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Londres donne le coup d’envoi au découpage de ses banques

Les banques de détail dédiées aux particuliers et aux PME devront être séparées des banques d’investissement. Londres milite pour que Bruxelles adopte ces mesures. Des coussins de capitaux supplémentaires sont ajoutés.

Tout n’est pas encore inscrit dans le marbre et Londres a fait quelques concessions au secteur bancaire. Mais un peu plus d’un an après avoir mis en place la commission Vickers, Londres devrait bien adopter la plupart des recommandations de ce groupe de 5 experts. Pour le chancelier de l’Echiquier George Osborne, qui s’exprimait hier à Westminster, il s’agit « des réformes du secteur bancaire britannique les plus importantes de l’histoire moderne ».

L’élément crucial en est l’installation d’une cloison entre les banques de détail dédiées aux particuliers et aux PME, d’une part, et les banques de gros et d’investissement, d’autre part. La banque de détail devra être capitalisée séparément et avoir son propre conseil d’administration. Des limites seront fixées aux financements que celle-ci pourra fournir à la banque d’investissement. Le but est d’éviter que le contribuable ne subventionne indirectement les activités de marché. La garantie implicite des Etats aux activités de banque de détail permet en effet aux groupes bancaires dans leur ensemble de se financer moins cher.

500  % du PIB

Le pays a dépensé une fortune pour maintenir à flot ses banques pendant la crise. Les bilans de ces dernières pèsent encore aujourd’hui 500 % du PIB contre 300 % pour la France et 100 % pour les Etats-Unis, a rappelé George Osborne. Londres estime donc que le coût de la mise en place des recommandations Vickers - entre 3,5 milliards et 8 milliards -en valent la peine. « Londres “wimbledonise” la City en en excluant les acteurs britanniques survivants », estime en revanche Simon Gleeson de Clifford. Pour maintenir la compétitivité de la City, les banques d’investissement étrangères basées à Londres ne sont en effet pas touchées par ces réformes.

Pour compléter le dispositif, le gouvernement prône des coussins de capitaux supplémentaires aboutissant, avec des dettes automatiquement convertibles en capital, à un « core » Tier-1 d’au moins 17 % pour toutes les banques britanniques, soit bien plus que les accords Bâle III. Le déposant devrait en outre primer sur le détenteur de dettes non sécurisées en cas de faillite. Enfin, George Osborne a demandé à Royal Bank of Scotland de se concentrer sur le Royaume-Uni et de réduire encore la taille de sa banque de marché.

Si Londres veut que ces mesures fassent l’objet d’une loi d’ici à 2015, pour une application en 2019, le gouvernement prend son temps. Méfiants, les travaillistes demandent d’ailleurs la surveillance de la mise en place de ces recommandations. Londres appelle à de nouvelles consultations avant la publication d’un rapport au printemps 2012 pour ajuster certains éléments. Et fait quelques concessions. Les dépôts et les prêts aux grandes entreprises peuvent ainsi être logés à l’intérieur de la banque de détail cloisonnée ou à l’extérieur, ce qui laisse de la marge. Par ailleurs, les filiales étrangères de banques basées au Royaume-Uni pourront être exemptées du ratio prudentiel minimum de 17 % si elles prouvent « qu’il n’y a pas de risque pour le contribuable britannique », a dit George Osborne.

Alors que les banques britanniques pâtiront de la perte de la garantie publique implicite face à leurs concurrentes, George Osborne a précisé hier que Bruxelles « regardera ce qu’il peut faire pour réconcilier cette distorsion au niveau européen ». « Le Royaume-Uni s’engagera activement dans ce débat », a-t-il ajouté.

Les Echos

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TAUX DIRECTEURS DE LA BANQUE CENTRALE: Toujours le statu quo

Très optimiste quant aux perspectives de croissance économique de l’Union  dont elle projette le PIB à 6,4% en 2012, le Comité de politique monétaire de la Bceao (Cpm) qui s’est réuni le 07 décembre dernier à Dakar a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs.

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Bceao(Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), lors de sa dernière réunion qui s’est tenue le 7décembre dernier à Dakar, a jugé « globalement favorables  les conditions monétaires actuelles, arguant d’un contexte de liquidité bancaire « importante » et d’une détente des taux sur le marché. Aussi, au niveau des conditions de banque, le taux du coefficient des réserves obligatoires en vigueur depuis le 16 novembre 2010 et désormais harmonisé à 7,0% dans la zone, est maintenu. Dans son communiqué officiel au sortir de sa 6ème réunion, l’institution se félicite de l’uniformisation des coefficients à 7%, indiquant que celle-ci « permet de renforcer la concurrence entre les banques de l’Union notamment par la baisse des taux débiteurs ». Sauf que malgré la kyrielle de banques dans la zone, la concurrence entre les banques de l’Union semble se faire ailleurs que par la baisse des taux débiteurs.

Dans son communiqué, l’institution reconnaît d’ailleurs que les taux débiteurs des banques ainsi que les taux moyens pondérés des émissions de bons du Trésor, au troisième trimestre 2011, ont connu des hausses par rapport au trimestre précédent.

Les banques ne suivent pas

L’analyse que nous en faisons montre qu’en septembre 2011, le taux débiteur moyen des banques s’est accru de 23 points de base pour se situer à 8,54% contre 8,43% en août, une augmentation qui a concerné principalement la clientèle financière des banques et les entreprises publiques. Un tel contexte n’est pas pour favoriser l’investissement privé, la conséquence de la hausse des taux d’intérêt étant de rendre onéreux le crédit pour les créateurs d’entreprises, limitant ainsi le degré de rentabilité de nouveaux projets d’investissements financés par le crédit bancaire.

Dans le même temps, le taux de rémunération des dépôts de la clientèle est ressorti en baisse en septembre 2011, le taux moyen dans l’ensemble de l’Union s’établissant à 5,29% en septembre contre 5,33% le mois précédent. Le repli du taux créditeur (versé sur les dépôts) a été enregistré principalement sur les dépôts des particuliers et ceux des entreprises d’assurance. Il apparaît que le repli du taux créditeur est susceptible de décourager l’épargne dans la zone.

En cumul sur le troisième trimestre, les taux débiteurs moyens des banques se sont ainsi accrus de 26 points de base pour se situer à 8,59% alors que les taux de rémunération des dépôts de la clientèle sont, pour leur part, restés quasi-stables à 5,28%. Quant aux taux moyens pondérés des émissions de bons du Trésor, ils se sont détendus de 33 points de base d’un trimestre à l’autre pour se fixer à 5,54%.

Par ailleurs, instruments de régulation économique au service de la politique monétaire et dont les objectifs sont d’une part de limiter l’inflation, et d’autre part de favoriser la croissance économique, les taux d’intérêt directeurs composés du taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres (open market) et du taux d’intérêt des opérations sur le guichet de prêt marginal (escompte), restent maintenus respectivement à 3,25% et 4,25% (niveau encore supérieur à ceux de la zone euro).

Prête à resserrer ?

Pour la problématique, un crédit obtenu par une banque commerciale par refinancement avec un taux d’intérêt (taux de refinancement) peu élevé, permettra à cette banque d’accorder à son tour des crédits (augmentés certes d’une certaine marge) peu onéreux aux entreprises et aux particuliers : l’activité économique et la croissance s’en trouveront ainsi favorisés.

A l’inverse, une hausse des taux directeurs aura pour objectif de limiter la demande de liquidités des banques et ainsi d’éviter une trop forte inflation. Même si par ailleurs, la BCEAO considère que le relèvement des taux directeurs ne devait pas être considéré comme la réponse automatique à une montée des tensions inflationnistes à court terme.

Il n’empêche, depuis la mi-2009 et en marge de la baisse de l’inflation, le desserrement monétaire a contribué à amortir l’impact de la crise financière internationale. La BCEAO a eu recours à divers instruments comme l’abaissement de ses principaux taux directeurs de 50 points de base, ramenés à 4,25 % ; l’adoption du coefficient uniforme de réserves obligatoires (7 %, à compter du 16 décembre 2010), conforme en gros aux précédentes recommandations des services du FMI; l’injection régulière de liquidité par son guichet hebdomadaire; les autres mesures visant à aider les pays à réduire leurs arriérés de paiements intérieurs.

Certes un léger ralentissement de la hausse des prix a été observé au troisième trimestre 2011. Le taux d’inflation en glissement annuel est passé de 3,9% à fin juin 2011 à 3,6% à fin juillet 2011, 3,5% à fin août 2011, avant de remonter à 3,8% à fin septembre 2011. La hausse des prix reste toujours influencée par le renchérissement des denrées alimentaires et des carburants.

Aussi, quand bien-même la Bceao prévoit aujourd’hui une décélération (2,8% contre 3,6% au troisième trimestre) de l’inflation au quatrième trimestre 2011 comme conséquence essentielle de la dissipation progressive des effets de la cris en Côte d’ivoire, elle devrait se tenir prête à resserrer la politique monétaire si l’évolution actuelle persistait et risquait de se propager à l’inflation sous-jacente et ainsi, de se transformer en anticipations inflationnistes.

Sud Quotidien

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Abdourakhmane Sarr, ancien haut fonctionnaire du Fmi : ‘Les rumeurs sur une dévaluation du Cfa ne sont pas fondées’

Ancien représentant du Fmi au Togo et au Bénin, Abdourakhmane Sarr a récemment quitté ses fonctions pour se consacrer à son pays à travers le Centre d’étude pour le développement local (Cefdel) qu’il dirige.Economiste et spécialiste de la monnaie, il analyse, ici, les répercussions de la crise de la zone euro sur l’économie africaine en général et le franc Cfa en particulier.

Wal Fadjri : La crise de l’euro n’est plus une vue de l’esprit. Quelles peuvent en être les conséquences sur le franc Cfa ?

Abdourakhmane SARR : Comme vous le savez, le franc Cfa est arrimé à l’euro. Quand l’euro se raffermit, le franc Cfa se raffermit automatiquement. Disons que quand l’euro perd de la valeur, le franc Cfa perd aussi de la valeur parce qu’il y a une parité fixe entre l’euro et le franc Cfa. Les choses qui affectent l’euro dans un sens ou dans un autre nous affectent aussi directement. Il y a des rumeurs qui courent, faisant état d’un démantèlement de l’euro. La question qui se pose est de savoir est-ce que l’euro fort, qui reflète la force de l’Allemagne, est la monnaie qu’il faut pour un pays comme la Grèce qui n’a pas la force de l’Allemagne ? Si jamais quelque chose devait arriver à l’euro dans un sens ou dans un autre nous serions affectés.

On parle de plus en plus d’une probable dévaluation du franc Cfa. Est-ce que, selon vous, ces rumeurs sont fondées ?

Je ne pense pas qu’il faille dévaluer le franc Cfa et je ne pense pas que ces rumeurs soient fondées. Je le dis pour plusieurs raisons. Je dis que, d’abord, nous avons des réserves de change qui sont assez consistantes. A mon avis, je dirais même excessives pour répéter le président Wade. De ce point de vue-là, il n’y a pas péril en la demeure pour dévaluer le franc Cfa. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que le franc Cfa n’est pas surévalué. Pourquoi ? Parce que le franc Cfa est arrimé à l’euro, tout ce qui arrive à l’euro nous arrive. Donc, le niveau de l’euro peut ne pas correspondre au taux du Cfa par rapport à nos fondamentaux. Si on devait évoluer vers ce régime de change beaucoup plus flexible que je prône, peut être qu’en la circonstance ça se serait traduit par une dépréciation ensuite peut être une appréciation et ensuite une dépréciation en fonction des conjonctures et en fonction des besoins des fondamentaux de nos économies.

On n’entend pas les dirigeants africains s’exprimer malgré la menace. Est-ce qu’ils n’ont pas voix au chapitre ?

Si vous prenez l’exemple de l’Uemoa et de la Cemac, c’est nous qui avons choisi d’être arrimé à l’euro. Donc nous subissons ce qui se passe en Europe. Si on avait un régime de change différent, le niveau de ce taux de change refléterait nos propres fondamentaux. Mais nous avons choisi de nous arrimer à l’euro donc nous ne pouvons que subir les conséquences. Mais, heureusement, en ce qui nous concerne, nous avons déjà fait l’ajustement macro-économique dans les années 1980-1990. Donc, nos fondamentaux sont bons. Lorsqu’on parle de Pib qui fait plus de 100 % dans des pays européens qui font face à la dette aujourd’hui, nous au Sénégal on a un taux d’endettement de 40 % du Pib. Donc, si la Grèce avait un tel taux d’endettement, elle serait très contente. Je disais récemment que nous avons des réserves de change qui sont consistantes au sein de l’Uemoa. Il n’y a pas péril en la demeure.

Le problème serait donc cette parité fixe avec l’euro ?

Je ne dirai pas problème. Est-ce que la parité est une bonne chose ou pas ? Mais le fait que nous ayons une parité fixe par rapport à l’euro fait que nous subissons ce qui leur arrive, que cela nous arrange ou pas parce que parfois cela peut nous arranger. A supposer qu’on ait besoin d’une dévaluation et que, à cause des problèmes de l’euro, que celui-ci perde de la valeur. Cela nous arrange automatiquement mais, c’est tout simplement la conséquence de facteurs exogènes sur lesquels nous n’avons pas de contrôle qui aurait permis cette dévaluation. Si ces facteurs exogènes se traduisent par une appréciation de l’euro au moment où l’euro fort ne nous arrange pas, on subirait les conséquences négatives de cette appréciation. On le sait tous, l’euro a été fort pendant une bonne période par rapport au dollar. Nous, étant arrimés à l’euro, cela nous a porté préjudice par rapport à notre compétitivité et notre capacité à exporter vers des pays émergents comme les pays asiatiques qui, eux, sont arrimés plus ou moins sur le dollar. Donc, lorsque l’euro s’apprécie on s’apprécie avec et lorsqu’on s’apprécie avec l’euro, on perd de la compétitivité par rapport aux autres pays qui, eux, sont arrimés au dollar.

Est-ce que les échanges et l’investissement sont menacés de baisse dans la zone Uemoa ?

Je ne le pense pas. En fait, l’un des avantages de l’arrimage, c’est un peu la certitude de la stabilité du franc Cfa par rapport à l’euro. Ce qui fait que certains disent que cette parité fixe nous a permis en fait d’attirer des investissements parce que la parité du franc Cfa et de l’euro n’a été changée qu’une seule fois dans l’histoire, si ma mémoire est bonne. Ça, c’est un facteur de stabilité pour des investisseurs qui auraient eu des appréhensions par rapport à la stabilité de ce taux. Ils investissent en se disant que cette parité-là, elle est assez stable. Le niveau du taux de change est très important pour notre compétitivité et incitatif pour les investisseurs. Si un investisseur vient investir pour une demande intérieure, celle-ci subit la concurrence de produits qui viennent de l’étranger. Si ces produits qui viennent de l’étranger sont beaucoup plus compétitifs, vous ne viendrez pas investir au Sénégal pour servir le marché local s’il est facile et peu coûteux d’acheter ces produits-là à l’étranger. On sait que tout le monde ici va en Chine ou à Dubaï pour acheter tout et n’importe quoi. Cela, c’est parce que l’euro et le Cfa sont très forts. Si vous allez dans ces pays-là, vous vous procurez presque tout. Y compris des choses que des Sénégalais eux-mêmes pourraient produire.

Selon vous, est-ce qu’on doit maintenir cette parité fixe ?

A mon avis personnel, nous devons faire évoluer le régime de change vers quelque chose de plus flexible qui refléterait davantage nos propres fondamentaux. Le niveau de l’euro peut nous arranger ou ne pas nous arranger. Disons que nous subissons les conséquences exogènes de ce qui se passe en Europe. Je crois qu’il est temps de réfléchir à notre propre régime de change et moi je dis qu’il faut le faire évoluer vers quelque chose de plus flexible.

Est-ce que cela suppose d’avoir une Banque centrale africaine ?

Je dirai que nous avons un bon arrangement dans la Banque centrale avec l’Uemoa. C’est une bonne chose que d’être ensemble : l’union fait la force. Mais je dirai qu’il faut faire évoluer le taux de change qu’on a en commun pour qu’il devienne beaucoup plus flexible et qu’il reflète nos propres fondamentaux. Vous savez, en Europe, à cause de leur crise, on parle d’une récession qui aurait des conséquences sur la conjoncture internationale et donc d’une récession mondiale. Une récession en Europe, qui se trouve être notre premier partenaire commercial, se traduirait par une baisse de la demande extérieure. Cette baisse de la demande extérieure se traduit par une baisse de la croissance chez nous, ou en tout cas du potentiel de croissance. Nous avons un taux de croissance qui tourne autour de 4 % mais qui n’est pas suffisant. Nous avons les pays émergents asiatiques qui ont un taux de croissance de l’ordre de 7 % ou plus. Même dans le contexte africain, le taux de croissance des pays de l’Uemoa, du Sénégal en particulier, est faible. Donc, en résumé, une récession en Europe, se traduisant en une récession mondiale, veut dire une baisse de la demande extérieure et une baisse de la demande extérieure réduirait notre propre potentiel de croissance. Alors, nous aurions eu nos propres instruments de gestion macroéconomique, nous avons l’outil budgétaire c’est sûr, mais si on avait eu l’outil de change, je ne suis pas sûr que cela se serait traduit en une dépréciation du franc Cfa. Mais nous subissons de plein fouet la baisse de la croissance.

Le Sénégal, un pays de la zone Uemoa, compte beaucoup de citoyens en Europe. Quels seront les comportements financiers et économiques de ces émigrés face à la crise ?

Les Sénégalais de l’extérieur envoient beaucoup d’argent ici. Ce sont eux qui tiennent beaucoup de familles en milieu urbain et en milieu rural. Je crois que cela doit tourner autour de 700 milliards de francs Cfa que les Sénégalais de l’extérieur envoient au pays. On a remarqué, dans les chiffres, que malgré la crise européenne, les envois de ces émigrés n’ont pas vraiment baissé. Quelles en sont les raisons ? C’est comme une dette que vous devez payer tous les mois. Vous n’avez pas le choix que de payer cette dette-là. Les Sénégalais de l’extérieur, avant de faire quelque chose pour eux-mêmes, envoient d’abord de l’argent à leurs parents qui dépendent d’eux. Ils sont affectés par la crise, mais ils se serrent la ceinture parce qu’ils ne peuvent pas ne pas envoyer de l’argent à leurs parents. Donc, disons qu’il y a un ajustement à leur niveau pour assurer ce qu’ils envoient à leurs parents qu’ils considèrent comme une dette, c’est notre culture.

Comment la zone Uemoa peut-elle parer ou du moins amoindrir les contrecoups d’une crise de l’euro ?

Lorsque tu as un choc extérieur qui se traduit par une baisse potentielle de ta croissance et de tes exportations, il n’y a que ta demande intérieure qui peut le pallier. Et en la circonstance, ce qu’il faut faire c’est avoir une politique monétaire ou budgétaire qu’on appelle contra cyclique. C’est-à-dire que tu as un choc extérieur, tu ne peux plus vendre à l’étranger ou pas autant qu’avant. Et donc il faut pallier ce manque à gagner de l’intérieur. Comment ? C’est soit le secteur privé intérieur ou le secteur public ou encore une politique monétaire assouplie pour alimenter la demande extérieure le temps que le choc exogène passe. C’est ce que le Sénégal a fait et presque tous les pays africains dans la conjoncture actuelle. Le déficit du Sénégal est élevé pour plusieurs raisons mais en partie pour pallier et faire face à ce problème de choc exogène.

L’autre chose, c’est que nous n’avons pas de politique monétaire. Je l’ai toujours dit, on ne peut pas être arrimé à l’euro, avoir un compte de capital à la balance des paiements ouverts vis-à-vis de la France et avoir une politique monétaire. Nous n’avons pas de politique monétaire. Notre politique monétaire, c’est celle de la Banque centrale européenne (Bce). Donc, on ne peut pas faire grand-chose de ce point de vue-là. Même baisser les taux d’intérêts n’aurait pas d’impact parce que les taux actuels que les banques appliquent n’ont absolument rien à voir avec ceux de la Banque centrale qui n’a pas d’impact sur le marché financier. Donc, la troisième possibilité c’est en principe la demande intérieure privée, qui est alimentée par l’accès au crédit. Et l’accès au crédit est difficile chez nous. Ce qui fait qu’il nous reste un seul levier, c’est la politique budgétaire. Mais, elle a ses limites. Parce qu’on ne peut pas se retrouver dans la situation de l’Italie ou de la Grèce en ayant des déficits budgétaires de 7 ou 8 % du Pib. A 40 % du Pib d’endettement, ce n’est pas mal. C’est assez faible aujourd’hui. Mais cela ne peut pas perdurer. Donc, il faut essayer de faire en sorte que la croissance soit beaucoup plus forte. (A suivre)

Walf

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Situation monétaire : Une amélioration de 11,6 milliards

Les estimations du mois d’octobre sur la situation monétaire au Sénégal sont bonnes. Selon le résumé du Point mensuel de Conjoncture du mois d’octobre 2011 produit par la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) du ministère de l’Economie et des Finances (Mef), dont nous avons reçu copie, ‘La situation monétaire estimée à fin octobre 2011, comparée à celle de la fin du mois précédent, fait ressortir une amélioration de 11,6 milliards de la position extérieure nette, un renforcement de 10,6 milliards du crédit intérieur et, en contrepartie, une expansion de 22,2 milliards de la masse monétaire qui se situerait à 2 807,4 milliards’.

Pour ce qui est de l’exécution budgétaire au cours des dix premiers mois de l’année 2011, elle fait ressortir un bon niveau de recouvrement des recettes budgétaires conjuguée à une évolution sensible des dépenses publiques. En effet, les recettes budgétaires, évaluées à 1 103 milliards, ont enregistré un accroissement de 95,7 milliards (+9,5 %) comparativement à fin octobre 2010. Quant aux dépenses et prêts nets, ils se sont confortés de 189,4 milliards (+14,1 %) pour s’établir à 1 528,5 milliards à la fin du mois d’octobre 2011. Au total, le déficit du solde global (dons compris) est ressorti à 276,5 milliards en cumul à fin octobre 2011 contre 203,4 milliards un an auparavant.

Quant aux échanges commerciaux, ils ont été marqués, sur les dix premiers mois de 2011, par une hausse de 170,6 milliards (+21,4 %) des exportations de biens en valeur et 208,9 milliards (+11,4 %) des importations de biens par rapport à la même période en 2010. Globalement, le solde de la balance commerciale s’est dégradé de 38,3 milliards.

La compétitivité-prix de l’économie sénégalaise, au mois d’octobre 2011, s’est détériorée de 0,7 % en variation mensuelle, du fait du différentiel d’inflation défavorable de 0,2 % conjuguée à l’appréciation du Franc Cfa de 0,5 % vis-à-vis des monnaies des principaux partenaires.

Toutefois, en glissement annuel, des gains de compétitivité de l’ordre de 1,6 % sont notés. En moyenne sur les dix premiers mois de 2011, l’économie a enregistré des pertes de compétitivité estimées à 0,7 %.

Walf

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Un nouveau système de monnaie locale : Pour en finir avec la ‘politique de la main tendue’

Promouvoir un développement local sans compter sur la politique de la main tendue pour se prendre en charge.C’est le défi du Mouvement pour la renaissance, la liberté et le développement (Mrld), qui compte bien faire son chemin en misant essentiellement sur les ressources propres aux Sénégalais. Le mouvement citoyen a présenté ses idées et son système de monnaie locale, hier à Dakar.

‘En vue des élections à venir, nous allons faire un plaidoyer citoyen en faveur de cette solution qui pourrait faciliter l’accès au crédit et en cela permettre aux populations de vivre les valeurs d’autonomie et de liberté’. Cette vision, déclinée, hier à Dakar, par le président du Mouvement pour la renaissance, la liberté et le développement (Mrld), le docteur Abdourahmane Sarr, est celle portée par le Centre d’études pour le financement du développement local (Cefdel) dont il est également le président.Il s’agit d’élargir l’accès au financement aux cinq Communautés économiquement intégrées (Cei), que sont Dakar, Thiès, Ziguinchor, Kaolack et Saint-Louis.Ce, dans un but de développement autonome, sans compter sur les aides gouvernementales. Suite à un échange pédagogique et participatif avec les acteurs des principales zones de la Cei de Dakar, hier, les interventions et plaintes de la salle se sont succédé. Elles révèlent pour la plupart que les difficultés liées au financement tiennent à leur accès limité ; soit par des taux d’intérêts trop élevés proposés par les institutions de micro finance, soit parce que les populations ont du mal à leur donner des garanties suffisantes. ‘Le modèle complémentaire que nous proposons est un modèle développé par le Cefdl et introduit au Sénégal dans ses cinq Cei. Ainsi, les populations pourront avoir accès au crédit sans intérêts et sans garanties, de telle sorte à pouvoir travailler et payer leurs impôts en toute autonomie’, déclare le Dr Abdourahmane Sarr. Pour ce dernier, qui cumule plusieurs casquettes dont celle d’économiste et spécialiste de la monnaie, faciliter l’accès au financement est ‘une condition sine qua none à l’atteinte de l’autonomie et de la liberté des populations au Sénégal’.

Le mouvement citoyen pour la renaissance déplore le fait que la pauvreté, dans laquelle beaucoup de Sénégalais vivent, ne tient pas à leur incapacité à améliorer eux-mêmes leurs conditions d’existence mais plutôt aux contraintes imposées par leur gouvernement et les systèmes financiers qui ne répondent pas à leurs besoins. ‘Les capacités sont là, la volonté de travail est là, les besoins aussi. Le problème, c’est la rencontre entre ces capacités et ces besoins. Le trait d’union entre ces deux éléments c’est l’argent. L’argent, c’est l’accès au crédit’, simplifie volontairement le président du Mrld. La solution à cet accès qu’il propose serait en quelque sorte, la formule magique pour que l’économie fonctionne de façon optimale. Ce système de monnaie locale, prenant la forme de tickets ou bon d’achat, serait injecté dans les localités choisies préalablement par le biais d’une institution financière. Le citoyen achète une monnaie locale qui est acceptée comme moyen d’échange dans la communauté car toute personne qui la reçoit peut l’échanger en francs Cfa. En achetant cette monnaie locale, les citoyens donneront ainsi la possibilité à l’institution financière émettrice de prendre le risque de leur faire des prêts. Elles émettront en effet plus de monnaie locale puisque celle-ci a plus de chance de rester dans la communauté. ‘Les populations pourront ainsi financer leurs besoins et ceux de la communauté, développer leurs affaires en recrutant plus de personnes, créer de nouvelles opportunités d’affaires et ainsi payer davantage d’impôt, et permettre à la communauté de financer les besoins publics’, peut-on lire dans un rapport du Mrld.

Ce développement, dont le mouvement tient à ce qu’il se fasse ‘sans la politique de la main tendue’, devrait néanmoins, pour plus d’efficacité, s’accompagner d’un soutient de la part de l’Etat. ‘Nous aimerions que cette solution soit institutionnalisée. Cela veut dire que l’Etat et les collectivités locales acceptent ces monnaies locales. Nous voudrions qu’il y ait une institution financière dans chacune de ces collectivités qui introduise ces monnaies locales. Que le sommet accepte cette solution et que les candidats la portent’, explique Abdourahmane Sarr. Qui pense que deux options sont alors possibles. Celle de ‘porter ce projet nous-mêmes ou le faire porter par d’autres candidats qui comprennent ces solutions et sont prêts à l’accompagner’. Et considérant la dernière, le Mrld fait le relais avec ‘l’élite nationale’ en organisant des ‘journées citoyennes’ pour partager avec les élus locaux sa solution. Mais c’est aussi en jouant sur le contexte pré-électoral actuel qu’ils souhaitent convaincre, pour disent-ils, ‘qu’ils soient nos premiers clients’. La deuxième démarche, dans laquelle le mouvement verse actuellement, poursuit Sarr, ‘consistera à rencontrer ceux qui, dans la période à venir, ont l’intention de briguer le suffrage des Sénégalais, échanger avec eux sur la solution que nous apportons et essayer de les convaincre de s’engager à nos côtés pour que cette solution puisse être institutionnalisée dans les Cei’. Parce que, dit l’économiste, ‘le plaidoyer est d’autant plus efficace quand ceux qui cherchent à être élus ont une oreille attentive’.

Walf

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NOTATION FINANCIERE A LA BRVM: L’échéance de novembre 2011

La nouvelle réglementation sur la notation financière publiée en novembre 2009 par l’organe régulateur de la Brvm(Bourse régionale des valeurs mobilières) avait fixé l’échéance de novembre 2011 pour une première notation des émetteurs intervenant en bourse. Encore faut-il que les deux agences qui avaient déposé leurs demandes d’agrément l’obtiennent d’abord.

La nouvelle réglementation sur la notation financière publiée en novembre 2009 par le Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (Crepmf), organe régulateur du marché de la Brvm (Bourse régionale des valeurs mobilières) qui regroupe les huit pays membres de l’Uemoa, est censée permettre de réduire le coût de la garantie à 100% du capital et des intérêts qui était jusque là demandée aux émetteurs d’obligations sur la place boursière d’Abidjan et qui augmenterait le coût de l’emprunt de 1,5 à 3%. C’est ce qui a d’ailleurs fondé la nécessité de l’introduction de la notation dans le marché sous-régional et qui, devrait coûter au minimum 5 fois moins cher que la fameuse garantie.

Le principe de la réforme avait ainsi été adopté et celle-ci a abouti à une nouvelle règlementation publiée depuis novembre 2009. Entretemps, deux agences, WARA et Bloomfield Investment ont déposé leurs demandes d’agrément en tant qu’agences de notation, mais restent encore dans l’attente de disposer du sésame. Et pour cause.

Cela fait maintenant près de deux ans et aux dernières nouvelles, un texte fixant la caution exigible à l’agrément aux agences de notation est toujours en cours d’élaboration. Il s’agit de la redevance que l’agence doit payer lors de son agrément. Le niveau de cette redevance pourrait être une des raisons de ce « blocage » tandis que la réglementation exige des garants, une note à partir de novembre 2011, note à laquelle les émetteurs devront se soumettre à partir de décembre 2012.

Les apologues de la notation estiment que les émetteurs disposant d’une bonne note (note d’investissement) attireront des investisseurs, même s’ils proposent des taux d’intérêt plus bas que ceux pratiqués actuellement sur le marché et que les investisseurs institutionnels sont déjà préparés à cela. Ce concept nouveau à la Brvm devrait ainsi permettre de booster le marché obligataire.

Il faut savoir que les quinze Etats membres de la CEDEAO comptent trois principaux marchés obligataires que sont : la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) regroupant huit pays de la sous-région, la Bourse de Lagos au Nigeria, et enfin la Bourse d’Accra au Ghana. Des trois institutions, la BRVM est de loin la plus active sur ce segment de marché. Mais toute proportion gardée, le marché obligataire Ouest-africain est encore loin du dynamisme des marchés d’Afrique du Sud et de ceux des pays du Maghreb. Le marché obligataire sud-africain dispose d’une position plus qu’honorable dans la classification des pays émergents, en termes de capitalisation, de titres échangés mais aussi plus d’une centaine d’obligations d’Etat.

En Afrique de l’Ouest, les chiffres sont beaucoup plus modestes, malgré une expérience éprouvée en matière d’émissions obligataires. L’attrait du marché obligataire en Afrique de l’Ouest se heurte à de nombreuses difficultés, notamment celles liées à la valorisation (absence d’une courbe des taux) et aux calculs du risque des obligations (via le calcul de la duration). Par ailleurs, bien que quelques émissions d’Etat bénéficient d’une notation par les agences de rating telles que Fitch Rating, il est apparu nécessaire de la généraliser.

Qui pour contrôler les agences ?

De plus, très peu de « corporate (entreprise) » parmi les obligations cotées à la BRVM font l’objet d’un tel exercice. Or, le risque inhérent à une obligation est défini à travers une notation qui peut juger de sa capacité à faire défaut. Donc, la notation ainsi que la qualité du crédit ne peuvent que favoriser un développement des activités d’un marché obligataire car les risques sont censés être mieux évalués.

Néanmoins, il semble que l’introduction de la seule notation ne suffira pas à améliorer le dynamisme du marché obligataire de la zone Afrique de l’Ouest, et il faudra nécessairement ajuster d’autres aspects, comme le système des garanties à la BRVM, ainsi que la réglementation relative à l’épargne et aux marchés financiers.

Par ailleurs, s’il faut veiller sur les barrières à l’entrée afin d’assurer une véritable ouverture du marché de la notation à d’autres agences, notamment sur les marchés émergents (du fait de la configuration oligopolistique du marché mondial de la notation et ses conséquences pour la difficile régulation des « fat three » (Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch Ratings)), il y a nécessité de revoir l’étendue et le contenu des opinions émises par les agences de notation en raison des limites révélées par les différentes faillites d’institutions notées AAA, lors de la crise financière internationale.

Toutefois, il semble non négligeable, pour les investisseurs, en complément des notations attribuées par les agences, de s’approprier les prospectus et d’analyser eux-mêmes, avant toute décision d’investissement, les informations diffusées par les émetteurs. Il faut cependant souligner l’importance d’une réglementation universelle des agences de notation pour une meilleure efficacité de leur contrôle et surtout, de réfléchir sur qui va contrôler ces agences.

Sud Quotidien

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‘’Grand déficit d’information’’ sur les services des Institutions de Micro Finance

Un rapport de la Direction de la microfinance (DMF) fait état d’un ‘’grand déficit d’information’’ de la clientèle sur les conditions dans lesquelles les institutions de microfinance (IMF) lui offre des services.

Il existe ‘’un grand déficit d’information sur les conditions des produits des IMF’’, indique cette étude dont l’APS a obtenu copie.

Elle a été menée par la DMF, un service du ministère de la Microfinance et de l’Entrepreneuriat féminin, la Direction de la réglementation et de la supervision des systèmes financiers décentralisés (DRS-SFD) du ministère de l’Economie et des Finances (MEF).

Le service financier formel le plus utilisé fréquemment est l’épargne, avec un pourcentage de 68,7%, selon le rapport. L’Observatoire de la qualité des systèmes financiers (OQSF) du MEF a collaboré à la réalisation de cette étude menée dans les régions de Dakar, Thiès (ouest), Kaolack (centre), Kolda (sud) et Saint-Louis (nord).

Après l’épargne, le compte courant vient en deuxième position avec 50,3%. Le transfert international à travers les agences de transfert s’aligne en troisième position, avec 31,4%.

Les produits de crédit à des fins de financement du fonds de roulement et d’investissement se classent respectivement en quatrième et cinquième positions avec 23,8% et 20,9%.

Des experts d’horizons divers, dont ceux de la Frankfurt School of Business and Management (Allemagne), ont participé à la réalisation de l’étude intitulée : ‘’Enquête sur la protection des clients de microfinance au Sénégal’’.

‘’[…] Plus de 64% des clients détenteurs de crédit ignorent la méthode utilisée par leur institution pour le calcul du taux d’intérêt’’, lit-on dans le rapport. Il souligne que ‘’près de 99% d’emprunteurs ignorent que les institutions financières sont tenues légalement de ne pas dépasser un certain seuil de taux d’intérêt’’.

‘’Pire encore, relève-t-il, les clients qui sont au courant de l’existence de la loi sur l’usure ne savent pas sur quelle base se calcule le taux ni à combien ce dernier s’élève pour leur institution.’’

‘’87% d’emprunteurs ont été obligés de signer leur contrat sur-le-champ, sans bénéficier d’un délai de réflexion’’, rapporte l’étude, dont les auteurs constatent que ‘’l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF) [est inconnu de] la presque totalité des clients interrogés’’.

L’étude signale que ‘’les principales raisons qui poussent les clients à adhérer à une IMF tournent essentiellement autour de l’accès au crédit, pour pouvoir financer des besoins d’expansion d’une activité économique et de la sécurité de l’argent épargné’’.

Aps

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Les banques centrales n’ont pas acheté autant d’or depuis 40 ans

Au troisième trimestre, les banques centrales ont acheté 148,4 millions de métal jaune, contre 22,6 millions l’an dernier sur la même période. Depuis le début de l’année, leur demande s’élève à 348 tonnes. Un record depuis 1972 et la fin de Bretton Woods.

Si les banques centrales détiennent de l’or, c’est par tradition », affirmait cet été Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale. Au cours des trois derniers mois, celles-ci se sont pourtant ruées sur le métal jaune, augmentant par là même leurs réserves. Selon le dernier pointage du Conseil mondial de l’or (World Gold Council) publié hier matin, les banques centrales ont en effet racheté 148,4 tonnes d’or au cours du troisième trimestre 2011, profitant de la baisse des cours de l’once. Sur la totalité de l’année, leurs achats - qui s’élèvent déjà à 348 tonnes -pourraient bien représenter 450 tonnes. Un niveau jamais atteint depuis 1972, date de la mort du système de Bretton Woods et de la fin de la libreconvertibilité des devises en or.

Et pour cause, pendant quarante ans, les instituts d’émission ont réduit leurs stocks d’or devenus moins stratégiques depuis qu’ils n’étaient plus obligatoires pour garantir les dettes émises. Pour éviter que des cessions brutales et inattendues ne viennent déprimer les cours de l’or, les banques centrales européennes s’étaient même imposées des quotas à 400 tonnes dans le cadre des accords de Washington signés en 1999. Une précaution qui n’a plus aucune utilité aujourd’hui. Car depuis un an et demi, les instituts d’émission ne sont plus vendeurs d’or : en 2010, ils ont acheté pour près de 100 tonnes d’or, en net.

Les émergents en tête

A l’origine de cet intérêt nouveau pour le métal jaune comme actif de réserve, il y a le souci de diversifier les réserves de change au-delà de la monnaie de référence que représente le dollar. Et aussi une volonté de se couvrir contre une éventuelle dépréciation du billet vert. Car les politiques monétaires qui ont pour objectif de stimuler les économies occidentales inquiètent : quelles seront les conséquences d’une éventuelle résurgence de l’inflation ?

Les acheteurs d’aujourd’hui ne sont pas les vendeurs d’hier. Si le Conseil mondial de l’or n’a pas communiqué les noms des principaux acheteurs, les trimestres précédents, les banques centrales qui ont manifesté de l’appétit pour l’or étaient issues d’économies émergentes à forts excédents commerciaux. Après l’Inde en septembre 2009 (200 tonnes rachetées au FMI), la Russie (15,6 tonnes acquises auprès des réserves de l’Etat), le Sri Lanka (10 tonnes) et l’île Maurice (2 tonnes), la Chine a racheté, début 2010, 400 tonnes. Le Mexique, aussi, s’est porté acquéreur de 100 tonnes, suivi par la Corée du Sud, qui n’avait pas acquis d’or depuis 10 ans. Même si les sommes engagées sont très élevées en raison de la flambée des prix, la part de l’or dans les réserves de ces pays reste encore peu significative : elle ne représente que 2 % pour la Chine, 8 % pour l’Inde et 7 % pour la Russie. Pour le devenir, la collecte de métal jaune devra être encore plus importante. Ce qui donne de l’espoir aux défenseurs de la « relique barbare » tant décriée par Keynes.

Les Echos

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Forum international sur l’offre de financement : Dakar abrite aujourd’hui une bourse des Pme

Examiner l’ensemble des voies et moyens permettant de lever l’obstacle du financement des Pme, c’est l’objectif du 1er Forum international sur le financement des Pme qui s’ouvre aujourd’hui à Dakar et qui verra la participation de 26 pays étrangers.

Soucieux de trouver des solutions au financement des Pme sénégalaises qui, malgré le dynamisme du secteur financier national, baigne encore dans des difficultés d’accès à des ressources pour financer leur développement, le gouvernement organise, à partir d’aujourd’hui, le 1er Forum international sur le financement des Petites et moyennes entreprises, (Fifpme). Cette bourse des Pme, à laquelle prendront part 26 pays étrangers, dont 15 d’Afrique, des fonds d’investissement et de garantie internationaux, des banques, des sociétés d’assurances et des sociétés d’intermédiation financière, permettra d’informer les Pme sur les ressources et services existants, insuffisamment utilisés ou méconnus, et d’encourager les nouvelles approches destinées à l’accès au financement.

En effet, selon le ministre en charge de Pme, Abdoulaye Baldé, qui rencontrait hier la presse, il y a beaucoup de fonds qui existent mais qui sont encore méconnus des Pme dont plus 40 % d’entre elles, en Afrique, ont des difficultés d’accès au financement même si elles sont de grandes pourvoyeuses d’emplois. Ce qui ne manque pas de provoquer une moralité précoce de ces entreprises. En effet, le taux de mortalité des Pme a atteint 65 % au Sénégal. ‘6,5 Pme sur 10 meurent avant même d’avoir trois ans. Ce qui est un taux très élevé par rapport à un pays comme l’Afrique du Sud où il est de 20 %’, note le directeur des Pme, Ibrahima Diouf. Qui pense que cette disparition prématurée des Pme est liée à quatre facteurs. Il s’agit de leur côté informel, de la non maîtrise de l’activité par le promoteur, de l’environnement fiscal qui est un peu contraignant, avec une fiscalité assez lourde qui ne fait pas de différence entre la Pme et la grande entreprise, et de la lancinante question de l’accès au financement.

L’Inde, qui est un exemple pour le Sénégal puisqu’il était confronté au même type de problème il y a une vingtaine d’année, sera le pays invité d’honneur de cette bourse. Le Sénégal compte en effet s’inspirer de son expertise, avec celui du Maroc et du Brésil, entre autres, pour arriver à proposer des solutions pérennes au financement de ses Pme que le système bancaire national ne finance pas à cause notamment de leur problème de gouvernance interne. Les banques réclament à l’Etat la réduction du risque Pme. Laquelle passerait par la mise en place d’un fonds de garantie et l’acceptation par ces dernières de la notation. Car, pensent-elles, un dispositif peut atténuer ce risque. En Inde où ce modèle a été appliqué, dit Diouf, 18 banques avaient adhéré à ce modèle mais quelques mois plus tard, elles ont atteint 52.

Walf

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Face aux risques multiples qui pèsent sur leur secteur : Les banques centrales francophones veulent unir leurs efforts

Pour la première fois depuis 2008, les assises des chefs d’audit interne des Banques centrales des pays francophones se tiennent en Afrique sub-saharienne. Et c’est Dakar qui a été choisie pour accueillir cette 4e édition dont l’objectif sera de renforcer la coopération entre ces institutions financières soumises aux risques croissants qui pèsent sur l’économie mondiale.

‘L’union fait la force’. Cette devise résume et justifie bien la démarche de la conférence des chefs d’audit interne des Banques centrales des pays francophones, qui se déroule depuis hier à Dakar. En effet, face aux risques et aux incertitudes qui planent sur l’économie mondiale, le secteur financier doit être surveillé de près afin d’éviter qu’il ne bascule dans une crise, comparable à celle de 2008 ou encore à celle que connaît actuellement l’Europe. C’est ce qu’a rappelé, hier, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), Tiémoko Meyliet Koné, à l’ouverture de la session de réflexion qui réunit 17 institutions couvrant 28 pays francophones à travers les continents africain, asiatique et européen. ‘La crise financière a récemment mis en lumière les difficultés des banques, ayant un portefeuille important d’actifs publics, ainsi que certaines faiblesses de la régulation et de la supervision bancaire qui méritent d’être corrigées’, note le président de séance.

Décrivant de nouveaux dangers tels que la cyber criminalité, par exemple, apparue avec le développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntics), le gouverneur de la Bceao a appelé les différentes institutions concernées et leurs responsables dans le domaine de l’audit interne à ‘recueillir (au cour de ces 4e assises, Ndlr) d’importantes informations pour l’amélioration continue des pratiques d’audit interne et pour mieux assurer la conformité avec les normes internationales’. L’objectif est, en effet, d’aller dans le sens d’un renforcement de la coopération entre ces acteurs majeurs du système financier. Qui, en partageant leurs expériences et savoirs techniques, pourraient envisager des solutions viables afin d’accroître leur vigilance et leur contrôle. Ce, grâce à une ‘évaluation appropriée des risques, des contrôles et de la gouvernance d’entreprise’, précise Koné.

Les débats porteront, durant ces deux jours, sur les perspectives de l’audit interne des banques centrales mais aussi et avant tout sur ‘les problématiques de risques, d’organisation, de méthode, de système d’information et de moyens humains ou techniques appropriées’, annonce le gouverneur de la Bceao.

Rappelons que cette rencontre de Dakar a lieu après les sessions tenues en France en 2008, au Maroc en 2009 et au Liban en 2010. Elle se déroule dans un contexte où l’économie mondiale est exposée à des risques liés à la question de la soutenabilité des dettes souveraines, à la fragilité du système financier et aux incertitudes sur la croissance économique.

Walf

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Diminution de 8% de l’impôt sur les sociétés : L’Etat va revoir la mesure pour certains secteurs

Dans le secteur des mines, de la cimenterie ou des télécommunications, le gouvernement risque de ramener l’impôt sur les sociétés à 33%. Cela, parce que ces allégements fiscaux qu’il a consentis n’ont pas, globalement, été à la hauteur des résultats en termes de réinvestissement et de création d’emplois.

Le gâteau fiscal sera bientôt fini pour le secteur privé. La baisse de l’impôt sur les sociétés (Is), qui est passée de 33 à 25%, n’ayant pas donné tous les résultats escomptés, l’Etat compte revoir cette mesure incitative dans certains secteurs de l’économie. Le ministre de l’Economie et des Finances, qui faisait face aux députés à l’ouverture de la session budgétaire 2012, hier, l’a fait savoir. Abdoulaye Diop estime en effet, qu’après évaluation, le gouvernement a constaté que les résultats obtenus en termes d’investissement et de création d’emplois sont largement en dessous des prévisions et des 8% auxquels l’Etat a renoncé pour permettre aux entreprises de s’autofinancer. ‘Nous avons fait une évaluation et nous avons vu qu’il y a une évolution en termes d’investissement et d’emplois mais c’est minime par rapport à nos attentes. Nous allons intégrer cette évaluation dans la réforme du code général des impôts, qui sera appliqué à partir de 2013, et nous allons revenir sur certaines diminutions de taxes dans certains secteurs. Dans les mines, les télécoms ou la cimenterie, il est inadmissible de continuer de conserver cette baisse sans rien faire.

Parce que, cet argent-là pourrait bien servir à d’autres investissements structurants pour soulager un peu les contribuables’, note Abdoulaye Diop. Qui souligne que ces secteurs rapportent énormément et ont une fiscalité presque nulle. ‘Ces grosses entreprises, qui ont bénéficié de conventions, doivent nous permettre un peu de rattraper le gap que nous ressentons chaque année quand nous faisons le budget. Il y a une cimenterie qui fait 34 milliards de francs Cfa de bénéfices et qui ne paie rien comme impôt alors qu’elle exploite la matière première du pays’, regrette le ministre. Pour qui ce retour à la case de départ n’engendrera pas une augmentation du prix du ciment. ‘Il y a une troisième cimenterie en construction qui a pris comme option de casser les prix. Le jeu de la concurrence fera en sorte que les prix vont baisser. Parce qu’elle a plusieurs cimenteries à travers le monde, n’espère pas exporter et veut sa part de marché au Sénégal. Elle va s’imposer et les autres cimenteries seront obligées de suivre. De plus, une quatrième cimenterie veut s’implanter au Sénégal. Tout cela fera qu’il n’y aura pas d’impact sur les prix’, assure le ministre des Finances qui évalue la dépense fiscale à plus de 300 milliards de francs Cfa.

Rappelons que le Sénégal, peu doté en ressources naturelles, tire pratiquement l’essentiel de l’argent nécessaire à son fonctionnement des recettes fiscales, constituées, entre autres, de l’Impôt sur le revenu, de l’Impôt sur les sociétés, de la Taxe sur la valeur ajoutée (Tva), etc.

De 35% en 2000, l’impôt sur les sociétés (Is) en 2004 avait enregistré une baisse de 2% avant d’être porté, l’année suivante, à 25% à la faveur du Conseil présidentiel sur l’investissement (Cpi). Mais, depuis lors, cette manne semble servir à enrichir les chefs d’entreprises et à distribuer plus de dividendes à des actionnaires plutôt qu’à booster l’emploi.

Walf

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La crise financière laisse planer des risques sur l’Afrique, selon un économiste

La crise financière internationale de 2008 laisse planer des ’risques’ sur l’Afrique, selon l’économiste en chef du Groupe Ecobank, Angus Downie, qui souligne toutefois de ‘bonnes perspectives’ pour le continent.

‘La crise financière internationale a créé des risques pour l’Afrique même si les perspectives sont bonnes’, a-t-il déclaré, mardi à Dakar, lors d’un panel sur ‘les conséquences de la crise financière internationale sur les économies africaines’.

La crise financière internationale, qui s’est étendue à l’Afrique notamment par le commerce, a entraîné une baisse des exportations africaines de matières premières. Les finances publiques et les flux financiers vers l’Afrique ont aussi été affectés.

Cependant, l’économiste de banque s’est montré optimiste sur les fondamentaux de l’économie africaine, en faisant remarquer que ‘la situation macroéconomique de l’Afrique est cependant restée solide’. ‘En Afrique sub-saharienne, il y avait, de 2007 à 2010 [en raison de la crise alimentaire de 2007 et de la crise financière de 2008], une croissance autour de 3 % et actuellement les perspectives sont de 5 à 6 %’, a-t-il précisé.

L’économiste en chef du groupe bancaire panafricain a rappelé qu’il ‘y a 19 ans de croissance consécutive du Pib en Afrique et les perspectives économiques pour l’Afrique sont très positives’. Il préconise toutefois ‘d’entreprendre un certain nombre de réformes’.

A cet effet, Angus Downie a plaidé pour ‘une plus grande participation du secteur privé dans la fourniture de biens et services et un développement plus accru des infrastructures’.

‘Une levée des barrières commerciales intra-régionales et une harmonisation des politiques de régulation du secteur bancaire’ sont tout aussi nécessaires, a-t-il soutenu.

Le panel sur ‘les conséquences de la crise financière internationale sur les économies africaines’ était organisé par l’Institut africain de la gouvernance (Iag), l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) et le Groupe Ecobank.

La rencontre entre dans le cadre du ‘programme de dialogue politique avancé et de réflexion opérationnelle pour une gouvernance de développement en Afrique’ de l’Iag.Ont pris part au panel des représentants des autorités sénégalaises, des institutions africaines et des diplomates africains accrédités au Sénégal, à l’instar des partenaires au développement, des experts et des représentants de la société civile.

Aps

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Lois de règlement : Le Sénégal doit mettre fin à 18 années d’opacité dans ses comptes publics, selon le Forum civil

‘Les règles de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) nous imposent de présenter les comptes tous les ans. Au Sénégal nous sommes restés 18 ans sans présenter de comptes’, confie le député et président de l’African Parliamentarians’ network against corruption (Apnac), ou le Réseau des parlementaires africains contre la corruption, Doudou Wade. Il présidait, lundi dernier, le plaidoyer pour l’adoption de réformes pour la transparence. Selon ce député de la majorité présidentielle, le Sénégal avait un retard de 14 ans sur la présentation des comptes publics au niveau du Parlement avant l’alternance. Aujourd’hui, il ne reste plus que trois exercices puisque le ministre des Finance a présenté les lois de règlement des années 2006 et 2007 la semaine dernière à l’Assemblée nationale qui les a voté. Mais, d’après Wade, si ce cumul dans les lois de règlement a pu s’opérer, c’est parce que ‘le gouvernement n’en faisait pas un principe de bonne gouvernance’. Ainsi, pour le député sénégalais, il faut remédier à cette opacité et montrer comment l’argent public a été utilisé.

Cet engagement pour plus de transparence dans les comptes publics s’inscrit, en effet, dans le cadre de l’atelier sur la bonne gouvernance minière que les parlementaires organisent en partenariat avec Transparency International. A travers une campagne de sensibilisation au plan mondial pour la promotion de la transparence dans les industries minières, Transparency International (Ti), dont le Forum civil représente la section Sénégalaise, mène une campagne de sensibilisation pour l’adoption de réformes pour la transparence et la participation. Et cet atelier de Dakar avait pour objectif de promouvoir l’adoption de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) dans les Etats comme le Sénégal qui ne s’y sont pas encore engagés.

Directrice de Transparency International en Afrique, Chantale Uwimana pense que la priorité stratégique doit être l’engagement citoyen. Et il doit s’exprimer par la participation du plus grand nombre de citoyens dans la lutte contre la corruption. Ceux-ci, insiste-t-elle, doivent néanmoins bénéficier d’une protection pour leur engagement. Car, regrette la directrice de Ti Afrique, ‘on sait qu’il y a beaucoup de citoyens dans le monde qui ont payé de leurs vies la lutte contre la corruption’. Ne désespérant pas de gagner cette bataille, elle pense que la collaboration devrait être essentiel pour rendre cette lutte efficace. ‘Il faut travailler ensemble pour démanteler des réseaux qui sont souvent transnationaux’, soutient-elle. Mais, Chantale Uwimana précise cependant que la société civile doit, à un moment, passer le relais aux parlementaires qui ont un rôle à jouer du point de vue des lois. Et l’enjeu est grand, rappelle-t-elle, car l’échéance de 2015, fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) approche.

Walf

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Les Bourses adoptent le principe de précaution

A l’entrée d’une semaine qui s’annonce chargée avec les réunions de la Réserve fédérale américaine, mercredi, et de la BCE, jeudi, ainsi que le sommet du G20 à Cannes, ce week end, les marchés européens ouvrent en baisse. Le Japon est intervenu sur le marché des changes.

En l’absence d’une partie des investisseurs avant la Toussaint et à l’orée d’une semaine très chargée en événements, les places européennes ont ouvert en baisse. A Paris où les valeurs bancaires fléchissent, le CAC 40 perdait 1,37 % à 3.302,78 points dans les premiers échanges tandis que Londres fléchissait de 0,89 % et Francfort de 0,99 %. Auparavant, la Bourse de Tokyo avaient fini en baisse de 0,69%, les investisseurs prenant leurs bénéfices après une intervention des autorités monétaires japonaises contre l’envolée du yen.

Octobre s’annonce, néanmoins, très positif. Avant cette dernière séance du mois, le CAC 40 était près de 400 points au-dessus de son niveau du 30 septembre (2.981,96 points). « Octobre 2011 semble devoir s’inscrire dans les livres d’histoire comme une période euphorique pour les actions, même si la dernière séance du mois pourrait bien être plus fade », estime Chris Weston, analyste chez IG Markets, dans sa note quotidienne citée par l’AFP.

Après avoir montré leur soulagement, la semaine dernière, suite à la présentation d’un plan européen destiné à sauver la Grèce et à éviter la contagion de la crise de la dette à d’autres pays de la zone euro,les investisseurs vont chercher désormais à en savoir plus sur les mécanismes en place, sans oublier leur autre grande crainte, à savoir le ralentissement de la croissance, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

Toutes ces questions pourraient avoir un début de réponse cette semaine, émaillée de rendez-vous internationaux, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, où débutera un sommet de deux jours du G20. La réunion de la BCE sera la première de son nouveau président l’Italien Mario Draghi, qui succède au Français Jean-Claude Trichet, dont le mandat s’achève lundi. M. Trichet a d’ailleurs prévenu au journal allemand Bild am Sonntag, que malgré l’accord entre les dirigeants, la crise de la dette à laquelle l’Europe fait face n’a pas encore été surmontée.

De son côté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal outil anti-crise, a vu sa note de solvabilité « triple A » confirmée par les trois agences de notation, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch. Par ailleurs, plus de 90% des grandes banques appelées à prendre part à l’allègement de la dette grecque ont répondu positivement à l’accord, a indiqué l’Institut de la finance internationale (IIF), association des plus grandes banques du monde.

La semaine sera également très chargée en statistiques américaines, sur l’activité et l’emploi notamment. Pour la seule journée de lundi, les investisseurs surveilleront aux Etats-Unis l’activité industrielle dans la région de Chicago pour octobre (14H45) et en zone euro, le chômage pour septembre et la première estimation de l’inflation pour octobre. Enfin, à Paris, se tiendra un point de presse de présentation des dernières analyses et principales projections économiques pour les pays du G20 avant le sommet, par Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Changes  : intervention massive du Japon

L’euro reculait face au dollar lundi, et montait face au yen, tout comme le billet vert, après l’intervention de la banque centrale japonaise, déterminée à faire reculer la valeur de la devise nippone qui venait d’enregistrer un nouveau record face au dollar. Vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), la monnaie européenne valait 1,4008 dollar contre 1,4156 dollar vendredi à la même heure. Face à la monnaie japonaise, elle montait à 111,02 yens, contre 107,31 yens la veille.

La Banque du Japon est, en effet, intervenue sur les marchés des changes pour contrer la spéculation qui tire le yen à la hausse et menace de plomber la reprise du pays après le séisme de mars, a annoncé le ministre des Finances Jun Azumi. Le Nikkei a pris jusqu’à 1,1% aussitôt après l’annonce, qui a fait reculer le yen face au dollar, et certains investisseurs, doutant que le yen puisse rester durablement faible, en ont profité pour empocher leurs bénéfices.

Le ministre des Finances du Japon Jun Azumi a précisé que l’intervention était unilatérale mais n’a fait aucun commentaire sur son ampleur. «A cause de la poursuite des mouvements spéculatifs, j’ai ordonné une intervention à 10H25 (01H25 GMT)», a-t–il expliqué lors d’une conférence de presse organisée juste après. Les analystes estimaient, étant donné la vitesse à laquelle le dollar a rebondi, que l’intervention devait être conséquente, dépassant probablement celle du 4 août selon des courtiers.

En août, Tokyo avait vendu quelque 4.500 milliards de yens, sa plus importante action unilatérale jamais accomplie sur le marché des changes. Mais malgré la multiplications des interventions verbales de plusieurs dirigeants japonais, le raffermissement du yen s’était poursuivi ces dernières semaines. Le yen a continué de s’apprécier face au dollar mais aussi face à l’euro alors que les investisseurs sont à la recherche d’une valeur refuge dans des marchés volatils agités par les craintes sur la crise de la dette en Europe et les inquiétudes pour l’économie mondiale.

Les Echos

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Jean-Claude Trichet : “Le secteur financier doit changer ses valeurs”

Après huit années passées au poste de président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet sera remplacé mardi 1er novembre par Mario Draghi, l’actuel président de la Banque d’Italie. Au moment même où l’euro traverse, de très loin, la plus violente tempête de sa jeune histoire. Avenir de la monnaie unique, application des décisions prises lors du dernier sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la zone euro, réformes à mener, gouvernance à améliorer, etc. : M. Trichet dresse le chemin à suivre. Tout en faisant le bilan de ses huit ans passés à la tête de l’institution de Francfort et en répondant aux critiques.

De nouveaux accords ont été pris dans la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 octobre par les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, trois mois après le sommet du 21 juillet. Est-ce, enfin, le point final de la crise ?

Jean-Claude Trichet : Cet accord doit être appliqué rigoureusement et rapidement dans toutes ses dimensions, y compris celle de l’amélioration de la gouvernance. Les décideurs doivent s’efforcer d’être en avance sur les événements même si le temps des décisions dans nos démocraties n’est pas nécessairement celui des marchés.

Un des principaux défis de la zone euro réside dans la communication avec les investisseurs du reste du monde qui ont de la peine à déchiffrer les processus de décision européens. Pourvu que leurs décisions soient rapidement appliquées, les nations de la zone euro ont les moyens d’améliorer la perception que le reste du monde a de l’Europe.

Il reste quand même des incertitudes… Sur quel point faut-il être le plus vigilant ?

Il faut avancer sur tous les points de manière résolue. S’agissant de la gouvernance, dans le passé, à la BCE, il nous est arrivé de prêcher dans le désert, lorsque la “négligence” était de règle, au niveau des gouvernements, des marchés, et même de nombreux économistes.

Nous avons connu une période où les marchés ne faisaient pas de distinction entre la signature de la Grèce et celle de l’Allemagne, où une majorité d’observateurs jugeaient que le pacte de stabilité et de croissance était un corset trop serré qui empêchait l’Europe de respirer. Où le monde entier estimait que les prêts du FMI (Fonds monétaire international) étaient devenus inutiles. C’était encore le cas au début de 2007 !

Votre successeur, Mario Draghi, a indiqué que la BCE allait poursuivre ses achats d’emprunts d’Etat. Est-ce à dire qu’il a cédé aux pressions politiques ?

Mario a redit ce que le Conseil des gouverneurs avait communiqué auparavant.

L’indépendance de la BCE n’a-t-elle toutefois pas été entravée ?

La question ne se pose pas. Le traité nous demande de ne pas recevoir ni même de solliciter d’instructions de qui que ce soit. Nous n’avons pas demandé de permission pour prendre, le 9 août 2007, des mesures exceptionnelles pour faire face aux premières vagues de turbulence financière. Nous avons été critiqués par l’Allemagne et la France lorsque nous avons refusé de baisser les taux en 2004, et par dix pays sur douze lorsque nous les avons relevés en décembre 2005.

Toutes nos décisions exceptionnelles ont été prises en toute indépendance. Cette indépendance est essentielle.

Vous êtes le capitaine d’un navire traversant une tempête terrible. N’est-ce pas dangereux pour l’euro de devoir le changer en ce moment, pour des questions de mandat ?

Dans la tempête, la direction est claire : le mandat donné par les démocraties européennes. Il faut être en état d’alerte permanent. Les intempéries sont particulièrement intenses depuis quatre ans. L’équipage de la BCE est sur le pont. Il ne change pas. Le futur président est dans le navire depuis des années. Il a participé à toutes les décisions de façon collégiale. Il a une expérience considérable.

Des pays émergents, comme la Chine, pourraient venir en aide à l’Europe, à travers le Fonds européen de stabilité financière (FESF)…

Dans le communiqué du sommet, il y a une augmentation de la capacité d’intervention du FESF, grâce à un effet de levier. Concrètement, cela veut dire qu’en plus des capitaux européens, des capitaux privés – et éventuellement des capitaux publics – venant du monde entier pourraient eux-mêmes s’investir conjointement avec le Fonds de stabilité. Ils le feront parce qu’ils y trouveront intérêt bien sûr.

Comprenez-vous les critiques de l’Allemagne, qui a jugé que la BCE avait été trop loin dans le soutien aux Etats ?

Dans nos démocraties, les critiques sont naturelles et nécessaires. Certaines sensibilités en Allemagne et dans d’autres pays jugent notre politique trop audacieuse. Tandis que d’autres sensibilités ailleurs nous estiment trop précautionneux…

Nous gardons la monnaie pour dix-sept pays, 332 millions de concitoyens et pour toutes les sensibilités. Nous avons un cap, la stabilité des prix et toutes nos décisions exceptionnelles, depuis le 9 août 2007 – la première décision mondiale dans la crise – ont été prises pour nous aider à restaurer une bonne mise en oeuvre de notre politique dans une période de crise sans précédent depuis soixante-cinq ans.

La stabilité des prix a été assurée depuis la création de l’euro, mais l’économie européenne s’est affaiblie, le chômage s’est développé…

Depuis 1999, les prix ont augmenté de 2,0 % par an. Nous avons fait ce qui nous avait été demandé par les démocraties européennes. J’ajouterai que nos concitoyens, les 332 millions d’habitants de la zone euro, sont extrêmement attachés à la stabilité des prix, particulièrement les plus vulnérables. Les enquêtes d’opinion le montrent.

S’agissant de l’emploi, nous avons créé 14 millions d’emplois dans la zone euro depuis la création de la monnaie unique, contre 7 millions pour les Américains. Il faut poursuivre résolument ces efforts de création d’emplois. Les pays les plus attentifs à leur compétitivité et les plus engagés dans les réformes structurelles sont dans une situation meilleure que les autres.

Certaines de vos décisions continuent à faire débat, comme la hausse de vos taux en 2008 quelques semaines avant la chute de la banque américaine Lehman Brothers

A l’époque, il y avait une menace réelle de déstabilisation des anticipations d’inflation sous l’impact de la hausse des prix du pétrole. Bien entendu personne ne pouvait prévoir que Lehman Brothers allait déposer son bilan à la mi-septembre.

Le fait que nous nous soyons toujours montrés très fermes sur la stabilité des prix – moins de 2 % mais proche de 2 % à moyen terme – nous a aidés dans la crise. Parce que nous avons évité la matérialisation du risque de déflation qui devenait, après Lehman, le principal danger. La comparaison des anticipations d’inflation montre que nous avons eu la meilleure protection “antidéflation” au sein des économies avancées comparables.

On voit monter le mouvement des indignés dans le monde. Comprenez-vous ce désarroi face à la mondialisation ?

Nous observons en ce moment des messages multiples et complexes qui soulignent une réelle incompréhension devant la fragilité du système économique et financier mondial. Ces messages sont importants. Précisément, tout l’effort de la communauté internationale, en particulier celui du G 20, qui va se réunir bientôt en France, vise à renforcer la solidité de l’économie mondiale.

Ces messages se nourrissent de plusieurs facteurs au-delà de la fragilité financière observée depuis 2007. Il y a une protestation contre les bonus du secteur financier, qui ne sont pas acceptés par nos démocraties. Le secteur financier doit changer ses valeurs. C’est aussi un chantier ouvert par le G 20.

Il y a aussi un autre message plus complexe, consistant à dire que les changements sont trop rapides. En premier lieu, la science et la technologie progressent à une vitesse sans précédent : grand succès mais qui oblige à l’adaptation permanente. Deuxièmement, les pays émergents, l’ensemble de l’ancien “tiers-monde” progressent à un rythme sans précédent historique : grand succès qui conduit à des transformations économiques importantes. En troisième lieu, l’allongement continu de la durée de la vie est aussi un prodigieux succès mais qui pose des problèmes de financement.

Trois succès remarquables mais très difficiles à maîtriser. Pour les mettre totalement au service de nos concitoyens, il faut un effort permanent d’adaptation de nos sociétés et de nos économies beaucoup plus rapide que par le passé.

Vous avez souhaité la création d’un ministère des finances européen. Pensez-vous que les mentalités sont prêtes ?

Non pas comme président de la BCE mais comme citoyen, j’imagine une évolution pour “demain” et “après-demain”. Demain, il faudrait que l’on puisse imposer à un pays les décisions indispensables après plusieurs refus d’appliquer les recommandations formulées par la gouvernance européenne.

Ainsi, on pourrait éviter qu’une économie particulière puisse influencer négativement la stabilité financière du reste de la zone. Cela demande un changement de traité, désormais explicitement envisagé par les gouvernements de la zone euro, ce dont je me réjouis.

“Après-demain”, on peut envisager un changement institutionnel plus profond, avec un véritable exécutif européen. L’évolution historique de l’Europe dépend entièrement des leçons que nos démocraties tireront de la crise.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je vais d’abord lire beaucoup et beaucoup méditer. Ensuite, je me connais, je sais que je resterai actif !

Le Monde

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Les troubles de l’euro : réévaluer ou dévaluer le franc CFA ?

Aujourd’hui la situation du franc CFA est bien différente de celle qui prévalait lors de la dévaluation de 1994. Si l’on devait actuellement réévaluer la parité de l’euro et du CFA, celui-ci pourrait s’échanger à 550 au lieu de 695. Analyse.

L’Europe et sa monnaie sont en eaux troubles depuis le début de cette année. Les problèmes de trésoreries du « club Med » (Portugal, Espagne, Grèce, Italie) n’ont pas totalement disparu, malgré les pratiques de consolidation des dépenses publiques. Il y a eu beaucoup d’activisme politique ces derniers temps (onze sommets économiques en dix-sept mois) et beaucoup d’argent décaissé pour sauver l’union. Tout cela n’a pas aidé la monnaie européenne, qui s’échange à près de 1,33 dollars comparé à 1,45 en avril 2010. Si la parité nominale entre l’euro et le dollar est déterminée sur le marché des taux de changes par le mécanisme de l’offre et de la demande, la parité entre le franc CFA et l’euro, elle, demeure fixe. En d’autres mots, quel que soit les soubresauts de l’une des deux monnaies, le taux de change demeure « intouchable ».

En 1999, lors de l’arrimage du franc CFA à l’euro, la parité entre ces deux monnaies a été conjointement fixée à 695 francs CFA pour 1 euro. Les idées de référence reviennent toujours à la dévaluation de la monnaie rattachée quand la monnaie de référence connaît une forte appréciation. C’est ce que j’appellerai une « dévaluation induite ».

Faut-il réévaluer ou dévaluer le franc CFA ?

Très souvent, quand la monnaie rattachée connaît une faible croissance économique (faible croissance du PIB réel, déficits de la balance des paiements et dette publique élevée), on s’empresse de dévaluer cette première. C’est la raison principale qui a poussé à la dévaluation du franc CFA en janvier 1994 ! Une raison, qui cependant est moins évoquée, est le fait que la dévaluation induite de 1994 provient aussi de la politique du franc français fort (appréciation de la monnaie), qui, indirectement, laissa la monnaie africaine s’apprécier, occasionnant la perte de sa compétitivité au niveau du commerce international (surtout au niveau des exportations). Cette fois-ci les choses sont différentes !

Les pays de l’euro expérimentent une faible croissance économique, pendant que ceux de la zone franc connaissent une croissance exemplaire. Cette dynamique comparative des deux groupes avait attiré l’attention des experts en 1999, lors de l’arrimage du franc CFA à l’euro. Déjà en 1999, soit quatre années après la dévaluation de janvier 1994, les économies de la zone franc avaient commencé à expérimenter une croissance remarquable.

Il n’est donc pas certain qu’à ce moment les économistes aient évalué correctement la parité réelle entre le franc CFA et l’euro. Après douze années, beaucoup de choses ont changé. Les pays de l’euro connaissent une sortie de récession difficile. Selon le tableau, la zone CFA croît d’une façon remarquable pendant que l’Europe et la France se « cherchent ». Si l’on devait actuellement réévaluer la parité de l’euro et du CFA, celle-ci pourrait s’échanger à 550 au lieu de 695. La dernière fois que la monnaie africaine a connu une réévaluation date d’octobre 1948, 1 franc CFA faisait alors deux fois le franc français !

Pas besoin d’une réévaluation

La question n’est pas cependant à ce niveau. Une réévaluation nominale de la parité fixe de la relation euro/franc CFA, en ce moment, rendrait les produits d’exportations chers, surtout dans l’espace européen. Elle aurait cependant l’avantage de rendre les importations plus abordables. Les pays de la zone franc n’ont vraiment pas besoin d’une réévaluation de leur monnaie, celle-ci ramerait à contre-courant de leur croissance économique qui, elle-même, est fondée sur les exportations de leurs matières premières. Une réévaluation du franc CFA donnerait la perception que ces économies expérimenteraient en ce moment une situation de surchauffe et de surplus de leurs balances de paiements. La réalité est différente. C’est vrai, il y a croissance dans la zone, mais celle-ci n’a pas encore atteint la phase implosive. Quant aux balances de paiements, leur « surplus » est encore loin.

A mon avis, la dépréciation, à l’heure actuelle, de l’euro par rapport au dollar implique indirectement une dépréciation (dévaluation en terme réel) du franc CFA par rapport au dollar américain, situation à l’avantage des pays de la zone franc.

Il serait donc sage de ne pas changer la parité du franc CFA. On ne change pas une équipe qui gagne, la monnaie africaine paraît plus puissante que jamais. C’est la raison pour laquelle elle vient d’être cotée à la bourse des valeurs de Casablanca.

Une idée fallacieuse

Certains économistes ont énoncé l’idée de dévaluer nominalement le franc CFA. Cette idée est fallacieuse, tant elle ne cadre pas avec la croissance économique de la zone franc. Selon le rapport régional du FMI, la croissance du PIB réel de la zone franc atteindrait 5,3% en 2012. Si l’on considère le PIB par habitant, la zone franc passerait de 0,7 en 2011 à 2,7 en 2012, soit une hausse de 74%. L’inflation se situerait aux alentours des 2%. La capacité de paiements extérieurs de ces pays est de sept mois, soit deux fois le minimum requis de trois mois. A la vue de ces données, la zone franc ne paraît pas candidate à une quelconque dévaluation.

Les Afriques

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