Dans le conflit des interprétations du rêve de Wade qui oppose Wade à Sidi Lamine Niasse, on pourrait demander l’arbitrage de notre plus grand philosophe le Pr Djibril Samb auteur d’un monumental Interprétation des rêves dans la région sénégambienne ( Prix Noma 1999). Entre Wade qui rêve d’une bague et qui se rend compte au réveil que Serigne Saliou lui en offert une et qu’il interprète comme une caution du Saint homme et Sidi Lamine Niasse qui y voit une invite à quitter le pouvoir, le Pr Djibril Samb est l’arbitre naturel pour donner sa propre lecture qui à coup sur va être moins subjective que celle de Wade ou de Sidi. Profane que je suis en la matière, je sais au moins depuis la terminale que le rêve est la continuation de la réalité par d’autres moyens. Wade en manque de légitimité dans la réalité, en chercherait un supplément dans le rêve et auprès du Saint homme parce que c’est connu depuis fort longtemps que la meilleure façon de mettre un pouvoir à l’abri de la contestation est de la sacraliser. La déconstruction féroce de Sidi Lamine Niasse a transformé le rêve du Président en cauchemar. Les comparaisons de Sidi sont fort intéressantes et originales surtout quand il compare la chamelle de Salih à notre constitution. La chamelle de Salih était un miracle divin alors que la constitution est un miracle humain. De façon subliminale Sidi compare donc l’entêtement et l’aveuglement des Thamoud qui égorgèrent la chamelle à celui de Wade qui veut aussi sacrifier la constitution à l’autel de son troisieme mandat. Les conséquences pour les Thamoud furent une « foudre » et un « CRI » qui les détruisirent les hommes et leur cite. Espérons que la comparaison va s’arrêter la. En lieu et place de la foudre, nous attendons une décision très sage des cinq sages ou des cris de ceux de la nuit du 20 mars 2000 saluant le triomphe de la démocratie, ce miracle humain parce que comme dit Rousseau « S’il existait un peuple Dieux il se gouvernerait démocratiquement ». Et la démocratie exclut les foudres de la violence et un entêtement digne des Thamoud parce que tout y est relatif et c’est pourquoi le passage du pouvoir d’un homme à un autre sans violence ni heurts comme ce fut le cas en 2000 est la respiration naturelle de la démocratie. Pour en revenir au reve, on dit aussi que quand on rêve c’est qu’on est profondément endormi. Wade était très endormi mais le réveil du 23 juin a été brutal mais il s’est bel et bien réveillé.
La mère des batailles
Wade avoue lui-même avoir perdu la bataille internationale et concentre son énergie sur la bataille interne. La bataille internationale a toujours été une bataille mineure même si Wade l’a toujours considéré comme la mère des batailles. La vraie bataille est celle de la banlieue, celle su Saloum et celle de Casamance. A toute chose malheur est bon. La bataille de l’atlantique étant perdue avec Obama qui est encore un novice parce qu’il ne comprend pas encore l’honneur que ferait notre cher Président aux Etats Unis en venant à la Blanche. D’ailleurs soyons sages désirons les choses telles qu’elles arrivent et non pas telles qu’on voudrait qu’elles soient. Si Obama n’invite pas notre Gorgui à la Maison Blanche, il se contentera de la Maison Blanche de l’Avenue Roume. Apres avoir perdu la bataille des salons de Saint Germain des Pres, du Quai d’Orsay et du Faubourg Saint Honoré, on redécouvre les charmes du Baol, et de Sandaga. Senghor Diouf et Wade ont toujours eu le reflexe de gouverneur colonial en annonçant toujours des décisions très importantes pour le Sénégal sur le perron de l’Elysée. Inconsciemment ils ont toujours accordé plus d’importance à ce que l’on pensait d’eux dans l’ancienne métropole qu’au Senegal. Cette page est en phase d’être définitivement fermée. D’ailleurs Mouhamed Ndaw Tyson avec son fameux drapeau américain a été envoyé dans les poubelles l’histoire de la lutte par un Balla Gaye arborant un « j’aime mon pays ». C’est peut être aussi ça le Nouveau Type de Sénégalais dont parlent les jeunes de Y en marre. Ce NTS qui va plus avoir le complexe de l’étranger au point comme ces ministres qui y amènent leurs femmes y accoucher parce que convaincus qu’être ne au Sénégal est un péché originel. Le mauvais exemple de l’extraversion et de la haine de soi est toujours venu du sommet.
Moubarak : le pharaon en cage
Rien que la présence de Moubarak dans la « cage des accusés » est une victoire pour les révolutionnaires de la place Takhrir. C’est une véritable révolution en Egypte et dans le monde arabe. L’ancien pharaon sur une civière et dans une cage illustre comment les peuples soumis à la servitude volontaire peuvent être féroces quand ils se réveillent. Personne n’aurait pu imaginer pareille humiliation pour celui qui a été un pivot du moyen orient pendant trente ans. Un proverbe arabe dit « un ennemi on le tue on ne l’humilie pas ». A coup sur Moubarak le militaire, héros de la guerre du kippour aurait préféré la mort à pareille humiliation. La mort de Saddam est infinie plus glorieuse et préférable à cette humiliation du pharaon
Exception Sénégalaise
L’exception démocratique sénégalaise a vécu. Aujourd’hui nous sommes entrain de devenir une exception musulmane. Et le Zeitgeist de Google qui le montre. L’année dernière, pendant le ramadan, le Sénégal était sommet au top 10 mondial pour son intérêt pour le Coran devant l’Arabie saoudite, l’Afghanistan et l’Iran qui sont des Etats où l’Islam est religion d’Etat. Il y avait de quoi bomber le torse. Apres le ramadan cet intérêt avait brutalement disparu. Eh bien pour avec le ramadan, l’intérêt pour le Coran est revenu dans le Top 10 de ce que les sénégalais cherchent sur Internet. On a l’impression que les Sénégalais économisent leur piété pour l’investir massivement dans le ramadan.
Tea party
Le TEA ( Taxed already enough ou déjà suffisamment taxes) est le seul vainqueur du grand débat sur la dette américaine. Le Tea party a littéralement pris en otage le parti républicain et l’a amené vers ses positions extrêmes comme les impôts et contre l’Etat fédéral. La révolution conservatrice de Newt Gingrich face à Clinton semble aujourd’hui être un jeu d’enfant face au fanatisme idéologique du Tea party qui a failli bloquer l’économie américaine pour montrer sa force. La campagne de la Présidentielle de 2012 vient de commencer. Le TEA Party ferme la page des néoconservateurs de Bush avec leur idée d’une Amérique qui doit imposer ses valeurs au monde. Contrairement aux néoconservateurs qui ne s’intéressent principalement à la politique extérieure le TEA veut une Amérique isolationniste où l’on paie moins d’impôts avec un Etat fédéral réduit à sa plus simple expression.












