Les travailleurs des dépôts de stockage des hydrocarbures sur la route de Rufisque ont décidé de se battre contre la mesure de fermeture de leur outil de travail. Dès ce Samedi 21 janvier, ils comptent démarrer leur plan d’action par une grande marche, après avoir mis sur pied leur mouvement « Touche pas à mon dépôt ». Les responsables du mouvement ont tenu une conférence de la presse hier jeudi, dans un restaurant sis sur la route de Rufisque.
Les travailleurs des dépôts d’hydrocarbures menacés de fermeture sont sur le pied de guerre. Ils ont justement mis sur pied un mouvement de contestation dénommé « Touche pas à mon dépôt ». L’organisation compte mener des actions pour dénoncer la fermeture des dépôts de stockage d’hydrocarbures exploités par les sociétés Vivo Energy et Libya Oil Sénégal. Les actions vont démarrer ce samedi 21 janvier par une marche. La procession partira de la place de l’obélisque pour aboutir au rond point Malick Sy. A l’origine, la mesure de fermeture des dépôts DOT prise par le ministre d’Etat « Abdoul Karim » Wade comme aime à le prononcer Cheikh Sow, coordonnateur du mouvement. De l’avis des travailleurs, cette mesure ne vise qu’à faire la part belle à la société Senstock. L’argument de la sécurité mis en avant par les pouvoirs publics pour justifier la décision « ne tient pas », selon M. Sow.
Les camarades de Malick Mbengue, secrétaire général du mouvement « Touche pas à mon dépôt », à la suite d’une rencontre avec le ministre de l’Energie, font savoir que des commissions d’inspection ont été mises sur pied et envoyées sur les sites en questions. Les conclusions desdites missions ont établi que les « normes de sécurité sont respectées » au niveau des dépôts, assure Cheikh Sow. Le coordonnateur du mouvement ajoute que les sociétés qui exploitent ces dépôts sont « assez outillées pour assurer les conditions de sécurité requises » avec un personnel qui tient des réunions hebdomadaires appelées « Tool box ». Pour les travailleurs, le problème se situerait au niveau des enjeux financiers du secteur du pétrole et dans cette perspective, « on veut favoriser Senstock en privant les autres sociétés, sinon comment comprendre qu’au départ on avait annoncé la fermeture de tous les dépôts terrestres, avant de retirer SPP produits blanc (propriété de total) et SPP produit noirs pour les intégrer dans les dépôts de Senstock », demandent-ils.
Tout pour Senstock
Par ailleurs, les travailleurs précisent que ce sont les mêmes lignes qui approvisionnent le DOT et le SPP et à ce niveau, « le risque est plus grand car SPP se trouve en aval de DOT. » Ce qui conforte les travailleurs dans leurs convictions qu’ « il y a anguille sous roche ».
D’ailleurs, rappellent-ils, le projet de Senstock avait été lancé avec Samuel Sarr sans pour autant que la mesure de fermeture des dépôts n’ait été suivie d’effet. « A son arrivée dans le département, Karim Wade avait maintenu le statu quo. Mais par la suite, il a retiré les actions de l’Etat dans Senstock pour les céder, sans appel d’offres, à Diprom de Mbacké Sèye qui en est devenu l’actionnaire majoritaire », s’étonne Malick Mbengue.
Malgré ces « faveurs » accordées à la société Diprom, la rentabilité de Senstock n’est pas au rendez-vous car, Senstock n’avait qu’un seul client : Touba-Oil qui au demeurant, est une propriété… de Diprom. Au même moment, les concurrents de Diprom continuaient à tourner. Aussi, sous la pression des banques qui réclameraient leurs dus, confie M. Sow, « Cela explique la décision de fermer les dépôts concurrents. »
Désormais, la Société africaine de raffinage(Sar), par arrêté n° 06654 du juillet 2010, ne peut plus stocker ailleurs qu’à Senstock, les produits issus du raffinage. A cela s’ajoute une interdiction formelle faite aux dépôts DOT et BAD d’entreposer les produits importés dans leurs dépôts. Des mesures que le collectif des travailleurs regroupés dans le mouvement « touche pas à mon dépôt », juge « dangereuse pour l’avenir du secteur et de tous les travailleurs du secteur des hydrocarbures. » Déjà 70% du personnel de DOT seraient à l’arrêt et, de 110 camions, les dépôts seraient passés à 0 camion dans la distribution. Une situation qui, en plus de mettre des pères de famille dans le désarroi, perturbe l’approvisionnement des stations, ce qui serait à l’origine des ruptures fréquentes notées dans certaines stations.
De fait, c’est un monopole de stockage qui est ainsi octroyé à Senstock, en plus de celui de l’importation de gaz butane que ses capacités de stockage lui font profiter.
Toujours est-il qu’après la marche prévue par les travailleurs, d’autres actions devraient suivre « jusqu’à l’élection présidentielle », asure Cheikh Sow, qui invite tous les travailleurs du sous secteur des hydrocarbures à se joindre à eux car, estime il, « la menace n’épargne personne notamment la Sar et Total », même si les travailleurs se disent encore « ouverts » à des discussions tout en ne refusant pas une mesure de transfert, mais veulent des délais pour permettre à leurs sociétés de mettre en place d’autres dépôts avant la fermeture de l’existant.
Sud Quotidien





















