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Blog de Yoro Dia

Le rêve de Wade

Dans le conflit des interprétations du rêve de Wade qui oppose Wade à Sidi Lamine Niasse, on pourrait demander l’arbitrage de notre plus grand  philosophe le Pr Djibril Samb auteur  d’un monumental Interprétation des rêves dans la région sénégambienne ( Prix Noma 1999). Entre Wade qui rêve d’une bague et qui se rend compte au réveil que Serigne Saliou lui en offert une et qu’il interprète comme une caution du Saint homme et Sidi Lamine Niasse qui y voit une invite à quitter le pouvoir, le Pr Djibril Samb est l’arbitre naturel pour donner sa propre lecture qui à coup sur va être moins subjective que celle de Wade ou de Sidi. Profane que je suis en la matière, je sais au moins depuis la terminale que le rêve est la continuation de la réalité par d’autres moyens. Wade en manque de légitimité dans la réalité,  en chercherait un supplément dans le rêve et auprès du Saint homme parce que c’est connu depuis fort longtemps que la meilleure façon de mettre un pouvoir à l’abri de la contestation est de la sacraliser. La déconstruction féroce  de  Sidi Lamine Niasse a transformé le rêve du Président en cauchemar.  Les comparaisons de Sidi sont fort intéressantes et originales surtout quand il compare la chamelle de Salih à notre constitution. La chamelle de Salih était un miracle divin alors que la constitution est un miracle humain. De façon subliminale Sidi compare donc l’entêtement et l’aveuglement des Thamoud qui égorgèrent la chamelle à celui de Wade qui veut aussi sacrifier la constitution à l’autel de son troisieme mandat. Les conséquences pour les Thamoud furent une « foudre » et un « CRI » qui les détruisirent les hommes et leur cite. Espérons que la comparaison va s’arrêter la.  En lieu et place de la foudre, nous attendons une décision très sage des cinq sages ou des cris de ceux de la nuit du 20 mars 2000 saluant le triomphe de la démocratie, ce miracle humain parce que comme dit Rousseau « S’il existait un peuple Dieux il se gouvernerait démocratiquement ». Et la démocratie exclut les foudres de la violence et un entêtement digne des Thamoud parce que tout y est relatif et c’est pourquoi le passage du pouvoir d’un homme à un autre sans violence ni heurts comme ce fut le cas en 2000 est la respiration naturelle de la démocratie. Pour en revenir au reve, on dit aussi que quand on rêve c’est qu’on est profondément endormi. Wade était très endormi mais le réveil du 23 juin a été brutal mais il s’est bel et bien réveillé.

La mère des batailles

Wade avoue lui-même avoir perdu la bataille internationale et concentre son énergie sur la bataille interne.  La bataille internationale a toujours été une bataille mineure même si Wade l’a toujours considéré comme la mère des batailles. La vraie bataille est celle de la banlieue, celle su Saloum et celle de Casamance. A toute chose malheur est bon. La bataille de l’atlantique étant perdue avec Obama  qui est encore un novice parce qu’il ne comprend pas encore l’honneur que ferait notre cher Président aux Etats Unis en venant à la Blanche. D’ailleurs soyons sages désirons les choses telles qu’elles arrivent et non pas telles qu’on voudrait qu’elles soient. Si Obama n’invite pas notre Gorgui à la Maison Blanche, il se contentera de la Maison Blanche de l’Avenue Roume.  Apres avoir perdu la bataille des salons de Saint Germain des Pres, du Quai d’Orsay et du Faubourg Saint Honoré, on redécouvre les charmes du Baol, et de Sandaga. Senghor Diouf et Wade ont toujours eu le reflexe de gouverneur colonial en annonçant toujours des décisions très importantes pour le Sénégal sur le perron de l’Elysée. Inconsciemment ils ont toujours accordé plus d’importance à ce que l’on pensait d’eux dans l’ancienne métropole qu’au Senegal. Cette page est en phase d’être définitivement fermée. D’ailleurs Mouhamed Ndaw Tyson avec son fameux drapeau américain a été envoyé dans les poubelles l’histoire de la lutte par un Balla Gaye arborant un « j’aime mon pays ». C’est peut être aussi ça le Nouveau Type de Sénégalais dont parlent les jeunes de Y en marre. Ce NTS qui va plus avoir le complexe de l’étranger au point comme ces ministres qui y amènent leurs femmes y accoucher parce que convaincus qu’être ne au Sénégal est un péché originel. Le mauvais exemple de l’extraversion et de la haine de soi est toujours venu du sommet.

Moubarak : le pharaon en cage

Rien que la présence de Moubarak dans la « cage des accusés » est une victoire pour les révolutionnaires de la place Takhrir. C’est une véritable révolution en Egypte et  dans le monde arabe. L’ancien pharaon sur une civière et dans une cage illustre comment les peuples soumis à la servitude volontaire peuvent être féroces quand ils se réveillent. Personne n’aurait pu imaginer pareille humiliation pour celui qui a été un pivot du moyen orient pendant trente ans. Un proverbe arabe dit « un ennemi on le tue on ne l’humilie pas ». A coup sur Moubarak le militaire, héros de la guerre du kippour aurait préféré la mort à pareille humiliation. La mort de Saddam est infinie plus glorieuse et préférable à cette humiliation du pharaon

Exception Sénégalaise

L’exception démocratique sénégalaise a vécu. Aujourd’hui nous sommes entrain de devenir une exception musulmane. Et le Zeitgeist de Google qui le montre. L’année dernière, pendant le ramadan, le Sénégal était sommet au top 10 mondial pour son intérêt pour le Coran devant l’Arabie saoudite, l’Afghanistan et l’Iran qui sont des Etats où l’Islam est religion d’Etat. Il y avait de quoi bomber le torse. Apres le ramadan cet intérêt avait brutalement disparu. Eh bien pour avec le ramadan, l’intérêt pour le Coran est revenu dans le Top 10 de ce que les sénégalais cherchent sur Internet. On a l’impression que les Sénégalais économisent leur piété pour l’investir massivement dans le ramadan.

Tea party

Le TEA ( Taxed already enough ou déjà suffisamment taxes)  est le seul vainqueur du grand débat sur la dette américaine.  Le Tea party a littéralement pris en otage le parti républicain et l’a amené vers ses positions extrêmes comme les impôts et contre l’Etat fédéral. La révolution conservatrice de Newt Gingrich face à Clinton semble aujourd’hui être un jeu d’enfant face au fanatisme idéologique du Tea party qui a failli bloquer l’économie américaine pour montrer sa force. La campagne de la Présidentielle de 2012 vient de commencer. Le TEA Party ferme la page  des néoconservateurs de Bush avec leur idée d’une Amérique qui doit imposer ses valeurs au monde. Contrairement aux néoconservateurs qui ne s’intéressent principalement à la politique extérieure le TEA veut une Amérique isolationniste où l’on paie moins d’impôts avec un Etat fédéral réduit à sa plus simple expression.

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Y en marre du débat sur le fichier

Je dis souvent que Cheikh Gueye, le nouveau Ministre chargé des élections  et l’ambassadeur Bruno Diatta incarnent la continuité de l’Etat. Au delà continuité de l’Etat, ils incarnent l’équilibre qui permet à l’Etat du Sénégal de rester fort et debout malgré les secousses et errements consécutifs d’un pilotage à vue des autorités depuis 2000. Les hauts fonctionnaires et grands commis d’Etat comme  Cheikh Gueye et Bruno Diatta ont des contrats à durée indéterminée avec l’Etat alors que les élus comme Wade ont un contrat déterminé avec l’Etat que les citoyens peuvent ne pas renouveler à chaque élection. Ce sont ces hauts fonctionnaires de qualité qui sont l’avantage absolu du Sénégal. Sur les 12 millions de sénégalais, l’inspecteur Général d’Etat Cheikh Gueye a surement  et de loin le meilleur profil pour organiser  les élections. Il en a douze à son actif et aucune n’a été sérieusement contestée. Si on compare les élections organisées par Cheikh Gueye depuis les législatives de 1998 avec la catastrophe électorale de la Présidentielle de 1988  de celle 1996 organisée par Abdourahmane Sow , la république lui doit des honneurs. Des législatives de 1998 jusqu’aux locales de 2009 en passant par les deux tours de la présidentielle de 2000 et celle de 2007, Cheikh Gueye a organisé des élections que Diouf a gagné ( 1998), que Diouf a perdu ( 2000) et donc que Wade a gagné ( 2000 et 2007) que Wade a perdu (2009). Diouf est parti, les fonctionnaires de la Direction Générale des Elections sont restés, Wade partira, ils resteront car les régimes passent l’Etat demeure. L’opposition aurait du applaudir des deux mains la nomination d’une telle personne à la tête du Ministère chargé des élections parce que c’est la meilleure garantie de transparence qu’on peut avoir mais abandonner la contestation électorale obligerait l’opposition à se pencher sur les vrais questions et proposer des alternatives sur des questions comme l’énergie et non plus réduire le débat de la présidentielle au départ de Wade. C’est tellement plus facile de se concentrer sur le fichier électoral  qui devient bon quand on gagne avec et devient suspect quand on perd. La défaite de Diouf en 2000 et celle de Wade en 2009 sont la preuve que truquer des élections au Sénégal relève depuis longtemps du fantasme. L’argument qui consiste à dire que Cheikh Gueye est proche de Ousmane Ngom relève de la politique politicienne. Le DGE est un proche collaborateur de tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés depuis le Général Lamine Cissé. Les Ministres comme Ousmane Ngom et les autres  sont dans le domaine du souhaitable alors que le DGE est dans le domaine du légal ( le code électoral).  C’est  ce qui permet aux fonctionnaires de la DGE de passer d’un régime à un autre et d’un ministre à un autre sans état d’âme. Y en a marre du débat sur le fichier  qui empoisonne la vie politique depuis 1983.  Il est temps pour un vrai débat entre opposition et majorité sur les vraies questions (Casamance, Énergie, Éducation, Politique extérieure).

Le trop plein plutôt que le vide

Le guide des égarés!  Vous connaissez ? C’est le titre du livre de Maimonide, un des mes auteurs préférés. Maimonide est un juif andalou qui a écrit ses chefs d’œuvre en arabe et qui est considéré comme un des meilleurs exégètes de la Thorah. Quand Wade dit qu’il n’a pas trouvé personne sur les 12 millions de sénégalais pour le remplacer il se prend le guide des égarés. Lui seul a la connaissance parfaite de la totalité et les 12 millions de sénégalais ne seraient que des ignorants. Je me suis mis un instant dans la peau du Président du Senat, de l’assemblée nationale ou du PM qui ont été obligés de chanter ses louanges quelques jours plus tard. Dans une fameuse conférence  de presse, interrogé sur sa succession, De Gaulle avait eu ses mots pleins de sagesse « A ma disparition, je ne crains pas le vide mais le trop plein ». Que notre cher Président se rassure, après son départ il ne faut pas craindre le vide mais le trop plein auquel il a beaucoup contribué en banalisant la fonction. Pour 2012, le Sénégal battra des record de candidature. Nous sommes des croyants, le prophète  et les quatre premiers khalifes sont tous partis et la terre continue à tourner autour du soleil qui ne connaitra pas une extinction parce que Wade a quitté le pouvoir.  La Ve république a survécu à De Gaulle, les Etats-Unis à Washington et le Sénégal survivra à Wade même s’il est convaincu que tout se qui s’est passé de Faidherbe à 2000 ne servait qu’a annoncer son arrivée et tout se passera après son départ ne sera que commentaire de son action comme la philosophie qui n’est rien d’autre qu’un long commentaire de Platon. Même si Wade part aujourd’hui il n’ y aura aucun chaos parce que contrairement à la Cote d’Ivoire le Sénégal a hérité un Etat de Senghor et de Diouf. Un Etat très solide. S’il ne l’était pas, il serait effondré depuis longtemps par les remaniements et réaménagements intempestifs de Wade qui gouverne par la tension permanente. Les héros de la république sont ces milliers de fonctionnaires anonymes qui dans le secret de leur bureau tiennent l’Etat sur leurs frêles épaules en attendant que le Sénégal voit s’il renouvelle le CDD qui le lie à Wade en 2012.

L’Afrique n’aide pas l’Afrique

Alors que le monde s’organise pour venir en aide à la corne de l’Afrique en proie à la famine, on n’entend nullement la voix de l’Afrique. Comme lors de terribles famines qui ont ravagé l’Ethiopie dans les années 80, le sursaut ne viendra pas du continent mais ailleurs. Pour l’Éthiopie, il y avait l’initiative USA for Africa avec le « we are the world », pour la corne cette année il y a peu de chance qu’il y ait « Africa for Africa » à moins que Wade ressuscite son fameux ONG « l’Afrique aide l’Afrique ». Ce qui se passe dans la corne de l’Afrique et plus particulièrement en Somalie est ahurissant. La famine fait des ravages et les shebbabs (les islamistes somaliens) comme Mengistu dans les années 80 en Ethiopie interdisent aux humanitaires d’accéder dans les zones qu’ils contrôlent. Aucune voix africaine ne s’est élevée pour condamner ce qui est un crime de masse par la faim. Quand il y a eu le tsunami en 2005, les pays asiatiques ont été submergés par l’aide venue d’occident qui traine aujourd’hui les pays pour la corne de l’Afrique. L’attitude de l’Occident est fort compréhensible. Le Tsunami est une catastrophe naturelle alors que la famine  en somalie  comme celle de l’Éthiopie est le fait des hommes qui utilisent la faim  comme arme de guerre.

Norvège : croisade anachronique

Aux États-Unis, il y a eu un avant et un après 11 septembre. En Norvège aussi il y aura un avant et un après Breivik.  Le massacre de d’Oslo est une preuve supplémentaire qu’il n’y a pas de terrorisme aveugle.  Breivik a réussi remettre en cause le contrat social norvégien fondé sur la paix et une très grande tolérance. Ce pays où l’on a probablement le meilleur saumon du monde a aussi avec Londres la police la plus courtoise  et la plus souriante du monde. Par son acte, Breivik vise à remettre en cause ce modèle pour le substituer à celui  de l’ordre très intolérant des chevaliers du temple pendant les croisades. Si la Norvège se referme sur elle-même  et répond par le tout sécuritaire, Breivik aura gagné.

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Wade et les chefs de village : Génial mais out dated

Que pèsent les 20 000 chefs de village ? Vingt milles cartes d’électeurs, donc vingt milles voix et probablement largement moins. «  La France de Papa est morte et ceux qui ne l’ont pas compris mourront avec elle ». Ainsi parlait de Gaulle s’adressant aux  partisans de l’Algérie Française. Wade  n’a pas encore compris  que le Sénégal de Papa est mort en l’an 2000. C’est la mort de ce Sénégal de Papa qui lui a permis de gagner en 2000. Et c’est fort paradoxal qu’il n’en soit pas encore conscient. Le Sénégal de Papa est mort avec l’avènement des radios privées dans les années 90. Avant l’avènement de SUD FM et de Walf fm, le chef de village, le sous préfet et le marabout étaient les principaux relais entre les villageois et les autorités politiques. Naturellement le chef de village, le sous préfet et le marabout étaient les piliers de la légitimation du régime en place mais l’irruption de Sud FM et de Walf FM leur a fait perdre  le réseau comme disent les jeunes. L’irruption des radios privées qui informent  et posent les débats en langue nationale ont eu l’effet du « réveillez vous » des témoins de Jehovah sur les villageois. C’est ce réveil des paysans qui sera à l’origine de la première défaite du Parti au pouvoir dans les villages et une des causes de l’alternance. Pendant plus de 40 ans le marabout, le sous préfet et les chef de village ont su dans les villages  mettre le pouvoir à l’abri de la contestation en le sacralisant ( Si Diouf est la c’est parce que Dieu l’a voulu, donc un bon musulman ne saurait le contester) malgré pauvreté des villageois. Entendre Wade avec son wolof du terroir critiquer Diouf et expliquer la pauvreté dans le monde rural par l’incompétence du régime de  a beaucoup contribué à désacraliser le mythe du Président dans le monde rural et a donc fait le lit à la révolte électorale  des villageois en 2000. Wade a contribué au réveil et à l’éveil des paysans qui depuis refusent de fermer l’œil à fortiori de dormir. La stratégie de s’appuyer sur les chefs de village est excellente mais  seulement dans le Papa qui n’existe plus. En terme simple elle est  Out date comme disent les informaticiens  ou simplement anachronique

Les Bush, les Wade et le common sense

« Il y a quelques semaines je vous disais dans ces mêmes lignes que le QI du sergent chef Eyadema était supérieur à celui du double agrégé Abdoulaye Wade. Le Sergent Eyadema avait réussi son projet monarchique parce qu’il savait à quelque peuple il avait affaire. Ce qui n’est pas le cas de Wade. Sa dernière sortie devant les élus libéraux montre qu’il ne nous a pas compris. Devant les enseignants libéraux, le Pr a relevé le niveau et recrute maintenant le cas de Bush père et fils et dit en substance étant donné qu’il n’est pas moins intelligent que Bush ( ce qui se discute d’ailleurs) si Bush a réussi à mettre son fils, lui aussi peut le faire s’il le pouvait. L’argument appelle de notre part une objection de taille. Georges Bush père n’a pas mis son fils. C’est son fils qui s’est imposé en affrontant le suffrage pour être élu gouverneur du Texas ( ce que Karim Wade n’a jamais réussi avec le waterloo des locales de 2009). Deuxième objection : quand Bush se présentait aux élections son père n’était plus Président depuis 8 ans. Donc on ne l’a pas mis il s’est imposé. La candidature de Bush fils était acceptable parce que entre lui et son père il ya eu l’alternance avec le mandat de de Clinton que j’appelle un mandat de courtoisie. L’exemple des Bush n’est pas le bon. Historiquement il faut chercher le bon exemple du coté de la Russie avec Pierre le Grand et son fils. Autant Pierre était un homme d’une dimension exceptionnelle ( fondateur de Saint Petersbourg et modernisateur de la Russie)  comme Wade autant son fils était ce qu’il y a plus ordinaire. La volonté farouche de Pierre à hisser son fils à sa dimension connut une épilogue fort tragique. L’épilogue de la volonte de Wade de hisser son fils a sa dimension est déjà tragique pour Wade. Quoi qu’il fasse maintenant, l’histoire retiendra que sa longue marche pour la démocratie et les  libertés a abouti à un projet monarchique. La différence entre Pierre le Grand et le tsarévitch Alexis, la différence de caractère entre l’increvable Wade et le british  Karim incapable de gagner un quartier confirme la grande idée que défend Thomas Paine dans Commen sense ( la bible des républicains) à savoir que l’inégalité n’a aucun fondement naturel parce que le caractère et les vertus ne se transmettent pas. C’est une loi naturelle de l’histoire. Les fondateurs d’empires ont souvent la résistance  des nomades  et traversent le désert ou la steppe comme les mongols, leurs descendants se sédentarisent perdent leur vertus guerrières, jouissent du luxe de la ville et finissent pas être balayés par d’autres nomades. Les redoutables cavaliers arabes se sédentarisés à Bagdad et ont été balayés par les hordes mongols. De 1974 à 2000, le PDS a été dans la posture des nomades. Aujourd’hui ce parti a perdu ses ressorts et est dans la posture des jouisseurs arabes  avant l’arrivée des nomades. Ces nomades qui ont commencé à assiéger la citadelle depuis le 23 juin.

Tout sauf l’incompétence du Conseil

Cette semaine,  dans le 12 h de la RFM, j’ai suivi avec intérêt mon ami Me Ousmane Seye défendre  l’idée que conseil Constitutionnel pourrait très bien se déclarer incompétent pour trancher la question si Wade a déjà fait deux mandats ou non.  Si le Conseil se déclare incompétent, sur cette question, quelle juridiction va l’être ? Ne pas avoir fait plus de deux mandats fait partie des critères de sélection comme le fait de jouir de civiles et politiques ou la caution, ce qui fait le conseil est obligatoirement compétent. Raisonnons par l’absurde. Même si le conseil ne l’était,  ce qui veut dire le conseil est une coquille vide, les 5 sages pourraient s’inspirer  de l’exemple de cour suprême américaine sous la présidence du juge John Marshall qui a donné de l’autorité à la cour en décidant que la cour devait  décider de la  constitutionnalité des lois dans l’affaire Marbury vs Madison. Ce quatrième Président de la cour suprême et qui a grandement contribue à donner prestige et autorité  à la cour qui était presque une coquille vide avant sa nomination. Le juge Diakhate et ses collègues sont historiquement dans la même situation. Imaginez le Conseil constitutionnel se déclarer incompétent sur la candidature de Wade à 29 jours de la Présidentielle ? Est-ce que Wade peut être candidat ou pas ? Le denier mot revient au Conseil qui doit avoir forcement son mot à dire.  Si le conseil valide la candidature de Wade, son autorité va être écornée mais il s’en relèvera, si les 5 sages invalident la candidature de Wade, son autorité va aussi être écornée parce que le pays pensera que la pression a finit payer mais le conseil s’en relèvera mais se déclarer incompétent va ouvrir les portes du chaos.

Le baptême de Bour Sine

L’obs a raconté avec des détails croustillants le baptême de Bour sine, l’honorable cheval du Premier Ministre du Sénégal et de l’arène. D’ici 2012 le Premier Ministre pourrait tres bien franchir pas le rubicon à Gouye Ndiouli en nommant son cheval Boursine au Senat comme l’avait Caligula avec son cheval préféré Incitatus avant d’ajouter « Pauvre Incitatus! Je ne voudrais certes pas lui imposer la compagnie de tous ces gorets en laticlave ». Boursine n’est tout de me pas n’importe quel cheval. C’est le cheval du PM. Et cet honorable cheval  a toute sa place dans notre parlement devenu aussi une arène avec des députes qui débattent avec des coups de poings.

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Faites vos jeux Messieurs

A force de chercher, j’ai finalement trouvé ce que Wade a en commun avec le Général de Gaulle. Ce n’est certainement pas le sens de l’Etat ou de l’Histoire. Ce que de Gaulle et Wade ont en commun : c’est la « chienlit » qui a emporté de Gaulle avec le referendum de 1969 et va emporter Wade en 2012 s’il se présente. « Soyez réalistes, demandez l’impossible » disaient les jeunes en 68. Ils l’ont été et ont demandé l’impossible « le départ » du Général. Ici c’est la lame  « Y en marre » qui de façon très réaliste demande ce qu’il ya de plus possible : le départ de Wade à la fin de son mandat. De Gaulle qui a rétabli les libertés publiques n’avait rien compris de mai 68 d’où son dialogue de sourds avec les jeunes qui surfaient sur ces libertés. Wade, le Président,  pur produit  des libertés vit aujourd’hui la même mésentente avec les jeunes de Yen a marre « stade suprême » de ces mêmes  libertés. Wade à 87 ans veut encore briguer un mandat de Président dans un pays où les trois quarts des habitants ont moins de 30 ans. C’est pourquoi la candidature de Wade au delà de l’aspect constitutionnel est une simple question de bon sens. En tout cas tous ceux qui sont doués de bon sens politique ont compris que c’est le début de la fin. En la matière Me Mbaye Jacques a un stock de compétences avérées. Il  avait été le premier à avoir détecté le début de la fin de l’ère Diouf et en avait tiré les conséquences. Ses dernières sorties dans la presse pour dire « que s’il était à la place de Wade il n’aurait mêlé sa famille dans la gestion de l’Etat » est aussi un autre signe de fin des temps…. pardon fin de règne. Les récentes sorties de Djibo Ka et celles de plus en plus violentes Robert Bourgi sont aussi des indicateurs de la fin de l’ère Wade. Si Robert Bourgi un des piliers de la France Afrique, le « parrain » des républiques dynastiques ( Gabon et Togo) donnent des leçons de démocraties et de vertus constitutionnelles. C’est vraiment le début de la fin. Le vieux Lion ne fait plus peur ni à ses enfants ( Idy et Macky) et encore moins à ses petits  enfants de Yen a marre et les prébendiers cherchent déjà à donner des gages aux potentiels successeurs de Wade notamment ses enfants ou ses opposants les mieux placés. Faites vos jeux messieurs. Les paris sont ouverts.

Le Sénégal de Lemoine et de Habré

Cette semaine, nous avons au à la une de l’actualité deux conceptions du Sénégal. Un face à face entre le Sénégal ouvert et le Sénégal fermé. Le Sénégal ouvert et généreux et fascinant qui a accueilli Lucien et Jacqueline Lemoine et de l’autre le Sénégal fermé et informel que attend le vendredi soir pour annoncer l’extradition de Habre après lui avoir accordé l’asile pendant 20 ans. Si Habré avait choisi l’asile au Sénégal dans les années 80, il était qu’à l’époque convaincu que  le Sénégal était probablement le seul pays où il y avait un Etat de droit ( donc pas de risque qu’on le jette dans la un avion pour livrer au Tchad sans décision de justice). Ce qui était impensable au Sénégal  dans les années 80  est devenu possible en 2011. C’est un grand bond en arrière pour le Sénégal alors que les autres pays africains en matière de libertés ont connu des bons en avant. Les autres pays africains ont profite de l’ère du droit de l’hommisme pour se mettre à jour alors que le Sénégal qui était en avance bien avant cette ère ne cesse de reculer. Ce qui est le dramatique dans le dernier épisode du feuilleton Habré c’est que tout le monde savait que le Président allait faire un volte face. C’est une catastrophe pour notre Etat que tout le monde soit convaincu qu’une décision de notre Président est devenue ce qu’il y a de plus relatif. Quand le couple Lemoine s’installait au Sénégal, quand Habre et Ahidjo demandaient l’asile au Senegal, notre pays tenait son rang de phare de la démocratie de la culture et des libertés en Afrique mais aujourd’hui c’est le règne de la « lettre de cachet » et le fait du Prince. Le dernier épisode de l’affaire Habre est une sorte de « L’Etat c’est moi ». C’est parce que l’on croit que « l’Etat c’est moi » qu’on pense que les procédures et loi  sont une perte de temps.

News of the world

Apres 168 ans, le tabloid news of the world a mis la clé sous le paillasson à la suite d’un scandale. News of the world n’est pas un journal dans un pays de dictature mais c’est un journal édité en Grande Bretagne connu pour sa très grande tolérance et sa  très grande liberté. L’affaire News of the world met de l’eau au moulin des personnes comme votre serviteur qui sont contre la dépénalisation des délits de presse ou  délits par voie de presse. Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on doit s’octroyer une zone de non droit ou une irresponsabilité illimitée.  Les dérives ont perdu news of the world et personne en Grande Bretagne ne parle de d’atteinte à la liberté de presse.

Terminer une guerre

Le Président Sarkozy a raison. Il faut savoir terminer une guerre. En Afghanistan, c’est la guerre contre Ben laden qui se termine mais une autre va s’ouvrir. Elle va opposer les talibans et le régime de Karzai qui va être rapidement balayé. L’Afghanistan est une sorte de tombeau pour les grandes puissances. L’Afghanistan a été le début de la fin pour Alexandre le Grand qui a remis l’épée dans le fourreau pour les beaux yeux de Roxane. Capituler devant Roxane après avoir vaincu Darius, il fallait le faire. Les britanniques pendant leur domination du sous continent indien se sont toujours gardés de dépasser le fameux Khyber pass.  Le déclin de l’union soviétique a commencé après l’invasion de l’Afghanistan. C’est cette histoire de tombeau des grandes puissances qui poussent aujourd’hui l’occident à s’empresser de se retirer de ce pays tellement complexe et toujours en guerre ou en attente d’une guerre. La guerre ne se termine passe après le départ des troupes occidentales, elle va recommencer.

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La Lettre de Karim Wade : Kou wakh fegne

En cherchant à le présenter à l’opinion en bon Docteur Jekyll incompris, les gourous de Karim l’ont montré en Mister Hyde. La potion magique que l’on a fait avaler au Dr Jekyl du Point E n’a eu point l’effet escompté. C’est tout le contraire que les solutions concoctées ont donné. C’est le drame de la chimie politique des labos obscurs de la courtisanerie. On s’est trompé de potion magique ou de formules rituelles. Les gourous de Karim ont voulu jouer sur l’l’underdog effect (les martyrs et ceux qui sont en position de faiblesse s’attirent la sympathie de l’opinion). La théorie est juste et s’est vérifiée plusieurs fois mais c’est une erreur d’optique et de jugement grave  que de penser pendant une seconde que les sénégalais peuvent considérer Karim Wade comme un martyr. C’est tout le contraire. Pour tous les sénégalais,  à l’exception de sa famille et de sa cour il incarne le privilège du hasard de la naissance. Hasard de la naissance acceptée dans les monarchies dans les confréries mais jamais en république bâtie sur le socle de l’égalité et du mérite. La lettre de Karim révèle une vérité qu’on entend souvent chez les rappeurs « Kou wakh fegne ». Au lieu de s’attirer la sympathie des sénégalais,  Karim qui se voulait superman et surhomme en même temps a montré toute sa faiblesse. L’une de règles les plus élémentaires en stratégie consiste à dire « qu’il ne faut jamais montrer à son adversaire qu’on est touché ». La lettre de Karim et la réponse positive de Wade à l’appel du G6 montrent que le clan et le camp présidentiels sont gravement sinistrés après les événements du 23 juin. En lisant la lettre qui dit en substance « mais pourquoi ils ne m’aiment pas » j’ai cru retrouver en un moment le Karim de 2000-2001, un Monsieur très convenable et fort sympathique dont la seule préoccupation était de « rester à sa place » comme il disait en avril 2001 à la une du journal Tract. La république élit toujours un homme pas une famille. A l’époque il avait un avis fort sage mais c’était avant que l’esprit de cour et ses courtisans dignes du duc d’Antin et de Gregori Potemkine ne le transforment en  Louis XVI des tropiques qui se pavane en jet privé  dans  le monde alors que son peuple par un remarquable bond en arrière est retourné à la bougie des siècles après l’invention de l’électricité.

Wade, Juppé et Sénèque

Nous devons au sociologue français Emile Durkheim la division du Travail sociologique et à Nicolas Sarkozy la division du travail politique. Il y a quelques semaines Sarkozy a transformé notre Président en coursier pour aller dire à Khaddafi « droit dans les yeux » de quitter le pouvoir,  laisse aujourd’hui son ministre des affaires étrangères « inviter Wade à s’appliquer les leçons de démocratie qu’il donne à Khaddafi » et laisse à Robert Bourgi  confirmer que Karim a bel et bien fait appel à l’armée française prouvant ainsi qu’il se sent avant tout français. Quoi de plus naturel que faire appel à l’armée de son pays quand les indigènes se révoltent. C’est une division du travail qui en dit long sur la nouvelle position de la France face à Wade. Il s’enfoncer la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité  ou se  cacher derrière son petit doigt pour ne pas comprendre. La pire des flèches gauloises  à été décochée par Juppé. C’est une offense et même si cela se voit difficilement Wade a du rougir. Comment Juppe peut inviter Wade le doublement agrégé à découvrir ou à redécouvrir le grand Sénèque qui nous enseigne que « Long est le chemin des préceptes, court est le chemin de l’exemple ». C’est vrai que c’est facile de donner des préceptes démocratiques dans le monde et de vouloir se faire élire avec 25 %. Khaddafi n’a jamais dit qu’il est un démocrate et a toujours agi en conséquence. Il a au moins le mérite d’être logique avec son propre système. Ce n’est qu’un bédouin qui a dirigé son pays comme un conglomérat de tribus bédouines. « Il ne parle pas démocrate pour agir en monarque ». Il n’a pas hérité d’une république qu’il a voulu transformer en monarchie. Au contraire, il a hérité d’une monarchie qu’il transformé en république même s’il se maintient au pouvoir avec une dictature anachronique. Juppe a raison de renvoyer dos à dos celui qui hérité d’une république et a voulu la transformer en monarchie et celui qui hérité d’une monarchie et l’a transformée en république dont le mode fonctionnement et de régulation est la violence. En tout cas il est évident, que le bédouin a plus le sens de l’histoire que le double agrégé car depuis « ce super lever de soleil qu’a été la révolution française » comme dit Hegel nous avons vu des monarchies, des royaumes et des sultanats se transformer en république et jamais une république se transformer en monarchie. Même Khomeiny après avoir chassé le Shah a proclamé la république. La  nouvelle attitude de la France montre que le 23 juin est plus décisif que les combines sur les bords de la Seine ou des poignées de main fortuites avec Obama.

Les mercenaires

Le Ministre Ousmane Ngom a raison de parler  de plaisanterie sur la question des mercenaires. Et c’est une plaisanterie de très mauvais gout parce qu’elle risque de stigmatiser et de transformer les « hôtes étrangers qui vivent parmi nous » en bouc émissaires. C’est inquiétant. Autant d’irresponsabilités à ce niveau de responsabilités donnent froid dans le dos.  Les hommes politiques aiment jouer à se faire peur, finissent par avoir peur et oublient qu’ils sont à l’origine de psychose. Toute cette psychose artificielle, cette marche vers le chaos que l’on nous annonce a pour objectif de faire l’économie d’un vrai débat pour la présidentielle. Le Sénégal est à un tournant de son histoire. Avec Wade, notre pays fermer la page coloniale et va ouvrir une nouvelle page avec une nouvelle génération. Le Sénégal a été l’exception démocratique et le seul débat qui vaille est comment en faire l’exception économique en faisant du Sénégal le premier pays émergent d’Afrique noire pour que notre pays tienne son rang. Le débat de la Présidentielle est trop sérieux pour être réduit à si Wade se présente,  le pays brule. Au fond avec ce qui s’est passé le 23 juin la mission du G6 est simple. Wade affaibli est prêt au compromis et l’opposition a intérêt que la fin du mandat de Wade se passe en douceur.  L’opposition va aller à la négociation avec la revendication maximaliste ( Wade ne doit pas se présenter) et ce dernier de leur demander de laisser le conseil constitutionnel trancher le débat en s’engageant de respecter la décision du conseil ( même s’il n’a pas le choix évidemment). Proposition qu’un républicain ne peut récuser. On est bien loin de l’époque où Wade tançait le conseil constitutionnel dans une lettre parce que les juges avaient rendu une décision qui ne lui était pas favorable. Que d’eau sous les ponts de l’alternance entre avril 2001 et juin 2011.

Le compte à rebours

Je vous en parlais il ya quelques semaines. Le compte à rebours a commencé pour le Président Hamid Karzai. Avec la mort de Ben Laden, il a perdu son assurance-vie. Apres les américains, les anglais et les français, les canadiens ont annoncé cette semaine leur retrait d’Afghanistan. Son sort sera celui de Mouhamed Najibullah après le retrait soviétique. Najibullah avait réussi à tenir quelques mois après le départ de l’armée rouge. Ce qui ne sera sans doute pas le cas avec Karzai face à des talibans qui tiennent tête à  « l’invincible armada » de l’OTAN depuis 10 ans. Pour l’occident la traque de Ben Laden valait bien une guerre mais on ne va quand même pas sacrifier la vie des soldats américains pour les jeunes filles afghanes puissent aller à l’école ou que les afghans aient le droit de se raser la barbe ( des pratiques interdites sous les talibans obscurantistes) et devenues un droit et une liberté que les troupes occidentales ont amené dans leur paquetage en plus de Karzai.

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Le blog de Yoro Dia

Le QI  de Eyadema supérieur à celui de  Wade

« Si je suis fort pourquoi chercherait je un compromis ? Si je suis faible, je n’ai rien à mettre sur la table pour le compromis ».  Cette  phrase de Amine Gémayel, l’ancien Président du Liban résume bien la situation kafkaïenne dans laquelle Wade s’est encore enfermé.  Avant le 23 juin, il se croyait tellement fort qu’il se permettait avec les délégations spéciales de prendre de la main gauche  ce que le peuple avait donné de la main droite à des élus locaux. Depuis les émeutes du 23 juin il est devenu tellement faible que la « chienlit » s’est installée dans le pays pris entre le marteau des délestages et l’enclume des vandales. Le silence de Wade n’est pas synonyme de sagesse mais d’absence de mots. Qu’est ce qu’il peut bien dire ? Il aimait répéter que Bongo et Eyadema qui avaient réussi à placer leurs fils à la tête de leur pays n’étaient pas plus intelligents que lui. Les faits lui donnent tort parce que Bongo et Eyadema savaient à quels peuples ils avaient affaire. Ce qui n’a pas été le cas de  Wade qui s’est trompé à la fois de peuple et d’époque en voulant faire élire un Président au Sénégal avec 25% comme au Gabon et au Togo. Le 23 juin a créé un désordre régénérateur parce qu’il marque  comme le dit le Pr Ismael Madior Fall « la naissance d’un patriotisme constitutionnel ». Ce « patriotisme constitutionnel » doit être le pilier de la démocratie post alternance en obligeant les hommes politiques à s’adapter aux textes et non à adapter nos textes à des contingences politiques comme ce fut le cas avec le ticket. Wade a réveillé une fitna qui n’épargnera personne. Dans une grande démocratie, l’élection du Président quelque soit les enjeux est formalité mais Wade a fait de l’élection de 2012 une sorte de marche vers le chaos qui va porter un sacré coup à notre économie. Le Président Mansour Cama de la CNES a raison de tirer la sonnette d’alarme parce que l’instabilité et les furies populaires  constituent la plus grande atteinte au fondement de la vie en société à savoir le droit de propriété. Quel investisseur viendra au Sénégal en voyant le pays en entrer dans « l’ère des furies », qui va dédommager les pauvres citoyens qui ont vu leur voiture saccagées et leurs commerces pillés ? D’ailleurs ce n’est pas un hasard si les assureurs refusent de « assurer » leurs clients contre les émeutes et les furies. Garantir la paix civile et le droit de propriété  sont les missions essentielles de l’Etat et c’est un grand paradoxe que ce soit le chef de l’Etat qui est le garant de la sécurité et de la stabilité soit à l’origine du réveil de la fitna et des furies.  C’est une grande tragédie, malgré les ponts, les routes, les échangeurs, la fitna de Wade nous fait regretter les 20 ans d’immobilisme et d’ennui de Diouf.

Sauver Wade

Pour services rendus à la démocratie et sa formidable carrière d’opposant, Wade  mérite qu’on le sauve du naufrage. Wade a été à l’origine du de l’ouverture du système senghorien, a été aussi un acteur majeur de l’ouverture médiatique et de l’avancée des libertés publiques au Sénégal, ce qui fera de lui quelque soit le chaos de la fin son règne l’un des personnages historiques les plus importants de notre histoire. Sans Wade il n’y aurait pas d’exception sénégalaise. Et c’est d’hommage que Wade ait répondu aux sirènes de la politique politicienne et non pas à celle de l’histoire après son plébiscite de 2007. S’il avait le sens de l’histoire il aurait du comprendre que son dernier combat politique était la Présidentielle de 2007 et aurait du  après cette élection s’occuper uniquement de sa place dans le panthéon sénégalais à cote de Senghor ou même devant Senghor. C’est cette erreur de perspective qui fait qu’il est aujourd’hui sur plus sur les traces de Hérode ou de Scyllla plutôt que sur celles de De Gaulle ou de Mandela. Etant donné qu’il avait réussi à conjurer le syndrome Soglo ( être élu démocratiquement et  chassé du pouvoir après un mandat), il avait toute la latitude pour l’histoire d’être pour son dernier mandat un chef d’Etat après avoir un chef de clan pour le premier mais le reflexe finit toujours par l’emporter parce qu’au fond l’homme d’Etat qui sommeille en Wade ne s’est jamais réveillé en dix ans. L’histoire ne retient que les grands actes posés par les hommes d’Etat et   non pas par les petites combines politiciennes dont les auteurs n’ont jamais taquiné l’histoire. Et le ticket est une combine politicienne. C’est pourquoi l’histoire retiendra ceux qui sont descendu dans la rue pour dire non plutôt que ceux qui voulu souiller de façon indélébile notre démocratie. Le 23 mai n’est pas une atteinte à l’image du Sénégal mais à celle de Wade. Il n’ya pas de belle image pour une démocratie qu’un peuple qui se dresse pour la défense de sa liberté. Une bastille est tombée ce 23 juin.

La cour Pénale Internationale

Le Président soudanais Oumar Hassan El Béchir qui se pavane en Chine malgré deux mandats d’arrêt internationaux lancés par la Cour Pénale Internationale montre les limites de ce qu’on appelle la « justice internationale » appelée à être la justice des vaincus. Bechir reçu en grande pompe montre les limites de la politique des droits de l’homme qui plie souvent devant la raison d’Etat. Pour la chine le  pétrole soudanais qui lui permet de financer son taux de croissance  et rester ainsi l’usine du monde pèse plus lourdement dans la balance que les droits de l’homme au Darfour. La CPI est devenue un moyen de pression entre les mains de  grandes puissances. Le procureur de la CPI n’est plus libre qu’un procureur au Sénégal. C’est quand même paradoxal que la CPI ait décidé d’inculper Khaddfi qu’après le refus de l’exil qu’on lui proposait sur un plateau d’argent. Ce fut le même procédé avec Gbagbo et Moussa Daddis Camara. Khaddafi , Gbagbo et Daddis sont certes indéfendables mais ce n’est pas convenable ni juste que la CPI écrive sous dictée des grandes puissances et devient un instrument de leur politique militaire et diplomatique

Retour à Weber

Un des profs à Paris disait « Dans les sociales, chaque fois que vous perdez pied, agrippez à Weber et vous retrouverez la terre ferme ». C’est valable aussi pour un Etat à genoux. Il est temps que l’Etat du Sénégal s’agrippe à Weber pour se relever. L’Etat du Sénégal devrait se réapproprier la sagesse  de Weber veut que « l’Etat a le monopole de la violence légitime ». Une justice privée ne peut se développer sur les flancs d’un Etat faible. Lors  des émeutes de lundi, les sénégalais ont touché du doigt la justesse des thèses de Hobbes qui dit que Toute la  violence qui peut provenir de l’Etat est infiniment moindre comparée à celle qui résulte de l’absence de l’Etat. Le lundi en quelques heures Dakar était devenu comme Mogadisho.

diayero@gmail.com

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BLOG DE YORO DIA

La tragédie du Roi Wade

A quel personnage historique vous renvoie la fin de règne du roi Wade ? De Gaulle ? Non, il a su partir à Temps. Mandela ? Certainement pas. Il a réunifié un pays fragmenté. Lincoln ? Pas du Tout.  Il a gagné une guerre et sauvé l’union alors que Wade n’a pas trouvé de solution à la crise casamançaise, notre crise nationale la plus grave. L’histoire a dit de lui  « qu’il a été un grand bâtisseur. Apres Salomon, il a bâti second temple de Jérusalem,  Césarée, Herodion de grands théâtres, des routes mais sa fin de règne fut catastrophique ». La fin de règne de Wade ressemble de plus en plus à celle de Herode le Grand, le plus grand bâtisseur  de l’histoire du peuple juif après David et Solomon. Comme Herode, Wade a été un grand bâtisseur avec des routes, un monument et un grand théâtre mais sa fin de règne devient de plus en plus chaotique parce que comme Hérode il est hanté par sa succession comme tous les personnages dans l’histoire se sont crus indispensable. Leon Trotsky théorisait la révolution permanente, Wade applique la tension permanente et « s’interdit de s’interdire » quoi que ce soit. La clameur de la révolte contre les délégations spéciales ne s’est pas encore estompée que Wade créé un autre foyer de tension. Ce dernier risque d’être la tension de trop car elle a déjà crée le miracle de l’union sacrée de l’opposition et de la société civile contre Wade. Ce projet est une régression démocratique parce qu’il fait faire à notre vielle démocratie un bond en arriere de 30 ans avec la résurrection de l’ancien article 35 de la constitution. Cet article avait permis à Diouf d’hériter de la Présidence sans être élu.  C’est cet article que l’opposant Wade avait violemment combattu que ressuscite le Président Wade.  Régression démocratique parce que la démocratie est avant tout une question de traditions et de gentlemen. L’Angleterre la mère des démocraties n’a pas de constitution et se fonde sur ses traditions, nul ne songe aux Etats Unis à revenir sur les traditions démocratiques. Un pays qui considère sa constitution comme un patchwork a une tradition électorale mais une tradition démocratique. Ce n’est pas une question d’institutions mais une question d’hommes. La tradition  démocratique commence quand les hommes s’adaptent aux institutions. Avec l’alternance, le Sénégal l’avant-garde démocratique est devenu l’arrière garde. On est tellement à l’arrière garde que notre vielle démocratie est sous la tutelle de l’ambassade de Etats Unis et l’Union Européenne. Comme Hérode, Wade a été un grand bâtisseur mais il été aussi un grand destructeur. C’est une grande tragédie que cet  homme qui est le pilier de l’exception sénégalaise  pour avoir démontré que l’opposition légale était possible en Afrique et qui a été à l’origine de l’alternance finisse son règne comme un Scylla ou Hérode et non en De Gaulle ou Mandela.

Le gâchis

Les passions et les énergies que suscite le débat sur le projet de loi sur le ticket présidentiel  démontrent les avantages de la stabilité institutionnelle et par conséquent le gâchis de la tension permanente.  L’élite du pays mobilise ses idées et son énergie pour défendre ou descendre le projet de loi alors que le pays vit les délestages les plus catastrophiques de son histoire, va encore perdre la bataille des inondations et de la prochaine campagne agricole. Avec la stabilité institutionnelle, la question des règles du jeu étant réglée, le débat entre majorité et opposition porte sur des questions essentielles. C’est pourquoi l’histoire démocratique d’un pays se divise toujours en deux parties. Dans la première partie la question essentielle tourne autour des questions de la participation et la seconde phase sur les questions économiques et de société. L’élection de Wade en 2000 aurait du nous permettre de  d’entrer dans la seconde phase  mais avec le grand bond en arrière des abus de majorité, le Sénégal est retourné dans la phase primaire de la démocratie alors que le Benin, le Mali en sont dans la seconde phase. Et ce n’est pas par hasard que ces pays soient plus performants que nous sur le plan économique. La vice Présidence va aggraver l’inflation institutionnelle qui sévit au Sénégal. Comment s’y retrouver entre le Président, le vice Président, le Président du Senat, le Président de l’Assemblée, le Président du Conseil Economique et Social et le Premier Ministre. Ne nous couvrons de ridicule en voulant réinventer la roue. Le système politique qui nous a permis d’avoir l’alternance exemplaire de 2000 a fait ses preuves. Il fallait juste bâtir un consensus autour et l’utiliser comme socle pour bâtir une tradition démocratique mais malheureusement la tension permanente voulue par Wade nous condamne au même sort que Sisyphe

Le vrai lieu de débat

L’acte de Cheikh Bamba Dieye au delà du coup  d’éclat confirme la constante de la démocratie moderne. Un député qui s’enchaine devant les grilles de l’hémicycle illustre que le Parlement n’est plus le principal lieu de débat surtout avec l’actuelle législature. Dans les démocraties modernes, les medias et la rue sont devenus les principaux lieux de débats. C’est pourquoi les débats se font d’abord sur les ondes et dans la rue avant le parlement. Cette tendance de la démocratie est au croisement de deux formes de légitimités : la légitimité médiatique et la légitimité politique. On peut y disposer de la légitimité politique ( elu à mais de légitimité médiatique ou l’inverse . Alioune Tine qui n’a aucun mandat électif jouit d’une grande légitimité médiatique plus forte que celle de beaucoup d’élus. Cheikh Bamba Dieye a été très bien inspirée en posant cet acte. Qui l’aurait écouté à l’intérieur de l’Hémicycle ? Cette stratégie green peace est redoutablement efficace dans une démocratie médiatique.

Afghanistan : Karzai orphelin de Ben Laden.

Le Président afghan doit regretter amèrement la mort de Ben Laden. Ben Laden mort les américains vont en profiter pour se retirer et « afghaniser » le conflit comme ils avaient « vietnamiser » la guerre Vietnam pour se retirer. En termes simples « afghaniser » le conflit veut dire  laisser Karzai se débrouiller face aux Talibans qui auront ainsi un boulevard pour revenir à Kaboul. Les contacts entre les américains et les talibans sont le premier acte de  l’afghanisation du conflit qui ne peut que rencontrer l’assentiment des talibans qui n’ont jamais eu d’autres agendas que celui interne ( prendre le pouvoir à Kaboul et transformer l’Afghanistan en émirat). Ben Laden était au fond une rente pour le Pakistan et l’Afghanistan. L’épouvantail Ben Laden permettait au Pakistan de jouir de la rente de sa position stratégique dans la lutte contre Al Qaeda et  l’Afghanisatan  et à son Président de jouir du parapluie américains. Ainsi on comprend pourquoi le Pakistan n’a jamais fait preuve de zèle dans la traque de Ben Laden.

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Le Blog Notes de Yoro Dia

La grande diversion

Le grand politiste israélien Yaron Ezrahi nous enseigne que  « L’autorité, le fondement de la gouvernance est générée soit par la confiance ou la peur ». Pour les dictatures l’autorité se fonde sur la peur alors que pour les démocraties elle se fonde sur la confiance. Chaque semaine  dans notre pays, la confiance qui est le fondement de l’autorité en démocratie s’érode inexorablement.  La dernière sortie du Porte parole du Président de la république justifiant l’achat d’un terrain à plus d’un milliard pour Abdoulaye Wade avec l’argent public (les fonds politiques) est une souillure de la fonction Présidentielle. C’est comme jeter un tas d’immondices sur de la soie blanche. L’acte est légal mais il est fondamentalement immoral.  On peut tout reprocher au Président de la république sauf d’être rusé et très intelligent. C’est pourquoi je suis de ceux qui pensent qu’il a demandé à son porte parole d’organiser la diversion sur les fonds politiques parce que c’est le moindre mal car c’est un scandale purement moral et médiatique. L’argument des fonds politiques rend immédiatement la Centif incompétente. Ah quel beau  scandale si la Centif devait se saisir de l’affaire. L’argument des fonds politiques vise entre autres à éloigner les nez renifleurs de la Centif et de la presse. Apparemment ça marche. Le dernier acte de la mise en scène digne de William Shakespeare a consisté à faire deux annonces : la transformation de la maison de Senghor en musée présidentiel et le village de Fesman aux étudiants. En Finance on aurait parlé de « compense » mais en politique cela devient faire semblant de donner de la droite pour meiux prendre de la gauche.

Les xoys : ces honoris causeurs

La résistance de nos cousins sérères à lumière de la religion et de la raison est fort remarquable. Autant d’efforts pour rester dans l’obscurantisme. Malgré, la longue chevauchée de Maba Diakou Ba, le périple de Mansa Waly, le faisceau lumineux de Cheikh Ahmadou Ba, les sérères sont encore dans la caverne et refusent de voir la lumière que les Peuls leur apportent depuis la nuit des temps. Comme dans le mythe de caverne de Platon, ils peuvent sortir de la caverne mais ils s’empressent d’y retourner avec les leurs xoys. Historiquement, il parait que nos chers cousins sérères ont quitté le Fouta pour fuir la lumière. Leurs cousins peuls qui ont le lourd fardeau de la mission civilisatrice les ont poursuivis jusqu’au cœur du Sine et du Baol pour leur apporter la lumière mais leur mission est comme celle de Sisyphe. Quand on voit un sérère tirer du chapelet, on se dit que malgré tout nous n’avons pas semé dans le désert mais les xoys nous rappellent annuellement le long chemin qui reste à parcourir pour qu’ils ne retournent pas dans la caverne. Au fond plus sérieusement j’ai toujours pensé que les xoys ne n’etaient que des anticipations rationnelles que les saltigués ratent souvent d’ailleurs. Ils nous avaient annoncé pour les manifestions  du  19 mars 2011 des « torrents de sang ». A l’arrivée, nous n’avons même pas eu une goutte de sueur car les manifestations avaient été autorisées et encadrées. En fait  chez les sérères ceux qui ont de vrais pouvoirs mystiques ne l’exhibent pas, surtout pas à la télé. Les xoys, ce n’est plus de l’info. L’information, c’est que ces élucubrations obscurantistes de nos cousins sérères soient aujourd’hui un des plus grands rendez vous de l’agenda médiatique. En outre, en  marge de la commémoration de la rencontre entre Serigne Touba et Bour Sine on apprend qu’il va être crée à Diakhao, un centre d’études sur les cultures et civilisations sérères. C’est fort intéressant. Dans l’histoire et la civilisation sérère si peut parler de civilisation sérère, il y a naturellement deux phases : la première qui va des origines à la rencontre avec les peuls ( ce qui équivaut à la jahila typiquement serrere)  et la seconde qui va la rencontre avec les Peuls qui leur apporte la lumière jusqu’à jours. Evidemment les xoys sont des survivances de la première phase qui permettent de montrer aux sérères ce qu’ils doivent à leurs maitres. Pardon à leurs seigneurs. Last but not least quand Mahmoud Saleh avait parle de coup d’Etat rampant, il avait été convoqué à la DIC. Qu’attend donc la DIC avec les xoys qui annoncent un coup d’Etat debout ?

Indice de Prospérité

Legatum Institute ( le think tank) qui publie annuellement l’indice de prospérité et Omydyar Net ( crée  Pierre Omydyar fondateur de Ebay)  vont débourser  160 millions pour  le PRIX AFRICA AWARDS 2011 qui va  récompenser l’entreprenariat et l’innovation en Afrique. Sur africaawards.com, on  constate que c’est du sérieux parce que  seules les entreprises dont le chiffre d’affaire se situe entre 450 millions et un milliards sont éligibles. Ce prix très connu dans les pays anglophone Afrique du Sud, Ghana, Nigeria et Kenya est ouvert cette année à tous les pays africains.

Le Prix ‘Africa Awards’ pour l’entreprenariat récompense les chefs d’entreprise africains qui incarnent l’esprit d’entreprise et les candidats sont jugés sur des domaines clés tels que la rentabilité, le retour sur investissement et la croissance; la stratégie professionnelle à long terme; le leadership, la culture et les valeurs; l’investissement dans les employés; l’innovation pour répondre aux besoins du marché; et surtout sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Legatum Insitute qui parraine le prix est connu pour son  «  Indice de Prospérité » portant sur 110 pays. Il est préférable d’insister sur un indice de prospérité plutôt que sur celui de la pauvreté parce qu’en faisant des  entrepreneurs sont les « moteurs de la croissance », un pays qui franchit les barrières économiques et par conséquent  les contraintes sociales. Depuis Adam Smith et sa bible de l’économie de l’origine de la richesse des Nations, il a été démontré que l’entreprenariat et l’accès aux opportunités sont de loin les indicateurs les plus étroitement liés à la prospérité globale d’une nation.  Le dernier exemple a été la Chine. Le fameux « quand la Chine s’éveillera » n’a pu se réaliser que  Deng Xiopping a lancé aux chinois « Enrichissez-vous ». La Chine s’est éveillée  parce que l’entreprise y est devenue le moteur de la croissance. En tout cas la Chine montre qu’il est préférable d’avoir tort avec Adam Smith plutôt qu’avoir raison avec Marx.

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Le Blog Notes de Yoro Dia

« Force doit rester à la loi » mais aussi suffrage
Dans un Etat de Droit, quand on dit que « force doit rester à la loi », on pose comme postulat la supériorité morale de la loi. C’est pourquoi on admet la « violence légitime de la loi ». Dans l’affaire de Sangalkam, il est évident que la morale n’est pas du cote de loi. Le combat de jeunes de Sangalkam est celui de tous les démocrates. Evidement il est important rappeler que « force doit rester à la loi » mais il est vital de dire que « force doit rester au suffrage » aussi longtemps que nous serons en démocratie. Le découpage qui consiste pour le Président de la république à reprendre aux élus de la main gauche, ce que le peuple leur a donné de la main droite est fondamentalement contre les principes qui régissent la démocratie. C’est légal mais ce n’est pas moral et sans le caractère moral et le sens de l’intérêt général, l’autorité devient un pouvoir. Et ce qui se passe à Sangalkam, est une affaire de pouvoir et même d’un abus de pouvoir d’où la légitimité de la résistance des populations face à l’arbitraire administratif. La semaine dernière, je vous parlais de dilemme cornélien des juges au Sénégal pris entre le marteau de l’exécutif et l’enclume de l’opinion. La même chose est valable pour les gendarmes pris entre le marteau du devoir sacré d’obéissance à l’autorité et l’enclume des combines politiciennes. Les conflits politiques trouvent toujours des solutions politique mais il est temps de mettre les institutions de la République ( Justice, administration et forces armées ) à l’abri des petites querelles politiciennes. Le ministre de collectivités locales a joué à la roulette russe et a pris la « balle politique » il doit en tirer toutes les conséquences. Il n’y a pas de pouvoir sans responsabilité et la sienne est personnellement engagée dans la mort du jeune Malick Ba. Il ne faudrait pas qu’on essaie de faire porter le chapeau à la gendarmerie et qu’on la transforme en bouc émissaire parce que son statut la prédispose à être l’agneau du sacrifice à l’autel de l’irresponsabilité illimitée des politiques. Les responsables du drame de Sangalkam sont ceux qui ont voulu arracher la main gauche ce que le peuple a donné de la main droite, ceux qui ont voulu substituer un godillot à un élu pour des raisons électoralistes et foncières. Sangalkam est avant tout une bavure politique et Malick Ba tout comme la gendarmerie nationale en sont les victimes et les seuls coupables sont ceux qui asservissent et avilissent des institutions pour des raisons électorales et des règlements de comptes de politiciens. Last but not least on ne peut pas vouloir promouvoir la décentralisation et faire du Bonapartisme en brandissant en permanence et de façon arbitraire l’épée de Damocles des délégations spéciales sur la tête des élus locaux de l’opposition.

Sarkozy sur les traces du marquis de la Fayette
La France et les Etats Unis, bien qu’ils soient amis et alliés depuis des siècles ont toujours eu des relations très passionnées et s’entendent difficilement. L’entente est assez difficile parce que les deux pays ont chacun un projet universaliste et deux révolutions reconnues universellement comme les deux piliers du triomphe de la « République » sur les « principautés » à savoir les monarchies et les autres régimes assimilés. Si selon le bon mot de Hegel la révolution française a été « fantastique lever de soleil », la révolution américaine a annoncé le crépuscule des systèmes politiques fondés sur le hasard de la naissance. Les frictions entre les deux projets universalistes ont jalonné l’histoire de relations franco américaines qui ont aussi connu des sequences d’une amitié exemplaire. La relation particulière entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama rappelle l’amitié entre Georges Washington, le chef des insurgés américains et le marquis Gilbert du Motier de la Fayette qui à 19 ans a mis ses moyens financiers et son expertise militaire au service de la révolution américaine, ce qui fit du jeune marquis, un « héros des deux mondes et des deux révolutions ». Depuis le maquis de la Fayette, Sarkozy est probablement le plus pro-americain des hommes politiques français et depuis Ben Franklin (auteur de la célèbre formule « tout homme a deux patries, sa propre patrie et la France pour les valeurs de 1789 ») les américains n’ont pas eu un homme d’Etat aussi ouvert sur monde que Obama ».Obama et Sarkozy font effacent les relations très heurtées entre De Gaulle et Roosevelt, la sortie de l’Otan pour ne pas mettre la France sous commandement américain, la croisade de Mitterrand pour l’exception culturelle qui consistait à mettre la culture française sous verre comme si le Rambo de mondialisation voulait couper le nez de Cyrano de Bergerac sans oublier la bras de fer autour de la guerre d’Irak et le fameux dialogue critique théorisé par le Quai d’Orsay avec l’Iran des mollahs alors que les américains voulaient plus de fermeté. Cette embellie des relations entre la France et les Etats Unis est due au fait que Obama et Sarko sont les deux Premiers Présidents mondialisés des deux pays et dans la mondialisation l’hyper puissance se rend compte qu’entre le « multilatéral quand nous pouvons » et unilatéral quand nous devons » il faut choisir le multilateral et la France a compris l’exception française ne signifie pas le pays et sa culture sous verre. La relation très particulière entre les Etats Unis et l’Angleterre ont été pendant très longtemps le pilier des relations trans-atlantiques qui connaitront leur apogée avec le couple Bush-Blair mais le pole de la relation transatlantique se déplace petit à petit de l’autre cote de la manche avec Sarkozy sur les traces de la Fayette et de Churchill pour être citoyen d’honneur des Etats Unis.
Obama, Karim et la schizophrénie nationale
Le débat passionné autour de la poignée de main entre Obama et Karim Wade montre que le pays vit dans une pleine schizophrénie nationale. Les contempteurs de Karim comme ses fédayins sont victimes d’une même maladie : le complexe et le défaut d’orgueil national. Qu’est ce que serrer la main de Obama et lui être présenté fortuitement entre une photo de famille et son départ ? Franchement pas grand-chose. Notre couseur Maimouna N’dour Faye a eu plus elle qui a été invité par Obama à la Maison Blanche, ce que notre illustre Président n’a pas réussi à avoir depuis 4 ans. La passion autour de cette poignée montre de façon inconsciente que nous souffrons d’un Kwashiorkor politique due à un sevrage politique brutal qui s’appelle indépendance et qu’on a pas encore intériorisé d’où cette importance qu’on donne à la France et à son Président, à la poignée de main fortuite entre Karim et Obama dans la course à la succession. Ah que c’est pénible cette schizophrénie nationale qui fait courir notre Président depuis 4 ans derrière une audience avec Obama et qui déchaine des passions nationales parce que Obama a serré la main de Karim Wade. C’est élémentaire mais il faut le rappeler. Serrer des mains même celles de personnes qu’on ne connait fait partie du job d’un homme politique et donc du job du Président des Etats Unis. C’est une banalité extraordinaire

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Bientot le sommet Malte-Afrique

Le maillon faible se rebiffe

La justice est le service de l’Etat qui porte le nom d’une vertu.  C’est ce principe qui justifie cette exception démocratique accordée aux juges. Dans une démocratie, il y a toujours un primat de l’élu sur le nommé ne serait que pour une simple question de légitimité. Les juges ne sont pas élus mais ils ont souvent une légitimité plus forte que ceux qui le sont parce ils sont  les gardiens des vertus de la république et le graal du contrat social dont le nœud est le fameux fable de la  Fontaine « selon que vous soyez puissants ou misérable, les jugements de la cour vous rendront blanc ou noir ». Les textes de notre République accordent une très grande liberté aux juges parce qu’ils en font un pouvoir alors que qu’en France  la justice est  encore une autorité. Quand un juge veut être libre, il peut l’être mais nos honorables juges ont développé pendant longtemps le syndrome de la servitude volontaire. D’ailleurs c’est cette servitude volontaire qui fera dire à Wade qu’ils sont sont comme ces « esclaves » qui finissent toujours par revenir à la maison du maitre après avoir été libérés par peur de l’indépendance. Wade opposant a toujours affirmé « « il n’y pas de magistrature indépendante mais des juges indépendants ». L’affaire Bara Tall,  celle qui a opposé Mademba Sock à l’Etat du Sénégal lors de la grève de Sutelec à la fin des années 90  et surtout les nombreux juges qui ont sauvé  Wade opposant  de la guillotine socialiste le prouvent. La justice, le maillon faible de notre système par une politique des petits est entrain de faire sa révolution. Comme dit Theda Scokpcol «  on ne fait pas la révolution, elle finit par arriver ». La révolution est arrivée dans la justice et aucun bonapartisme de l’exécutif de pourra la faire reculer. Dans la même semaine le procureur Ousmane Diagne a cru devoir rappeler qu’il est l’avocat de la société pas du gouvernement alors que le Président de l’UMS rappelait que la Justice est un pouvoir indépendant des deux autres et exigeait par conséquent plus d’indépendance. Quelle fascinante époque nous vivons. Les deux piliers de la démocratie sont une justice libre et une presse libre. Pour la presse, la révolution a été faite depuis longtemps et c’est une excellente chose pour notre démocratie que la justice, le maillon faible entame sa révolution pour se libérer de la servitude volontaire. Un autre grand combat attend la justice et tout le pays. Il faut passer de quelques magistrats indépendants à une magistrature indépendante c’est-à-dire comme aux Etats Unis que la logique  de système l’emporte sur celle l’acteur. Ainsi les juges n’auront pas un destin aussi ingrat que le fichier électoral. C’est une jurisprudence sénégalaise initié par Wade opposant et perpétuée par Niasse et Tanor. Quand l’opposition ‘ gagne une élection, point de débat sur le fichier mais quand on perd c’est forcement le fichier. Quand Bara Tall gagne son procès, la justice est forcement indépendante, s’il l’avait perdu, on aurait dit qu’il ne pouvait que le perdre parce que le juge a forcement écrit sous la dictée de l’exécutif. Dur d’être juge au Sénégal où on est pris entre le marteau de l’exécutif et l’enclume de l’opinion.

Bientôt le sommet Malte-Afrique et Duche du Lichtenstein-Afrique

Les chefs d’Etat africains adorent la servitude volontaire. Ce qui fait que malgré le milliard d’habitants du continent et ses immenses potentialités, les africains sont toujours des sujets de l’histoire et des relations internationales pas des acteurs. C’est pourquoi après les sommets France-Afrique, Japon-Afrique, nous avons maintenant le sommet Inde-Afrique et bientôt les sommets Malte-Afrique ou Singapour Afrique. Et les chefs d’Etat africains se déplaceraient aussi massivement pour le sommet Singapour Afrique comme ils le font pour les sommets Chine Afrique ou France Afrique. Le sommet Inde Afrique illustre à merveille ce qui a été à l’origine de décollage de l’Inde et qui fait singulièrement défaut à l’Afrique : l’orgueil national. J’écris souvent dans ces lignes que le tiers monde est devenu un club africain parce que les autres membres du club comme la Chine et l’Inde sont appuyées sur leur orgueil national pour rejoindre le 1er monde ( le monde développé). Ce sommet illustre l’absence d’ambition des élites politiques africaines qui se font trimbaler d’un sommet à un autre par des pays qui les utilise comme des attributs de leur puissance, des éléments du décor de leur politique extérieure. L’Inde est pays fascinant, elle a donné à l’humanité le Taj Mahal (cette larme sur la joue du temps, symbole eternel de l’amour), le Bouddha  et la kamasoutra. L’Inde qui est passé en quelques décennies de la famine, du livre de la jungle à des OPA sur des entreprises européennes ( Mittal) est un excellent exemple pour l’Afrique parce qu’elle montre le sous développement n’est pas une fatalité et la volonté d’une élite responsable est plus forte que toutes les thèses culturalistes et  les lourdeurs du déterminisme sociologique. En se rendant massivement à Addis Abeba, les dirigeants africains n’ont pas retenu la leçon fondamentale de l’Inde : l’orgueil national qui a permis à l’Inde de s’interdire de tendre la main pour nourrir ses millions de pauvres mais qui lui a permis de faire sa révolution agricole. N’est ce que Shakespeare qui disait que « la nécessité est la mère de l’imagination ». Le développement de l’Inde est un développement shakespearien. Quand on refuse la solution facile de tendre la main comme les indiens dans les années, on est obligé de trouver des solutions endogènes comme la révolution agricole ou le boom technologique. Pour trouver sa place dans la mondialisation comme l’Inde, il faut être acteur et non se complaire dans la servitude volontaire qui consiste à changer de maitre en passant de la France à l’Inde en passant par la Chine et bientôt Malte ou le Lichtenstein. Un sommet Duché du  Lichtenstein-Afrique est fort possible. Et il est fort à parier que duché va mobiliser va battre le record de participation  de chefs d’Etats

Obama à Westminster

Obama est le premier Président des Etats Unis à prononcer un discours à Westminster (le plus vieux parlement du monde). Cela traduit les relations particulières entre les Etats Unis et la Grande Bretagne qui chaque fois qu’elle a du  choisir entre le vieux continent et le grand large « a toujours choisi le grand large » comme disait Churchill. La relation entre les deux pays est tellement forte que Président des Etats Unis travaille sur un bureau offert par la Reine Victoria en 1856 et il ne viendrait à l’idée d’aucun Président des Etats Unis de le changer. Winston Churchill, une des rares personnalités à être élevées au rang de citoyen d’honneur des Etats Unis disait que la déclaration d’indépendance des Etats Unis est la meilleure illustration des libertés publiques anglaises ( de la Magna Carta jusqu’à la glorieuse). La Grande Bretagne a toujours préféré sa relation particulière à l’intégration européenne. Quel est le fondement de cette alliance entre l’une des plus veilles monarchies du monde et la plus veille république depuis Rome : John Locke ( Liberalisme politique) et Adam Smith ( Liberalisme economique). Au fond les Etats Unis ne sont rien d’autres qu’une bonne synthese entre l’amour de la liberté héritée des britanniques et la résurrection de la grandeur de Rome dans le nouveau monde.

Yoro Dia

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“Indignez vous”

La douce plaisanterie de la candidature unique

La candidature de Macky Sall a au moins un mérite. Elle va mettre un mettre un terme à la douce plaisanterie de candidature unique de l’opposition pour la présidentielle de 2012. C’est une douce plaisanterie parce que les dirigeants de Benno sont les premiers à être convaincus que c’est impossible. Il n’est pas imaginable pour quelque raison que ce soit que Moustapha Niasse renonce à sa  dernière course et sa dernière chance d’être Président en s’effaçant au profit de Tanor. La candidature de Tanor est inévitable parce qu’on voit mal que PS qui est arrivé devant l’AFP lors de la Présidentielle saborder la candidature de Tanor pour donner à Niasse sa dernière chance. Cela tombe sous le sens qu’il y aura au moins trois candidats dans les rangs de Benno. La  pluralité de candidatures n’offre que des avantages à Benno. Premièrement le premier tour va servir de primaires entre les ténors de Benno et régler ainsi de façon démocratique et transparente la question de la représentativité. Mieux encore, la pluralité de candidature est la meilleure façon d’amener Wade au second tour. Dans une élection Présidentielle toute voix qui n’est pas pour le sortant est forcement contre lui et la pluralité de candidats maximise le nombre de voix contre le sortant. Par exemple si Talla Sylla se présente et a mille voix, c’est mille voix de perdus pour Wade. Si Niasse est candidat unique, il y a toute une frange du PS qui ne votera pas pour lui. Si Tanor est candidat unique, tous ceux qui sont contre la restauration de l’ancien régime ne se déplaceront pas  ou voteront Wade. Par contre plus il ya de candidats plus il ya de voix contre Wade et plus il y a de chance d’aller au second tour. D’ailleurs la Présidentielle 2000 est un excellent exemple. Diouf est parti au second tour parce qu’il avait plusieurs candidats en face. Benno ne s’est pas encore remis du miracle électoral de 2009. En prônant une candidature unique pour une présidentielle à deux tours, Benno se trompe d’élections. Dans une Présidentielle, le fameux « raw gadou » qui leur a permis de remporter les locales de 2009 dans les grandes villes n’est valable que pour le second tour. Last but not least, les candidats de la société civile s’imaginent faire le consensus et  d’une investiture de Benno sont entrain de rêver et chez Lacan quand on rêve c’est qu’on est dans un sommeil profond. Les potentiels candidats societe civile qui se prennent pour un messie et pour un l’homme providentiel resteront longtemps dans ce sommeil profond.

Affaire DSK « Indignez-vous »

Les partisans de Dominique Strauss Kahn avaient déjà un slogan. Ca  devait être Yes He Kahn. Maintenant quelque  soit l’issue de l’affaire c’est No he can’t. Que dire de plus dans l’affaire Strauss Kahn ? Rien d’autre que reprendre la belle formule de Charles Maurice de Talleyrand qui disait de Napoleon « Quel dommage qu’un si grand homme soit aussi mal éduqué ». C’est dommage qu’un si grand esprit comme Strauss Kahn  soit si dépendant de sa libido. Il faut avoir assisté à un cours d’économie de Strauss Kahn à l’amphi Emile Boutmy de Sciences Po Paris pour se rendre compte qu’il est un esprit supérieur. Autant Jean Paul Fitoussi était technique et ennuyeux autant DSK était magistral et captivant. DSK, Paul Krugman, Jo Stiglitz et Amatya Sen sont probablement les meilleurs économistes de notre temps. DSK a montré toute l’étendue de son talent à la tête du FMI en « re-crédibilisant » l’institution moribonde et complètement discréditée  après la crise asiatique des années 90.  Le FMI s’était donné une nouvelle mission et une nouvelle vision grâce à la notoriété de son DG. La notoriété de Strauss Kahn et son talent ont contribué au moins à plus de 50 % à la renaissance du FMI qui est passé du sapeur pompier qui voulait éteindre l’incendie de la crise asiatique avec des réservoirs vides à une institution qui anticipe, qui participe au débat économique et à la reforme de l’économie et de la Finance mondiale. Pour les français DSK était le meilleur candidat pour aider la France à affronter la mondialisation parce qu’il est l’incarnation des  élites mondiales contrairement aux élites provinciales. Bref un candidat global pour un monde globalisé. Il avait presque réussi son coup mais lui qui contrôle les finances publiques des Etats du monde n’a pas pu contrôler ses pulsions. Quel dommage pour un si grand homme et un si grand esprit. Grosse perte pour le FMI et la France mais grande victoire pour la justice. « Indignez vous » pour reprendre le livre du grand sage Stéphane Hessel. Indignez vous donc de l’indignation de la France sur le sort réservé à Strauss Kahn. Cela montre la différence de culture entre les deux rives de l’Atlantique. La France même si elle a coupé la tête de Louis XVI et aboli les privilèges dans la nuit du 04 aout demeure une société de privilèges alors que pour les américains qui n’ont pas de passé monarchique, l’égalité surtout devant la loi est le socle de leur contrat social. Pas de privilèges pour qui que ce soit devant loi à commencer par le Président de la république ( Nixon a du quiiter son fauteuil  et Clinton a échappé à la guillotine de peu), ni pour les Stars ( Michael Jackson menotté). Les charges qui pèsent contre le DG du FMI sont très graves et il ne mérite pas un traitement de faveur. C’est le charme de l’Amérique, le seul pays qui applique à la lettre le fable de la fontaine « selon que vous soyez puissants ou misérable, les jugements de la cour vous rendront blanc ou noir ». « Indignez vous » donc devant ces âmes bien pensantes qui veulent transformer la victime ( Nafissatou Diallo) en coupable.

Le bon sens de karamoko

Vous savez pourquoi j’adore Dialgati xibar que je ne rate jamais ? Au delà de l’humour et du droit de quolibet, c’est une grande école du bon sens. La semaine dernière c’est Karamokho qui a apporté une solution toute simple à une question qui empoisonne l’espace public depuis des semaines à savoir la question des cartes nationales d’identité. Karamokho a demandé à l’opposition de se mobiliser pour demander aux citoyens d’aller retirer les cartes déjà disponibles ( des milliers dans les commissariats) au lieu de polémiquer sur les futurs inscrits. C’est du bon sens. Rien que du bon sens. On ne peut avoir des milliers de cartes non retirées et croiser le fer pour dire que l’administration empêche les citoyens d’avoir leur pièce d’identité. Autre question que je me pose avec mon gros bon sens. Si nous raisonnons par l’absurde, comment dans un commissariat on peut savoir les intentions de vote de quelqu’un et lui empêcher d’avoir sa carte. C’était un faux débat. Ce qui fait l’opposition fut fort gênée quand Wade en fin politicien a dégonflé la bulle politicienne en permettant les inscriptions avec les récépissés de dépôt. Cette histoire de cartes montre la pauvreté et l’ennui mortel du débat politique à moins de 8 mois de la Présidentielle

Yoro Dia

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Redemtion Songs

Le spectre de Ben Laden

La semaine dernière, je vous disais que Ben Laden commençait la deuxième phase de sa carrière (celle du fantôme qui hante l’Amérique) après avoir été une icône du jihadisme (la première phase de sa carrière). Immerger son corps dans l’immensité de l’océan ne va pas diluer son impact et le faire disparaitre  comme les traces d’un chameau après une tempête de sable. Cette seconde phase de la carrière de Ben Laden commence bien parce que sur Google l’intérêt pour Ben Laden a détrôné en quelques jours le mariage dit du siècle entre  William et Kate. C’est carrément un crime de lèse majesté.  Le fameux baiser sur le balcon de Buckingham détrôné par un bédouin recul à Abbotabad avec deux bœufs et une centaine de poulets. Le dernier Zeitgeist (Air du temps en allemand) et qui permet se savoir ce que les Sénégalais cherchent sur Google place Ben Laden en tête. Il est suivi de Gbagbo et de  Abidjan.net. C’est fort intéressant parce qu’il montre l’intérêt des sénégalais pour les affaires internationales ( en 2010 Daddis Camara était à la tête du Zeitgesit annuel). Depuis plus de trois mois, pour le Sénégal,  Outtara et Gbagbo jouent des coudes pour être la tête du Zeitgeist mensuel de Google.  C’est un bon signe que les jeunes sénégalais ( les internautes sont essentiellement jeunes) s’intéressent à la politique internationale parce c’est synonyme d’ouverture. Il est par exemple admis que  l’Amérique est l’un des pays où l’on s’intéresse le moins à la politique internationale ( d’ailleurs peu d’américains ont le passeport) à l’exception notoire des élites cosmopolites de New York des neo conversateurs et qui s’intéressent plus à l’international qu’aux questions internes. Cette culture générale qui vous ouvre l’esprit était la principale force de notre système scolaire. Combien de jeunes étudiants sénégalais sont arrivés en France avant de se rendre compte qu’ils connaissaient plus la géographie et l’histoire de France que beaucoup de leurs camarades français ?  Dans ce système les jeunes écoliers se passionnaient pour le tour du monde en 80 jours alors que dans l’actuel on s’y passionne  pour le Yuza  et la lutte et lieu et place du l’enfant noir ou du petit prince de Saint Exupery.

« Re-presidentialiser » la Présidence de la Republique

Le successeur de Wade devra en urgence « represidentialiser » la fonction présidentielle en donnant à la Présidence le prestige qu’il a perdu avec Wade.  Le cœur de l’Etat (le prestige qui n’existe pas sans distance) a été gravement atteint le cannibalisme ontologique de l’électoralisme débridé des libéraux. Le docte cerveau du Président de la république devrait plus se concentrer sur la réconciliation nationale ( paix en Casamance et dialogue avec l’opposition) qu’a la réconciliation entre deux gladiateurs ( Modou Lo et Balla Gaye). A Rome les combats de gladiateurs servaient surtout à distraire la plèbe mais ils n’avaient pas droit de citer au capitole. Au Sénégal l’élite est allée à  Canossa devant les gladiateurs par pur électoralisme. Franchement il ne doit pas y dans le cerveau tellement sollicité  et le temps si précieux du Président de la république  une minute pour s’occuper des caprices de gladiateurs de Balla Gaye et de Modou Lo. La lutte est notre sport national. Tout le monde en convient mais on lui accorde trop de temps et trop d’importance pour un sport. Les politiques qui vont à Canossa  devant des lutteurs est riche d’enseignements. Le développement n’est rien d’autre que  la mobilisation des énergies individuelles pour un projet collectif. Dans ce domaine  les gladiateurs ont réussi là les politiques ont échoué parce qu’ils réussissent à mobiliser des énergies individuelles vers l’arène. Que la plèbe se passionne pour l’arène et les  promoteurs et les operateurs de téléphonies suivent pour des raisons commerciales et en fassent un phénomène d’opinion, c’est acceptable mais que le sommet de l’Etat suive. Ce n’est pas convenable. Imaginez ce que serait le Sénégal si  cette formidable énergie qu’on mobilise pour l’arène était orientée vers le développement. C’est connu. La nature a horreur du vide. L’énergie débordante des jeunes ( les 2/3 de population ont moins de 30 ans) que les politiques ont été incapables de mobiliser pour le combat du développement a été captée par les gladiateurs et les promoteurs en une mine d’or. L’ascension des gladiateurs à la place des penseurs illustre le piétinement intellectuel du Sénégal. Ce changement de paradigme est très grave pour l’avenir du pays. Quel avenir pour un pays où le rêve de tous les jeunes écoliers est aujourd’hui de devenir lutteur. Quel avenir pour un pays où le Premier Ministre est plus présent à l’arène que sur la question de l’énergie ou de l’éducation ? Avec des jeunes qui ne rêvent que de devenir lutteur, on doit se demander si notre système académique va être va mesure de produire dans quelques années des grands esprits comme Senghor, Wade , Cheikh Anta, Amadou Makhtar Mbow Boris Diop , Mamadou Diouf et Bachir Diagne ? Rien n’est moins sur. Wade est le produit d’un système scolaire qui lui permettait de  rêver et partager par la lecture «  les aventures de Guynemer ». Aujourd’hui les cours des écoles sont transformées en terrain d’entrainement pour les lutteurs. Un pays où Pape ndiaye Thiopet est plus connu que Cheikh Anta Diop, ou des gladiateurs qui n’ont pas le Bac sont devenus les références des écoliers et apportent un supplément de légitimité au Premier Ministre et même au Président de la république doit se poser des questions sur avenir. Un pays se construit avec des élites pas avec des gladiateurs dont la mission initiale chez les romains consistait à amuser la plèbe.  Dans le Sénégal de Wade, nous ne sommes plus dans le populisme mais c’est l’élite est devenue plébéienne. C’est pourquoi la république est allée à Canossa devant les gladiateurs qui font appel à l’émotion et aux tripes des citoyens alors la république se devait de faire appel à leur raison.

Ouattra à Dakar : relancer le moteur de l’intégration

Le moteur senegalo-ivoirien doit être à l’intégration régionale ce qu’est le moteur franco-allemand pour la construction européenne. Les rivalités entre Senghor et Houphouet Boigny sont en grande partie responsables de la balkanisation de l’Afrique de l’Ouest, il est temps que l’axe Dakar-Abidjan red-devienne le moteur de l’intégration. Le moteur franco-allemand a été un accélérateur de l’intégration européenne grâce à l’excellence des relations entre De Gaulle -Adenauer  et Mitterand-Helmut Kohl. C’est en cela que la visite de Ouattara qui réserve sa première sortie à l’étranger au Sénégal est un signe important parce que cela illustre les rapports particuliers qu’il entretient avec Wade et le Sénégal. La première sortie à l’étranger pour un chef d’Etat est toujours un symbole très fort surtout pour l’intégration sous regionale. Apres la subtile rivalité entre Senghor et Houphouet Boigny et l’animosité entre Wade et Gbagbo, une nouvelle page s’ouvre.

Redemption songs

Tous les 11 mai, pour rendre hommage à Bob Marley, je commence ma journée en écoutant rédemption Songs. Cette chanson est d’une profondeur incommensurable car il permet de mesurer le chemin qui nous reste à parcourir pour nous émanciper de notre « mental slavery ».  Nous sommes encore très loin de la « génération triomphante » parce nous n’avons pas encore à «  libérer nos esprits ». Heureusement que Bob Marley n’a pas vécu suffisamment longtemps pour voir ce qu’est devenu le « Zimbabwe », immortalisé par son fameux «  Africa gonna liberate Zimbabwe ». L’Afrique a libéré le Zimbabwe  de Ian Smith et Mugabe l’a replongé dans la servitude. Notre seul « prophète qu’ils n’ont pas réussi à tuer » et qui mérite les « songs of freedom » est Madiba, le seul qui s’est émancipé  de l’esclavage mental. Tellement émancipé qu’il le vit qu’il n’a pas besoin de le crier ou d’un monument pour se le rappeler.

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Le blog notes de Yoro Dia

Al Qaeda sans Ben Laden

Depuis le 11 septembre, nous vivons une époque fascinante. Nous avons eu la chance d’assister comme le dit Thomas Friedman « au premier conflit entre un Etat (l’Etat le plus puissant) et un homme (Oussama Ben Mouhamed ben Hawaz ben Laden) ». Autant l’entrée dans l’histoire de Ben Laden  a été un énorme coup d’éclat (l’écroulement de twins towers) en direct et en worlwide, autant sa sortie de scène ressemble à un mauvais film de série b (exécuté d’une balle dans la tête comme dans un film du far west). L’Amérique a lavé l’affront du 11 septembre qui était une sorte de balafre dans le visage de l’hyperpuissance. Al Qeada fonctionne de la même manière que Microsoft. A Microsoft ce n’est pas parce que Bill Gates n’est pas opérationnel ou meurt que Microsoft ne fonctionne pas. Ben Laden n’est plus opérationnel depuis 10 ans et pourtant Al Qeada fonctionne et ouvre même de nouvelles filiales (AQMI). Al Qaeda est devenu depuis le 11 septembre un logo, une franchise qu’utilisent des groupes terroristes pour légitimer leur combat. Tous les groupuscules qui ont la franchise Al Qeada ont leur propre agenda. Les deux meilleurs exemples sont AQMI et le Talibans. AQMI est né des cendres du GSPC qui après avoir été défait par l’armée algérienne s’est redéployé dans le Sahel et a dégénèré en organisant criminelle (trafic et enlèvement). C’est pour ne pas être considérés comme de vulgaires coupeurs de route et des bandits de grands chemins que le GSPC pris la franchise Al Qaeda pour devenir AQMI.  La notoriété de Al Qeada donne une légitimité et facilite le recrutement et surtout la motivation des combattants qui même s’ils ne sont pas de contact avec le Top management sont gonflés à bloc. Exactement comme à Microsoft. Ah il y a une différence, tout le monde rêve de travailler à Microsoft mais ne se sont pas prêts à mourir l’entreprise. Il n’y a que  Al Qaeda qui cet avantage absolu. Comme AQMI, les talibans ont toujours eu leur propre agenda : prendre  le pouvoir en Afghanistan. C’était leur objectif avant Al Qaeda, c’est leur objectif en s’alliant à Al Qaeda et ce sera leur objectif après Al Qeada. Les talibans sont tellement concentres sur cet objectif qu’on a jamais vu un afghan ou un taliban dans les opérations de Al Qeada à l’extérieur de l’Afghanistan. Pour les talibans la franchise Al Qeada n’est rien d’autre qu’une alliance stratégique mais pas inféodation ou allégeance. L’un des plus grands perdants dans la mort de Ben Laden sera d’ailleurs le Président Afghan. La présence américaine  dans ce pays se justifiait par la traque Ben Laden. Il est fort probable que les américains vont bientôt faire leur « package » et les talibans auront un boulevard pour revenir à Kaboul. L’Afghanistan redeviendra ainsi une zone d’obscurantisme et de barbarie. Ce qu’on appelle la communauté internationale s’en accommodera comme elle le faisait avant que s Talibans n’aient l’idée d’offrir l’hospitalité à l’encombrant Ben Laden qui venait juste d’être « chassé » du Soudan.

AL Zawahiri, l’intello pour remplacer l’icône mediatique

Al Qaeda n’est pas une organisation pyramidale. Le pouvoir va bientôt être les mains de celui qui a en fait a  le pouvoir depuis fort longtemps à savoir l’Egyptien Ayman al Zawahiri qui est l’éminence grise de Al Qaeda. Al Zawahiri est le théoricien qui a posé les fondements idéologiques et théologiques de la pensée dont Ben Laden n’était que l’illustre porte-parole. Ayman Al Zawahiri numéro 2 de Al Qaida, est chirurgien cairote et  descend d’une prestigieuse famille de professeurs d’université et d’imans d’Al Ahzar. Le successeur probable de Ben Laden est un intellectuel qui a fréquenté pendant très longtemps les frères musulmans avant d’aller être l’idéologue de moujahidines lors du combat contre les soviétiques. C’est ce redoutable penseur qui a donné logique et cohérence idéologiques  aux actions de Al Qaeda que la paresse intellectuelle s’était empressée de d’enfermer la notion fourre tout de terrorisme aveugle. Le livre de  Al Zawahiri Les cavaliers sous la bannière du prophète, qui est l’Islamisme ce que le livre  les questions du monde de vie de Léon Trotski sont au Trotkysme est  une grille d’analyse indispensable pour comprendre pourquoi de jeunes ingénieurs comme Mohamed Atta et un étudiant nigérian sont prêts à donner leur vie pour « la cause » .Dans ce livre Al Zawahiri explique pourquoi il faut d’abord attaquer  « l’ennemi lointain » l’Amérique qui protège « l’ennemi proche » à savoir les Etats dynastiques du monde musulman que Zawahiri qualifié d’impies et légitimisme par ce biais le jihad contre eux particulièrement la monarchie saoudienne qui selon le Dr Zawahiri « dissimule son adoration du dollar par une ostentation religieuse » . Zawahiri  théorise qu’à «  qu’à l’apparition de l’Islam il y avait dans la région les deux grands empires, perse et Byzance qui seront rapidement anéantis par les armées musulmanes qui vont seront à l’origine de l’apogée de l’Islam ». Par une sorte de projection et de transposition très freudienne l’éminence grise  de Al Qaeda  pense « qu’après avoir battu l’empire Soviétique en Afghanistan (il oublie de dire que les moudjahiddines n’auraient pas pu le faire sans les armes de la CIA et l’encadrement du Pakistan qui était le fidèle exécutant de Washington) , ils peuvent et doivent détruire l’autre empire, américain cette fois ci pour faire comme leurs « pieux ancêtres » d’où les attaques contre les Etats Unis.  Ainsi pense le successeur de Ben Laden. Sa thèse connait déjà un certain nombre de failles dont la plus grande est sans doute la révolution du Jasmin. Les jeunes du monde arabe se sont rebellés contre les Etats dynastiques et corrompus non pas sous la bannière islamiste mais sous celle de la liberté et de la démocratie. Cette révolution du Jasmin a été  la première mort de Ben Laden et de ses idées. Les américains n’ont fait qu’exécuter un zombi idéologique pour laver l’affront le plus grave de leur histoire. Même s’ils ont immergé son corps pour éviter un lieu de recueillement des militants de Al Qaeda, le fantôme de Ben Laden hantera encore longtemps l’Amérique. Immerger son corps,  refuser de publier la photo de son cadavre n’y feront rien. Le propre des fantômes est par essence de ne pas être visible. Apres avoir été l’icône du Jihadisme Ben Laden entame une nouvelle carrière : celle du fantôme qui va hanter le sommeil de l’Amérique.

Wade et le nucléaire

Interrogé sur sa succession, De Gaulle disait ne pas craindre le vide mais le trop plein. Wade peut à prés dire la même chose. Dans l’après Wade nous aurons le trop plein mais aussi un grand vide en même temps. Wade  va nous manquer. Nous n’aurons plus ce Président unique et spécial qui annonce une centrale nucléaire à Oussouye et se saisit du désastre du Fukushima pour annoncer  qu’il renonce au nucléaire avant d’y entrer. Si Wade n’existait pas que la vie politique sénégalaise serait fort ennuyeuse.

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Le blog notes de Yoro Dia

De Sare Yoro Oussou à Sare Kanta

Mon incroyable anniversaire. Vous connaissez surement cette émission qui passe sur MTV où l’on relate les anniversaires les plus incroyables aux Etats Unis avec un étalage insolent de luxe avec bolides et hôtels cinq étoiles. Moi aussi j’ai eu droit à mon incroyable anniversaire à Sare Yoro Oussou  dans le Fouloudou profond. Incroyable comme ce plaisir intense  qu’on ressent quand on se réveille au chant du coq. Ce plaisir que  peu de Dakarois connaissent. Cette alternance mélodieuse  et harmonieuse  entre le chant du coq, les coups de pilon des dames qui pilent le mil, le chant des oiseaux qui souhaitent la bienvenue au nouveau jour est un « art de combiner les sons d’une manière très agreable ».  Les autres notes comme le chant du coq et celle des oiseaux, l’appel à la prière sont intermittentes alors que les coups de pilon sont  constants et constituent le fond musical de cette mélodie de l’aurore. Braves dames du monde rurales qui n’ont pas le temps de discuter si elles doivent porter le nom de leurs maris. C’est un débat de dakaroises et surtout d’une Ministre d’Etat qui cherche à se donner un rôle. En voyant les femmes du Fouladou de Sare Yoro Oussou à Sare Kante, on se rend compte comment le débat lancé par Awa Gueye Kebé est véniel par rapport à l’essentiel. Dans le Fouladou les femmes continuent encore à pilier le mil, à aller chercher de l’eau au puits, à cuisiner avec du bois et surtout à lever aux aurores pour piler le mil pour la bouillie familiale. La ruralité est un mélange de générosité et de simplicité qu’on a perdu depuis fort longtemps dans les villes. Moi le « peul perdu » parce que n’ayant pas de bœuf j’ai failli me retrouver avec un cheptel après quelques jours au Fouladou. Chaque village se fait un point d’honneur de vous offrir quelque chose après les interminables salutations. Un séjour de temps en temps  dans le monde rural est fort utile car il permet de relativiser beaucoup de choses et de comprendre pourquoi on ‘est gouverné par des ruraux ( Senghor, Diouf Wade, Niasse Tanor, Idy, Djibo). Je l’ai compris en prenant en stop un jeune qui va à l’école à Mampatim et qui habite Sare Kanta. Ce garçon qui fait plus de 10 km pour aller à l’école est forcement aussi motivé que Niasse le kaw kaw de Keur Madiabel ou Djibo Ka celui de Thiargny. Au delà de l’hospitalité de la générosité, ce qui m’a le plus marqué dans le Fouladou profond c’est la présence de l’école de la république même à Sare Kanta à quelques encablures de la Guinnée Bissau. Même si on y « capte » plus facilement la radio bissau guinnéenne, on y va à l’école sénégalaise. Les instituteurs  qui apportent la voix et montre la voie de la République sont les meilleures sentinelles à de la république. Elles le sont plus que les jeunes soldats du check point de Mampatim. Quand j’observe l’école de Sare Kanta ou celle de Sare Youssou je ne peux m’empêcher de penser à Jules Ferry et le rôle de l’école publique dans l’avènement de la France moderne. Le Sénégal moderne se fera par l’école publique. L’école publique plus que l’armée est le meilleur rempart de la république.

De Farafegni à Manda Douanes

Eureka. J’ai trouvé. C’est à Mandat Douanes, et carrefour entre  la Guinée, Vélingara et Tamba et qui mène vers la cite religieuse de Medina Gounasss, à la table d’un Tangana et avec un bon tapa lapa  j’ai compris la banalité et la complexité du  problème gambien. Il est complexe parce qu’il est purement subjectif. L’ouverture et le l’ambiance amicale qui vous accueille à Mandat Douanes tranche avec l’agressivité et les visages fermés de Farafegni.  Les Gambiens sont toujours sur la défensive comme toute personne ou toute nation qui développe un complexe d’infériorité.  Ce sentiment se lit sur le visage du policier de Farafegni, qui vous reproche de n’avoir pas marqué le stop même s’il n’y a de panneau et qui vous rappelle immédiatement que vous êtes en Gambie et c’est la loi Gambienne qui s’applique comme si c’était pas une évidence, il est dans cet agent du service d’immigration ou des douanes  assis au fond d’une échoppe qui demande aux chauffeurs de venir le trouver pour présenter les papiers du véhicules. Ce sentiment laisse une trace indélébile avec le nombre de cachets et des tampons ( plus de cinq) qu’il faut avoir pour traverser moins de 50 km. C’est surement un record mondial alors que paradoxalement la Gambie est la zone CEDDEAO où la liberté de circulation est théoriquement un droit. A Mandat Douanes ce droit est une réalité. Il est tellement réel que les taxis guinéens ( les  7 places peints en vert et jaune) transformés en 10 places) sans compter la possibilité de prendre des personnes extrêmement pressées sur le porte bagages au dessus. Le contournement de la Gambie est entrain de faire renaitre le Saloum profond, le Bambouk et surtout la ville de Tamba qui retrouve sa position de zone tampon entre la le Centre et la Casamance qui s’annonce des le pont de Gouloumbou. Le fameux pont qui était une sorte  de « Djegui sirat » pour les chauffeurs de camion et qui est devenu un pont grand et moderne. Parait il on avait son brevet de chauffeur hors pair si on avait traversé le vieux pont de Gouloumbou. Mais aujourd’hui le pont est tellement bien fait qu’un débutant dans une auto école peut facilement le traverser et  quitter le département de Tamba pour celui de Velingara. Ce pont sépare deux départements, deux régions mais aussi deux zones climatiques car des qu’on traverse le pont on entre dans  la verte et fascinante Casamance qui étale toute sa splendeur et sa diversité de Goloumbou à Karabane. A Gouloumbou, et à Diaromé dans le Sedhiou, il est intéressant de constater que le pouvoir Sopi a laissé malicieusement les anciens ponts à coté des nouveaux probablement pour montrer la différence d’ambition entre l’ancien régime  et celui de Wade. En tout cas les deux ponts de Gouloumbou se passent de commentaires. Le pont de Gouloumbou et la route Tamba Ziguinchor sont des éléments déterminants qui encouragent le contournement de la Gambie qui est une excellente chose car ressuscitant l’économie locale des villes comme Koupentoum, Birkilane et Tamba qui subissent de plein fouet la crise de l’arachide et celle du chemin de fer. Plutôt Koussanar et Koungheul ressuscités grâce au contournement que Soma et Farafegni qui survivent grâce à la traversée de la Gambie.

Né un 04 aout

Le débat relancé par Donald Trump sur le lieu de naissance de Obama révèle un détail très important. Barack Obama est né à Hawaii, tout le monde le savait. Il est donc américain. C’est une évidence. Etant né sur le territoire américain contrairement à Swarzy le governator, il peut constitutionnellement être le Président des Etats Unis, il l’est déjà. Ce qui est intéressant le débat a obligé Obama à publier son bulletin de naissance et on y apprend qu’il est né un 04 aout. C’était déjà un signe prémonitoire comme la poignée de main entre l’étudiant Clinton et le Président Kennedy. C’est dans la nuit du 04 aout 1789 que la France révolutionnaire a voté l’abolition  des privilèges et des droits féodaux. Le 04 aout est le symbole par excellence de l’égalité des droits et surtout des chances parce que jetant dans les poubelles de l’histoire le privilège du hasard de la naissance. Que le Premier Président noir des Etats Unis soit né un 04 aout. C’est tout un symbole.

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Le bloc-notes de Yoro Dia

Ouattara entre Mandela et Lincoln

Que va faire Ouattara du pouvoir après tant de morts, tant de destructions, tant de rancœur ? Depuis la mort de Felix Houphouet Boigny la question Outtara est la question essentielle en Cote d’ivoire. De la querelle de succession à la mort Houphouet Boigny à la récente chute de Gbagbo en passant par l’ivoirité, la guerre civile, le coup d’Etat de Guei, Maracousis, la question Outtara est le dénominateur commun de ces événements. La victoire finale  de Ouattara apres un combat qui a été à la fois politique et militaire illustre le bon mot de Lord Chesterfield qui enseigne que « la détermination est le facteur le plus important de la réussite ». La victoire de Ouattara a été celle d’un détermination sans faille. Son accès au pouvoir est jalonée de cadavres et de destructions. Il arrive à la tête d’un pays qui n’a jamais été aussi divisé. Il y a quelques semaines, je comparais la guerre en Cote d’Ivoire à la guerre de sécession des Etats Unis en disant que Ouattara devrait s’efforcer d’être à la hauteur de Abraham Lincoln qui après la bataille de Gettysburg( une des batailles les plus sanglantes de la guerre de sécession entre le Nord et le Sud) s’était engagé à tout faire pour que les cadavres qui gisaient en face de lui ne soient pas morts en vain parce que leur sacrifice permettrait de bâtir une Amérique plus forte et plus unie. Lincoln a tenu parole parce que la guerre de sécession a cimenté l’Union.  Ouattara est aujourd’hui dans la même posture historique que Lincoln. Que va-t-il faire du pouvoir après tant de morts, de massacres et de destruction ? S’il parvient à rebattir une code d’Ivoire plus forte parce que unie, une nation ouverte  expurgée des démons de l’Ivorité et surtout s’il est capable comme Mandela de  de s’appuyer sur la  force morale du pardon, les morts de Douekoué de Youpougon et d’Abidjan ne sont pas morts en vain à l’instar des soldats américains tombées à Gettysburg. Lincoln leur avait dit qu’une maison divisée ne pouvait tenir debout.  Ouattara devrait unir la maison Cote d’Ivoire que le Général Guei s’était engagé à « balayer » après son putsch vertueux de Noel. « Le baleyeur baleyé » chantera Ticken Jah facoly après la chute de Guei « qui se croyait plus malin que tout le monde et qui a trouvé plus malin que lui » en la personne de Gbagbo le « boulanger » qui l’a enfariné. Apres Guei le  balayeur balayé, et Gbagbo le boulanger, la Cote d’ivoire a besoin d’un homme qui a la sagesse de Mandela et le sens de l’histoire de Lincoln. Les travaux d’Hercule commencent pour Outtara. Il a réussi le premier des douze travaux c’est-à-dire capturer Gbagbo vivant. S’il était mort en martyr de l’ivoirité, la réconciliation serait impossible. Maintenant la réconciliation nationale est de l’ordre du possible mais tout depend des qualités d’homme d’Etat de Ouattara et son sens de l’histoire.

Union Africaine

Apres son évanescence dans la crise ivoirienne, l’union africaine fait bouger ses cils et ses sourcils en Lybie pour montrer qu’elle est encore vivante. La nature ayant horreur du vide, la France s’est substituée à la CEDDAO et l’Union Africaine dans le règlement de la crise ivoirienne. Ce retour en force de la France, une « puissance africaine » sonne le glas du programme RECAMP  (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) lancé dans les années 90 pour permettre aux  pays africains de gérer eux-mêmes leurs crises. Ne nous cachons derrière notre petit doigt, ne nous enfonçons pas la tete dans le sable pour ne pas voir la réalité. La France n’a pas arrêté Gbagbo mais elle a fait sauter la porte du bunker de sa résidence. Evidemment elle n’a pas permis aux forces de Ouattara  de gagner la bataille d’Abidjan, elle a simplement détruit à à coup de missiles les armes lourdes de Gbagbo. La réalité est d’une clarté brutale. C’est la France qui a réglé le cas Gbagbo et c’est une excellente chose. Tout le reste n’est que de la sémantique et jeu de mots.  Force est restée à la démocratie et c’est l’essentiel. C’est un tournant pour la démocratie en Afrique comme le fut la conference nationale du Benin. Muagbé a organisé un élection mais étant convaincu de la perdre au second tour a par la violence empêché que le processus aille jusqu’au bout et a contraint l’opposition à un partage du pouvoir. Au Kenya ce fut le même mode opératoire qui a été employé contre Raila Odinga et qui a abouti à un « power sharing » avec le Président sortant. La chute de Gbagbo met un terme à cette dangereuse tendance qui voulait que Force reste à la forfaiture. Avec la chute de Laurent Gbagbo Force est restée à la démocratie. Et une nouvelle page s’ouvre pour la démocratie en Afrique

Democratie Post alterance

Dans la rubrique démocratie post-alternance ou comment aller de l’Etat légal à l’Etat de Droit, il faut signaler  et dénoncer le blocage du cortege de l’ancien Premier Ministre à l’entrée de Kaolack. Dans la démocratie post alternance le Sénégal fera  de « grands bons en avant » quand on comprendra que l’attaque des convois d’opposants  relève de la paleo-démocratie et n’est pas digne de notre démocratie post-alternance. Avant l’alternance, dans la paleo-democartie, Wade a subi trop de guet-apens ( Maka Koulibantang) et d’attaques ( Rufisque en 2000) pour qu’on laisse de telles pratiques qui relèvent d’une autre ère propsperer. C’est dans la paleo-democratie qu’on a des calots bleus et des nervis alors que dans la démocratie post-alternance ils ne devraient pas avoir droit de cité. Dans la démocratie post alternance, force doit rester à la loi. C’est pourquoi on ne devrait pas y utiliser la police comme bras politique pour bloquer le cortège d’un adversaire.

Fou Malade, combien de divisions ?

La présidentielle de 2012 est une équation à plusieurs inconnus. L’heureux elu sera celui qui trouvera un discours pour parler aux 2/3 des électeurs qui ont moins de 30 ans et qui sont plus connectes hip hop que Senghor ou Marx. Je donne un conseil gratuit aux candidats : commencer par écouter Fou Malade. Il a des textes engagés, sublimes mais très instructifs. « Chez nous ca va mal te kou falou ngo la fal   xana boukougnou senegal. …. Niounla ak Yene». Quand on voit Fou Malade avec les gosses de Yen a marre, on comprend maintenant l’appel à l’inscription  des jeunes sur les listes électorales et le Dass Fananale qui se prépare contre « bour ak domou bour bi gnou niapé ni bouro thi four ». Fou Malade vaut à lui seul  de bataillons de politologues ?

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La France, une puissance africaine

La France, une puissance africaine

Les Blancs s’en vont.  C’est le titre du livre qui retrace les mémoires de Pierre Mesmer, le dernier gouverneur général de l’AOF. Avec l’intervention décisive de la France de la crise ivoirienne devant une union africaine évanescente, les « Blancs sont de retour ». Mais en réalité ils ne sont jamais partis.  Les interventions se faisaient dans les années 60 70 parce que la France estimait avoir un droit naturel et historique de regard et d’intervention  dans le pre-carré. C’est une doctrine de Foccart qui était l’Afrique ce que la doctrine de Monroe a été l’Amérique Latine. Aujourd’hui les interventions se font sous le couvert des Nations Unies et non plus par un droit regard naturel parce que le pre-carré est une chasse gardée. De Foccart jusqu’au parapluie de l’ONU, c’est la même constante : la France est une puissance africaine et l’ONU le reconnait très bien. Seules les interventions militaires en Afrique confère encore à la France les  attributs de grande puissance car son savoir faire africain est son avantage comparatif. Et l’ONU ne s’y trompe pas. La crise en Cote d’ivoire illustre à merveille que l’Union africaine n’est qu’un machin sans grande utilité. La France est et restera pendant longtemps encore longtemps une puissance africaine parce que c’est dans l’intérêt de France et surtout du refus du sevrage par ses « grands enfants africains » qui refusent d’arrêter de téter bien que âgés de 50 ans. Cette ambivalence des relations franco-africaines se vit tous les jours dans les ambassades de France dans les ex colonies. Quand la France refuse l’ingérence on crie au scandale : mais que fait la France ? Quand elle intervient on dénonce l’ingérence. Le Sénégal est un bon exemple. L’ambassade de France est devenue le mur des lamentations de l’opposition qui oublie Mesmer est parti depuis 60 et le pouvoir est convaincu que rien, y compris le projet monarchique ne peut se faire sans l’aval de Paris. La relation ambiguë avec la France existe aussi en Cote d’Ivoire. Gbagbo a demandé l’intervention de la France en 2002 avant de dénoncer l’ingérence. Ingérence ou pas c’est un débat mais l’intervention rapide de la France été utile parce qu’ après avoir repris la RTI, les partisans de Gbagbo étaient entrain de la transformer en radio milles collines en voulant transformer une lutte pour le pouvoir en un conflit identitaire en un conflit entre un nord musulman et un sud chrétien. Mieux si le Gbagbo avait réussi, ce serait la fin du cycle démocratique ouvert avec la conférence nationale du Benin. Force est restée à la démocratie. Un autre cycle s’ouvre.

Guerre de sécession

« Une maison divisée ne peut pas tenir » disait Lincoln lors de la guerre de sécession.  Il a fallu une guerre pour  réunifier le Nord et le Sud. La guerre de sécession a permis de régler la question la question de l’unité et l’intégration aux Etats Unis. Les américains ont payé leur union au prix fort par « l’épée et le canon » mais ils ne regrettent pas ce sacrifice à l’autel de nation. La maison Cote d’Ivoire très divisée et partagée entre plusieurs allégeances privées (ethnie, région, religion) vient de payer un lourd tribut pour son intégration et son unité. Ouattara a gagné la guerre de sécession. Est-ce qu’il sera à la hauteur de Lincoln pour reconstruire et surtout unir le pays ? Rien n’est moins sur. L’histoire montre que gagner la paix est souvent plus difficile que de gagner la paix.

Haiti : Apres le prêtre le chanteur

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