A quel personnage historique vous renvoie la fin de règne du roi Wade ? De Gaulle ? Non, il a su partir à Temps. Mandela ? Certainement pas. Il a réunifié un pays fragmenté. Lincoln ? Pas du Tout. Il a gagné une guerre et sauvé l’union alors que Wade n’a pas trouvé de solution à la crise casamançaise, notre crise nationale la plus grave. L’histoire a dit de lui « qu’il a été un grand bâtisseur. Apres Salomon, il a bâti second temple de Jérusalem, Césarée, Herodion de grands théâtres, des routes mais sa fin de règne fut catastrophique ». La fin de règne de Wade ressemble de plus en plus à celle de Herode le Grand, le plus grand bâtisseur de l’histoire du peuple juif après David et Solomon. Comme Herode, Wade a été un grand bâtisseur avec des routes, un monument et un grand théâtre mais sa fin de règne devient de plus en plus chaotique parce que comme Hérode il est hanté par sa succession comme tous les personnages dans l’histoire se sont crus indispensable. Leon Trotsky théorisait la révolution permanente, Wade applique la tension permanente et « s’interdit de s’interdire » quoi que ce soit. La clameur de la révolte contre les délégations spéciales ne s’est pas encore estompée que Wade créé un autre foyer de tension. Ce dernier risque d’être la tension de trop car elle a déjà crée le miracle de l’union sacrée de l’opposition et de la société civile contre Wade. Ce projet est une régression démocratique parce qu’il fait faire à notre vielle démocratie un bond en arriere de 30 ans avec la résurrection de l’ancien article 35 de la constitution. Cet article avait permis à Diouf d’hériter de la Présidence sans être élu. C’est cet article que l’opposant Wade avait violemment combattu que ressuscite le Président Wade. Régression démocratique parce que la démocratie est avant tout une question de traditions et de gentlemen. L’Angleterre la mère des démocraties n’a pas de constitution et se fonde sur ses traditions, nul ne songe aux Etats Unis à revenir sur les traditions démocratiques. Un pays qui considère sa constitution comme un patchwork a une tradition électorale mais une tradition démocratique. Ce n’est pas une question d’institutions mais une question d’hommes. La tradition démocratique commence quand les hommes s’adaptent aux institutions. Avec l’alternance, le Sénégal l’avant-garde démocratique est devenu l’arrière garde. On est tellement à l’arrière garde que notre vielle démocratie est sous la tutelle de l’ambassade de Etats Unis et l’Union Européenne. Comme Hérode, Wade a été un grand bâtisseur mais il été aussi un grand destructeur. C’est une grande tragédie que cet homme qui est le pilier de l’exception sénégalaise pour avoir démontré que l’opposition légale était possible en Afrique et qui a été à l’origine de l’alternance finisse son règne comme un Scylla ou Hérode et non en De Gaulle ou Mandela.
Le gâchis
Les passions et les énergies que suscite le débat sur le projet de loi sur le ticket présidentiel démontrent les avantages de la stabilité institutionnelle et par conséquent le gâchis de la tension permanente. L’élite du pays mobilise ses idées et son énergie pour défendre ou descendre le projet de loi alors que le pays vit les délestages les plus catastrophiques de son histoire, va encore perdre la bataille des inondations et de la prochaine campagne agricole. Avec la stabilité institutionnelle, la question des règles du jeu étant réglée, le débat entre majorité et opposition porte sur des questions essentielles. C’est pourquoi l’histoire démocratique d’un pays se divise toujours en deux parties. Dans la première partie la question essentielle tourne autour des questions de la participation et la seconde phase sur les questions économiques et de société. L’élection de Wade en 2000 aurait du nous permettre de d’entrer dans la seconde phase mais avec le grand bond en arrière des abus de majorité, le Sénégal est retourné dans la phase primaire de la démocratie alors que le Benin, le Mali en sont dans la seconde phase. Et ce n’est pas par hasard que ces pays soient plus performants que nous sur le plan économique. La vice Présidence va aggraver l’inflation institutionnelle qui sévit au Sénégal. Comment s’y retrouver entre le Président, le vice Président, le Président du Senat, le Président de l’Assemblée, le Président du Conseil Economique et Social et le Premier Ministre. Ne nous couvrons de ridicule en voulant réinventer la roue. Le système politique qui nous a permis d’avoir l’alternance exemplaire de 2000 a fait ses preuves. Il fallait juste bâtir un consensus autour et l’utiliser comme socle pour bâtir une tradition démocratique mais malheureusement la tension permanente voulue par Wade nous condamne au même sort que Sisyphe
Le vrai lieu de débat
L’acte de Cheikh Bamba Dieye au delà du coup d’éclat confirme la constante de la démocratie moderne. Un député qui s’enchaine devant les grilles de l’hémicycle illustre que le Parlement n’est plus le principal lieu de débat surtout avec l’actuelle législature. Dans les démocraties modernes, les medias et la rue sont devenus les principaux lieux de débats. C’est pourquoi les débats se font d’abord sur les ondes et dans la rue avant le parlement. Cette tendance de la démocratie est au croisement de deux formes de légitimités : la légitimité médiatique et la légitimité politique. On peut y disposer de la légitimité politique ( elu à mais de légitimité médiatique ou l’inverse . Alioune Tine qui n’a aucun mandat électif jouit d’une grande légitimité médiatique plus forte que celle de beaucoup d’élus. Cheikh Bamba Dieye a été très bien inspirée en posant cet acte. Qui l’aurait écouté à l’intérieur de l’Hémicycle ? Cette stratégie green peace est redoutablement efficace dans une démocratie médiatique.
Afghanistan : Karzai orphelin de Ben Laden.
Le Président afghan doit regretter amèrement la mort de Ben Laden. Ben Laden mort les américains vont en profiter pour se retirer et « afghaniser » le conflit comme ils avaient « vietnamiser » la guerre Vietnam pour se retirer. En termes simples « afghaniser » le conflit veut dire laisser Karzai se débrouiller face aux Talibans qui auront ainsi un boulevard pour revenir à Kaboul. Les contacts entre les américains et les talibans sont le premier acte de l’afghanisation du conflit qui ne peut que rencontrer l’assentiment des talibans qui n’ont jamais eu d’autres agendas que celui interne ( prendre le pouvoir à Kaboul et transformer l’Afghanistan en émirat). Ben Laden était au fond une rente pour le Pakistan et l’Afghanistan. L’épouvantail Ben Laden permettait au Pakistan de jouir de la rente de sa position stratégique dans la lutte contre Al Qaeda et l’Afghanisatan et à son Président de jouir du parapluie américains. Ainsi on comprend pourquoi le Pakistan n’a jamais fait preuve de zèle dans la traque de Ben Laden.










