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Le blog notes de YORO DIA

Sachs à Occupy Wall Street

L’image de Jeffrey Sachs qui harangue les militants de Occupy Wall  Street sous les fenêtres de Wall Street renvoie à l’image de Jean Paul Sartre juché sur son baril et s’adressant ouvriers à l’usine Renault de Boulougne Billancourt. Cette image de Sachs qui dénonce de façon violente l’hypocrisie de Wall Street à elle seule vaut plus que tous les mots et toutes les théories  sur la crise. Sachs n’est pas dernier des gauchistes ni un anarchiste militant. C’est tout le contraire. Ce prof d’économie sorti de Havard, enseignant à Columbia, conseiller spécial du Secrétaire Général de l’ONU et seul universitaire à être classé plusieurs fois par Times Magazine comme l’une des personnalités les plus influentes du monde vaut à lui seul plusieurs bataillons d’indignés parce qu’il jouit d’une grande légitimité académique et morale.  Sachs dénonce le fait que « 1% des américains ait pris non seulement les profits, violé la loi  mais aussi le pouvoir et invite les 99%  à se battre contre l’hypocrisie de Wall Street qui privatise les profits et  collectivise les déficits ».   Apres son Occupy Wall Street Sachs a encore revêtu son manteau d’intellectuel tapageur cher à Zola sur le plateau  Global Public Square de Fared Zakaria pour dénoncer «  l’inégalité scandaleuse dans un pays  où patrons qui gagnent 100 fois plus que leurs employés  et exiger plus de décence chez les élites et  la fin du démantèlement de l’Etat, des services sociaux et éducatifs commencé avec Reagan qui avait dit aux américains que l’Etat n’est pas la solution mais le problème d’où des décennies de démonisation de l’Etat, des taxes » . La grosse colère de Sachs contre Wall Street montre au moins qu’avec lui la pensée ne s’est pas endormie dans le confort académique parce que Sachs a gardé toute sa capacité d’indignation que partagerait aussi les pères fondateurs de l’Amérique qui n’auraient jamais imaginé que  « Nous le peuple » ( 99%) la première phrase de la constitution serait reléguée à l’arrière plan par « Nous les marchés » ( 1%).

7 milliards de bouches mais 14 milliards de bras

Si dans la tradition des Philippines il y avait le lakh, celui qu’on aurait préparé pour le baptême de Denica May Camacho aurait été grandiose. Imaginez ce qu’aurait du être ce lakh préparé spécialement pour accueillir celle va nous permet à nous autres terriens de franchir le cap des 7 milliards. Le débat sur la capacité ou non de notre terre à accueillir 7 milliards  de personnes  rappelle le débat entre Lin Chao chi ( chaque bébé est une bouche à nourrir) et Mao ( chaque bébé apporte deux bras pour travailler. C’est ce débat entre les pro natalistes et les antinatalistes  date de Malthus pour ne pas dire de Mathusalem qui est encore revenu en force. L’histoire semble avoir donné raison à Mao parce que la Chine grâce à ses progrès économiques est devenue l’usine du monde et ne connait plus les grandes famines qui ont jalonne son histoire. L’Inde a réussi sa révolution verte et a aussi vaincu la famine malgré sa démographie débridée.  L’Inde et la Chine ont montré que Malthus ( la population croit de façon géométrique alors les ressources de façon arithmétique  d’où la famine)  avait tort. D’ailleurs la révolution industrielle avait ouvert une grande brèche dans que les theories de Malthus parce que l’Europe confronté à la révolution démographique a réalisé sa révolution industrielle pour tripler sa production. Ce qui est intéressant, c’est qu’on voit que dans la balance de Malthus, on peut soit activer le levier démographique ( limitation des naissances ) ou le levier économique ( révolution industrielle en Europe, révolution économique en Chine et révolution agricole en Inde). Depuis la révolution industrielle l’Europe, la Chine et l’Inde ont surtout privilégié le levier économique. Il n’y a qu’en Afrique où l’on nous demande de privilégier le levier démographique. Si on prend l’exemple du Senegal, seul un regard synoptique permet de penser que nous avons un problème démographique. Ce n’est pas parce qu’il y a plus cinquante milles étudiants à l’Ucad, ou le quart de la population du pays soit concentré à Dakar ( 0, 23 %) du territoire ou que les cars rapides soient toujours bondées qu’on a un problème de population.  Nous avons un problème économique. Il n’y a pas trop d’étudiants mais insuffisance d’universités.  La population a augmenté et les infrastructures n’ont pas suivies. C’est ça le sous développement. En dehors de la macrocéphalie de Dakar cœur du Sénégal utile (la cote) le reste du pays est un désert démographique, ce qui est un problème d’aménagement du territoire. Les politiques anti-natalistes encouragées dans le sud et le politiques natalistes au nord visent à rétablir un équilibre démographique entre un milliards de riches au Nord et 6 milliards de pauvres au Sud que les  technologies de l’info connectent et rapprochent  virtuellement de plus en plus à l’oasis. Quand ils sont fatigués du virtuel, ils prennent les pirogues et se lancent à l’assaut de l’Atlantique.

Wari

Si je vous dis Cellular System International. Non ça  vous dit rien. Si je vous dis Wari. Eureka. Ca vous dit certainement quelque chose surtout à la veille de cette tabaski où la demande sociale augmente de façon géométrique alors que le revenus stagnent. Wari c’est ce système de transfert d’argent très original qui s’appuie sur les stations d’essence et dépassant ainsi les limites des banques  et de la Poste qui ne fonctionnent que lors des heures ouvrables. C’est cette entreprise sénégalaise à la pointe de l’innovation  qui été sélectionnée dans le top 10 d’Africa Awards qui a aura lieu à Nairobi le 08 décembre. Les sedars de Nouvel Horizon peuvent se glorifier d’avoir été le premier à primer ce projet d’entreprise très original lors des sedars 2011.  A Nairobi Kabirou Mbodj le fondateur de Wari pourra faire du speed dating avec Richard Bronson et le convaincre d’investir dans ce  projet ou dans un autre. C’est ce Sénégal la qui gagne et non celui du Haka politique qui joue à se faire peur.

La Palestine à l’Unesco

Apres des décennies d’errements dans les méandres du terrorisme et de la lutte armées, les palestiniens semblent avoir découvert le talon d’Achille d’Israël. Depuis l’histoire de la flottille turque les palestiniens ont compris que Israël étant une grande démocratie, l’opinion est son talon d’Achille. C’est ce changement de stratégies qui explique les victoires palestiniennes à l’ONU et récemment à l’Unesco. Les victoires des palestiniens ont plus d’éclat grâce aux maladresses de Nethayahou qui ne comprend la logique du soft power initiée par les palestiniens. La première demande palestinienne en 1989 avait été rejetée parce que personne n’aurait pu comprendre qu’on puisse laisser accéder à l’Unesco une organisation suspecté de terrorisme et qui prônait ouvertement la destruction d’un membre de l’Unesco ( Israel) mais depuis beaucoup d’eau a coule sous les ponts. La réaction des Etats Unis à l’entrée de la Palestine est fort intéressante. Elle montre que la défense aveugle d’Israël est plus qu’une constante dans la politique extérieure des Etats Unis au Moyen Orient. Il est évident que l’Etat palestinien est dans l’intérêt d’Israel et des Etats Unis mais etant donné que Netanyahou est débordé par la Droite et Obama est dans une électorale,  les décisions raisonnables mais impopulaires attendront.

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Blog de Yoro Dia

Apres le printemps arabe, l’hiver islamiste

Le Printemps arabe. Quel « superbe lever du Soleil » comme la révolution française.  Le superbe lever de soleil du Printemps arabe  est entrain de sombrer dans le crépuscule  de la grisaille de l’hiver islamiste. Dans le monde arabe actuel, le soleil du Printemps démocratique ne pouvait terminer sa rotation que dans l’éclipse de l’hiver islamiste. C’était aussi simple et prévisible que le soleil se lève  chaque jour à l’est et se couche à l’ouest. Dans le monde arabe, il y a que deux forces sociales organisées : les Etats corrompus et les islamistes. Point de société civile ou d’opinion publique qui n’existent pas dans une dictature où la seule vertu du citoyen est le silence. C’est ce face à face entre les Etats corrompus  et les islamistes qui sont les seules forces en présence  dans l’espace politique qui explique que chaque fois qu’il y a une élection dans le monde arabe ce sont les islamistes qui sortent des urnes. Ce fut le cas en Algérie dans les années 90 avec le FIS, en Palestine avec le Hamas et aujourd’hui en Tunisie avec Enahda et demain en Egypte avec les frères musulmans. Même en Lybie où les forces sociales n’ont pas pu parachever la révolution, les islamistes sont arrivés dans les bagages de l’OTAN. Et si demain il y a une élection en Lybie les islamistes vont gagner. Quand le FIS a gagné les élections en Algérie, le processus avait été arrêté illégalement et le monde arabe a perdu 20 ans. Et il va falloir reprendre le processus la où il s’était arrêté c’est-à-dire laisser les islamistes gouverner s’ils remportent les élections. Arrêter le processus parce que le FIS a gagné et mettre la bande de Gaza sous embargo parce que le Hamas a gagné n’est pas très démocratique. Dans le monde arabe, les indépendances ont débouché sur la dictature, la révolution amènera les islamistes au pouvoir. L’arrivée des islamistes au pouvoir et leur mise à l’épreuve est une étape nécessaire pour aller à la démocratie car une fois au pouvoir les populations vont relativiser le projet islamiste parce qu’elles se rendront compte qu’il n’y a pas de solutions définitives aux questions humaines. Apres cette étape les partis islamistes évolueront vers le modèle turc. La démocratie est bel et bien soluble dans l’Islam. Le Sénégal et la Turquie en sont les meilleurs exemples.

Khaddafi : mort comme le Che

Le colonel Khaddafi a appliqué jusqu’au bout la devise de l’armée sénégalaise : « on nous tue mais on ne nous déshonore pas ». Il a préféré la mort chez lui au déshonneur de la fuite comme Ben Ali,   au procès humiliant comme Moubarak ou une prison dorée au TPI comme Taylor. C’est toute la différence entre Khaddafi qui a toujours eu son idéologie chevillée au corps et Moubarak ou Ben Ali arrivés au pouvoir par accident et dépourvus de toute idéologie à part celle de l’enrichissement personnel et de la jouissance du pouvoir. Les leaders du CNT qui se sont empressés d’enterrer Khadaffi dans un lieu secret en plein désert ne pourront pas empêcher son spectre de les hanter. Khadaffi mort et exposé à Misrata rappelle le Che Guevara mort et exposé dans une école bolivienne. Que retenir de Khaddafi ? Il a été capable du meilleur comme du pire. Le pire a été sa dictature sanglante  et son soutien au terrorisme. Le meilleur, il avait réussi transformer un pays désertique et des centaines de tribus bédouines en un pays riche et respecté ou craint qui a eu le mérite d’être un acteur des relations internationales alors que les pays africains ne sont que des sujets pour ne pas dire des pions qu’on déplace dans l’échiquier.  En tout cas sur l’échiquier africain il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique australe et dans la fin de l’apartheid pour avoir soutenu militairement et financièrement l’ANC. N’eut été  le soutien militaire de Khaddafi et la présence des troupes cubaines en Angola, la marche vers la fin de l’apartheid aura été plus longue et plus lente. L’aile militaire de l’ANC et la présence des troupes cubaines a grandement contribué à la prise de conscience des dirigeants de l’apartheid que le rapport de force n’était plus en leur faveur. D’ailleurs Mandela ne s’y est pas trompé en réservant une de ses premières sorties à Khaddafi pour le remercier malgré l’embargo qui frappait le pays. La mort de Khaddafi à la suite d’un raid de l’OTAN doit interpeller tout le continent parce que jusqu’à la preuve du contraire il n’ y a pas encore dans les missions de l’OTAN, le droit d’ingérence  pour démocratiser les pays du sud. Depuis la dislocation de l’URSS, l’OTAN, un machin de la guerre froide qui avait été crée pour défendre le camp occidentale contre une agression soviétique se cherche une nouvelle mission. Elle semble l’avoir trouvé naturellement en Afrique qui de tout temps a été un terrain de jeu et d’expérimentation des grands acteurs des relations internationales.

Le haka politique

Ce qui se passe actuellement au Sénégal est plus un Haka politique que de la violence réelle.  Les hommes politiques jouent tout simplement à se faire peur. Ils finiront par avoir peur comme des enfants qui jouent à se faire peur parce que cette violence  est comparable à celle des all blacks neo-zealandais dans leur danse guerrière. Ce jeu de matamore  à force d’être relayé par les médias finit par créer une psychose. Donc on joue à se faire peur,  on finit par avoir peur et tout le monde se met à appeler à l’apaisement en oubliant qu’il n’y a pas de violence. C’est la situation très cocasse du Sénégal. Nous sommes à cinq mois des élections, le calendrier électoral se déroule normalement,  les institutions ne sont pas bloquées, les candidats se préparent de même que les arbitres, tout se passe normalement mais comme on est au Sénégal et les candidats qui ne veulent pas avoir de vrais débats, jouent à se faire peur. Rien de nouveau sous le Soleil. En 2000 on nous annonçait l’apocalypse, en 2007, l’Armageddon et en 2012, on nous annonce le chaos mais le pays a un Etat qui fonctionne tres bien et c’est son avantage absolu comparé aux Etats de la région. Au fond il y  deux schémas possibles. Premièrement le conseil invalide la candidature de Wade et le forcing est impossible parce que les leviers de l’Etat qui lui ont été confiés depuis 2000 ne vont pas fonctionner pour le suivre dans un acte manifestement illégal. Deuxièmement, le conseil valide sa candidature et là aussi force devra rester à la loi. Donc toute l’agitation que nous notons n’est qu’un que tempête dans un verre d’eau. Nous voulons de débats pas des hakas politiques par nervis interposés.

L’Arabie Saoudite se soviétise

Qu’est ce que l’Arabie Saoudite a de commun avec l’Union Soviétique. A priori peu de choses en commun  à part l’absence de démocratie et de liberté dans les deux systèmes dont l’un est une théocratie alors que l’autre était athée.  L’Arabie Saoudite aujourd’hui avec sa gérontocratie rappelle l’Urss des années 70 et 80 avec une moyenne de 80 ans de ses dirigeants. Quand l’URSS a voulu sortir de la gérontocratie et a sauté une génération avec l’arrivé de Gorbatchev au pouvoir, le système s’est effondré. En URSS on pouvait sauter une génération pour redonner un nouveau souffle à un système sclérosé mais impossible de la faire en Arabie Saoudite qui est une monarchie où il n’y a que des octogénaires dans l’ordre de succession au trône alors que le royaume a jamais eu autant besoin de reforme.

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Le blog de Yoro Dia

Gardien de la constitution et de la sébile

La république du Sénégal est passée sous tutelle occidentale l’insu de son plein gré comme avait dit Richard Virenque le cycliste dopé pris la main dans le sac. Si nous n’étions pas sous tutelle malgré le fait qu’on dispose encore d’un drapeau et d’un hymne national, l’ambassadeur d’Allemagne ne se serait pas permis de traiter notre souveraineté comme s’il était en pays herero pendant la colonisation allemande du sud ouest africain en se mêlant directement d’une question intérieure comme la Casamance. Mais pourquoi il devrait se gêner quand ce sont les hommes politiques qui sont les premiers à fouler au pied notre souveraineté avec une opposition qui transforme les salons des ambassadeurs occidentaux en mur des lamentations et un Président de République qui transforme le cœur de la république à savoir le Palais en foyer de réception de dons. Il n’y a pas d’images plus dégradantes pour notre république que celle de voir le Président de la république recevoir des dons des mains d’un petit ambassadeur dans le cour du palais. Bien entendu cette cérémonie de remise de dons va ouvrir le journal télévisé confortant ainsi dans l’esprit des jeunes que nous sommes une nation qui tend la main et le Président de la République qui a passé sa carrière universitaire à dénoncer le binôme infernal endettement et aide au développement » est le gardien de la constitution mais aussi de la sébile. Contre toutes les lois de l’économie et de l’histoire le Sénégal est probablement le seul pays au monde qui compte sur l’aide pour se développer. Même les plus petites municipalités, les communautés rurales les plus éloignées ont des stratégies efficaces de mendicité internationales pour capter l’aide au développement avec ce qu’on appelle pudiquement la coopération décentralisée. Chez nous en Afrique, il est connu que la main qui donne est toujours au dessus de celle qui donne. Donc comment s’étonner que les ambassadeurs des plus grands pays donateurs soient au dessus de notre souveraineté même si par ailleurs il est admis dans les relations internationales qu’il y a rien au dessus de la souveraineté d’un Etat. Quand l’Etat avait pris la décision d’interdire la mendicité dans les rues de la capitale, Walf TV avait diffusé une image qui m’avait beaucoup marqué. Un mendiant interrogé avait publiquement affirmé qu’il ne bougerait pas parce que le chef de l’Etat est le premier à tendre la main à l’international. N’est ce pas Sénéque qui nous apprend que « long est le chemin des préceptes court est celui de l’exemple ». Comment voulez vous développer un orgueil et une fierté nationale dans un pays où on ouvre le JT de l’audiovisuel public sur une cérémonie de remise de dons dans la cour du Palais Présidentiel.

La conversation  de Jean d’Ormesson et Wade

Le dernier livre de Jean d’Ormesson  la Conversation se lit d’un trait et en 24 h tellement il passionnant et captivant. « Il y a des moments où l’histoire semble hésiter avant de prendre son élan : Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants, Cesar sur les bords du Rubicon et le Général De Gaulle à l’aube du 17 juin quand il monte dans l’avion pour Londres .  C’est un éclair de cet ordre que j’ai tenté de saisir» ecrit l’académicien. Il le saisit  fort bien en tricotant l’imagination et la réalité pour nous offrir un dialogue entre Bonaparte, Premier Consul et Jean Jacques Regis de Cambacérès quand Bonaparte décide de devenir Empereur. Jean d’Ormesson à travers ce dialogue saisit cet instant précis, quand Bonaparte décide de faire monter la république sur le trône sur le modèle de ROME et non pas celui de Versailles c’est-à-dire devenir César pour mieux effacer les bourbons. A quoi ressemblerait « cet instant où l’histoire semble hésiter avant de prendre son élan » dans notre contexte actuel. Ce serait l’instant où le Président de la république Abdoulaye Wade décidera bien avant 2012 d’être De Gaulle et non Scylla en comprenant que le seul combat qui lui reste est sa place dans l’histoire du Senegal et renoncer à mener le combat politique de 2012 qu’on veut lui faire mener par procuration. La Présidentielle de 2007 a été le dernier combat politique de Wade et il a gagné. Le Pr Serigne Diop aurait été parfait dans le rôle de Cambaceres chez Wade qui est entre l’enclume de Talleyrand et le marteau de Fouché .

Le Hamas ressuscité

La bonne idée de Mahmoud Abbass de mettre l’ONU devant ses responsabilités en demandant à l’Assemblée Générale de reconnaitre l’Etat de Palestine était comme une sorte d’estocade pour le Hamas. Le succès diplomatique et l’aura de Abbas avait presque enseveli le Hamas à Gaza. La libération de Shalit contre celle de plus de milles prisonniers a ressuscité le Hamas. Le Hamas a été tellement revigoré que son chef Khaled Mechal a réussi à faire entendre sa voix malgré le brouhaha de la révolte de Damas. Si c’était du foot on aurait dit un partout entre le Hamas et le Fatah. La date de libération de Shalit n’est pas fortuite car elle permet à Israël de rétablir un certain équilibre dans l’administration  bicéphale de la Palestine car depuis des mois la balance se penchait trop du coté du Fatah qui avait réussi à mettre Israel dans une très mauvaise posture avec l’offensive diplomatique à l’ONU. Cette stratégie n’est d’ailleurs pas nouvelle parce paradoxalement la création du Hamas a été suscité et encadré  par Israel  pour affaiblir le l’OLP dans les territoires occupés lors de l’Intifada. Israel n’avait cependant pas prévu que le Hamas allait être rapidement hors de contrôle. En échangeant Shalit contre plus de 1000 palestiniens Israël offre au Hamas une nouvelle légitimité et le relance pour les prochaines élections. Fascinant Moyen Orient aux rebondissements sans fin.

diayero@gmail.com

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Indignez de tous les pays

Guilat Shalit et le soldat inconnu de Casamance

Un contre mille. Pour obtenir la libération du soldat Guilat Shalit Israël a libéré mille prisonniers. Shalit a eu plus de chance que le lieutenant colonel  Ron Arad, pilote disparu en 1986 que Israël a réclamé au Hezbollah jusqu’en 2006. Qu’est ce que Israël n’a pas fait pour obtenir la libération de Ron Arad ou éventuellement sa dépouille. Il a négocié, libéré des prisonniers, enlevé des membres du Hezbollah uniquement pour avoir des infos permettant de libérer Ron Arad. Défendre son pays est toujours une très grande source de motivation pour un soldat mais les soldats israéliens sont probablement les plus motivés au monde car au delà de la noble cause de la défense de la patrie, ils savent que leur Etat fera tout  pour sauver le soldat Ryan, Ron  ou Guilat. On ne peut malheureusement pas dire la même chose de notre Etat qui s’occupe plus de la réinsertion d’anciens maquisards valides que de ses blessés et des mutilés de guerre que la police matraque quand ils manifestent non pas pour plus de considération mais pour survivre. Qu’est ce que l’Etat du Sénégal a fait pour retrouver les assassins du sous préfet Gorgui Mbengue mort dans l’exercice de ses fonctions ? La France n’a pas accepté l’impunité de l’assassin du  préfet Claude  Erignac assassiné dans des conditions similaires que Gorgui Mbengue à l’autel de la pacification de la Corse. Quand vous êtes soldat et que vous voyez que pour libérer un de vos compagnons d’armes, l’Etat est prêt à l’échanger  contre 1000 prisonniers, votre motivation n’en devient que plus grande parce que vous dites que l’arrière est avec nous et le restera quoi qu’il puisse arriver. La façon dont un Etat traite ses blessés et ses mutilés de guerre, les soldats capturés ou tués a un impact fondamental sur le moral de ceux qui sont au front. Imaginez le moral de nos braves soldats voyant la Police matraquer les blessés et les mutilés de guerre alors que le chef de l’armée distribue de l’argent aux lutteurs qui n’ont d’autre mérite que distraire la plèbe. Ceux qui sont devenus des handicapés en défendant  l’intégrité » du territoire et l’honneur de notre drapeau ont infiniment plus de mérite que tous ces gladiateurs devenus malheureusement les symboles et les références dans notre pays.

Prix Nobel de paix : le Liberia retrouve son ame

Autant le choix de Barack Obama comme Prix Nobel de la Paix fut controversé autant celui de Ellen Johnson Sirleaf est judicieux. Cette grande Dame a sorti le Liberia des sentiers de la barbarie  de Charles Taylor pour l’amener vers la paix.  Les images de la guerre au Liberia ont montré jusqu’à quel degrés de barbarie l’homme  pouvait descendre. En fait ces images ont montré qu’on pouvait descend  bien  en deca de l’imaginable. Le choix de la Présidente du Liberia montre aussi jusqu’où un homme ou une femme d’Etat s’élever à force de volonté. Ellen Johnson sans tambour, ni trompette, a hissé son pays à la grandeur et lui a permis de se réapproprier sa dignité. La guerre civile du Liberia était un drame pour tous les africains parce que le Liberia et Haiti quelque soit leurs problèmes sont les meilleurs symboles de la dignité de l’homme noir. Voir le Liberia se déchirer dans une guerre ethnique et tribale a du faire sourire beaucoup d’adeptes des thèses de Gobineau et autres théoriciens du negre génétiquement barbare et inferieur que défendent Charles Murray et Richard Hernstein dans the bell curve ( la courbe en cloche). C’est cette image catastrophique, cette idée reçue pour ne pas dire cette idéologie que le Prix Nobel vient d’effacer.

Indignés de tous les pays, unissez vous

Apres le fameux «  Prolétaires des tous les pays unissez vous » de 1848,  nous assistons à une sorte de « Indignés  de tous les pays unissez vous » avec les manifs de Bruxelles, de Barcelone et l’occupation de Wall Street. Même s’il est encore embryonnaire  et confus le  mouvement des indignés est très intéressant. C’est une forme et une nouvelle logique de l’action collective qui est très  différente de celle que Marx et de Engels. Derrière le « Prolétaires de tous les pays unissez vous » il y avait une idéologie et un parti structuré, ce qui n’est pas le cas des indignés qui est encore un mouvement spontané sans leadership politique ou idéologique. Marx avait diagnostiqué un vrai problème mais avait apporté ou plutôt ses disciples avaient apporté une mauvaise réponse. Les indignés aussi posent un vrai problème (comment expliquer le paradoxe entre  la richesse croissante des nations et la précarité grandissante des citoyens). Les hommes politiques qui doivent apporter des réponses préfèrent se refugier derrière  les sondages et le marché qui est le véritable pouvoir. C’est pourquoi les indignés américains ont préféré   manifester à Wall Street plutôt que devant la Maison Blanche.

La résurrection de Senghor

Léopold Sedar Senghor, notre Premier Président a eu un destin fabuleux et a encore un avenir politique au Sénégal même outre tombe. Senghor a été au centre de la vie politique, après son retrait il était devenu de plus en plus une figure littéraire en lieu et place d’icône politique mais depuis quelque temps nous assistons à une résurrection politique de Senghor. Les sénégalais vont chercher outre tombe chez Senghor ce qu’ils ne trouvent pas dans l’élite politique actuelle à savoir une vision et grande ambition pour le Sénégal (Exception Sénégalaise), un grand sens de l’Etat ( Primat de l’Etat, l’allégeance collective sur toutes les allégeances privées) et un sens aigu l’histoire ( savoir se retirer à temps et de façon ordonnée). Ce sont ces trois qualités d’homme d’Etat de Senghor qui font aujourd’hui cruellement défaut au Sénégal. A force de chercher sans trouver, les sénégalais  pour combler ce manque ont ressuscité Senghor, notre plus grand Président parce qu’il combinait ces trois qualités. Diouf avait le sens de l’Etat et de l’Histoire mais pas de vision ni d’ambition pour le pays. Wade de l’ambition pour le pays mais n’a pas le sens de l’Etat. Pour le sens de l’histoire nous le saurons dans quelques semaines. La résurrection de Senghor est la preuve que le débat politique est devenu mortellement ennuyeux. Une Présidentielle aussi cruciale que celle de 2012 mérite un débat sérieux  sur les visions des candidats et leurs ambitions pour le Sénégal. Face à un enjeu aussi sérieux le débat se réduit au fichier électoral, à la candidature de Wade, aux listings  digne de la Gestapo de Mame Matar Gueye. A quatre mois de la Présidentielle, le debat n’a jamais été aussi pauvre et ennuyeux au Sénégal.

Speed dating à  Convergence Africa

L’exception sénégalaise c’est aussi le  grand paradoxe entre est la très grande qualité de notre ressource humaine et notre médiocrité économique. Cette année la sénégalaise Magatte Wade,  PDG des entreprises Thiossano et Adina World beverage à San Francisco sera à l’honneur à cote de Sir Richard Bronson lors de la conférence Convergence africa qui aura lieu le 08 décembre à Nairobi. Cette conférence va primer l’esprit d’entreprise et l’entrepreneur africain de l’année qui va se retrouver avec un prix de 160 millions. En ayant l’inclassable et iconoclaste patron de Virgin comme parrain, on ne peut que sortir des sentiers battus et aller très vite. C’est pourquoi Convergence Africa va organiser des speed-dating entre Investisseurs et entrepreneurs qui sont l’avenir de l’Afrique  selon Richard Bronson dont je vous recommande d’ailleurs l’autobiographie. Je l’ai mais c’est exclu du prêt à domicile.

Yoro Dia

diayero@gmail.com

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Blog de Yoro DIA

Péché d’orgueil

Est-ce que vous savez pourquoi Jospin malgré un bon bilan et zéro casserole a perdu en 2002 face à Chirac qui n’avait d’autre bilan que la cacophonie de ses multiples casseroles qu’il trainait depuis des années?  Pourquoi Georges Bush père au sommet de sa popularité a perdu face à un jeune gouverneur qui sortait du néant pour ne pas dire de l’Arkansas ? Pourquoi Churchill après sa victoire historique  de 1945 a été renvoyé dans l’opposition ? Quel est le dénominateur commun entre Jospin, probablement entre le meilleur Premier Ministre de la Ve république, Churchill sauveur de l’empire britannique et probablement de la démocratie face aux nazis et Bush père, libérateur du Koweït et à l’origine de la  plus grande coalition militaire internationale depuis 1945 ? Le péché d’orgueil est le dénominateur commun entre ces hommes d’Etat.  Et la démocratie a horreur du péché d’orgueil. C’est pourquoi ces trois grands hommes d’Etat ont été renvoyés dans l’opposition ou chassé du pouvoir. Le dernier séminaire gouvernemental du Méridien n’est rien d’autre qu’un péché d’orgueil. Un péché d’orgueil ou un péché d’ignorance parce que franchement il n’y a pas de quoi pavoiser avec les délestages qui  sont encore là alors que le gouvernement s’était encore engagé à y mettre un terme en septembre. Commettre un péché d’orgueil alors que les délestages sont encore là relève soit de la provocation ou de l’ignorance mais je pencherai plutôt pour l’ignorance parce que quand on est ignorant on devient audacieux. Le séminaire du gouvernement est une opération de communication mal pensée et fort maladroite.  Quel public a le temps de rester devant la télé du matin au soir? Avec plus de 10 heures de direct, Wade a fait mieux que Castro et Enver Rodja. Mieux, personne n’a jamais gagné une élection avec le péché d’orgueil. Les chiffres débités lors du séminaire creusent davantage le fossé entre les deux Sénégal : le Sénégal réel des délestages et le Sénégal virtuel du gouvernement avec ses chiffres qui pense que si le modèle n’est pas conforme à la réalité, c’est la réalité qui a un problème mais pas le modèle. Le seminaire gouvernemental est une forme de communication digne de l’Union soviétique et des anciens pays l’Est. C’est une autre époque mais c’est celle de Wade qui, pour son tramway parle d’un pays qui n’existe plus : la Tchécoslovaquie qui, contrairement à son fameux tramway a eu au moins le mérite d’avoir existé. La com n’est pas une affaire de pouvoir ni de moyens, c’est une question de savoir faire et style. Cette forme de com est anachronique, elle aurait une chance d’avoir un impact dans un pays où il n’y a qu’un seule télé mais dans un pays comme le Sénégal, le pouvoir de la propagande et de la provocation s’arrête la où commence celui de la télécommande ( le zapping) devenu rempart rédhibitoire contre la propagande et contre la campagne à peine déguisée.

L’Inimaginable  est fort  possible

“Nous n’avons pas de plan B, il est inimaginable que le Conseil Constitutionnel invalide la candidature de Wade”. Ainsi parle notre cher Premier Ministre. Apres Benno et le M23 c’est le Premier Ministre qui fait du chantage psychologique et politique sur les 5 sages. Monsieur le Premier Ministre, le Grand William Shakespeare nous apprend que « the unexpected always happens » à savoir que l’imprévu, l’improbable et l’inimaginable finit toujours par arriver. Donc ce n’est pas du tout inimaginable que le Conseil invalide la candidature de Wade tout comme ça ne le serait pas qu’il le valide. Les deux formes de chantage psychologique et politique que subit le conseil constitutionnel et venant aussi bien de l’opposition que de la majorité montre que le temps du droit n’est pas celui de la politique. Ce qui est inimaginable c’est que le conseil ne prenne pas ses responsabilité et se déclare incompétent mais tout le reste est dans l’ordre non pas de l’imaginable mais du plausible et du possible. Nous sommes dans un Etat de Droit, il faut que ceux qui aspirent à nous diriger prêchent par l’exemple et s’engagent à respecter la décision du Conseil. Le fait même qu’il y a ait un débat aussi bien dans la majorité que dans l’opposition sur l’engagement à respecter la décision du Conseil est en soi inconvenant. Wade ne nous fera pas un privilège ou une faveur en respectant la décision du Conseil si sa candidature est invalidée. Il est tenu et il n’aura pas le choix. Si le Conseil valide sa candidature l’opposition aussi n’a pas le droit de prendre en otage  notre démocratie. La démocratie est avant tout une division du travail politique. Chaque candidat a le droit de se présenter mais il appartient au Conseil et au Conseil seulement de dire quelle candidature est invalide. Quand le conseil se sera prononcé, tout ce qui restera ce seront les commentaires de la décision qui est déjà historique mais tout le monde sera obligé de s’y plier comme devant toute décision du Conseil.

Ajustement structurel chez Platon

Même s’ils ont inventé le mot économie, les grecs n’en ont pas assimilé les règles comme les allemands. Si l’histoire de la philosophie est un long commentaire de Platon, l’histoire de l’économie est devenue un respect strict des règles édictées par les allemands. C’est pourquoi Thomas Friedman explique que « l’Europe va trouver une solution à sa crise le jour où l’on pourra transformer les grecs en allemands ». Ce qui est impossible. Transformer les exubérants méditerranéens en teutons qui sont plus que rigoureux est un raisonnement par l’absurde. Les membres du club med européen (Grèce, Italie, Espagne) pensent qu’un œil permanent sur les dépenses est une sorte de castration  alors que les allemands et les scandinaves, c’est la première responsabilité du gouvernement. Secondo, les méditerranéens en bons catholiques sont dans la « procrastination permanente » comme le dit Pascal Morand dans la revanche de Luther. Ce qui est loin d’être le cas des allemands. Les grecs  sont en train de vivre ce que les pays africains ont vécu pendant plus de 20 ans avec les politiques d’ajustement structurels c’est-à-dire un démantèlement des services publics  et faire toujours plus d’effort pour serrer la ceinture et les bailleurs jugent tout le temps insuffisant.

Angelina Jolie : combien de divisions

Une belle avocate pour une belle cause. Angelina Jolie est devenue l’avocate de la corne de l’Afrique qui fait face à la famine. A coup sûr, son appel aura plus d’impact que toutes les résolutions  de l’union africaine ou de l’ONU. En tout cas pour le Darfour, sa descente dans les camps de refugiés a été plus efficace que toutes les résolutions de l’union africaine et de la présence des casques bleus. A l’ère d’Internet et de la mondialisation le « soft power », le joli sourire de Angelina Jolie est plus persuasif que plusieurs divisions de blindés.

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Le Casa Sports et le MFDC

Qu’est ce que le Casa Sports a de commun avec le MFDC ? Une seule chose et énormément de différences.  Le Casa Sports comme la MFDC se projette géographiquement (région naturelle de Casamance). C’est pourquoi la victoire du Casa Sports a été fêtée aussi bien à  Ziguinchor, qu’à Sedhiou et à Kolda. A part ça tout différencie le Casa Sport du MFDC. Le Casa Sports est l’incarnation du régionalisme positif contrairement au MFDC. La victoire du Casa Sports montre qu’il y a ni ostracisme ni complot  ni mépris qui ont entrainé des « frustrations » justifiant qu’on prenne les armes contre la république. Ces idées sont comme le poison de « Mein Kampf »  version Diamacoune. La nation est plurielle mais indivisible c’est pourquoi le régionalisme n’a rien de négatif.  Il y a bien un particularisme Saint-Louisien, un régionalisme très positif Djolof-Djoloff  et Foutanké. Apres Emile Badiane, et Ibou Diallo le  Casa Sports des années 70 a été le continuateur de ce régionalisme positif casamançais avant que  le pirate identitaire Diamacoune ne le détourne pour le faire atterrir dans les sentiers tortueux de la rébellion qui a fait cette région paradisiaque un enfer. C’est une heureuse coïncidence et un grand symbole que le Casa sports renaisse de ses cendres au moment où les thèses fallacieuses de Diamacoune  réduites en cendre sont dans les poubelles de l’histoire. La guerre de Casamance comme la guerre de sécession malgré ses horreurs et les souffrances permettra à la nation d’être plus forte parce qu’elle a permis à tous les sénégalais de se rendre compte que   même si elle est indivisible, la nation est plurielle. C’est un non sens de parler de nation une et indivisible. Il n’y a que l’ethnie qui est une.  La guerre en Casamance nous a, au moins permis  de savoir les  limites du « modèle islamo wolof » comme disent Mamadou Diouf et Momar Coumba Diop. Le Sénégal c’est aussi nos compatriotes chrétiens, les bassaris et le koniagui de Kédougou.   La victoire du Casa Sports, la candidature de Robert Sagna à la Présidentielle et l’exemple de Pierre Atépa Goudiaby qui a emprunté l’ascenseur social de la république mais surtout le taux de participation massive  des casamançais aux rendez vous électoraux nationaux sont autant d’éléments qui rendent anachroniques la revendication indépendantiste du MFDC.

Candidature unique : le sexe des anges

Le débat sur la candidature unique de Bennoo est comme le débat sur le sexe des anges au Moyen âge. Une pure perte de temps pour un débat sans intérêt. En voulant un candidat unique qu’il sait manifestement impossible Bennoo s’enferme dans un pari pascalien à l’envers c’est dire qu’il perd à tous les coups.  Benno sait depuis le début que la candidature unique est impossible et donc annoncer qu’ils n’ont pas eu de consensus est un mauvais signal à l’opinion. Deuxièmement, la candidature unique est la meilleure façon de perdre la Présidentielle pour une raison simple. Dans une élection Présidentielle toute candidature est une contestation du candidat sortant. Secondo, dans la Présidentielle, tout vote  qui n’est pas pour Wade est forcement contre Wade que ce soit pour Niasse, Tanor, Idy, Macky, Talla Sylla. Peu importe c’est une voix contre Wade. Si par exemple Talla Sylla se présente et qu’il a 1 000 voix c’est 1000 contre Wade alors que si Talla Sylla n’est pas candidat, Wade pourrait en récupérer 500. Donc plus, il y de candidats, plus il y a de voix contre Wade et plus on se rapproche d’un second tour. C’est de la logique pour ne pas dire du bon sens. En plus la candidature plurielle permet de « geler » les rivalités homériques  et les règlements de compte politico historiques entre Niasse et Tanor par les électeurs vont trancher le débat de la représentativité au premier tour de la Présidentielle qui serait ainsi une primaire entre les leaders de Bennoo. La question de la représentativité étant tranchée au premier tour par les électeurs, il ne resterait qu’aux leaders de Bennoo de le soutenir au second tour. En perdant autant de temps sur la candidature unique Bennoo se trompe d’élection. Une candidature unique de l’opposition n’a de sens que lors d’une Présidentielle à un seul tour où lors d’élections locales  comme en 2009 qui avec le « raw gadou » a permis à Bennoo de prendre les grandes villes du pays. Depuis sa victoire de 2009, Bennoo dort sur des lauriers fanés depuis longtemps. A cinq mois de la Présidentielle, il est temps de se réveiller.

Senat

Pour aller vers l’alternance, le Senat français y est allé à  pas de sénateurs (prendre tout son temps). Le Senat a mis plus de 50 ans pour changer de majorité. Dans les démocraties normales le Senat joue un grand rôle dans la régulation démocratique. A Rome, c’est le sénat qui sauva la république en  mettant fin au projet dynastique de Jules Cesar qui tomba sous les coups de poignards des Sénateurs à l’intérieur même de sénat. Aux Etats Unis, le Senat tempère souvent les ardeurs et la fougue de la chambre des représentants. Pour la France, le Senat est le meilleur rempart contre la dictature de la majorité à  l’assemblée. Les français sont tres attachés à leur Senat parce que deux fois interrogés sur la suppression du Senat par referendum (1946 et 1969), ils ont répondu non. C’est cette chambre haute qui a toujours été un bastion de la droite dans toute l’histoire de la Ve république que Sarkozy vient de perdre. C’est un signe tres négatif pour la prochaine élection présidentielle pour deux raisons. Un : le Senat va bloquer toutes ses reformes. Deux : ce changement de majorité montre aussi les élus (le corps électoral du Sénat) suivent l’air du temps. Sarko est dans les bas fonds des sondages et la perte du Senat complique davantage sa réélection. Cet événement que constitue l’alternance au Senat français nous rappelle nous aussi au Sénégal que nous avons un Senat. En fait où sont nos sénateurs, que font-ils ? Quelle loi porte leur empreinte ? Ont-ils été à l’origine d’une reforme ?

Arabie Saoudite : Abdallah et la reforme de la monarchie

En Arabie Saoudite, où une femme peut être condamnée à être fouettée pour avoir conduit une voiture, le Roi Abdallah vient d’attribuer le droit de vote aux femmes en 2015. C’est une révolution dans ce royaume très conservateur.  Le Roi Abdallah veut moderniser le Royaume par la reforme. C’est tout le problème parce que comme l’URSS, le royaume a été conçu de façon monolithique pour ne pas être reformé. La reforme de Gorbatchev a été à l’origine de la dislocation de l’URSS et il faudra beaucoup de finesse et un grand sens de l’équilibre au Roi Abdallah pour éviter le syndrome soviétique. Sur le principe, il a raison. Si des femmes conduisaient des caravanes à l’époque du prophète, on ne voit pas pourquoi elles n’auraient pas le droit de conduire une voiture. Abdallah a raison de prendre les devants parce que l’Arabie Saoudite ne pouvait pas être à l’abri du printemps arabe et du changement, qui comme  une tempête de sable allait tôt ou tard secouer la tente saoudienne parce que le monde arabe compte trois grands pays : l’Egypte, déjà traversé par la tempête de sable du changement, l’Irak, en pleine mutation démocratique. Il ne manquait plus que l’Arabie Saoudite et Abdallah a saisi l’avis de tempête et s’y prépare pour sauver sa tente.

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L’Etat de Palestine

Il y a de cela quelques jours je regardais  « Munich », un des multiples chefs d’œuvre du Génial Steven Spielberg. Ce film relate l’histoire de la prise d’otage des JO Munich 72 quand des fédayins palestiniens ont fait irruption dans le village olympique pour prendre en otage des athlètes israéliens qui trouveront la mort lors de l’assaut lancé par la police allemande. Apres cette prise d’otage ( la première action terroriste retransmise en directe dans le monde bien avant le 11 septembre), Golda Meir ordonna aux services spéciaux israéliens de tuer toutes les personnes qui étaient impliquées dans la prise d’otage. Le film relate l’opération « la colère de Dieu » qui consistait à  traquer les palestiniens du mouvement septembre noir à travers l’Europe et au Moyen Orient. La prise d’otage de Munich ( la première action terroriste mondialisée) pour sensibiliser l’opinion mondiale sur le sort des palestiniens et leur combat et  la demande officielle d’une reconnaissance d’un Etat palestinien par l’assemblée Générale de l’ONU illustrent la très longue marche des palestiniens vers la création de leur Etat. Ils n’ont jamais été aussi proches de l’objectif et Mahmoud Abbass recule il commettra la même erreur stratégique et tragique de Hannibal qui au lieu d’entrer dans Rome s’arrêta à Capou après avoir traversé les Alpes. C’est l’une des rares fois où les Palestiniens ont toutes les cartes en main. C’est tellement vrai que Bibi Netanyahou qui a toujours torpillé les négociations est prêt à les reprendre sans conditions, Obama et Sarkozy font des courbettes devant Abbass qui n’est même encore un chef d’Etat. Par cette démarche et après plus de 50 ans d’errements dans les sables mouvants du terrorisme les palestiniens ont enfin compris le talon d’Achille d’Israël qui est aussi celui de toutes les démocraties : l’opinion. L’histoire de la flottille turque qui a fait trembler l’armada la plus puissante de la région qui écrase les armées arabes lors des différentes en est aussi une preuve. Ce qui se passe est fort intéressant parce que les palestiniens ont retenu les leçons de l’histoire qui ont été à l’origine de la création d’Israel. Le cheminement du nationalisme palestinien est de plus en plus semblable à celui nationalisme juif qui a été à l’origine de l’Etat d’Israël. Quoi de plus naturel que l’ONU qui a crée l’Etat d’Israël par une résolution,  reconnaisse l’Etat de Palestine qu’il avait officiellement crée en 1948 à coté d’Israël. La création d’un Etat palestinien est dans l’intérêt d’Israël. C’est d’une évidence biblique sauf pour Netanyahu qui pense que ce serait une injustice de créer un 22 e Etat arabe de plus face à un seul Etat juif. Bibi l’a dit il y a plus de 30 ans ( Fared Zakaria a diffusé cette interview du Netanyahou dans son émission GPS sur CNN il y a quelques semaines). Trente ans plus tard il n’a bougé d’un iota. Donc pour lui les négociations n’ont été et ne seront que la continuation du refus d’un Etat palestinien par d’autres moyens. L’absence et le silence du  Sénégal qui a présidé la commission  de  l’ONU pour la défense  les droits inaliénables des palestiniens à   et dont le Président préside aux destinées de l’OCI est une preuve supplémentaire de l’effondrement de notre diplomatie qui se résume désormais à organiser les innombrables arrivées et départs de notre Président à l’étranger. C’est le bilan naturel d’une décennie de « diplomatie sans diplomates » dans les pays pivots dans les relations internationales.

Feux rouges et Cinéma

Avec les routes Wade va être à Dakar ce que le baron Haussmann aura été à Paris pour modernisation mais avec les pénuries de toutes sortes ( électricité, eau gaz….) en plus de l’insécurité et de des encombrement humains Dakar risque de détrôner Lagos dans le palmarès peu glorieux dans le Worst city to live in ( la pire de villes en termes de qualité de vie). Le maire de Dakar a promis le retour des feux rouges. Dans les pays normaux, les feux rouges sont une banalité mais pour Dakar la seule capitale au monde sans feux rouges depuis des années c’est un événement. Le pauvre maire de Dakar, il a du boulot. Il a plus de boulot que Hercule avec des dakarois qui ont le reflexe de jeter les ordures entre les deux voies de liberté 6 ou de se mettre debout pour pisser sur la VDN avec ses calèches et ses bœufs en divagation comme  en Inde. Apres les feux rouges, le maire  devra trouver une solution à une autre exception sénégalaise qui nous couvre de ridicule. Dakar est la seule capitale au monde à n’avoir pas de salle de cinéma. Aller au cinéma est une banalité dans les villes normales

Les deux DSK

Dimanche dernier sur le plateau de TF1 nous avons eu droit aux deux DSK pour ne pas dire Mister Jekyll and Doctor Hyde. Autant l’agresseur sexuel de Nafissatou Diallo a été pathétique et méprisable autant le Prof d’économie a été magistral sur la crise mondiale. Apres avoir suivi les deux DSK, on ne peut s’empêcher dire dommage qu’un si grand homme à un niveau de responsabilité aussi élevé soit aussi dépendant de sa libido. DSK, quel gâchis.

Diaspora

Dans ce que fut le NEPAD, le Président avait au l’idée lumineuse de proposer la diaspora comme la 6e région du continent. Pour le Sénégal si la Diaspora n’est pas la première région, elle est forcément la deuxième derrière Dakar. La diaspora injecte dans l’économie nationale autant d’argent que le « binôme infernal » endettement aide au développement. Quand la diaspora est aussi stratégique c’est tout à fait normal que les candidats à la Présidentielle la courtise. Au delà des flux financiers la diaspora dispose d’un grand pouvoir d’influence surtout au nord du Sénégal. La diaspora a aussi ce grand avantage « d’être venu et d’avoir vu » l’occident et d’avoir transcendé certaines idées reçues. Dans le Sénégal de l’après 2012 la diaspora devra être le fer de lance pour lutter contre la mise sous tutelle de notre démocratie par la faute de notre classe politique. La diaspora devra dire aux hommes politiques que les problèmes politiques d’un pays qui se dit souverain se règle au pays et non chez un sous secrétaire d’Etat ou d’un conseiller Afrique au Quai d’Orsay.

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Les experts et les fédayins

Le Président Wade admettait récemment avoir la bataille pour l’opinion internationale. En attendant l’avis du conseil constitutionnel qui comme les desseins de la Providence sont impénétrables, Wade a largement perdu la bataille de l’opinion sur la recevabilité de sa candidature. Et dans une démocratie, la bataille de l’opinion est la mère des batailles. Dans l’histoire des caricatures  danoises, il y en a une qui dit « c’est dur d’être aimé par des cons ». C’est exactement ce qui explique cette bérézina de la bataille de l’opinion. Alors que l’opposition mobilise tous les constitutionnalistes du pays dont des rédacteurs de la constitution qui s’appuient sur leur légitimité académique pour déconstruire l’argumentaire de Wade, qu’est-ce- qu’on a en face ? Des fédayins. Des rouges alors que l’heure est aux experts. Certes le temps du droit n’est pas le temps de la  politique mais le conseil constitutionnel ne pourra pas rester insensible à une telle pression de l’opinion. L’opposition a une stratégie redoutablement efficace qui se divise en deux parties. Premièrement, convaincre l’opinion que le droit est de son coté.  Deuxièmement, engager la bataille politique qui consiste à agir sur l’opinion pour qu’elle mette la pression sur le conseil constitutionnel. Ce qui fait que même si par extraordinaire, le conseil constitutionnel validait la candidature de Wade, l’opinion la prendrait comme un affront, une forfaiture qui se laverait dans les urnes.  En enfourchant déjà la trompette de l’incompétence de Conseil Constitutionnel, le camp de Wade montre qu’il est à court d’arguments parce qu’on ne voit pas par quel miracle le conseil dans une irresponsabilité illimitée se déclarerait incompétent ouvrant ainsi le tonneau des danaïdes sur le plan politique. Cet argument montre que l’opposition a touché un point faible et l’une des premières règles en matière de stratégie consiste à ne jamais montrer à son adversaire qu’on est touché parce qu’il va encore taper là ou ça fait mal.

Khadaffi : BHL plus fort que Reagan

Apres avoir survécu à Reagan, Khaddafi a été terrassé par l’OTAN.  Khaddafi qui sort de la scène, c’est un dictateur de moins et le monde ne s’en portera que mieux mais il  ya plusieurs leçons à tirer de sa chute. C’est tout de même surréaliste que ce soit le Secrétaire général de l’Otan qui annonce la chute de Khaddafi depuis ses bureaux à Bruxelles qui  a quand même réussi à tenir pendant 6 mois face  à la plus grande alliance militaire de tous les temps. Depuis la chute de l’URSS et la dislocation du bloc de l’est, l’OTAN se cherche une nouvelle mission et une raison d’exister. Autant son intervention en Afghanistan se justifie parce que l’organisation a pour mission d’organiser des représailles collectives contre toute agression d’un Etat membre. Le 11 septembre, les Etats Unis étant agressés par Al Qaeda, l’acte est considéré comme une attaque contre tous les Etats membres d’où l’intervention en Afghanistan qui abritait Ben Laden. Pour le cas de la Libye, il n’en est rien à moins que l’OTAN soit devenue entre temps une armada  pour démocratiser le monde. La deuxième leçon montre qu’après la mort de Ben Laden, le philosophe très médiatique  Bernard Henry Levy est devenu l’homme le plus puissant du monde après le Président des Etats Unis. Apres une visite à Bengazi, BHL a réussi à transformer ce qui était des manifestations de rue en guerre impliquant l’OTAN avec en tête la France, les Etats Unis et la Grande Bretagne grâce à sa connaissance du fonctionnement des mécanismes de l’opinion et des connivences au sommet de l’Etat français. Nous sommes bien dans l’ère des « individus superpuissances ». Traditionnellement, le diplomate et le soldat  qui relèvent tous de l’Etat étaient les principaux acteurs des relations internationales, dorénavant il faut compter avec les individus superpuissance. Jacques Prévert avait raison en disant que « c’est dangereux de laisser les intellectuels jouer avec des allumettes ». Paul Wolfowitz a mis le feu en Irak et BHL vient de réussir la où Reagan a échoué : faire dégager Khaddafi. Qu’attendent donc les Syriens et les Yéménites pour faire venir BHL qui est devenu l’hirondelle qui annonce l’arrivée de l’OTAN pour faire accoucher les révolutions. La dernière leçon : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en oubliant la contribution décisive de Khaddafi dans la lutte contre l’apartheid. D’ailleurs, Mandela a réservé l’une de ses premières sorties de chef d’Etat à Khaddafi, considéré à l’époque comme un paria, pour le remercier bravant ainsi l’embargo qui frappait ce pays.

DSK

Apres l’abandon des poursuites contre DSK, faut-il jeter la pierre à la justice américaine ? Certainement pas. En s’attaquant au Directeur Général du FMI, accusée par une femme de chambre immigrée, la justice américaine  a prouvé que l’égalité devant la loi au delà du principe est une réalité concrète dans la patrie de Thomas Paine auteur de commen sense. Nafissatou Diallo a-t-elle victime  de DSK ? Probablement oui mais dans le système américain ce n’est pas suffisant. En plus elle a commis un péché capital qui s’appelle le mensonge dans la très libérale mais aussi très puritaine Amérique et le Procureur Vance qui jouait aussi son avenir politique dans l’affaire n’a pas voulu prendre de risque avec une accusatrice coupable du délit de mensonge, un péché capital aux Etats Unis. L’offensive médiatique de Nafissatou Diallo passée de l’ombre aux feux des projecteurs, n’y aura pas changé grand-chose, les avocats de DSK avaient réussi à semer le doute dans les esprits en démontant la crédibilité de Nafissatou Diallo qui a perdu la bataille de New York mais a gagné la guerre de Paris parce que l’Elysée s’est fermée définitivement pour DSK. On peut tolérer une première dame qui a posé nue mais un Président menotté en tenue de détenu pour affaire de mœurs c’est impensable.

Taxer les riches : la nouvelle révolution transatlantique

« Alors que la majeure partie des Américains lutte pour joindre les deux bouts, les méga-riches, continuent à bénéficier d’extraordinaires réductions d’impôts». Imaginez qui tient ces propos révolutionnaires. Si vous pensez l’avoir lu dans le capital de Marx ou les questions du mode vie de Leon Trotsky, vous n’y êtes pas du tout. C’est le résumé d’une contribution de Warren Buffet dans le New York dans le New Times il ya quelques jours. L’idée qui a été reprise en France par Maurice Levy en France a eu paradoxalement un écho très favorable auprès des grands patrons français.  « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés » dit Levy  dans sa  tribune du monde Levy   en invitant à une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». Cette tribune de Levy a été plus efficace que toutes les croisades de la gauche contre le bouclier fiscal cher à Sarkozy. Les riches qui demandent un impôt sur la fortune au nom de la solidarité et du lien social est une idée révolutionnaire et fort intéressante qui rappelle que stabilité  et l’ordre social est la garantie de la jouissance de la richesse et de la sphère privée et les émeutes de l’électricité du 26 juin l’ont prouvé au Sénégal. Que de sueurs froides dans de grosses bolides sur la VDN et la route de l’aéroport ce jour là.

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Blog de Yoro DIA

Le faux débat sur  la Sonatel

Si l’Etat renationalise la Sonatel (ce qui est fort improbable d’ailleurs), le présent de la Senelec est l’avenir de la Sonatel. La Senelec vend un produit nécessaire pour ne pas dire vital, en a le monopole et un marché naturel mais a réussi le miracle d’être au bord de la banqueroute. La Sonatel commercialise des produits non nécessaires ( la moitie des sénégalais vivent sans téléphone portable et il y a moins de 300 000 ordinateurs dans le pays et la connexion au web ne concerne que le 10e de la population ), le fait dans un marché concurrentiel et réussit à être une entreprise de référence. Paradoxalement c’est la Sonatel qui a décollé et la Senelec frôle toujours les jours naufrage. La différence est dans le management. C’est flagrant dans tous les domaines à commencer par les agences. Les agences de la Senelec reflètent l’informel management public et le sentiment de l’irresponsabilité illimitée alors que celles de la Sonatel reflètent la rationalisation de la gestion privée. Dans une agence de la Sonatel, c’est à peine si on ne vous offre pas le café alors que dans une agence de la  Senelec, on se comporte comme si on vous fait un privilège quand vous venez régler une facture.  La différence entre la Senelec et la Sonatel symbolise la différence entre ce que  le Senegal est et ce qu’elle aurait du être parce que la Sonatel est le meilleur exemple de la qualité de ressource humaine sénégalaise, notre avantage comparatif.  Étant donné que la Sonatel fonctionne très bien, le Président Wade devrait concentrer toute son énergie sur ce qui ne va pas : la Sénélec. C’est une simple question de bon sens. Seneque le grand sage dit « long est le chemin des préceptes, court est le chemin de l’exemple ». Le débat sur la nationalisation n’est que précepte. Quand on veut nationaliser on ne doit pas donner le mauvais exemple en voulant vendre ses parts qu’on  détient et qui aurait transformer Sonatel en filiale de France Telecoms. Les syndicalistes qui s’y ont opposé ont eux prêché par l’exemple.

Gambie : Notre ami Yaya Jammeh

Dans la scène internationale, il y a principalement deux acteurs : le soldat et le diplomate. Le Président de la République incarne les deux car il est chef de l’armée et de la diplomatie. Notre voisin et « ami » Yaya ne comprend pas le langage soft et subtil de la diplomatie. Lui parler ce langage est une perte de temps pour le Sénégal car pour Jammeh la diplomatie ( endormir le Sénégal) est la continuation de la guerre par d’autres moyens. Le Sénégal n’a eu la paix dans sa frontière Sud qu’après l’opération Gabou. La Guinée Bissau l’avait endormi pendant plus d’une décennie avec des mots genre quand la case du voisin brule, il faut l’aider à éteindre le feu sauf que c’est ce même voisin qui y metttait le feu. Jammeh est entrain de jouer le même jeu et c’est pourquoi les camps rebelles se sont déplacés de la frontière bissau guinéenne à la frontière gambienne qui leur sert de repli avec la complicité de la Gambie. Dans l’histoire des armes iraniennes, la culpabilité de Jammeh est plus qu’avérée. La Gambie est une dictature et l’une des caractéristiques de ce type système est le monopole de l’info. Donc des armes lourdes ne peuvent pas transiter en Gambie sans que Jammeh et sa redoutable NSIA (National security Intelligence Agency) ne soient pas au courant.  Il suffit juste de regarder sur une carte pour savoir que ce n’est ni dans l’intérêt de la Guinée Bissau et encore moins de la Gambie que la paix revienne en Casamance. Le conflit en Casamance est l’unique moyen de pression que nos voisins ont sur le Sénégal. Cela a permis à la Guinée Bissau de négocier en force lors du conflit sur le  tracé de la frontière maritime entre les deux pays. Le droit international était du côté du Sénégal mais  la Guinée Bissau a utilisé la Casamance comme moyen de pression pour l’obliger à un compromis. La Gambie utilise la Casamance pour nous obliger à détourner le regard devant les dérives de Jammeh. Gabou a permis au Sénégal d’avoir la paix dans la partie Sud de la Casamance et il n’y a que l’épée de Damoclès de Fodé Kaba III qui nous permettra de sécuriser notre frontière avec notre fantasque voisin. Le Président Wade, son cabinet, nos diplomates et nos officiers  devraient découvrir ou redécouvrir l’excellent livre Le Sénégal et ses voisins sous la direction de  Momar Coumba Diop. C’est un must pour comprendre le jeu d’échec de nos voisins.  Senghor était le grand théoricien des cercles concentriques pour aller vers l’unité africaine mais depuis l’indépendance, notre premier cercle c’est-à-dire celui de nos voisins immédiats a été plutôt un « cercle de feu ».

Tutu et la taxe spéciale sur les blancs

Desmond Tutu,  Prix Nobel de la paix et figure historique de la lutte contre l’apartheid est un homme exceptionnel. Tellement exceptionnel qu’il a mené de main de maitre la commission Vérité et réconciliation à la fin de l’apartheid. Sa commission est devenue un cas d’école aujourd’hui pour sortir de la guerre et des conflits. C’est parce que cet homme est exceptionnel que son idée de taxe spéciale sur les blancs est d’une inconvenance exceptionnelle. Une taxe spéciale sur les blancs parce qu’ils sont les plus riches pour avoir profité de l’apartheid est une autre forme d’apartheid. L’affirmative action de Mandela avec le Black  Economic Empowerment est plus judicieux parce qu’il a permis de créer une élite économique noire. Les blancs ont certes profité de l’apartheid mais ils ont bâti un pays qui est aujourd’hui la plus grande puissance du continent et  qui est une fierté pour tous les sud africains ( noirs comme blancs). Il est évident qu’entre le schéma zimbabwéen ( qui est passé du grenier de l’Afrique australe à la famine) et le schéma sud africain, les noirs d’Afrique du Sud plébiscitent leur pays. La proposition de Tutu comme celle de Julius Malema proposant d’exproprier de force les blancs est du racisme à l’envers. On connait ce que cela donne : le Zimbabwe. La réconciliation nationale suppose après le travail de vérité se pencher sur l’avenir qu’on a en commun et non un passé qui divise.

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Le bolg notes de Yoro Dia

Les prophètes et les rois

Abu Hamid Mohamed Al Ghazali( 1058 –1111)  a écrit dans son célèbre livre «  Nasihat al muluk» ( conseils aux rois) que  « Dieu a choisi et a élu deux sortes de personnes : les prophètes et les rois. Les premiers ont pour mission de diriger les hommes vers Dieu et les seconds d’établir la sécurité qui est vitale car laissé à lui même l’homme est capable de tout ». A l’image de Ghazali tous les penseurs musulmans qu’ils soient sunnites ou chiites, qu’ils soient modernes ou classiques, ont un dénominateur commun : une conception hobesienne du pouvoir politique. Ibn Muqafa, dans son livre  «  Al Kitab al kharey »  proclame «  Le pouvoir et la religion sont des frères jumeaux mais le pouvoir protége la religion » .Ainsi Ibn Muqafa qui a vécu sous les ommeyades avait réglé à sa manière la théorie des deux glaives ( Question de la prépondérance de la glaive du Christ ou de César ou la primauté de l’Etat et de la Religion) qui allait aboutir en Europe à la guerre des cent ans et la guerre de religions au Moyen âge. Les hommes politiques qui se bousculent à Touba y vont par simple électoralisme parce que dans la querelle des allégeances qu’on risque d’avoir par la faute du régime de l’alternance est étrangère à l’histoire de l’Islam. Même en Arabie Saoudite où L’histoire du royaume a toujours été déterminée par le pacte signé par l’ouléma rigoriste Abdoul Wahab et Mouhamed Ibn Séoud en 1744  il y a toujours eu un primat les Al Saoud ( la famille régnante ou Etat) sur les Al Sheikhs (descendants de Abdul Wahab). Le fait que le politiques soient obligés de chercher un supplément de légitimité politique chez les marabouts est la meilleure preuve de la crise du politique. Le développement est la mobilisation des énergies individuelles vers un projet collectif et il n’y a que l’Etat qui peut jouer ce rôle dans une nation plurielle comme le Sénégal. Les sénégalais qui avaient spontanément remplis le stade de l’Amitié le 03 avril mars lors de la prestation de Wade avait cru au projet collectif d’où cette formidable mobilisation des énergies individuelles ce jour là sans l’ombre d’un Ndiaga Ndiaye. Qu’est ce qu’il en a fait pour avoir besoin d’un supplement de légitimité religieuse 10 ans apres . That is the question. ?

Les listes de l’Inquisition

Quand tu ne viens pas à la politique la politique vient à toi. Le Khalife s’est éloigné de la politique mais les hommes politiques veulent coute que coute s’incruster même si le Khalife de façon stoïque ne cesse de rappeler que sa seule compétence se limite à la vulgarisation des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba. L’un de ses enseignements majeurs est de s’éloigner du pouvoir terrestre. Ce qui l’a prêché par l’exemple. Regardez la distance entre Touba et Saint Louis. De nos jours c’est encore très loin. Imaginez la distance pendant la colonisation quand le marabout s’installait au fins fond du Baal pour se consacrer exclusivement à Dieu loin des sirènes  et des fastes et des lambris dorés de Saint Louis. La politique est du domaine du relatif, c’est pourquoi le débat en est au centre alors que la religion est du domaine des vérités simples et définitives à des questions complexes. C’est pourquoi c’est toujours très dangereux dans un pays quand des hommes politiques se transforment en rentiers de la foi des autres ou en entrepreneurs identitaires. C’est d’autant plus grave que c’est le Président de la république qui est l’incarnation de l’unité nationale et qui devait être le symbole d’une nation plurielle qui est devenu le plus grand entrepreneur identitaire. C’est une attitude fort inconvenable dans une république tout comme l’acte que Makhtar Gueye qui dresse des listes de mal pensants  qu’il jette à la vindicte populaire et religieuse comme du temps de l’inquisition ou des nazis traquant les juifs. C’est le drame de la courtisanerie. On se croit toujours obliger d’en faire un peu plus car plus on est excessif plus on se sent moins insignifiant. La liste de Makhtar Gueye risque d’etre comme la photo de Ben Laden mort. On risque d’attendre tres longtemps avant de la voir.

Krugman note les agences de notations

La lecture du New York Times est une sorte de prière quotidienne pour moi.  L’édition du 07 aout apporte une réponse à la question que l’on ne cesse de poser sur les agences de notations dont les appréciations sont devenues des armes de destructions massives pour certaines économies occidentales. Courageusement Paul Krugman pense que ce sont plutôt des armes des distractions massive  parce qu’elles n’ont aucune crédibilité. Krugman sabre au clair attaque « Standard and Poors peu crédible il se comporte comme  un enfant qui tue ses parents  et veut attirer la  pitié parce qu’il est orphelin. Le déficit est la conséquence de la crise de 2008 et Standard and P avait donné un triple A aux institutions de crédit qui avec leur avoirs toxiques. Quel crédit donner à une agence de notation qui avait accordé un A+ à Lehman Brothers qui va tomber en faillite un mois après » Si c’était  un membre de l’Administration Obama qui s’exprime ainsi pour défendre on aurait pensé qu’il défend sa chapelle mais Paul Krugman et Dieu sait qu’’il est plus que légitime pour en parler. Celui qui sort le sabre contre les agences notation n’est ni un plaisantin ni un militant de l’extrême gauche mais un Nobel d’Economie. Krugman s’en prend à Standard and Poors dans sa chronique du 07 Aout. L’encre de la colère de Krugman n était pas encore seche que Standard and Poors se tirait une autre balle dans le pied en reconnaissant une erreur d’appréciation de plusieurs milliards dollars dans son jugement. En tout cas les faits économiques donnent raison au Prix Nobel et chroniqueur. Standard and Poors avait degrade la note du japon en 2002. Ce qui n’avait eu aucun impact sur l’économie japonaise. Ce sera probablement les cas pour l’économie américaine.

Woroon Woreet

Quel l’apport de nos cousins sérères Dans l’histoire de l’humanité ? Si vous songez au bon couscous du Sine, vous avez raison. Soyons honnête, leur apport ne se résume pas seulement au couscous puisqu’ils  nous ont aussi donné la grande diva Yandé Codou et Leopold Senghor. Eh bien ils viennent d’enrichir leur contribution au rendez du donner et du recevoir en amenant au banquet le Woroon Woreet.  Le Ma woroon woreet est le nouvel apport des sérères. En fait contrairement à Yande Codou, ce n’est pas si original que cela. Ils l’ont toujours pratiqué mais ils viennent juste de la conceptualiser en s’inspirant de notre cher Président. L’inventeur du Ma worron Worreet est un sérère situé à une station insoupçonné. Apporter la lumière de la religion à nos cousins sérères  nous transforme en Sisyphe.

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Le rêve de Wade

Dans le conflit des interprétations du rêve de Wade qui oppose Wade à Sidi Lamine Niasse, on pourrait demander l’arbitrage de notre plus grand  philosophe le Pr Djibril Samb auteur  d’un monumental Interprétation des rêves dans la région sénégambienne ( Prix Noma 1999). Entre Wade qui rêve d’une bague et qui se rend compte au réveil que Serigne Saliou lui en offert une et qu’il interprète comme une caution du Saint homme et Sidi Lamine Niasse qui y voit une invite à quitter le pouvoir, le Pr Djibril Samb est l’arbitre naturel pour donner sa propre lecture qui à coup sur va être moins subjective que celle de Wade ou de Sidi. Profane que je suis en la matière, je sais au moins depuis la terminale que le rêve est la continuation de la réalité par d’autres moyens. Wade en manque de légitimité dans la réalité,  en chercherait un supplément dans le rêve et auprès du Saint homme parce que c’est connu depuis fort longtemps que la meilleure façon de mettre un pouvoir à l’abri de la contestation est de la sacraliser. La déconstruction féroce  de  Sidi Lamine Niasse a transformé le rêve du Président en cauchemar.  Les comparaisons de Sidi sont fort intéressantes et originales surtout quand il compare la chamelle de Salih à notre constitution. La chamelle de Salih était un miracle divin alors que la constitution est un miracle humain. De façon subliminale Sidi compare donc l’entêtement et l’aveuglement des Thamoud qui égorgèrent la chamelle à celui de Wade qui veut aussi sacrifier la constitution à l’autel de son troisieme mandat. Les conséquences pour les Thamoud furent une « foudre » et un « CRI » qui les détruisirent les hommes et leur cite. Espérons que la comparaison va s’arrêter la.  En lieu et place de la foudre, nous attendons une décision très sage des cinq sages ou des cris de ceux de la nuit du 20 mars 2000 saluant le triomphe de la démocratie, ce miracle humain parce que comme dit Rousseau « S’il existait un peuple Dieux il se gouvernerait démocratiquement ». Et la démocratie exclut les foudres de la violence et un entêtement digne des Thamoud parce que tout y est relatif et c’est pourquoi le passage du pouvoir d’un homme à un autre sans violence ni heurts comme ce fut le cas en 2000 est la respiration naturelle de la démocratie. Pour en revenir au reve, on dit aussi que quand on rêve c’est qu’on est profondément endormi. Wade était très endormi mais le réveil du 23 juin a été brutal mais il s’est bel et bien réveillé.

La mère des batailles

Wade avoue lui-même avoir perdu la bataille internationale et concentre son énergie sur la bataille interne.  La bataille internationale a toujours été une bataille mineure même si Wade l’a toujours considéré comme la mère des batailles. La vraie bataille est celle de la banlieue, celle su Saloum et celle de Casamance. A toute chose malheur est bon. La bataille de l’atlantique étant perdue avec Obama  qui est encore un novice parce qu’il ne comprend pas encore l’honneur que ferait notre cher Président aux Etats Unis en venant à la Blanche. D’ailleurs soyons sages désirons les choses telles qu’elles arrivent et non pas telles qu’on voudrait qu’elles soient. Si Obama n’invite pas notre Gorgui à la Maison Blanche, il se contentera de la Maison Blanche de l’Avenue Roume.  Apres avoir perdu la bataille des salons de Saint Germain des Pres, du Quai d’Orsay et du Faubourg Saint Honoré, on redécouvre les charmes du Baol, et de Sandaga. Senghor Diouf et Wade ont toujours eu le reflexe de gouverneur colonial en annonçant toujours des décisions très importantes pour le Sénégal sur le perron de l’Elysée. Inconsciemment ils ont toujours accordé plus d’importance à ce que l’on pensait d’eux dans l’ancienne métropole qu’au Senegal. Cette page est en phase d’être définitivement fermée. D’ailleurs Mouhamed Ndaw Tyson avec son fameux drapeau américain a été envoyé dans les poubelles l’histoire de la lutte par un Balla Gaye arborant un « j’aime mon pays ». C’est peut être aussi ça le Nouveau Type de Sénégalais dont parlent les jeunes de Y en marre. Ce NTS qui va plus avoir le complexe de l’étranger au point comme ces ministres qui y amènent leurs femmes y accoucher parce que convaincus qu’être ne au Sénégal est un péché originel. Le mauvais exemple de l’extraversion et de la haine de soi est toujours venu du sommet.

Moubarak : le pharaon en cage

Rien que la présence de Moubarak dans la « cage des accusés » est une victoire pour les révolutionnaires de la place Takhrir. C’est une véritable révolution en Egypte et  dans le monde arabe. L’ancien pharaon sur une civière et dans une cage illustre comment les peuples soumis à la servitude volontaire peuvent être féroces quand ils se réveillent. Personne n’aurait pu imaginer pareille humiliation pour celui qui a été un pivot du moyen orient pendant trente ans. Un proverbe arabe dit « un ennemi on le tue on ne l’humilie pas ». A coup sur Moubarak le militaire, héros de la guerre du kippour aurait préféré la mort à pareille humiliation. La mort de Saddam est infinie plus glorieuse et préférable à cette humiliation du pharaon

Exception Sénégalaise

L’exception démocratique sénégalaise a vécu. Aujourd’hui nous sommes entrain de devenir une exception musulmane. Et le Zeitgeist de Google qui le montre. L’année dernière, pendant le ramadan, le Sénégal était sommet au top 10 mondial pour son intérêt pour le Coran devant l’Arabie saoudite, l’Afghanistan et l’Iran qui sont des Etats où l’Islam est religion d’Etat. Il y avait de quoi bomber le torse. Apres le ramadan cet intérêt avait brutalement disparu. Eh bien pour avec le ramadan, l’intérêt pour le Coran est revenu dans le Top 10 de ce que les sénégalais cherchent sur Internet. On a l’impression que les Sénégalais économisent leur piété pour l’investir massivement dans le ramadan.

Tea party

Le TEA ( Taxed already enough ou déjà suffisamment taxes)  est le seul vainqueur du grand débat sur la dette américaine.  Le Tea party a littéralement pris en otage le parti républicain et l’a amené vers ses positions extrêmes comme les impôts et contre l’Etat fédéral. La révolution conservatrice de Newt Gingrich face à Clinton semble aujourd’hui être un jeu d’enfant face au fanatisme idéologique du Tea party qui a failli bloquer l’économie américaine pour montrer sa force. La campagne de la Présidentielle de 2012 vient de commencer. Le TEA Party ferme la page  des néoconservateurs de Bush avec leur idée d’une Amérique qui doit imposer ses valeurs au monde. Contrairement aux néoconservateurs qui ne s’intéressent principalement à la politique extérieure le TEA veut une Amérique isolationniste où l’on paie moins d’impôts avec un Etat fédéral réduit à sa plus simple expression.

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Y en marre du débat sur le fichier

Je dis souvent que Cheikh Gueye, le nouveau Ministre chargé des élections  et l’ambassadeur Bruno Diatta incarnent la continuité de l’Etat. Au delà continuité de l’Etat, ils incarnent l’équilibre qui permet à l’Etat du Sénégal de rester fort et debout malgré les secousses et errements consécutifs d’un pilotage à vue des autorités depuis 2000. Les hauts fonctionnaires et grands commis d’Etat comme  Cheikh Gueye et Bruno Diatta ont des contrats à durée indéterminée avec l’Etat alors que les élus comme Wade ont un contrat déterminé avec l’Etat que les citoyens peuvent ne pas renouveler à chaque élection. Ce sont ces hauts fonctionnaires de qualité qui sont l’avantage absolu du Sénégal. Sur les 12 millions de sénégalais, l’inspecteur Général d’Etat Cheikh Gueye a surement  et de loin le meilleur profil pour organiser  les élections. Il en a douze à son actif et aucune n’a été sérieusement contestée. Si on compare les élections organisées par Cheikh Gueye depuis les législatives de 1998 avec la catastrophe électorale de la Présidentielle de 1988  de celle 1996 organisée par Abdourahmane Sow , la république lui doit des honneurs. Des législatives de 1998 jusqu’aux locales de 2009 en passant par les deux tours de la présidentielle de 2000 et celle de 2007, Cheikh Gueye a organisé des élections que Diouf a gagné ( 1998), que Diouf a perdu ( 2000) et donc que Wade a gagné ( 2000 et 2007) que Wade a perdu (2009). Diouf est parti, les fonctionnaires de la Direction Générale des Elections sont restés, Wade partira, ils resteront car les régimes passent l’Etat demeure. L’opposition aurait du applaudir des deux mains la nomination d’une telle personne à la tête du Ministère chargé des élections parce que c’est la meilleure garantie de transparence qu’on peut avoir mais abandonner la contestation électorale obligerait l’opposition à se pencher sur les vrais questions et proposer des alternatives sur des questions comme l’énergie et non plus réduire le débat de la présidentielle au départ de Wade. C’est tellement plus facile de se concentrer sur le fichier électoral  qui devient bon quand on gagne avec et devient suspect quand on perd. La défaite de Diouf en 2000 et celle de Wade en 2009 sont la preuve que truquer des élections au Sénégal relève depuis longtemps du fantasme. L’argument qui consiste à dire que Cheikh Gueye est proche de Ousmane Ngom relève de la politique politicienne. Le DGE est un proche collaborateur de tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés depuis le Général Lamine Cissé. Les Ministres comme Ousmane Ngom et les autres  sont dans le domaine du souhaitable alors que le DGE est dans le domaine du légal ( le code électoral).  C’est  ce qui permet aux fonctionnaires de la DGE de passer d’un régime à un autre et d’un ministre à un autre sans état d’âme. Y en a marre du débat sur le fichier  qui empoisonne la vie politique depuis 1983.  Il est temps pour un vrai débat entre opposition et majorité sur les vraies questions (Casamance, Énergie, Éducation, Politique extérieure).

Le trop plein plutôt que le vide

Le guide des égarés!  Vous connaissez ? C’est le titre du livre de Maimonide, un des mes auteurs préférés. Maimonide est un juif andalou qui a écrit ses chefs d’œuvre en arabe et qui est considéré comme un des meilleurs exégètes de la Thorah. Quand Wade dit qu’il n’a pas trouvé personne sur les 12 millions de sénégalais pour le remplacer il se prend le guide des égarés. Lui seul a la connaissance parfaite de la totalité et les 12 millions de sénégalais ne seraient que des ignorants. Je me suis mis un instant dans la peau du Président du Senat, de l’assemblée nationale ou du PM qui ont été obligés de chanter ses louanges quelques jours plus tard. Dans une fameuse conférence  de presse, interrogé sur sa succession, De Gaulle avait eu ses mots pleins de sagesse « A ma disparition, je ne crains pas le vide mais le trop plein ». Que notre cher Président se rassure, après son départ il ne faut pas craindre le vide mais le trop plein auquel il a beaucoup contribué en banalisant la fonction. Pour 2012, le Sénégal battra des record de candidature. Nous sommes des croyants, le prophète  et les quatre premiers khalifes sont tous partis et la terre continue à tourner autour du soleil qui ne connaitra pas une extinction parce que Wade a quitté le pouvoir.  La Ve république a survécu à De Gaulle, les Etats-Unis à Washington et le Sénégal survivra à Wade même s’il est convaincu que tout se qui s’est passé de Faidherbe à 2000 ne servait qu’a annoncer son arrivée et tout se passera après son départ ne sera que commentaire de son action comme la philosophie qui n’est rien d’autre qu’un long commentaire de Platon. Même si Wade part aujourd’hui il n’ y aura aucun chaos parce que contrairement à la Cote d’Ivoire le Sénégal a hérité un Etat de Senghor et de Diouf. Un Etat très solide. S’il ne l’était pas, il serait effondré depuis longtemps par les remaniements et réaménagements intempestifs de Wade qui gouverne par la tension permanente. Les héros de la république sont ces milliers de fonctionnaires anonymes qui dans le secret de leur bureau tiennent l’Etat sur leurs frêles épaules en attendant que le Sénégal voit s’il renouvelle le CDD qui le lie à Wade en 2012.

L’Afrique n’aide pas l’Afrique

Alors que le monde s’organise pour venir en aide à la corne de l’Afrique en proie à la famine, on n’entend nullement la voix de l’Afrique. Comme lors de terribles famines qui ont ravagé l’Ethiopie dans les années 80, le sursaut ne viendra pas du continent mais ailleurs. Pour l’Éthiopie, il y avait l’initiative USA for Africa avec le « we are the world », pour la corne cette année il y a peu de chance qu’il y ait « Africa for Africa » à moins que Wade ressuscite son fameux ONG « l’Afrique aide l’Afrique ». Ce qui se passe dans la corne de l’Afrique et plus particulièrement en Somalie est ahurissant. La famine fait des ravages et les shebbabs (les islamistes somaliens) comme Mengistu dans les années 80 en Ethiopie interdisent aux humanitaires d’accéder dans les zones qu’ils contrôlent. Aucune voix africaine ne s’est élevée pour condamner ce qui est un crime de masse par la faim. Quand il y a eu le tsunami en 2005, les pays asiatiques ont été submergés par l’aide venue d’occident qui traine aujourd’hui les pays pour la corne de l’Afrique. L’attitude de l’Occident est fort compréhensible. Le Tsunami est une catastrophe naturelle alors que la famine  en somalie  comme celle de l’Éthiopie est le fait des hommes qui utilisent la faim  comme arme de guerre.

Norvège : croisade anachronique

Aux États-Unis, il y a eu un avant et un après 11 septembre. En Norvège aussi il y aura un avant et un après Breivik.  Le massacre de d’Oslo est une preuve supplémentaire qu’il n’y a pas de terrorisme aveugle.  Breivik a réussi remettre en cause le contrat social norvégien fondé sur la paix et une très grande tolérance. Ce pays où l’on a probablement le meilleur saumon du monde a aussi avec Londres la police la plus courtoise  et la plus souriante du monde. Par son acte, Breivik vise à remettre en cause ce modèle pour le substituer à celui  de l’ordre très intolérant des chevaliers du temple pendant les croisades. Si la Norvège se referme sur elle-même  et répond par le tout sécuritaire, Breivik aura gagné.

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Wade et les chefs de village : Génial mais out dated

Que pèsent les 20 000 chefs de village ? Vingt milles cartes d’électeurs, donc vingt milles voix et probablement largement moins. «  La France de Papa est morte et ceux qui ne l’ont pas compris mourront avec elle ». Ainsi parlait de Gaulle s’adressant aux  partisans de l’Algérie Française. Wade  n’a pas encore compris  que le Sénégal de Papa est mort en l’an 2000. C’est la mort de ce Sénégal de Papa qui lui a permis de gagner en 2000. Et c’est fort paradoxal qu’il n’en soit pas encore conscient. Le Sénégal de Papa est mort avec l’avènement des radios privées dans les années 90. Avant l’avènement de SUD FM et de Walf fm, le chef de village, le sous préfet et le marabout étaient les principaux relais entre les villageois et les autorités politiques. Naturellement le chef de village, le sous préfet et le marabout étaient les piliers de la légitimation du régime en place mais l’irruption de Sud FM et de Walf FM leur a fait perdre  le réseau comme disent les jeunes. L’irruption des radios privées qui informent  et posent les débats en langue nationale ont eu l’effet du « réveillez vous » des témoins de Jehovah sur les villageois. C’est ce réveil des paysans qui sera à l’origine de la première défaite du Parti au pouvoir dans les villages et une des causes de l’alternance. Pendant plus de 40 ans le marabout, le sous préfet et les chef de village ont su dans les villages  mettre le pouvoir à l’abri de la contestation en le sacralisant ( Si Diouf est la c’est parce que Dieu l’a voulu, donc un bon musulman ne saurait le contester) malgré pauvreté des villageois. Entendre Wade avec son wolof du terroir critiquer Diouf et expliquer la pauvreté dans le monde rural par l’incompétence du régime de  a beaucoup contribué à désacraliser le mythe du Président dans le monde rural et a donc fait le lit à la révolte électorale  des villageois en 2000. Wade a contribué au réveil et à l’éveil des paysans qui depuis refusent de fermer l’œil à fortiori de dormir. La stratégie de s’appuyer sur les chefs de village est excellente mais  seulement dans le Papa qui n’existe plus. En terme simple elle est  Out date comme disent les informaticiens  ou simplement anachronique

Les Bush, les Wade et le common sense

« Il y a quelques semaines je vous disais dans ces mêmes lignes que le QI du sergent chef Eyadema était supérieur à celui du double agrégé Abdoulaye Wade. Le Sergent Eyadema avait réussi son projet monarchique parce qu’il savait à quelque peuple il avait affaire. Ce qui n’est pas le cas de Wade. Sa dernière sortie devant les élus libéraux montre qu’il ne nous a pas compris. Devant les enseignants libéraux, le Pr a relevé le niveau et recrute maintenant le cas de Bush père et fils et dit en substance étant donné qu’il n’est pas moins intelligent que Bush ( ce qui se discute d’ailleurs) si Bush a réussi à mettre son fils, lui aussi peut le faire s’il le pouvait. L’argument appelle de notre part une objection de taille. Georges Bush père n’a pas mis son fils. C’est son fils qui s’est imposé en affrontant le suffrage pour être élu gouverneur du Texas ( ce que Karim Wade n’a jamais réussi avec le waterloo des locales de 2009). Deuxième objection : quand Bush se présentait aux élections son père n’était plus Président depuis 8 ans. Donc on ne l’a pas mis il s’est imposé. La candidature de Bush fils était acceptable parce que entre lui et son père il ya eu l’alternance avec le mandat de de Clinton que j’appelle un mandat de courtoisie. L’exemple des Bush n’est pas le bon. Historiquement il faut chercher le bon exemple du coté de la Russie avec Pierre le Grand et son fils. Autant Pierre était un homme d’une dimension exceptionnelle ( fondateur de Saint Petersbourg et modernisateur de la Russie)  comme Wade autant son fils était ce qu’il y a plus ordinaire. La volonté farouche de Pierre à hisser son fils à sa dimension connut une épilogue fort tragique. L’épilogue de la volonte de Wade de hisser son fils a sa dimension est déjà tragique pour Wade. Quoi qu’il fasse maintenant, l’histoire retiendra que sa longue marche pour la démocratie et les  libertés a abouti à un projet monarchique. La différence entre Pierre le Grand et le tsarévitch Alexis, la différence de caractère entre l’increvable Wade et le british  Karim incapable de gagner un quartier confirme la grande idée que défend Thomas Paine dans Commen sense ( la bible des républicains) à savoir que l’inégalité n’a aucun fondement naturel parce que le caractère et les vertus ne se transmettent pas. C’est une loi naturelle de l’histoire. Les fondateurs d’empires ont souvent la résistance  des nomades  et traversent le désert ou la steppe comme les mongols, leurs descendants se sédentarisent perdent leur vertus guerrières, jouissent du luxe de la ville et finissent pas être balayés par d’autres nomades. Les redoutables cavaliers arabes se sédentarisés à Bagdad et ont été balayés par les hordes mongols. De 1974 à 2000, le PDS a été dans la posture des nomades. Aujourd’hui ce parti a perdu ses ressorts et est dans la posture des jouisseurs arabes  avant l’arrivée des nomades. Ces nomades qui ont commencé à assiéger la citadelle depuis le 23 juin.

Tout sauf l’incompétence du Conseil

Cette semaine,  dans le 12 h de la RFM, j’ai suivi avec intérêt mon ami Me Ousmane Seye défendre  l’idée que conseil Constitutionnel pourrait très bien se déclarer incompétent pour trancher la question si Wade a déjà fait deux mandats ou non.  Si le Conseil se déclare incompétent, sur cette question, quelle juridiction va l’être ? Ne pas avoir fait plus de deux mandats fait partie des critères de sélection comme le fait de jouir de civiles et politiques ou la caution, ce qui fait le conseil est obligatoirement compétent. Raisonnons par l’absurde. Même si le conseil ne l’était,  ce qui veut dire le conseil est une coquille vide, les 5 sages pourraient s’inspirer  de l’exemple de cour suprême américaine sous la présidence du juge John Marshall qui a donné de l’autorité à la cour en décidant que la cour devait  décider de la  constitutionnalité des lois dans l’affaire Marbury vs Madison. Ce quatrième Président de la cour suprême et qui a grandement contribue à donner prestige et autorité  à la cour qui était presque une coquille vide avant sa nomination. Le juge Diakhate et ses collègues sont historiquement dans la même situation. Imaginez le Conseil constitutionnel se déclarer incompétent sur la candidature de Wade à 29 jours de la Présidentielle ? Est-ce que Wade peut être candidat ou pas ? Le denier mot revient au Conseil qui doit avoir forcement son mot à dire.  Si le conseil valide la candidature de Wade, son autorité va être écornée mais il s’en relèvera, si les 5 sages invalident la candidature de Wade, son autorité va aussi être écornée parce que le pays pensera que la pression a finit payer mais le conseil s’en relèvera mais se déclarer incompétent va ouvrir les portes du chaos.

Le baptême de Bour Sine

L’obs a raconté avec des détails croustillants le baptême de Bour sine, l’honorable cheval du Premier Ministre du Sénégal et de l’arène. D’ici 2012 le Premier Ministre pourrait tres bien franchir pas le rubicon à Gouye Ndiouli en nommant son cheval Boursine au Senat comme l’avait Caligula avec son cheval préféré Incitatus avant d’ajouter « Pauvre Incitatus! Je ne voudrais certes pas lui imposer la compagnie de tous ces gorets en laticlave ». Boursine n’est tout de me pas n’importe quel cheval. C’est le cheval du PM. Et cet honorable cheval  a toute sa place dans notre parlement devenu aussi une arène avec des députes qui débattent avec des coups de poings.

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Faites vos jeux Messieurs

A force de chercher, j’ai finalement trouvé ce que Wade a en commun avec le Général de Gaulle. Ce n’est certainement pas le sens de l’Etat ou de l’Histoire. Ce que de Gaulle et Wade ont en commun : c’est la « chienlit » qui a emporté de Gaulle avec le referendum de 1969 et va emporter Wade en 2012 s’il se présente. « Soyez réalistes, demandez l’impossible » disaient les jeunes en 68. Ils l’ont été et ont demandé l’impossible « le départ » du Général. Ici c’est la lame  « Y en marre » qui de façon très réaliste demande ce qu’il ya de plus possible : le départ de Wade à la fin de son mandat. De Gaulle qui a rétabli les libertés publiques n’avait rien compris de mai 68 d’où son dialogue de sourds avec les jeunes qui surfaient sur ces libertés. Wade, le Président,  pur produit  des libertés vit aujourd’hui la même mésentente avec les jeunes de Yen a marre « stade suprême » de ces mêmes  libertés. Wade à 87 ans veut encore briguer un mandat de Président dans un pays où les trois quarts des habitants ont moins de 30 ans. C’est pourquoi la candidature de Wade au delà de l’aspect constitutionnel est une simple question de bon sens. En tout cas tous ceux qui sont doués de bon sens politique ont compris que c’est le début de la fin. En la matière Me Mbaye Jacques a un stock de compétences avérées. Il  avait été le premier à avoir détecté le début de la fin de l’ère Diouf et en avait tiré les conséquences. Ses dernières sorties dans la presse pour dire « que s’il était à la place de Wade il n’aurait mêlé sa famille dans la gestion de l’Etat » est aussi un autre signe de fin des temps…. pardon fin de règne. Les récentes sorties de Djibo Ka et celles de plus en plus violentes Robert Bourgi sont aussi des indicateurs de la fin de l’ère Wade. Si Robert Bourgi un des piliers de la France Afrique, le « parrain » des républiques dynastiques ( Gabon et Togo) donnent des leçons de démocraties et de vertus constitutionnelles. C’est vraiment le début de la fin. Le vieux Lion ne fait plus peur ni à ses enfants ( Idy et Macky) et encore moins à ses petits  enfants de Yen a marre et les prébendiers cherchent déjà à donner des gages aux potentiels successeurs de Wade notamment ses enfants ou ses opposants les mieux placés. Faites vos jeux messieurs. Les paris sont ouverts.

Le Sénégal de Lemoine et de Habré

Cette semaine, nous avons au à la une de l’actualité deux conceptions du Sénégal. Un face à face entre le Sénégal ouvert et le Sénégal fermé. Le Sénégal ouvert et généreux et fascinant qui a accueilli Lucien et Jacqueline Lemoine et de l’autre le Sénégal fermé et informel que attend le vendredi soir pour annoncer l’extradition de Habre après lui avoir accordé l’asile pendant 20 ans. Si Habré avait choisi l’asile au Sénégal dans les années 80, il était qu’à l’époque convaincu que  le Sénégal était probablement le seul pays où il y avait un Etat de droit ( donc pas de risque qu’on le jette dans la un avion pour livrer au Tchad sans décision de justice). Ce qui était impensable au Sénégal  dans les années 80  est devenu possible en 2011. C’est un grand bond en arrière pour le Sénégal alors que les autres pays africains en matière de libertés ont connu des bons en avant. Les autres pays africains ont profite de l’ère du droit de l’hommisme pour se mettre à jour alors que le Sénégal qui était en avance bien avant cette ère ne cesse de reculer. Ce qui est le dramatique dans le dernier épisode du feuilleton Habré c’est que tout le monde savait que le Président allait faire un volte face. C’est une catastrophe pour notre Etat que tout le monde soit convaincu qu’une décision de notre Président est devenue ce qu’il y a de plus relatif. Quand le couple Lemoine s’installait au Sénégal, quand Habre et Ahidjo demandaient l’asile au Senegal, notre pays tenait son rang de phare de la démocratie de la culture et des libertés en Afrique mais aujourd’hui c’est le règne de la « lettre de cachet » et le fait du Prince. Le dernier épisode de l’affaire Habre est une sorte de « L’Etat c’est moi ». C’est parce que l’on croit que « l’Etat c’est moi » qu’on pense que les procédures et loi  sont une perte de temps.

News of the world

Apres 168 ans, le tabloid news of the world a mis la clé sous le paillasson à la suite d’un scandale. News of the world n’est pas un journal dans un pays de dictature mais c’est un journal édité en Grande Bretagne connu pour sa très grande tolérance et sa  très grande liberté. L’affaire News of the world met de l’eau au moulin des personnes comme votre serviteur qui sont contre la dépénalisation des délits de presse ou  délits par voie de presse. Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on doit s’octroyer une zone de non droit ou une irresponsabilité illimitée.  Les dérives ont perdu news of the world et personne en Grande Bretagne ne parle de d’atteinte à la liberté de presse.

Terminer une guerre

Le Président Sarkozy a raison. Il faut savoir terminer une guerre. En Afghanistan, c’est la guerre contre Ben laden qui se termine mais une autre va s’ouvrir. Elle va opposer les talibans et le régime de Karzai qui va être rapidement balayé. L’Afghanistan est une sorte de tombeau pour les grandes puissances. L’Afghanistan a été le début de la fin pour Alexandre le Grand qui a remis l’épée dans le fourreau pour les beaux yeux de Roxane. Capituler devant Roxane après avoir vaincu Darius, il fallait le faire. Les britanniques pendant leur domination du sous continent indien se sont toujours gardés de dépasser le fameux Khyber pass.  Le déclin de l’union soviétique a commencé après l’invasion de l’Afghanistan. C’est cette histoire de tombeau des grandes puissances qui poussent aujourd’hui l’occident à s’empresser de se retirer de ce pays tellement complexe et toujours en guerre ou en attente d’une guerre. La guerre ne se termine passe après le départ des troupes occidentales, elle va recommencer.

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Blog de Yoro DIA

La Lettre de Karim Wade : Kou wakh fegne

En cherchant à le présenter à l’opinion en bon Docteur Jekyll incompris, les gourous de Karim l’ont montré en Mister Hyde. La potion magique que l’on a fait avaler au Dr Jekyl du Point E n’a eu point l’effet escompté. C’est tout le contraire que les solutions concoctées ont donné. C’est le drame de la chimie politique des labos obscurs de la courtisanerie. On s’est trompé de potion magique ou de formules rituelles. Les gourous de Karim ont voulu jouer sur l’l’underdog effect (les martyrs et ceux qui sont en position de faiblesse s’attirent la sympathie de l’opinion). La théorie est juste et s’est vérifiée plusieurs fois mais c’est une erreur d’optique et de jugement grave  que de penser pendant une seconde que les sénégalais peuvent considérer Karim Wade comme un martyr. C’est tout le contraire. Pour tous les sénégalais,  à l’exception de sa famille et de sa cour il incarne le privilège du hasard de la naissance. Hasard de la naissance acceptée dans les monarchies dans les confréries mais jamais en république bâtie sur le socle de l’égalité et du mérite. La lettre de Karim révèle une vérité qu’on entend souvent chez les rappeurs « Kou wakh fegne ». Au lieu de s’attirer la sympathie des sénégalais,  Karim qui se voulait superman et surhomme en même temps a montré toute sa faiblesse. L’une de règles les plus élémentaires en stratégie consiste à dire « qu’il ne faut jamais montrer à son adversaire qu’on est touché ». La lettre de Karim et la réponse positive de Wade à l’appel du G6 montrent que le clan et le camp présidentiels sont gravement sinistrés après les événements du 23 juin. En lisant la lettre qui dit en substance « mais pourquoi ils ne m’aiment pas » j’ai cru retrouver en un moment le Karim de 2000-2001, un Monsieur très convenable et fort sympathique dont la seule préoccupation était de « rester à sa place » comme il disait en avril 2001 à la une du journal Tract. La république élit toujours un homme pas une famille. A l’époque il avait un avis fort sage mais c’était avant que l’esprit de cour et ses courtisans dignes du duc d’Antin et de Gregori Potemkine ne le transforment en  Louis XVI des tropiques qui se pavane en jet privé  dans  le monde alors que son peuple par un remarquable bond en arrière est retourné à la bougie des siècles après l’invention de l’électricité.

Wade, Juppé et Sénèque

Nous devons au sociologue français Emile Durkheim la division du Travail sociologique et à Nicolas Sarkozy la division du travail politique. Il y a quelques semaines Sarkozy a transformé notre Président en coursier pour aller dire à Khaddafi « droit dans les yeux » de quitter le pouvoir,  laisse aujourd’hui son ministre des affaires étrangères « inviter Wade à s’appliquer les leçons de démocratie qu’il donne à Khaddafi » et laisse à Robert Bourgi  confirmer que Karim a bel et bien fait appel à l’armée française prouvant ainsi qu’il se sent avant tout français. Quoi de plus naturel que faire appel à l’armée de son pays quand les indigènes se révoltent. C’est une division du travail qui en dit long sur la nouvelle position de la France face à Wade. Il s’enfoncer la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité  ou se  cacher derrière son petit doigt pour ne pas comprendre. La pire des flèches gauloises  à été décochée par Juppé. C’est une offense et même si cela se voit difficilement Wade a du rougir. Comment Juppe peut inviter Wade le doublement agrégé à découvrir ou à redécouvrir le grand Sénèque qui nous enseigne que « Long est le chemin des préceptes, court est le chemin de l’exemple ». C’est vrai que c’est facile de donner des préceptes démocratiques dans le monde et de vouloir se faire élire avec 25 %. Khaddafi n’a jamais dit qu’il est un démocrate et a toujours agi en conséquence. Il a au moins le mérite d’être logique avec son propre système. Ce n’est qu’un bédouin qui a dirigé son pays comme un conglomérat de tribus bédouines. « Il ne parle pas démocrate pour agir en monarque ». Il n’a pas hérité d’une république qu’il a voulu transformer en monarchie. Au contraire, il a hérité d’une monarchie qu’il transformé en république même s’il se maintient au pouvoir avec une dictature anachronique. Juppe a raison de renvoyer dos à dos celui qui hérité d’une république et a voulu la transformer en monarchie et celui qui hérité d’une monarchie et l’a transformée en république dont le mode fonctionnement et de régulation est la violence. En tout cas il est évident, que le bédouin a plus le sens de l’histoire que le double agrégé car depuis « ce super lever de soleil qu’a été la révolution française » comme dit Hegel nous avons vu des monarchies, des royaumes et des sultanats se transformer en république et jamais une république se transformer en monarchie. Même Khomeiny après avoir chassé le Shah a proclamé la république. La  nouvelle attitude de la France montre que le 23 juin est plus décisif que les combines sur les bords de la Seine ou des poignées de main fortuites avec Obama.

Les mercenaires

Le Ministre Ousmane Ngom a raison de parler  de plaisanterie sur la question des mercenaires. Et c’est une plaisanterie de très mauvais gout parce qu’elle risque de stigmatiser et de transformer les « hôtes étrangers qui vivent parmi nous » en bouc émissaires. C’est inquiétant. Autant d’irresponsabilités à ce niveau de responsabilités donnent froid dans le dos.  Les hommes politiques aiment jouer à se faire peur, finissent par avoir peur et oublient qu’ils sont à l’origine de psychose. Toute cette psychose artificielle, cette marche vers le chaos que l’on nous annonce a pour objectif de faire l’économie d’un vrai débat pour la présidentielle. Le Sénégal est à un tournant de son histoire. Avec Wade, notre pays fermer la page coloniale et va ouvrir une nouvelle page avec une nouvelle génération. Le Sénégal a été l’exception démocratique et le seul débat qui vaille est comment en faire l’exception économique en faisant du Sénégal le premier pays émergent d’Afrique noire pour que notre pays tienne son rang. Le débat de la Présidentielle est trop sérieux pour être réduit à si Wade se présente,  le pays brule. Au fond avec ce qui s’est passé le 23 juin la mission du G6 est simple. Wade affaibli est prêt au compromis et l’opposition a intérêt que la fin du mandat de Wade se passe en douceur.  L’opposition va aller à la négociation avec la revendication maximaliste ( Wade ne doit pas se présenter) et ce dernier de leur demander de laisser le conseil constitutionnel trancher le débat en s’engageant de respecter la décision du conseil ( même s’il n’a pas le choix évidemment). Proposition qu’un républicain ne peut récuser. On est bien loin de l’époque où Wade tançait le conseil constitutionnel dans une lettre parce que les juges avaient rendu une décision qui ne lui était pas favorable. Que d’eau sous les ponts de l’alternance entre avril 2001 et juin 2011.

Le compte à rebours

Je vous en parlais il ya quelques semaines. Le compte à rebours a commencé pour le Président Hamid Karzai. Avec la mort de Ben Laden, il a perdu son assurance-vie. Apres les américains, les anglais et les français, les canadiens ont annoncé cette semaine leur retrait d’Afghanistan. Son sort sera celui de Mouhamed Najibullah après le retrait soviétique. Najibullah avait réussi à tenir quelques mois après le départ de l’armée rouge. Ce qui ne sera sans doute pas le cas avec Karzai face à des talibans qui tiennent tête à  « l’invincible armada » de l’OTAN depuis 10 ans. Pour l’occident la traque de Ben Laden valait bien une guerre mais on ne va quand même pas sacrifier la vie des soldats américains pour les jeunes filles afghanes puissent aller à l’école ou que les afghans aient le droit de se raser la barbe ( des pratiques interdites sous les talibans obscurantistes) et devenues un droit et une liberté que les troupes occidentales ont amené dans leur paquetage en plus de Karzai.

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Le blog de Yoro Dia

Le QI  de Eyadema supérieur à celui de  Wade

« Si je suis fort pourquoi chercherait je un compromis ? Si je suis faible, je n’ai rien à mettre sur la table pour le compromis ».  Cette  phrase de Amine Gémayel, l’ancien Président du Liban résume bien la situation kafkaïenne dans laquelle Wade s’est encore enfermé.  Avant le 23 juin, il se croyait tellement fort qu’il se permettait avec les délégations spéciales de prendre de la main gauche  ce que le peuple avait donné de la main droite à des élus locaux. Depuis les émeutes du 23 juin il est devenu tellement faible que la « chienlit » s’est installée dans le pays pris entre le marteau des délestages et l’enclume des vandales. Le silence de Wade n’est pas synonyme de sagesse mais d’absence de mots. Qu’est ce qu’il peut bien dire ? Il aimait répéter que Bongo et Eyadema qui avaient réussi à placer leurs fils à la tête de leur pays n’étaient pas plus intelligents que lui. Les faits lui donnent tort parce que Bongo et Eyadema savaient à quels peuples ils avaient affaire. Ce qui n’a pas été le cas de  Wade qui s’est trompé à la fois de peuple et d’époque en voulant faire élire un Président au Sénégal avec 25% comme au Gabon et au Togo. Le 23 juin a créé un désordre régénérateur parce qu’il marque  comme le dit le Pr Ismael Madior Fall « la naissance d’un patriotisme constitutionnel ». Ce « patriotisme constitutionnel » doit être le pilier de la démocratie post alternance en obligeant les hommes politiques à s’adapter aux textes et non à adapter nos textes à des contingences politiques comme ce fut le cas avec le ticket. Wade a réveillé une fitna qui n’épargnera personne. Dans une grande démocratie, l’élection du Président quelque soit les enjeux est formalité mais Wade a fait de l’élection de 2012 une sorte de marche vers le chaos qui va porter un sacré coup à notre économie. Le Président Mansour Cama de la CNES a raison de tirer la sonnette d’alarme parce que l’instabilité et les furies populaires  constituent la plus grande atteinte au fondement de la vie en société à savoir le droit de propriété. Quel investisseur viendra au Sénégal en voyant le pays en entrer dans « l’ère des furies », qui va dédommager les pauvres citoyens qui ont vu leur voiture saccagées et leurs commerces pillés ? D’ailleurs ce n’est pas un hasard si les assureurs refusent de « assurer » leurs clients contre les émeutes et les furies. Garantir la paix civile et le droit de propriété  sont les missions essentielles de l’Etat et c’est un grand paradoxe que ce soit le chef de l’Etat qui est le garant de la sécurité et de la stabilité soit à l’origine du réveil de la fitna et des furies.  C’est une grande tragédie, malgré les ponts, les routes, les échangeurs, la fitna de Wade nous fait regretter les 20 ans d’immobilisme et d’ennui de Diouf.

Sauver Wade

Pour services rendus à la démocratie et sa formidable carrière d’opposant, Wade  mérite qu’on le sauve du naufrage. Wade a été à l’origine du de l’ouverture du système senghorien, a été aussi un acteur majeur de l’ouverture médiatique et de l’avancée des libertés publiques au Sénégal, ce qui fera de lui quelque soit le chaos de la fin son règne l’un des personnages historiques les plus importants de notre histoire. Sans Wade il n’y aurait pas d’exception sénégalaise. Et c’est d’hommage que Wade ait répondu aux sirènes de la politique politicienne et non pas à celle de l’histoire après son plébiscite de 2007. S’il avait le sens de l’histoire il aurait du comprendre que son dernier combat politique était la Présidentielle de 2007 et aurait du  après cette élection s’occuper uniquement de sa place dans le panthéon sénégalais à cote de Senghor ou même devant Senghor. C’est cette erreur de perspective qui fait qu’il est aujourd’hui sur plus sur les traces de Hérode ou de Scyllla plutôt que sur celles de De Gaulle ou de Mandela. Etant donné qu’il avait réussi à conjurer le syndrome Soglo ( être élu démocratiquement et  chassé du pouvoir après un mandat), il avait toute la latitude pour l’histoire d’être pour son dernier mandat un chef d’Etat après avoir un chef de clan pour le premier mais le reflexe finit toujours par l’emporter parce qu’au fond l’homme d’Etat qui sommeille en Wade ne s’est jamais réveillé en dix ans. L’histoire ne retient que les grands actes posés par les hommes d’Etat et   non pas par les petites combines politiciennes dont les auteurs n’ont jamais taquiné l’histoire. Et le ticket est une combine politicienne. C’est pourquoi l’histoire retiendra ceux qui sont descendu dans la rue pour dire non plutôt que ceux qui voulu souiller de façon indélébile notre démocratie. Le 23 mai n’est pas une atteinte à l’image du Sénégal mais à celle de Wade. Il n’ya pas de belle image pour une démocratie qu’un peuple qui se dresse pour la défense de sa liberté. Une bastille est tombée ce 23 juin.

La cour Pénale Internationale

Le Président soudanais Oumar Hassan El Béchir qui se pavane en Chine malgré deux mandats d’arrêt internationaux lancés par la Cour Pénale Internationale montre les limites de ce qu’on appelle la « justice internationale » appelée à être la justice des vaincus. Bechir reçu en grande pompe montre les limites de la politique des droits de l’homme qui plie souvent devant la raison d’Etat. Pour la chine le  pétrole soudanais qui lui permet de financer son taux de croissance  et rester ainsi l’usine du monde pèse plus lourdement dans la balance que les droits de l’homme au Darfour. La CPI est devenue un moyen de pression entre les mains de  grandes puissances. Le procureur de la CPI n’est plus libre qu’un procureur au Sénégal. C’est quand même paradoxal que la CPI ait décidé d’inculper Khaddfi qu’après le refus de l’exil qu’on lui proposait sur un plateau d’argent. Ce fut le même procédé avec Gbagbo et Moussa Daddis Camara. Khaddafi , Gbagbo et Daddis sont certes indéfendables mais ce n’est pas convenable ni juste que la CPI écrive sous dictée des grandes puissances et devient un instrument de leur politique militaire et diplomatique

Retour à Weber

Un des profs à Paris disait « Dans les sociales, chaque fois que vous perdez pied, agrippez à Weber et vous retrouverez la terre ferme ». C’est valable aussi pour un Etat à genoux. Il est temps que l’Etat du Sénégal s’agrippe à Weber pour se relever. L’Etat du Sénégal devrait se réapproprier la sagesse  de Weber veut que « l’Etat a le monopole de la violence légitime ». Une justice privée ne peut se développer sur les flancs d’un Etat faible. Lors  des émeutes de lundi, les sénégalais ont touché du doigt la justesse des thèses de Hobbes qui dit que Toute la  violence qui peut provenir de l’Etat est infiniment moindre comparée à celle qui résulte de l’absence de l’Etat. Le lundi en quelques heures Dakar était devenu comme Mogadisho.

diayero@gmail.com

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