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Blog de Yoro DIA

Un jeu sans règle

Quel lien entre l’obstination de la Belgique à vouloir faire extrader Habré malgré plusieurs décisions de la justice sénégalaise et la mise sous tutelle démocratique de notre pays par l’Union européenne et les Etats Unis ? Rien à priori. Mais quand on y regarde très bien, pour les pays occidentaux la souveraineté des pays africains n’est rien d’autre que la fiction. Evidemment en Belgique une décision de justice au Sénégal,  ce n’est qu’un bout de papier qu’on peut faire déchirer pour en faire réécrire un autre. Dans leur conception, les juges tropicaux comme les élèves du primaire écrivent forcement sous la dictée de l’exécutif d’om leur propension à mettre la pression sur la pression sur le maitre (l’Exécutif). Est-ce qu’ils ont tort d’avoir cette idée de notre souveraineté ? Malheureusement non. Notre cher Président n’avait pas décidé au hasard de ses humeurs de mettre Habré dans un avion et de le faire livrer comme un colis à Obansanjo à l’époque Président de l’Union Africaine ? N’a-t-il pas en tant qu’opposant lavé le linge sale de la politique sénégalaise dans la Seine en organisant une manifestation contre Diouf au palais Bourbon ? Donc les foucades de notre Premier Ministre contre l’ingérence américaine ne sont que des effets de manche d’un avocat défendant sa  cause. Rien à avoir avec les principes. Si aujourd’hui  le Sénégal, le plus vielle démocratie du continent est aujourd’hui sous tutelle démocratique, c’est par la faute et la cécité de notre classe politique. C’est par la faute d’un Président qui contre toutes les lois de la nature, de l’histoire et du bon sens est candidat à plus  de 86 ans, par la faute d’une opposition pleureuse qui transformé les grilles des chancelleries occidentales en mur des lamentations et une société civile et surtout des associations des droits de l’homme qui utilisent cette crise comme rente. Ce qui se passe au Sénégal est un drame. Nous sommes à quelques jours d’une année blanche et ca n’intéresse personne. Les  élèves  et étudiants sont pris en otage par des profs qui exigent une rançon qu’un gouvernement ne veut pas payer parce qu’il y aucun intérêt parce que l’année sera validée en occident où étudient probablement leurs enfants. A quelques jours de la campagne des soldats de notre armée sont entre les mains du MFDC qui dégénère en FARC Colombiennes sans que la question n’intéresse les politiques. Depuis 2009, question de la candidature de Wade est l’alpha et l’oméga du débat national. Or depuis 2009 tout le monde savait que le dernier mot reviendrait au Conseil Constitutionnel. Le Sénégal vit cette régression démocratique sans précédent parce que même l’arène de lutte est mieux organisé que le champ politique parce que même chez les gladiateurs il y a des règles et des arbitres. Chez les politiques, il y a certes des arbitres (par exemple le conseil constitutionnel pour la candidature de Wade ou le peuple au cas où sa candidature sera validée) mais pas de règles parce qu’elles changent toujours selon les humeurs et les intérêts immédiats de la majorité. Ce qui fait du Sénégal un Etat légal et pas encore un Etat de Droit parce que dans un Etat de Droit on s’interdit de changer certaines règles du jeu quelque soit par ailleurs la couleur ou l’importance de la majorité.

Présidentielle 2012 : Une affaire  de génération

La Présidentielle 2012 est avant tout un conflit de génération. Elle va opposer des sénégalais socialisés de façon coloniale  nés citoyens ou sujets français comme Wade Niasse, Tanor et ceux qui n’ont jamais chanté  nos ancêtres les Gaulois ou la marseillaise à l’école comme parce que nés sénégalais comme Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Bamba et les sénégalais mondialisés comme Keba Keinde ,  Djibril Ngom  ou Youssou Ndour. Quelque soit le résultat de 2012, l’après Wade nous mènera tout droit vers une autre génération. Ce sera soit celle de Idrissa Seck /Macky Sall ou celle des mondialisés. Le chainon manquant  de l’histoire  sera la génération  68. En ratant le rendez vous de 2012,  la génération mai 68 ( Decroix, Savane, Bathily, Dialo Diop) rate son dernier rendez vous présidentiel avec l’histoire. Cette génération essentiellement composée de gauchistes a toujours manqué d’ambition. Elle a servi dans les années 80 a régénéré un PS décadent avec l’arrivée de Abdourahim Agne, Assane Diagne, Babacar Sine chez Abdou Diouf et surtout servi de marche pied à Wade pour arriver au pouvoir en 2000. La gauche n’a jamais eu l’ambition de conquérir et d’exercer le pouvoir. Elle s’est toujours complu dans son rôle de soutier soit du PS ou du PDS. Et 2012 ne sera pas une exception à la règle. Landing pour des questions de survie politique est devenu un refugié politique chez Tanor, Decroix poursuit sa logique de soutien Wade et Bathily est sous le parapluie politique de Niasse.

France –Turquie : le coucher du Soleil

Le vote de la loi par le Senat en France sur les génocides en général mais en particulier sur le génocide arménien montre les ravages de l’électoralisme. D’ailleurs Alain Juppe, le Ministre des Affaires Etrangères l’a tellement bien compris qu’il ouvertement montré qu’il était contre. Il n’appartient pas au Senat français de dicter sa loi de la version de l’histoire. Laissons l’histoire aux historiens car le génocide arménien est devenu un fait historique et c’est dangereux et irresponsable de vouloir en faire une rente politique pour capter le vote de la minorité arménienne. La loi sur le génocide arménien ne ressort du placard que lors des périodes électorales et elle a été utilisée tour a tour par la gauche et par la droite. Cette loi est une absurdité pour les historiens parce qu’il n’appartient ni à l’assemblée nationale ni au sénat français d’écrire ou de dicter l’histoire. Apres la loi sur la compétence universelle  de l’ONU la France vient d’inaugurer la loi sur l’histoire universelle et s’approprie histoire à la Turquie et à l’Arménie qui sont un processus de réconciliation depuis des années. Autant la révolution française a été un « superbe lever de soleil » selon le bot mot de Hegel, cette loi sur le génocide est un coucher de soleil de l’esprit français.

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You la torture

La candidature de Youssou Ndour est une torture pour Wade. Youssou Ndour a commis le crime de lèse majesté d’avoir ravi la vedette à Wade sur la scène mondiale. C’est toujours un supplice pour Wade de voir un autre Sénégalais occuper le devant de la scène internationale surtout sur le plan politique. Aussi longtemps que c’était le rappeur AKON ou le footballeur El Hadj Diouf, rien de bien grave, ils sont là pour amuser la galerie mais que quelqu’un qui n’a pas le bac éclipse complètement l’homme le plus diplômé d’Afrique, avouez quand même que c’est un soufflet. Youssou Ndour a eu droit à des centaines d’articles sur sa candidature, ce qui ni le plan OMEGA, ni le NEPAD, ni la Wade formula n’ont jamais eu. Si la présence de Jacques Diouf sur la scène internationale portait déjà ombrage au roi soleil, Youssou Ndour est une éclipse pour lui. Certes, Youssou Ndour ne peut pas gagner mais il peut faire perdre Wade en rendant inéluctable un second tour. Sa candidature à la Présidentielle fera de l’élection un rendez vous médiatique mondial. La candidature de Youssou Ndour marque le triomphe de la démocratie  (affaire de foule et de masse) et le déclin de la république (une affaire d’élites).

Les 100 ans de l’ANC

Le centenaire de l’ANC devait être célébré sur toute l’étendue du continent. Ce mouvement symbolise, à lui tout seul,  la longue marche des Africains vers la liberté. L’ANC, fondé le 08 janvier 1912,  n’atteindra son objectif d’une Afrique du Sud démocratique et multiraciale que dans les années 90. Ainsi, il aura été le premier mouvement de libération du continent et sera symboliquement celui qui aura libéré le dernier pays du continent encore sous domination blanche. L’histoire de l’ANC relate surtout le long combat des Africains pour la liberté. Les grands hommes comme Mandela, Thambo, Sisulu, Govan Mbeki sont des héros du continent noir. Quelle fascinante histoire que celle de l’ANC qui montre à la fois le meilleur de l’humain (deux prix Nobels à savoir Luthuli et Mandela) et le pire de l’humain (apartheid, ce crime contre l’humanité). Le long combat contre l’apartheid a montré  aussi la grandeur d’âme  d’hommes et de femmes comme Breyten Breytenbach, Nadime Gordimer, Oppenheimer, Ahmed Kathrada et leur sens de la fraternité mais surtout leur courage, leur sens de l’histoire et de l’humain pour avoir osé défier les lois de l’apartheid. L’Afrique du Sud est devenue la nation arc en ciel grâce à ses grands hommes qui, très tôt, ont transcendé la question raciale et ethnique  au nom de la justesse de leur combat contre l’apartheid.  Le colonel Khadafi et Fidel Castro méritent aussi une place de choix dans l’histoire de l’ANC. Khadafi a été l’un des plus grands appuis financiers du mouvement et la forte présence des troupes cubaines en Angola a beaucoup contribué à la libération de la Namibie et à  accélérer  la phase thermidorienne de l’apartheid en Afrique du Sud. D’ailleurs,  Mandela ne s’y était pas trompé en réservant une de ses premières sorties après sa libération à Castro et à Khaddafi malgré l’embargo qui frappait ces deux pays.

Guinée Bissau : retour aux incertitudes

Les hommes politiques de Guinée Bissau n’ont même pas attendu l’enterrement de Malam Bacaï Sagna pour déterrer la hache de  l’instabilité. L’opposition conteste déjà le Président par intérim qui doit pourtant organiser les élections. Le Sénégal, en mettant son avion de commandement à la disposition de notre voisin du sud, actionne le levier diplomatique, mais il doit aussi se préparer à actionner le levier  militaire. Un Etat n’a que ses des acteurs sur la scène internationale : le diplomate et le soldat qui se complètent harmonieusement. Aider la Guinée à rapatrier la dépouille de son Président est un acte diplomatique fort mais la mort de Sagna, un ami du Sénégal ouvre une période d’incertitude dans ce pays et le Sénégal doit y prêter une attention particulière. De la transition peut sortir démocratiquement ou militairement un pouvoir anti sénégalais. Le Sénégal étant une puissance sous régionale, les pouvoirs chez nos voisins comme la Gambie et la Guinée se donnent souvent un supplément de légitimité en s’opposant au Sénégal. Etant donné que gouverner c’est prévoir, l’Etat du Sénégal doit pour ne pas subir les événements envisager comme hypothèse l’arrivée au pouvoir à Bissau d’un régime qui se légitimerait en s’opposant à l’hégémonie du Sénégal. Ainsi, pour la première fois on aurait concomitamment deux pouvoirs qui nous soutiendraient le jour et armeraient le MFDC la nuit. Tag mé na waï a nettoyé la frontière avec la Guinée Bissau obligeant ainsi les rebelles à transhumer vers la Gambie.’ Un MFDC soutenu concomitamment par Banjul et Bissau, hantise du Sénégal n’est plus une hypothèse farfelue. Les Etats Unis dans leur stratégie de sécurité nationale se donnent toujours les moyens de mener deux guerres en même temps sur deux fronts différents. Toute chose étant égale par ailleurs, le Sénégal aura la paix en Casamance le jour où le MFDC, la Guinée et la Gambie seront convaincus que notre armée est en mesure de faire face sur deux fronts. C’est une hypothèse plus que probable parce que la Casamance est le seul moyen de pression dont disposent nos voisins contre le Sénégal et c’est pourquoi le MFDC, depuis longtemps, n’est plus qu’un élément de politique extérieure que la Gambie et la Guinée Bissau.

BOKO HARAM

Par une sorte de politique des petits pas, la fédération du  Nigeria va tout droit à la désintégration. Ce qui se passe au Nigeria montre les graves dangers qu’encoure un pays quand les allégeances privées (religions, ethnies, régions) prennent le pas sur l’allégeance collective (l’Etat). Boko haram est une bombe pour le Nigeria. Des attentats contre les communautés chrétiennes au Nord vont amener fatalement des représailles contre les musulmans installés au Sud. L’objectif de Boko Haram est d’installer la guerre civile au Nigeria et malheureusement le Président Goodluck Jonathan (un chrétien) n’est pas dans une posture facile pour combattre le mouvement obscurantiste. Les allégeances privées et primaires sont toujours source de conflits meurtriers. Si le Nigeria sombre dans une guerre civile entre le Nord et le Sud, ce sera plus grave que la guerre de sécession du Biafra qui était au fond un projet politique lancé par des entrepreneurs identitaires. Etant donné que c’était un conflit politique, une solution politique a pu être trouvée après la défaite du Biafra. Quelle solution politique est possible avec les obscurantistes boko haram  qui revendiquent ouvertement un nettoyage ethnique et religieux au Nord ? Il n’y en a pas à part transformer l’Etat fédéral en Léviathan pour les combattre avec le soutien des religieux musulmans qui doivent clairement prendre position contre Boko Haram.

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Le MFDC à l’école des FARC colombiennes

L’armée du Sénégal a gagné la guerre mais sortir de la guerre va être très difficile parce que le MFDC dégénère de plus en plus en organisation mafieuse à l’image des FARC (Forces armées révolutionnaire de Colombie). Le MFDC,  comme la guérilla colombienne a perdu la guerre mais fais régner l’insécurité en Colombie depuis plus de 50 ans. Le MFDC est entrain comme les FARC en Colombie d’utiliser la prise d’otages comme arme de guerre.  A moins que le gouvernement du Sénégal ne prenne très au sérieux le problème, si vous voulez savoir l’avenir du MFDC, regardez le présent des FARC. La dégénérescence du MFDC en FARC locales est d’autant plus probable que la Guinée Bissau est entrain de devenir un Etat narco trafiquant entre les mains des cartels colombiens. En attaquant deux jours de suite la brigade d’Affignam, le MFDC est entrain de changer radicalement sa stratégie du « mors et fuis » et adopte une stratégie plus offensive et plus audacieuse. Enlever en l’espace de quelques semaines des soldats à Kabeum et un commandant de brigade à Affignan est une offense à notre armée dont le chef a des préoccupations plus  électoralistes que de sécurité nationale. Malgré toute la bonne volonté et la bonne foi de Pierre Goudiaby et des cadres casamançais, la médiation  la communauté Saint Egidio ne servira pas à grand-chose parce que pour le MFDC la négociation n’est que la continuation de la guerre par d’autres moyens. On aura tout essayé en matière de négociations avec le MFDC qui les a toujours demandés et utilisés comme un répit pour se réarmer ou pour sortir d’une mauvaise posture. La sortie de la crise n’est ni à Bissau, ni à Banjul, ni à Paris  ou à la communauté Saint Egidio mais entre au bout du fusil d’abord en donnant les moyens à l’armée  et se donner les moyens de nous passer de l’aide de la Guinée et de la Gambie qui n’ont aucun intérêt dans le règlement de ce conflit qui est le seul moyen de pression dont ils disposent contre le Sénégal. Le Sénégal a deux options ou laisser le MFDC dériver en FARC locales ou adopter la solution qui a permis à l’Angola de venir à bout de la rébellion de l’UNITA parce qu’une solution qui, à l’Erythréenne dont rêve le MFDC est impossible grâce au courage et aux sacrifices de notre armée mais comme on dit « il n’y a jamais de mauvais soldats uniquement de mauvais chefs ». Et Diouf et Wade ont eu une grande armée mais ont été de piètres chefs des armées.

SUPER PRESIDENT

En Angleterre on dit traditionnellement que le «  le Premier Ministre a tous les pouvoirs sauf celui de transformer un homme en une femme ». Imaginez les pouvoirs du Président de la république au Sénégal qui a plus de pouvoirs que le Premier Ministre en Grande Bretagne. La décision de Wade de libérer toutes les femmes de prison le 20 janvier qui n’est rien d’autre que le fait du Prince et la résurrection sous les tropiques de la lettre de cachet montre l’immensité des pouvoirs du Président de notre république qui peut  at natum (dire oui par le menton) ouvrir les portes des cachots pour les dames. Cette immensité des pouvoirs du Président-César transparait dans son discours comme quand il fait dire par son porte parole qu’il ne protégera personne face à la justice dans l’affaire Barthelemy Dias ou quand il dit qu’il va se plier à la décision du Conseil Constitutionnel comme s’il nous faisait un privilège. Autant de pouvoirs concentrés entre les mains d’un seul homme à un âge si avancé est un problème de sécurité nationale. S’il avait le sens  de l’histoire, Wade aurait dû depuis 2007 suivre les traces de Mandela ou de Gaulle mais il arpente dangereusement le sentier de l’empereur romain Scylla.

Bush, une chance pour l’Iran

Savez-vous d’où l’Iran tire son audace et sa force actuelle ? De son histoire ? Non. De son armée ? Vous n’y êtes pas du tout. L’Iran tire son audace et sa témérité actuelle de Bush. Paradoxalement Georges W Bush est le moteur du retour de l’Iran et de sa témérité actuelle. Les perses inventeurs du jeu d’échecs et donc grands stratèges savent qu’il est exclu que les américains se retirent d’Irak et s’engagent sans délai dans un autre conflit avec l’Iran. C’est ce qui justifie les provocations de l’Iran qui après les manœuvres militaires menacent de fermer le détroit d’Ormuz où transite 40% du pétrole mondial. Georges W Bush est qui est arrivé de mieux l’Iran depuis 100 ans. Grâce à la politique désastreuse de Bush dans le monde arabe, l’Iran a un pouvoir chiite à Bagdad sur un plateau d’argent et peut tranquillement poursuivre son programme nucléaire car franchement après ce qui s’est passé en Irak qui prendra au sérieux les Etats Unis s’ils se lançaient dans une campagne dénonçant les armes de destruction massive en Iran. Ce que ni le chapelet de Khomeiny ni l’armée iranienne n’ont réussi à faire, l’ignorance de Bush l’a réalisé. Quelle ironie de l’histoire. Le jeu d’échecs des perses a encore de beaux jours devant lui grâce à l’échec de Bush.

Les Etats Unis : le paradis des minorités

Apres avoir élu  Obama,  un Président d’origine africaine, dont le père n’est même pas américain, les américains viennent de donner la victoire à Iowa à Mitt Rommey le mormon. Que Dieu bénisse l’Amérique la société la plus ouverte au monde. Imaginez un duel pour la maison blanche opposant un Président d’origine africaine  à un mormon sous l’arbitrage de WASP (White Anglo saxons Protestants). Ce serait fort intéressant. Ce sont autant de  petites choses qui font le charme de l’Amérique et qui font qu’on peut détruire le World trade center mais on ne peut détruire l’esprit et l’âme de l’Amérique. La différence entre les Etats Unis et la France des circulaires Guéant est aussi immense que l’Atlantique. Si l’Amérique avait des élites comme Guéant, jamais un étudiant d’origine russe n’y aurait pas été un des fondateurs de Google. Il serait devenu sans papier à la fin de ses études.

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Sur les ruines de l’Etat

Notre Ministre de l’Intérieur comme s’il était piqué par le fameux « réveillez vous » des témoins de Jehovah s’est levé en sursaut comme après « un songe  dans une nuit d’été » pour  rappeler et surtout se rappeler que l’Etat a le monopole de violence légale.  Le Fouché de l’alternance se redécouvre la vertu des enseignements de  Marx Weber après avoir libéralisé la violence en tolérant les nervis et laisser Barthelemy Dias jouer au Far West depuis des mois.  L’affaire Barthelemy Dias est une preuve supplémentaire que l’Etat du Sénégal est en ruine. La responsabilité de l’Etat est totale. Si l’Etat avait sévi contre les nervis qui avaient assiégé le domicile de Niasse et de Tanor, il y a quelques semaines, nous n’en serions pas là. Si l’Etat avait été ferme contre Barthelemy Dias la première fois qu’il a usé d’armes à feu en public, nous n’en serions pas là. Mais quand l’Etat qui doit avoir le monopole de la violence légale et légitime instrumentalise des nervis contre des adversaires politiques notamment un ancien Premier Ministre (dont la sécurité doit incomber à l’Etat) sous prétexte de représailles parce que des maisons de ministres ont été saccagées, c’est que nous avons un chef de clan à la place d’un chef d’Etat. Etre investi de l’autorité de l’Etat et accepter que  des nervis intimident Niasse, Tanor et Bathily au vu et au su de la Police qu’on a bridé est une réaction de chef de clan. C’est pour sortir de la logique clanique et de la scissiparité de la violence privée  féodale et seigneuriale que l’Etat est né. Ce qu’on a vu à la Mairie de Baobab montre les risques pour la sécurité de tout le monde quand l’Etat devient faible ou complaisant. Quand l’Etat devient faible et n’a plus le monopole de la violence légale et légitime, la sécurité  et la justice privées prennent le relai parce que les citoyens reprennent un droit inaliénable qu’il avait délégué à l’Etat ( assurer la sécurité) en organisant leur propre sécurité ( El hadji Diouf qui entre dans l’hémicycle avec une arme, Barthelemy Dias qui joue au Far West, d’anciens Premier Ministres qui ont recours à une sécurité privée et tous les hommes publics entourés de gardes du corps). La démocratie est « une aristocratie d’orateurs » pas de gladiateurs et il est temps de chasser les gladiateurs du temple démocratique. Les images de la fusillade de Mermoz ont donné une idée aux Sénégalais de toute la violence qui résulte de l’absence d’Etat ou d’un Etat faible. Wade a certes fait des  routes, des autoroutes, des échangeurs mais il a détruit notre bien le plus précieux : l’Etat. Pour sauver ce qui reste de notre Etat en ruines, il appartient au procureur de prendre ses responsabilités. Si Barthelemy Dias n’est pas sanctionné, nous serons dans un far West parce que tout le monde va s’armer pour assurer sa propre sécurité, si les nervis et les commanditaires ne le sont pas, toute chose égale par ailleurs quelle est la différence entre l’Etat du Sénégal et l’Etat nazi à ses débuts avec les hordes de SS de la nuit du Cristal.

L’archipel de goulag

Les funérailles de Kim Jong Il avec des présentatrices TV, des généraux, des Ministres en larmes  dans une belle chorégraphie menée de main de main maitre par la propagande de l’Etat est une illustration de l’anachronisme et du caractère tragicomique du régime nord coréen qui a transformé ce pays en une gigantesque prison. La Corée du Nord dépasse  de loin l’horizon qu’on pensait indépassable du  stalinisme en devenant une monarchie communiste et dynastique. Avec l’arrivée du petit fils de Kim il Sung au pouvoir, il serait impropre de parler de république en Corée du Nord qui est le dernier archipel du goulag décrit par  Alexandre Soljenitsyne. La Corée du Nord est devenue un musée des dérives du collectivisme et du communisme anachronique. Le temps s’est figé en Corée du Nord depuis les années 50 et le seul élément de modernité de ce pays fermé est hélas l’arme nucléaire instrument de chantage de ce pays pour être aidé. Cuba l’autre pôle de glaciation communiste est devenu une république dynastique mais la Corée du Nord vient d’inaugurer ce qui ni Marx, ni Lénine n’avaient imaginé : une monarchie communiste.

Le gâchis

Aucun des candidats à la Présidentielle n’a pris le temps de se prononcer sur la situation en Guinée Bissau. Le pays est trop absorbé par l’affaire Bathelemy Dias, avant c’était la candidature de Wade ou le fichier électoral. Le débat politique au Sénégal est d’une telle pauvreté que c’est une indignité nationale. Notre voisin du Sud qui a longtemps servi de base arrière au MFDC, la plus grande menace contre notre sécurité nationale est entrain de devenir un narco Etat et ça n’intéresse aucun de ces messieurs qui aspirent à nous diriger. Le vrai débat est la Casamance et comment notre premier cercle concentrique de nos voisins est devenu « un cercle de feu » avec la Guinée Bissau qui va fatalement devenir un narco Etat et la Gambie  qui joue un double jeu avec nous en nous soutenant le jour et en armant le MFDC la nuit. Les candidats à la Présidentielle devraient être jugés sur la capacité à apporter des réponses à cette question de sécurité nationale. Au Sénégal, les faux débats ont tellement envahi l’espace public que les vrais questions sont toujours renvoyées aux calendes  grecques et on a l’impression qu’il a y a un consensus entre les hommes politiques de la majorité et de l’opposition pour ne pas aborder les vrais questions.

Good riddance day en 2011

Pour ce dernier rendez vous de 2011, je vous présente mes meilleurs vœux pour 2012 mais comme en 2011 je vais sacrifier à la tradition de Good riddance day (jour du bon débarras qui consiste à mettre dans le broyeur de papier ou jeter à la poubelle les mauvais souvenirs de 2011). Le Good riddance day est un rite que les américains organisent à Times Square depuis trois ans et ils viennent en masse jeter dans un broyeur géant leur mauvais souvenir.  Je mettrai dans le broyeur pour 2011  et je dirai bon débarras à l’écart entre la gravité de la crise en Casamance et la légèreté avec laquelle l’Etat gère cette question. Je mettrai aussi le débat sur la candidature de Wade qui nous a pompé l’air en 2011 et le far West qui s’est installé au Sénégal avec l’entrée des gladiateurs et des nervis dans le débat politique. Sur le plan plus personnel, je mettrai dans le collecteur de regrets mon engagement à faire plus souvent du sport et rentrer plutôt à la maison. Je n’ai pas pu les tenir en 2011 et courageusement je les transfère en 2012 qui, on l’espère verra le Sénégal franchir tranquillement le rubicond électoral mais par contre j’ai pu tenir l’engagement de relire les chefs d’œuvre de Léon Tolstoï en 2011. Bonne année 2012 !

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Casamance : les vrais héros

Au « Malheur aux peuples qui ont besoin de héros »  de  Berthold Brecht dans sa pièce « la vie de Galilée » il faut ajouter pour le cas  du Sénégal «Malheur au peuple qui n’honore pas ses héros. Quels sont les héros que le Sénégal n’honore pas ? Le héros que le Sénégal n’honore pas est le  jeune  soldat inconnu quelque part dans un cantonnement en Casamance qui vit et se bat dans des conditions difficiles pour l’intégrité du territoire. Ce jeune soldat qui permet à l’arrière de ne pas sentir qu’il y a une guerre en Casamance depuis 30 ans. Cette génération de jeunes soldats qui depuis 1981 empêchent la partition du pays. Ce sont eux les véritables héros de la république et de la nation car après 30 ans de conflit le MFDC ne contrôle pas une communauté rurale contrairement à  ce qui s’est passé en cote d’Ivoire où après quelques semaines, il a fallu faire appel à l’armée française pour stopper les rebelles. Ces jeunes soldats qui se succèdent au front depuis 30 ans  ont gagné la guerre étant donné que le MFDC en est réduit aux braquages et à la stratégie du « mors et fuis » en Gambie ou en Guinée Bissau. Si l’armée a gagné la guerre, les hommes politiques ont été incapables de gagner la paix. Gagner la paix passe par une présence dissuasive de l’armée partout en Casamance.  Hisser le drapeau du Sénégal à Abidjan, au Darfour, au Tchad, en République démocratique du Congo, c’est certes très important mais veiller à ce que drapeau puisse flotter librement partout en Casamance l’est encore plus. Le Sénégal devrait rapatrier toutes ses troupes pour la sécurisation totale de la Casamance afin qu’on ait plus des cantonnements avec une dizaine de soldats.  Ces cantonnements avec quelques soldats sur la ligne de front incitent le MFDC à l’attaque. Cela s’apparente de plus en plus à une sorte de non assistance à soldats en danger pour ne pas dire jeter nos soldats dans la gueule de loup. Le MFDC devient de plus en plus offensif, il faut en tirer les conséquences et renverser la tendance. Le Président de la République, Chef de l’Etat, chef de l’armée devrait aller serrer la main de ces héros. Ils ont plus mérité de la nation que les gladiateurs du dimanche que sont Modou lo et Balla Gaye 2. Les Etats Unis sont devenus une véritable nation qu’après la guerre de sécession et le Sénégal deviendra encore une nation plus forte après la guerre en Casamance mais pour l’instant l’urgence est de sortir de la guerre. On sort de la guerre en doublant ou en triplant les capacités de réaction militaire qui vous ont permis de faire la différence. S’il faut un village, une école, un dispensaire et un cantonnement militaire, il faut que le Sénégal montre qu’il est prêt à payer le prix. Ce prix n’est rien comparé aux 30 ans perdus pour la Casamance et les 30 autres à perdre si la logique actuelle de «  paix  improbable et de guerre impossible » demeure. Cette semaine que j’ai passée en Casamance j’ai eu l’immense honneur de discuter et de serrer la main de ces jeunes soldats, ces héros inconnus qui ont sauvé le Sénégal de la partition alors que des hommes politiques continuent à jouer au Haka politique. Nos héros ne sont pas dans le haka, ils sont dans le combat quotidien pour la survie de notre nation et de notre République. Ils méritent plus que quiconque les faveurs de la République et la reconnaissance  de leur chef, le Chef des armées qui malheureusement préfère la compagnie des gladiateurs du dimanche. Le chef de l’armée doit prêcher par l’exemple comme Napoléon à Arcole et montrer aux soldats qu’il est à leurs côtés. Et la meilleure façon de montrer qu’il est à leurs côtés se faire construire une résidence secondaire en Casamance par exemple à Carabane. Un Président qui serait tous les week-ends en Casamance serait un signal fort pour les soldats mais aussi pour le MFDC sur l’anachronisme  de leur combat.

Journées économiques de Casamance : les deux logiques

Les combats de Diegoune et l’ouverture des journées économiques  à Ziguinchor illustrent les deux logiques qui s’affrontent en Casamance : celle de la reconstruction et celle du nihilisme, celle d’une Casamance ouverte sur le monde et celle fermée et violente. Le thème des journées économiques de Casamance organisées par la CNES « du désenclavement économique à l’intégration sous-régionale » confirme l’anachronisme du combat perdu d’avance du MFDC.  Le Désenclavement économique peut être l’une des solutions au conflit. Avec l’avion, Ziguinchor est à 45 minutes de Dakar, ce qui permet de relativiser le vieux postulat de l’écran territorial que constitue la  Gambie. Le vol Ziguinchor Dakar est constamment surbooké et l’effort de guerre de Sénégal Airlines est de mettre plusieurs avions sur cette ligne comme c’est celle de Cosama de trouver rapidement deux autres navires pour le fret. Etant donné que nous ne pouvons pas annexer la Gambie, il faut faire avec et transformer l’écran territoriale gambien en simple dos d’âne qui nous oblige à ralentir mais ne doit en aucun cas nous arrêter. Senegal airlines et Cosama sont déjà des réponses partielles, comme le sera bientôt la route Ziguinchor Tanaff Velingara. Plus on va désenclaver plus l’idéologie du MFDC va être obsolète parce que le Sénégal des années 80 n’est plus celui de 2011. La Casamance n’a jamais été aussi proche géographiquement et économiquement. L’enclavement économique  ne profite qu’à la Guinée Bissau et à la Gambie qui est devenue par exemple une puissance mondiale pour ses exportations d’anacardes grâce à l’anacarde de la Casamance que les indiens viennent acheter à Banjul. D’ailleurs, un grand producteur d’anacardes m’a fait remarquer  que pendant la saison de la récolte d’anacarde, il y a rarement des braquages et des conflits avec l’armée parce que le MFDC est occupée à récolter et transformer de l’anacarde en Gambie. Pour n’avoir pas compris que les enjeux de l’anacarde les dépassent, les populations de Diagnon l’ont payé de leur vie. Le retour des populations dans les villages abandonnées est un frein au commerce de l’anacarde. Apres avoir coupé les oreilles de quelques paysans en signe d’avertissement, les paysans de Diagnon qui n’avaient pas compris le message l’ont payé de leur vie.

La rectification

L’ombre du Ministre Khoureychi Thiam a beaucoup plané sur les journées économiques. Les Ministres Abdoulaye Baldé et Aliou Sow ont profité de la tribune  des journées économiques pour rectifier le dérapage verbal de Khoureychi Thiam qui disait dans cette même ville que tous les gouverneurs sont Wadistes. Aliou Sow a rappelé que la force du Sénégal résidait dans « une armée et une administration exclusivement républicaine qui sont loin des clivages partisans et qui incarnent la continuité de l’Etat ».  Et Baldé d’enfoncer le clou en disant qu’en tant qu’ancien fonctionnaire, il connait le sacerdoce du service public et s’est toujours interdit de parler politique avec les gouverneurs et les préfets qui n’ont d’autre engagement que celui de servir l’Etat à travers les personnes qui les incarnent. Face à un tel discours, le gouverneur de Ziguinchor  s’est départi de l’obligation de réserve en demandant à la salle d’applaudir. Donc face au discours de Khoureychi que le gouverneur a stoïquement supporté et s’est abstenu de tout commentaire et celui de Baldé et de Aliou Sow qui l’ont poussé à demander à la salle d’applaudir, on sait maintenant de quel côté penche les convictions et les allégeances du Gouverneur : elles vont à l’Etat. Le Sénégal avait soif de ce genre de discours responsable car après avoir lu l’interview du chauffeur de Senghor dans Week-end magazine, j’ai eu le sentiment que même le chauffeur de Senghor a plus le sens de l’Etat que le chef de l’Etat.

Bilan de la guerre d’Irak

Les américains ont fait 9 ans de guerre pour rien. On peut même dire qu’ils ont fait une guerre pour renforcer l’Iran dans la région. L’Iran est le grand vainqueur de la guerre d’Irak parce que les américains ont réalisé le rêve de Khomeyni : l’axe Bagdad Téhéran. Saddam est tombe, les chiites ont pris le pouvoir et point d’armes de destruction massive. La recherche de ces armes était le principal motif invoqué pour envahir l’Irak. Neuf ans après, les américains se sont retirés sur la pointe des pieds en laissant le pays entre les mains d’un pouvoir chiite et Al Qaeda. En fait, ils ont pris l’ombre pour la proie. Ils ont attaqué l’Irak alors que ce pays n’avait aucune arme de destruction massive. Cette distraction massive de l’opinion les empêchera d’attaquer l’Iran qui a vraisemblablement des veritables armes.

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Blog de Yoro DIA

Les barbares et le Temple

En pleine session plénière  du parlement (le lieu par excellence du débat), le député Moussa Sy informe le Ministre des Affaires Etrangères que les deux députés El Hadji Diouf et Famara Sarr sont armés et sont dans la salle. Le lendemain, Barthelemy Dias joue au Far West à Tamba et tire des coups de coups de feu. Le Sénégal est descendu bien bas. La démocratie  est une aristocratie d’orateurs et ne saurait point se transformer en arènes ou en Far West. Comment peut-on  laisser des députés entrer armés dans l’hémicycle ? Comment on peut laisser Barthelemy Dias jouer à « je m’appelle Pekoss » ou John Wayne. L’espace public n’est Fort Alamo ou Ok Corral. La république est une affaire d’élites et les élites se distinguent dans le comportement et la tenue. Laisser quelques hommes politiques se balader avec des armes au vu et au su de tout le monde va pousser d’autres en à faire de même. L’Etat perdrait ainsi tout bonnement ce qui le fonde pour ne pas dire son âme « le monopole de la violence légitime ». Le plus mauvais exemple est venu du sommet de l’Etat quand le pouvoir envoie des nervis « assiéger » les maisons des leaders de l’opposition. Où va le pays si ce sont ceux qui incarnent l’Etat qui sont les premiers à l’affaiblir par électoralisme. Quand on voit des députés qui entrent dans l’assemblée nationale avec des armes et qui le disent publiquement et quand on voit les jeunesses politiques qui risquent de transformer leur Haka politique en « bowling for Colombine », on a envie de crier « Senghor réveilles toi ils sont devenus fous ». Le Sénégal de Senghor était celui de Cicéron, celui de Wade a dégénéré en celui des gladiateurs. Il est urgent de chasser les gladiateurs du temple.

Entrepreneur identitaire

Apres la religion et la politique, Ahmed Khalifa Niasse se lance dans l’entreprenariat identitaire. Les origines de Moustapha Niasse a été sa première cible, il s’en est pris ensuite  à la « mafia halpoular » qui a infiltré l’entourage de Karim Wade comme elle l’avait fait auparavant avec Philippe Senghor et vient de récidiver avec Macky Sall qu’il accuse d’être du « machoudoland » littéralement terre des esclaves.  Ce genre de débat  est fort inconvenable dans une république parce que  la république est le seul système politique qui se fonde sur le dogme  ” L’inégalité n’a aucun fondement naturel” et se base uniquement sur la méritocratie. C’est ce qui explique qu’un petit corse comme Napoléon soit devenu empereur des français et soit entouré des membres de la noblesse comme Talleyrand, Caulaincourt……. C’est ce dogme qui explique que le Sénégal ait toujours été gouverné par des ruraux  et de Senghor à Wade. Cet entreprenariat identitaire de Ahmed Khalifa Niasse ne peut pas prospérer  parce que  le Sénégal est l’une des rares sociétés africaines à être complètement « détribalisée » comme le démontre  si bien le Pr Makhtar Diouf dans son livre le Sénégal : les Ethnies et la nations. Nous sommes tellement détribalisés que nous sommes l’un des sinon le seul pays au monde à avoir eu un Président qui appartenait à une double  minorité. Je m’honore toujours de dire que le Sénégal est le seul pays musulman à avoir eu un Président catholique pendant 20 ans. Au Sénégal les choix politiques ne se fondent nullement sur l’ethnie ou la religion. Sinon Senghor n’aurait pas été Président pendant 20 ans et Macky Sall maire de Fatick la ville plus sérère du Sénégal. Dans un tel pays, l’entreprenariat identitaire y est vain parce que l’harmonie ethnique et religieuse n’est pas seulement la volonté de l’Etat (heureusement d’ailleurs sinon le confrérisme d’Etat de Wade l’aurait détruit)  mais a des racines sociologiques profondes. Cet entreprenariat identitaire est d’autant plus anachronique qu’il vient d’un religieux. Les fondateurs des confréries ont été les premiers à détribaliser  le Sénégal en ayant des talibés partout dans le pays mais aussi et surtout en ouvrant des brèches dans la grande muraille de séparation des castes en élevant au rang de Cheikh des disciples issus de ces castes qu’ils ont anoblis par la religion.  Apres les confréries, l’école l’ascenseur social de la république et le savoir ont pris le relais. Quel est le Sénégalais vivant qui peut se targuer d’avoir hissé  les couleurs du Sénégal à un niveau aussi élevé que le Pr Amadou Makhtar Mbow ?

Musée Présidentiel et mémoire colonial

L’un des plus grands mérites de Wade est de nous montrer tous les jours que le Sénégal indépendant commence à l’échangeur de la Patte d’Oie. Il a fallu 50 ans à notre pays pour sortir du cadre colonial qu’incarne le centre ville de Dakar. Tout dans le cœur de notre capitale et donc de notre république renvoie à la colonisation. Le Palais Présidentiel qui était celui du gouverneur général, le Building administratif, l’assemblée Nationale, la place Protet devenue place de l’indépendance, le Ministère des affaires étrangères. Nous sommes tellement envahis par la mémoire coloniale  que développer le civisme va être difficile dans une capitale où le jeune sénégalais ne rencontre nulle part la nation indépendante dans sa capitale. Notre Sénégal à nous commence à l’échangeur de la Patte d’oie là ou s’arrête celui de Senghor. C’est pour éviter d’être prisonnier de cette mémoire coloniale que des pays comme la Tanzanie et le Malaisie ont bâti de nouvelles capitales. Wade avait la bonne idée de bâtir une nouvelle capitale qui a connu le même traitement et le même sort que la plupart des bonnes idées de Wade : rangée dans les tiroirs pour la postérité. L’idée d’un musée Présidentiel est une excellente idée parce qu’elle va nous  permettre  de savoir que la république doit avoir des traditions et une mémoire qui garantissent une continuité  malgré les ruptures historiques et les alternances politiques. La république est au fond comme un grand mur, chaque génération et chaque génération y apporte sa brique. Cette conception permet d’éviter les deux extrémités que sont l’eternel recommencement ou après moi le déluge.

La guerre du Xoumous

«  Le monde est un grand  livre et celui qui ne voyage pas en est toujours à la première  page » a dit Saint Thomas.  Cette grande idée de Saint Thomas est aussi valable sur le plan gastronomique mais au Moyen Orient malgré les voyages on a l’impression d’être toujours à la même page parce qu’on retrouve du khoumous partout.  Malgré leurs différences, les arabes et les juifs ont moins en commun le khoumous et la guerre gastronomique autour du khoumous est plus agréable que les conflits politico-idelogico-territorial. Apres le débat sur la paternité du Khoumous, cette délicieuse purée de pois chiche, parfumée à l’ail, au jus de citron et aux huiles de sésame et d’olive, Israéliens et libanais s’affrontent pour le contrôle du Guinness record du plus grand khoumous. Le record de deux tonnes de Khoumous  de 250 cuisiniers libanais a été récemment battu par des arabes israéliens du village de Abu Ghosn  (capitale mondiale du khoumous selon ses habitants) prés de Jérusalem.  Cette agréable bataille du Khoumous qui, au moins a le mérite d’unir les arabes et les israéliens se déroule aussi à Dakar. Il ya quelques jours un ambassadeur d’un grand pays du Moyen  Orient m’a fait goûter un excellent khoumous. C’était aussi agréable que le débat de deux heures que j’ai eu avec lui. Son Khoumous était excellent mais avec une subtilité toute diplomatique je lui ai fait comprendre que le Sénégal se lançait dans la bataille du khoumous. Le meilleur khoumous que j’ai mangé m’a été servi à la table d’un sénégalais habitant l’avenue du Moyen orient pardon l’avenue des ambassades et donc très proche voisin de son excellence l’Ambassadeur.

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Le blog notes de YORO DIA

Sachs à Occupy Wall Street

L’image de Jeffrey Sachs qui harangue les militants de Occupy Wall  Street sous les fenêtres de Wall Street renvoie à l’image de Jean Paul Sartre juché sur son baril et s’adressant ouvriers à l’usine Renault de Boulougne Billancourt. Cette image de Sachs qui dénonce de façon violente l’hypocrisie de Wall Street à elle seule vaut plus que tous les mots et toutes les théories  sur la crise. Sachs n’est pas dernier des gauchistes ni un anarchiste militant. C’est tout le contraire. Ce prof d’économie sorti de Havard, enseignant à Columbia, conseiller spécial du Secrétaire Général de l’ONU et seul universitaire à être classé plusieurs fois par Times Magazine comme l’une des personnalités les plus influentes du monde vaut à lui seul plusieurs bataillons d’indignés parce qu’il jouit d’une grande légitimité académique et morale.  Sachs dénonce le fait que « 1% des américains ait pris non seulement les profits, violé la loi  mais aussi le pouvoir et invite les 99%  à se battre contre l’hypocrisie de Wall Street qui privatise les profits et  collectivise les déficits ».   Apres son Occupy Wall Street Sachs a encore revêtu son manteau d’intellectuel tapageur cher à Zola sur le plateau  Global Public Square de Fared Zakaria pour dénoncer «  l’inégalité scandaleuse dans un pays  où patrons qui gagnent 100 fois plus que leurs employés  et exiger plus de décence chez les élites et  la fin du démantèlement de l’Etat, des services sociaux et éducatifs commencé avec Reagan qui avait dit aux américains que l’Etat n’est pas la solution mais le problème d’où des décennies de démonisation de l’Etat, des taxes » . La grosse colère de Sachs contre Wall Street montre au moins qu’avec lui la pensée ne s’est pas endormie dans le confort académique parce que Sachs a gardé toute sa capacité d’indignation que partagerait aussi les pères fondateurs de l’Amérique qui n’auraient jamais imaginé que  « Nous le peuple » ( 99%) la première phrase de la constitution serait reléguée à l’arrière plan par « Nous les marchés » ( 1%).

7 milliards de bouches mais 14 milliards de bras

Si dans la tradition des Philippines il y avait le lakh, celui qu’on aurait préparé pour le baptême de Denica May Camacho aurait été grandiose. Imaginez ce qu’aurait du être ce lakh préparé spécialement pour accueillir celle va nous permet à nous autres terriens de franchir le cap des 7 milliards. Le débat sur la capacité ou non de notre terre à accueillir 7 milliards  de personnes  rappelle le débat entre Lin Chao chi ( chaque bébé est une bouche à nourrir) et Mao ( chaque bébé apporte deux bras pour travailler. C’est ce débat entre les pro natalistes et les antinatalistes  date de Malthus pour ne pas dire de Mathusalem qui est encore revenu en force. L’histoire semble avoir donné raison à Mao parce que la Chine grâce à ses progrès économiques est devenue l’usine du monde et ne connait plus les grandes famines qui ont jalonne son histoire. L’Inde a réussi sa révolution verte et a aussi vaincu la famine malgré sa démographie débridée.  L’Inde et la Chine ont montré que Malthus ( la population croit de façon géométrique alors les ressources de façon arithmétique  d’où la famine)  avait tort. D’ailleurs la révolution industrielle avait ouvert une grande brèche dans que les theories de Malthus parce que l’Europe confronté à la révolution démographique a réalisé sa révolution industrielle pour tripler sa production. Ce qui est intéressant, c’est qu’on voit que dans la balance de Malthus, on peut soit activer le levier démographique ( limitation des naissances ) ou le levier économique ( révolution industrielle en Europe, révolution économique en Chine et révolution agricole en Inde). Depuis la révolution industrielle l’Europe, la Chine et l’Inde ont surtout privilégié le levier économique. Il n’y a qu’en Afrique où l’on nous demande de privilégier le levier démographique. Si on prend l’exemple du Senegal, seul un regard synoptique permet de penser que nous avons un problème démographique. Ce n’est pas parce qu’il y a plus cinquante milles étudiants à l’Ucad, ou le quart de la population du pays soit concentré à Dakar ( 0, 23 %) du territoire ou que les cars rapides soient toujours bondées qu’on a un problème de population.  Nous avons un problème économique. Il n’y a pas trop d’étudiants mais insuffisance d’universités.  La population a augmenté et les infrastructures n’ont pas suivies. C’est ça le sous développement. En dehors de la macrocéphalie de Dakar cœur du Sénégal utile (la cote) le reste du pays est un désert démographique, ce qui est un problème d’aménagement du territoire. Les politiques anti-natalistes encouragées dans le sud et le politiques natalistes au nord visent à rétablir un équilibre démographique entre un milliards de riches au Nord et 6 milliards de pauvres au Sud que les  technologies de l’info connectent et rapprochent  virtuellement de plus en plus à l’oasis. Quand ils sont fatigués du virtuel, ils prennent les pirogues et se lancent à l’assaut de l’Atlantique.

Wari

Si je vous dis Cellular System International. Non ça  vous dit rien. Si je vous dis Wari. Eureka. Ca vous dit certainement quelque chose surtout à la veille de cette tabaski où la demande sociale augmente de façon géométrique alors que le revenus stagnent. Wari c’est ce système de transfert d’argent très original qui s’appuie sur les stations d’essence et dépassant ainsi les limites des banques  et de la Poste qui ne fonctionnent que lors des heures ouvrables. C’est cette entreprise sénégalaise à la pointe de l’innovation  qui été sélectionnée dans le top 10 d’Africa Awards qui a aura lieu à Nairobi le 08 décembre. Les sedars de Nouvel Horizon peuvent se glorifier d’avoir été le premier à primer ce projet d’entreprise très original lors des sedars 2011.  A Nairobi Kabirou Mbodj le fondateur de Wari pourra faire du speed dating avec Richard Bronson et le convaincre d’investir dans ce  projet ou dans un autre. C’est ce Sénégal la qui gagne et non celui du Haka politique qui joue à se faire peur.

La Palestine à l’Unesco

Apres des décennies d’errements dans les méandres du terrorisme et de la lutte armées, les palestiniens semblent avoir découvert le talon d’Achille d’Israël. Depuis l’histoire de la flottille turque les palestiniens ont compris que Israël étant une grande démocratie, l’opinion est son talon d’Achille. C’est ce changement de stratégies qui explique les victoires palestiniennes à l’ONU et récemment à l’Unesco. Les victoires des palestiniens ont plus d’éclat grâce aux maladresses de Nethayahou qui ne comprend la logique du soft power initiée par les palestiniens. La première demande palestinienne en 1989 avait été rejetée parce que personne n’aurait pu comprendre qu’on puisse laisser accéder à l’Unesco une organisation suspecté de terrorisme et qui prônait ouvertement la destruction d’un membre de l’Unesco ( Israel) mais depuis beaucoup d’eau a coule sous les ponts. La réaction des Etats Unis à l’entrée de la Palestine est fort intéressante. Elle montre que la défense aveugle d’Israël est plus qu’une constante dans la politique extérieure des Etats Unis au Moyen Orient. Il est évident que l’Etat palestinien est dans l’intérêt d’Israel et des Etats Unis mais etant donné que Netanyahou est débordé par la Droite et Obama est dans une électorale,  les décisions raisonnables mais impopulaires attendront.

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Blog de Yoro Dia

Apres le printemps arabe, l’hiver islamiste

Le Printemps arabe. Quel « superbe lever du Soleil » comme la révolution française.  Le superbe lever de soleil du Printemps arabe  est entrain de sombrer dans le crépuscule  de la grisaille de l’hiver islamiste. Dans le monde arabe actuel, le soleil du Printemps démocratique ne pouvait terminer sa rotation que dans l’éclipse de l’hiver islamiste. C’était aussi simple et prévisible que le soleil se lève  chaque jour à l’est et se couche à l’ouest. Dans le monde arabe, il y a que deux forces sociales organisées : les Etats corrompus et les islamistes. Point de société civile ou d’opinion publique qui n’existent pas dans une dictature où la seule vertu du citoyen est le silence. C’est ce face à face entre les Etats corrompus  et les islamistes qui sont les seules forces en présence  dans l’espace politique qui explique que chaque fois qu’il y a une élection dans le monde arabe ce sont les islamistes qui sortent des urnes. Ce fut le cas en Algérie dans les années 90 avec le FIS, en Palestine avec le Hamas et aujourd’hui en Tunisie avec Enahda et demain en Egypte avec les frères musulmans. Même en Lybie où les forces sociales n’ont pas pu parachever la révolution, les islamistes sont arrivés dans les bagages de l’OTAN. Et si demain il y a une élection en Lybie les islamistes vont gagner. Quand le FIS a gagné les élections en Algérie, le processus avait été arrêté illégalement et le monde arabe a perdu 20 ans. Et il va falloir reprendre le processus la où il s’était arrêté c’est-à-dire laisser les islamistes gouverner s’ils remportent les élections. Arrêter le processus parce que le FIS a gagné et mettre la bande de Gaza sous embargo parce que le Hamas a gagné n’est pas très démocratique. Dans le monde arabe, les indépendances ont débouché sur la dictature, la révolution amènera les islamistes au pouvoir. L’arrivée des islamistes au pouvoir et leur mise à l’épreuve est une étape nécessaire pour aller à la démocratie car une fois au pouvoir les populations vont relativiser le projet islamiste parce qu’elles se rendront compte qu’il n’y a pas de solutions définitives aux questions humaines. Apres cette étape les partis islamistes évolueront vers le modèle turc. La démocratie est bel et bien soluble dans l’Islam. Le Sénégal et la Turquie en sont les meilleurs exemples.

Khaddafi : mort comme le Che

Le colonel Khaddafi a appliqué jusqu’au bout la devise de l’armée sénégalaise : « on nous tue mais on ne nous déshonore pas ». Il a préféré la mort chez lui au déshonneur de la fuite comme Ben Ali,   au procès humiliant comme Moubarak ou une prison dorée au TPI comme Taylor. C’est toute la différence entre Khaddafi qui a toujours eu son idéologie chevillée au corps et Moubarak ou Ben Ali arrivés au pouvoir par accident et dépourvus de toute idéologie à part celle de l’enrichissement personnel et de la jouissance du pouvoir. Les leaders du CNT qui se sont empressés d’enterrer Khadaffi dans un lieu secret en plein désert ne pourront pas empêcher son spectre de les hanter. Khadaffi mort et exposé à Misrata rappelle le Che Guevara mort et exposé dans une école bolivienne. Que retenir de Khaddafi ? Il a été capable du meilleur comme du pire. Le pire a été sa dictature sanglante  et son soutien au terrorisme. Le meilleur, il avait réussi transformer un pays désertique et des centaines de tribus bédouines en un pays riche et respecté ou craint qui a eu le mérite d’être un acteur des relations internationales alors que les pays africains ne sont que des sujets pour ne pas dire des pions qu’on déplace dans l’échiquier.  En tout cas sur l’échiquier africain il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique australe et dans la fin de l’apartheid pour avoir soutenu militairement et financièrement l’ANC. N’eut été  le soutien militaire de Khaddafi et la présence des troupes cubaines en Angola, la marche vers la fin de l’apartheid aura été plus longue et plus lente. L’aile militaire de l’ANC et la présence des troupes cubaines a grandement contribué à la prise de conscience des dirigeants de l’apartheid que le rapport de force n’était plus en leur faveur. D’ailleurs Mandela ne s’y est pas trompé en réservant une de ses premières sorties à Khaddafi pour le remercier malgré l’embargo qui frappait le pays. La mort de Khaddafi à la suite d’un raid de l’OTAN doit interpeller tout le continent parce que jusqu’à la preuve du contraire il n’ y a pas encore dans les missions de l’OTAN, le droit d’ingérence  pour démocratiser les pays du sud. Depuis la dislocation de l’URSS, l’OTAN, un machin de la guerre froide qui avait été crée pour défendre le camp occidentale contre une agression soviétique se cherche une nouvelle mission. Elle semble l’avoir trouvé naturellement en Afrique qui de tout temps a été un terrain de jeu et d’expérimentation des grands acteurs des relations internationales.

Le haka politique

Ce qui se passe actuellement au Sénégal est plus un Haka politique que de la violence réelle.  Les hommes politiques jouent tout simplement à se faire peur. Ils finiront par avoir peur comme des enfants qui jouent à se faire peur parce que cette violence  est comparable à celle des all blacks neo-zealandais dans leur danse guerrière. Ce jeu de matamore  à force d’être relayé par les médias finit par créer une psychose. Donc on joue à se faire peur,  on finit par avoir peur et tout le monde se met à appeler à l’apaisement en oubliant qu’il n’y a pas de violence. C’est la situation très cocasse du Sénégal. Nous sommes à cinq mois des élections, le calendrier électoral se déroule normalement,  les institutions ne sont pas bloquées, les candidats se préparent de même que les arbitres, tout se passe normalement mais comme on est au Sénégal et les candidats qui ne veulent pas avoir de vrais débats, jouent à se faire peur. Rien de nouveau sous le Soleil. En 2000 on nous annonçait l’apocalypse, en 2007, l’Armageddon et en 2012, on nous annonce le chaos mais le pays a un Etat qui fonctionne tres bien et c’est son avantage absolu comparé aux Etats de la région. Au fond il y  deux schémas possibles. Premièrement le conseil invalide la candidature de Wade et le forcing est impossible parce que les leviers de l’Etat qui lui ont été confiés depuis 2000 ne vont pas fonctionner pour le suivre dans un acte manifestement illégal. Deuxièmement, le conseil valide sa candidature et là aussi force devra rester à la loi. Donc toute l’agitation que nous notons n’est qu’un que tempête dans un verre d’eau. Nous voulons de débats pas des hakas politiques par nervis interposés.

L’Arabie Saoudite se soviétise

Qu’est ce que l’Arabie Saoudite a de commun avec l’Union Soviétique. A priori peu de choses en commun  à part l’absence de démocratie et de liberté dans les deux systèmes dont l’un est une théocratie alors que l’autre était athée.  L’Arabie Saoudite aujourd’hui avec sa gérontocratie rappelle l’Urss des années 70 et 80 avec une moyenne de 80 ans de ses dirigeants. Quand l’URSS a voulu sortir de la gérontocratie et a sauté une génération avec l’arrivé de Gorbatchev au pouvoir, le système s’est effondré. En URSS on pouvait sauter une génération pour redonner un nouveau souffle à un système sclérosé mais impossible de la faire en Arabie Saoudite qui est une monarchie où il n’y a que des octogénaires dans l’ordre de succession au trône alors que le royaume a jamais eu autant besoin de reforme.

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Le blog de Yoro Dia

Gardien de la constitution et de la sébile

La république du Sénégal est passée sous tutelle occidentale l’insu de son plein gré comme avait dit Richard Virenque le cycliste dopé pris la main dans le sac. Si nous n’étions pas sous tutelle malgré le fait qu’on dispose encore d’un drapeau et d’un hymne national, l’ambassadeur d’Allemagne ne se serait pas permis de traiter notre souveraineté comme s’il était en pays herero pendant la colonisation allemande du sud ouest africain en se mêlant directement d’une question intérieure comme la Casamance. Mais pourquoi il devrait se gêner quand ce sont les hommes politiques qui sont les premiers à fouler au pied notre souveraineté avec une opposition qui transforme les salons des ambassadeurs occidentaux en mur des lamentations et un Président de République qui transforme le cœur de la république à savoir le Palais en foyer de réception de dons. Il n’y a pas d’images plus dégradantes pour notre république que celle de voir le Président de la république recevoir des dons des mains d’un petit ambassadeur dans le cour du palais. Bien entendu cette cérémonie de remise de dons va ouvrir le journal télévisé confortant ainsi dans l’esprit des jeunes que nous sommes une nation qui tend la main et le Président de la République qui a passé sa carrière universitaire à dénoncer le binôme infernal endettement et aide au développement » est le gardien de la constitution mais aussi de la sébile. Contre toutes les lois de l’économie et de l’histoire le Sénégal est probablement le seul pays au monde qui compte sur l’aide pour se développer. Même les plus petites municipalités, les communautés rurales les plus éloignées ont des stratégies efficaces de mendicité internationales pour capter l’aide au développement avec ce qu’on appelle pudiquement la coopération décentralisée. Chez nous en Afrique, il est connu que la main qui donne est toujours au dessus de celle qui donne. Donc comment s’étonner que les ambassadeurs des plus grands pays donateurs soient au dessus de notre souveraineté même si par ailleurs il est admis dans les relations internationales qu’il y a rien au dessus de la souveraineté d’un Etat. Quand l’Etat avait pris la décision d’interdire la mendicité dans les rues de la capitale, Walf TV avait diffusé une image qui m’avait beaucoup marqué. Un mendiant interrogé avait publiquement affirmé qu’il ne bougerait pas parce que le chef de l’Etat est le premier à tendre la main à l’international. N’est ce pas Sénéque qui nous apprend que « long est le chemin des préceptes court est celui de l’exemple ». Comment voulez vous développer un orgueil et une fierté nationale dans un pays où on ouvre le JT de l’audiovisuel public sur une cérémonie de remise de dons dans la cour du Palais Présidentiel.

La conversation  de Jean d’Ormesson et Wade

Le dernier livre de Jean d’Ormesson  la Conversation se lit d’un trait et en 24 h tellement il passionnant et captivant. « Il y a des moments où l’histoire semble hésiter avant de prendre son élan : Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants, Cesar sur les bords du Rubicon et le Général De Gaulle à l’aube du 17 juin quand il monte dans l’avion pour Londres .  C’est un éclair de cet ordre que j’ai tenté de saisir» ecrit l’académicien. Il le saisit  fort bien en tricotant l’imagination et la réalité pour nous offrir un dialogue entre Bonaparte, Premier Consul et Jean Jacques Regis de Cambacérès quand Bonaparte décide de devenir Empereur. Jean d’Ormesson à travers ce dialogue saisit cet instant précis, quand Bonaparte décide de faire monter la république sur le trône sur le modèle de ROME et non pas celui de Versailles c’est-à-dire devenir César pour mieux effacer les bourbons. A quoi ressemblerait « cet instant où l’histoire semble hésiter avant de prendre son élan » dans notre contexte actuel. Ce serait l’instant où le Président de la république Abdoulaye Wade décidera bien avant 2012 d’être De Gaulle et non Scylla en comprenant que le seul combat qui lui reste est sa place dans l’histoire du Senegal et renoncer à mener le combat politique de 2012 qu’on veut lui faire mener par procuration. La Présidentielle de 2007 a été le dernier combat politique de Wade et il a gagné. Le Pr Serigne Diop aurait été parfait dans le rôle de Cambaceres chez Wade qui est entre l’enclume de Talleyrand et le marteau de Fouché .

Le Hamas ressuscité

La bonne idée de Mahmoud Abbass de mettre l’ONU devant ses responsabilités en demandant à l’Assemblée Générale de reconnaitre l’Etat de Palestine était comme une sorte d’estocade pour le Hamas. Le succès diplomatique et l’aura de Abbas avait presque enseveli le Hamas à Gaza. La libération de Shalit contre celle de plus de milles prisonniers a ressuscité le Hamas. Le Hamas a été tellement revigoré que son chef Khaled Mechal a réussi à faire entendre sa voix malgré le brouhaha de la révolte de Damas. Si c’était du foot on aurait dit un partout entre le Hamas et le Fatah. La date de libération de Shalit n’est pas fortuite car elle permet à Israël de rétablir un certain équilibre dans l’administration  bicéphale de la Palestine car depuis des mois la balance se penchait trop du coté du Fatah qui avait réussi à mettre Israel dans une très mauvaise posture avec l’offensive diplomatique à l’ONU. Cette stratégie n’est d’ailleurs pas nouvelle parce paradoxalement la création du Hamas a été suscité et encadré  par Israel  pour affaiblir le l’OLP dans les territoires occupés lors de l’Intifada. Israel n’avait cependant pas prévu que le Hamas allait être rapidement hors de contrôle. En échangeant Shalit contre plus de 1000 palestiniens Israël offre au Hamas une nouvelle légitimité et le relance pour les prochaines élections. Fascinant Moyen Orient aux rebondissements sans fin.

diayero@gmail.com

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Indignez de tous les pays

Guilat Shalit et le soldat inconnu de Casamance

Un contre mille. Pour obtenir la libération du soldat Guilat Shalit Israël a libéré mille prisonniers. Shalit a eu plus de chance que le lieutenant colonel  Ron Arad, pilote disparu en 1986 que Israël a réclamé au Hezbollah jusqu’en 2006. Qu’est ce que Israël n’a pas fait pour obtenir la libération de Ron Arad ou éventuellement sa dépouille. Il a négocié, libéré des prisonniers, enlevé des membres du Hezbollah uniquement pour avoir des infos permettant de libérer Ron Arad. Défendre son pays est toujours une très grande source de motivation pour un soldat mais les soldats israéliens sont probablement les plus motivés au monde car au delà de la noble cause de la défense de la patrie, ils savent que leur Etat fera tout  pour sauver le soldat Ryan, Ron  ou Guilat. On ne peut malheureusement pas dire la même chose de notre Etat qui s’occupe plus de la réinsertion d’anciens maquisards valides que de ses blessés et des mutilés de guerre que la police matraque quand ils manifestent non pas pour plus de considération mais pour survivre. Qu’est ce que l’Etat du Sénégal a fait pour retrouver les assassins du sous préfet Gorgui Mbengue mort dans l’exercice de ses fonctions ? La France n’a pas accepté l’impunité de l’assassin du  préfet Claude  Erignac assassiné dans des conditions similaires que Gorgui Mbengue à l’autel de la pacification de la Corse. Quand vous êtes soldat et que vous voyez que pour libérer un de vos compagnons d’armes, l’Etat est prêt à l’échanger  contre 1000 prisonniers, votre motivation n’en devient que plus grande parce que vous dites que l’arrière est avec nous et le restera quoi qu’il puisse arriver. La façon dont un Etat traite ses blessés et ses mutilés de guerre, les soldats capturés ou tués a un impact fondamental sur le moral de ceux qui sont au front. Imaginez le moral de nos braves soldats voyant la Police matraquer les blessés et les mutilés de guerre alors que le chef de l’armée distribue de l’argent aux lutteurs qui n’ont d’autre mérite que distraire la plèbe. Ceux qui sont devenus des handicapés en défendant  l’intégrité » du territoire et l’honneur de notre drapeau ont infiniment plus de mérite que tous ces gladiateurs devenus malheureusement les symboles et les références dans notre pays.

Prix Nobel de paix : le Liberia retrouve son ame

Autant le choix de Barack Obama comme Prix Nobel de la Paix fut controversé autant celui de Ellen Johnson Sirleaf est judicieux. Cette grande Dame a sorti le Liberia des sentiers de la barbarie  de Charles Taylor pour l’amener vers la paix.  Les images de la guerre au Liberia ont montré jusqu’à quel degrés de barbarie l’homme  pouvait descendre. En fait ces images ont montré qu’on pouvait descend  bien  en deca de l’imaginable. Le choix de la Présidente du Liberia montre aussi jusqu’où un homme ou une femme d’Etat s’élever à force de volonté. Ellen Johnson sans tambour, ni trompette, a hissé son pays à la grandeur et lui a permis de se réapproprier sa dignité. La guerre civile du Liberia était un drame pour tous les africains parce que le Liberia et Haiti quelque soit leurs problèmes sont les meilleurs symboles de la dignité de l’homme noir. Voir le Liberia se déchirer dans une guerre ethnique et tribale a du faire sourire beaucoup d’adeptes des thèses de Gobineau et autres théoriciens du negre génétiquement barbare et inferieur que défendent Charles Murray et Richard Hernstein dans the bell curve ( la courbe en cloche). C’est cette image catastrophique, cette idée reçue pour ne pas dire cette idéologie que le Prix Nobel vient d’effacer.

Indignés de tous les pays, unissez vous

Apres le fameux «  Prolétaires des tous les pays unissez vous » de 1848,  nous assistons à une sorte de « Indignés  de tous les pays unissez vous » avec les manifs de Bruxelles, de Barcelone et l’occupation de Wall Street. Même s’il est encore embryonnaire  et confus le  mouvement des indignés est très intéressant. C’est une forme et une nouvelle logique de l’action collective qui est très  différente de celle que Marx et de Engels. Derrière le « Prolétaires de tous les pays unissez vous » il y avait une idéologie et un parti structuré, ce qui n’est pas le cas des indignés qui est encore un mouvement spontané sans leadership politique ou idéologique. Marx avait diagnostiqué un vrai problème mais avait apporté ou plutôt ses disciples avaient apporté une mauvaise réponse. Les indignés aussi posent un vrai problème (comment expliquer le paradoxe entre  la richesse croissante des nations et la précarité grandissante des citoyens). Les hommes politiques qui doivent apporter des réponses préfèrent se refugier derrière  les sondages et le marché qui est le véritable pouvoir. C’est pourquoi les indignés américains ont préféré   manifester à Wall Street plutôt que devant la Maison Blanche.

La résurrection de Senghor

Léopold Sedar Senghor, notre Premier Président a eu un destin fabuleux et a encore un avenir politique au Sénégal même outre tombe. Senghor a été au centre de la vie politique, après son retrait il était devenu de plus en plus une figure littéraire en lieu et place d’icône politique mais depuis quelque temps nous assistons à une résurrection politique de Senghor. Les sénégalais vont chercher outre tombe chez Senghor ce qu’ils ne trouvent pas dans l’élite politique actuelle à savoir une vision et grande ambition pour le Sénégal (Exception Sénégalaise), un grand sens de l’Etat ( Primat de l’Etat, l’allégeance collective sur toutes les allégeances privées) et un sens aigu l’histoire ( savoir se retirer à temps et de façon ordonnée). Ce sont ces trois qualités d’homme d’Etat de Senghor qui font aujourd’hui cruellement défaut au Sénégal. A force de chercher sans trouver, les sénégalais  pour combler ce manque ont ressuscité Senghor, notre plus grand Président parce qu’il combinait ces trois qualités. Diouf avait le sens de l’Etat et de l’Histoire mais pas de vision ni d’ambition pour le pays. Wade de l’ambition pour le pays mais n’a pas le sens de l’Etat. Pour le sens de l’histoire nous le saurons dans quelques semaines. La résurrection de Senghor est la preuve que le débat politique est devenu mortellement ennuyeux. Une Présidentielle aussi cruciale que celle de 2012 mérite un débat sérieux  sur les visions des candidats et leurs ambitions pour le Sénégal. Face à un enjeu aussi sérieux le débat se réduit au fichier électoral, à la candidature de Wade, aux listings  digne de la Gestapo de Mame Matar Gueye. A quatre mois de la Présidentielle, le debat n’a jamais été aussi pauvre et ennuyeux au Sénégal.

Speed dating à  Convergence Africa

L’exception sénégalaise c’est aussi le  grand paradoxe entre est la très grande qualité de notre ressource humaine et notre médiocrité économique. Cette année la sénégalaise Magatte Wade,  PDG des entreprises Thiossano et Adina World beverage à San Francisco sera à l’honneur à cote de Sir Richard Bronson lors de la conférence Convergence africa qui aura lieu le 08 décembre à Nairobi. Cette conférence va primer l’esprit d’entreprise et l’entrepreneur africain de l’année qui va se retrouver avec un prix de 160 millions. En ayant l’inclassable et iconoclaste patron de Virgin comme parrain, on ne peut que sortir des sentiers battus et aller très vite. C’est pourquoi Convergence Africa va organiser des speed-dating entre Investisseurs et entrepreneurs qui sont l’avenir de l’Afrique  selon Richard Bronson dont je vous recommande d’ailleurs l’autobiographie. Je l’ai mais c’est exclu du prêt à domicile.

Yoro Dia

diayero@gmail.com

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Blog de Yoro DIA

Péché d’orgueil

Est-ce que vous savez pourquoi Jospin malgré un bon bilan et zéro casserole a perdu en 2002 face à Chirac qui n’avait d’autre bilan que la cacophonie de ses multiples casseroles qu’il trainait depuis des années?  Pourquoi Georges Bush père au sommet de sa popularité a perdu face à un jeune gouverneur qui sortait du néant pour ne pas dire de l’Arkansas ? Pourquoi Churchill après sa victoire historique  de 1945 a été renvoyé dans l’opposition ? Quel est le dénominateur commun entre Jospin, probablement entre le meilleur Premier Ministre de la Ve république, Churchill sauveur de l’empire britannique et probablement de la démocratie face aux nazis et Bush père, libérateur du Koweït et à l’origine de la  plus grande coalition militaire internationale depuis 1945 ? Le péché d’orgueil est le dénominateur commun entre ces hommes d’Etat.  Et la démocratie a horreur du péché d’orgueil. C’est pourquoi ces trois grands hommes d’Etat ont été renvoyés dans l’opposition ou chassé du pouvoir. Le dernier séminaire gouvernemental du Méridien n’est rien d’autre qu’un péché d’orgueil. Un péché d’orgueil ou un péché d’ignorance parce que franchement il n’y a pas de quoi pavoiser avec les délestages qui  sont encore là alors que le gouvernement s’était encore engagé à y mettre un terme en septembre. Commettre un péché d’orgueil alors que les délestages sont encore là relève soit de la provocation ou de l’ignorance mais je pencherai plutôt pour l’ignorance parce que quand on est ignorant on devient audacieux. Le séminaire du gouvernement est une opération de communication mal pensée et fort maladroite.  Quel public a le temps de rester devant la télé du matin au soir? Avec plus de 10 heures de direct, Wade a fait mieux que Castro et Enver Rodja. Mieux, personne n’a jamais gagné une élection avec le péché d’orgueil. Les chiffres débités lors du séminaire creusent davantage le fossé entre les deux Sénégal : le Sénégal réel des délestages et le Sénégal virtuel du gouvernement avec ses chiffres qui pense que si le modèle n’est pas conforme à la réalité, c’est la réalité qui a un problème mais pas le modèle. Le seminaire gouvernemental est une forme de communication digne de l’Union soviétique et des anciens pays l’Est. C’est une autre époque mais c’est celle de Wade qui, pour son tramway parle d’un pays qui n’existe plus : la Tchécoslovaquie qui, contrairement à son fameux tramway a eu au moins le mérite d’avoir existé. La com n’est pas une affaire de pouvoir ni de moyens, c’est une question de savoir faire et style. Cette forme de com est anachronique, elle aurait une chance d’avoir un impact dans un pays où il n’y a qu’un seule télé mais dans un pays comme le Sénégal, le pouvoir de la propagande et de la provocation s’arrête la où commence celui de la télécommande ( le zapping) devenu rempart rédhibitoire contre la propagande et contre la campagne à peine déguisée.

L’Inimaginable  est fort  possible

“Nous n’avons pas de plan B, il est inimaginable que le Conseil Constitutionnel invalide la candidature de Wade”. Ainsi parle notre cher Premier Ministre. Apres Benno et le M23 c’est le Premier Ministre qui fait du chantage psychologique et politique sur les 5 sages. Monsieur le Premier Ministre, le Grand William Shakespeare nous apprend que « the unexpected always happens » à savoir que l’imprévu, l’improbable et l’inimaginable finit toujours par arriver. Donc ce n’est pas du tout inimaginable que le Conseil invalide la candidature de Wade tout comme ça ne le serait pas qu’il le valide. Les deux formes de chantage psychologique et politique que subit le conseil constitutionnel et venant aussi bien de l’opposition que de la majorité montre que le temps du droit n’est pas celui de la politique. Ce qui est inimaginable c’est que le conseil ne prenne pas ses responsabilité et se déclare incompétent mais tout le reste est dans l’ordre non pas de l’imaginable mais du plausible et du possible. Nous sommes dans un Etat de Droit, il faut que ceux qui aspirent à nous diriger prêchent par l’exemple et s’engagent à respecter la décision du Conseil. Le fait même qu’il y a ait un débat aussi bien dans la majorité que dans l’opposition sur l’engagement à respecter la décision du Conseil est en soi inconvenant. Wade ne nous fera pas un privilège ou une faveur en respectant la décision du Conseil si sa candidature est invalidée. Il est tenu et il n’aura pas le choix. Si le Conseil valide sa candidature l’opposition aussi n’a pas le droit de prendre en otage  notre démocratie. La démocratie est avant tout une division du travail politique. Chaque candidat a le droit de se présenter mais il appartient au Conseil et au Conseil seulement de dire quelle candidature est invalide. Quand le conseil se sera prononcé, tout ce qui restera ce seront les commentaires de la décision qui est déjà historique mais tout le monde sera obligé de s’y plier comme devant toute décision du Conseil.

Ajustement structurel chez Platon

Même s’ils ont inventé le mot économie, les grecs n’en ont pas assimilé les règles comme les allemands. Si l’histoire de la philosophie est un long commentaire de Platon, l’histoire de l’économie est devenue un respect strict des règles édictées par les allemands. C’est pourquoi Thomas Friedman explique que « l’Europe va trouver une solution à sa crise le jour où l’on pourra transformer les grecs en allemands ». Ce qui est impossible. Transformer les exubérants méditerranéens en teutons qui sont plus que rigoureux est un raisonnement par l’absurde. Les membres du club med européen (Grèce, Italie, Espagne) pensent qu’un œil permanent sur les dépenses est une sorte de castration  alors que les allemands et les scandinaves, c’est la première responsabilité du gouvernement. Secondo, les méditerranéens en bons catholiques sont dans la « procrastination permanente » comme le dit Pascal Morand dans la revanche de Luther. Ce qui est loin d’être le cas des allemands. Les grecs  sont en train de vivre ce que les pays africains ont vécu pendant plus de 20 ans avec les politiques d’ajustement structurels c’est-à-dire un démantèlement des services publics  et faire toujours plus d’effort pour serrer la ceinture et les bailleurs jugent tout le temps insuffisant.

Angelina Jolie : combien de divisions

Une belle avocate pour une belle cause. Angelina Jolie est devenue l’avocate de la corne de l’Afrique qui fait face à la famine. A coup sûr, son appel aura plus d’impact que toutes les résolutions  de l’union africaine ou de l’ONU. En tout cas pour le Darfour, sa descente dans les camps de refugiés a été plus efficace que toutes les résolutions de l’union africaine et de la présence des casques bleus. A l’ère d’Internet et de la mondialisation le « soft power », le joli sourire de Angelina Jolie est plus persuasif que plusieurs divisions de blindés.

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Blog de Yoro DIA

Le Casa Sports et le MFDC

Qu’est ce que le Casa Sports a de commun avec le MFDC ? Une seule chose et énormément de différences.  Le Casa Sports comme la MFDC se projette géographiquement (région naturelle de Casamance). C’est pourquoi la victoire du Casa Sports a été fêtée aussi bien à  Ziguinchor, qu’à Sedhiou et à Kolda. A part ça tout différencie le Casa Sport du MFDC. Le Casa Sports est l’incarnation du régionalisme positif contrairement au MFDC. La victoire du Casa Sports montre qu’il y a ni ostracisme ni complot  ni mépris qui ont entrainé des « frustrations » justifiant qu’on prenne les armes contre la république. Ces idées sont comme le poison de « Mein Kampf »  version Diamacoune. La nation est plurielle mais indivisible c’est pourquoi le régionalisme n’a rien de négatif.  Il y a bien un particularisme Saint-Louisien, un régionalisme très positif Djolof-Djoloff  et Foutanké. Apres Emile Badiane, et Ibou Diallo le  Casa Sports des années 70 a été le continuateur de ce régionalisme positif casamançais avant que  le pirate identitaire Diamacoune ne le détourne pour le faire atterrir dans les sentiers tortueux de la rébellion qui a fait cette région paradisiaque un enfer. C’est une heureuse coïncidence et un grand symbole que le Casa sports renaisse de ses cendres au moment où les thèses fallacieuses de Diamacoune  réduites en cendre sont dans les poubelles de l’histoire. La guerre de Casamance comme la guerre de sécession malgré ses horreurs et les souffrances permettra à la nation d’être plus forte parce qu’elle a permis à tous les sénégalais de se rendre compte que   même si elle est indivisible, la nation est plurielle. C’est un non sens de parler de nation une et indivisible. Il n’y a que l’ethnie qui est une.  La guerre en Casamance nous a, au moins permis  de savoir les  limites du « modèle islamo wolof » comme disent Mamadou Diouf et Momar Coumba Diop. Le Sénégal c’est aussi nos compatriotes chrétiens, les bassaris et le koniagui de Kédougou.   La victoire du Casa Sports, la candidature de Robert Sagna à la Présidentielle et l’exemple de Pierre Atépa Goudiaby qui a emprunté l’ascenseur social de la république mais surtout le taux de participation massive  des casamançais aux rendez vous électoraux nationaux sont autant d’éléments qui rendent anachroniques la revendication indépendantiste du MFDC.

Candidature unique : le sexe des anges

Le débat sur la candidature unique de Bennoo est comme le débat sur le sexe des anges au Moyen âge. Une pure perte de temps pour un débat sans intérêt. En voulant un candidat unique qu’il sait manifestement impossible Bennoo s’enferme dans un pari pascalien à l’envers c’est dire qu’il perd à tous les coups.  Benno sait depuis le début que la candidature unique est impossible et donc annoncer qu’ils n’ont pas eu de consensus est un mauvais signal à l’opinion. Deuxièmement, la candidature unique est la meilleure façon de perdre la Présidentielle pour une raison simple. Dans une élection Présidentielle toute candidature est une contestation du candidat sortant. Secondo, dans la Présidentielle, tout vote  qui n’est pas pour Wade est forcement contre Wade que ce soit pour Niasse, Tanor, Idy, Macky, Talla Sylla. Peu importe c’est une voix contre Wade. Si par exemple Talla Sylla se présente et qu’il a 1 000 voix c’est 1000 contre Wade alors que si Talla Sylla n’est pas candidat, Wade pourrait en récupérer 500. Donc plus, il y de candidats, plus il y a de voix contre Wade et plus on se rapproche d’un second tour. C’est de la logique pour ne pas dire du bon sens. En plus la candidature plurielle permet de « geler » les rivalités homériques  et les règlements de compte politico historiques entre Niasse et Tanor par les électeurs vont trancher le débat de la représentativité au premier tour de la Présidentielle qui serait ainsi une primaire entre les leaders de Bennoo. La question de la représentativité étant tranchée au premier tour par les électeurs, il ne resterait qu’aux leaders de Bennoo de le soutenir au second tour. En perdant autant de temps sur la candidature unique Bennoo se trompe d’élection. Une candidature unique de l’opposition n’a de sens que lors d’une Présidentielle à un seul tour où lors d’élections locales  comme en 2009 qui avec le « raw gadou » a permis à Bennoo de prendre les grandes villes du pays. Depuis sa victoire de 2009, Bennoo dort sur des lauriers fanés depuis longtemps. A cinq mois de la Présidentielle, il est temps de se réveiller.

Senat

Pour aller vers l’alternance, le Senat français y est allé à  pas de sénateurs (prendre tout son temps). Le Senat a mis plus de 50 ans pour changer de majorité. Dans les démocraties normales le Senat joue un grand rôle dans la régulation démocratique. A Rome, c’est le sénat qui sauva la république en  mettant fin au projet dynastique de Jules Cesar qui tomba sous les coups de poignards des Sénateurs à l’intérieur même de sénat. Aux Etats Unis, le Senat tempère souvent les ardeurs et la fougue de la chambre des représentants. Pour la France, le Senat est le meilleur rempart contre la dictature de la majorité à  l’assemblée. Les français sont tres attachés à leur Senat parce que deux fois interrogés sur la suppression du Senat par referendum (1946 et 1969), ils ont répondu non. C’est cette chambre haute qui a toujours été un bastion de la droite dans toute l’histoire de la Ve république que Sarkozy vient de perdre. C’est un signe tres négatif pour la prochaine élection présidentielle pour deux raisons. Un : le Senat va bloquer toutes ses reformes. Deux : ce changement de majorité montre aussi les élus (le corps électoral du Sénat) suivent l’air du temps. Sarko est dans les bas fonds des sondages et la perte du Senat complique davantage sa réélection. Cet événement que constitue l’alternance au Senat français nous rappelle nous aussi au Sénégal que nous avons un Senat. En fait où sont nos sénateurs, que font-ils ? Quelle loi porte leur empreinte ? Ont-ils été à l’origine d’une reforme ?

Arabie Saoudite : Abdallah et la reforme de la monarchie

En Arabie Saoudite, où une femme peut être condamnée à être fouettée pour avoir conduit une voiture, le Roi Abdallah vient d’attribuer le droit de vote aux femmes en 2015. C’est une révolution dans ce royaume très conservateur.  Le Roi Abdallah veut moderniser le Royaume par la reforme. C’est tout le problème parce que comme l’URSS, le royaume a été conçu de façon monolithique pour ne pas être reformé. La reforme de Gorbatchev a été à l’origine de la dislocation de l’URSS et il faudra beaucoup de finesse et un grand sens de l’équilibre au Roi Abdallah pour éviter le syndrome soviétique. Sur le principe, il a raison. Si des femmes conduisaient des caravanes à l’époque du prophète, on ne voit pas pourquoi elles n’auraient pas le droit de conduire une voiture. Abdallah a raison de prendre les devants parce que l’Arabie Saoudite ne pouvait pas être à l’abri du printemps arabe et du changement, qui comme  une tempête de sable allait tôt ou tard secouer la tente saoudienne parce que le monde arabe compte trois grands pays : l’Egypte, déjà traversé par la tempête de sable du changement, l’Irak, en pleine mutation démocratique. Il ne manquait plus que l’Arabie Saoudite et Abdallah a saisi l’avis de tempête et s’y prépare pour sauver sa tente.

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Blog de Yoro DIA

L’Etat de Palestine

Il y a de cela quelques jours je regardais  « Munich », un des multiples chefs d’œuvre du Génial Steven Spielberg. Ce film relate l’histoire de la prise d’otage des JO Munich 72 quand des fédayins palestiniens ont fait irruption dans le village olympique pour prendre en otage des athlètes israéliens qui trouveront la mort lors de l’assaut lancé par la police allemande. Apres cette prise d’otage ( la première action terroriste retransmise en directe dans le monde bien avant le 11 septembre), Golda Meir ordonna aux services spéciaux israéliens de tuer toutes les personnes qui étaient impliquées dans la prise d’otage. Le film relate l’opération « la colère de Dieu » qui consistait à  traquer les palestiniens du mouvement septembre noir à travers l’Europe et au Moyen Orient. La prise d’otage de Munich ( la première action terroriste mondialisée) pour sensibiliser l’opinion mondiale sur le sort des palestiniens et leur combat et  la demande officielle d’une reconnaissance d’un Etat palestinien par l’assemblée Générale de l’ONU illustrent la très longue marche des palestiniens vers la création de leur Etat. Ils n’ont jamais été aussi proches de l’objectif et Mahmoud Abbass recule il commettra la même erreur stratégique et tragique de Hannibal qui au lieu d’entrer dans Rome s’arrêta à Capou après avoir traversé les Alpes. C’est l’une des rares fois où les Palestiniens ont toutes les cartes en main. C’est tellement vrai que Bibi Netanyahou qui a toujours torpillé les négociations est prêt à les reprendre sans conditions, Obama et Sarkozy font des courbettes devant Abbass qui n’est même encore un chef d’Etat. Par cette démarche et après plus de 50 ans d’errements dans les sables mouvants du terrorisme les palestiniens ont enfin compris le talon d’Achille d’Israël qui est aussi celui de toutes les démocraties : l’opinion. L’histoire de la flottille turque qui a fait trembler l’armada la plus puissante de la région qui écrase les armées arabes lors des différentes en est aussi une preuve. Ce qui se passe est fort intéressant parce que les palestiniens ont retenu les leçons de l’histoire qui ont été à l’origine de la création d’Israel. Le cheminement du nationalisme palestinien est de plus en plus semblable à celui nationalisme juif qui a été à l’origine de l’Etat d’Israël. Quoi de plus naturel que l’ONU qui a crée l’Etat d’Israël par une résolution,  reconnaisse l’Etat de Palestine qu’il avait officiellement crée en 1948 à coté d’Israël. La création d’un Etat palestinien est dans l’intérêt d’Israël. C’est d’une évidence biblique sauf pour Netanyahu qui pense que ce serait une injustice de créer un 22 e Etat arabe de plus face à un seul Etat juif. Bibi l’a dit il y a plus de 30 ans ( Fared Zakaria a diffusé cette interview du Netanyahou dans son émission GPS sur CNN il y a quelques semaines). Trente ans plus tard il n’a bougé d’un iota. Donc pour lui les négociations n’ont été et ne seront que la continuation du refus d’un Etat palestinien par d’autres moyens. L’absence et le silence du  Sénégal qui a présidé la commission  de  l’ONU pour la défense  les droits inaliénables des palestiniens à   et dont le Président préside aux destinées de l’OCI est une preuve supplémentaire de l’effondrement de notre diplomatie qui se résume désormais à organiser les innombrables arrivées et départs de notre Président à l’étranger. C’est le bilan naturel d’une décennie de « diplomatie sans diplomates » dans les pays pivots dans les relations internationales.

Feux rouges et Cinéma

Avec les routes Wade va être à Dakar ce que le baron Haussmann aura été à Paris pour modernisation mais avec les pénuries de toutes sortes ( électricité, eau gaz….) en plus de l’insécurité et de des encombrement humains Dakar risque de détrôner Lagos dans le palmarès peu glorieux dans le Worst city to live in ( la pire de villes en termes de qualité de vie). Le maire de Dakar a promis le retour des feux rouges. Dans les pays normaux, les feux rouges sont une banalité mais pour Dakar la seule capitale au monde sans feux rouges depuis des années c’est un événement. Le pauvre maire de Dakar, il a du boulot. Il a plus de boulot que Hercule avec des dakarois qui ont le reflexe de jeter les ordures entre les deux voies de liberté 6 ou de se mettre debout pour pisser sur la VDN avec ses calèches et ses bœufs en divagation comme  en Inde. Apres les feux rouges, le maire  devra trouver une solution à une autre exception sénégalaise qui nous couvre de ridicule. Dakar est la seule capitale au monde à n’avoir pas de salle de cinéma. Aller au cinéma est une banalité dans les villes normales

Les deux DSK

Dimanche dernier sur le plateau de TF1 nous avons eu droit aux deux DSK pour ne pas dire Mister Jekyll and Doctor Hyde. Autant l’agresseur sexuel de Nafissatou Diallo a été pathétique et méprisable autant le Prof d’économie a été magistral sur la crise mondiale. Apres avoir suivi les deux DSK, on ne peut s’empêcher dire dommage qu’un si grand homme à un niveau de responsabilité aussi élevé soit aussi dépendant de sa libido. DSK, quel gâchis.

Diaspora

Dans ce que fut le NEPAD, le Président avait au l’idée lumineuse de proposer la diaspora comme la 6e région du continent. Pour le Sénégal si la Diaspora n’est pas la première région, elle est forcément la deuxième derrière Dakar. La diaspora injecte dans l’économie nationale autant d’argent que le « binôme infernal » endettement aide au développement. Quand la diaspora est aussi stratégique c’est tout à fait normal que les candidats à la Présidentielle la courtise. Au delà des flux financiers la diaspora dispose d’un grand pouvoir d’influence surtout au nord du Sénégal. La diaspora a aussi ce grand avantage « d’être venu et d’avoir vu » l’occident et d’avoir transcendé certaines idées reçues. Dans le Sénégal de l’après 2012 la diaspora devra être le fer de lance pour lutter contre la mise sous tutelle de notre démocratie par la faute de notre classe politique. La diaspora devra dire aux hommes politiques que les problèmes politiques d’un pays qui se dit souverain se règle au pays et non chez un sous secrétaire d’Etat ou d’un conseiller Afrique au Quai d’Orsay.

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Les experts et les fédayins

Le Président Wade admettait récemment avoir la bataille pour l’opinion internationale. En attendant l’avis du conseil constitutionnel qui comme les desseins de la Providence sont impénétrables, Wade a largement perdu la bataille de l’opinion sur la recevabilité de sa candidature. Et dans une démocratie, la bataille de l’opinion est la mère des batailles. Dans l’histoire des caricatures  danoises, il y en a une qui dit « c’est dur d’être aimé par des cons ». C’est exactement ce qui explique cette bérézina de la bataille de l’opinion. Alors que l’opposition mobilise tous les constitutionnalistes du pays dont des rédacteurs de la constitution qui s’appuient sur leur légitimité académique pour déconstruire l’argumentaire de Wade, qu’est-ce- qu’on a en face ? Des fédayins. Des rouges alors que l’heure est aux experts. Certes le temps du droit n’est pas le temps de la  politique mais le conseil constitutionnel ne pourra pas rester insensible à une telle pression de l’opinion. L’opposition a une stratégie redoutablement efficace qui se divise en deux parties. Premièrement, convaincre l’opinion que le droit est de son coté.  Deuxièmement, engager la bataille politique qui consiste à agir sur l’opinion pour qu’elle mette la pression sur le conseil constitutionnel. Ce qui fait que même si par extraordinaire, le conseil constitutionnel validait la candidature de Wade, l’opinion la prendrait comme un affront, une forfaiture qui se laverait dans les urnes.  En enfourchant déjà la trompette de l’incompétence de Conseil Constitutionnel, le camp de Wade montre qu’il est à court d’arguments parce qu’on ne voit pas par quel miracle le conseil dans une irresponsabilité illimitée se déclarerait incompétent ouvrant ainsi le tonneau des danaïdes sur le plan politique. Cet argument montre que l’opposition a touché un point faible et l’une des premières règles en matière de stratégie consiste à ne jamais montrer à son adversaire qu’on est touché parce qu’il va encore taper là ou ça fait mal.

Khadaffi : BHL plus fort que Reagan

Apres avoir survécu à Reagan, Khaddafi a été terrassé par l’OTAN.  Khaddafi qui sort de la scène, c’est un dictateur de moins et le monde ne s’en portera que mieux mais il  ya plusieurs leçons à tirer de sa chute. C’est tout de même surréaliste que ce soit le Secrétaire général de l’Otan qui annonce la chute de Khaddafi depuis ses bureaux à Bruxelles qui  a quand même réussi à tenir pendant 6 mois face  à la plus grande alliance militaire de tous les temps. Depuis la chute de l’URSS et la dislocation du bloc de l’est, l’OTAN se cherche une nouvelle mission et une raison d’exister. Autant son intervention en Afghanistan se justifie parce que l’organisation a pour mission d’organiser des représailles collectives contre toute agression d’un Etat membre. Le 11 septembre, les Etats Unis étant agressés par Al Qaeda, l’acte est considéré comme une attaque contre tous les Etats membres d’où l’intervention en Afghanistan qui abritait Ben Laden. Pour le cas de la Libye, il n’en est rien à moins que l’OTAN soit devenue entre temps une armada  pour démocratiser le monde. La deuxième leçon montre qu’après la mort de Ben Laden, le philosophe très médiatique  Bernard Henry Levy est devenu l’homme le plus puissant du monde après le Président des Etats Unis. Apres une visite à Bengazi, BHL a réussi à transformer ce qui était des manifestations de rue en guerre impliquant l’OTAN avec en tête la France, les Etats Unis et la Grande Bretagne grâce à sa connaissance du fonctionnement des mécanismes de l’opinion et des connivences au sommet de l’Etat français. Nous sommes bien dans l’ère des « individus superpuissances ». Traditionnellement, le diplomate et le soldat  qui relèvent tous de l’Etat étaient les principaux acteurs des relations internationales, dorénavant il faut compter avec les individus superpuissance. Jacques Prévert avait raison en disant que « c’est dangereux de laisser les intellectuels jouer avec des allumettes ». Paul Wolfowitz a mis le feu en Irak et BHL vient de réussir la où Reagan a échoué : faire dégager Khaddafi. Qu’attendent donc les Syriens et les Yéménites pour faire venir BHL qui est devenu l’hirondelle qui annonce l’arrivée de l’OTAN pour faire accoucher les révolutions. La dernière leçon : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en oubliant la contribution décisive de Khaddafi dans la lutte contre l’apartheid. D’ailleurs, Mandela a réservé l’une de ses premières sorties de chef d’Etat à Khaddafi, considéré à l’époque comme un paria, pour le remercier bravant ainsi l’embargo qui frappait ce pays.

DSK

Apres l’abandon des poursuites contre DSK, faut-il jeter la pierre à la justice américaine ? Certainement pas. En s’attaquant au Directeur Général du FMI, accusée par une femme de chambre immigrée, la justice américaine  a prouvé que l’égalité devant la loi au delà du principe est une réalité concrète dans la patrie de Thomas Paine auteur de commen sense. Nafissatou Diallo a-t-elle victime  de DSK ? Probablement oui mais dans le système américain ce n’est pas suffisant. En plus elle a commis un péché capital qui s’appelle le mensonge dans la très libérale mais aussi très puritaine Amérique et le Procureur Vance qui jouait aussi son avenir politique dans l’affaire n’a pas voulu prendre de risque avec une accusatrice coupable du délit de mensonge, un péché capital aux Etats Unis. L’offensive médiatique de Nafissatou Diallo passée de l’ombre aux feux des projecteurs, n’y aura pas changé grand-chose, les avocats de DSK avaient réussi à semer le doute dans les esprits en démontant la crédibilité de Nafissatou Diallo qui a perdu la bataille de New York mais a gagné la guerre de Paris parce que l’Elysée s’est fermée définitivement pour DSK. On peut tolérer une première dame qui a posé nue mais un Président menotté en tenue de détenu pour affaire de mœurs c’est impensable.

Taxer les riches : la nouvelle révolution transatlantique

« Alors que la majeure partie des Américains lutte pour joindre les deux bouts, les méga-riches, continuent à bénéficier d’extraordinaires réductions d’impôts». Imaginez qui tient ces propos révolutionnaires. Si vous pensez l’avoir lu dans le capital de Marx ou les questions du mode vie de Leon Trotsky, vous n’y êtes pas du tout. C’est le résumé d’une contribution de Warren Buffet dans le New York dans le New Times il ya quelques jours. L’idée qui a été reprise en France par Maurice Levy en France a eu paradoxalement un écho très favorable auprès des grands patrons français.  « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés » dit Levy  dans sa  tribune du monde Levy   en invitant à une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». Cette tribune de Levy a été plus efficace que toutes les croisades de la gauche contre le bouclier fiscal cher à Sarkozy. Les riches qui demandent un impôt sur la fortune au nom de la solidarité et du lien social est une idée révolutionnaire et fort intéressante qui rappelle que stabilité  et l’ordre social est la garantie de la jouissance de la richesse et de la sphère privée et les émeutes de l’électricité du 26 juin l’ont prouvé au Sénégal. Que de sueurs froides dans de grosses bolides sur la VDN et la route de l’aéroport ce jour là.

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Blog de Yoro DIA

Le faux débat sur  la Sonatel

Si l’Etat renationalise la Sonatel (ce qui est fort improbable d’ailleurs), le présent de la Senelec est l’avenir de la Sonatel. La Senelec vend un produit nécessaire pour ne pas dire vital, en a le monopole et un marché naturel mais a réussi le miracle d’être au bord de la banqueroute. La Sonatel commercialise des produits non nécessaires ( la moitie des sénégalais vivent sans téléphone portable et il y a moins de 300 000 ordinateurs dans le pays et la connexion au web ne concerne que le 10e de la population ), le fait dans un marché concurrentiel et réussit à être une entreprise de référence. Paradoxalement c’est la Sonatel qui a décollé et la Senelec frôle toujours les jours naufrage. La différence est dans le management. C’est flagrant dans tous les domaines à commencer par les agences. Les agences de la Senelec reflètent l’informel management public et le sentiment de l’irresponsabilité illimitée alors que celles de la Sonatel reflètent la rationalisation de la gestion privée. Dans une agence de la Sonatel, c’est à peine si on ne vous offre pas le café alors que dans une agence de la  Senelec, on se comporte comme si on vous fait un privilège quand vous venez régler une facture.  La différence entre la Senelec et la Sonatel symbolise la différence entre ce que  le Senegal est et ce qu’elle aurait du être parce que la Sonatel est le meilleur exemple de la qualité de ressource humaine sénégalaise, notre avantage comparatif.  Étant donné que la Sonatel fonctionne très bien, le Président Wade devrait concentrer toute son énergie sur ce qui ne va pas : la Sénélec. C’est une simple question de bon sens. Seneque le grand sage dit « long est le chemin des préceptes, court est le chemin de l’exemple ». Le débat sur la nationalisation n’est que précepte. Quand on veut nationaliser on ne doit pas donner le mauvais exemple en voulant vendre ses parts qu’on  détient et qui aurait transformer Sonatel en filiale de France Telecoms. Les syndicalistes qui s’y ont opposé ont eux prêché par l’exemple.

Gambie : Notre ami Yaya Jammeh

Dans la scène internationale, il y a principalement deux acteurs : le soldat et le diplomate. Le Président de la République incarne les deux car il est chef de l’armée et de la diplomatie. Notre voisin et « ami » Yaya ne comprend pas le langage soft et subtil de la diplomatie. Lui parler ce langage est une perte de temps pour le Sénégal car pour Jammeh la diplomatie ( endormir le Sénégal) est la continuation de la guerre par d’autres moyens. Le Sénégal n’a eu la paix dans sa frontière Sud qu’après l’opération Gabou. La Guinée Bissau l’avait endormi pendant plus d’une décennie avec des mots genre quand la case du voisin brule, il faut l’aider à éteindre le feu sauf que c’est ce même voisin qui y metttait le feu. Jammeh est entrain de jouer le même jeu et c’est pourquoi les camps rebelles se sont déplacés de la frontière bissau guinéenne à la frontière gambienne qui leur sert de repli avec la complicité de la Gambie. Dans l’histoire des armes iraniennes, la culpabilité de Jammeh est plus qu’avérée. La Gambie est une dictature et l’une des caractéristiques de ce type système est le monopole de l’info. Donc des armes lourdes ne peuvent pas transiter en Gambie sans que Jammeh et sa redoutable NSIA (National security Intelligence Agency) ne soient pas au courant.  Il suffit juste de regarder sur une carte pour savoir que ce n’est ni dans l’intérêt de la Guinée Bissau et encore moins de la Gambie que la paix revienne en Casamance. Le conflit en Casamance est l’unique moyen de pression que nos voisins ont sur le Sénégal. Cela a permis à la Guinée Bissau de négocier en force lors du conflit sur le  tracé de la frontière maritime entre les deux pays. Le droit international était du côté du Sénégal mais  la Guinée Bissau a utilisé la Casamance comme moyen de pression pour l’obliger à un compromis. La Gambie utilise la Casamance pour nous obliger à détourner le regard devant les dérives de Jammeh. Gabou a permis au Sénégal d’avoir la paix dans la partie Sud de la Casamance et il n’y a que l’épée de Damoclès de Fodé Kaba III qui nous permettra de sécuriser notre frontière avec notre fantasque voisin. Le Président Wade, son cabinet, nos diplomates et nos officiers  devraient découvrir ou redécouvrir l’excellent livre Le Sénégal et ses voisins sous la direction de  Momar Coumba Diop. C’est un must pour comprendre le jeu d’échec de nos voisins.  Senghor était le grand théoricien des cercles concentriques pour aller vers l’unité africaine mais depuis l’indépendance, notre premier cercle c’est-à-dire celui de nos voisins immédiats a été plutôt un « cercle de feu ».

Tutu et la taxe spéciale sur les blancs

Desmond Tutu,  Prix Nobel de la paix et figure historique de la lutte contre l’apartheid est un homme exceptionnel. Tellement exceptionnel qu’il a mené de main de maitre la commission Vérité et réconciliation à la fin de l’apartheid. Sa commission est devenue un cas d’école aujourd’hui pour sortir de la guerre et des conflits. C’est parce que cet homme est exceptionnel que son idée de taxe spéciale sur les blancs est d’une inconvenance exceptionnelle. Une taxe spéciale sur les blancs parce qu’ils sont les plus riches pour avoir profité de l’apartheid est une autre forme d’apartheid. L’affirmative action de Mandela avec le Black  Economic Empowerment est plus judicieux parce qu’il a permis de créer une élite économique noire. Les blancs ont certes profité de l’apartheid mais ils ont bâti un pays qui est aujourd’hui la plus grande puissance du continent et  qui est une fierté pour tous les sud africains ( noirs comme blancs). Il est évident qu’entre le schéma zimbabwéen ( qui est passé du grenier de l’Afrique australe à la famine) et le schéma sud africain, les noirs d’Afrique du Sud plébiscitent leur pays. La proposition de Tutu comme celle de Julius Malema proposant d’exproprier de force les blancs est du racisme à l’envers. On connait ce que cela donne : le Zimbabwe. La réconciliation nationale suppose après le travail de vérité se pencher sur l’avenir qu’on a en commun et non un passé qui divise.

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Le bolg notes de Yoro Dia

Les prophètes et les rois

Abu Hamid Mohamed Al Ghazali( 1058 –1111)  a écrit dans son célèbre livre «  Nasihat al muluk» ( conseils aux rois) que  « Dieu a choisi et a élu deux sortes de personnes : les prophètes et les rois. Les premiers ont pour mission de diriger les hommes vers Dieu et les seconds d’établir la sécurité qui est vitale car laissé à lui même l’homme est capable de tout ». A l’image de Ghazali tous les penseurs musulmans qu’ils soient sunnites ou chiites, qu’ils soient modernes ou classiques, ont un dénominateur commun : une conception hobesienne du pouvoir politique. Ibn Muqafa, dans son livre  «  Al Kitab al kharey »  proclame «  Le pouvoir et la religion sont des frères jumeaux mais le pouvoir protége la religion » .Ainsi Ibn Muqafa qui a vécu sous les ommeyades avait réglé à sa manière la théorie des deux glaives ( Question de la prépondérance de la glaive du Christ ou de César ou la primauté de l’Etat et de la Religion) qui allait aboutir en Europe à la guerre des cent ans et la guerre de religions au Moyen âge. Les hommes politiques qui se bousculent à Touba y vont par simple électoralisme parce que dans la querelle des allégeances qu’on risque d’avoir par la faute du régime de l’alternance est étrangère à l’histoire de l’Islam. Même en Arabie Saoudite où L’histoire du royaume a toujours été déterminée par le pacte signé par l’ouléma rigoriste Abdoul Wahab et Mouhamed Ibn Séoud en 1744  il y a toujours eu un primat les Al Saoud ( la famille régnante ou Etat) sur les Al Sheikhs (descendants de Abdul Wahab). Le fait que le politiques soient obligés de chercher un supplément de légitimité politique chez les marabouts est la meilleure preuve de la crise du politique. Le développement est la mobilisation des énergies individuelles vers un projet collectif et il n’y a que l’Etat qui peut jouer ce rôle dans une nation plurielle comme le Sénégal. Les sénégalais qui avaient spontanément remplis le stade de l’Amitié le 03 avril mars lors de la prestation de Wade avait cru au projet collectif d’où cette formidable mobilisation des énergies individuelles ce jour là sans l’ombre d’un Ndiaga Ndiaye. Qu’est ce qu’il en a fait pour avoir besoin d’un supplement de légitimité religieuse 10 ans apres . That is the question. ?

Les listes de l’Inquisition

Quand tu ne viens pas à la politique la politique vient à toi. Le Khalife s’est éloigné de la politique mais les hommes politiques veulent coute que coute s’incruster même si le Khalife de façon stoïque ne cesse de rappeler que sa seule compétence se limite à la vulgarisation des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba. L’un de ses enseignements majeurs est de s’éloigner du pouvoir terrestre. Ce qui l’a prêché par l’exemple. Regardez la distance entre Touba et Saint Louis. De nos jours c’est encore très loin. Imaginez la distance pendant la colonisation quand le marabout s’installait au fins fond du Baal pour se consacrer exclusivement à Dieu loin des sirènes  et des fastes et des lambris dorés de Saint Louis. La politique est du domaine du relatif, c’est pourquoi le débat en est au centre alors que la religion est du domaine des vérités simples et définitives à des questions complexes. C’est pourquoi c’est toujours très dangereux dans un pays quand des hommes politiques se transforment en rentiers de la foi des autres ou en entrepreneurs identitaires. C’est d’autant plus grave que c’est le Président de la république qui est l’incarnation de l’unité nationale et qui devait être le symbole d’une nation plurielle qui est devenu le plus grand entrepreneur identitaire. C’est une attitude fort inconvenable dans une république tout comme l’acte que Makhtar Gueye qui dresse des listes de mal pensants  qu’il jette à la vindicte populaire et religieuse comme du temps de l’inquisition ou des nazis traquant les juifs. C’est le drame de la courtisanerie. On se croit toujours obliger d’en faire un peu plus car plus on est excessif plus on se sent moins insignifiant. La liste de Makhtar Gueye risque d’etre comme la photo de Ben Laden mort. On risque d’attendre tres longtemps avant de la voir.

Krugman note les agences de notations

La lecture du New York Times est une sorte de prière quotidienne pour moi.  L’édition du 07 aout apporte une réponse à la question que l’on ne cesse de poser sur les agences de notations dont les appréciations sont devenues des armes de destructions massives pour certaines économies occidentales. Courageusement Paul Krugman pense que ce sont plutôt des armes des distractions massive  parce qu’elles n’ont aucune crédibilité. Krugman sabre au clair attaque « Standard and Poors peu crédible il se comporte comme  un enfant qui tue ses parents  et veut attirer la  pitié parce qu’il est orphelin. Le déficit est la conséquence de la crise de 2008 et Standard and P avait donné un triple A aux institutions de crédit qui avec leur avoirs toxiques. Quel crédit donner à une agence de notation qui avait accordé un A+ à Lehman Brothers qui va tomber en faillite un mois après » Si c’était  un membre de l’Administration Obama qui s’exprime ainsi pour défendre on aurait pensé qu’il défend sa chapelle mais Paul Krugman et Dieu sait qu’’il est plus que légitime pour en parler. Celui qui sort le sabre contre les agences notation n’est ni un plaisantin ni un militant de l’extrême gauche mais un Nobel d’Economie. Krugman s’en prend à Standard and Poors dans sa chronique du 07 Aout. L’encre de la colère de Krugman n était pas encore seche que Standard and Poors se tirait une autre balle dans le pied en reconnaissant une erreur d’appréciation de plusieurs milliards dollars dans son jugement. En tout cas les faits économiques donnent raison au Prix Nobel et chroniqueur. Standard and Poors avait degrade la note du japon en 2002. Ce qui n’avait eu aucun impact sur l’économie japonaise. Ce sera probablement les cas pour l’économie américaine.

Woroon Woreet

Quel l’apport de nos cousins sérères Dans l’histoire de l’humanité ? Si vous songez au bon couscous du Sine, vous avez raison. Soyons honnête, leur apport ne se résume pas seulement au couscous puisqu’ils  nous ont aussi donné la grande diva Yandé Codou et Leopold Senghor. Eh bien ils viennent d’enrichir leur contribution au rendez du donner et du recevoir en amenant au banquet le Woroon Woreet.  Le Ma woroon woreet est le nouvel apport des sérères. En fait contrairement à Yande Codou, ce n’est pas si original que cela. Ils l’ont toujours pratiqué mais ils viennent juste de la conceptualiser en s’inspirant de notre cher Président. L’inventeur du Ma worron Worreet est un sérère situé à une station insoupçonné. Apporter la lumière de la religion à nos cousins sérères  nous transforme en Sisyphe.

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