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BLOG DE YORO DIA

La tragédie du Roi Wade

A quel personnage historique vous renvoie la fin de règne du roi Wade ? De Gaulle ? Non, il a su partir à Temps. Mandela ? Certainement pas. Il a réunifié un pays fragmenté. Lincoln ? Pas du Tout.  Il a gagné une guerre et sauvé l’union alors que Wade n’a pas trouvé de solution à la crise casamançaise, notre crise nationale la plus grave. L’histoire a dit de lui  « qu’il a été un grand bâtisseur. Apres Salomon, il a bâti second temple de Jérusalem,  Césarée, Herodion de grands théâtres, des routes mais sa fin de règne fut catastrophique ». La fin de règne de Wade ressemble de plus en plus à celle de Herode le Grand, le plus grand bâtisseur  de l’histoire du peuple juif après David et Solomon. Comme Herode, Wade a été un grand bâtisseur avec des routes, un monument et un grand théâtre mais sa fin de règne devient de plus en plus chaotique parce que comme Hérode il est hanté par sa succession comme tous les personnages dans l’histoire se sont crus indispensable. Leon Trotsky théorisait la révolution permanente, Wade applique la tension permanente et « s’interdit de s’interdire » quoi que ce soit. La clameur de la révolte contre les délégations spéciales ne s’est pas encore estompée que Wade créé un autre foyer de tension. Ce dernier risque d’être la tension de trop car elle a déjà crée le miracle de l’union sacrée de l’opposition et de la société civile contre Wade. Ce projet est une régression démocratique parce qu’il fait faire à notre vielle démocratie un bond en arriere de 30 ans avec la résurrection de l’ancien article 35 de la constitution. Cet article avait permis à Diouf d’hériter de la Présidence sans être élu.  C’est cet article que l’opposant Wade avait violemment combattu que ressuscite le Président Wade.  Régression démocratique parce que la démocratie est avant tout une question de traditions et de gentlemen. L’Angleterre la mère des démocraties n’a pas de constitution et se fonde sur ses traditions, nul ne songe aux Etats Unis à revenir sur les traditions démocratiques. Un pays qui considère sa constitution comme un patchwork a une tradition électorale mais une tradition démocratique. Ce n’est pas une question d’institutions mais une question d’hommes. La tradition  démocratique commence quand les hommes s’adaptent aux institutions. Avec l’alternance, le Sénégal l’avant-garde démocratique est devenu l’arrière garde. On est tellement à l’arrière garde que notre vielle démocratie est sous la tutelle de l’ambassade de Etats Unis et l’Union Européenne. Comme Hérode, Wade a été un grand bâtisseur mais il été aussi un grand destructeur. C’est une grande tragédie que cet  homme qui est le pilier de l’exception sénégalaise  pour avoir démontré que l’opposition légale était possible en Afrique et qui a été à l’origine de l’alternance finisse son règne comme un Scylla ou Hérode et non en De Gaulle ou Mandela.

Le gâchis

Les passions et les énergies que suscite le débat sur le projet de loi sur le ticket présidentiel  démontrent les avantages de la stabilité institutionnelle et par conséquent le gâchis de la tension permanente.  L’élite du pays mobilise ses idées et son énergie pour défendre ou descendre le projet de loi alors que le pays vit les délestages les plus catastrophiques de son histoire, va encore perdre la bataille des inondations et de la prochaine campagne agricole. Avec la stabilité institutionnelle, la question des règles du jeu étant réglée, le débat entre majorité et opposition porte sur des questions essentielles. C’est pourquoi l’histoire démocratique d’un pays se divise toujours en deux parties. Dans la première partie la question essentielle tourne autour des questions de la participation et la seconde phase sur les questions économiques et de société. L’élection de Wade en 2000 aurait du nous permettre de  d’entrer dans la seconde phase  mais avec le grand bond en arrière des abus de majorité, le Sénégal est retourné dans la phase primaire de la démocratie alors que le Benin, le Mali en sont dans la seconde phase. Et ce n’est pas par hasard que ces pays soient plus performants que nous sur le plan économique. La vice Présidence va aggraver l’inflation institutionnelle qui sévit au Sénégal. Comment s’y retrouver entre le Président, le vice Président, le Président du Senat, le Président de l’Assemblée, le Président du Conseil Economique et Social et le Premier Ministre. Ne nous couvrons de ridicule en voulant réinventer la roue. Le système politique qui nous a permis d’avoir l’alternance exemplaire de 2000 a fait ses preuves. Il fallait juste bâtir un consensus autour et l’utiliser comme socle pour bâtir une tradition démocratique mais malheureusement la tension permanente voulue par Wade nous condamne au même sort que Sisyphe

Le vrai lieu de débat

L’acte de Cheikh Bamba Dieye au delà du coup  d’éclat confirme la constante de la démocratie moderne. Un député qui s’enchaine devant les grilles de l’hémicycle illustre que le Parlement n’est plus le principal lieu de débat surtout avec l’actuelle législature. Dans les démocraties modernes, les medias et la rue sont devenus les principaux lieux de débats. C’est pourquoi les débats se font d’abord sur les ondes et dans la rue avant le parlement. Cette tendance de la démocratie est au croisement de deux formes de légitimités : la légitimité médiatique et la légitimité politique. On peut y disposer de la légitimité politique ( elu à mais de légitimité médiatique ou l’inverse . Alioune Tine qui n’a aucun mandat électif jouit d’une grande légitimité médiatique plus forte que celle de beaucoup d’élus. Cheikh Bamba Dieye a été très bien inspirée en posant cet acte. Qui l’aurait écouté à l’intérieur de l’Hémicycle ? Cette stratégie green peace est redoutablement efficace dans une démocratie médiatique.

Afghanistan : Karzai orphelin de Ben Laden.

Le Président afghan doit regretter amèrement la mort de Ben Laden. Ben Laden mort les américains vont en profiter pour se retirer et « afghaniser » le conflit comme ils avaient « vietnamiser » la guerre Vietnam pour se retirer. En termes simples « afghaniser » le conflit veut dire  laisser Karzai se débrouiller face aux Talibans qui auront ainsi un boulevard pour revenir à Kaboul. Les contacts entre les américains et les talibans sont le premier acte de  l’afghanisation du conflit qui ne peut que rencontrer l’assentiment des talibans qui n’ont jamais eu d’autres agendas que celui interne ( prendre le pouvoir à Kaboul et transformer l’Afghanistan en émirat). Ben Laden était au fond une rente pour le Pakistan et l’Afghanistan. L’épouvantail Ben Laden permettait au Pakistan de jouir de la rente de sa position stratégique dans la lutte contre Al Qaeda et  l’Afghanisatan  et à son Président de jouir du parapluie américains. Ainsi on comprend pourquoi le Pakistan n’a jamais fait preuve de zèle dans la traque de Ben Laden.

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Le Blog Notes de Yoro Dia

La grande diversion

Le grand politiste israélien Yaron Ezrahi nous enseigne que  « L’autorité, le fondement de la gouvernance est générée soit par la confiance ou la peur ». Pour les dictatures l’autorité se fonde sur la peur alors que pour les démocraties elle se fonde sur la confiance. Chaque semaine  dans notre pays, la confiance qui est le fondement de l’autorité en démocratie s’érode inexorablement.  La dernière sortie du Porte parole du Président de la république justifiant l’achat d’un terrain à plus d’un milliard pour Abdoulaye Wade avec l’argent public (les fonds politiques) est une souillure de la fonction Présidentielle. C’est comme jeter un tas d’immondices sur de la soie blanche. L’acte est légal mais il est fondamentalement immoral.  On peut tout reprocher au Président de la république sauf d’être rusé et très intelligent. C’est pourquoi je suis de ceux qui pensent qu’il a demandé à son porte parole d’organiser la diversion sur les fonds politiques parce que c’est le moindre mal car c’est un scandale purement moral et médiatique. L’argument des fonds politiques rend immédiatement la Centif incompétente. Ah quel beau  scandale si la Centif devait se saisir de l’affaire. L’argument des fonds politiques vise entre autres à éloigner les nez renifleurs de la Centif et de la presse. Apparemment ça marche. Le dernier acte de la mise en scène digne de William Shakespeare a consisté à faire deux annonces : la transformation de la maison de Senghor en musée présidentiel et le village de Fesman aux étudiants. En Finance on aurait parlé de « compense » mais en politique cela devient faire semblant de donner de la droite pour meiux prendre de la gauche.

Les xoys : ces honoris causeurs

La résistance de nos cousins sérères à lumière de la religion et de la raison est fort remarquable. Autant d’efforts pour rester dans l’obscurantisme. Malgré, la longue chevauchée de Maba Diakou Ba, le périple de Mansa Waly, le faisceau lumineux de Cheikh Ahmadou Ba, les sérères sont encore dans la caverne et refusent de voir la lumière que les Peuls leur apportent depuis la nuit des temps. Comme dans le mythe de caverne de Platon, ils peuvent sortir de la caverne mais ils s’empressent d’y retourner avec les leurs xoys. Historiquement, il parait que nos chers cousins sérères ont quitté le Fouta pour fuir la lumière. Leurs cousins peuls qui ont le lourd fardeau de la mission civilisatrice les ont poursuivis jusqu’au cœur du Sine et du Baol pour leur apporter la lumière mais leur mission est comme celle de Sisyphe. Quand on voit un sérère tirer du chapelet, on se dit que malgré tout nous n’avons pas semé dans le désert mais les xoys nous rappellent annuellement le long chemin qui reste à parcourir pour qu’ils ne retournent pas dans la caverne. Au fond plus sérieusement j’ai toujours pensé que les xoys ne n’etaient que des anticipations rationnelles que les saltigués ratent souvent d’ailleurs. Ils nous avaient annoncé pour les manifestions  du  19 mars 2011 des « torrents de sang ». A l’arrivée, nous n’avons même pas eu une goutte de sueur car les manifestations avaient été autorisées et encadrées. En fait  chez les sérères ceux qui ont de vrais pouvoirs mystiques ne l’exhibent pas, surtout pas à la télé. Les xoys, ce n’est plus de l’info. L’information, c’est que ces élucubrations obscurantistes de nos cousins sérères soient aujourd’hui un des plus grands rendez vous de l’agenda médiatique. En outre, en  marge de la commémoration de la rencontre entre Serigne Touba et Bour Sine on apprend qu’il va être crée à Diakhao, un centre d’études sur les cultures et civilisations sérères. C’est fort intéressant. Dans l’histoire et la civilisation sérère si peut parler de civilisation sérère, il y a naturellement deux phases : la première qui va des origines à la rencontre avec les peuls ( ce qui équivaut à la jahila typiquement serrere)  et la seconde qui va la rencontre avec les Peuls qui leur apporte la lumière jusqu’à jours. Evidemment les xoys sont des survivances de la première phase qui permettent de montrer aux sérères ce qu’ils doivent à leurs maitres. Pardon à leurs seigneurs. Last but not least quand Mahmoud Saleh avait parle de coup d’Etat rampant, il avait été convoqué à la DIC. Qu’attend donc la DIC avec les xoys qui annoncent un coup d’Etat debout ?

Indice de Prospérité

Legatum Institute ( le think tank) qui publie annuellement l’indice de prospérité et Omydyar Net ( crée  Pierre Omydyar fondateur de Ebay)  vont débourser  160 millions pour  le PRIX AFRICA AWARDS 2011 qui va  récompenser l’entreprenariat et l’innovation en Afrique. Sur africaawards.com, on  constate que c’est du sérieux parce que  seules les entreprises dont le chiffre d’affaire se situe entre 450 millions et un milliards sont éligibles. Ce prix très connu dans les pays anglophone Afrique du Sud, Ghana, Nigeria et Kenya est ouvert cette année à tous les pays africains.

Le Prix ‘Africa Awards’ pour l’entreprenariat récompense les chefs d’entreprise africains qui incarnent l’esprit d’entreprise et les candidats sont jugés sur des domaines clés tels que la rentabilité, le retour sur investissement et la croissance; la stratégie professionnelle à long terme; le leadership, la culture et les valeurs; l’investissement dans les employés; l’innovation pour répondre aux besoins du marché; et surtout sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Legatum Insitute qui parraine le prix est connu pour son  «  Indice de Prospérité » portant sur 110 pays. Il est préférable d’insister sur un indice de prospérité plutôt que sur celui de la pauvreté parce qu’en faisant des  entrepreneurs sont les « moteurs de la croissance », un pays qui franchit les barrières économiques et par conséquent  les contraintes sociales. Depuis Adam Smith et sa bible de l’économie de l’origine de la richesse des Nations, il a été démontré que l’entreprenariat et l’accès aux opportunités sont de loin les indicateurs les plus étroitement liés à la prospérité globale d’une nation.  Le dernier exemple a été la Chine. Le fameux « quand la Chine s’éveillera » n’a pu se réaliser que  Deng Xiopping a lancé aux chinois « Enrichissez-vous ». La Chine s’est éveillée  parce que l’entreprise y est devenue le moteur de la croissance. En tout cas la Chine montre qu’il est préférable d’avoir tort avec Adam Smith plutôt qu’avoir raison avec Marx.

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Le Blog Notes de Yoro Dia

« Force doit rester à la loi » mais aussi suffrage
Dans un Etat de Droit, quand on dit que « force doit rester à la loi », on pose comme postulat la supériorité morale de la loi. C’est pourquoi on admet la « violence légitime de la loi ». Dans l’affaire de Sangalkam, il est évident que la morale n’est pas du cote de loi. Le combat de jeunes de Sangalkam est celui de tous les démocrates. Evidement il est important rappeler que « force doit rester à la loi » mais il est vital de dire que « force doit rester au suffrage » aussi longtemps que nous serons en démocratie. Le découpage qui consiste pour le Président de la république à reprendre aux élus de la main gauche, ce que le peuple leur a donné de la main droite est fondamentalement contre les principes qui régissent la démocratie. C’est légal mais ce n’est pas moral et sans le caractère moral et le sens de l’intérêt général, l’autorité devient un pouvoir. Et ce qui se passe à Sangalkam, est une affaire de pouvoir et même d’un abus de pouvoir d’où la légitimité de la résistance des populations face à l’arbitraire administratif. La semaine dernière, je vous parlais de dilemme cornélien des juges au Sénégal pris entre le marteau de l’exécutif et l’enclume de l’opinion. La même chose est valable pour les gendarmes pris entre le marteau du devoir sacré d’obéissance à l’autorité et l’enclume des combines politiciennes. Les conflits politiques trouvent toujours des solutions politique mais il est temps de mettre les institutions de la République ( Justice, administration et forces armées ) à l’abri des petites querelles politiciennes. Le ministre de collectivités locales a joué à la roulette russe et a pris la « balle politique » il doit en tirer toutes les conséquences. Il n’y a pas de pouvoir sans responsabilité et la sienne est personnellement engagée dans la mort du jeune Malick Ba. Il ne faudrait pas qu’on essaie de faire porter le chapeau à la gendarmerie et qu’on la transforme en bouc émissaire parce que son statut la prédispose à être l’agneau du sacrifice à l’autel de l’irresponsabilité illimitée des politiques. Les responsables du drame de Sangalkam sont ceux qui ont voulu arracher la main gauche ce que le peuple a donné de la main droite, ceux qui ont voulu substituer un godillot à un élu pour des raisons électoralistes et foncières. Sangalkam est avant tout une bavure politique et Malick Ba tout comme la gendarmerie nationale en sont les victimes et les seuls coupables sont ceux qui asservissent et avilissent des institutions pour des raisons électorales et des règlements de comptes de politiciens. Last but not least on ne peut pas vouloir promouvoir la décentralisation et faire du Bonapartisme en brandissant en permanence et de façon arbitraire l’épée de Damocles des délégations spéciales sur la tête des élus locaux de l’opposition.

Sarkozy sur les traces du marquis de la Fayette
La France et les Etats Unis, bien qu’ils soient amis et alliés depuis des siècles ont toujours eu des relations très passionnées et s’entendent difficilement. L’entente est assez difficile parce que les deux pays ont chacun un projet universaliste et deux révolutions reconnues universellement comme les deux piliers du triomphe de la « République » sur les « principautés » à savoir les monarchies et les autres régimes assimilés. Si selon le bon mot de Hegel la révolution française a été « fantastique lever de soleil », la révolution américaine a annoncé le crépuscule des systèmes politiques fondés sur le hasard de la naissance. Les frictions entre les deux projets universalistes ont jalonné l’histoire de relations franco américaines qui ont aussi connu des sequences d’une amitié exemplaire. La relation particulière entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama rappelle l’amitié entre Georges Washington, le chef des insurgés américains et le marquis Gilbert du Motier de la Fayette qui à 19 ans a mis ses moyens financiers et son expertise militaire au service de la révolution américaine, ce qui fit du jeune marquis, un « héros des deux mondes et des deux révolutions ». Depuis le maquis de la Fayette, Sarkozy est probablement le plus pro-americain des hommes politiques français et depuis Ben Franklin (auteur de la célèbre formule « tout homme a deux patries, sa propre patrie et la France pour les valeurs de 1789 ») les américains n’ont pas eu un homme d’Etat aussi ouvert sur monde que Obama ».Obama et Sarkozy font effacent les relations très heurtées entre De Gaulle et Roosevelt, la sortie de l’Otan pour ne pas mettre la France sous commandement américain, la croisade de Mitterrand pour l’exception culturelle qui consistait à mettre la culture française sous verre comme si le Rambo de mondialisation voulait couper le nez de Cyrano de Bergerac sans oublier la bras de fer autour de la guerre d’Irak et le fameux dialogue critique théorisé par le Quai d’Orsay avec l’Iran des mollahs alors que les américains voulaient plus de fermeté. Cette embellie des relations entre la France et les Etats Unis est due au fait que Obama et Sarko sont les deux Premiers Présidents mondialisés des deux pays et dans la mondialisation l’hyper puissance se rend compte qu’entre le « multilatéral quand nous pouvons » et unilatéral quand nous devons » il faut choisir le multilateral et la France a compris l’exception française ne signifie pas le pays et sa culture sous verre. La relation très particulière entre les Etats Unis et l’Angleterre ont été pendant très longtemps le pilier des relations trans-atlantiques qui connaitront leur apogée avec le couple Bush-Blair mais le pole de la relation transatlantique se déplace petit à petit de l’autre cote de la manche avec Sarkozy sur les traces de la Fayette et de Churchill pour être citoyen d’honneur des Etats Unis.
Obama, Karim et la schizophrénie nationale
Le débat passionné autour de la poignée de main entre Obama et Karim Wade montre que le pays vit dans une pleine schizophrénie nationale. Les contempteurs de Karim comme ses fédayins sont victimes d’une même maladie : le complexe et le défaut d’orgueil national. Qu’est ce que serrer la main de Obama et lui être présenté fortuitement entre une photo de famille et son départ ? Franchement pas grand-chose. Notre couseur Maimouna N’dour Faye a eu plus elle qui a été invité par Obama à la Maison Blanche, ce que notre illustre Président n’a pas réussi à avoir depuis 4 ans. La passion autour de cette poignée montre de façon inconsciente que nous souffrons d’un Kwashiorkor politique due à un sevrage politique brutal qui s’appelle indépendance et qu’on a pas encore intériorisé d’où cette importance qu’on donne à la France et à son Président, à la poignée de main fortuite entre Karim et Obama dans la course à la succession. Ah que c’est pénible cette schizophrénie nationale qui fait courir notre Président depuis 4 ans derrière une audience avec Obama et qui déchaine des passions nationales parce que Obama a serré la main de Karim Wade. C’est élémentaire mais il faut le rappeler. Serrer des mains même celles de personnes qu’on ne connait fait partie du job d’un homme politique et donc du job du Président des Etats Unis. C’est une banalité extraordinaire

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Bientot le sommet Malte-Afrique

Le maillon faible se rebiffe

La justice est le service de l’Etat qui porte le nom d’une vertu.  C’est ce principe qui justifie cette exception démocratique accordée aux juges. Dans une démocratie, il y a toujours un primat de l’élu sur le nommé ne serait que pour une simple question de légitimité. Les juges ne sont pas élus mais ils ont souvent une légitimité plus forte que ceux qui le sont parce ils sont  les gardiens des vertus de la république et le graal du contrat social dont le nœud est le fameux fable de la  Fontaine « selon que vous soyez puissants ou misérable, les jugements de la cour vous rendront blanc ou noir ». Les textes de notre République accordent une très grande liberté aux juges parce qu’ils en font un pouvoir alors que qu’en France  la justice est  encore une autorité. Quand un juge veut être libre, il peut l’être mais nos honorables juges ont développé pendant longtemps le syndrome de la servitude volontaire. D’ailleurs c’est cette servitude volontaire qui fera dire à Wade qu’ils sont sont comme ces « esclaves » qui finissent toujours par revenir à la maison du maitre après avoir été libérés par peur de l’indépendance. Wade opposant a toujours affirmé « « il n’y pas de magistrature indépendante mais des juges indépendants ». L’affaire Bara Tall,  celle qui a opposé Mademba Sock à l’Etat du Sénégal lors de la grève de Sutelec à la fin des années 90  et surtout les nombreux juges qui ont sauvé  Wade opposant  de la guillotine socialiste le prouvent. La justice, le maillon faible de notre système par une politique des petits est entrain de faire sa révolution. Comme dit Theda Scokpcol «  on ne fait pas la révolution, elle finit par arriver ». La révolution est arrivée dans la justice et aucun bonapartisme de l’exécutif de pourra la faire reculer. Dans la même semaine le procureur Ousmane Diagne a cru devoir rappeler qu’il est l’avocat de la société pas du gouvernement alors que le Président de l’UMS rappelait que la Justice est un pouvoir indépendant des deux autres et exigeait par conséquent plus d’indépendance. Quelle fascinante époque nous vivons. Les deux piliers de la démocratie sont une justice libre et une presse libre. Pour la presse, la révolution a été faite depuis longtemps et c’est une excellente chose pour notre démocratie que la justice, le maillon faible entame sa révolution pour se libérer de la servitude volontaire. Un autre grand combat attend la justice et tout le pays. Il faut passer de quelques magistrats indépendants à une magistrature indépendante c’est-à-dire comme aux Etats Unis que la logique  de système l’emporte sur celle l’acteur. Ainsi les juges n’auront pas un destin aussi ingrat que le fichier électoral. C’est une jurisprudence sénégalaise initié par Wade opposant et perpétuée par Niasse et Tanor. Quand l’opposition ‘ gagne une élection, point de débat sur le fichier mais quand on perd c’est forcement le fichier. Quand Bara Tall gagne son procès, la justice est forcement indépendante, s’il l’avait perdu, on aurait dit qu’il ne pouvait que le perdre parce que le juge a forcement écrit sous la dictée de l’exécutif. Dur d’être juge au Sénégal où on est pris entre le marteau de l’exécutif et l’enclume de l’opinion.

Bientôt le sommet Malte-Afrique et Duche du Lichtenstein-Afrique

Les chefs d’Etat africains adorent la servitude volontaire. Ce qui fait que malgré le milliard d’habitants du continent et ses immenses potentialités, les africains sont toujours des sujets de l’histoire et des relations internationales pas des acteurs. C’est pourquoi après les sommets France-Afrique, Japon-Afrique, nous avons maintenant le sommet Inde-Afrique et bientôt les sommets Malte-Afrique ou Singapour Afrique. Et les chefs d’Etat africains se déplaceraient aussi massivement pour le sommet Singapour Afrique comme ils le font pour les sommets Chine Afrique ou France Afrique. Le sommet Inde Afrique illustre à merveille ce qui a été à l’origine de décollage de l’Inde et qui fait singulièrement défaut à l’Afrique : l’orgueil national. J’écris souvent dans ces lignes que le tiers monde est devenu un club africain parce que les autres membres du club comme la Chine et l’Inde sont appuyées sur leur orgueil national pour rejoindre le 1er monde ( le monde développé). Ce sommet illustre l’absence d’ambition des élites politiques africaines qui se font trimbaler d’un sommet à un autre par des pays qui les utilise comme des attributs de leur puissance, des éléments du décor de leur politique extérieure. L’Inde est pays fascinant, elle a donné à l’humanité le Taj Mahal (cette larme sur la joue du temps, symbole eternel de l’amour), le Bouddha  et la kamasoutra. L’Inde qui est passé en quelques décennies de la famine, du livre de la jungle à des OPA sur des entreprises européennes ( Mittal) est un excellent exemple pour l’Afrique parce qu’elle montre le sous développement n’est pas une fatalité et la volonté d’une élite responsable est plus forte que toutes les thèses culturalistes et  les lourdeurs du déterminisme sociologique. En se rendant massivement à Addis Abeba, les dirigeants africains n’ont pas retenu la leçon fondamentale de l’Inde : l’orgueil national qui a permis à l’Inde de s’interdire de tendre la main pour nourrir ses millions de pauvres mais qui lui a permis de faire sa révolution agricole. N’est ce que Shakespeare qui disait que « la nécessité est la mère de l’imagination ». Le développement de l’Inde est un développement shakespearien. Quand on refuse la solution facile de tendre la main comme les indiens dans les années, on est obligé de trouver des solutions endogènes comme la révolution agricole ou le boom technologique. Pour trouver sa place dans la mondialisation comme l’Inde, il faut être acteur et non se complaire dans la servitude volontaire qui consiste à changer de maitre en passant de la France à l’Inde en passant par la Chine et bientôt Malte ou le Lichtenstein. Un sommet Duché du  Lichtenstein-Afrique est fort possible. Et il est fort à parier que duché va mobiliser va battre le record de participation  de chefs d’Etats

Obama à Westminster

Obama est le premier Président des Etats Unis à prononcer un discours à Westminster (le plus vieux parlement du monde). Cela traduit les relations particulières entre les Etats Unis et la Grande Bretagne qui chaque fois qu’elle a du  choisir entre le vieux continent et le grand large « a toujours choisi le grand large » comme disait Churchill. La relation entre les deux pays est tellement forte que Président des Etats Unis travaille sur un bureau offert par la Reine Victoria en 1856 et il ne viendrait à l’idée d’aucun Président des Etats Unis de le changer. Winston Churchill, une des rares personnalités à être élevées au rang de citoyen d’honneur des Etats Unis disait que la déclaration d’indépendance des Etats Unis est la meilleure illustration des libertés publiques anglaises ( de la Magna Carta jusqu’à la glorieuse). La Grande Bretagne a toujours préféré sa relation particulière à l’intégration européenne. Quel est le fondement de cette alliance entre l’une des plus veilles monarchies du monde et la plus veille république depuis Rome : John Locke ( Liberalisme politique) et Adam Smith ( Liberalisme economique). Au fond les Etats Unis ne sont rien d’autres qu’une bonne synthese entre l’amour de la liberté héritée des britanniques et la résurrection de la grandeur de Rome dans le nouveau monde.

Yoro Dia

diayero@gmail.com

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“Indignez vous”

La douce plaisanterie de la candidature unique

La candidature de Macky Sall a au moins un mérite. Elle va mettre un mettre un terme à la douce plaisanterie de candidature unique de l’opposition pour la présidentielle de 2012. C’est une douce plaisanterie parce que les dirigeants de Benno sont les premiers à être convaincus que c’est impossible. Il n’est pas imaginable pour quelque raison que ce soit que Moustapha Niasse renonce à sa  dernière course et sa dernière chance d’être Président en s’effaçant au profit de Tanor. La candidature de Tanor est inévitable parce qu’on voit mal que PS qui est arrivé devant l’AFP lors de la Présidentielle saborder la candidature de Tanor pour donner à Niasse sa dernière chance. Cela tombe sous le sens qu’il y aura au moins trois candidats dans les rangs de Benno. La  pluralité de candidatures n’offre que des avantages à Benno. Premièrement le premier tour va servir de primaires entre les ténors de Benno et régler ainsi de façon démocratique et transparente la question de la représentativité. Mieux encore, la pluralité de candidature est la meilleure façon d’amener Wade au second tour. Dans une élection Présidentielle toute voix qui n’est pas pour le sortant est forcement contre lui et la pluralité de candidats maximise le nombre de voix contre le sortant. Par exemple si Talla Sylla se présente et a mille voix, c’est mille voix de perdus pour Wade. Si Niasse est candidat unique, il y a toute une frange du PS qui ne votera pas pour lui. Si Tanor est candidat unique, tous ceux qui sont contre la restauration de l’ancien régime ne se déplaceront pas  ou voteront Wade. Par contre plus il ya de candidats plus il ya de voix contre Wade et plus il y a de chance d’aller au second tour. D’ailleurs la Présidentielle 2000 est un excellent exemple. Diouf est parti au second tour parce qu’il avait plusieurs candidats en face. Benno ne s’est pas encore remis du miracle électoral de 2009. En prônant une candidature unique pour une présidentielle à deux tours, Benno se trompe d’élections. Dans une Présidentielle, le fameux « raw gadou » qui leur a permis de remporter les locales de 2009 dans les grandes villes n’est valable que pour le second tour. Last but not least, les candidats de la société civile s’imaginent faire le consensus et  d’une investiture de Benno sont entrain de rêver et chez Lacan quand on rêve c’est qu’on est dans un sommeil profond. Les potentiels candidats societe civile qui se prennent pour un messie et pour un l’homme providentiel resteront longtemps dans ce sommeil profond.

Affaire DSK « Indignez-vous »

Les partisans de Dominique Strauss Kahn avaient déjà un slogan. Ca  devait être Yes He Kahn. Maintenant quelque  soit l’issue de l’affaire c’est No he can’t. Que dire de plus dans l’affaire Strauss Kahn ? Rien d’autre que reprendre la belle formule de Charles Maurice de Talleyrand qui disait de Napoleon « Quel dommage qu’un si grand homme soit aussi mal éduqué ». C’est dommage qu’un si grand esprit comme Strauss Kahn  soit si dépendant de sa libido. Il faut avoir assisté à un cours d’économie de Strauss Kahn à l’amphi Emile Boutmy de Sciences Po Paris pour se rendre compte qu’il est un esprit supérieur. Autant Jean Paul Fitoussi était technique et ennuyeux autant DSK était magistral et captivant. DSK, Paul Krugman, Jo Stiglitz et Amatya Sen sont probablement les meilleurs économistes de notre temps. DSK a montré toute l’étendue de son talent à la tête du FMI en « re-crédibilisant » l’institution moribonde et complètement discréditée  après la crise asiatique des années 90.  Le FMI s’était donné une nouvelle mission et une nouvelle vision grâce à la notoriété de son DG. La notoriété de Strauss Kahn et son talent ont contribué au moins à plus de 50 % à la renaissance du FMI qui est passé du sapeur pompier qui voulait éteindre l’incendie de la crise asiatique avec des réservoirs vides à une institution qui anticipe, qui participe au débat économique et à la reforme de l’économie et de la Finance mondiale. Pour les français DSK était le meilleur candidat pour aider la France à affronter la mondialisation parce qu’il est l’incarnation des  élites mondiales contrairement aux élites provinciales. Bref un candidat global pour un monde globalisé. Il avait presque réussi son coup mais lui qui contrôle les finances publiques des Etats du monde n’a pas pu contrôler ses pulsions. Quel dommage pour un si grand homme et un si grand esprit. Grosse perte pour le FMI et la France mais grande victoire pour la justice. « Indignez vous » pour reprendre le livre du grand sage Stéphane Hessel. Indignez vous donc de l’indignation de la France sur le sort réservé à Strauss Kahn. Cela montre la différence de culture entre les deux rives de l’Atlantique. La France même si elle a coupé la tête de Louis XVI et aboli les privilèges dans la nuit du 04 aout demeure une société de privilèges alors que pour les américains qui n’ont pas de passé monarchique, l’égalité surtout devant la loi est le socle de leur contrat social. Pas de privilèges pour qui que ce soit devant loi à commencer par le Président de la république ( Nixon a du quiiter son fauteuil  et Clinton a échappé à la guillotine de peu), ni pour les Stars ( Michael Jackson menotté). Les charges qui pèsent contre le DG du FMI sont très graves et il ne mérite pas un traitement de faveur. C’est le charme de l’Amérique, le seul pays qui applique à la lettre le fable de la fontaine « selon que vous soyez puissants ou misérable, les jugements de la cour vous rendront blanc ou noir ». « Indignez vous » donc devant ces âmes bien pensantes qui veulent transformer la victime ( Nafissatou Diallo) en coupable.

Le bon sens de karamoko

Vous savez pourquoi j’adore Dialgati xibar que je ne rate jamais ? Au delà de l’humour et du droit de quolibet, c’est une grande école du bon sens. La semaine dernière c’est Karamokho qui a apporté une solution toute simple à une question qui empoisonne l’espace public depuis des semaines à savoir la question des cartes nationales d’identité. Karamokho a demandé à l’opposition de se mobiliser pour demander aux citoyens d’aller retirer les cartes déjà disponibles ( des milliers dans les commissariats) au lieu de polémiquer sur les futurs inscrits. C’est du bon sens. Rien que du bon sens. On ne peut avoir des milliers de cartes non retirées et croiser le fer pour dire que l’administration empêche les citoyens d’avoir leur pièce d’identité. Autre question que je me pose avec mon gros bon sens. Si nous raisonnons par l’absurde, comment dans un commissariat on peut savoir les intentions de vote de quelqu’un et lui empêcher d’avoir sa carte. C’était un faux débat. Ce qui fait l’opposition fut fort gênée quand Wade en fin politicien a dégonflé la bulle politicienne en permettant les inscriptions avec les récépissés de dépôt. Cette histoire de cartes montre la pauvreté et l’ennui mortel du débat politique à moins de 8 mois de la Présidentielle

Yoro Dia

diayero@gmail.com

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Redemtion Songs

Le spectre de Ben Laden

La semaine dernière, je vous disais que Ben Laden commençait la deuxième phase de sa carrière (celle du fantôme qui hante l’Amérique) après avoir été une icône du jihadisme (la première phase de sa carrière). Immerger son corps dans l’immensité de l’océan ne va pas diluer son impact et le faire disparaitre  comme les traces d’un chameau après une tempête de sable. Cette seconde phase de la carrière de Ben Laden commence bien parce que sur Google l’intérêt pour Ben Laden a détrôné en quelques jours le mariage dit du siècle entre  William et Kate. C’est carrément un crime de lèse majesté.  Le fameux baiser sur le balcon de Buckingham détrôné par un bédouin recul à Abbotabad avec deux bœufs et une centaine de poulets. Le dernier Zeitgeist (Air du temps en allemand) et qui permet se savoir ce que les Sénégalais cherchent sur Google place Ben Laden en tête. Il est suivi de Gbagbo et de  Abidjan.net. C’est fort intéressant parce qu’il montre l’intérêt des sénégalais pour les affaires internationales ( en 2010 Daddis Camara était à la tête du Zeitgesit annuel). Depuis plus de trois mois, pour le Sénégal,  Outtara et Gbagbo jouent des coudes pour être la tête du Zeitgeist mensuel de Google.  C’est un bon signe que les jeunes sénégalais ( les internautes sont essentiellement jeunes) s’intéressent à la politique internationale parce c’est synonyme d’ouverture. Il est par exemple admis que  l’Amérique est l’un des pays où l’on s’intéresse le moins à la politique internationale ( d’ailleurs peu d’américains ont le passeport) à l’exception notoire des élites cosmopolites de New York des neo conversateurs et qui s’intéressent plus à l’international qu’aux questions internes. Cette culture générale qui vous ouvre l’esprit était la principale force de notre système scolaire. Combien de jeunes étudiants sénégalais sont arrivés en France avant de se rendre compte qu’ils connaissaient plus la géographie et l’histoire de France que beaucoup de leurs camarades français ?  Dans ce système les jeunes écoliers se passionnaient pour le tour du monde en 80 jours alors que dans l’actuel on s’y passionne  pour le Yuza  et la lutte et lieu et place du l’enfant noir ou du petit prince de Saint Exupery.

« Re-presidentialiser » la Présidence de la Republique

Le successeur de Wade devra en urgence « represidentialiser » la fonction présidentielle en donnant à la Présidence le prestige qu’il a perdu avec Wade.  Le cœur de l’Etat (le prestige qui n’existe pas sans distance) a été gravement atteint le cannibalisme ontologique de l’électoralisme débridé des libéraux. Le docte cerveau du Président de la république devrait plus se concentrer sur la réconciliation nationale ( paix en Casamance et dialogue avec l’opposition) qu’a la réconciliation entre deux gladiateurs ( Modou Lo et Balla Gaye). A Rome les combats de gladiateurs servaient surtout à distraire la plèbe mais ils n’avaient pas droit de citer au capitole. Au Sénégal l’élite est allée à  Canossa devant les gladiateurs par pur électoralisme. Franchement il ne doit pas y dans le cerveau tellement sollicité  et le temps si précieux du Président de la république  une minute pour s’occuper des caprices de gladiateurs de Balla Gaye et de Modou Lo. La lutte est notre sport national. Tout le monde en convient mais on lui accorde trop de temps et trop d’importance pour un sport. Les politiques qui vont à Canossa  devant des lutteurs est riche d’enseignements. Le développement n’est rien d’autre que  la mobilisation des énergies individuelles pour un projet collectif. Dans ce domaine  les gladiateurs ont réussi là les politiques ont échoué parce qu’ils réussissent à mobiliser des énergies individuelles vers l’arène. Que la plèbe se passionne pour l’arène et les  promoteurs et les operateurs de téléphonies suivent pour des raisons commerciales et en fassent un phénomène d’opinion, c’est acceptable mais que le sommet de l’Etat suive. Ce n’est pas convenable. Imaginez ce que serait le Sénégal si  cette formidable énergie qu’on mobilise pour l’arène était orientée vers le développement. C’est connu. La nature a horreur du vide. L’énergie débordante des jeunes ( les 2/3 de population ont moins de 30 ans) que les politiques ont été incapables de mobiliser pour le combat du développement a été captée par les gladiateurs et les promoteurs en une mine d’or. L’ascension des gladiateurs à la place des penseurs illustre le piétinement intellectuel du Sénégal. Ce changement de paradigme est très grave pour l’avenir du pays. Quel avenir pour un pays où le rêve de tous les jeunes écoliers est aujourd’hui de devenir lutteur. Quel avenir pour un pays où le Premier Ministre est plus présent à l’arène que sur la question de l’énergie ou de l’éducation ? Avec des jeunes qui ne rêvent que de devenir lutteur, on doit se demander si notre système académique va être va mesure de produire dans quelques années des grands esprits comme Senghor, Wade , Cheikh Anta, Amadou Makhtar Mbow Boris Diop , Mamadou Diouf et Bachir Diagne ? Rien n’est moins sur. Wade est le produit d’un système scolaire qui lui permettait de  rêver et partager par la lecture «  les aventures de Guynemer ». Aujourd’hui les cours des écoles sont transformées en terrain d’entrainement pour les lutteurs. Un pays où Pape ndiaye Thiopet est plus connu que Cheikh Anta Diop, ou des gladiateurs qui n’ont pas le Bac sont devenus les références des écoliers et apportent un supplément de légitimité au Premier Ministre et même au Président de la république doit se poser des questions sur avenir. Un pays se construit avec des élites pas avec des gladiateurs dont la mission initiale chez les romains consistait à amuser la plèbe.  Dans le Sénégal de Wade, nous ne sommes plus dans le populisme mais c’est l’élite est devenue plébéienne. C’est pourquoi la république est allée à Canossa devant les gladiateurs qui font appel à l’émotion et aux tripes des citoyens alors la république se devait de faire appel à leur raison.

Ouattra à Dakar : relancer le moteur de l’intégration

Le moteur senegalo-ivoirien doit être à l’intégration régionale ce qu’est le moteur franco-allemand pour la construction européenne. Les rivalités entre Senghor et Houphouet Boigny sont en grande partie responsables de la balkanisation de l’Afrique de l’Ouest, il est temps que l’axe Dakar-Abidjan red-devienne le moteur de l’intégration. Le moteur franco-allemand a été un accélérateur de l’intégration européenne grâce à l’excellence des relations entre De Gaulle -Adenauer  et Mitterand-Helmut Kohl. C’est en cela que la visite de Ouattara qui réserve sa première sortie à l’étranger au Sénégal est un signe important parce que cela illustre les rapports particuliers qu’il entretient avec Wade et le Sénégal. La première sortie à l’étranger pour un chef d’Etat est toujours un symbole très fort surtout pour l’intégration sous regionale. Apres la subtile rivalité entre Senghor et Houphouet Boigny et l’animosité entre Wade et Gbagbo, une nouvelle page s’ouvre.

Redemption songs

Tous les 11 mai, pour rendre hommage à Bob Marley, je commence ma journée en écoutant rédemption Songs. Cette chanson est d’une profondeur incommensurable car il permet de mesurer le chemin qui nous reste à parcourir pour nous émanciper de notre « mental slavery ».  Nous sommes encore très loin de la « génération triomphante » parce nous n’avons pas encore à «  libérer nos esprits ». Heureusement que Bob Marley n’a pas vécu suffisamment longtemps pour voir ce qu’est devenu le « Zimbabwe », immortalisé par son fameux «  Africa gonna liberate Zimbabwe ». L’Afrique a libéré le Zimbabwe  de Ian Smith et Mugabe l’a replongé dans la servitude. Notre seul « prophète qu’ils n’ont pas réussi à tuer » et qui mérite les « songs of freedom » est Madiba, le seul qui s’est émancipé  de l’esclavage mental. Tellement émancipé qu’il le vit qu’il n’a pas besoin de le crier ou d’un monument pour se le rappeler.

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Le blog notes de Yoro Dia

Al Qaeda sans Ben Laden

Depuis le 11 septembre, nous vivons une époque fascinante. Nous avons eu la chance d’assister comme le dit Thomas Friedman « au premier conflit entre un Etat (l’Etat le plus puissant) et un homme (Oussama Ben Mouhamed ben Hawaz ben Laden) ». Autant l’entrée dans l’histoire de Ben Laden  a été un énorme coup d’éclat (l’écroulement de twins towers) en direct et en worlwide, autant sa sortie de scène ressemble à un mauvais film de série b (exécuté d’une balle dans la tête comme dans un film du far west). L’Amérique a lavé l’affront du 11 septembre qui était une sorte de balafre dans le visage de l’hyperpuissance. Al Qeada fonctionne de la même manière que Microsoft. A Microsoft ce n’est pas parce que Bill Gates n’est pas opérationnel ou meurt que Microsoft ne fonctionne pas. Ben Laden n’est plus opérationnel depuis 10 ans et pourtant Al Qeada fonctionne et ouvre même de nouvelles filiales (AQMI). Al Qaeda est devenu depuis le 11 septembre un logo, une franchise qu’utilisent des groupes terroristes pour légitimer leur combat. Tous les groupuscules qui ont la franchise Al Qeada ont leur propre agenda. Les deux meilleurs exemples sont AQMI et le Talibans. AQMI est né des cendres du GSPC qui après avoir été défait par l’armée algérienne s’est redéployé dans le Sahel et a dégénèré en organisant criminelle (trafic et enlèvement). C’est pour ne pas être considérés comme de vulgaires coupeurs de route et des bandits de grands chemins que le GSPC pris la franchise Al Qaeda pour devenir AQMI.  La notoriété de Al Qeada donne une légitimité et facilite le recrutement et surtout la motivation des combattants qui même s’ils ne sont pas de contact avec le Top management sont gonflés à bloc. Exactement comme à Microsoft. Ah il y a une différence, tout le monde rêve de travailler à Microsoft mais ne se sont pas prêts à mourir l’entreprise. Il n’y a que  Al Qaeda qui cet avantage absolu. Comme AQMI, les talibans ont toujours eu leur propre agenda : prendre  le pouvoir en Afghanistan. C’était leur objectif avant Al Qaeda, c’est leur objectif en s’alliant à Al Qaeda et ce sera leur objectif après Al Qeada. Les talibans sont tellement concentres sur cet objectif qu’on a jamais vu un afghan ou un taliban dans les opérations de Al Qeada à l’extérieur de l’Afghanistan. Pour les talibans la franchise Al Qeada n’est rien d’autre qu’une alliance stratégique mais pas inféodation ou allégeance. L’un des plus grands perdants dans la mort de Ben Laden sera d’ailleurs le Président Afghan. La présence américaine  dans ce pays se justifiait par la traque Ben Laden. Il est fort probable que les américains vont bientôt faire leur « package » et les talibans auront un boulevard pour revenir à Kaboul. L’Afghanistan redeviendra ainsi une zone d’obscurantisme et de barbarie. Ce qu’on appelle la communauté internationale s’en accommodera comme elle le faisait avant que s Talibans n’aient l’idée d’offrir l’hospitalité à l’encombrant Ben Laden qui venait juste d’être « chassé » du Soudan.

AL Zawahiri, l’intello pour remplacer l’icône mediatique

Al Qaeda n’est pas une organisation pyramidale. Le pouvoir va bientôt être les mains de celui qui a en fait a  le pouvoir depuis fort longtemps à savoir l’Egyptien Ayman al Zawahiri qui est l’éminence grise de Al Qaeda. Al Zawahiri est le théoricien qui a posé les fondements idéologiques et théologiques de la pensée dont Ben Laden n’était que l’illustre porte-parole. Ayman Al Zawahiri numéro 2 de Al Qaida, est chirurgien cairote et  descend d’une prestigieuse famille de professeurs d’université et d’imans d’Al Ahzar. Le successeur probable de Ben Laden est un intellectuel qui a fréquenté pendant très longtemps les frères musulmans avant d’aller être l’idéologue de moujahidines lors du combat contre les soviétiques. C’est ce redoutable penseur qui a donné logique et cohérence idéologiques  aux actions de Al Qaeda que la paresse intellectuelle s’était empressée de d’enfermer la notion fourre tout de terrorisme aveugle. Le livre de  Al Zawahiri Les cavaliers sous la bannière du prophète, qui est l’Islamisme ce que le livre  les questions du monde de vie de Léon Trotski sont au Trotkysme est  une grille d’analyse indispensable pour comprendre pourquoi de jeunes ingénieurs comme Mohamed Atta et un étudiant nigérian sont prêts à donner leur vie pour « la cause » .Dans ce livre Al Zawahiri explique pourquoi il faut d’abord attaquer  « l’ennemi lointain » l’Amérique qui protège « l’ennemi proche » à savoir les Etats dynastiques du monde musulman que Zawahiri qualifié d’impies et légitimisme par ce biais le jihad contre eux particulièrement la monarchie saoudienne qui selon le Dr Zawahiri « dissimule son adoration du dollar par une ostentation religieuse » . Zawahiri  théorise qu’à «  qu’à l’apparition de l’Islam il y avait dans la région les deux grands empires, perse et Byzance qui seront rapidement anéantis par les armées musulmanes qui vont seront à l’origine de l’apogée de l’Islam ». Par une sorte de projection et de transposition très freudienne l’éminence grise  de Al Qaeda  pense « qu’après avoir battu l’empire Soviétique en Afghanistan (il oublie de dire que les moudjahiddines n’auraient pas pu le faire sans les armes de la CIA et l’encadrement du Pakistan qui était le fidèle exécutant de Washington) , ils peuvent et doivent détruire l’autre empire, américain cette fois ci pour faire comme leurs « pieux ancêtres » d’où les attaques contre les Etats Unis.  Ainsi pense le successeur de Ben Laden. Sa thèse connait déjà un certain nombre de failles dont la plus grande est sans doute la révolution du Jasmin. Les jeunes du monde arabe se sont rebellés contre les Etats dynastiques et corrompus non pas sous la bannière islamiste mais sous celle de la liberté et de la démocratie. Cette révolution du Jasmin a été  la première mort de Ben Laden et de ses idées. Les américains n’ont fait qu’exécuter un zombi idéologique pour laver l’affront le plus grave de leur histoire. Même s’ils ont immergé son corps pour éviter un lieu de recueillement des militants de Al Qaeda, le fantôme de Ben Laden hantera encore longtemps l’Amérique. Immerger son corps,  refuser de publier la photo de son cadavre n’y feront rien. Le propre des fantômes est par essence de ne pas être visible. Apres avoir été l’icône du Jihadisme Ben Laden entame une nouvelle carrière : celle du fantôme qui va hanter le sommeil de l’Amérique.

Wade et le nucléaire

Interrogé sur sa succession, De Gaulle disait ne pas craindre le vide mais le trop plein. Wade peut à prés dire la même chose. Dans l’après Wade nous aurons le trop plein mais aussi un grand vide en même temps. Wade  va nous manquer. Nous n’aurons plus ce Président unique et spécial qui annonce une centrale nucléaire à Oussouye et se saisit du désastre du Fukushima pour annoncer  qu’il renonce au nucléaire avant d’y entrer. Si Wade n’existait pas que la vie politique sénégalaise serait fort ennuyeuse.

diayero@gmail.com

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Le blog notes de Yoro Dia

De Sare Yoro Oussou à Sare Kanta

Mon incroyable anniversaire. Vous connaissez surement cette émission qui passe sur MTV où l’on relate les anniversaires les plus incroyables aux Etats Unis avec un étalage insolent de luxe avec bolides et hôtels cinq étoiles. Moi aussi j’ai eu droit à mon incroyable anniversaire à Sare Yoro Oussou  dans le Fouloudou profond. Incroyable comme ce plaisir intense  qu’on ressent quand on se réveille au chant du coq. Ce plaisir que  peu de Dakarois connaissent. Cette alternance mélodieuse  et harmonieuse  entre le chant du coq, les coups de pilon des dames qui pilent le mil, le chant des oiseaux qui souhaitent la bienvenue au nouveau jour est un « art de combiner les sons d’une manière très agreable ».  Les autres notes comme le chant du coq et celle des oiseaux, l’appel à la prière sont intermittentes alors que les coups de pilon sont  constants et constituent le fond musical de cette mélodie de l’aurore. Braves dames du monde rurales qui n’ont pas le temps de discuter si elles doivent porter le nom de leurs maris. C’est un débat de dakaroises et surtout d’une Ministre d’Etat qui cherche à se donner un rôle. En voyant les femmes du Fouladou de Sare Yoro Oussou à Sare Kante, on se rend compte comment le débat lancé par Awa Gueye Kebé est véniel par rapport à l’essentiel. Dans le Fouladou les femmes continuent encore à pilier le mil, à aller chercher de l’eau au puits, à cuisiner avec du bois et surtout à lever aux aurores pour piler le mil pour la bouillie familiale. La ruralité est un mélange de générosité et de simplicité qu’on a perdu depuis fort longtemps dans les villes. Moi le « peul perdu » parce que n’ayant pas de bœuf j’ai failli me retrouver avec un cheptel après quelques jours au Fouladou. Chaque village se fait un point d’honneur de vous offrir quelque chose après les interminables salutations. Un séjour de temps en temps  dans le monde rural est fort utile car il permet de relativiser beaucoup de choses et de comprendre pourquoi on ‘est gouverné par des ruraux ( Senghor, Diouf Wade, Niasse Tanor, Idy, Djibo). Je l’ai compris en prenant en stop un jeune qui va à l’école à Mampatim et qui habite Sare Kanta. Ce garçon qui fait plus de 10 km pour aller à l’école est forcement aussi motivé que Niasse le kaw kaw de Keur Madiabel ou Djibo Ka celui de Thiargny. Au delà de l’hospitalité de la générosité, ce qui m’a le plus marqué dans le Fouladou profond c’est la présence de l’école de la république même à Sare Kanta à quelques encablures de la Guinnée Bissau. Même si on y « capte » plus facilement la radio bissau guinnéenne, on y va à l’école sénégalaise. Les instituteurs  qui apportent la voix et montre la voie de la République sont les meilleures sentinelles à de la république. Elles le sont plus que les jeunes soldats du check point de Mampatim. Quand j’observe l’école de Sare Kanta ou celle de Sare Youssou je ne peux m’empêcher de penser à Jules Ferry et le rôle de l’école publique dans l’avènement de la France moderne. Le Sénégal moderne se fera par l’école publique. L’école publique plus que l’armée est le meilleur rempart de la république.

De Farafegni à Manda Douanes

Eureka. J’ai trouvé. C’est à Mandat Douanes, et carrefour entre  la Guinée, Vélingara et Tamba et qui mène vers la cite religieuse de Medina Gounasss, à la table d’un Tangana et avec un bon tapa lapa  j’ai compris la banalité et la complexité du  problème gambien. Il est complexe parce qu’il est purement subjectif. L’ouverture et le l’ambiance amicale qui vous accueille à Mandat Douanes tranche avec l’agressivité et les visages fermés de Farafegni.  Les Gambiens sont toujours sur la défensive comme toute personne ou toute nation qui développe un complexe d’infériorité.  Ce sentiment se lit sur le visage du policier de Farafegni, qui vous reproche de n’avoir pas marqué le stop même s’il n’y a de panneau et qui vous rappelle immédiatement que vous êtes en Gambie et c’est la loi Gambienne qui s’applique comme si c’était pas une évidence, il est dans cet agent du service d’immigration ou des douanes  assis au fond d’une échoppe qui demande aux chauffeurs de venir le trouver pour présenter les papiers du véhicules. Ce sentiment laisse une trace indélébile avec le nombre de cachets et des tampons ( plus de cinq) qu’il faut avoir pour traverser moins de 50 km. C’est surement un record mondial alors que paradoxalement la Gambie est la zone CEDDEAO où la liberté de circulation est théoriquement un droit. A Mandat Douanes ce droit est une réalité. Il est tellement réel que les taxis guinéens ( les  7 places peints en vert et jaune) transformés en 10 places) sans compter la possibilité de prendre des personnes extrêmement pressées sur le porte bagages au dessus. Le contournement de la Gambie est entrain de faire renaitre le Saloum profond, le Bambouk et surtout la ville de Tamba qui retrouve sa position de zone tampon entre la le Centre et la Casamance qui s’annonce des le pont de Gouloumbou. Le fameux pont qui était une sorte  de « Djegui sirat » pour les chauffeurs de camion et qui est devenu un pont grand et moderne. Parait il on avait son brevet de chauffeur hors pair si on avait traversé le vieux pont de Gouloumbou. Mais aujourd’hui le pont est tellement bien fait qu’un débutant dans une auto école peut facilement le traverser et  quitter le département de Tamba pour celui de Velingara. Ce pont sépare deux départements, deux régions mais aussi deux zones climatiques car des qu’on traverse le pont on entre dans  la verte et fascinante Casamance qui étale toute sa splendeur et sa diversité de Goloumbou à Karabane. A Gouloumbou, et à Diaromé dans le Sedhiou, il est intéressant de constater que le pouvoir Sopi a laissé malicieusement les anciens ponts à coté des nouveaux probablement pour montrer la différence d’ambition entre l’ancien régime  et celui de Wade. En tout cas les deux ponts de Gouloumbou se passent de commentaires. Le pont de Gouloumbou et la route Tamba Ziguinchor sont des éléments déterminants qui encouragent le contournement de la Gambie qui est une excellente chose car ressuscitant l’économie locale des villes comme Koupentoum, Birkilane et Tamba qui subissent de plein fouet la crise de l’arachide et celle du chemin de fer. Plutôt Koussanar et Koungheul ressuscités grâce au contournement que Soma et Farafegni qui survivent grâce à la traversée de la Gambie.

Né un 04 aout

Le débat relancé par Donald Trump sur le lieu de naissance de Obama révèle un détail très important. Barack Obama est né à Hawaii, tout le monde le savait. Il est donc américain. C’est une évidence. Etant né sur le territoire américain contrairement à Swarzy le governator, il peut constitutionnellement être le Président des Etats Unis, il l’est déjà. Ce qui est intéressant le débat a obligé Obama à publier son bulletin de naissance et on y apprend qu’il est né un 04 aout. C’était déjà un signe prémonitoire comme la poignée de main entre l’étudiant Clinton et le Président Kennedy. C’est dans la nuit du 04 aout 1789 que la France révolutionnaire a voté l’abolition  des privilèges et des droits féodaux. Le 04 aout est le symbole par excellence de l’égalité des droits et surtout des chances parce que jetant dans les poubelles de l’histoire le privilège du hasard de la naissance. Que le Premier Président noir des Etats Unis soit né un 04 aout. C’est tout un symbole.

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Le bloc-notes de Yoro Dia

Ouattara entre Mandela et Lincoln

Que va faire Ouattara du pouvoir après tant de morts, tant de destructions, tant de rancœur ? Depuis la mort de Felix Houphouet Boigny la question Outtara est la question essentielle en Cote d’ivoire. De la querelle de succession à la mort Houphouet Boigny à la récente chute de Gbagbo en passant par l’ivoirité, la guerre civile, le coup d’Etat de Guei, Maracousis, la question Outtara est le dénominateur commun de ces événements. La victoire finale  de Ouattara apres un combat qui a été à la fois politique et militaire illustre le bon mot de Lord Chesterfield qui enseigne que « la détermination est le facteur le plus important de la réussite ». La victoire de Ouattara a été celle d’un détermination sans faille. Son accès au pouvoir est jalonée de cadavres et de destructions. Il arrive à la tête d’un pays qui n’a jamais été aussi divisé. Il y a quelques semaines, je comparais la guerre en Cote d’Ivoire à la guerre de sécession des Etats Unis en disant que Ouattara devrait s’efforcer d’être à la hauteur de Abraham Lincoln qui après la bataille de Gettysburg( une des batailles les plus sanglantes de la guerre de sécession entre le Nord et le Sud) s’était engagé à tout faire pour que les cadavres qui gisaient en face de lui ne soient pas morts en vain parce que leur sacrifice permettrait de bâtir une Amérique plus forte et plus unie. Lincoln a tenu parole parce que la guerre de sécession a cimenté l’Union.  Ouattara est aujourd’hui dans la même posture historique que Lincoln. Que va-t-il faire du pouvoir après tant de morts, de massacres et de destruction ? S’il parvient à rebattir une code d’Ivoire plus forte parce que unie, une nation ouverte  expurgée des démons de l’Ivorité et surtout s’il est capable comme Mandela de  de s’appuyer sur la  force morale du pardon, les morts de Douekoué de Youpougon et d’Abidjan ne sont pas morts en vain à l’instar des soldats américains tombées à Gettysburg. Lincoln leur avait dit qu’une maison divisée ne pouvait tenir debout.  Ouattara devrait unir la maison Cote d’Ivoire que le Général Guei s’était engagé à « balayer » après son putsch vertueux de Noel. « Le baleyeur baleyé » chantera Ticken Jah facoly après la chute de Guei « qui se croyait plus malin que tout le monde et qui a trouvé plus malin que lui » en la personne de Gbagbo le « boulanger » qui l’a enfariné. Apres Guei le  balayeur balayé, et Gbagbo le boulanger, la Cote d’ivoire a besoin d’un homme qui a la sagesse de Mandela et le sens de l’histoire de Lincoln. Les travaux d’Hercule commencent pour Outtara. Il a réussi le premier des douze travaux c’est-à-dire capturer Gbagbo vivant. S’il était mort en martyr de l’ivoirité, la réconciliation serait impossible. Maintenant la réconciliation nationale est de l’ordre du possible mais tout depend des qualités d’homme d’Etat de Ouattara et son sens de l’histoire.

Union Africaine

Apres son évanescence dans la crise ivoirienne, l’union africaine fait bouger ses cils et ses sourcils en Lybie pour montrer qu’elle est encore vivante. La nature ayant horreur du vide, la France s’est substituée à la CEDDAO et l’Union Africaine dans le règlement de la crise ivoirienne. Ce retour en force de la France, une « puissance africaine » sonne le glas du programme RECAMP  (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) lancé dans les années 90 pour permettre aux  pays africains de gérer eux-mêmes leurs crises. Ne nous cachons derrière notre petit doigt, ne nous enfonçons pas la tete dans le sable pour ne pas voir la réalité. La France n’a pas arrêté Gbagbo mais elle a fait sauter la porte du bunker de sa résidence. Evidemment elle n’a pas permis aux forces de Ouattara  de gagner la bataille d’Abidjan, elle a simplement détruit à à coup de missiles les armes lourdes de Gbagbo. La réalité est d’une clarté brutale. C’est la France qui a réglé le cas Gbagbo et c’est une excellente chose. Tout le reste n’est que de la sémantique et jeu de mots.  Force est restée à la démocratie et c’est l’essentiel. C’est un tournant pour la démocratie en Afrique comme le fut la conference nationale du Benin. Muagbé a organisé un élection mais étant convaincu de la perdre au second tour a par la violence empêché que le processus aille jusqu’au bout et a contraint l’opposition à un partage du pouvoir. Au Kenya ce fut le même mode opératoire qui a été employé contre Raila Odinga et qui a abouti à un « power sharing » avec le Président sortant. La chute de Gbagbo met un terme à cette dangereuse tendance qui voulait que Force reste à la forfaiture. Avec la chute de Laurent Gbagbo Force est restée à la démocratie. Et une nouvelle page s’ouvre pour la démocratie en Afrique

Democratie Post alterance

Dans la rubrique démocratie post-alternance ou comment aller de l’Etat légal à l’Etat de Droit, il faut signaler  et dénoncer le blocage du cortege de l’ancien Premier Ministre à l’entrée de Kaolack. Dans la démocratie post alternance le Sénégal fera  de « grands bons en avant » quand on comprendra que l’attaque des convois d’opposants  relève de la paleo-démocratie et n’est pas digne de notre démocratie post-alternance. Avant l’alternance, dans la paleo-democartie, Wade a subi trop de guet-apens ( Maka Koulibantang) et d’attaques ( Rufisque en 2000) pour qu’on laisse de telles pratiques qui relèvent d’une autre ère propsperer. C’est dans la paleo-democratie qu’on a des calots bleus et des nervis alors que dans la démocratie post-alternance ils ne devraient pas avoir droit de cité. Dans la démocratie post alternance, force doit rester à la loi. C’est pourquoi on ne devrait pas y utiliser la police comme bras politique pour bloquer le cortège d’un adversaire.

Fou Malade, combien de divisions ?

La présidentielle de 2012 est une équation à plusieurs inconnus. L’heureux elu sera celui qui trouvera un discours pour parler aux 2/3 des électeurs qui ont moins de 30 ans et qui sont plus connectes hip hop que Senghor ou Marx. Je donne un conseil gratuit aux candidats : commencer par écouter Fou Malade. Il a des textes engagés, sublimes mais très instructifs. « Chez nous ca va mal te kou falou ngo la fal   xana boukougnou senegal. …. Niounla ak Yene». Quand on voit Fou Malade avec les gosses de Yen a marre, on comprend maintenant l’appel à l’inscription  des jeunes sur les listes électorales et le Dass Fananale qui se prépare contre « bour ak domou bour bi gnou niapé ni bouro thi four ». Fou Malade vaut à lui seul  de bataillons de politologues ?

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La France, une puissance africaine

La France, une puissance africaine

Les Blancs s’en vont.  C’est le titre du livre qui retrace les mémoires de Pierre Mesmer, le dernier gouverneur général de l’AOF. Avec l’intervention décisive de la France de la crise ivoirienne devant une union africaine évanescente, les « Blancs sont de retour ». Mais en réalité ils ne sont jamais partis.  Les interventions se faisaient dans les années 60 70 parce que la France estimait avoir un droit naturel et historique de regard et d’intervention  dans le pre-carré. C’est une doctrine de Foccart qui était l’Afrique ce que la doctrine de Monroe a été l’Amérique Latine. Aujourd’hui les interventions se font sous le couvert des Nations Unies et non plus par un droit regard naturel parce que le pre-carré est une chasse gardée. De Foccart jusqu’au parapluie de l’ONU, c’est la même constante : la France est une puissance africaine et l’ONU le reconnait très bien. Seules les interventions militaires en Afrique confère encore à la France les  attributs de grande puissance car son savoir faire africain est son avantage comparatif. Et l’ONU ne s’y trompe pas. La crise en Cote d’ivoire illustre à merveille que l’Union africaine n’est qu’un machin sans grande utilité. La France est et restera pendant longtemps encore longtemps une puissance africaine parce que c’est dans l’intérêt de France et surtout du refus du sevrage par ses « grands enfants africains » qui refusent d’arrêter de téter bien que âgés de 50 ans. Cette ambivalence des relations franco-africaines se vit tous les jours dans les ambassades de France dans les ex colonies. Quand la France refuse l’ingérence on crie au scandale : mais que fait la France ? Quand elle intervient on dénonce l’ingérence. Le Sénégal est un bon exemple. L’ambassade de France est devenue le mur des lamentations de l’opposition qui oublie Mesmer est parti depuis 60 et le pouvoir est convaincu que rien, y compris le projet monarchique ne peut se faire sans l’aval de Paris. La relation ambiguë avec la France existe aussi en Cote d’Ivoire. Gbagbo a demandé l’intervention de la France en 2002 avant de dénoncer l’ingérence. Ingérence ou pas c’est un débat mais l’intervention rapide de la France été utile parce qu’ après avoir repris la RTI, les partisans de Gbagbo étaient entrain de la transformer en radio milles collines en voulant transformer une lutte pour le pouvoir en un conflit identitaire en un conflit entre un nord musulman et un sud chrétien. Mieux si le Gbagbo avait réussi, ce serait la fin du cycle démocratique ouvert avec la conférence nationale du Benin. Force est restée à la démocratie. Un autre cycle s’ouvre.

Guerre de sécession

« Une maison divisée ne peut pas tenir » disait Lincoln lors de la guerre de sécession.  Il a fallu une guerre pour  réunifier le Nord et le Sud. La guerre de sécession a permis de régler la question la question de l’unité et l’intégration aux Etats Unis. Les américains ont payé leur union au prix fort par « l’épée et le canon » mais ils ne regrettent pas ce sacrifice à l’autel de nation. La maison Cote d’Ivoire très divisée et partagée entre plusieurs allégeances privées (ethnie, région, religion) vient de payer un lourd tribut pour son intégration et son unité. Ouattara a gagné la guerre de sécession. Est-ce qu’il sera à la hauteur de Lincoln pour reconstruire et surtout unir le pays ? Rien n’est moins sur. L’histoire montre que gagner la paix est souvent plus difficile que de gagner la paix.

Haiti : Apres le prêtre le chanteur

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BiG UP “Yen a marre”

Les humanitaires : ces nouveaux missionnaires

Quand on voit le philosophe Bernard Henri Levy se pavaner dans les plateaux de télévision réclamer la paternité  de l’intervention militaire en Libye, on ne peut s’empêcher de penser que malgré toute la littérature sur le droit international, les grands principes universels sur les droits de l’homme, que l’humanité a si peu progressé depuis la colonisation. Derrière la beauté et le caractère universel des textes qui mettent en avant des principes nobles, les relations internationales sont toujours régies par les rapports de force pour ne pas dire loi du plus fort.  Même s’il ya une différence de plusieurs siècles, la logique humanitaire est presque exactement la même que la logique coloniale. La colonisation avait une logique implacable. Les explorateurs et les  missionnaires venaient d’abord  sur le terrain, s’installaient avant   « de lancer un  appel à l’empire ou la métropole » comme dit Ghassan Salamé pour sauver les barbares ou leur apporter la lumière de la religion.  Aujourd’hui plusieurs siècles après, c’est exactement la même logique pour ne pas dire la même stratégie. D’abord, il y a les humanitaires qui viennent sur le terrain, se font filmer avant « de lancer un appel » pour une intervention pour « mettre un terme à la violation massive des droits de l’homme ». C’est exactement ce qu’a fait Bernard Henri Levy. Il va en Libye, se fait filmer avant de faire le tour des plateaux de télé et d’en appeler au devoir d’ingérence en Libye comme le faisaient Rene Maran, Savorgna de Brazza ou Mungo Park. Les explorateurs invoquaient le devoir et le « fardeau de l’homme blanc » qui devait apporter la lumière de la civilisation aux indigènes. Bernard Henry Levy invoque  aussi le devoir de l’occident à protéger les principes universels contre les « indigènes ».

Le 04 Avril et le 19 mars

Le Président Wade a  fait un pari très risqué. S’il ne remporte pas le Présidentielle de 2012, il regrettera en tant que chef de l’armée de n’avoir pas organisé le défilé du 04 avril 2011. Wade aura ainsi inauguré son règne par une prise d’armes ( 04 avril 2000) et l’aura clôturé par une prise d’armes ( 04 avril 2011). C’est un pléonasme que de rappeler que Wade est un homme indéchiffrable.  Le 19 mars est une variable parce qu’il est relatif alors que le 04 avril est une constante pour le Sénégal. Il appartient au Sénégal pas au Président de la République. Célébrer le 04 avril est une obligation pas une option comme le 19 mars. Donc célébrer le 04 avril ne doit pas relever du bon vouloir ou du pouvoir at natum du Président en exercice. Ce n’est pas du tout convenable de dépenser des milliards dans un FESMAN et d’invoquer des problèmes budgétaires pour ne pas célébrer le 04 avril. La fête de l’indépendance est le dogme le plus sacrée de la religion républicaine. Le 04 avril est à la république ce que la profession de foi est à la religion mais avec Wade, à part Wade rien n’est sacré.

BIG UP Y en a marre

Ils sont veinards et peinards les kids de Y en a marre. Ils peuvent dormir tranquillement. Ils ont un agent marketing hyper efficace qui va leur a déjà donné une notoriété spontanée et va leur donner une envergure internationale. Cet agent marketing  de Y en a marre est l’Etat du Sénégal et ses maladresses. En persécutant le groupe de Rap, l’Etat leur fait de la pub.  Ce que les kids n’ont pas eu dans le mouvement HIP HOP ( la notoriété), l’Etat du Sénégal la leur offre sur un plateau d’argent. Le génie de ces gosses est leur capacité à trouver des mots et des thèmes mobilisateurs pour les 2/3  des électeurs du Sénégal qui il faut le rappeler ont moins de 30 ans. Il en est ainsi du « Dass Fananal » qui résume ainsi toute l’angoisse et la frustration de la jeunesse. Dass Fananal est aussi clair que le SOPI qui pendant des années 90 incarnait le ras le bol contre les socialistes. DAS Fananal est plus expressif pour les jeunes que les réquisitoire des assises et les complaintes de l’opposition. Dass Fananal ? Le pouvoir du SOPI devrait se demander quel couteau Y en a marre est entrain de faire du Das Fananal et à quel but ? Si le couteau  de Y en a marre est la carte d’électeur comme je le suppose, les kids de Kaolack devraient demander aux jeunes de s’inscrire sur les listes. Un Das Fannanal de 10 mois. Aie ça va saigner. Electoralement bien sur.

Le Sénégal, qualifié à la Coupe du Monde …… de la Boulangerie

Apres notre compatriote Djibril Bodian, le roi de la baguette parisienne ( laureat du grand prix de la baguette de la ville de Paris) et Rougui Dia  la perle peule de Petrossian » qui règne au 18 rue de la tour Maubourg, le bon gout sénégalais en matiere de gastronomie vient encore d’être couronnée avec la qualification du Sénégal à la coupe du monde la Boulangerie. Qualification remportée haut la baguette, pardon haut la main  au Maroc devant le Maroc, l’Algérie et la Turquie. Notre ami Amadou Gaye, patron de la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal est tres fier de son équipe composée Serigne Sene ( Viennoiseries), Moussa Diatta ( Pièces artistiques) et Demba Dieme ( Pain). Nos représentants ont d’autant plus de mérite que c’est la première fois qu’un pays d’Afrique noire arrive à ce stade la compétition. La gastronomie ( Guy Savoy, Joel Robuchon) le bon pain ( chez Paul) et le bon vin contribue beaucoup à la notoriété de la destination France. Pour un pays comme le Sénégal qui veut se positionner dans la tourisme haut de gamme, se qualifier à la coupe du monde de la boulangerie est un événement gastronomique mais surtout touristique. Au delà de la Fédération des boulangers et des meuniers, cette prochaine coupe du monde doit aussi être un événement du ministère du Tourisme. S’il ya des touristes qui viennent à Paris uniquement pour le beaujolais nouveau ou pour la caviar de Petrossian, pourquoi ils ne viendraient pas pour pain et notre gastronomie. Nous avons déjà d’excellents ambassadeurs du bon gout avec Djibril  Bodian, Rougui Dia et les 3 mousquetaires de la boulangerie qui viennent de porter les couleurs nationales au sommet du bon gout. Ces ambassadeurs sont plus efficaces que plusieurs bureaux de tourisme.

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SOS OPPOSITION

SOS OPPOSITION

Si l’alternance est la respiration naturelle de la démocratie, l’opposition en est un des poumons. La démocratie respire difficilement au Sénégal parce l’un de ses poumons (opposition) ne fonctionne pas.  Si les jeunes rappeurs de Y EN MARRE ou Sidi Lamine Niasse mobilisent plus que Niasse et Tanor, il est temps de convoquer les assises de l’opposition. La seule leçon qu’il faut tirer du phénomène Y en a marre, c’est que l’opposition est loin d’être à la hauteur. La nature ayant horreur du vide, Y en a marre a initié une nouvelle logique de l’action collective et les jeunes ont massivement répondu. C’est qui révèle plus une crise du politique qu’une crise de la politique ( les sénégalais s’intéressent encore la vie de leur nation) et les jeunes  rappeurs ont su apporter des réponses aux questions qu’ils se posent. Ce qui n’a jamais été le cas de l’opposition qui ne montre sa compétence que lorsqu’il s’agit du fichier. Y en marre montre l’émergence d’une nouvelle logique de l’action collective et ces jeunes sont  très utiles à la démocratie. Au delà de leur plainte contre l’Etat, ils devraient demander aux jeunes d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Y en a marre va faire très mal parce les 2/3 des électeurs au Sénégal ont moins de 30 ans et ont les mêmes codes et le même langage que Y en a marre. En Sciences Politiques, cela s’appelle la culture politique. On parle de culture politique quand il y a un événement tellement important qu’il marque tout une génération et crée des comportements politiques. Les événements de  1962 constituent une culture politique de même que mai 68 sans oublier  les émeutes de 88 et l’alternance de 2000. Les jeunes qui suivent Ya a marre ne sont ni 68 ni 88, c’est la génération  Internet, FM et HIP HOP). Sous Senghor, Mamadou Diop Decroix a fait six mois de prison ferme pour avoir traduit un article en wolof alors que les jeunes de Y a marre ont grandi l’ouverture totale avec les wakh salat. C’est cette différence de culture politique qui fait que Y a marre et Fou Malade jouissent de plus qualité d’écoute que Tanor et Niasse.  Le futur Président du Sénégal est ce candidat qui trouvera les mots qu’il faut pour s’adresser aux 2/3 des électeurs qui sont de la même culture politique que Y en marre. Et c’est tout un programme. Un conseil gratuit. Pour ces jeunes Senghor est une figure littéraire et Wade est le grand père (d’ailleurs Maxi Crazy l’appelle Père Laye dans Namena Galsen). Donc 2012 c’est plutôt Fou Malade que Senghor.

Démocratie post alternance

Les marche de pro Wade pour célébrer le 19 mars comme « la date plus importante de notre histoire, celle de l’opposition pour dénoncer les conséquences du 19 mars considérée comme une « catastrophe nationale » et le rassemblement de  Y en marre prouvent que le Sénégal est une grande  démocratie. Une très grande démocratie dont l’irresponsabilité illimitée de quelques hommes politiques est le talon d’Achille. Les déclarations très légères du Ministre de la justice sur la tentative de coup d’Etat qui relèvent de la phase infantile d’une démocratie ne sont pas dignes de notre vielle démocratie. C’est inquiétant. Autant d’irresponsabilité à ce niveau de responsabilité. Il en est de même du comportement ubuesque de Bathelemy Dias qui se croit au Far West. L’Etat qui doit « avoir le monopole de la violence légitime » doit faire preuve de plus de fermeté et surtout de responsabilité.  La démocratie est une affaire d’agora pas une « bataille à Ok Corral ». C’est un précédent dangereux. Si Barthelemy Dias se pavane dans le pays avec un pistolet au vu et au su de tout le monde. Qu’est qui va empêcher aux autres jeunes des autres partis de s’armer. La démocratie est une affaire de gentleman pas une voyoucratie. C’est pourquoi les attaques contre les cortèges de Macky Sall sont aussi inacceptables. Le Sénégal n’est pas l’Afghanistan, ni la Somalie au point que les hommes politiques sortent armés et que des cortèges soient attaqués. La république est une affaire d’élite et la démocratie celle de gentlemen. Le Sénégal doit dépasser la démocratie des matamores et celle des complots imaginaires. Il est temps de passer à la démocratie post alternance.

Le dernier bédouin

La bataille de Tripoli est pour la révolution du jasmin ce que fut la bataille de Gettysburg pour la guerre de sécession aux Etats Unis. De cette bataille dépend la survie de la révolution. Si Kadhafi l’emporte, la logique bédouine ( la régulation par le violence) va l’emporter  sur la logique démocratique ( le règne de l’opinion) qui a fait tomber Moubarak et Ben Ali. Si Khaddafi sort vainqueur de cette guerre, Bachar El Hassad ne va pas hésiter à perpétrer le massacre de Hama ( en février  1982, pour mater une rébellion, Hafez El Assad, le père de l’actuel Président n’avait pas hésité à faire bombarder la ville de Hama pendant 27 jours faisant ainsi plus 40 000 morts). Ce qui fera dire à R. Wright dans son livre  Dreams and Shadows : The future of the Middle East que  « Hama est l’acte le plus meurtrier perpétré par un gouvernement arabe contre son peuple ». Saddam Hussein aussi n’avait pas hésité à utiliser son aviation pour gazer les kurdes irakiens lors de l’opération Anfal.  Kaddafi n’est donc pas le premier chef d’Etat arabe à utiliser des avions et des bombes contre son peuple. Contrairement à son père si Bachar El Assad hesite à user de la violence, c’est parce qu’il a compris qu’on assiste à un  « basculement du monde ». Le livre de Wright est plus que d’actualité. La victoire de  Kadhafi sera celle  du « Shadows » ( les ombres) c’est-à-dire la logique tribale et violente. Si Khaddafi tombe c’est le « Dreams », le rêve de l’éveil à la démocratie comme en Egypte ou en Tunisie. Ce sont ces deux logiques le « dreams » et les « Shadows » qui s’affrontent en Libye et le temps joue en faveur du « Shadows », et de khadafi. L’aube d’une odyssée rappelle beaucoup l’opération « Provide confort » lancé par les américains après la  première guerre du golfe.  Les américains avaient décrété une « no fly zone » en Irak » et poussé les chiites à la rébellion. Saddam avait comme Khaddafi aujourd’hui adopté la stratégie de l’usure du temps et avait sorti l’artillerie lourde contre les rebelles après le départ des américains. Khaddafi est dans la même logique.

Cléopâtre rejoint César

Clap de fin pour Liz Taylor. Depuis qu’elle a incarné Cléopâtre Liz Taylor appartient à l’histoire universelle du 7e art. La vie de Liz Taylor est plus trépident que beaucoup de films à succès d’Hollywood. Liz Taylor c’est l’immortalisation à l’écran de l’une des plus belles ’histoires d’amour : l’histoire de Cléopâtre  et Marc Antoine (Richard Burton, l’amour de la vie de Liz Taylor). C’est pourquoi dans cela fiction chevauche sur la réalité et cela se voit à l’écran. En bon gentleman, Burton avait continué à envoyer des fleurs à Liz même depuis sa tombe. Burton avant sa mort s’était attaché les services d’un fleuriste qui devait se charger une fois par an d’envoyer un bouquet à Liz Taylor. Fin de mission pour le fleuriste car Burton livrera désormais lui-même le bouquet Cléopâtre qui a rejoint Marc Antoine au paradis du cinéma. Si vous ne deviez garder qu’un seul film dans votre vie, gardez Cléopâtre. Tout est dans ce classique.

Yoro Dia

diayero@gmail.com

www.kys-group.com

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le 19 mars

19 mars : Rien de plus relatif

C’est dommage que le camp de l’alternance ait renoncé à célébrer le 19 mars. Quel beau spectacle démocratique d’avoir deux manifestations le 19 mars. Les pro-wade célébrant le 19 mars  comme étant la date la plus importante de l’histoire du Sénégal et les anti-Wade de manifester leur colère et amertume ce 19 mars qu’il considère comme le début d’une grande catastrophe.  C’est ca la démocratie. Tout y est relatif. Il n’y a que dans la religion où nous avons des réponses simples et définitives à des questions complexes. La démocratie gère des questions terrestres et humaines. Donc toutes les solutions et les événements y sont relatifs. C’est ce relativisme qui fait que le débat est  au cœur de démocratie et l’alternance sa respiration naturelle. L’Alternance n’est pas une révolution, elle tourne simplement une page politique. Les sénégalais étaient convaincus que Senghor était là par la volonté de la France et Diouf par la volonté de Senghor grâce à l’article 35  mais pour Wade ils sont convaincus et ils ont raison qu’il est là parce qu’ils l’ont voulu. Et naturellement ils sont plus exigeants envers lui. L’alternance marque aussi une autre transition entre la démocratie et la république car autant entre 1983 et 2000 les manifestations de rue parfois violentes étaient récurrentes aujourd ‘hui elles sont rares car les sénégalais ont compris le pouvoir de la carte d’électeur. La Démocratie s’exprime de façon directe comme dans la rue alors que la république ne se conçoit pas sans un système représentatif. Comme le système représentatif fonctionne normalement les sénégalais attendent les rendez vous électoraux pour s’exprimer sur le travail de leur représentants et donc ont tourné la page de cycle manifestations – interdictions -répressions et on se tromperait en prenant le calme citoyen comme de l’apathie. Bref le pouvoir n’est plus dans la rue mais  dans les urnes. S’il y a une révolution dans l’alternance c’est là qu’il faut la chercher. Que ceux qui veulent célébrer le 19 mars le fassent. Que ceux qui  le considèrent comme une « Nakba » ou la catastrophe  terme utilisé par le palestiniens pour designer la création d’Israel aient aussi le droit de manifester parce que comme le dit si bien Beaumarchais « Sans liberté de critique, il n y a point d’éloge flatteurs » L’éloge flatteur et la liberté de critique sont les deux pièces d’une monnaie qui s’appelle démocratie. L’une ne va pas sans l’autre.

Journées économiques du centre

En organisant les journées économiques du Centre  qui vont regrouper les 18 et 19 mars les régions de Kaolack, Fatick, Kaffrine et Diourbel, la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal montre la région en tant qu’entérite administrative n’est pas un espace économique pertinent. Les quatre régions du Centre recoupe le bassin arachidier c’est à  l’ancienne région du Sine Saloum et une partie du Baol. Les 2e journées économiques  qui ont pour thème « Le centre à la croisée des chemins : un destin à assumer »  confirme le consensus économique national qui se fonde sur l’idée qu’il est urgent de sortir de Dakar ( 0, 23% du territoire et qui concentre les 2/3 de l’économie. La macrocéphalie de Dakar a été d’abord historique ( la colonisation) économique ( concentration de toutes les industries dans la capitale) et est devenue géographique car il y a Dakar et le « désert » sénégalais. Apres les journées économiques du Nord ( Saint Louis, Louga, et Matam) les journées économiques du centre contribuent à la « déconstruction » de la macrocéphalie de Dakar. Dakar est plutôt la sortie du continent alors que le Centre est la porte du continent (carrefour pour aller vers le Mali et les deux Guinées). Dakar symbolise le Senegal extraverti qui regarde vers le large, vers l’océan alors que le Centre est un regard vers le continent. En Tanzanie pour repenser le modèle et la logique de l’économie coloniale, les autorités ont transféré la capitale de Daresalam sur la cote vers Dodoma à l’intérieur des terres. Si le Senegal suit cet exemple sage notre future capitale se trouvera forcement quelque part entre Kaolack, Diourbel et Kaffrine. Quand on voit les complémentarités économiques entre les régions du centre ( Fatick, Kaffrine, Diourbel et Kaolack), on ne peut s’empêcher de penser que le découpage du pays en régions était économiquement plus pertinent que le charcutage du pays en 14 régions. En lançant l’idée des pôles économiques qui transcendent les régions telles qu’elles existent aujourd’hui la CNES lance un débat national. Un débat fort intéressant parce que la décentralisation a été surtout une déconcentration au sein du pouvoir central et un recasement de l’inflation de la classe politique à la périphérie. « Il faut s’arrêter de temps, c’est la meilleure façon de prouver le mouvement » dit on. Ces journées économiques du centre sont l’occasion de s’arrêter pour se pencher entre autres sur la décentralisation et la place de la région centre qui doit « assumer son destin » en passant de carrefour naturel à carrefour économique.

Les deux visages de la Casamance

Alors que Pierre Goudiaby Atepa dédiait son sedar d’homme de l’année à la paix en Casamance Nkrumah Sane confirmait son statut de rentier de la guerre en avouant avoir accepté de l’argent de Wade pour calmer ses « maquisards ». Pierre Goudiaby et Mamadou Nkrumah Sané sont deux visages de la Casamance. La réussite de Goudiaby et la candidature de Robert Sagna à la Présidentielle sont les meilleures preuves  que la Casamance  sont les meilleurs réponses aux agitations de Nkrumah et aux thèses fallacieuses de Diamacoune.  Nkrumah, le rebelle très parisien qui reconnait se faire du beurre sur le dos et le sacrifice des jeunes du maquis devrait pousser ces derniers à réfléchir. Si Nkrumah est tellement convaincu par la justesse de sa cause, pourquoi il n’envoie pas ses enfants Sinthiane Belele, ou Diakaye ? Au contraire ses agitations courageusement médiatiques lui garantissent un statut de réfugié et une bonne planque pour ses enfants. Ce statut privilégié de rebelle sur les ondes et sur le web en se promenant sur les bords de la seine vaut bien le sacrifice de centaines de jeunes casamançais.

La fin du printemps du Jasmin

L’intervention des Saoudiens à Bahreïn et le recul des insurgés libyens face à Kaddafi marque peut être le début de la fin de la révolution du Jasmin. C’est « la raison d’Etat qui finit toujours par écraser la florette meme si elle a raison ». Pour Khaddafi c’est plus l’instinct de survie que la raison d’Etat. Qu’est qui attend Khadaffi s’il perd la guerre : la mort ou la cour Pénale Internationale. Face à ce dilemme, on comprend pourquoi il n’a pas hésité à lancer son avion contre son peuple. Les saoudiens quant à eux sont intervenus à Bahrein non pas par amour pour la monarchie de ce pays mais pour empêcher  que la tempête de sable de la révolution du Jasmin d’arriver dans le royaume des Al Saoud.

Pointe Sarene

Apres la flèche des almadies (l’avion de senghor)  et la pointe de Sangomar (Diouf et Wade) voila la pointe Sarene ( l’avion de Wade).  Senegal Airlines, a déjà Kaymor ( centre du pays) et le Gandiol ( Nord) avec une absence nord du Sud du pays. Les signes et les symboles sont très importants dans la vie d’une nation. C’est pourquoi le nouvel avion de commandement du Président de la république aurait s’appeler Carabane ou Djembering pour montrer que le chef de l’armée a dans sa tête et son cœur la belle Casamance.

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Google entre Amadou Hampathé Ba et Mandela

Le 08 mars : Entre nos traditions et les scories et la jahiliya arabe
C’est l’une de mes questions préférées. Je la pose chaque année aux étudiants pour leur démontrer l’étendue du désert plus immense que le Sahara qu’il y a entre nos traditions sénégalaises et des scories qui remontent à la jahiliya ( la période pre-islamique) qu’on a encore aujourd’hui sur le statut des femmes. Je dis bien Jahiliya parce que l’Islam a été une révolution dans la libération des femmes qui étaient considérées comme biens au même titre que les bœufs, les moutons et les chameaux. Ce qui fait qu’ont pouvait en hériter au même titre que les bovidés. Ce qui n’était pas le cas dans les sociétés sénégalaises. Venons en la question. Pour illustrer la place de la femme dans la société sénégalaise, je demande aux étudiants : qui connait le père de Cheikh Ahmadou Bamba. Peu de mains se lèvent. Qui connait la mère du Cheikh ? Tout le monde répond Mame Diarra Bousso. C’est anecdotique mais cela montre caractère fortement matrilinéaire de nos sociétés où il n’a jamais été question de reléguer les femmes au second plan ou des les enfermer dans une tente comme les talibans obscurantistes. Qui peut douter de la place centrale des femmes dans nos sociétés après avoir lu le chef d’œuvre de Cheikh Hamidou Kane L’aventure ambiguë avec la forte présence de la Grande Royale qui est au centre des décisions et qui fait plier le chef des Diallobes. Au Cayor presque tous des damels était affublés du nom de leur mère à l’exemple de Amary Ngoné ou Lat Soucabe Ngone Dieye, Birima Fatma thioub. Cette importante accordée à la mère est encore très présente dans la confrérie mouride surtout chez les noms des digniataires ( Serigne Cheikh Maty Leye, Serigne Mbacke Sokhna Lo par exemple) où la mère du fondateur est non seulement plus connue que son père mais elle a l’insigne honneur d’avoir son propre magal ( Prokhane). Reléguer les femmes au second plan relève de la jahiliya arabe ou des pratiques pachtounes puis talibanes et n’est ni un élément de notre culture ni de notre histoire. Le Walo a vu accéder à son trône plusieurs reines bien avant la reine Victoria ou Catherine II de Russie. Les féministes sénégalaises devraient plus s’appuyer sur le répertoire symbolique traditionnel local et sur l’Islam qui a été la plus grande révolution pour les femmes en mettant un terme à la jahiliya qui autorisait qu’on enterre vivants les bébés de sexe féminins. Khadija la mère des croyantes était une commerçante très prospère. On ne peut faire du commerce en étant enfermé 24h sur 24 dans une tente. Quand on se dit qu’il y a débat sur le fait les femmes ont le droit ou conduire ou non des voitures dans certains pays musulmans, cela montre l’étendue du désert de l’ignorance qu’il nous reste à traverser. Ni notre histoire, ni notre culture encore moins notre religion ne sont une entrave pour l’émancipation de la femme sénégalaise. Aissata Sall, Aminata Tall Amsatou Sow Sidibé, Penda Mbow en sont des exemples. Peut être l’une d’elles sera un jour notre Eillen Johnson Shirleaf mais pour se faire il faut que leur ambition dépasse la direction du mouvement des femmes, la section féminine ou une candidature symbolique à la Présidentielle.
Google entre Amadou Hampathé Ba et Mandela
Le patrimoine historique de l’humanité à portée d’un clic. C’est rien de moins que l’ambition de Google. Apres le Yad Vashem, le mémorial sur l’Holocauste, Google va numériser les archives de Mandela pour permettre au monde entier d’accéder aux écrits et pensées et film sur l’une des consciences de notre temps. « Les archives multimédias en ligne comprendront la correspondance de Mandela avec sa famille, ses camarades et ses amis, les journaux qu’il a rédigés en prison et les notes écrites lors des négociations qui ont abouti à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud » nous dit le communique de Google. C’est fort intéressant. C’est le grand Amadou Hampathe Ba qui doit se réjouir de sa tombe de cette initiative de Google. Dans ses enseignements le vieux sage de Bandiagara disait « En Afrique chaque fois qu’un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brule ». Ah la numérisation des archives va empêcher l’incendie des bibliothèques. Imaginez la numérisation des archives de l’Afrique occidentale française ou celle du Sénégal de l’indépendance à nos jours. Ce serait la meilleure façon de sauvegarder notre mémoire qui est peut être entrain d’être grignoté par des rats ou la moisissure du temps.
SOMB
Sur la route de Kaolack, si vous voulez éviter les cratères de la route Fatick-Kaolack, vous pouvez passer par Diakhao sortir par Gossas et aller tout droit vers Kaolack. En faisant cette déviation dans le Sine profond pour rallier le Saloum, vous allez tomber sur Somb. Ah la fameuse bataille de Somb. Nous avons tous appris depuis le Cours élémentaire que cette bataille a opposé Maba Diakhou au Bour Sine. A Somb quand on voit le mausolée de Maba, deux sentiments vous envahissent. Le premier est le rapport ambigu que le Sénégal entretient avec son histoire. Dans notre panthéon on donne plus d’importance à Louis Faidherbe qu’à Maba Diakhou, plus d’intérêt au débarquement de Toulon de 1944 qu’à Nder. Maba Diakou mérite plus qu’un mausolée. Il a beaucoup de mérite pour avoir quitté le Rip au cœur du Saloum pour apporter la lumière à nos cousins païens sérères du sine. Le mérite de Maba se voit au quotidien. Regardez autour de vous, si vous voyez un sérère tirer du chapelet, faire la prière ou lire le coran. Ils nous doivent beaucoup les sérères pour les avoir hissé à la lumière de la religion. Maba a payé de sa vie pour que les les Mahecor, Ngor et Djigane deviennent même des muezzins et même des imans.
Le FN en tête au premier tour
C’est connu. C’est une exception française. La France est le paradis des sondages. Il y a dans ce pays au moins un sondage par jour. Le sondage qui place Marinne le Pen, la candidate du FN en tête du premier tour a secoué le microsome politique français. C’est charmant la France. Autant de passions pour un sondage alors que les sondeurs se trompent si souvent. En 1994 pour tous les sondeurs, l’élu ne pouvait etre que Balladur parce que tous les sondages étaient formels. En 2002 aucune des maisons de sondages n’avait le Pen au second tour. Aujourd’hui quel crédit accorder à un sondage sur Internet qui annonce le FN en tête du premier tour. C’est tout le charme de la France. Ce pays joue à se faire peur avec le Front National ( débat incessant sur l’Islam, polémique nationale sur le voile, récurrence de la question de l’intégration même pour des français de la 2e génération, amalgame entre les minorités et la violence) et finit par avoir peur quand la psychose s’empare des foules qui se jettent dans les bars du Front. Apres tout la France est le pays de Descartes et les français ont entre la copie( Sarkozy qui utilise Le Pen comme épouvantail par électoralisme) et l’original ( Le Pen) choisi raisonnablement choisi l’original selon le sondage. Même si Le sondage n’étant qu’une photographie de l’opinion, ce dernier montre que le Front National devient de plus en plus un parti normal en France avec l’électoralisme effréné de Sarkozy.

Yoro Dia

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hara kiri devant le palais

VDN : La troisième voie de la liberte
Le lundi dernier vers 10 h alors que j’étais sur la VDN avec mon ami Mor Talla Kane de la CNES nous tombâmes sur une marche organisée par des étudiants de pour le retour de la paix en Casamance. Cette marche originale et bien encadrée qui se déroulait entre les deux voies de la VDN donna instinctivement une idée à Mor Talla Kane qui dit « ce serait bien de réserver cet espace aux marches et aux protestations, ce serait une sorte de mur des lamentations de la République ». Cette idée lancée par Mor Talla est fort intéressante. La VDN deviendrait pour la démocratie sénégalaise ce qu’est le parcours « Nation-République » pour la démocratie française. A Paris, presque toutes les manifs partent de Nation (une station de Metro) pour s’arrêter à République (une autre station de métro). Il y a beaucoup d’avantage à transformer l’entre deux voies de la VDN en « Nation-République » version sénégalaise. Le premier avantage est qu’il va être un espace dédié et le préfet pourra difficilement invoquer le motif de trouble à l’ordre public. Deuxièmement il sera beaucoup plus facile pour la Police d’encadrer une marche sur la VDN que celle qui passe par Sandaga ou Tilene. J’ai toujours été fasciné de voir les français venir à des marches de protestation en famille avec un père portant son garçon ou sa fille sur les épaules. Last but least transformer l’entre-deux voie de la VDN en troisième voie de la liberté permettra aux marcheurs de jouir d’une liberté que garantit la constitution sans pour autant empiéter sur celle des autres qui est de circuler librement parce que sur la VDN on aura pas besoin d’arrêter la circulation ou de barrer la route.
Vox : Les gladiateurs et l’esprit
C’est au moment le Burkina célèbre Ousmane Sembene que j’apprends dans le quotidien Walf la fermeture du cinéma VOX de Pikine qui va être transformé en projet immobilier. Avant Vox d’autres cinémas avaient été transformés en centre commercial ou même en église. Au delà des discours ce fait montre le peu d’intérêt que l’Etat accorde au 7e art. On nous répondra que la crise du cinéma est liée à l’avènement du DVD et de la démocratisation de la télé. Rien n’est plus faux. En France chaque mercredi sort au moins un nouveau film et les salles de cinémas continuent d’être très fréquentées surtout ceux du boulevard Saint Germain tous les mercredis. Pour tenir son rang, une ville moderne comme Dakar se doit d’avoir des salles de cinémas mais cela relève de la volonté politique et d’une ambition culturelle, les deux forces du Burkina et n font défaut au Sénégal. Le cinema Vox de Pikine a beaucoup contribué à ma culture et mon passion pour le 7e art. De Thiaroye sur mer on y allait à pied en passant par Guinaw rails pour voir des films à Vox ou à El Hilal où j’ai vu mon premier film. Un film hindou avec Aminatab Bachan chauffeur d’un taxi qui s’envole pour éviter les embouteillages. Au Cinema Vox, ce fut les classiques comme le dernier des mohicans avec Daniel D Lewis, les incorruptibles de Kevin Costner et surtout une longue queue jusque devant l’ecole 7 pour voir Terminator. Dans ce Senegal de jadis, pays de culture, le Cinéma était tellement développé que la radio diffusait tous les jours le communique au « Cinéma ce soir » avant le journal de 19h. Aujourd’hui à l’arène ce soir a remplacé au cinéma ce soir. Les gladiateurs ont remplacé les créateurs. Les muscles ont remplacé l’esprit. C’est pourquoi alors que le Burkina célèbre Sembene, chez nous Zoss et Gouye Gui occupe le haut du pavé

Hara kiri devant le Palais
C’est probablement chez les japonais qu’il ya le plus de littérature sur le suicide. En s’intéressant à la culture des samouraïs on se rend compte que le suicide relève aussi en grande partie du relativisme culturel. Chez les musulmans, le suicide est formellement interdit et Dieu promet ses foudres à tout croyant tenté de franchir le rubicond. Apparemment la parole de Dieu est dissuasive parce que c’est en terre d’Islam qu’on a le moins de suicide. S’il est banni en terre d’Islam, le suicide est valorisé par les samouraïs chez qui se faire hara kiri est le recours suprême « laver un échec personnel » ou pour « racheter son honneur ». Ce qui fait du suicide chez le Samouraï non pas un acte de lâcheté mais l’incarnation de courage suprême et du sens de l’honneur. Dans cette culture à la guerrière et raffinée, il ya une douzaine de forme de suicide qui va du suicide pour « éviter la honte » à celui qui consiste pour le guerrier à suivre son seigneur dans la mort en passant par le suicide d’honneur largement pratiqué les soldats japonais lors de la seconde guerre mondiale pour arrêter la grande armada de l’amiral Nimitz dans le pacifique afin d’éviter l’invasion de la terre sacrée de la patrie. Même s’ils sont de culture et de langue différente , les femmes de Nder qui se sont immolées le feu pour éviter le déshonneur partagent le même code d’honneur que les samouraïs tout comme le griot qui préférait mourir à la bataille à cote de son « Geer » plutôt que de rentrer vivant sans lui comme le samouraï qui suit le seigneur dans la mort. Les samouraïs préféraient s’ouvrir l’abdomen avec le sabre qu’il jugeait plus honorable que le feu. L’immolation par le feu a été redécouverte au 20 e siècle lors de la guerre du Viet Nam quand un moine bouddhiste s’est immolé par le feu à Saigon en juin 1963 pour protester contre la persécution des bouddhistes et l’occupation américaine. L’immolation par le feu de ce moine sur une place publique de Saigon fut un des tournant de la guerre du moins dans la bataille de l’opinion aux Etats Unis. En Tunisie une immolation par le feu a balaye un Etat policier. Le Sénégal de l’alternance en est à sa quatrième immolation et Wade en encore pour 360 jours au Palais. Bouazizi a été la goutte de d’eau qui a fait déborder le vase de la tyrannie alors que le moine Vietnamien était dans une logique de sacrifice individuel pour défendre une cause commune. Au Sénégal les immolations par le feu ne sont pas inscrites dans des logiques d’action collective mais c’est plutôt des cas de désespérance individuelle comme un problème de loyer pour Keba Diop, une audience avec le Président de la République pour Penda Kebé et un emploi pour Bocar Bocoum. La question qu’il faut se poser est pourquoi devant les grilles du Palais ou sous les fenêtres du Président ? Dans « l’Etat Prébendier » pour citer Ibrahima Thioub, où le Président de la république est la clé de voute qui ouvre les portes d’accès aux privilèges, c’est devenu un reflexe que de penser tout problème se règle avec une audience même des choses banales que des problèmes de loyer. Les immolations par le feu sont la conséquence d’une personnalisation à outrance du pouvoir exécutif qui fait que tous les autres pouvoirs à commencer par le pouvoir judicaire n’ont devient insignifiant aux yeux des populations. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter les radios. Du village au fin fond du Sénégal qui proteste pour un forage en panne au syndicaliste en passant par les enseignants les mécaniciens qu’on veut déguerpir tout le monde exige une audience avec le Président parce que convaincus discuter avec les échelons inferieurs du pouvoir constituent une perte de temps. Donc mieux vaut aller directement devant les grilles du Palais et se faire entendre directement.
Tapis rouge pour Zuma
Honnêtement, pour sa prochaine visite à l’Elysée, notre Président devrait exiger le tapis rouge et exiger au moins que Sarkozy descende les escaliers pour l’accueillir comme il l’a fait pour Zuma et Bouteflika. De tous les Présidents africains qui visitent l’Elysée, il n a que ces deux qui ont droit au tapis rouge et à ce que Sarko descende les escaliers au Palais, pour les autres il attend stoïquement à ce qu’ils montent les escaliers pour venir jusqu’à lui. Pourquoi l’Afrique du Sud et l’Algérie et pas le Sénégal, le Congo ou le Burkina. L’Algérie qui s’est libérée par les armes est jalouse de sa souveraineté et de son indépendance alors que l’Afrique du Sud est une puissance économique. Ce qui n’est pas le cas du Sénégal qui compétit toujours pour mieux plaire à la France que tout le monde et n’est pas une puissance économique. Deux choses qui font qu’on déroule le tapis rouge pour le Zoulou polygame et pas pour Wade modèle achevé d’assimilation de la culture française.

Yoro Dia

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Yaya Jammeh et nous

L’ombre et la proie
« Le Sénégal est indigné de constater que des balles iraniennes ont pu causer la mort de soldats sénégalais » peut on lire dans le communique du Ministère des Affaires Etrangères qui en tiré les conclusions en rompant ses relations diplomatiques avec l’Iran. Si on rompt à cause de « balles iraniennes » on va bientôt rompre avec la Russie et les Etats Unis parce que le MFDC a aussi des kalachnikov qui tirent des balles russes et peut être même des AK 47 qui tirent des balles américaines. L’origine de balles n’est pas importante, ce qui l’est par contre, c’est qui les commande et les livre au MFDC. L’argent du trafic de chanvre indien, des braquages sur l’axe Senoba Bignona ne peuvent permettre au MFDC d’avoir un fonds de guerre pour commander des armes lourdes en Iran. Ces armes sont commandées par la Gambie qui les livre au MFDC avec comme pour objectif de fragiliser son voisin. C’est pourquoi le Sénégal a tort de « garder avec lui le frère gambien et rompre avec le l’Iran qui joue le registre de la division » comme le dit le communiqué. C’est le « frère Gambien » qui joue le registre de la partition du Sénégal. Apres la fermeté diplomatique avec le lointain Iran, il aurait fallu une réaction ferme contre le « frère » gambien si tenté que Jammeh nous jamais considéré comme un pays frère. Ses actes ont toujours démontré le contraire. En se focalisant sur l’Iran et non pas la sur Yaya Jammeh, le Sénégal fait preuve de cécité stratégique pour ne pas dire qu’il a pris l’ombre pour la proie. La Gambie a le droit de s’armer mais elle n’a pas le droit de donner des armes au MFDC qui combat le Sénégal. Et l’affaire des armes iraniennes montre que Yaya Jammeh joue avec notre sécurité nationale. Il ne faut pas que la Gambie nous serve l’argument que Jammeh n’était pas au courant du trafic pour ne pas dire du transfert d’armes au MFDC car une dictature se caractérise avant tout par un monopole de l’information et du renseignement par le dictateur. Le Sénégal vient d’avoir une preuve supplémentaire que la Gambie arme le MFDC comme ce fut le cas avec la Guinée Bissau dans les années 90. L’opération Gabou en Guinée Bissau a permis de pacifier et de sécuriser le Sud de la Casamance. Il faut l’opération Fode Kaba 3 pour sécuriser le nord. Il faut que le Senegal s’y résolve et se prépare. Il n’est ni dans l’intérêt de la Guinée Bissau encore moins celui de la Gambie que la paix revienne en Casamance. Nos deux voisins perdraient ainsi l’unique moyen de pression qu’ils ont sur nous. Les Etats n’ayant pas d’amis mais uniquement des intérêts, la Gambie et la Guinée Bissau vont continuer à nous endormir avec des belles paroles sur le bon voisinage tout en attisant le feu en Casamance. Notre sécurité nationale exige que le Sénégal soit en mesure de défendre l’intégrité et la sécurité de son territoire avec sans le soutien de ses voisins. C’est une hypothèse cruelle mais c’est le prix de notre sécurité. Quoiqu’il en coute le Sénégal doit se donner les moyens de combiner Gabou et Fodé kaba. Le jour où l’on sera en mesure sur le plan stratégique et militaire d’être prêt pour deux opérations comme Gabou et Fode Kaba en même temps nous aurons la paix car qui veut la paix prépare la guerre. Fode Kaba 3 n’est plus une hypothèse, il est temps de le préparer si ce n’est déjà fait.
G-Senegal : le Woodstock de Google
A l’école primaire nous avons tous récité que « sur le plan géographique, le Sénégal est la porte de l’Afrique ». La porte de l’Afrique est devenue enclavée faute de routes nous connectant directement aux autres pays de la sous région. On doit maintenant apprendre aux écoliers que le Sénégal est la porte de l’Afrique de l’Ouest pour Internet. D’ailleurs Google qui vient d’y tenir un G-Senegal, le plus grand G-event ou Google Event organisé dans un pays africain francophone ne s’y trompe pas. Sur l’économie de l’immatériel notre pays a un avantage absolu pour devenir une exception comme il l’était sur le plan démocratique dans les années 60 et 70. Le G-Senegal a regroupé au moins un millier de personnes en deux jours à UCAD 2 autour du thème « Impact local, croissance globale ». Même si nous vivons les affres des délestages, c’est optimiste de voir tous les jeunes qui pris d’assaut l’UCAD 2 pour un faire un Woodstock numérique. Ce qui frappe le plus dans ce woodstock numérique c’est la générosité dans le partage des connaissances et des innovations. Tout le monde en convient. L’avenir est à l’économie de l’immatériel pour ne pas dire du numérique et sur le plan le Sénégal avec la qualité de ses ressources humaines a un avantage certain. Dans cette économie de l’immatériel, la puissance ne résulte pas du territoire ou de la démographie mais de mégabits de la connectivité. C’est tellement vrai que sur Youtube, le Sénégal avec ses 12 millions d’habitants est au coude à coude avec le géant Nigérian avec ses 120 millions d’habitants.
Le Ceausescu arabe
La semaine dernière, je vous disais que la chute de Ben Ali pouvait être comparé à la chute du mur de Berlin à cause de l’onde de choc de la contagion. Je me posais aussi la question de savoir qui aurait le rôle de Nicolae Ceausescu dans la révolution de Jasmin. La réponse est trouvée. C’est le colonel Kadhafi qui comme le « génie des Carpates » a usé de la violence extrême pour essayer d’arrêter la mer avec ses bras. Même si la Libye n’est pas une monarchie, la violence de la réaction de Kadhafi montre qu’il considère le pays comme son bien personnel. Le roi de Bahreïn a été plus sage que le colonel Kadhafi dont le dernier discours montre qu’il est complètement déphasé en cherchant à légitimer son pouvoir en faisant son discours dans les ruines de tente bombardé par Reagan. Bahreïn est radicalement différent de la Libye. Bahreïn le pays entre les deux mers comme l’indique son nom en arabe est l’un des rares pays du monde arabe à s’être essayé à la démocratie bien avant la révolution de Jasmin. C’est un pays relativement démocratique. Bahreïn est un cas spécifique. La majorité chiite de la population profite de la révolution de Jasmin pour contester une monarchie sunnite. La ou Kadhafi a préféré répondre par des bombardements, la famille al Khalifa de Bahreïn a préféré répondre par le dialogue et l’apaisement. C’est tout l’avantage de la culture démocratique.

Yoro Dia

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