Archive | Economie

STOCKAGE D’HYDROCARBURES: Les travailleurs lancent “touche pas à mon dépôt”

Les travailleurs des dépôts de stockage des hydrocarbures sur la route de Rufisque ont décidé de se battre contre la mesure de fermeture de leur outil de travail. Dès ce Samedi 21 janvier, ils comptent  démarrer leur plan d’action par une grande marche, après avoir mis sur pied leur mouvement « Touche pas à mon dépôt ». Les responsables du mouvement ont tenu une conférence de la presse hier jeudi, dans un restaurant sis sur la route de Rufisque.

Les travailleurs des dépôts d’hydrocarbures menacés de fermeture sont sur le pied de guerre. Ils ont justement mis sur pied un mouvement de contestation dénommé  « Touche pas à mon dépôt ». L’organisation compte mener des actions pour dénoncer la fermeture des dépôts de stockage d’hydrocarbures exploités par les sociétés Vivo Energy et  Libya Oil Sénégal.  Les actions vont démarrer ce samedi 21 janvier par une marche. La procession partira de la place de l’obélisque pour aboutir au rond point Malick Sy. A l’origine, la mesure de fermeture des dépôts DOT prise par le ministre d’Etat « Abdoul Karim » Wade comme aime à le prononcer Cheikh Sow, coordonnateur du mouvement. De l’avis des travailleurs, cette mesure ne vise qu’à faire la part belle à la société Senstock. L’argument de la sécurité mis en avant par les pouvoirs publics pour justifier la décision « ne tient pas », selon M. Sow.

Les camarades de Malick Mbengue, secrétaire  général du mouvement « Touche pas à mon dépôt », à la suite d’une rencontre avec le ministre de l’Energie, font savoir que des commissions d’inspection ont été mises sur pied  et envoyées sur les sites en questions. Les conclusions desdites missions ont établi que les « normes de sécurité sont respectées » au niveau des dépôts, assure Cheikh Sow. Le coordonnateur du mouvement ajoute que les sociétés qui exploitent ces dépôts sont « assez outillées pour assurer les conditions de sécurité requises » avec un personnel qui tient des réunions hebdomadaires appelées « Tool box ». Pour les travailleurs, le problème se situerait au niveau des enjeux financiers du secteur du pétrole et dans cette perspective, « on veut favoriser Senstock en privant les autres sociétés, sinon comment comprendre qu’au départ on avait annoncé la fermeture de tous les dépôts terrestres, avant  de retirer SPP produits blanc (propriété de total) et SPP produit noirs pour les intégrer dans les dépôts de Senstock », demandent-ils.

Tout pour Senstock

Par ailleurs, les travailleurs précisent que ce sont les mêmes lignes qui approvisionnent le DOT et le SPP et à ce niveau, « le risque est plus grand car SPP se trouve en aval de DOT. » Ce qui conforte les travailleurs dans leurs convictions qu’ « il y a anguille sous roche ».

D’ailleurs, rappellent-ils, le projet de Senstock avait été lancé avec Samuel Sarr sans pour autant que la mesure de fermeture des dépôts n’ait été suivie d’effet. « A son arrivée dans le département, Karim Wade avait maintenu le statu quo. Mais par la suite, il a retiré les actions de l’Etat dans Senstock pour les céder, sans appel d’offres, à Diprom de Mbacké Sèye qui en est devenu l’actionnaire majoritaire », s’étonne Malick Mbengue.

Malgré ces « faveurs » accordées à la société Diprom, la rentabilité de Senstock n’est pas au rendez-vous car, Senstock n’avait qu’un seul client : Touba-Oil qui au demeurant, est une propriété… de Diprom. Au même moment, les concurrents de Diprom continuaient à tourner. Aussi, sous la pression des banques qui réclameraient leurs dus, confie M. Sow, « Cela explique la décision de fermer les dépôts concurrents. »

Désormais, la Société africaine de raffinage(Sar), par arrêté n° 06654 du juillet 2010, ne peut plus stocker ailleurs qu’à Senstock, les produits issus du raffinage. A cela s’ajoute une interdiction formelle faite aux dépôts DOT et BAD d’entreposer les produits importés dans leurs dépôts. Des  mesures que le collectif des travailleurs regroupés dans le mouvement « touche pas à mon dépôt », juge « dangereuse pour l’avenir du secteur et de tous les travailleurs du secteur des hydrocarbures. » Déjà 70% du personnel de DOT seraient à l’arrêt et, de 110 camions, les dépôts seraient passés à 0 camion dans la distribution. Une situation qui, en plus de mettre des pères de famille dans le désarroi, perturbe l’approvisionnement des stations, ce qui serait à l’origine des ruptures fréquentes notées dans certaines stations.

De fait, c’est un monopole de stockage qui est ainsi octroyé à Senstock, en plus de celui de l’importation de gaz butane que ses capacités de stockage lui font profiter.

Toujours est-il qu’après la marche prévue par les travailleurs, d’autres actions devraient suivre « jusqu’à l’élection présidentielle », asure Cheikh Sow, qui invite tous les travailleurs du sous secteur des hydrocarbures à se joindre à eux car, estime il, « la menace n’épargne personne notamment la Sar et Total », même si les travailleurs se disent encore « ouverts » à des discussions tout en ne refusant pas une mesure de transfert, mais veulent des délais pour permettre à leurs sociétés de mettre en place d’autres dépôts avant la fermeture de l’existant.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

Banque mondiale : “Seule la croissance de l’Afrique subsaharienne accélérera en 2012″ Lire l’arBanque mondiale : “Seule la croissance de l’Afrique subsaharienne accélérera en 2012″

La Banque mondiale vient de revoir à la baisse (2,5%) la perspective de croissance de l’économie mondiale en 2012. Dans ce contexte difficile, l’Afrique subsaharienne résiste, tandis que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont encore affectés par les effets du Printemps arabe.

Il n’y aura pas de miracle en 2012 ni peut être même en 2013. La Banque mondiale (BM) ne laisse guère planer de doute sur une éventuelle embellie de l’économie mondiale dans son rapport 2012 intitulé Les perspectives économiques mondiales : incertitudes et vulnérabilités, qu’elle a publié le 18 janvier 2012 à Paris.

« Nous avons revus à la baisse nos dernières précisions d’août dernier », explique d’entrée Andrew Burns, le responsable du groupe des perspectives de développement de la Banque mondiale. « En janvier 2012, le monde se trouve dans une situation correspondant aux scénarios pessimistes envisagés il y a seulement six mois. »
En 2012, la croissance de l’économie mondiale se situera à 2,5% contre une prévision de départ de 3,1%. Et de 3,4% en 2013 (contre 3,6% prévu initialement). L’estimation

de croissance des pays avancés a été ramenée à 1,4% en 2012 et à 2% en 2013 et celle des pays en développement à 5,4% cette année et 6% l’an prochain.

Une chute de croissance comme en 2008 ?

« L’Afrique subsaharienne sera la seule région du monde à accélérer sa croissance en 2012 avec un PIB en hausse de 5,3% contre 4,9% en 2011 », souligne Andrew Burns. Quant à l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, la croissance devrait rester modérée en 2012 (2,3%) avant de remonter en 2013 (3,2%), après un petit 1,7% l’an passé.

« La région pourrait encore connaître une année de grandes difficultés, c’est une hypothèse. Mais à moyen et long terme, la croissance reviendra et se renforcera dans ces pays », assure-t-il.

–> Lire aussi : “Si la crise s’intensifie, personne ne sera épargné”

Reste la grande inconnue : si la crise s’amplifie au fil de l’année ? « Personne ne sera épargné, redoute l’économiste de la BM. Les taux de croissance des pays développés comme ceux des pays en développement pourraient connaître une chute égale voire même supérieure à celle de 2008 et de 2009. On ne saurait trop insister sur l’importance de disposer de plans d’urgence dans ces circonstances et de conseiller aux pays de réaliser des stress tests pour juger de leurs vulnérabilités », avertit Andrew Burns.

Car la crise européenne s’étend. « Depuis août 2011, on assiste à un effet de contagion aux pays émergents de la crise qui secoue l’Europe », reconnaît l’économiste de la BM. « Cette situation est compliquée par un ralentissement endogène des principales économies émergentes, comme le Brésil, l’Inde ou la Chine, qui voient leur croissance baisser sous l’effet des politiques anti-inflationnistes qu’ils ont adopté. »

Preuves de contagion

Éléments tangibles de cette contagion : au second semestre 2011, les flux de capitaux vers les pays en développement ont plongé de 45%, à 170 milliards de dollars contre 309 milliards durant la même période en 2010. Et les émissions obligataires ont été divisées par deux dans ces pays, alors que les émissions d’actions ont plongé de 80%, à 25 milliards de dollars, affectant surtout la Chine et le Brésil.

La rareté des capitaux en circulation à l’échelle mondiale, la chute des cours des matières premières et du pétrole (de – 20% à – 40% ?) et la baisse des transferts des migrants (- 6,3% au plan mondial ?) pourraient accroître les effets de la crise dans les pays en développement.

Ce qui n’est pas rassurant car la marge de manœuvre des pays s’est réduite depuis 2008. Les taux appliqués aux pays en développement pour financer leur dette souveraine sont en hausse depuis août 2011, sous l’effet d’une perte de confiance généralisée. Inquiétant. Surtout que « la dette a court et long terme de nombreux pays en développement a augmenté, ils pourraient rencontrer des difficultés à la financer si l’économie mondiale se resserre », craint Andrew Burns.

Bonne nouvelle

À la différence de 2008, les pays en développement ont beaucoup moins de moyens financiers pour résister à la crise et lancer des plans contre-cycliques. « 44% des pays en développement affichent un déficit public supérieur ou égal à 5% du PIB en 2012 », note le rapport de la BM.

Seule bonne nouvelle dans ce climat tendu, le continent fait mieux que résister : « l’Afrique subsaharienne est l’un des moteurs de la croissance mondiale, même s’il reste encore un petit moteur. Mais c’était aussi le cas de la Chine il y a 20 ans. Espérons que l’Afrique nous réserve la même histoire », note Andrew Burns.

Jeune Afrique

Posted in Economie0 Comments

Evaluation de la présente campagne agricole : Le Cncr inquiet de l’installation précoce de la soudure en zone rurale

Deux mois seulement après la fin de l’hivernage, la soudure, cette période des vaches maigres qui coïncide à l’épuisement des réserves vivrières dans le monde paysan, commence à s’installer dans le monde rural. C’est le terrible constat fait par le Cadre national de concertation des ruraux (Cncr). Lequel cadre, en conclave, hier à Thiès, procédait à l’évaluation de la présente campagne agricole après une tournée effectuée dans la région pour se faire une idée de l’état des lieux. Aussi, le constat unanime des ruraux a-t-il été que la campagne agricole est simplement catastrophique. Sinon, disent-ils, comment comprendre que deux mois seulement après la fin de l’hivernage les stocks en vivres soient presque totalement épuisés ? Une question dont la réponse, selon eux, va de soi. Les récoltes n’ont pas été bonnes.

Cette situation qui va se traduire par au moins sept mois de soudure au lieu de deux en temps normal, est, si l’on en croit Adama Diop, secrétaire général du comité local de concertation des organisations paysannes, Clcop, de Tassette, la conséquence d’une mauvaise politique agricole de l’Etat. Une politique qui, dit-elle, a simplement échoué. En effet, fait-elle savoir, les raisons de cette catastrophique campagne agricole tournent autour du retard énorme accusé dans la mise en place des semences, leur mauvaise qualité et l’insuffisance de ces semences et des intrants. Ces difficultés, poursuit-elle, viennent s’ajouter à la politique discriminatoire dans la mise en place du matériel agricole qui n’atteint pas sa véritable cible mais aussi à l’inaccessibilité de la terre.

De façon plus explicite, le secrétaire général du Clcop de Tassette fera savoir que sur 100 tonnes de semences d’arachide qui ont été distribuées dans ladite communauté rurale, la production n’a même pas atteint 20 tonnes. Pis, poursuit-elle, les graines récoltées sont de piètre qualité. Sans compter, dit-elle, qu’avec l’installation en dents-de-scie de l’hivernage, la production en mil a été très faible. Aussi, le kilogramme de mil est vendu à 200 francs Cfa alors qu’à pareille époque, il se négociait entre 100 et 120 francs Cfa. Un autre problème soulevé par les ruraux est consécutif à l’épineuse question de l’accaparement des terres au détriment des vrais exploitants agricoles. Lesquels se voient de plus en plus réduits au statut de paysan sans terre. Pour simplement dire des hommes sans aucune activité productrice de revenus.

Même son de cloche du côté de Ndiaga Wade, Responsable épargne et crédit de l’Ugpm de Darou Khoudos. Selon ce dernier, la production en mil dans l’ensemble des 78 villages de la communauté rurale n’atteint pas 10 tonnes. Une situation dont l’Etat est entièrement responsable. Car, selon lui, comment comprendre que sur un budget national qu’on dit de 2 mille milliards seuls 90 milliards, moins de 10 % soient alloués au secteur de l’agriculture avec ses trois composantes que sont l’agriculture, la pêche et l’élevage. Surtout, dit-il, quand on sait que ce secteur regroupe plus des ¾ de la population active du pays.

A la question de savoir ce qu’ils attendent aujourd’hui de l’Etat, la réponse a été sans appel. Rien, disent-ils. Ce d’autant, poursuivent-ils, que tout ce qu’ils auront à dire ne sera que des redites. Toutes les questions ont déjà été posées et sont malheureusement demeurées sans suite. Aussi, disent-ils n’avoir plus aucun recours sinon que de s’en remettre à Dieu.

Walf

Posted in Economie0 Comments

300 milliards pour une centrale à charbon de 250 Mégawatts à Sendou : La Senelec se renforce de 50 % pour baisser les prix de l’électricité de moitié en 2015

La production d’électricité de la Senelec va être renforcée de 50 % avec les 250 Mégawatts de la centrale à charbon de Sendou.L’accord de construction de cette unité a été signé hier à Dakar entre la Senelec et la société sud-coréenne Kepco Imc.

La centrale à charbon de Sendou sortira bientôt de terre. Senelec et la société sud-coréenne Kepco Imc ont signé, hier à Dakar, une convention de construction de cette centrale de 250 Mégawatts. Ce projet a nécessité la mobilisation de près de 300 milliards de francs Cfa. Un financement entièrement supporté par la banque coréenne de développement et la société Kepco. Le ministre en charge de l’Energie, Karim Wade, a précisé sur ce point que l’Etat n’aura pas d’apport et que la Senelec va acheter directement l’électricité qu’elle distribue. Deux centrales de 125 Mégawatts chacune seront, au terme de ce contrat, installées dans la zone de Sendou dans le département de Rufisque.

Cette infrastructure énergétique répond, selon le directeur général de la Senelec, aux exigences du plan Takkal qui vise une autosuffisance en électricité de qualité, qui ne coûte pas cher. La confiance placée en la société sud-coréenne est basée sur son expertise en ingénierie, d’après Seydina Kane. Qui souligne que ‘coopérer avec la société preneuse sera l’occasion de transférer la technologie sud-coréenne au Sénégal. Cela sera d’autant plus accentué que le projet regorge un volet formation dans le domaine de la conception et du suivi technique’. En plus de ces acquis, un autre point positif du projet est qu’il va, selon Kane, générer des emplois indirects pour les populations locales.

Avec la centrale à charbon de Sendou, qui va respecter les normes environnementales selon ses promoteurs, une réduction de 50 % du coût de l’électricité est envisageable. En effet, disent les autorités, l’usage du charbon naturel va libérer l’Etat du diktat du pétrole. D’après Karim Wade, ce projet va accélérer la demande sociale et parachever le portefeuille du plan Takkal.

Le représentant du ministre de l’Economie et des Finances a d’ailleurs souligné que l’allègement des coûts de la production renforce la capacité de l’Etat qui va, désormais, orienter les fonds autrefois destinés à la compensation du secteur de l’électricité vers la lutte contre la pauvreté.

Le président directeur général de la société partenaire, bien que satisfait de la convention, s’attend à la signature du contrat d’achat de la Senelec et à la création de la société locale de prise en charge. Celui-ci était prévu en janvier 2012, selon Seung Kyo An, mais tarde encore à être scellé.

La production actuelle en heure de pointe sera presque doublée avec les 250 Mégawatts de Sendou. Cette amélioration vise à atteindre le taux complet de fourniture optimale de 100 % d’ici 2020, d’après Karim Wade. Qui a par ailleurs noté que ‘cet investissement, jugé comme le plus grand en Afrique subsaharienne, va faire du Sénégal un grand exportateur d’électricité dans la sous-région, du fait de l’augmentation de sa compétitivité’.

Walf

Posted in Economie0 Comments

Agriculture : Trois mille hectares de terres salées récupérées et 9 mille tonnes de riz produites grâce au Papil

Le Projet d’appui à la petite irrigation locale (Papil) mis en œuvre par le gouvernement du Sénégal et la Banque africaine de développement (Bad) a permis, de 2005 à 2011, de récupérer plus de 3 mille hectares de terres salées et de produire plus de 9 mille tonnes de riz, selon ses promoteurs.Ce projet a aussi permis de produire, pendant la même période, 3 720 tonnes de légumes. Quelque 12 mille producteurs en ont bénéficié.

Ces résultats ont été donnés lors de la huitième session annuelle du comité de pilotage du Papil, un projet qui est déroulé dans les régions de Fatick (centre), Kédougou (sud-est), Kolda (sud) et Tambacounda (est). Pour sa première phase (2005-2011), le Papil a absorbé 98 % du financement de 12 milliards de francs Cfa mis à sa disposition par la Bad, ont indiqué son coordonnateur national Younoussa Mballo et Xavier Boulenger du bureau régional à Dakar du partenaire financier.

La Banque islamique de développement (Bid) participe à la seconde phase du projet avec un portefeuille de 10 milliards de francs Cfa pour 2011-2015. La Bad s’est engagée dans cette phase-là avec cinq milliards de francs Cfa pour 2011-2013.

Le Papil a permis d’élever le rendement de 1,5 tonne de riz/l’hectare à trois voire quatre tonnes/l’hectare, selon la Bad et le ministère des Ecovillages, des Bassins de rétention, des Lacs artificiels et de la Pisciculture.

Babacar Ndao, le ministre en charge de ce département, a fait part de son ‘inquiétude’ quant à la possibilité d’absorber la totalité du prêt accordé par les partenaires financiers. Pour y arriver, a-t-il recommandé aux membres de ce comité, il faudra ‘faire preuve d’une grande maîtrise dans la planification des activités’.’Nous n’avons pas d’inquiétude au sujet du comté de pilotage qui est très expérimenté. Notre inquiétude, c’est du côté de nos partenaires financiers’, a dit Ndao.

Xavier Boulenger s’est montré rassurant pour le compte de la Bad. ‘Je n’ai pas d’inquiétude par rapport à l’absorption du prêt. Je n’ai pas trop d’inquiétude, parce que nous avons l’avantage d’avoir déjà mis en place l’équipe chargée de l’exécution de la seconde phase du projet. Et, presque tous les marchés prévus sont signés’, a assuré Boulenger. La mise en œuvre du Papil consiste à construire des aménagements hydro-agricoles (micro-barrages, digues anti-sel, seuils, bas-fonds rizicoles, mares pastorales, micro-périmètres, etc.). Ces infrastructures doivent ‘toucher directement 95 mille exploitants’ vivant dans les régions d’intervention du Papil.

Les résultats atteints grâce à ce projet dans la production rizicole sont la preuve que ‘l’autosuffisance en riz n’est pas un rêve. […] Nous pouvons valablement prétendre à l’autosuffisance en riz’, a dit le sénateur Yaya Dia, représentant du Parlement à la réunion du comité de pilotage du Papil.Des élus locaux des régions de Fatick, Kédougou, Kolda et Tambacounda ont pris part à la rencontre.

Walf

Posted in Economie0 Comments

KEBA KEINDE, PRESIDENT DE LA STRUCTURE 2.0 ET CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE 2012: «Le problème de l’électricité ne se résume pas au plan takkal»

Le président de la structure Sénégal 2.0, par ailleurs, candidat à la prochaine élection présidentielle de février 2012, estime que le problème de l’électricité est plus profond qu’on ne l’imagine. De l’avis de Kéba Keinde, cela ne se résume pas au plan takkal qui a englouti 650 milliards FCfa. Il l’a fait savoir lors d’une conférence de presse, ce mardi 17 janvier à Dakar.

«Le problème de l’électricité ne se résume pas au plan takkal ». Le postulat est du président de la structure Sénégal 2.0, Kéba Keinde, qui faisait face à la presse hier, mardi 17 janvier à Dakar. Evaluant le secteur de l’électricité dans le cadre de sa « vision » pour l’économie du Sénégal, ce candidat à la prochaine présidentielle de février 2012 a estimé que « le plan takkal est une réponse à une crise qui a été provoquée par une mauvaise gestion». Il reconnait, par ailleurs, que « c’est un plan obligatoire parce que nous n’avons pas le choix, mais elle nous coute excessivement chère puisque les procédures d’urgence que nous avons mis en œuvre sont excessives et ne résolvent le problème que de façon temporaire».

A son avis, la véritable solution du secteur de l’électricité passe par des mesures comme la refonte du secteur de l’électricité, la restructuration et la privatisation de la Senelec. A cela, il a ajouté un choix « plus adéquat » sur les énergies. «On ne comprend pas étant au Sénégal, un pays où l’ensoleillement fait partie des plus élevés au monde, qu’on n’utilise pas l’énergie solaire comme levier actif pour atténuer la pression fiscale et budgétaire du pays qui résulte de l’importation des produits pétroliers».

Kéba Keinde pense que le problème de l’électricité aurait été réglé si l’Etat avait fait le choix du mieux disant suite à l’appel d’offres qui a été lancé à l’époque pour une structuration financière de la Senelec, une réforme coordonnée du cadre légal réglementaire et fiscal du secteur de l’électricité qui rendait l’entreprise attractive. A son avis, «c’est à cause de l’annulation de cet appel d’offre que la Senelec, pendant 11 ans, n’a pas pu être recapitalisée, et n’a pas pu avoir l’expertise pour se développer ». Ce qui, à son avis, « nous a amené à une situation inacceptable qui plonge le Sénégal dans une obscurité totale. Cette gestion calamiteuse de la Senelec pendant onze ans est la raison pour laquelle nous nous sommes trouvés dans l’obscurité».

Ce face à face a été une opportunité pour la presse de remettre sur la table l’affaire des commissions dans la vente de la licence téléphonique à Sudatel. Sur cette question, Kéba Keinde continue de battre en brèche les accusations relatives à la perception de quelconques commissions.

«Mon degré d’implication dans ce dossier a été nul.  Je n’ai aucune relation avec le gouvernement. Je n’ai eu vent d’aucune commission occulte, s’il en existait. Il suffit d’être un peu avisé pour savoir que cette histoire relève purement de la fiction ». Le parton de Senegal 2.0 a jugé « inopportun » de porter plainte pour diffamation contre le journal qui l’incriminait. A son avis, le démenti qu’il avait publié dans la presse était suffisamment édifiant.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

Pourquoi les recettes tirées des minerais par les pays africains sont-elles encore faibles ?

Une politique minière inadéquate et un régime fiscal statique expliquent en partie le fait que l’Etat africain tire peu profit de l’industrie minière, contrairement à l’Australie.

En Afrique, les parts revenant à l’Etat sont moindres comparées à celles des autres régions et pays comme l’Australie.

Le tout dernier rapport du groupe d’études internationales sur les investissements miniers en Afrique apporte beaucoup d’éclaircissements. Parmi les chapitres qui jalonnent cette recherche fouillée, nous nous sommes concentrés sur celui relatif au partage des recettes entre les Etats et les groupes miniers. Ainsi, en 2010, année phare pour l’industrie extractive, le bénéfice global net a atteint 110 milliards de dollars, en progression de 156% pour des actifs évalués à 1000 milliards de dollars.

D’une part, les pays africains n’ont pas imposé une taxe sur les gros bénéfices de l’industrie extractive et, d’autre part, ils ne participent pas, en général, aux activités d’extraction.

Pour sa part, le revenu global des activités minières était de 400 milliards de dollars durant la même année, en hausse de 32%.

En Afrique, les parts revenant à l’Etat sont moindres comparées à celles d’autres régions et pays comme l’Australie. Les raisons sont claires aux yeux des auteurs de l’étude. D’une part, les pays africains n’ont pas imposé une taxe sur les gros bénéfices de l’industrie extractive et, d’autre part, ils ne participent pas, en général, aux activités d’extraction, à l’exception notable du Botswana et de la Namibie et contrairement à l’Amérique latine. Pour inverser la tendance, les Etats africains ont tout intérêt à changer d’approche en participant à l’extraction eten dépoussiérant leurs régimes fiscaux.

En la matière, « le consensus veut que les régimes fiscaux des opérations minières soient conçus de façon à répartir la rente entre l’investisseur et le pays dans lequel se trouvent les minerais », souligne l’étude. L’investisseur doit être indemnisé grâce à un taux de rendement pour le risque lié à l’investissement, et le gouvernement hôte doit être indemnisé pour l’exploitation de ses ressources non renouvelables. Cette orthodoxie à part, il convient de rappeler que les Etats africains n’ont pas bénéficié du boom des minerais qui a gonflé les recettes des compagnies entre 2002 et 2007. Les avantages revenant aux gouvernants étaient minorés dans les réformes minières des années 80 et 90 prescrites par la Banque mondiale en pleine phase de stagnation de la demande mondiale. « Un aspect crucial de la plupart des régimes est que la pression fiscale pendant la durée de vie utile des actifs miniers est répartie de façon à ce qu’une taxe peu élevée est payée jusqu’à ce que le capital investi soit récupéré », note l’étude qui estime que cette situation reporte les versements d’impôts et que durant les périodes de flambées de cours, les avantages reviennent principalement à l’investisseur. « Cela accentue inévitablement le sentiment d’iniquité dans la répartition de ces avantages et entraîne un mécontentement généralisé. »

Aujourd’hui, préconisent les auteurs de l’étude, les pays africains doivent revisiter leurs codes miniers afin de conditionner l’exploitation des ressources à la maximisation par les investisseurs de l’impact d’investissement.

Les Afriques

Posted in Economie0 Comments

Khalifa Sall promet de faire évoluer le visage de Dakar en 2012

Le maire de Dakar a promis de faire évoluer en 2012 le visage de la capitale par la réalisation d’investissements structurants destinés à améliorer la mobilité urbaine, à aménager le cadre de vie et à organiser la distribution des équipements.

‘’2012 va voir évoluer le visage de notre ville, de son centre à sa périphérie. Dans la recherche de solutions innovantes et durables en cohérence avec les caractéristiques d’une ville presqu’île, nous allons réaliser des investissements structurants pour améliorer la mobilité urbaine, pour aménager le cadre de vie et pour organiser la distribution des équipements’’, a dit Khalifa Sall dans son message de vœux de nouvel an aux Dakarois transmis à l’APS lundi.

Selon le maire de Dakar, ‘’la mobilité urbaine sera améliorée par la mise en service des feux de signalisation tricolore engagée en fin décembre 2011’’.

Elle ‘’sera complétée par la réhabilitation et l’extension de la voirie non classée ainsi que par la réorganisation du stationnement, deux programmes qui seront réalisés grâce au premier financement que la BOAD accorde à une collectivité locale africaine’’, a dit le maire.

‘’Ces investissements, a-t-il expliqué, s’ordonnent dans le plan de modernisation de notre ville dont l’aménagement des grandes artères et le programme de pavage des rues constituent un volet essentiel en raison de leur impact sur notre cadre de vie et sur les milliers d’emplois pour les jeunes. L’usine de production est déjà opérationnelle et les premiers pavés seront posés dans les toutes prochaines semaines’’.

Selon Khalifa Sall, ‘’c’est également dans le souci de moderniser notre ville mais aussi de rester dans le temps du monde en prenant en compte les évolutions possibles dans une logique de développement durable que le programme d’extension du réseau d’éclairage public dans les quartiers de Dakar, qui va démarrer sous peu, sera entièrement réalisé avec des lampadaires fonctionnant à l’énergie solaire’’.

‘’Enfin, a annoncé le maire, la vie devra revenir dans notre ville. Cœur historique de la capitale, l’espace Kermel sera entièrement rénové pour devenir un lieu de vie. D’autres quartiers de Dakar vont suivre dans le cadre de projets d’équipements (…)’’.

Khalifa Sall a invité ses administrés à ‘’changer (leur) rapport avec le bien public’’. Cette dynamique, a-t-il dit ‘’exige un engagement citoyen à forger dans la conscience collective et qui doit se décliner ainsi : respecter les efforts de tous et s’imposer de préserver et de protéger les équipements urbains’’.

Il a rappelé que 2011 a permis la mise en œuvre de programmes pour répondre à la ‘’vocation sociale de l’institution municipale’’. Khalifa Sall a cité entre autres programmes ‘’+La Ville en bon parent d’élèves+ qui a considérablement allégé les charges d’éducation des parents et restera une priorité dans nos actions pour permettre à nos enfants d’obtenir les meilleurs résultats à l’école’’.

En matière de santé, ‘’en plus du renforcement des capacités d’intervention des structures sanitaires par la dotation d’ambulances neuves et de groupes électrogènes aux centres de santé, la Ville réalise actuellement un Centre d’exploration et de diagnostic à la Sicap Liberté 6 ainsi que trois nouveaux centres de santé à Hann, Ngor et Liberté 6 extension afin d’achever le maillage du territoire de la ville en structures de santé’’, a-t-il dit.

Il a aussi relevé les actions visant ’’l’élévation du niveau de vie des populations et le soutien à l’économie solidaire avec le financement de micro projets par le PAFSEP, avec les secours distribués aux personnes indigentes, avec le micro jardinage dont les effets sur la sécurité alimentaire et sur la lutte contre la pauvreté sont incontestables’’.

Aps

Posted in Economie0 Comments

Pétrole : l’avenir est au fonds de la mer

L’offshore et l’offshore profond (au-delà de 500 m d’eau) stimulent l’activité. Pour le continent, ils devraient mobiliser plus de 50 milliards d’euros d’investissements dans les cinq années à venir.

Lorsqu’en 2007 la compagnie brésilienne Petrobras met au jour le gisement de Tupi, par 2?140 m de fond, le secteur se retrouve en ébullition, comme sorti de sa léthargie. Ce champ recelant 5 à 8 milliards de barils de réserves (40 % des réserves nationales) a placé le pays sud-américain parmi les premiers producteurs de la planète. Une prouesse technique, puisque, en plus de la profondeur d’eau, le pétrolier est allé forer 3?000 m de sable et de roche, puis 2?000 m de sel (antésalifère). De l’autre côté de l’Atlantique, la découverte brésilienne a réveillé les appétits. Le français Total ne cache plus son enthousiasme pour ses projets en Angola, où il a acquis de nouveaux blocs (il est déjà le premier opérateur du pays). Objectif?: explorer là aussi les couches antésalifères, sur une zone considérée comme le miroir de la côte brésilienne. « Le golfe de Guinée fait partie du “triangle d’or” [côte ouest-africaine, golfe du Mexique, Brésil, NDLR], et, dans sa partie sud, les zones antésalifères sont une cible clé à fort potentiel, pas encore totalement testée », explique ainsi Duncan Clarke, le PDG du cabinet de conseil Global Pacific and Partners.

L’anecdote sud-américaine révèle surtout une nouvelle donne?: l’activité offshore, qui génère plus du quart de la production mondiale, est la plus dynamique et celle qui offre le plus de perspectives économiques. Les succès enregistrés et les technologies permettant d’aller de plus en plus loin ont dopé l’exploration et la production dans l’offshore profond (à partir de 500 m sous la surface de l’eau) et très profond (à partir de 1?500 m), qui représentent aujourd’hui 20 % de la production offshore mondiale. Ce chiffre devrait passer à 30 % d’ici à 2016. Les réserves (gaz et pétrole) qui seront développées en offshore profond avoisineront 28 milliards de barils équivalent pétrole et nécessiteront pas moins de 210 milliards de dollars (plus de 160 milliards d’euros) d’investissements (+ 60 % par rapport à la période 2006-2010).

“De plus en plus loin”

Le continent africain se taillera la part du lion, avec le tiers de ces investissements (soit plus de 50 milliards d’euros). Depuis la découverte du champ Jubilee au Ghana par Tullow Oil, les forages ne cessent de se multiplier. Sur les 1?300 puits sous-marins programmés dans le monde entre 2011 et 2015, selon l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (Ifpen), 374 ont déjà été forés en Afrique en 2011. « Nous allons de plus en plus loin, là où nous n’aurions jamais imaginé aller il y a encore dix ans », explique ainsi André Coajou, président du cabinet de consulting Atlantic Seahorse.

Cette vigueur bouleverse l’ensemble des métiers du pétrole, y compris les sociétés de services offshore qui voient leur chiffre d’affaires progresser avec la demande mondiale, mais doivent adapter leur offre. « L’augmentation de l’offshore profond est un fait majeur, explique ainsi Rodolphe Bouchet, directeur régional Afrique de l’Ouest du groupe Bourbon. Cela change notamment la nature des bateaux?: ils doivent être plus grands pour transporter plus de choses en un seul voyage, l’ancrage devient anecdotique au profit du positionnement dynamique… »

Boum de l’activité offshore

De la Mauritanie à l’Angola (où, respectivement, Total et BP ont signé des accords ce mois-ci) et de la Somalie au Mozambique, l’acquisition de blocs offshore ne se tarit pas. La « superjunior » britannique Tullow Oil a ainsi obtenu 10?700 km2 au large de la Mauritanie, alors que les premiers développements (sur Chinguetti notamment, où Tullow est partenaire et non opérateur) y ont été plutôt décevants. « Pour nous, la Mauritanie garde un potentiel important. Cette fois, nous serons opérateurs, et nous prouverons que la région est riche », assure ainsi Tim O’Hanlon, vice-président de la firme britannique. Au Sénégal, la junior du milliardaire australo-roumain Frank Timis, African Petroleum, a remporté deux blocs pour une surface supérieure à 18?000 km2. Selon Dave Fassom, directeur de la société Stellar Energy, spécialisée dans les contrats pétroliers, la valeur des deals en Afrique devrait dépasser en 2011 celle de 2010, année de tous les records avec 7 milliards de dollars (contre 3 milliards en 2009).

Partout, l’activité offshore ouvre de nouvelles possibilités d’affaires. « En Côte d’Ivoire, les perspectives sont bonnes, estime ainsi Hugues Moreau, directeur général de la société ivoirienne de services aériens International Aircraft Services (IAS), car le gouvernement entend notamment développer le secteur énergétique. » Surtout, le pays récolte les fruits des explorations, puisque l’américain Vanco, en collaboration avec le russe Lukoil et l’ivoirien Petroci, a annoncé le 7 décembre avoir mis au jour un gisement à 93 km au sud-est d’Abidjan, par 1?689 m de fond. En Afrique de l’Est et en Afrique australe, où IAS et Bourbon se disent sollicitées de manière croissante, la surprise vient du gaz naturel. Le large des côtes en regorgerait (lire encadré).

15% du commerce pétrolier

Tous ces projets de développement augmentent le poids de l’Afrique dans le commerce pétrolier mondial. Ainsi, sa part dans le nombre de constructions de plateformes fixes devrait passer de 8 % en 2011 à au moins 15 % (dépassant l’Europe), selon l’Ifpen. Même tendance, bien sûr, pour les infrastructures sous-marines?: l’Afrique cristallisera 24 % de ces constructions, contre 18 % en 2011. « Personne ne peut dire ce qui va arriver, mais les tendances sont très positives, poursuit Duncan Clarke. D’autant que les campagnes de forage passées ont été très limitées. Donc je m’attends à plusieurs découvertes analogues à celle de Jubilee, y compris dans des eaux plus profondes et les bassins non forés. » Les fonds marins africains n’ont pas fini d’être fouillés. Reste aux États à tout faire pour éviter une catastrophe équivalente à celle du golfe du Mexique en 2010. « Les contraintes en matière de pollution et de rejets pour les compagnies pétrolières devraient continuer à s’intensifier, notamment [en raison des] problèmes liés à des incidents de production », prévient d’ailleurs l’Ifpen. Qu’il soit entendu.

Jeune Afrique

Posted in Economie0 Comments

Moubarack Lô, économiste : ‘Les Baol-Baol sont les plus grands contributeurs de l’impôt’

L’économiste Moubarack Lô retrace ici l’origine et le parcours de ces acteurs économiques plus connus sous le sobriquet de Baol-Baol. Soulignant le rôle important de ces commerçants qui, selon lui, sont les plus grands contributeurs de l’impôt, l’économiste demande à l’Etat d’aménager à ces petits entrepreneurs des politiques dédiées et de ne pas juste noyer le soutien qu’il leur accorde dans une grande stratégie de développement des Pme.

Wal Fadjri : Pouvez-vous nous situer dans le temps la présence des commerçants dits Baol-Baol à Dakar ?

Moubarack Lô : Traditionnellement, les Baol-Baol, dont les premiers provenaient du centre du pays et de l’ancienne province du Baol en particulier (l’actuelle Région de Diourbel), s’opposaient aux négociants et commerçants libano-syriens qui, pendant longtemps, ont monopolisé le secteur du commerce et de la traite au Sénégal. L’émergence et le développement du commerce Baol Baol a de facto obligé les Libano-syriens à se déployer vers d’autres branches d’activités comme l’industrie et la restauration, même si certains d’entre eux maintiennent une forte présence dans certains créneaux du commerce de haut de gamme.

Au-delà de l’aspect géographique, le terme Baol-Baol ne peut-il pas renvoyer à une idéologie, étant donné que d’autres commerçants, non originaires de la zone du Baol, sont ainsi nommés ?

Dans la conscience populaire, le terme Baol Baol désigne un acteur économique, très souvent né dans le monde rural, de culture mouride et déterminé à réussir, très rapidement à saisir les opportunités d’affaires qui se présentent, tout en étant informel dans sa manière de gérer ses activités. Mais, il est évident que, comme tout autre terme générique, le concept de Baol Baol dépasse aujourd’hui de loin l’acception populaire et tous les commerçants du secteur informel, au-delà de leur confrérie ou de leur origine géographique, sont désignés par le terme de Baol Baol.

Ayant débutés, pour la plupart, par de petits métiers, ces commerçants sont aujourd’hui propriétaires de quincailleries, de grandes boutiques… N’est-ce pas là une preuve que les petits métiers peuvent être facteur de développement économique ?

Dans les faits, la plupart des grands commerçants actuels ont, dans leur jeunesse, quitté les champs et l’école coranique pour venir à Dakar comme simples vendeurs à la sauvette ou assistants dans des boutiques et commerces tenus par des parents proches. Ils ont pu, grâce à la sueur de leur front, accumuler une épargne et investir dans des activités de diversification, y compris dans le domaine industriel. Serigne Mboup du groupe Ccbm en est le meilleur exemple aujourd’hui. C’est là une preuve éclatante que l’émergence économique et le développement endogène peuvent éclore à partir d’une saine promotion des petits entrepreneurs locaux, qu’ils soient actifs dans le commerce ou dans l’artisanat, et pas uniquement des grandes entreprises étrangères. C’est ainsi que Taïwan a réussi à devenir un pays émergent.

Il revient donc à l’Etat d’aménager à ces petits entrepreneurs des politiques dédiées et de ne pas juste noyer le soutien qu’il leur accorde dans une grande stratégie de développement des Pme. Qui, très souvent, ne profite qu’aux plus grandes d’entre elles et au détriment de celles qui en ont le plus besoin. Ceci doit être corrigé au plus vite.

Quel est le poids économique de ces commerçants Baol-Baol ?

Les Baol-Baol sont les plus grands contributeurs de l’impôt, en raison de leur préséance dans le secteur de l’importation qui génère de grandes recettes en matière de fiscalité indirecte. Ceci est très rarement souligné. Mais au-delà de la simple transaction commerciale, il convient d’encourager activement leur implication dans l’investissement industriel, domaine dans lequel ils sont encore très peu présents. L’exemple de la Malaisie avec sa politique de promotion de l’entrepreneuriat en faveur des Bumiputera (gens de la terre), dont l’Afrique du Sud post-apartheid s’est inspirée, pourrait être étudié par le Sénégal, en vue de mieux faire bénéficier aux hommes d’affaires sénégalais des opportunités économiques, y compris les privatisations. A cet effet, la clé du succès réside dans une forte alliance entre les commerçants, qui possèdent les capitaux, et les diplômés qui ont avec eux les idées et les compétences en management.

Walf

Posted in Economie0 Comments

PREVISION DE L’INFLATION: L’approche dynamique d’équilibre

La BCEAO s’est proposé de mettre en place un nouveau dispositif de prévision de l’inflation dans l’UEMOA qui se fonde sur un modèle DSGE. Dans le contexte actuel d’inflation galopante dans la zone Uemoa et au Sénégal en particulier, nous reprenons ici quelques éléments d’une étude réalisée par Mouhamadou Bamba Diop de la Dpee(Direction de la prévision et des études économiques) et soumise à la Direction de la Recherche et de la Statistique de la BCEAO.

Le Sénégal vient d’afficher un taux d’inflation de 3,4% en 2011 et 2012 constitue ainsi un enjeu de taille pour l’économie et surtout la Banque Centrale dans sa dynamique de stabiliser les prix au sein des économies de l’Uemoa. La problématique de l’inflation dans ces pays est de plus en plus préoccupante.

C’est d’ailleurs dans ce contexte et à la faveur de la Réforme Institutionnelle de l’UMOA et de la BCEAO qui est entrée en vigueur le 1er avril 2010, que les engagements de la Banque Centrale relatifs à l’objectif d’inflation se sont renforcés. Dans cette étude réalisée en mars 2011 par Mouhamadou Bamba Diop de la Dpee, il est question de confectionner un modèle Dynamique d’équilibre général stochastique Ou DSGE pour l’UEMOA, capable de prévoir l’inflation à moyen terme. L’approche proposée dans cette partie s’inscrit dans le cadre de la macroéconomie moderne. Elle s’inspire de la nouvelle théorie keynésienne dans la mesure où intègre un ensemble d’hypothèses propres à cette école de pensée notamment celles relatives à la rigidité nominale.

Depuis quelques années, les modèles DSGE sont devenus, selon l’auteur, de plus en plus populaires et amplement utilisés pour des besoins de l’analyse de la politique économique en général, et monétaire, en particulier (voir Clarida, Gali et Gertler (1999), Gali et Monacelli (2005), Woodford (2003)). La démarche de cette étude s’inspire principalement des travaux de Medina et Soto (2007a ,2007b), Medina et al. (2007), de Christiano et al. (2005), Altig et al. (2003, 2004), Smets and Wouters

(2003, 2007). Dans cette économie, il existe deux types de firmes : La première catégorie de firmes produit des biens intermédiaires en utilisant du capital, du travail et de l’énergie en l’occurrence le pétrole. Aussi, évoluent-elles dans une situation monopolistique et fixent les prix de leur bien selon un schéma à la Calvo (1983).

La production des biens intermédiaires est d’une part vendue à des firmes produisant un bien final et d’autre part exportée sur les marchés étrangers. La seconde catégorie est constituée de firmes importatrices de biens intermédiaires selon un mécanisme à la Calvo (1983). Les biens intermédiaires domestiques et étrangers sont combinés par les firmes produisant les biens finaux domestiques et étrangers. Ces deux types de biens utilisés par les consommateurs en plus des produits pétroliers, le gouvernement et pour la production de biens d’investissement pour augmenter le stock de capital. Par ailleurs, les ménages offrent leur travail différencié dans une situation monopolistique régie par un mécanisme à la Calvo.

Selon l’auteur, les estimations montrent qu’une part relativement importante des fluctuations de la croissance est expliquée par les chocs d’offre (48,3%) et à plus de 15% de la volatilité de l’inflation. Toutefois, souligne t-il, les chocs externes expliquent plus de 83% de la volatilité de l’inflation et plus de 33% des fluctuations de la croissance.

L’exercice de prévision a montré qu’en 2011, l’inflation mesurée par les prix à la consommation de l’UEMOA devrait se situer à 2,5% et l’activité économique devrait progresser de 3,6%. A moyen terme (2012-2015), l’inflation devrait se situer en moyenne à 2,1% et le taux de croissance moyen serait de l’ordre de 4,3%. La mise en place de politiques économiques capables d’assurer un environnement macroéconomique stable est un impératif pour tout pays, en particulier, pour ceux qui ont un destin en commun et qui veulent atteindre un développement durable.  Pour l’auteur de l’étude, la compréhension des origines des fluctuations macroéconomiques et la confection d’outils d’analyse et de prévision économique constituent une étape cruciale dans la mise en oeuvre de politiques économiques adéquates. Ce travail, avec l’aide d’un modèle d’équilibre général stochastique bayésien, a tenté de répondre à la question relative à la mise en place d’un modèle de prévision de l’inflation pour le moyen terme dans l’UEMOA.

En perspective, ce modèle peut être étendu pour prendre en compte d’autres caractéristiques de l’UEMOA pour mieux cerner les politiques économiques, notamment celles relatives à la politique budgétaire.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

Afrique : Ecobank veut tirer parti de la crise européenne

Dans la tourmente, les banques du Vieux Continent devraient réduire leurs crédits aux sociétés de négoce. Libérant ainsi un terrain que le groupe panafricain Ecobank compte bien investir.

La crise de la dette qui sévit en Europe et qui malmène les principales banques du Vieux Continent est en passe de produire son premier effet (indirect) en Afrique. Contraintes de renforcer leurs fonds propres, les banques européennes devraient lever le pied sur le financement des activités d’import-export de matières premières et de produits de base, un secteur qui pourrait alors connaître de graves problèmes en 2012. Les spécialistes tablent sur un resserrement de 25 % à 30 % des crédits accordés aux sociétés de négoce. Le coût du crédit devenant plus élevé, les importateurs pourraient répercuter la hausse sur leurs prix. Et, au final, pénaliser les consommateurs.

Place vacante

Déjà, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale, les principaux établissements qui financent ce secteur – avec plus de la moitié des prêts accordés –, ont décidé de réduire significativement la voilure. Ils veulent économiser environ 300 milliards de dollars (près de 230 milliards d’euros) dans ce domaine d’ici à 2013. Le montant total des crédits accordés par ces établissements en Afrique et au Moyen-Orient approche les 500 milliards de dollars par an, selon une récente étude du pôle recherche du groupe Ecobank Transnational Incorporated (ETI). Les analystes affirment que les banques occidentales se concentreront, l’an prochain, sur leurs plus gros clients (Cargill, Glencore…). « Les acteurs de taille plus modeste devraient faire une croix sur toute possibilité d’obtenir un crédit en 2012 », a même déclaré au Financial Times le patron d’une société de négoce.

Le terrain cédé par les établissements européens devrait être rapidement occupé par les institutions financières asiatiques (notamment chinoises), mais aussi par des établissements africains. Et en la matière, ETI, qui vient de former un lien capitalistique avec le quatrième groupe bancaire sud-africain, Nedbank, avance ses pions. Sa filiale française, EBI SA, spécialisée dans le financement des opérations des multinationales en Afrique et des sociétés africaines commerçant avec l’Europe, vient de porter son capital social de 20 à 50 millions de dollars pour se donner plus de moyens.

Restructuration

Présidé par le Gabonais Christophe Jocktane-Lawson, EBI SA, qui a démarré ses activités en juin 2009, multiplie les initiatives pour monter en puissance. « Nous ciblons les activités des grands groupes comme Glencore, Vitol ou encore Trafigura, dont les besoins de paiement à l’international sont importants », affirme Christophe Bourland, le directeur général d’EBI SA.

Outre le financement des échanges intercontinentaux, ETI mise sur le commerce régional, qui a représenté 86,2 milliards de dollars en 2010, l’équivalent de 10,9 % des échanges de toute l’Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Là aussi, le groupe entend profiter de la restructuration bancaire qui s’opère en Europe et qui devrait se traduire par le retrait de groupes étrangers d’Afrique de l’Ouest.

Mais Ecobank a-t-il les moyens de ses ambitions?? Paul-Harry Aithnard, le directeur du département recherche du groupe, répond par l’affirmative. « D’abord, indique-t-il, l’acquisition récente de la banque nigériane Oceanic Bank a permis de renforcer notre assise financière, avec un total de bilan [cumulé, NDLR] de près de 18 milliards de dollars. Ensuite, l’assise géographique du groupe [32 pays] est un véritable atout. » Un atout suffisant?? ETI devra compter avec les autres banques africaines, notamment avec celles d’Afrique du Sud. Mais l’enjeu est de taille.

Jeune Afrique

Posted in Economie0 Comments

3,4% D’INFLATION EN 2011: Le Sénégal explose le plafond

De -1.0 % en 2009, le taux d’inflation annuel moyen qui s’est établi à 1.2 % en 2010 a franchi le rubicond, pour se situer à 3,4% en 2011, dépassant ainsi toutes les prévisions et même le plafond communautaire fixé à 3% dans les critères de convergence.

La tendance à la hausse des prix constatée depuis le début de l’année 2011 s’est confirmée. Jusqu’à la fin de l’année 2011, les tensions inflationnistes auront intimé un rythme ascendant sur le marché, avec un Indice harmonisé des prix à la consommation (Ihpc) qui a enregistré, en décembre 2011, une hausse de 0,2% soit une évolution annuelle de 2,7%.

Les prix des « produits alimentaires, boissons non alcoolisées » sont en cause avec une augmentation de 0,2%, en liaison essentiellement avec le renchérissement des « céréales non transformées » (+6,0%) et des « pains » (+4,4%), selon la dernière note de l’Ansd(Agence nationale de la statistique et la démographie) qui parle à ce niveau d’une baisse de l’offre en céréales et à la cherté des intrants dans le secteur de la boulangerie. Sauf le repli des prix des « légumes frais en fruits ou racine » (-4,6%), des « poissons et autres produits séchés ou fumés » (-3,9%), des « poissons frais » (-3,6%) et des « légumes frais en feuilles » (-2,8%),  les prix de la fonction qui se sont accrus de 5,0% se seraient appréciés davantage. Justement, sous l’effet de l’appréciation des prix des « services domestiques » (+3,6%), les prix des « meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer » ont, eux, grimpé de 1,0% en variation mensuelle tandis que, comparés à la même période de 2010, les prix de la fonction ont évolué de +1,8%.

Même chose pour les biens et services de la « santé » (+0,8%) dont le renchérissement des prix est imputable essentiellement à celui des « services médicaux et dentaires » (+5,3%) et des « services des auxiliaires médicaux » (+4,3%). Les prix des services de « communication » sont restés dans ce sillage (+0,6%), avec l’appréciation de ceux de la « communication téléphonique » (+0,7%), de même que le relèvement des prix des « chaussures hommes » (+1,1%) et de « vêtements de dessus hommes » (+0,8%) justifie, en partie, celui des prix des « articles d’habillement et chaussures » (+0,3%) malgré un recul de 0,5% des prix de la fonction.

Par rapport à la période correspondante en 2010, les prix des « biens et services divers » ont augmenté de 3,4%, tandis que ceux des « restaurants et hôtels » ont reculé de 0,8%. En revanche, les prix des services de « l’enseignement » et de « logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » sont demeurés stables en décembre 2011 et par rapport à la période correspondante en 2010, leurs prix ont été majorés respectivement de 2,5% et 1,1%. La baisse des prix des « carburants et lubrifiants » (-0,7%) expliquerait essentiellement celle des prix des « transports » (-0,2%). Sauf que par rapport à la période correspondante en 2010, les prix de la fonction ont été majorés de 7,2%.

Sous jacente

Fait notoire, le repli des prix du « tabac et des stupéfiants » (-2,3%) a soutenu la diminution de ceux des « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants » (-1,8%), suscitant un fléchissement de 7,8% de la fonction, en variation annuelle. Et alors que les prix des produits locaux sont demeurés stables, au moment où ceux des produits importés ont progressé de 0,9%, leurs prix ont tout de même été majorés respectivement de 2,7% et 2,6% par rapport à décembre 2010. Somme toute, au terme de l’année 2011, le taux d’inflation annuel moyen est ressorti à +3,4% contre 1,2% en 2010 et -1.0 % en 2009. Cette évolution de l’inflation, loin du seuil communautaire plafonné à 3%, a un impact certain sur la compétitivité des économies de l’Union, particulièrement celle du Sénégal. D’autant plus que l’inflation sous jacente c’est-à- dire l’inflation corrigée des variations saisonnières et donc débarrassée de sa composante conjoncturelle (hors énergie), elle s’est aussi inscrite en hausse de 0,2% en rythme mensuel et 1,6% en variation annuelle.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

Développement : pourquoi les pays d’Afrique francophone sont à la traîne Lire l’article Développement : pourquoi les pays d’Afrique francophone sont à la traîne

Manque d’infrastructures, culture d’entreprise moins développée, carences de la gouvernance… Dans un dossier de huit pages, Jeune Afrique explique pourquoi les États subsahariens adeptes de la langue de Molière sont souvent distancés par leurs voisins anglophones.

Sans aucun doute, l’Afrique subsaharienne francophone perd du terrain sur sa sœur anglophone, même en excluant l’Afrique du Sud. Sur les terres – plutôt dans l’ouest du continent – où fleurit la langue de Molière, c’est la langueur qui domine?; de Dakar à Yaoundé et Kinshasa, on rêve d’émigration. Sur les terres – plutôt dans l’Est – où règne celle de Shakespeare, l’activité est trépidante?; d’Accra à Lagos et Nairobi, on fourmille de projets et on règle ses factures d’un clic ou par téléphone. Pour mesurer ce décalage, laissons de côté la corruption et les conflits ethniques, des fléaux aussi répandus dans l’une de ces deux Afrique que dans l’autre. Oublions l’exception d’un Zimbabwe longtemps à la dérive, où les folies économiques d’un pouvoir autocratique avaient déchaîné une inflation de 200?000?000 %. Et tournons-nous vers les chiffres globaux. Ils sont implacables.

Les pays francophones pèsent 19 % du produit intérieur brut moyen de l’Afrique subsaharienne, quand les anglophones en représentent 47 % (hors Afrique du Sud). Les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à dominante francophone, croissent à la cadence de 3,4 % en moyenne par an depuis dix ans, et ceux de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), à dominante anglophone, à 5,4 %.

Selon le classement du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale, qui mesure la qualité de l’environnement des affaires, les Africains anglophones sont plus favorisés que leurs frères francophones?: il leur est plus facile de créer des entreprises, de dédouaner leurs importations et d’obtenir le paiement de leurs créances. Les communications téléphoniques coûtent au Bénin quatre cents fois plus cher qu’au Ghana. En ce qui concerne le développement humain, sept des dix pays les plus mal classés (sur 187) par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) sont des États africains francophones, et l’on retrouve trois d’entre eux aux trois dernières places?: le Burundi, le Niger et la RDC.

Un handicap irrémédiable

Le développement dépend d’une foule de facteurs?; le non-développement aussi. Cinq experts de l’Afrique ont accepté de séparer l’important de l’accessoire, de distinguer les freins institutionnels des pesanteurs culturelles et d’analyser les mauvaises habitudes à la lumière des questions monétaires ou géo­politiques afin de répondre à ces lancinantes questions?: d’où vient ce handicap?? Est-il irrémédiable??

Pour Jean-Michel Severino, gérant du fonds Investisseur et Partenaire pour le développement, consacré aux PME africaines, et ancien directeur général de l’Agence française de développement (AFD), ce sont les conflits qui ont plombé l’Afrique francophone. « Deux de ses grands pays, la RDC et la Côte d’Ivoire, ont connu au cours de la dernière décennie des troubles majeurs qui ont affecté le développement de toute la zone, alors que celle-ci avait connu depuis les indépendances une progression comparable à celle des pays anglophones. »

Les communications téléphoniques coûtent au Bénin quatre cents fois plus cher qu’au Ghana

Le franc CFA lui semble aussi avoir été un fardeau, bien qu’il ait mieux contenu l’inflation que les monnaies non alignées sur l’euro. « Durant la dernière décennie, le franc CFA a été fort, souligne l’ancien directeur général de l’AFD, et on peut imaginer que les pays aux monnaies flottantes se sont mieux adaptés que ceux utilisant cette monnaie commune. Mais s’il a défavorisé les exportations, ce n’est pas tant le niveau du franc CFA que son régime qui est en cause, car celui-ci induit une évolution monétaire déconnectée de la conjoncture africaine. Il faudra que les responsables africains réfléchissent sereinement aux bons mécanismes à lui substituer, mais qui ne devront ni mettre fin à l’union monétaire régionale ni couper totalement les liens entre l’euro et le franc CFA. »

Dernière explication, pour Jean-Michel Severino?: les infrastructures, plus déficientes en terre francophone. « Je suis frappé de voir que dans le domaine de l’énergie, de l’eau ou des transports les politiques ont été plus conservatrices en matière de tarifs, explique-t-il. Cela a généré un déficit en infrastructures – aveuglant dans le cas du Cameroun ou du Sénégal – qui a un impact fort sur le développement. »

Thierry Tanoh vice-président pour l’Afrique subsaharienne de la Société financière internationale (SFI, du groupe Banque mondiale), le rejoint sur ce point?: les infrastructures sont, avec la taille des marchés, les deux grandes faiblesses des pays francophones. Des carences qu’il illustre par des anecdotes?: « La patronne d’une entreprise agro­alimentaire du Niger se désespère, raconte-t-il, parce qu’elle a atteint son plein développement sur son marché national limité et qu’il lui est impossible d’exporter les produits qu’elle serait en mesure de fournir en raison des obstacles réglementaires et des coûts de transport. » Autre exemple, ce transporteur de cacao, habitant lui aussi un pays francophone, lui aussi désespéré?: « Normalement, un camion s’amortit sur trois ans, rappelle Thierry Tanoh. En raison du très mauvais état des routes dans son pays, son matériel est hors d’usage en un an. Il y a de quoi décourager les investisseurs, qui visent évidemment le moindre risque. »“Travailler ensemble”

Les pays francophones sont trop petits et trop peu peuplés. « Si l’on exclut la RDC, il faut reconnaître que les grands pays africains sont anglophones ou lusophones, poursuit-il. L’intégration des marchés est donc la seule solution pour compenser ce handicap. Or si les organisations intégratrices sont nombreuses dans la zone francophone, en réalité ce sont les anglophones, avec la SADC [Communauté de développement de l’Afrique australe, NDLR] et l’EAC, qui sont les plus actifs pour regrouper leurs forces, alors qu’ils n’ont pas la même monnaie?! »

Pour Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian), si les entreprises hexagonales mettent le cap sur les pays anglophones, comme Lafarge ou L’Oréal, c’est aussi parce que « la régionalisation des marchés fonctionne plutôt mieux que dans l’ouest du continent ». « Le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Mozambique donnent l’impression de vouloir travailler ensemble », ajoute-t-il. Mais pour lui, la psychologie collective compte aussi?: « Les pays de culture anglo-saxonne sont plus orientés vers les affaires et l’esprit d’entreprise?; leurs habitants ont moins envie de devenir fonctionnaires que les Africains de culture française. »

C’est aussi ce que relève Serge Michailof, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, et ancien de la Banque mondiale et de l’AFD. Assurément, dit-il, « la formation des élites dans les pays anglophones, en particulier des élites administratives, y est pour quelque chose, puisqu’on y inculque la conviction que le business privé est essentiel pour le processus de développement. La formation dispensée par des enseignants très gauchisants en France ne va pas du tout dans le même sens… »

Serge Michailof ajoute que « le franc CFA sur­évalué a joué un rôle très négatif, mais c’est surtout son caractère déresponsabilisant qui a été nuisible, car il est piloté par l’ancienne puissance coloniale ».

Shanta Devarajan, économiste en chef pour l’Afrique à la Banque mondiale, est plus nuancé. Il estime que l’écart entre ces deux blocs linguistiques est « moins fort qu’on ne le dit » et que les pays anglophones ont connu eux aussi des années difficiles. Parmi les causes de la langueur francophone, il pointe d’abord le fait que les pays de l’Ouest « disposent d’importantes ressources naturelles, richesse qui est corrélée avec leur fragilité née de la multiplication des conflits, plus graves qu’en Afrique de l’Est ». Mais ces conflits ne concernent pas que les pays francophones?: la Sierra Leone et le Liberia, notamment, ont été ravagés par les combats.

Système opaque

Shanta Devarajan incrimine surtout le mode de financement des États. « Dans les pays de l’Ouest africain où la rente générée par les produits de base minéraliers et énergétiques est omniprésente, l’argent ne passe pas par les citoyens, mais va directement des sociétés minières et pétrolières vers les gouvernements, explique-t-il. Ce processus procure bien des occasions de “capture” de cette rente dans un système très opaque. Il n’implique pas les populations qui ne paient pas d’impôts, faute de revenus, et qui sont donc peu soucieuses du bon emploi des deniers publics. » L’argent serait moins facile en terre anglophone, ce qui expliquerait non seulement une moindre gravité des conflits, mais aussi un contrôle réel des gouvernants, deux facteurs d’efficacité macroéconomique.

Enfin, Shanta Devarajan souligne que les francophones sont plus souvent enclavés que les anglophones et qu’il leur en coûte donc plus pour commercer en raison des insuffisances criantes des infrastructures. « Le port de Lomé ne fonctionne pas correctement et ce sont les pays de l’hinterland qu’il dessert qui en paient le prix fort, dit-il. Les pays les plus dynamiques en Afrique sont des pays côtiers. »

Si l’on résume ces analyses, on découvre sans surprise que les causes du retard de l’Afrique francophone sont connues de longue date et que leurs remèdes figurent dans les refrains serinés par les organismes multilatéraux pour accélérer le développement d’un continent longtemps laissé à l’écart.

Évidemment, le franc CFA est un problème. Certes, il sert de ciment aux francophones, mais on constate – comme dans le cas de l’euro – qu’une monnaie sans gouvernance ni vision communes peut se révéler un handicap, surtout quand elle est pilotée depuis Paris.

L’exemple des pays d’Afrique de l’Est, vastes et peuplés, démontre que les investissements et la richesse se dirigent là où les consommateurs sont nombreux. Pour l’Afrique de l’Ouest, cela implique d’aller au-delà de la simple suppression des frontières et de déboucher sur une intégration des politiques budgétaires, tâche héroïque que l’Europe elle-même a beaucoup de mal à mener à bien. C’est pourquoi l’on écoutera le commissaire européen Michel Barnier, qui a appelé, le 15 décembre à Genève, « le continent immense qu’est l’Afrique à organiser et à mutualiser ses marchés pour qu’ils deviennent des marchés communs ». Un conseil de connaisseur.

On ne s’étonnera pas que la quête de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption se retrouvent en tête des remèdes que l’Afrique francophone a intérêt à appliquer pour éviter que ses matières premières ne se changent en malédictions économiques et politiques. La rente doit être d’appropriation publique et contrôlée par les citoyens.

Tentations de l’assistanat

On ne rappellera jamais assez que les insuffisances des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et énergétiques étranglent la croissance, en Afrique francophone plus qu’ailleurs. C’est vers elle que doivent se diriger en priorité les 31 milliards de dollars (près de 24 milliards d’euros) supplémentaires dont aurait besoin chaque année l’Afrique subsaharienne, selon une étude de la Banque mondiale, pour mettre ses infrastructures au niveau de ses besoins.

Reste l’éducation. C’est elle qui peut promouvoir l’esprit d’entreprise et chasser les tentations de l’assistanat. C’est elle qui donnera aux classes moyennes en cours d’émergence à Dakar, Lomé ou Brazzaville l’envie de créer de la vraie richesse – et non de subir la misère – et les outils pour le faire.

Les Africains francophones n’ont pas encore perdu, à condition que leurs gouvernants, leurs banques, leurs enseignants et leurs élites jouent le jeu de l’ouverture et de la modernité. Banal, donc faisable.

Jeune Afrique

Posted in Economie0 Comments

PROGRAMME DE PARTENARIAT PRIVILEGIE DOUANE POUR LES ENTREPRISES: Le secteur privé s’attend à moins de lourdeurs douanières

La direction générale des douanes vient de lancer un Programme de partenariats privilégiés (Ppp) en faveur des entreprises. Une option que le secteur privé approuve mais espère, par ailleurs, qu’elle sera un vecteur pour moins de lourdeurs dans les procédures douanières.

Le secteur privé a accueilli avec satisfaction le Programme de partenariats privilégiés (Ppp) que la douane vient d’initier pour de meilleures facilités aux entreprises. Le représentant du président de la Chambre de commerce de Dakar, lors de la troisième édition du colloque douane-entreprise qui s’est tenu ce mardi 10 janvier à Dakar, a estimé que ce Programme de partenariat privilégié « vient à son heure car les soucis majeurs de nos opérateurs économiques demeurent, malgré les efforts appréciables consentis, la lourdeur et la lenteur des procédures douanières ». M. Adnan Haraty qui a parlé au nom du secteur privé, espère que le Ppp permettra « d’accorder des privilèges aux entreprises qui se montreront plus compétitives et plus coopératives dans un environnement de plus en plus concurrentiel, d’améliorer l’environnement de l’entreprise par la mise en œuvre des privilèges personnalisés, simples et prévisibles, de promouvoir un partenariat équilibré, dynamique dépouillé de toute méfiance qui repose sur des actes concrets ».

Pour rassurer le secteur privé, le directeur général des douanes, M. Mouhamadou Makhtar Cissé, a affirmé que ce programme est initié en attendant la transformation du comité de suivi des recommandations des précédents colloques douanes-entreprise en comité de dialogue. Il a expliqué que c’est un programme de facilitation dérogatoire à la procédure commune. Selon lui, à travers les facilités qu’il offre à l’entreprise, « ce programme constitue un pas important vers la création du statut d’Opérateur agréé (Oea) tel que conçu et développé par l’Organisation mondiale des douanes (Omd). »

Pour le directeur général des douanes lui, le Ppp n’est cependant qu’un aspect du partenariat « fécond » entre la douane et le secteur privé. En attestent, selon lui, les nombreuses initiatives de réforme et de modernisation auxquelles les organisations professionnelles du privé sont fortement impliquées. « C’est ainsi que le projet de réforme du Code des douanes et celui de la dématérialisation des procédures du commerce extérieur en cours feront l’objet de concertations, en vue d’en faciliter l’application ». Selon lui, il en sera de même des autres projets allant dans le sens de la facilitation et de la célérité dans le traitement des opérations de dédouanement.

Dans ce sens, poursuit le directeur général des douanes, la perspective de la mise en place d’un ticket libératoire entre dans cette politique de facilitation et de simplification des procédures de dédouanement. Sur ce point, il précise que le ticket libératoire fait partie de l’idée que plusieurs paiements s’effectuent au profit de l’administration des douanes notamment le Ts (travaux supplémentaires), la Pjd et les escortes. « Nous sommes en train de travailler sur un texte pour regrouper tous ces éléments. L’opérateur paie une seule fois et l’administration se débrouille pour éclater par la suite».

Grâce au Programme de partenariat privilégié, des avantages particuliers seront accordés aux entreprises qui concourent à la réalisation des objectifs de sécurité budgétaires, assure Mouhamadou Makhtar Cissé. Il est ainsi attendu des futurs partenaires privilégiés de la Douane, un « haut degré de conformité » à la réglementation douanière et une collaboration « sans faille » en vue d’aider la douane à s’acquitter au mieux de ses missions, notamment par l’échange de renseignements en matière de lutte contre la fraude. Le patron de l’administration douanière précise que les avantages proposées vont de la main levée immédiate sur les marchandises dès l’enregistrement de la déclaration en douane à la signature éventuelle de protocole d’accord pour régler des situations concrètes, en passant par un assouplissement de la réglementation à différents niveaux. A son avis, ce programme, exemple concret de la volonté de l’administration des douanes du Sénégal à accompagner l’entreprise, a commencé à être mis en application. « Déjà, deux entreprises ont signé des protocoles d’accord avec la douane alors que d’autres ont émis le souhait d’en bénéficier ».

Son Directeur de la facilitation et du partenariat avec l’entreprise, M. Ousmane Mbengue considère que le top management des soldats de l’Economie conçoit que le commerce licite a besoin d’une administration efficace et neutre, utilisant des procédures simples et prévisibles qui ne comportent aucune lourdeur inutile. C’est pourquoi, a-t-il justifié, « s’inspirant des standards internationaux, la douane lance ce programme qui est pour l’instant une offre unilatérale de la direction des douanes qui se veut le point de départ pour la mise en place progressive d’un cadre de facilitation qui, à terme, nous l’espérons, a l’ambition d’être le droit commun des procédures ».

Toutes choses qui font que le Directeur général des douanes et son équipe comptent « fortement » sur le ministère de l’Economie et des Finances qui, « a respecté ses engagements dans le contrat de performance que nous avons signé avec lui et, à la suite de l’atteinte de nos objectifs de recettes, le ministre nous a alloué deux milliards de FCfa de crédit supplémentaire pour le BCI », s’est-il réjoui.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

BAÏDY AGNE, PRESIDENT DU CNP: «Il est temps qu’il y ait une concertation nationale sur les jours fériés »

Le Président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne, s’insurge contre la démarche adoptée par l’Etat et consistant à décréter « à tout bout de champ » des jours fériés au Sénégal. Il l’a fait savoir hier, mardi 10 janvier, en marge du colloque douane-entreprise qui a eu lieu ce mardi 10 janvier à Dakar.

La décision de faire de l’évènement du Maggal de Touba un jour chômé et payé, a suscité des réactions surtout dans les rangs du secteur privé qui défend jalousement le nombre d’heures de travail. Interpellé sur la question à l’occasion, ce mardi 10 janvier, du colloque douane-entreprise, le président du Conseil national du patronat (Cnp) dit ne pas être contre le principe, mais fustige la démarche adoptée selon lui par le Président de la République. Démarche empreinte, selon Baïdy Agne, d’une « absence totale de concertation dans la désignation des jours fériés. » M. Agne a reconnu qu’«il n’y a pas beaucoup d’activités le jour du Maggal donc il est possible d’en faire un jour férié ». Mais, a-t-il estimé, « la concertation doit être un préalable ».

Dans la même veine, M. Agne considère qu’« on ne peut pas continuer à fouler aux pieds les règles déjà établies dans la désignation de jour férié sans discussions au préalable ». Il juge « inconcevable » l’option consistant à continuer à allonger la liste des jours de fête. Avant de faire remarquer : « Même dans des pays comme la France où il y a une majorité de chrétiens, les gens s’arrangent pour diminuer le nombre de jours de fête parce que c’est ce qui fait avancer une nation ».  Le patron du Cnp pense qu’«il faut que les gens travaillent de manière correcte. Au cas échéant, on ne peut pas prétendre être un pays développé. Le nombre de jours sans travail engendre beaucoup de pertes pour l’économie du pays ».

Avant de se désoler du fait que : « nous sommes le pays qui a le plus de jours fériés au monde et je dis qu’il est temps qu’il y ait une concertation nationale sur cette question ; que nous décidions quel jour doit être férié et pour cela il faut inviter tous les acteurs autour d’une table ». Baïdy Agne d’interpeler en outre la conscience des autorités en ces termes : « Il faut que nous soyons cohérent avec nous-même. Nous ne travaillons pas assez et nous travaillons mal ».

Pour relever l’incohérence notée dans la démarche des autorités, Baïdy Agne a rappelé que « Le Premier ministre lui-même avait initié un rapport sur la productivité de la nation. Les résultats de ce document indiquent que nous ne sommes pas un pays productif. Nous sommes derrière presque tout le monde quand on fait le benchmarking ».
Sur un ton plus ferme, le président du Cnp de lancer : « Au Sénégal, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête. Ce n’est pas de cette manière que l’on devient un pays émergent.»

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments






Publicité

Google

Google Adsense