me prononcer sur cette question, que j’ai préféré poser directement aux candidats. Il y a dix-huit mois, la commission que je présidais a fourni le catalogue très précis d’un « paquet » de 90 milliards d’euros de réduction de dépenses. Les 153 questions offrent en général deux choix aux politiques : augmenter les impôts ou baisser les dépenses dans des proportions variées.

Les fameuses niches fiscales représentent 70 milliards d’euros…

Réduire les niches fiscales, on peut appeler ça comme on veut, cela revient à augmenter les impôts.

Les réponses des candidats vous ont-elles convaincu ?

J’ai reçu une réponse de deux candidats, sur quatre questions. C’est un début. Il faut absolument continuer à les leur poser.

S&P sanctionne aussi les pays européens parce que leurs dirigeants ne sont pas allés assez loin pour « répondre aux problèmes financiers de la zone euro »…

L’euro disparaîtra s’il n’y a pas de fédéralisme, car une monnaie ne peut exister sans pouvoir politique. Ensuite, chaque pays doit mettre de l’ordre dans ses finances, mais si on ne fait que cela, on aura une récession cumulative. Il faut appuyer sur la pédale de frein, mais aussi sur l’accélérateur. Et ça, seule l’Europe peut le faire.

Or, en tant que structure juridique, l’Union européenne n’a pas de dette. C’est une anomalie qu’il faut corriger. La zone euro doit être dotée d’une recette fiscale autonome - que ce soit la taxe sur les transactions financières ou une TVA européenne - afin de disposer d’un budget propre, de pouvoir emprunter et de financer ses investissements. Il s’agit des euro-obligations. Et là, nous basculerions dans le fédéralisme. D’une certaine façon, nous y sommes presque, puisque la Banque centrale a ouvert toutes les vannes en achetant une grosse quantité de titres et en mettant beaucoup d’argent en circulation. Mais il faut aller plus loin.

Chargé de venir en aide aux pays en difficulté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a également perdu son triple A. Or il est censé disposer de 440 milliards d’euros…

Seuls les pays triple A peuvent apporter l’argent nécessaire. L’alternative est simple : soit l’Allemagne soutient le fonds, et c’est le fédéralisme ; soit elle ne le fait pas, et l’euro disparaît.

Les Européens sont-ils en train de subir ce que les Africains ont connu dans les années 1980-1990, à savoir les fameux programmes d’ajustement structurel (PAS) ?

La Grèce en est là. Soit ces programmes sont engagés par les gouvernements, soit ils seront imposés par Bruxelles, l’Allemagne, le Fonds monétaire international et les marchés. C’est également valable pour la France. Quand Dominique Strauss-Kahn était un possible candidat à l’élection présidentielle, je disais qu’il irait en toute hypothèse à l’Élysée : soit en tant que président élu, soit en tant que directeur général du FMI…

L’Europe reste le premier partenaire commercial de l’Afrique. Peut-on craindre que la crise provoque un ralentissement de la croissance sur le continent, qui reste supérieure à 5 % ?

En 2012, le risque est réel pour tout le monde. Tout ralentit, même le commerce international. Les pays émergents, notamment le Brésil, l’Inde et la Chine, marquent le pas. Seuls les États-Unis sont véritablement en croissance. Il faut donc s’attendre à un ralentissement en Afrique en 2012 ou 2013.

Le thème du protectionnisme est très présent dans la campagne électorale française. Est-ce vraiment une solution pour sortir de la crise ?

Je ne suis pas opposé à un protectionnisme qui s’inscrirait dans une politique industrielle européenne. Or l’Europe, par une sorte de fanatisme de la concurrence, s’interdit de constituer de grands groupes européens ou de mettre en place une politique douanière que tous les autres ensembles économiques pratiquent. Mais cela n’aurait aucun sens à l’échelle nationale, ce qui nous ramène à la question du fédéralisme.

L’Europe défend le libre-échange, notamment dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais un autre protectionnisme, fondé sur des normes environnementales et sociales, est-il envisageable ?

Il faut le faire. Les Européens ont choisi de donner la victoire aux consommateurs, car il y a un théorème simple : tout consommateur est un électeur, moins de la moitié des électeurs sont des travailleurs. Cette tyrannie du consommateur-électeur, qui veut acheter toujours moins cher, est suicidaire. Sauf si nous avons l’intelligence, pour reconstruire notre industrie, d’investir massivement dans l’éducation et l’innovation pour être en avance sur les Chinois et les autres. Ce que nous ne faisons pas.

Que faire pour contrebalancer le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie ?

Il y a trente ans, j’avais annoncé ce mouvement vers le Pacifique dans un livre. Une grande question de la prochaine présidentielle concerne la relation de l’Europe avec l’Afrique. Si l’Europe fédérale fait le choix de la francophonie, qu’elle développe un partenariat avec l’Afrique et intègre la Turquie, qu’elle se fixe comme priorité le développement du monde arabe, nous pouvons redevenir la première puissance économique mondiale. Pour la France, le développement de la francophonie [triplement en trente ans du nombre de locuteurs, ils seront 600 millions en 2040] représente un réel potentiel de croissance.

Jeune Afrique

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BANCARISATION: La Bicis drague les plus pauvres

La Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bicis) fait les yeux doux aux populations encore peu bancarisées et disposant de revenus modestes. Elle a lancé, la semaine dernière, le « Pack Trankil », une offre reposant sur un package comprenant un compte à vue et une carte de retrait uniquement.

La bataille de positionnement sur des niches jusque-là délaissées par le système financier classique fait rage. La Bicis fait un saut en lançant une offre dénommée « Pack Trankil ». Un produit destiné aux populations encore peu bancarisées et disposant de revenus modestes. Une offre qui, selon le service communication de la banque, repose sur un « package simple comprenant un compte à vue et une carte de retrait uniquement ». A l’en croire, « cette simplicité permet une commercialisation à un coût raisonnable : 1000 FCfa, un prix largement inférieur à celui des packages d’entrée de gamme habituels ».

La même source indique que l’offre a été lancée courant janvier simultanément en Afrique subsaharienne dans quatre Bici, filiales locales de Bnp Paribas notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso. Avant de relever que « BNP Paribas est l’une des premières banques d’Afrique subsaharienne à se positionner sur ce type d’offre à prix réduit ». Et d’ajouter que « cette démarche démontre également la volonté et l’engagement des Bici à s’impliquer dans le financement des économies locales où le taux de bancarisation est en général inférieur à 10% ».

Le Président Directeur Général de la Bicis, M. Amadou Kane, à travers un communiqué daté du 23 janvier 2012, a indiqué : «Cette nouvelle offre est en rupture avec nos approches de marché traditionnel, et nous permet d’apporter une réponse concrète aux besoins de base d’une catégorie de clientèle aux revenus modestes, qui pourra ainsi plus facilement se bancariser».

Sud Quotidien

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L’état lance une concertation avec les acteurs : Le Sénégal compte exploiter les potentialités de la finance islamique

Avec les possibilités qu’elle offre, la finance islamique est vue comme une bouée de sauvetage pour le pays.C’est pourquoi l’Etat, qui vient d’obtenir 100 milliards de francs Cfa sur deux ans par un mécanisme de cette finance islamique (Sukuk), compte en faire un bon levier pour financer son développement.

Ayant découvert les vertus de la finance islamique, l’Etat du Sénégal compte bien la promouvoir et la développer pour en tirer le maximum dans ses emprunts annuels. Le ministère de l’Economie et des Finances vient, à cet effet, d’initier une concertation avec les différents acteurs de ce secteur et des religieux pour échanger avec eux sur les avancées de ce système financier dans notre pays et éviter tout ce qui y est proscrit par la religion dans ce mode de financement. L’Etat veut continuer l’expérience qu’il vient de faire en levant plus 100 milliards de francs Cfa sur les 400 qu’il compte emprunter en 2012 au titre des contributions des bailleurs de fonds, grâce à cette finance. Cela, après avoir ‘arraché’ l’aval de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) et du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf), dit le ministre Abdoulaye Diop. L’Etat compte en effet utiliser le ‘Sukuk’ (obligation islamique : Ndlr), qui préconise de rémunérer à la place des taux d’intérêts, qui sont ‘ribba’ (l’usure) pour la Charia, le nécessairement rendement de tout investissement.

Se félicitant de cette approche du gouvernement, les religieux ont estimé que l’Etat a tardé à se tourner vers ce système. ‘C’est un système avec tout ce que la finance requiert mais qui ne transgresse pas les fondements de la religion musulmane. Les transactions qu’il y a dans les banques, les financements, les bons de trésors et autres sont très normés. Il faut que les gens puissent fructifier leur argent mais selon les règles définies par la charia.

Beaucoup de pays occidentaux expérimentent aujourd’hui la finance islamique’, dit Barham Diop. Qui pense qu’au-delà des musulmans, il peut être la solution pour le monde. Et dans notre pays, les populations pourraient également en tirer un grand profit. Elles qui ont besoin de financements alors que le financement de l’économie par les banques peine à atteindre la barre des 20 %. Pour le religieux, la multiplication des institutions financières islamiques à travers le monde, ainsi que le nombre croissant d’établissements bancaires conventionnels qui offrent aujourd’hui des solutions de financement compatibles avec la Charia, confirment l’essor du secteur d’activité de la finance islamique. Il souligne par ailleurs que l’approche du gouvernement est salutaire. Parce que, dit-il, il y a plusieurs écoles dans l’Islam qui ont des façons de voir certaines recommandations. Donc, il était bien de réunir tout le monde pour savoir ce que chacune pense de telles opérations. Barham Diop estime, en outre, que la perception d’intérêts, prohibée par l’Islam, est la conséquence de tous les chocs financiers auxquels on assiste souvent. ‘Dieu nous demande de ne pas exploiter l’autre par des intérêts lorsqu’il y a emprunt. Depuis plus d’un siècle, tout ce que les banques avaient pu engranger comme bénéfices, est gâté par soit une guerre ou une crise’, dit-il. Corroborant ses propos, Isakha Mbacké, ambassadeur du Sénégal en Turquie, qui a également pris part à la rencontre, fait remarquer que les dernières crises économiques et financières mondiales ont épargné la finance islamique et les institutions qui ont ouvert une fenêtre sur ce système. ‘Les pays occidentaux l’ont compris et l’éloignent de l’islamophobie dont ils ne cessent d’accuser les musulmans’, signale le diplomate.

Précurseur dans cette finance au niveau régional, avec la création de la Bis depuis 1983, le Sénégal n’en a pas pour autant tiré tous les avantages qu’il devrait en attirant les capitaux arabes pour financer son développement. Laquelle banque a même fini par explorer des voies qui n’étaient les siennes. En effet, elle avait souscrit à des emprunts obligataires de l’Etat du Sénégal mais la Bid lui a demandé de reverser le fruit des placements à des activités caritatives parce qu’elle n’a pas vocation de toucher à des intérêts.

Walfadjri

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La Brvm en repli global au terme de l’année 2011 : La crise ivoirienne déteint sur tous les secteurs de la bourse

La bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) de l’Uemoa a fortement subi, en 2011, les effets négatifs de la crise post-électorale ivoirienne.Ainsi, la Brvm termine l’année 2011 en baisse globale sur l’ensemble de ses indicateurs, hormis la capitalisation boursière du marché obligataire.

La bourse régionale des valeurs mobilières de l’Uemoa a connu un recul global en 2011, annonce un communiqué de presse de Cgf Bourse. Elle est fortement impactée par la crise post-électorale de la Côte d’Ivoire. Ce, malgré que la Brvm ait maintenu, en début d’année, l’embellie qui avait été observée en 2010. Ce repli avait contraint à suspendre ses activités sur la 2e quinzaine du mois de février. Cette tactique permettait un redéploiement sur un site de repli à Bamako où elle a opéré, à travers un plan de continuité, du 1er mars au 13 mai 2011. Aussi, elle lui permettait de regagner Abidjan pour un redémarrage effectif le 16 mai 2011.

Les indices Brvm 10 et Brvm Composite affichent un recul annuel de 13,53 %, à 158,49 points et de 12,83 %, à 138,88 points, respectivement. Toutefois, la Brvm a décroché à partir du 11 janvier 2011 pour amorcer une tendance à la baisse. Une chute dont elle ne se relèvera pas jusqu’à la fin de l’année, comparativement aux valeurs des indices de référence à cette date. Les indices Brvm 10 et Brvm Composite affichaient, à ladite date, leurs plus hauts niveaux annuels, soit 205,41 points et 174,89 points, respectivement. La capitalisation boursière de l’ensemble des titres cotés et celle des valeurs composant l’indice Brvm 10 reflètent cette contre-performance en enregistrant des baisses annuelles de 8,47 %, à 3 177 milliards de francs Cfa et de 12,72 %, à 2 406 milliards de francs Cfa, contre 3 471 milliards de francs Cfa et 2 756 milliards de francs Cfa en fin 2010, respectivement.

Nonobstant ces contre-performances, la chute annuelle de la Brvm a été atténuée par le secteur Agriculture avec un indice sectoriel qui affiche un Ytd (Year-To-Date) de 44,7 %, à 368,2 points. D’ailleurs, la plus forte hausse annuelle du marché se retrouve dans ce secteur.

Le volume des transactions enregistré par la Brvm sur l’année 2011 a également connu une baisse relativement importante de 36,36 % pour 17 988 860 titres négociés (contre 28 265 619 titres en 2010), représentant une valeur globale de 58,91 milliards de francs Cfa (contre 65,02 milliards de francs Cfa en 2010), soit un repli annuel de la valeur annuelle des échanges de 9,4 %.

Le marché obligataire enregistre une baisse de 26,63 % de son volume d’échange par rapport à l’année 2010 et totalise 1 807 203 titres négociés (contre 2 463 096 titres en 2010) pour une valeur globale de 17,78 milliards de francs Cfa (contre 24,15 milliards de francs Cfa en 2010), soit un recul annuel de la valeur des transactions de 26,38 %.

Par contre, la capitalisation boursière du marché obligataire s’améliore de plus de la moitié (52,58 %) par rapport à l’année 2010 pour s’établir à 698,02 milliards de francs Cfa, contre 457,47 milliards de francs Cfa en 2010. Le secteur Finances ne représente que 7,65 % de la valeur des transactions annuelles du marché, soit 4,51 milliards de francs Cfa. Les institutions financières ivoiriennes en général ont été fortement affectées par la crise post-électorale.

Le secteur Industrie enregistre 67 591 titres transigés (0,38 % du volume annuel) pour une valeur totale de 1,62 milliard de francs Cfa, soit 2,76 % de la valeur annuelle des échanges du marché.Quant au secteur Distribution, il affiche 26 623 titres négociés (0,15 % du volume) pour une valeur globale de 819,98 millions de francs Cfa, soit 1,39 % de la valeur des échanges annuels du marché.

Le secteur Transport présente, avec les deux valeurs qui le composent, un volume de 3 996 titres échangés (0,02 % du volume annuel) pour une valeur totale de 163,6 millions de francs Cfa, soit 0,28 % de la valeur annuelle du marché. Fortement affectée par la morosité de son secteur d’activité (travaux et ouvrage de génie civil) en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années, la Société d’études et de travaux pour l’Afrique de l’Ouest (Setao), filiale du Groupe Bouygues, est, selon le communiqué, la moins active du marché et n’avait fait l’objet d’aucune transaction entre le 28 septembre 2010 et le 27 mai 2011, soit près de 8 mois de léthargie. D’ailleurs, fait remarquer le texte, elle a subi une perte de 30,96 millions de francs Cfa sur l’exercice 2010 et n’a jamais distribué de dividende depuis sa cotation sur la Brvm.

Walfadjri

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