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Blog de Yoro Dia

Clap de fin pour Narcisse Wade et Sarkozy Président Bling Bling

Finalement les incursions de l’UMP derrière les lignes de l’extrême droite n’ont pas pu sauver le soldat Sarkozy. En 2007, il avait fait campagne avec le programme du FN sans en être le candidat, mais pour 2012 les électeurs ont préféré l’original (Marine Le Pen) à la copie (Sarko – Guéant – Besson). Sarkozy avait raison de faire campagne sur les frontières qu’il ne faut pas dépasser par électoralisme comme l’a si bien dit Bayrou. Les Français ont sanctionné Sarko parce que la majorité d’entre eux sont convaincus que le fauteuil de De Gaulle et de Mitterrand était trop ample pour lui et qu’il n’avait pas assez de prestige et de distance attachés à la fonction. La France est naturellement un pays de droite, c’est pourquoi les arrivées de la Gauche au pouvoir ne sont que des intermèdes (Mitterrand, le seul Président de Gauche de la Ve république). La France qui est un pays de droite, de plusieurs droites d’ailleurs (la droite républicaine et les autres comme la droite monarchiste et la droite extrême). Lors de ce second tour, Sarkozy a allègrement franchi la ligne rouge qui sépare la droite républicaine et les autres pour chasser sur les thèses du FN.

Quoi de commun entre Hollande et Macky Sall? Il y a deux ans, personne ne les imaginait à la fonction. Ils  sont devenus Président non pas pour en avoir rêvé ou parce qu’ils en avaient fait le projet de leur vie, mais ils sont devenus Président par défaut. Hollande est passé parce que DSK n’a pu contrôler sa libido et Macky Sall est devenu Président parce que Wade qui l’a toujours méprisé, l’avait pris pour le moins ambitieux de ses compagnons. C’est incroyable la manière dont le destin noue joue des tours. Un dérapage libidinal et une humiliation d’un collaborateur changent l’histoire de deux pays au détriment de ceux qui étaient suffisamment narcissiques pour croire qu’ils écrivaient l’histoire. C’est d’ailleurs ce narcissisme qui explique les sorties de Wade qui ne supporte pas d’être sorti de la scène, de ne plus être l’alpha et l’oméga de la vie politique. Wade vit la plus grande souffrance de sa vie. Sa maison de Fann doit être pour Wade ce que le Rocher de Saint Hélène a été pour Napoléon. Wade  est convaincu que tout ce qui s’est fait au Sénégal de Faiherbe à 2000 ne servait qu’à annoncer son arrivée et tout ce qui se passera après lui ne sera qu’un long commentaire de son règne. Donc, c’est une torture pour lui de ne plus être l’unique centre d’intérêt du pays. C’est cette souffrance atroce qui le pousse à vouloir revenir sur scène même au prix du ridicule comme son idée d’auditer Senghor et Diouf. Il devrait méditer sur ce proverbe chinois qui dit “avant d’ouvrir la bouche, assures toi que ce que tu as à dire est plus beau que le silence”.

Tourisme et patriotisme économique

Lors de sa visite de courtoisie et de prise de contact avec la Cnes, Youssou Ndour, le ministre de la Culture et du Tourisme a invité les patrons à passer leurs vacances au Sénégal. Il l’a dit en passant, mais c’est l’élément le plus important de sa visite. Si les patrons de la Cnes qui sont des croisés du patriotisme économique prêchent par l’exemple, l’appel du ministre sera entendu et surtout suivi d’actes. Passer ses vacances au Sénégal est aussi un bon exemple de patriotisme économique. Franchement, je n’ai pas compris le rush des Sénégalais à Paris pendant l’été. A cette période de l’année il fait tellement chaud à Paris que même les parisiens quittent la capitale. L’été à Paris il n’ y a que des japonais. Aller à Paris pendant l’été pour s’enfermer dans une chambre climatisée relève plus de la légitimation sociale (montrer à ses amis, collègues et voisins qu’on peut se payer des vacances à Paris). Si on veut partir pour la plage, notre pays a des plages sublimes de Cap Skirring à la Langue de Barbarie. Passer ses vacances au Sénégal permet de connaître et de faire connaître notre beau pays à sa famille. Combien de Sénégalais ont visité l’île de Carabane, la perle de la Casamance et joyau du Sénégal. Cette île paradisiaque avec ses fromagers, ses baobabs, ses palétuviers, sa mangrove et ses cocotiers sur la plage donne aux visiteurs des instincts poétiques. Carabane est une muse. Une très belle muse. Quand on voyage par bateau, on l’entrevoit la belle dame droite et fière à l’embouchure, mais Carabane vaut le déplacement tout comme les 19 îles du Saloum, une Polynésie à moins de deux heures de Dakar. Mieux que la Polynésie, nos machoudos sérères par leur culture et leur hospitalité vous feront revenir comme on revient toujours à Saint-Louis la ville tricentenaire avec sa langue de barbarie, endroit unique au monde ou le fleuve et la mer se promènent bras dessus dessous avant de s’embrasser à l’embouchure. A l’est, les chutes de Didenfelo et le parc de Niokoloba vous rappelleront les paysages sublimes du film “Out of Africa”. La nouvelle génération de jeunes sénégalais connaît de plus en plus mal notre pays qu’ils réduisent à Dakar, Saly et à l’aéroport. L’appel du ministre de la Culture et du Tourisme au delà des patrons doit aussi concerner le ministère de l’Education Nationale. Combien de jeunes sénégalais connaissent Sandiniery qu’on réduit aux fruits, Gouy Ndiouli, Pata, Dekheulé, Somb, Paos Koto. Ce tourisme culturel et historique serait aussi une forme de rupture.

Pari pascalien à l’envers

Avec sa déclaration de patrimoine, le Président Macky Sall s’est enfermé dans un pari pascalien à l’envers. S’il ne l’avait pas fait, le bourdonnement infamant de suspicion l’aurait poursuivi durant tout son mandat. La déclaration de patrimoine a déclenché les mécanismes d’un soupçon fort légitime. Si vous voulez comprendre l’âpreté et la rudesse des batailles pour le contrôle de l’appareil d’Etat lors des élections, la réponse est dans la déclaration de patrimoine du Président.  L’Etat du Sénégal est un Etat prébendier comme dit Ibrahima Thioub c’est à dire que conquérir l’Etat équivaut au contrôle des sites d’accès à la richesse nationale. Dans un Etat prébendier, le Président de la république est le gardien de la porte qui mène aux prébendes, prestiges et privilèges et donc enrichit qu’il veut. Dans la vie économique, être milliardaire est le fruit d travail de toute une vie ou le travail de plusieurs générations d’une m^me famille, mais la politique est devenue un raccourci pour être milliardaire depuis l’an 2000. Un pays a besoin de milliardaires, mais pas en politique. Les milliardaires dans le business reflètent le dynamisme de l’économie et de la création de richesse. La Chine a commencé à émerger quand Deng Xiaoping a lancé son fameux “Enrichissez-vous”, mais il parlait du business. Des politiciens milliardaires est un indicateur de pays pauvre et sous-développé parce que l’émergence commence par la séparation des deux sphères. L’Etat crée les conditions d’un enrichissement général, mais n’a pas de vocation à servir de levier d’enrichissement à ceux qui le contrôlent. C’est l’Etat prébendier qui explique la transhumance parce que dans l’opposition, il y a aucune prébende à distribuer. C’est un désert. C’est pourquoi tout le monde se rue sur l’oasis.

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Plutôt Manhatir que Ben Laden

Un an, plusieurs leçons. C’est ce qui me vient l’esprit en pensant à l’anniversaire de la mort de Oussama Ben Laden. La première leçon est que pour l’avenir du  monde musulman, il est préférable de s’inspirer de l’exemple du Dr Manhattir, (ancien Premier Ministre de Malaisie qui, pour l’orgueil des musulmans, a bâti des tours plus élevées que le World Trade Center) plutôt que Ben Laden qui a cherché à détruire celles des autres au lieu de chercher à construire. Deuxième leçon, un an après la mort de Ben Laden, il ne reste pas grand-chose de Al Qaeda à part un nom et un logo devenu une franchise pour le terrorisme résiduel de AQMI qui prospère surtout grâce au maillon faible qu’est le Mali. La trace de Ben Laden dans l’histoire sera comme celle des traces d’un chameau après une tempête de sable dans le désert. Ses traces seront bientôt effacées. Cela a commencé avec la tempête de sable qui souffle dans le  monde arabe au nom de la liberté et de la démocratie que les spécialistes appellent « le Printemps arabe ». Cette révolution au nom de la liberté et de la démocratie valeurs aux antipodes de Al Qaeda a été la première mort de Ben Laden. Le 1er mai les américains ont exécuté un zombie idéologique qui les hantait et surtout pour laver l’affront du 11 septembre qui a balafré le visage de New York. La troisième leçon vient de Kaboul où s’est rendu Obama pour célébrer un an après sa plus grande victoire de Commandant en chef des armées : offrir à l’Amérique le scalp de Ben Laden.  Un an après pour être sûr qu’Al Qaeda n’est plus en mesure de planifier des attentats comme le 11 septembre. Si Al Qaeda en avait les moyens, elle l’aurait fait ne serait ce que pour laver l’affront d’Abotabad. Cette fête a été troublée par les pétards de talibans qui nous inspirent la quatrième leçon. La quatrième leçon est qu’ Al Qaeda en tant qu’organisation militaire est moribonde mais les talibans ont encore de beaux jours devant eux parce que contrairement à Al Qaeda les talibans n’ont toujours eu qu’un projet national : Afghanistan. Et comme lors de la guerre du Vietnam le temps joue en leur faveur. Etant donné que l’Otan et la coalition ne vont pas rester ad vitam aeternam, ils attendent tranquillement dans leurs montagnes le départ des armées occidentales pour balayer Karzai et  transformer encore l’Afghanistan en gigantesque prison. Et quand ils reviendront, il y aura plus de Massoud encore moins la coalition de l’Otan. L’Afghanistan est tout ce qui a intéressé les talibans. C’est pourquoi vous n’avez jamais vu le nom d’un afghan dans un attentat d’al Qaeda à l’extérieur.

Plutôt le chariot que le panier de la ménagère

Quand on entre dans le super Marché Citydia de Nord Foire on se croirait dans un supermarché Mono Prix, Auchan ou Carrefour à Paris. On y trouve même du très bon saumon qui, selon les responsables du supermarché, se vend très bien. Cette chaine de supermarché qui essaime dans les quartiers résidentiels de Dakar après les Pridoux montre que le pouvoir d’achat a augmenté dans la capitale. C’est un bon indicateur d’un pays qui marche vers l’émergence. Avec la présence de Casino et de Citydia, il serait de bon aloi de parler de chariot de la ménagère plutôt que de panier de la ménagère qui fait très sous développement. La Chine pour émerger est passée du panier sous Mao au chariot sous Deng Xiaoping auteur du fameux « enrichissez-vous » qui s’est révélé plus efficace que toute l’idéologie  du grand bond en avant de Mao qui s’est révélé être un grand bond en arrière. Le grand bond en avant que le Sénégal attend de Macky Sall et de son gouvernement est de créer les conditions pour que le maximum de Sénégalais puissent fréquenter les grandes surfaces. Pour fréquenter ces grandes surfaces, il n’ y a qu’un seul ticket d’entrée : le pouvoir d’achat. La vocation d’un gouvernement n’est d’offrir des bons de consommation pour citydia mais de créer les conditions pour que les sénégalais puissent travailler, avoir un pouvoir d’achat et fréquenter les grandes surfaces. Casino, Citydia sont des indicateurs d’un pays qui s’enrichit et qui marche vers l’émergence parce que fréquentés par une classe émergente. L’autre jalon, l’autre indicateur sera la présence de Mac do ou de Quick qu’on ne retrouve que dans les pays riches et émergents. C’est pourquoi Mac Do et Quick sont à Jo’bourg et Kuala Lumpur pas à Dakar. Comment passer d’une classe émergente à une société émergente ? Telle est la question que  se posent probablement Macky Sall et Abdoul Mbaye. Je vous donne une réponse gratuite. Créez les conditions pour que le maximum de sénégalais puisse fréquenter Casino et Citydia.

Plutôt Polytechnique que l’arène

La semaine dernière, j’ai été convié au pot que les anciens de Polytechnique offraient en l’honneur de leur collègue Aly Ngouille Ndiaye devenu Ministre. Cette école qui a produit d’éminents esprits comme Bara Tall, Ablaye Sène ( Vallées Fossiles), ces ruraux qui ont pris l’ascenseur social de la république qu’est l’école pour atteindre le sommet. Apres avoir écouté ces brillants polytechniciens presque tous produits de l’école publique, on ne peut  s’empêcher d’avoir un pincement au cœur quand on voit  le désastre  qu’est devenu l’école publique. Notre école publique est à l’agonie depuis que les enseignants peuvent prendre en otage les élèves pendant des mois pour demander une rançon que le gouvernement refuse de payer. La France ne serait pas ce qu’elle est devenue sans les instituteurs  de la troisième république et l’école publique de Jules Ferry. La qualité de notre ressource humaine ne serait pas devenue l’avantage comparatif du Sénégal sans une école publique de qualité. L’école publique est devenue un désastre parce que les élites politiques du pays après avoir pris l’ascenseur social qu’est l’école refuse de le renvoyer aux autres générations. C’est pourquoi, les 18 plans d’actions des syndicalistes irresponsables n’ont pas ému le gouvernement de Wade. Quand je pense aux instituteurs comme Mr Sarr, à l’institutrice comme Mme Ndiaye qui, à force de dévouement et de sacrifice ont permis à des générations d’élèves de Thiaroye sur mer d’aller à l’école et quand j’entends les syndicalistes du Cusems, je mesure toute la différence entre les instituteurs par vocation qui sont les piliers les plus solides de la république et les mercenaires tombés dans l’éducation par survie et qui ont détruit le système éducatif pour des intérêts corporatistes et alimentaires. Senghor, réveille-toi. Ils sont devenus fous. Ils ont détruit l’école qui a permis au Sénégal d’avoir Amadou Mactar Mbow, Jacques Diouf, Bachir Diagne. Ils en ont fait une usine de cancres plus fascinés par les gladiateurs que par le savoir. Quand notre école publique fonctionnait normalement les élèves rêvaient de Polytechnique ou du concours général pas de Balla Gaye 2 ou Yekini.  Le laureat du concours général était la référence du quartier mais pas le rappeur encore moins le lutteur. Le système qui a produit tous ces polytechniciens est en panne mais celle qui produit les gladiateurs (qui sont presque tous des recalés de l’école publique) tourne à plein régime. A quoi sert polytechnique dans un pays où il y a un primat du gladiateur sur l’ingénieur ?

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MFDC New look: Balla Gaye 2 plutôt que Diamacoune

Balla Gaye 2, roi des arènes, est plus important pour la paix en Casamance que les 12 ans d’efforts désordonnés de Wade et les 20ans de stratégie du pourrissement de Diouf. Balla Gaye 2 doit être la référence  pour le MFDC devenu parti politique. C’est pourquoi, cette semaine a été décisive pour notre longue marche vers la paix en Casamance avec le MFDC qui obtient son récépissé de parti politique et Balla Gaye 2 qui devient roi des arènes. Le MFDC, parti politique doit jeter Diamacoune et ses thèses douteuses et saugrenues dans les poubelles de l’histoire pour s’inspirer de Balla Gaye 2 parti du Pakao et qui règne en maître sur le Sénégal. le MFDC new look doit se dire étant donné que c’est ridicule et même impossible d’avoir une partition du Sénégal, prenons le Sénégal comme l’a fait Balla Gaye 2. C’est fort possible parce que le Sénégal est une démocratie. Hommes politiques d toute la Casamance, unissez-vous et prenez le Sénégal. Robert Sagna a posé un premier jalon avec sa candidature en 2007, le MFDC qui obtient son récépissé est un autre jalon. Le MFDC, parti politique, est beaucoup plus conforme aux idées et aux idéaux du MFDC  de 1947. L’événement de la mutation du MFDC qui a été relégué à l’arrière plan de l’actualité à cause du brouhaha de l’arène ferme la page de l’imposture historique et intellectuelle du révisionniste Abbé Diamacoune qui a réécrit à sa façon l’histoire et la généalogie du MFDC dans les années 80. Mais, c’est connu, en histoire la généalogie est toujours construite. Le nouveau MFDC remet les choses à l’endroit. ” Il ne faut pas laisser les intellos  jouer avec des allumettes” disait Prévert. Le Sénégal a laissé Diamacoune, un apprenti historien et un apprenti sorcier jouer avec des allumettes et a fini par brûler la Casamance. L’ascension de Balla Gaye 2 qui vient de s’installer sur le trône de la lutte, celle des génies de Gelongal sur le plan musical et Pierre Goudiaby Atépa dans l’architecture, sont autant de preuve de l’indigence intellectuelle des thèses de l’abbé pyromane. Le MFDC de Diamacoune a apporté de mauvaises réponses à une vraie question, si le MFDC new look veut apporter une vraie réponse à la vraie question, les exemples sont Balla Gaye 2, Atépa, Gelongal et non Diamacoune.

Wade, l’Etat et Cheikh Béthio

Abdoulaye Wade sera un politicien jusqu’à son dernier souffle. La politique est un réflexe chez lui. C’est son oxygène, il ne peut pas s’en passer. Wade, qui a bénéficié du soutien de cheikh Béthio Thioune lors de la présidentielle avait préféré le zapper. Subitement, alors que Cheikh Béthio est entre les mains de la justice, Wade lui envoie une délégation et propose un pool d’avocats à son “ami”. Ce n’est pas le sort de Cheikh Béthio Thioune qui le préoccupe mais le coup politique qu’il peut en tirer: gêner le nouveau pouvoir et capitaliser sur le vote des thiantacounes. Wade ne connaît que des combats personnels et pas du tout les principes républicains. C’est inconvenant qu’un ancien président de la République s’immisce dans une affaire pendante devant la justice. L’affaire Cheikh Béthio va marquer la renaissance de l’Etat de Droit ou le début de sa fin. Le procureur de Thiès honore la justice qui, il faut le rappeler, est le service de l’Etat qui porte le nom de vertu. Dans cette affaire, se pose le débat sur les fondements même de l’Etat à savoir l’Etat a “le monopole de la violence légitime et légale” ou ” que vous soyez riche ou pauvre”, marabout ou talibé “la justice vous rendra blanc ou noir”. Tous ceux qui ont vu l’ancien président du FMI être descendu d’un avion, menotté  et présenté devant le juge de New York, comprennent pourquoi les Américains sacralisent la justice. Elle est la même pour tout le monde. Il ne peut y avoir point de privilège de juridiction dans un Etat de droit. Autant la justice a été stricte avec Dominique Strauss Kahn, autant elle a été juste jusqu’au bout en le blanchissant quand elle s’est rendue compte qu’elle n’avait pas suffisamment de preuves. Le pool d’avocats du PDS fait de l’amalgame et de l’entreprenariat  politique en parlant de procès politique, mais la notoriété de Béthio Thioune et la volonté de faire un exemple pour montrer que rien ne peut plus être comme avant ne doit pas pousser à une présomption de culpabilité. Si deux citoyens sénégalais sont morts et enterrés en catimini et que la justice ne sévisse pas, ce serait la fin de l’Etat et l’affaire Barthélemy Dias et la fusillade de Mermoz nous a suffisamment instruit sur les risques d’un Etat faible. Est-ce que l’Etat devait agir en amont contre Béthio Thioune? Certainement non parce qu’un Etat laïc n’a aucune compétence en matière religieuse, mais veille à ce que les religions et les cultes se pratiquent dans le cadre de l’ordre et de la loi. Et quand il y a mort d’homme, on sort du cadre de la liberté de culte pour entrer dans celui de l’ordre et de la sécurité qui sont la raison d’être d’un Etat comme le dit si bien Ghazali “la meilleure illustration se trouve chez Abu Hamid Mohamed Al Ghazali (1058-1111)” qui écrit dans son célèbre livre “Nasihat al muluk” (conseils aux rois) que ” Dieu a choisi et a élu deux sortes de personnes: les religieux et les rois. Les premiers ont pour mission de diriger les hommes vers Dieu et les seconds d’établir la sécurité qui est vitale car, laissé à lui-même, l’homme est capable de tout.”

Le syndrome de Giscard d’Estaing

Ces jours-ci, le sommeil de Sarkozy doit être très trouble. Il est hanté par le VGE ou celui d’un seul mandat. VGE ne s’en est jamais remis. Sarkozy aussi ne s’en remettra pas, mais en arrivant au premier tour, il est presque assuré de perdre. Le premier tour de la présidentielle est riche en enseignement. Le premier est que le FN, en changeant d’emballage, mais tout en maintenant le contenu, est devenu un parti du système. Il est devenu tellement normal qu’il est un des plus grands partis ouvriers de France. Le vote FN n’est plus un vote de protestation encore moins un  vote de crise, il est devenu un vote français. Melenchon et Marin Le Pen se rejoignent au moins sur un point: la mondialisation est coupable. L’émergence de Mélenchon et de Marie Le Pen et le recul des partis classiques rend complètement obsolète  le clivahe Gauche-Droite. Aujourd’hui, il y a les partisans de la France ouverte (les grands partis qui pensent que cela n’a pas de sens de croiser le fer contre les marchés et la mondialisation) et les partisans de la France fermée (extrême gauche et extrême droite dont la seule différence réside dans le bouc émissaire). Pour Marine le Pen, le bouc émissaire c’est le musulman et pour Melenchon, c’est la finance.

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Balla-Yekini : Une affaire d’Etat

L’un des aspects les plus positifs de la campagne  présidentielle était d’avoir remis les gladiateurs à leur place. Pendant des semaines la lutte sénégalaise était  enfin à sa vraie place qu’elle n’aurait jamais dû quitter : une simple distraction le temps d’un dimanche. La parenthèse de l’élection présidentielle fermée, les gladiateurs ont repris le haut du pavé. La lutte est devenue une affaire tellement sérieuse qu’elle ne saurait être laissée entre les seules mains des amateurs, des promoteurs et des lutteurs. C’est devenu une affaire d’Etat en mal d’hommes d’Etat. Après Wade qui a essayé de réconcilier Modou Lo et Balla Gaye 2 au palais de la République, il a fallu que Macky Sall se croit obliger d’intervenir dans les face Balla Gaye2 – Yékini. A Rome, les gladiateurs ont toujours été à leur place.Ils étaient là pour distraire la plèbe qui, après le pain, voulait des jeux. Le jeu était  un moyen. Chez nous,  il semble être devenu la finalité. Aucun pays au monde ne s’est développé avec la distraction. Où va notre pays quand les patriciens descendent de la tribune pour chercher un supplément de légitimité chez les gladiateurs qui sont devenus les références de toute la jeunesse. Où va notre pays quand un jeune lutteur dit fièrement à la télé avoir quitté l’école qui était un frein au développement de sa carrière pour l’arène. L’arène a pris des proportions inquiétantes dans notre pays où le premier rêve des jeunes n’est plus d’aller à l’université, mais d’être lutteur. C’est un drame national que d’utiliser autant d’énergies individuelles non pas pour un projet collectif comme le développement, mais pour enrichir deux promoteurs et moins de 10 lutteurs. Quand il y a combat de lutte, le pays est sous Etat d’urgence avec la mobilisation de la gendarmerie et de la police qui, franchement, doivent avoir des missions plus importantes que de garantir que deux promoteurs s’enrichissent en toute sécurité au détriment du contribuable qui paie les forces de sécurité et l’avenir du pays (des jeunes qui préfèrent la lutte à l’école).

Macky Sall en Gambie

En disant à Yaya Jammeh qu’il a la clé de la solution du conflit casamançais, ou Macky Sall est devenu un bon disciple de Talleyrand (le langage a été donné à l’homme politique pour qu’il puisse cacher sa pensée profonde) où il montre qu’il est un grand amateur pour ne pas dire un grand naïf. C’est une irresponsabilité  illimitée que de sous traiter ou d’externaliser une question de souveraineté comme celle de la Casamance. Dire que Jammeh a la clé du conflit, revient à lui sous traiter notre crise nationale la plus grave qui doit être du ressort exclusif du président de la République. Macky Sall est loin d’être Talleyrand. C’est pourquoi on a noté beaucoup  de naïveté face à Jammeh. Réserver sa première sortie à la Gambie a été une excellente idée, mais laisser Yaya Jammeh attaquer sans retenue relève de l’amateurisme car l’Etat est une continuité.  Dans le conflit en Casamance, Jammeh n’avait pas aidé Diouf, n’a pas soutenue Wade et ne le fera pas pour Macky Sall. Leproblème ce n’est pas Wade, mais Jammeh. Les Présidents du Sénégal passent, Yaya Jammeh demeure dans sa constante. Il connaît le talon d’Achille du Sénégal et il en profite. Le conflit en Casamance est une assurance vie pour lui parce qu’étant le seul moyen de pression sur le grand voisin. Jammeh est un militaire. Il ne connaît que les rapports de force et à Banjul, Macky Sall est parti à Canossa.

De Jammeh à Petit Mbaye

Quel est le dénominateur commun entre Yaya Jammeh et Petit Mbaye ? Ne cherchez pas loin c’est la mauvaise foi.  Accuser l’ancien régime d’acharnement et justifier son « exil » consécutif à une affaire strictement privée relève de l’amalgame. Pourquoi l’ancien régime s’acharnerait-il sur un candidat qui n’a pas fait 1% à la présidentielle et laisser de côté ceux qui avaient fait plus de 10% ? Le Sénégal est un Etat de droit et on voit mal comment le Président de la République peut se substituer aux juges et aux banques pour blanchir l’ancien l’ancien promoteur de lutte. L’Etat est une affaire de prestige et le Président de la République doit prendre de la hauteur et de la distance en évitant de se mêler de petits détails qui, à fortiori, relèvent d’affaires privées. La rupture, ce n’est pas faire aux affaires étrangères du Madické Niang  sans Madické. Madické Niang, l’avocat de Habré a une influence certaine sur les positions de Madické Niang, Ministre des Affaires Etrangères. La même logique s’applique aujourd’hui à Alioune Badara Cissé. Alioune Badara Cissé, l’avocat de Petit Mbaye, a dû avoir une influence certaine sur Alioune Badara Cissé , Ministre des Affaires Étrangères à Paris pour la visite de Macky Sall. Où s’arrête l’avocat de Petit Mbaye et où commence le ministre dans l’organisation de la rencontre entre Macky Sall et Petit Mbaye ? That’s the question. Sur le plan des principes, c’est une ignominie que le Président de la République, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature reçoive un détenu qui a profité d’une liberté provisoire pour se soustraire à la justice de son pays. Macky Sall aurait dû nous épargner cette épisode de Prison break sur les bords de la Seine.

Le spectre de Melenchon

« Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme ». Cette phrase ouvre le célèbre manifeste du Parti Communiste. Le spectre du communisme ne hante pas la France, mais l’irruption de Melenchon éloigne le spectre du 21 avril 2002 (Le Pen au second tour). Le phénomène Melenchon s’explique par le deuxième pilier de la république française à savoir l’Egalité. La passion de l’égalité est une passion française qui date de la révolution de 1789 jusqu’à Melenchon en passant par la célèbre nuit du 4 aout supprimant tous les privilèges. Melenchon a ressuscité l’inconscient révolutionnaire qui sommeille dans l’esprit français et a surtout prouvé qu’on peut faire reculer la pensée unique par un refus de capitulation ne serait que symbolique devant les marchés. Melenchon a beaucoup de mérite parce qu’il a récupéré beaucoup d’électeurs  tentés par le front qui était le seul parti à refuser la capitulation devant le système. Que sert la politique si elle avoue comme c’est souvent le cas sa capitulation devant le marché. La politique sert à changer et à transformer la réalité sociale. Melenchon a montré que face aux dérives des marchés, on pouvait encore sortir l’épée du fourreau où l’avait rangé les partis classiques.

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Wade au conseil constitutionnel

Wade  a toujours rêvé d’envoyer Diouf au Conseil Constitutionnel. Macky Sall peut réaliser le rêve de Wade en envoyant Diouf et Wade au conseil Constitutionnel. Pour réaliser ce rêve de Wade, il suffit juste, comme c’est le cas en France, de faire des anciens Présidents de la république des membres de droit du Conseil Constitutionnel. Le grand avantage de faire de Wade, membre de droit du conseil constitutionnel est qu’il ne peut dire non et encore moins démissionner parce que son entrée au conseil est attachée à statut d’ancien Président de la république. Etant donné que quand on est membre du conseil on est tenu par l’obligation de réserve, c’est la meilleure façon de faire sortir Wade de l’espace politique et l’aider ainsi à trouver le temps pour rédiger ses mémoires. Les mémoires de Wade  seront à coup sûr un succès de librairie et un grand document histoire parce que retraçant 50 ans de vie politique (du procès de Mamadou Dia dont Wade était l’avocat à la débâcle du 25 mars 2012). Macky Sall a promis de reformer le conseil constitutionnel, y envoyer Wade est un premier pas vers la reforme. La présence d’un ancien Président de la république au Conseil serait une source inépuisable de sagesse pour cette institution qui verrait ainsi comment le droit et l’histoire transcendent le pouvoir des hommes à commencer par celui du Président de la république qu’on appelle pompeusement la clé de voûte des institutions. La présence des anciens Présidents de la république  au Conseil  va montrer que le droit est la seule clé de voute des institutions si l’on veut une vraie démocratie.

IGE

Pour son parcours personnel, Madame Nafi Ngom Ndour a certes  beaucoup de mérite mais la tenue d’IGE est trop ample pour elle. Imaginez donc ce que doit être pour elle la casquette de patronne de l’IGE. Les institutions de la république ne valent que par les personnes qui les incarnent. L’Etat de Senghor était fait de prestige, celui de Wade revêtu du manteau de l’informel. La même chose est valable pour l’IGE qui fut naguère un corps d’élite et de prestige. Depuis l’interview fort laborieuse de Nafi Ngom Ndour à Walf FM sur les chantiers de Thies, l’IGE a perdu toute sa crédibilité et son prestige qui était son âme. C’est un désastre parce que l’Etat a besoin de ce corps composé de fonctionnaires d’une grande qualité et d’une haute compétence mais l’image de leur patronne qui a une conception particulière de l’obligation de réserve  est en train de consumer à petit feu ce corps indispensable au bon fonctionnement de l’Etat. Il est urgent de redresser l’Etat mis à genoux par douze ans d’informel à la tête de l’Etat. Dans quel Etat sommes nous quand le Président de la Cour des Comptes est obligé de faire des mises au point et l’IGE à la Une de la presse non pas pour ses rapports mais pour des polémiques qui ne sont pas dignes de ses missions. Le pays a besoin de l’IGE et de la DIC mais il est urgent de redonner à ses institutions leurs véritables missions et de les libérer des contingences politiciennes. La DIC a vocation à faire des investigations criminelles et elle le fait à merveille mais dans une démocratie, une opinion politique ne relève pas de l’investigation criminelle. Nous avons besoin de la DIC mais pas pour réguler  ou arbitrer le débat politique. L’opinion est l’arbitre naturel du jeu politique

Le cercle de feu

Il était temps que le Sénégal ferme la longue parenthèse de l’élection présidentielle et pourra enfin se pencher sur la situation géopolitique de nos voisins. La présence de l’armée angolaise en Guinée Bissau est passée presque inaperçue. Elle a été présente en Guinée Bissau et elle va se retirer dans les semaines qui viennent sans attirer l’attention de la classe politique complètement absorbée depuis plus de deux ans par l’élection présidentielle. La situation en Casamance doit pousser le Sénégal à développer une doctrine de Monroe sur la Guinée Bissau et la Gambie. Cette absence de vigilance a entrainé la présence d’armes iraniennes. Comme si cela ne suffisait pas la Mauritanie s’y met en expulsant nos compatriotes sous le prétexte de la lutte contre Aqmi qui a grandement contribué au dépeçage de notre voisin de l’Est. Senghor théorisait l’unité africaine par cercles concentriques mais notre premier cercle est un cercle de feu avec Aqmi au Mali, les armes iraniennes en Gambie, l’armée angolaise à Bissau et la Mauritanie en quête d’identité nationale. Cette situation doit mériter toute l’attention de nos diplomates et de nos soldats mais aussi et surtout du Président de la République, chef de l’armée et de la diplomatie qui se doit de rattraper le temps perdu parce que ce n’est pas normal que la voix du Sénégal ne se fasse pas entendre sur la situation au Mali.

L’ombre et la proie

Les politiques qui contestent la nomination de Mbaye Ndiaye au Ministère de l’Intérieur se trompent de combat. Le combat n’est pas de contester la nomination d’un Ministre de l’Intérieur politique mais de se battre pour le maintien de l’équipe de la direction des élections. Dans une république c’est le ministère de l’Intérieur qui organise les élections. Le ministère des Elections était lié à un contexte particulier. Il est bon qu’on en revienne à la normalité républicaine avec un Ministre de l’Intérieur qui organise des élections et qui souhaite que son parti gagne mais avec une administration forte qui oppose le légal au souhaitable. Le Ministre de l’Intérieur est soumis au code électoral et la Directeur des Elections est le gardien du code. Revenir à l’orthodoxie républicaine permet de rappeler une chose simple : le travail du ministère de l’Intérieur ne se résume pas à l’organisation d’élections. Les élections ne sont qu’une parenthèse dans le travail de ce ministère qui est le cœur de l’Etat. Le système que nous avons depuis 1998 qui consiste à laisser le ministère de l’Intérieur organiser les élections et la CENA de superviser fonctionne très bien. Il faut le renforcer et en faire une tradition démocratique. La présence de Ousmane Ngom à l’Intérieur n’a pas empêché Wade de perdre en 2012 ni celle de Lamine Cissé n’a pas pu sauver Diouf en 2000. L’évolution de notre démocratie est telle qu’on verrait mal un ministre de l’intérieur demander à un gouverneur ou à un préfet de frauder. Nous attendons Mbaye Ndiaye sur la lutte contre l’insécurité, sur la Casamance, la reforme de l’administration territoriale mais pas sur la transparence électorale. Car sur ce plan l’équipe du Ministre Cheikh Gueye a fait prendre à notre démocratie un tournant irréversible.

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Un véritable chef du gouvernement

Le Sénégal a enfin fermé la page politique  pour ouvrir celle de l’économie. Enfin du sérieux. Après un duettiste d’avocats  à la tète de l’Etat, nous avons un duo composé d’un ingénieur et d’un économiste. Avec la nomination d’Abdoul Mbaye à la Primature, le Sénégal tente de sortir de la phase infantile de la démocratie où la question principale est celle de la participation  et des règles du jeu ( fichier électoral, code électoral, couplage des élections, nombre et durée des mandats, création et disparation d’institutions comme le Sénat ou le Craes….) pour entrer dans la seconde phase dont la question essentielle est celle de la jouissance de la sphère privée et de la création de richesses. Sur ce plan, la nomination d’Abdoul Mbaye, au-delà du signe et du symbole est un excellent choix. Dans la phrase infantile de la démocratie c’est le règne des avocats. Le gouvernement de Wade était d’ailleurs un gouvernement d’avocats avec un Président avocat, un Premier Ministre avocat, un Ministre des affaires étrangères avocat et un Ministre de l’Intérieur avocat. Ces avocats avaient transformé l’Etat en une aristocratie d’orateurs. Le cœur de l’Etat a failli céder au cannibalisme ontologique du populisme et de l’électoralisme. Je rappelle souvent dans ces lignes la fameuse formule du Général de Gaulle « L’Etat c’est avant tout le prestige et il n’ y a pas de prestige sans distance ». Avec Abdoul Mbaye, la primature va au moins renouer avec le prestige et la tenue qui sied à la fonction après la parenthèse populiste et informelle. En choisissant un économiste banquier, Macky Sall fait un excellent choix non seulement sur le plan économique mais surtout politique parce que le chef de l’Etat a décidé de desserrer l’étau de ses alliés,  de transcender les partis pour parler directement aux Sénégalais. L’émergence économique doit être le next step de notre démocratie et  émerger c’est avant tout apporter des réponses à des questions économiques et notre nouveau Premier Ministre a le profil de l’emploi. Last but not least Abdoul Mbaye va être un véritable chef de gouvernement parce qu’il est en mesure de dire  « Lui c’est lui moi c’est moi » face à Macky Sall, ce qui était fort impossible avec Wade qui était à la fois dans la vision et les plus petits détails. Macky Sall n’est pas de Gaulle mais avec Abdoul Mbaye il tient son Georges Pompidou.

Les 100e jours : priorité Casamance

Le nouveau Président de la république a décidé de réserver sa première sortie à l’étranger à la Gambie. C’est une bonne idée mais avant la Gambie il devrait impérativement faire la tournée des cantonnements militaires en Casamance. Ce que Wade n’a pas fait en 12 ans. Ce qui se passe au Mali où en quelques semaines les rebelles sécessionnistes contrôlent le tiers du territoire doit pousser au nouveau chef des armées à aller rendre hommage sur le terrain à notre vaillante armée qui a sauvé au prix d’innombrables sacrifices l’intégrité de notre territoire. Après plus de 30 ans de rébellion, le MFDC ne contrôle même pas une communauté rurale. La Casamance est notre crise nationale la plus grave et l’armée qui a empêché la division du Sénégal mérite largement la première sortie du Président de la République. Le Président de la République tend la main au MFDC. C’est une très bonne chose mais il faut armer l’autre main en renforçant les moyens d’intervention de l’armée sur le terrain. La paix en Casamance passe par la doctrine de Rabin « Négocier comme s’il n’ y avait pas la guerre et faire la guerre comme s’il n’ y avait pas de négociations ». Le chef de l’Etat résume à lui tout seul les deux acteurs de scène internationale : le diplomate et le soldat. C’est le chef de la diplomatie qui va à Banjul et le chef de Guerre à Bignona et Diouloulou. Le chef de la diplomatie aura une écoute attentive à Banjul le jour où  le chef de guerre montrera à Yaya Jammeh qu’il a les moyens militaires de sécuriser sa frontière avec ou sans son soutien. Le Président de la république a les cartes en main mais Diouf et Wade ont privilégié la diplomatie avec Jammeh avec les résultats catastrophiques que l’on connait.

Ruptures

La passation de service entre Wade et Macky Sall est aussi un passage de relais entre deux générations. C’est à la fois une continuité et une rupture. La première forme de rupture est dans le style. Le premier discours de Macky Sall rompt avec les longs discours à la Enver Rodja de Wade avec des détails qui relèvent d’un sous préfet. Le premier discours a été concis et très sobre aussi bien dans le ton que dans le style. Ce discours est un précis de reforme de l’Etat et de bonne gouvernance mais le « chemin de l’enfer étant pavée de bonnes intentions » attendons les actes. Dans la forme la rupture est là, il reste le plus important : le fond.

Mali : ATT coupable

Le Président Amadou Toumani Touré porte une très lourde responsabilité  dans la crise actuelle du Mali. Il a sacrifié l’intégrité territoriale du Mali à l’autel de son image personnelle de grand démocrate. Obama est prix Nobel de paix mais quand l’intérêt et la sécurité des Etats Unis l’exigent, il n’hésite pas à envoyer l’armée  en Irak ou en Afghanistan. La Mauritanie et l’Algérie avaient raison de dénoncer son laxisme coupable vis-à-vis d’Aqmi et des rebelles touaregs mais celui qui, de façon égoïste ambitionnait de devenir l’icône du soldat de la démocratie n’a pas voulu utiliser la manière forte contre la rébellion pour ne pas entacher son image. La survie du Mali est le prix de ce narcissisme.  L’Algérie, avec la manière forte a refoulé Aqmi dans le désert, l’Azawad revendiqué par les touaregs maliens comprend une partie de la Mauritanie mais la fermeté d’Aziz les empêchent de sévir en Mauritanie. Le Mali a été le maillon faible. Dans la langue des touaregs, Azawad veut dire la zone de la transhumance. Cette zone de la transhumance  comprend une partie du Mali, du Niger, de l’Algérie et de la Mauritanie. La Mauritanie et l’Algérie ont pris le soin de clôturer leur champ, le Mali s’est gardé de le faire par laxisme, les troupes errantes ont dévasté son champ.

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Les deux corps de Wade

Le cimetière de l’histoire est rempli d’hommes qui se croyaient indispensables. Qu’est devenu Alexandre le Grand ? Où est César ? L’empire d’Alexandre n’a pas survécu à Alexandre mais  Rome a survécu à César. Le Sénégal comme Rome survivra à Wade parce que nous avons une république et la particularité de cette forme de gouvernement est que le pouvoir n’est pas attaché à une personne ou à sa famille. Wade a récemment déclaré  qu’il a encore besoin d’un autre mandat parce que personne  au Sénégal ne peut terminer ses chantiers. C’est un grand scandale mais probablement Wade n’a jamais été aussi sincère dans sa vie et dans ses convictions profondes. C’est de cette conviction profonde que découle sa tentation de la présidence à vie et du projet monarchique. Si personne ne peut me remplacer au moins mon fils qui a mes gênes doit être le plus apte parce que Karim est à Wade ce que l’asymptote est à la droite. C’est ce qui dit Wade depuis des années en trouvant que des qualités à son fils et des défauts à tout le monde. C’est pourquoi Wade s’est transformé en Caligula pour tous ses numéros 2. C’est cette tentation de l’immortalité qui fonde la monarchie et qui explique le fameux « Le roi est mort vive la mort ».  Un autre mandat pour terminer des chantiers au delà du mépris est d’une vacuité intellectuelle terrible. La république et la démocratie gèrent des questions terrestres et humaines et il n’y jamais de solutions définitives aux questions humaines. C’est pourquoi la démocratie et la république sont des chantiers permanents et chaque Président et chaque génération y amène sa brique. La démocratie c’est comme le fameux the Wall (le mur) des PINK FLOYD et chaque Président par ses chantiers apporte sa brique au mur. Senghor a posé la brique de la Nation et de l’Etat, Diouf, celle de la Démocratie et Wade a déjà posé celle de l’alternance et des infrastructures. Les autres briques comme l’émergence, c’est une autre Génération. Quand j’ai entendu Wade déclarer que personne ne peut terminer mes chantiers, j’ai eu envie de lui envoyer l’excellent livre de Ernst Kanorowicz les deux corps du Roi. Kantorovicz disséquant les royautés et la théologie politique au Moyen âge explique la conception du pouvoir royal «  le roi a deux corps, un corps terrestre qui peut mourir et un autre corps incarnant le corps politique et la souveraineté et qui par conséquent ne peut mourir car se transmettant au dauphin. C’est cette dualité corporelle (humaine et souveraine) qui fonde « le roi est mort vive le roi » dans les monarchies mais la République n’en a point besoin parce que la souveraineté n’y appartient pas au roi mais au peuple. Depuis la révolution française « le roi est mort, vive le roi » a été remplacé par le « vox populi vox dei ». Il y a que le peuple qui est irremplaçable, jamais les hommes qui incarnent temporairement les institutions. Wade incarne déjà l’immortalité historique mais l’immortalité politique n’existe pas ni en monarchie encore moins en république. L’immortalité doit être une tentation pour l’histoire mais cela défie le bon sens que de le vouloir dans une vie politique active.

Les faux débats

Le  débat de 2e tour doit être celui de la clarification après le tous contre Wade du premier tour. Le Sénégal a droit à un véritable débat entre les finalistes après la sortie de scène des candidatures publicitaires. Le Sénégal attend un débat sur les véritables questions du pays comme la Casamance et l’éducation nationale. Franchement le débat sur la franc-maçonnerie et l’homosexualité relève de la diversion et de la manipulation. Apres l’abjuration par Wade de son appartenance à la loge, c’est grotesque que ses partisans se prennent pour Thomas de Torquemeda ( le premier grand Inquisiteur de l’Espagne), fondateur du Conseil de l’Inquisition Suprême et Général. Dans le camp de Macky Sall, le débat est au ras de pâquerettes avec Jean Paul Dias qui dépasse toutes les limites de la convenance dans ses attaques contre Karim Wade. Pourquoi Karim Wade ne se marie pas quatre ans après le décès de son épouse n’a franchement rien à voir avec un débat de second tour si ce n’est la volonté de Jean Paul Dias  et de El Hadji Diouf de jouer aux fédayins. Nous n’avons besoin ni d’inquisiteurs, ni de fédayins mais d’idées et de réponses sur les questions que les sénégalais se posent. Faux débat aussi sur « l’exil » de Alioune Tine au Burkina Faso. Quitter le Sénégal et se refugier au Burkina est juste une stratégie de contournement du gate keeping médiatique pour faire parler de lui après ses déclarations malheureuses lors de son audience avec Obasanjo. Apres sa déclaration sur le report de la Présidentielle, les politiques du M23 lui avaient rappelé qu’ils n’avaient pas de légitimité politique pour prendre pareil engagement. Quand on vit de légitimité médiatique, c’est comme une drogue et quand on est en manque on en cherche. C’est dans ce registre qu’il faut placer le registre de l’exil de Alioune Tine au Burkina Faso. Quoi qu’on dise,  le Sénégal est une grande démocratie et le premier tour de la Présidentielle l’a prouvé. Si Latif Coulibaly, auteur d’un livre qui a fait tomber un gouvernement et casser le système Sopi vit librement et tranquillement au Sénégal alors on peut en conclure que Alioune Tine n’est nullement menacé, il fait de la com’ pour revenir au centre de l’actualité après que le premier tour ait invalidé toutes ses thèses. C’est fort inconvenable que pour une stratégie de come back médiatique qu’on jette l’ignominie sur son propre pays.

Marine Le Pen devient hallal

La candidature de Marine le Pen est devenue Hallale depuis qu’elle a obtenu ses 500 signatures. Candidature hallale parce que la stigmatisation des musulmans  contribue beaucoup à sa progression dans les sondages. Cette dame est plus dangereuse que son père parce qu’elle a réussi à donner un caractère normal au FN en changeant l’emballage tout en conservant le discours. Le FN qui est depuis longtemps l’un des premiers ouvriers de France est devenu un des partis préférés des jeunes. Le FN comme le PS ou l’UMP est devenu un catch all party car puisant à gauche et à droite. La France est loin d’être à l’abri d’un autre 21 avril par la faute de Sarkozy et de Guéant. C’est du bon sens, l’original (le Pen) est toujours préférable à la copie (Sarkozy).

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Le bulletin et la balle

Quel est le fait le plus important de la campagne ? La folle chevauchée de Wade vers le chaos  qui  joue à la roulette russe la stabilité de notre pays? Pas du tout. Les sièges infructueux du M23 face à la citadelle de la place de l’indépendance.  Certainement pas. Le fait le plus important est que malgré les menaces de représailles du MFDC contre la tenue de la campagne électorale  en Casamance, la campagne s’est déroulée  aussi bien à Ziguinchor, S&dhiou et Kolda. Et la Casamance a battu des records d’affluence et de mobilisation lors des passages des différents candidats. Il faut en tirer deux leçons. Premièrement, les casamançais comme par le passé ont massivement répondu aux rendez vous électoraux nationaux. Le MFDC devrait en tirer la leçon. Deuxièmement, cela prouve que le MFDC qui joue au matamore est devenu depuis les années 90 un épouvantail entre les mains de rebelles européens qui l’utilisent comme une rente pour avoir l’asile politique. C’est dommage que  après la guerre que le thème comment gagner la paix ne soit pas au centre de cette campagne qui est la plus nulle de notre histoire politique. Les foules qui ont accueilli Wade à Kolda, Macky Sall à Bignona et Niasse  à Sédhiou illustrent l’anachronisme du combat du MFDC. Il n’ y a pas de plus grande preuve d’attachement à la république que le fait de braver les menaces du MFDC pour assister à des meetings et aller voter le jour du scrutin. Les Casamançais à chaque rendez vous électoral prouvent au détriment de leur sécurité leur attachement au Sénégal. En adoptant cette stratégie de « ballot versus the bullet », le bulletin de vote contre la balle de fusil, les casamançais confirment la fameuse idée de Jefferson qui disait « quand on est prêt à renoncer à un peu de liberté pour plus de sécurité, on ne mérite ni la liberté ni la sécurité ». L’insécurité n’a jamais empêché aux casamançais de jouir de leur liberté de répondre à l’appel de notre république défendue par notre grande armée qui permet à l’arrière de battre campagne même si  de façon scandaleuse les candidats oublient de s’arrêter dans les cantonnements.

Obasanjo, Ellen Sirleaf et Wade

La venue du Président Obasanjo  qui nous appelle à la raison  et Ellen Johnson Sirleaf qui nous invite au bon sens en nous appelant à parler par les urnes montrent que notre démocratie a touché le fond. L’ancien Président du pays qui bat les records continentaux en matière de coups d’Etat et l’actuelle Présidente du pays qui bat le record continental en termes de guerre civile sont au chevet de notre démocratie. Quelle ignominie. Le seul avantage de toucher le fond est qu’on ne peut descendre plus bas et qu’on est obligé de rebondir si l’on veut survivre. Si notre démocratie doit survivre, il faut qu’elle sorte en urgence de l’ère des furies ( démocratie des manifs interdites et réprimées, démocratie des morts absurdes dans les manifs, démocratie de l’éternelle polémique sur le fichier électoral, la démocratie de gladiateurs) pour entrer dans l’ère de la démocratie apaisée (démocratie comme aristocratie d’orateurs) en chassant les gladiateurs hors du temple, avoir enfin de véritables débats sur les vrais questions, une démocratie de gentlemen qui s’accorderaient enfin sur les règles du jeu, les respecteraient en comprenant que l’alternance étant la respiration de la démocratie, l’opposition d’aujourd’hui est le pouvoir de demain ( vice versa), démocratie où ceux qui aspirent à nous diriger auraient des urbanités malgré l’âpreté des débats. Cette ère des furies est une sorte de péché originel pour notre démocratie et a transformé l’exception démocratique en risée démocratique. Les autres dirigeants africains doivent bien rire sous cape. Le Sénégal qui s’était endormi comme la Grèce de l’Afrique, se réveille en république démocratique du Gondwana. Quand nous sortirons de l’ère des furies, le Sénégal comprendra que la démocratie est somme toute très relative et qu’entre le Gorgui doli niou et le Wade dégage, on peut faire l’économie de la violence et des furies qui tirent par le bas notre économie et nous fait perdre notre rang sur le continent.

L’économie de la peur

Il serait intéressant de mesurer ce qu’a coûté à notre économie les furies qui ont découlé de l’instabilité qui frappe le pays depuis que Wade a annoncé sa candidature controversée. A coup sûr, les investisseurs sérieux ont rayé de leur liste la destination Sénégal en 2011 et 2012 que cela soit dictature ou démocratie, la stabilité politique est le premier critère pour attirer les investissements. Et notre pays ne remplit ce critère depuis fort longtemps avec une tension pré-électorale sanglante et une grande incertitude post électorale. La seule économie qui fonctionne au Sénégal depuis des mois  et pour encore quelques semaines est celle de la peur. Cette longue crise préélectorale et celle post électorale  est une rente  de monopole pour les gros bras. La consommation est le moteur de l’économie et la confiance est à la base de la consommation alors qu’en temps d’instabilité elle dimunie drastiquement. Cette tension permanente tue là aussi bien la micro que la macro économie. C’est une catastrophe aussi bien pour les grandes entreprises que pour le chauffeur de taxi ou le marchand ambulant de Sandaga qui perd son gagne pain faute de clients, si sa table n’est pas détruite par les manifestants ou les forces de l’ordre.

Sarko candidat

La candidature de Sarkozy est un quasi non événement.  Sa candidature  était au fond un secret de polichinelle. Comme Wade, Sarkozy est un piètre homme d’Etat mais un redoutable politicien qui n’est dans son élément que dans l’adversité.  Si les habits de Président de la République étaient très amples pour lui, il est à l’aise dans celui de candidat et être condamné par les sondages ne veut pas dire grand-chose. Les sondeurs sont les personnes qui se trompent le plus en France. Les sondages avaient élu Balladur avant les urnes et n’avaient pas vu la présence de Le Pen au second tour. Pour 2012, Sarko préférera avoir tort avec Mitterrand plutôt d’avoir raison avec Giscard (un seul mandat, le syndrome qui hante Sarkozy).

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De la soft à la Hard opposition

« Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère ». Ainsi parlait  Thomas Jefferson, le troisième Président des Etats Unis.  Le M23 avec sa marche de mercredi a compris qu’une petite rébellion sur le terrain est plus efficace que les dix jours perdus à dénoncer la candidature de Wade à la télé lors de leur temps d’antenne. Le M23 vient de se réveiller et de comprendre que cette « soft opposition » et la stratégie d’opposition dite républicaine inaugurée depuis 2000 n’ébranle pas du tout Wade. C’est tout le contraire puisque avec la  stratégie de la soft opposition le M23  n’a récolté que railleries et moqueries de Wade qui n’a cessé de les narguer.  Le M23 a renoué avec la hard opposition ce mercredi. Il n’aurait jamais dû rompre avec la hard opposition depuis la date de la validation de la candidature de Wade parce que le candidat du Sopi ne comprend que ce langage. Quand il était opposant, Wade était un partisan de la tension permanente et harcèlement continu. Le M23 a perdu dix jours de campagne  à la télé, il lui reste une dizaine de jours parce que  sa stratégie depuis la validation de la candidature de Wade  est une catastrophe. Ces troubles qui jalonnent la fin du règne de Wade comme l’orage vont purifier l’atmosphère politique parce qu’après Wade aucun  Président n’osera considérer la constitution comme un brouillon et les Sénégalais en bravant les interdits de Ousmane Ngom montrent à Wade et à tous les Présidents qui vont suivre que la liberté ne saurait être sacrifiée à l’autel de l’ordre et le combat pour les libertés requiert une vigilance permanente. Ce retour à la Hard opposition et au cycle des manifestions interdites et réprimées est la meilleure preuve de la régression démocratique de notre pays.  Les face à la face entre les ténors de l’opposition dont d’anciens Premiers Ministres et la Police rappellent les face à face entre Wade, Ousmance Ngom  ou Bathiliy et la Police dans les années 90 à la seule différence que la Police est devenue plus professionnelle et plus courtoise et que le face à face se déroule en direct à la télé. Ces troubles marquent la fin de la phase infantile de notre  démocratie  et annonce l’ère de la démocratie post alternance  qui sera plus  apaisée parce que comme dit Jefferson « le peuple est le seul sur lequel, il faut compter pour préserver la liberté ».  L’exemple de Wade montre qu’il faut faire confiance aux institutions et non aux hommes qui ont des idéaux dans l’opposition mais qu’ils oublient une fois au pouvoir. Sinon comment comprendre que les victimes d’hier deviennent aussi facilement bourreaux aujourd’hui. Comment on peut passer de la Fayette à Fouché ?

Prêcher par l’exemple

« Long est le chemin des préceptes, court est celui de l’exemple » nous apprend Sénèque. Wade devrait s’en inspirer avant d’accuser Macky Sall d’utiliser des sentiments identitaires à des fins politiques. Si le Président de la république qui de par la constitution est l’incarnation de l’unité nationale avait prêché par l’exemple, il n’aurait pas instauré le « confrérisme d’Etat » en stratégie politique. Wade le garant de l’allégeance collective est celui qui a plus incité à la querelle des allégeances privées au Sénégal. Si notre pays n’a pas sombré dans la querelle des « identités meurtrières », il ne le doit certainement pas à Wade mais à des racines sociologiques très profondes qui transcendent la volonté de Wade. Le Sénégal est l’une des rares sociétés africaines détribalisées et ou les choix politiques ne se fondent ni sur l’ethnie ou la religion sinon Senghor ne serait pas resté à la tête de l’Etat pendant 20 ans et Macky Sall  ne serait pas maire de la seule ville à presque 100 % sérère et Wade n’aurait pas eu ses meilleurs scores dans le Fouladou lors de locales. De grâce, par électoralisme, n’ouvrez pas la boite de pandore.

The Voice

Whitney Houston a été à la Pop music, ce que Billy Holiday a été au Jazz. La comparaison entre ces deux grandes dames ne s’arrête pas la. Elles partagent un immense talent, une beauté incroyable et une vie et une fin tragique (mariage raté, drogue). Tout le drame de la vie de Billy Holiday est dans sa chanson « lady sings the blues » et la tragédie prémonitoire de Whitney Houston dans «  I wanna dance with somebody who loves me ». Whitney Houston a dansé avec le bad boy Bobby Brown mais il est peu probable que l’amour ait été au rendez vous parce que c’était le début de la déchéance professionnelle et personnelle pour la grande diva.  Que retenir de Whitney Houston ? Elle a été l’une des meilleures voix et des meilleurs textes de la pop. Elle a montré tout son talent au cinéma avec « Bodyguard » devenu un classique et dans « Waiting to exhale » mais musicalement elle est entrée au panthéon en reprenant le classique « I will always love you » de Dolly Parton qu’elle transforme en culte. Whitney, we will always love you.

Casamance

Aucun des candidats n’a jugé utile de s’arrêter une minute pour saluer la mémoire des quatre soldats  tombés en Casamance pour l’intégrité du territoire et la sécurité de nous tous. Encore une fois, pendant cette campagne  la Casamance notre crise nationale sera reléguée à l’arrière plan dans le débat national. Ce silence des candidats sur la mort de nos soldats et leur silence sur la Casamance montre l’écart qu’il y a entre les problèmes réels du pays et le débat politique. Dans cette crise l’armée a gagné la guerre parce que le MFDC ne contrôle même pas une communauté rurale après 30 ans mais il appartient aux hommes politiques de gagner la paix mais l’attitude de tous les candidats montrent qu’ils sont loin d’être à la hauteur à commencer par le Président Wade.

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La machine à perdre

Cette campagne présidentielle 2012 est un grand paradoxe. Malgré l’inflation de candidats, le Sénégal n’a jamais eu de campagne aussi ennuyeuse et pauvre en termes de débat. Depuis la perte de la bataille de la validation de la candidature de Wade, le M23 qui a eu son heure de gloire le 23 juin 2011 est devenue une machine à perdre. La bataille de la validation de la candidature de Wade a été  perdue et celle du 26 février est en voie de l’être si le M23 continue sa stratégie ridicule qui consiste à regrouper tous ses membres pour dénoncer quotidiennement la candidature de Wade. Cette stratégie n’arrange que Alioune Tine  et les petits partis qui compensent ainsi leur manque de légitimité politique par une légitimité médiatique. Cette stratégie est un sabordage collectif parce qu’elle laisse le terrain à Wade et à Macky Sall.  La bataille de la validation de la candidature de Wade est une bataille perdue, il est beaucoup plus intelligent pour l’opposition de concentrer toute son énergie sur la bataille du 26 février  en essayant de laver dans les urnes l’affront que Wade leur a infligé avec la complicité du conseil constitutionnel. Wade a été la contradiction principale qui a été le moteur de l’unité du M23 et au fur et à mesure qu’on va se rapprocher du 26 février les contradictions secondaires vont ressurgir. Nous avons déjà les contradictions secondaires libérales entre Idrissa seck et Macky et nous aurons bientôt celles socialistes ou de Benno.

Le monument de la renaissance de Thieytou

Ce 07 février  alors que l’anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop se passe dans l’indifférence générale,  je n’ai pas pu m’empêcher devant son tombeau de penser au Monument de la renaissance africaine de Ouakam. Quelle contraste entre le mausolée très sobre du Colosse par le pensée qu’est Cheikh Anta Diop et le monument de la renaissance  géant par la taille et très fragile parce que célébrant la gloire d’un homme qui n’a pas osé franchir le rubicond en mettant son visage dans le granit de Ouakam.  Le village de Thieytou qui abrite le mausolée de Cheikh Anta est le berceau naturel  de la renaissance africaine. Cheikh Anta Diop a plus contribué à nous décomplexer que plus de générations et plusieurs bataillons d’hommes politiques. La piste  latéritique qui va de Bambey à Thieytou en passant par Gawane est tellement mauvaise que les voitures sont obligées de bifurquer dans les champs et risquer l’embourbement plutôt que subir la torture de cette piste qui n’épargne ni la machine encore moins les hommes. Cette piste est digne des travaux d’hercule. On a l’impression qu’après avoir subi un ostracisme politique de son vivant, Cheikh Anta continue à subir un ostracisme historique après sa mort. Un centième du budget investi dans les colosses de Ouakam aurait largement suffi à désenclaver physiquement et historiquement le village de Thieytou qui est un lieu de mémoire fondamental pour la renaissance africaine parce que Cheikh Anta est à la renaissance africaine ce qu’est Kwame Nkrumah à l’unité africaine. En tout cas le « Wedi guiss bokou ci » n’est pas arrivé à Thieytou mais comme Wade se conçoit comme l’alpha et l’oméga de notre histoire, un modèle comparatif comme Cheikh Anta Diop serait une ombre au tableau.

Guéant entre Levi Strauss et Gobineau

Ceux qui s’attendent à ce que Monsieur Guéant s’excuse ou regrette ses propos se font des illusions. C’est le grand Charles Maurice de Talleyrand qui nous apprend que « le langage a été donné à l’homme politique pour qu’il puisse cacher sa pensée profonde ».  Talleyrand un maitre en matière politique voulait dire qu’en politique on peut penser une chose de façon profonde et dire le contraire  pour ruser ou respecter les convenances pour ne pas dire le politiquement correct.  Contrairement à la règle édictée par Talleyrand, en disant que toutes les civilisations ne se valent pas, la parole de Monsieur Guéant traduit sa pensée profonde. La seule nouveauté est qu’il a décidé de ne plus avancer masqué derrière les convenances du discours républicain.  Il n’y a plus de différence entre Madame le Pen et Monsieur Guéant. La seule différence était que Madame le Pen a le courage de ses opinions et les exprime ouvertement alors Monsieur Guéant avançait masqué. Cette sortie sur les civilisations est la suite logique de sa circulaire qu’il a été obligé de ravaler. La circulaire comme la sortie sur les civilisations sont une stigmatisation de l’altérité. Limiter le nombre d’étudiants étrangers perçus comme une invasion de barbares qui font qu’on ne se sent plus complètement chez soi et dire que les civilisations ne se valent pas parce que dans la hiérarchie implicite de Mr Géant, l’autre, le noir ou le musulman ne peut être que barbare qui obéit au fond à une même logique.  C’est surréaliste qu’un Ministre de l’intérieur de La France,  le premier pays à avoir affirmé l’universalité des concepts de liberté, égalité et fraternité revient publiquement sur ce qui fonde l’âme de la France depuis 1789. Ces idéaux de 1789 qui avait fait dire à Hegel que la révolution française était un superbe lever de soleil. Ce lever de soleil se transforme de plus en plus en coucher de soleil depuis 2005 avec l’arrivée au pouvoir d’hommes sans envergure comme Sarkorzy et Géant qui n’ont pas ni le sens de l’histoire de De Gaulle, ni le  caractère de Mitterrand encore moins l’obsession du rang de la France dans le monde de Chirac. Sous Sarko, la France est devenue un pays banal. Que voulez vous ? Probablement ni Géant ni son maitre n’ont entendu parler Levi Strauss et de son « relativisme culturel » mais ils ont dû lire et relire Arthur Gobineau.

Siege de l’UA

La « servitude volontaire » des dirigeants africains est désormais gravée dans le béton et le verre. Le nouveau siège de l’Union Africaine est une tâche indélébile à l’orgueil de l’Africaine. Quelle idée saugrenue et surréaliste que de demander à un pays étranger notamment la Chine de bâtir le siège de l’UA. Cet acte montre que malgré plus  de 50 ans d’indépendance, les Africains se complaisent toujours dans la servitude volontaire. Rien que pour le symbole, le siège aurait dû être financé et bâti par les Africains. Bâtir un siège est largement à la portée de l’Ethiopie ou de l’UA mais on est atteint du syndrome de la servitude volontaire, chercher un maître devient un reflexe. Apres l’Europe, le nouveau maître s’appelle la Chine, en attendant l’Inde et Singapour plus tard.

Saint valentin  à l’ère de Google

A l’ère du numérique si vous oubliez la Saint Valentin ou si vous prenez comme prétexte le manque de temps pour ne pas envoyer un bouquet de fleur ou un mot, cher monsieur, vous êtes indéfendable et vous méritez amplement la guillotine. Nous vivons une époque fascinante où tout est à portée de clic ou de votre mobile. Il y a quelques années quand j’étais au lycée et je vous assure ce n’est pas si longtemps que ça, il fallait se plonger dans des livres pour dénicher des citations, aujourd’hui le romantisme ne demande aucun effort parce que les plus belles  citations sont dans votre mobile si vous êtes connectés. En ce jour exceptionnel, une fois n’est pas coutume vous pourrez aussi impressionner votre Valentine en lui préparant un diner digne des grands chefs comme Joel Robuchon ou Guy Savoy avec Mixology dans votre Android. Si en bon sérère vous n’avez pas la culture des fleurs, vous pourrez toujours trouver l’adresse fleuriste  sur Google et y aller pour acheter des fleurs. Si vous ne pouvez pas aller acheter des fleurs, envoyez au moins une carte numérique. Avec Touchnote vous avez non seulement une carte et un mot d’amour qui va avec qui va faire passer Casanova pour un amateur. Un petit clic Monsieur, elles le valent bien et je vous préviens, il y aura pas d’excuse valable. C’est aussi grave qu’oublier son anniversaire. C’est la guillotine. Sans appel ni recours comme une décision du conseil constitutionnel.

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Un jeu sans règle

Quel lien entre l’obstination de la Belgique à vouloir faire extrader Habré malgré plusieurs décisions de la justice sénégalaise et la mise sous tutelle démocratique de notre pays par l’Union européenne et les Etats Unis ? Rien à priori. Mais quand on y regarde très bien, pour les pays occidentaux la souveraineté des pays africains n’est rien d’autre que la fiction. Evidemment en Belgique une décision de justice au Sénégal,  ce n’est qu’un bout de papier qu’on peut faire déchirer pour en faire réécrire un autre. Dans leur conception, les juges tropicaux comme les élèves du primaire écrivent forcement sous la dictée de l’exécutif d’om leur propension à mettre la pression sur la pression sur le maitre (l’Exécutif). Est-ce qu’ils ont tort d’avoir cette idée de notre souveraineté ? Malheureusement non. Notre cher Président n’avait pas décidé au hasard de ses humeurs de mettre Habré dans un avion et de le faire livrer comme un colis à Obansanjo à l’époque Président de l’Union Africaine ? N’a-t-il pas en tant qu’opposant lavé le linge sale de la politique sénégalaise dans la Seine en organisant une manifestation contre Diouf au palais Bourbon ? Donc les foucades de notre Premier Ministre contre l’ingérence américaine ne sont que des effets de manche d’un avocat défendant sa  cause. Rien à avoir avec les principes. Si aujourd’hui  le Sénégal, le plus vielle démocratie du continent est aujourd’hui sous tutelle démocratique, c’est par la faute et la cécité de notre classe politique. C’est par la faute d’un Président qui contre toutes les lois de la nature, de l’histoire et du bon sens est candidat à plus  de 86 ans, par la faute d’une opposition pleureuse qui transformé les grilles des chancelleries occidentales en mur des lamentations et une société civile et surtout des associations des droits de l’homme qui utilisent cette crise comme rente. Ce qui se passe au Sénégal est un drame. Nous sommes à quelques jours d’une année blanche et ca n’intéresse personne. Les  élèves  et étudiants sont pris en otage par des profs qui exigent une rançon qu’un gouvernement ne veut pas payer parce qu’il y aucun intérêt parce que l’année sera validée en occident où étudient probablement leurs enfants. A quelques jours de la campagne des soldats de notre armée sont entre les mains du MFDC qui dégénère en FARC Colombiennes sans que la question n’intéresse les politiques. Depuis 2009, question de la candidature de Wade est l’alpha et l’oméga du débat national. Or depuis 2009 tout le monde savait que le dernier mot reviendrait au Conseil Constitutionnel. Le Sénégal vit cette régression démocratique sans précédent parce que même l’arène de lutte est mieux organisé que le champ politique parce que même chez les gladiateurs il y a des règles et des arbitres. Chez les politiques, il y a certes des arbitres (par exemple le conseil constitutionnel pour la candidature de Wade ou le peuple au cas où sa candidature sera validée) mais pas de règles parce qu’elles changent toujours selon les humeurs et les intérêts immédiats de la majorité. Ce qui fait du Sénégal un Etat légal et pas encore un Etat de Droit parce que dans un Etat de Droit on s’interdit de changer certaines règles du jeu quelque soit par ailleurs la couleur ou l’importance de la majorité.

Présidentielle 2012 : Une affaire  de génération

La Présidentielle 2012 est avant tout un conflit de génération. Elle va opposer des sénégalais socialisés de façon coloniale  nés citoyens ou sujets français comme Wade Niasse, Tanor et ceux qui n’ont jamais chanté  nos ancêtres les Gaulois ou la marseillaise à l’école comme parce que nés sénégalais comme Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Bamba et les sénégalais mondialisés comme Keba Keinde ,  Djibril Ngom  ou Youssou Ndour. Quelque soit le résultat de 2012, l’après Wade nous mènera tout droit vers une autre génération. Ce sera soit celle de Idrissa Seck /Macky Sall ou celle des mondialisés. Le chainon manquant  de l’histoire  sera la génération  68. En ratant le rendez vous de 2012,  la génération mai 68 ( Decroix, Savane, Bathily, Dialo Diop) rate son dernier rendez vous présidentiel avec l’histoire. Cette génération essentiellement composée de gauchistes a toujours manqué d’ambition. Elle a servi dans les années 80 a régénéré un PS décadent avec l’arrivée de Abdourahim Agne, Assane Diagne, Babacar Sine chez Abdou Diouf et surtout servi de marche pied à Wade pour arriver au pouvoir en 2000. La gauche n’a jamais eu l’ambition de conquérir et d’exercer le pouvoir. Elle s’est toujours complu dans son rôle de soutier soit du PS ou du PDS. Et 2012 ne sera pas une exception à la règle. Landing pour des questions de survie politique est devenu un refugié politique chez Tanor, Decroix poursuit sa logique de soutien Wade et Bathily est sous le parapluie politique de Niasse.

France –Turquie : le coucher du Soleil

Le vote de la loi par le Senat en France sur les génocides en général mais en particulier sur le génocide arménien montre les ravages de l’électoralisme. D’ailleurs Alain Juppe, le Ministre des Affaires Etrangères l’a tellement bien compris qu’il ouvertement montré qu’il était contre. Il n’appartient pas au Senat français de dicter sa loi de la version de l’histoire. Laissons l’histoire aux historiens car le génocide arménien est devenu un fait historique et c’est dangereux et irresponsable de vouloir en faire une rente politique pour capter le vote de la minorité arménienne. La loi sur le génocide arménien ne ressort du placard que lors des périodes électorales et elle a été utilisée tour a tour par la gauche et par la droite. Cette loi est une absurdité pour les historiens parce qu’il n’appartient ni à l’assemblée nationale ni au sénat français d’écrire ou de dicter l’histoire. Apres la loi sur la compétence universelle  de l’ONU la France vient d’inaugurer la loi sur l’histoire universelle et s’approprie histoire à la Turquie et à l’Arménie qui sont un processus de réconciliation depuis des années. Autant la révolution française a été un « superbe lever de soleil » selon le bot mot de Hegel, cette loi sur le génocide est un coucher de soleil de l’esprit français.

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You la torture

La candidature de Youssou Ndour est une torture pour Wade. Youssou Ndour a commis le crime de lèse majesté d’avoir ravi la vedette à Wade sur la scène mondiale. C’est toujours un supplice pour Wade de voir un autre Sénégalais occuper le devant de la scène internationale surtout sur le plan politique. Aussi longtemps que c’était le rappeur AKON ou le footballeur El Hadj Diouf, rien de bien grave, ils sont là pour amuser la galerie mais que quelqu’un qui n’a pas le bac éclipse complètement l’homme le plus diplômé d’Afrique, avouez quand même que c’est un soufflet. Youssou Ndour a eu droit à des centaines d’articles sur sa candidature, ce qui ni le plan OMEGA, ni le NEPAD, ni la Wade formula n’ont jamais eu. Si la présence de Jacques Diouf sur la scène internationale portait déjà ombrage au roi soleil, Youssou Ndour est une éclipse pour lui. Certes, Youssou Ndour ne peut pas gagner mais il peut faire perdre Wade en rendant inéluctable un second tour. Sa candidature à la Présidentielle fera de l’élection un rendez vous médiatique mondial. La candidature de Youssou Ndour marque le triomphe de la démocratie  (affaire de foule et de masse) et le déclin de la république (une affaire d’élites).

Les 100 ans de l’ANC

Le centenaire de l’ANC devait être célébré sur toute l’étendue du continent. Ce mouvement symbolise, à lui tout seul,  la longue marche des Africains vers la liberté. L’ANC, fondé le 08 janvier 1912,  n’atteindra son objectif d’une Afrique du Sud démocratique et multiraciale que dans les années 90. Ainsi, il aura été le premier mouvement de libération du continent et sera symboliquement celui qui aura libéré le dernier pays du continent encore sous domination blanche. L’histoire de l’ANC relate surtout le long combat des Africains pour la liberté. Les grands hommes comme Mandela, Thambo, Sisulu, Govan Mbeki sont des héros du continent noir. Quelle fascinante histoire que celle de l’ANC qui montre à la fois le meilleur de l’humain (deux prix Nobels à savoir Luthuli et Mandela) et le pire de l’humain (apartheid, ce crime contre l’humanité). Le long combat contre l’apartheid a montré  aussi la grandeur d’âme  d’hommes et de femmes comme Breyten Breytenbach, Nadime Gordimer, Oppenheimer, Ahmed Kathrada et leur sens de la fraternité mais surtout leur courage, leur sens de l’histoire et de l’humain pour avoir osé défier les lois de l’apartheid. L’Afrique du Sud est devenue la nation arc en ciel grâce à ses grands hommes qui, très tôt, ont transcendé la question raciale et ethnique  au nom de la justesse de leur combat contre l’apartheid.  Le colonel Khadafi et Fidel Castro méritent aussi une place de choix dans l’histoire de l’ANC. Khadafi a été l’un des plus grands appuis financiers du mouvement et la forte présence des troupes cubaines en Angola a beaucoup contribué à la libération de la Namibie et à  accélérer  la phase thermidorienne de l’apartheid en Afrique du Sud. D’ailleurs,  Mandela ne s’y était pas trompé en réservant une de ses premières sorties après sa libération à Castro et à Khaddafi malgré l’embargo qui frappait ces deux pays.

Guinée Bissau : retour aux incertitudes

Les hommes politiques de Guinée Bissau n’ont même pas attendu l’enterrement de Malam Bacaï Sagna pour déterrer la hache de  l’instabilité. L’opposition conteste déjà le Président par intérim qui doit pourtant organiser les élections. Le Sénégal, en mettant son avion de commandement à la disposition de notre voisin du sud, actionne le levier diplomatique, mais il doit aussi se préparer à actionner le levier  militaire. Un Etat n’a que ses des acteurs sur la scène internationale : le diplomate et le soldat qui se complètent harmonieusement. Aider la Guinée à rapatrier la dépouille de son Président est un acte diplomatique fort mais la mort de Sagna, un ami du Sénégal ouvre une période d’incertitude dans ce pays et le Sénégal doit y prêter une attention particulière. De la transition peut sortir démocratiquement ou militairement un pouvoir anti sénégalais. Le Sénégal étant une puissance sous régionale, les pouvoirs chez nos voisins comme la Gambie et la Guinée se donnent souvent un supplément de légitimité en s’opposant au Sénégal. Etant donné que gouverner c’est prévoir, l’Etat du Sénégal doit pour ne pas subir les événements envisager comme hypothèse l’arrivée au pouvoir à Bissau d’un régime qui se légitimerait en s’opposant à l’hégémonie du Sénégal. Ainsi, pour la première fois on aurait concomitamment deux pouvoirs qui nous soutiendraient le jour et armeraient le MFDC la nuit. Tag mé na waï a nettoyé la frontière avec la Guinée Bissau obligeant ainsi les rebelles à transhumer vers la Gambie.’ Un MFDC soutenu concomitamment par Banjul et Bissau, hantise du Sénégal n’est plus une hypothèse farfelue. Les Etats Unis dans leur stratégie de sécurité nationale se donnent toujours les moyens de mener deux guerres en même temps sur deux fronts différents. Toute chose étant égale par ailleurs, le Sénégal aura la paix en Casamance le jour où le MFDC, la Guinée et la Gambie seront convaincus que notre armée est en mesure de faire face sur deux fronts. C’est une hypothèse plus que probable parce que la Casamance est le seul moyen de pression dont disposent nos voisins contre le Sénégal et c’est pourquoi le MFDC, depuis longtemps, n’est plus qu’un élément de politique extérieure que la Gambie et la Guinée Bissau.

BOKO HARAM

Par une sorte de politique des petits pas, la fédération du  Nigeria va tout droit à la désintégration. Ce qui se passe au Nigeria montre les graves dangers qu’encoure un pays quand les allégeances privées (religions, ethnies, régions) prennent le pas sur l’allégeance collective (l’Etat). Boko haram est une bombe pour le Nigeria. Des attentats contre les communautés chrétiennes au Nord vont amener fatalement des représailles contre les musulmans installés au Sud. L’objectif de Boko Haram est d’installer la guerre civile au Nigeria et malheureusement le Président Goodluck Jonathan (un chrétien) n’est pas dans une posture facile pour combattre le mouvement obscurantiste. Les allégeances privées et primaires sont toujours source de conflits meurtriers. Si le Nigeria sombre dans une guerre civile entre le Nord et le Sud, ce sera plus grave que la guerre de sécession du Biafra qui était au fond un projet politique lancé par des entrepreneurs identitaires. Etant donné que c’était un conflit politique, une solution politique a pu être trouvée après la défaite du Biafra. Quelle solution politique est possible avec les obscurantistes boko haram  qui revendiquent ouvertement un nettoyage ethnique et religieux au Nord ? Il n’y en a pas à part transformer l’Etat fédéral en Léviathan pour les combattre avec le soutien des religieux musulmans qui doivent clairement prendre position contre Boko Haram.

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Le MFDC à l’école des FARC colombiennes

L’armée du Sénégal a gagné la guerre mais sortir de la guerre va être très difficile parce que le MFDC dégénère de plus en plus en organisation mafieuse à l’image des FARC (Forces armées révolutionnaire de Colombie). Le MFDC,  comme la guérilla colombienne a perdu la guerre mais fais régner l’insécurité en Colombie depuis plus de 50 ans. Le MFDC est entrain comme les FARC en Colombie d’utiliser la prise d’otages comme arme de guerre.  A moins que le gouvernement du Sénégal ne prenne très au sérieux le problème, si vous voulez savoir l’avenir du MFDC, regardez le présent des FARC. La dégénérescence du MFDC en FARC locales est d’autant plus probable que la Guinée Bissau est entrain de devenir un Etat narco trafiquant entre les mains des cartels colombiens. En attaquant deux jours de suite la brigade d’Affignam, le MFDC est entrain de changer radicalement sa stratégie du « mors et fuis » et adopte une stratégie plus offensive et plus audacieuse. Enlever en l’espace de quelques semaines des soldats à Kabeum et un commandant de brigade à Affignan est une offense à notre armée dont le chef a des préoccupations plus  électoralistes que de sécurité nationale. Malgré toute la bonne volonté et la bonne foi de Pierre Goudiaby et des cadres casamançais, la médiation  la communauté Saint Egidio ne servira pas à grand-chose parce que pour le MFDC la négociation n’est que la continuation de la guerre par d’autres moyens. On aura tout essayé en matière de négociations avec le MFDC qui les a toujours demandés et utilisés comme un répit pour se réarmer ou pour sortir d’une mauvaise posture. La sortie de la crise n’est ni à Bissau, ni à Banjul, ni à Paris  ou à la communauté Saint Egidio mais entre au bout du fusil d’abord en donnant les moyens à l’armée  et se donner les moyens de nous passer de l’aide de la Guinée et de la Gambie qui n’ont aucun intérêt dans le règlement de ce conflit qui est le seul moyen de pression dont ils disposent contre le Sénégal. Le Sénégal a deux options ou laisser le MFDC dériver en FARC locales ou adopter la solution qui a permis à l’Angola de venir à bout de la rébellion de l’UNITA parce qu’une solution qui, à l’Erythréenne dont rêve le MFDC est impossible grâce au courage et aux sacrifices de notre armée mais comme on dit « il n’y a jamais de mauvais soldats uniquement de mauvais chefs ». Et Diouf et Wade ont eu une grande armée mais ont été de piètres chefs des armées.

SUPER PRESIDENT

En Angleterre on dit traditionnellement que le «  le Premier Ministre a tous les pouvoirs sauf celui de transformer un homme en une femme ». Imaginez les pouvoirs du Président de la république au Sénégal qui a plus de pouvoirs que le Premier Ministre en Grande Bretagne. La décision de Wade de libérer toutes les femmes de prison le 20 janvier qui n’est rien d’autre que le fait du Prince et la résurrection sous les tropiques de la lettre de cachet montre l’immensité des pouvoirs du Président de notre république qui peut  at natum (dire oui par le menton) ouvrir les portes des cachots pour les dames. Cette immensité des pouvoirs du Président-César transparait dans son discours comme quand il fait dire par son porte parole qu’il ne protégera personne face à la justice dans l’affaire Barthelemy Dias ou quand il dit qu’il va se plier à la décision du Conseil Constitutionnel comme s’il nous faisait un privilège. Autant de pouvoirs concentrés entre les mains d’un seul homme à un âge si avancé est un problème de sécurité nationale. S’il avait le sens  de l’histoire, Wade aurait dû depuis 2007 suivre les traces de Mandela ou de Gaulle mais il arpente dangereusement le sentier de l’empereur romain Scylla.

Bush, une chance pour l’Iran

Savez-vous d’où l’Iran tire son audace et sa force actuelle ? De son histoire ? Non. De son armée ? Vous n’y êtes pas du tout. L’Iran tire son audace et sa témérité actuelle de Bush. Paradoxalement Georges W Bush est le moteur du retour de l’Iran et de sa témérité actuelle. Les perses inventeurs du jeu d’échecs et donc grands stratèges savent qu’il est exclu que les américains se retirent d’Irak et s’engagent sans délai dans un autre conflit avec l’Iran. C’est ce qui justifie les provocations de l’Iran qui après les manœuvres militaires menacent de fermer le détroit d’Ormuz où transite 40% du pétrole mondial. Georges W Bush est qui est arrivé de mieux l’Iran depuis 100 ans. Grâce à la politique désastreuse de Bush dans le monde arabe, l’Iran a un pouvoir chiite à Bagdad sur un plateau d’argent et peut tranquillement poursuivre son programme nucléaire car franchement après ce qui s’est passé en Irak qui prendra au sérieux les Etats Unis s’ils se lançaient dans une campagne dénonçant les armes de destruction massive en Iran. Ce que ni le chapelet de Khomeiny ni l’armée iranienne n’ont réussi à faire, l’ignorance de Bush l’a réalisé. Quelle ironie de l’histoire. Le jeu d’échecs des perses a encore de beaux jours devant lui grâce à l’échec de Bush.

Les Etats Unis : le paradis des minorités

Apres avoir élu  Obama,  un Président d’origine africaine, dont le père n’est même pas américain, les américains viennent de donner la victoire à Iowa à Mitt Rommey le mormon. Que Dieu bénisse l’Amérique la société la plus ouverte au monde. Imaginez un duel pour la maison blanche opposant un Président d’origine africaine  à un mormon sous l’arbitrage de WASP (White Anglo saxons Protestants). Ce serait fort intéressant. Ce sont autant de  petites choses qui font le charme de l’Amérique et qui font qu’on peut détruire le World trade center mais on ne peut détruire l’esprit et l’âme de l’Amérique. La différence entre les Etats Unis et la France des circulaires Guéant est aussi immense que l’Atlantique. Si l’Amérique avait des élites comme Guéant, jamais un étudiant d’origine russe n’y aurait pas été un des fondateurs de Google. Il serait devenu sans papier à la fin de ses études.

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Sur les ruines de l’Etat

Notre Ministre de l’Intérieur comme s’il était piqué par le fameux « réveillez vous » des témoins de Jehovah s’est levé en sursaut comme après « un songe  dans une nuit d’été » pour  rappeler et surtout se rappeler que l’Etat a le monopole de violence légale.  Le Fouché de l’alternance se redécouvre la vertu des enseignements de  Marx Weber après avoir libéralisé la violence en tolérant les nervis et laisser Barthelemy Dias jouer au Far West depuis des mois.  L’affaire Barthelemy Dias est une preuve supplémentaire que l’Etat du Sénégal est en ruine. La responsabilité de l’Etat est totale. Si l’Etat avait sévi contre les nervis qui avaient assiégé le domicile de Niasse et de Tanor, il y a quelques semaines, nous n’en serions pas là. Si l’Etat avait été ferme contre Barthelemy Dias la première fois qu’il a usé d’armes à feu en public, nous n’en serions pas là. Mais quand l’Etat qui doit avoir le monopole de la violence légale et légitime instrumentalise des nervis contre des adversaires politiques notamment un ancien Premier Ministre (dont la sécurité doit incomber à l’Etat) sous prétexte de représailles parce que des maisons de ministres ont été saccagées, c’est que nous avons un chef de clan à la place d’un chef d’Etat. Etre investi de l’autorité de l’Etat et accepter que  des nervis intimident Niasse, Tanor et Bathily au vu et au su de la Police qu’on a bridé est une réaction de chef de clan. C’est pour sortir de la logique clanique et de la scissiparité de la violence privée  féodale et seigneuriale que l’Etat est né. Ce qu’on a vu à la Mairie de Baobab montre les risques pour la sécurité de tout le monde quand l’Etat devient faible ou complaisant. Quand l’Etat devient faible et n’a plus le monopole de la violence légale et légitime, la sécurité  et la justice privées prennent le relai parce que les citoyens reprennent un droit inaliénable qu’il avait délégué à l’Etat ( assurer la sécurité) en organisant leur propre sécurité ( El hadji Diouf qui entre dans l’hémicycle avec une arme, Barthelemy Dias qui joue au Far West, d’anciens Premier Ministres qui ont recours à une sécurité privée et tous les hommes publics entourés de gardes du corps). La démocratie est « une aristocratie d’orateurs » pas de gladiateurs et il est temps de chasser les gladiateurs du temple démocratique. Les images de la fusillade de Mermoz ont donné une idée aux Sénégalais de toute la violence qui résulte de l’absence d’Etat ou d’un Etat faible. Wade a certes fait des  routes, des autoroutes, des échangeurs mais il a détruit notre bien le plus précieux : l’Etat. Pour sauver ce qui reste de notre Etat en ruines, il appartient au procureur de prendre ses responsabilités. Si Barthelemy Dias n’est pas sanctionné, nous serons dans un far West parce que tout le monde va s’armer pour assurer sa propre sécurité, si les nervis et les commanditaires ne le sont pas, toute chose égale par ailleurs quelle est la différence entre l’Etat du Sénégal et l’Etat nazi à ses débuts avec les hordes de SS de la nuit du Cristal.

L’archipel de goulag

Les funérailles de Kim Jong Il avec des présentatrices TV, des généraux, des Ministres en larmes  dans une belle chorégraphie menée de main de main maitre par la propagande de l’Etat est une illustration de l’anachronisme et du caractère tragicomique du régime nord coréen qui a transformé ce pays en une gigantesque prison. La Corée du Nord dépasse  de loin l’horizon qu’on pensait indépassable du  stalinisme en devenant une monarchie communiste et dynastique. Avec l’arrivée du petit fils de Kim il Sung au pouvoir, il serait impropre de parler de république en Corée du Nord qui est le dernier archipel du goulag décrit par  Alexandre Soljenitsyne. La Corée du Nord est devenue un musée des dérives du collectivisme et du communisme anachronique. Le temps s’est figé en Corée du Nord depuis les années 50 et le seul élément de modernité de ce pays fermé est hélas l’arme nucléaire instrument de chantage de ce pays pour être aidé. Cuba l’autre pôle de glaciation communiste est devenu une république dynastique mais la Corée du Nord vient d’inaugurer ce qui ni Marx, ni Lénine n’avaient imaginé : une monarchie communiste.

Le gâchis

Aucun des candidats à la Présidentielle n’a pris le temps de se prononcer sur la situation en Guinée Bissau. Le pays est trop absorbé par l’affaire Bathelemy Dias, avant c’était la candidature de Wade ou le fichier électoral. Le débat politique au Sénégal est d’une telle pauvreté que c’est une indignité nationale. Notre voisin du Sud qui a longtemps servi de base arrière au MFDC, la plus grande menace contre notre sécurité nationale est entrain de devenir un narco Etat et ça n’intéresse aucun de ces messieurs qui aspirent à nous diriger. Le vrai débat est la Casamance et comment notre premier cercle concentrique de nos voisins est devenu « un cercle de feu » avec la Guinée Bissau qui va fatalement devenir un narco Etat et la Gambie  qui joue un double jeu avec nous en nous soutenant le jour et en armant le MFDC la nuit. Les candidats à la Présidentielle devraient être jugés sur la capacité à apporter des réponses à cette question de sécurité nationale. Au Sénégal, les faux débats ont tellement envahi l’espace public que les vrais questions sont toujours renvoyées aux calendes  grecques et on a l’impression qu’il a y a un consensus entre les hommes politiques de la majorité et de l’opposition pour ne pas aborder les vrais questions.

Good riddance day en 2011

Pour ce dernier rendez vous de 2011, je vous présente mes meilleurs vœux pour 2012 mais comme en 2011 je vais sacrifier à la tradition de Good riddance day (jour du bon débarras qui consiste à mettre dans le broyeur de papier ou jeter à la poubelle les mauvais souvenirs de 2011). Le Good riddance day est un rite que les américains organisent à Times Square depuis trois ans et ils viennent en masse jeter dans un broyeur géant leur mauvais souvenir.  Je mettrai dans le broyeur pour 2011  et je dirai bon débarras à l’écart entre la gravité de la crise en Casamance et la légèreté avec laquelle l’Etat gère cette question. Je mettrai aussi le débat sur la candidature de Wade qui nous a pompé l’air en 2011 et le far West qui s’est installé au Sénégal avec l’entrée des gladiateurs et des nervis dans le débat politique. Sur le plan plus personnel, je mettrai dans le collecteur de regrets mon engagement à faire plus souvent du sport et rentrer plutôt à la maison. Je n’ai pas pu les tenir en 2011 et courageusement je les transfère en 2012 qui, on l’espère verra le Sénégal franchir tranquillement le rubicond électoral mais par contre j’ai pu tenir l’engagement de relire les chefs d’œuvre de Léon Tolstoï en 2011. Bonne année 2012 !

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Blog de Yoro Dia

Casamance : les vrais héros

Au « Malheur aux peuples qui ont besoin de héros »  de  Berthold Brecht dans sa pièce « la vie de Galilée » il faut ajouter pour le cas  du Sénégal «Malheur au peuple qui n’honore pas ses héros. Quels sont les héros que le Sénégal n’honore pas ? Le héros que le Sénégal n’honore pas est le  jeune  soldat inconnu quelque part dans un cantonnement en Casamance qui vit et se bat dans des conditions difficiles pour l’intégrité du territoire. Ce jeune soldat qui permet à l’arrière de ne pas sentir qu’il y a une guerre en Casamance depuis 30 ans. Cette génération de jeunes soldats qui depuis 1981 empêchent la partition du pays. Ce sont eux les véritables héros de la république et de la nation car après 30 ans de conflit le MFDC ne contrôle pas une communauté rurale contrairement à  ce qui s’est passé en cote d’Ivoire où après quelques semaines, il a fallu faire appel à l’armée française pour stopper les rebelles. Ces jeunes soldats qui se succèdent au front depuis 30 ans  ont gagné la guerre étant donné que le MFDC en est réduit aux braquages et à la stratégie du « mors et fuis » en Gambie ou en Guinée Bissau. Si l’armée a gagné la guerre, les hommes politiques ont été incapables de gagner la paix. Gagner la paix passe par une présence dissuasive de l’armée partout en Casamance.  Hisser le drapeau du Sénégal à Abidjan, au Darfour, au Tchad, en République démocratique du Congo, c’est certes très important mais veiller à ce que drapeau puisse flotter librement partout en Casamance l’est encore plus. Le Sénégal devrait rapatrier toutes ses troupes pour la sécurisation totale de la Casamance afin qu’on ait plus des cantonnements avec une dizaine de soldats.  Ces cantonnements avec quelques soldats sur la ligne de front incitent le MFDC à l’attaque. Cela s’apparente de plus en plus à une sorte de non assistance à soldats en danger pour ne pas dire jeter nos soldats dans la gueule de loup. Le MFDC devient de plus en plus offensif, il faut en tirer les conséquences et renverser la tendance. Le Président de la République, Chef de l’Etat, chef de l’armée devrait aller serrer la main de ces héros. Ils ont plus mérité de la nation que les gladiateurs du dimanche que sont Modou lo et Balla Gaye 2. Les Etats Unis sont devenus une véritable nation qu’après la guerre de sécession et le Sénégal deviendra encore une nation plus forte après la guerre en Casamance mais pour l’instant l’urgence est de sortir de la guerre. On sort de la guerre en doublant ou en triplant les capacités de réaction militaire qui vous ont permis de faire la différence. S’il faut un village, une école, un dispensaire et un cantonnement militaire, il faut que le Sénégal montre qu’il est prêt à payer le prix. Ce prix n’est rien comparé aux 30 ans perdus pour la Casamance et les 30 autres à perdre si la logique actuelle de «  paix  improbable et de guerre impossible » demeure. Cette semaine que j’ai passée en Casamance j’ai eu l’immense honneur de discuter et de serrer la main de ces jeunes soldats, ces héros inconnus qui ont sauvé le Sénégal de la partition alors que des hommes politiques continuent à jouer au Haka politique. Nos héros ne sont pas dans le haka, ils sont dans le combat quotidien pour la survie de notre nation et de notre République. Ils méritent plus que quiconque les faveurs de la République et la reconnaissance  de leur chef, le Chef des armées qui malheureusement préfère la compagnie des gladiateurs du dimanche. Le chef de l’armée doit prêcher par l’exemple comme Napoléon à Arcole et montrer aux soldats qu’il est à leurs côtés. Et la meilleure façon de montrer qu’il est à leurs côtés se faire construire une résidence secondaire en Casamance par exemple à Carabane. Un Président qui serait tous les week-ends en Casamance serait un signal fort pour les soldats mais aussi pour le MFDC sur l’anachronisme  de leur combat.

Journées économiques de Casamance : les deux logiques

Les combats de Diegoune et l’ouverture des journées économiques  à Ziguinchor illustrent les deux logiques qui s’affrontent en Casamance : celle de la reconstruction et celle du nihilisme, celle d’une Casamance ouverte sur le monde et celle fermée et violente. Le thème des journées économiques de Casamance organisées par la CNES « du désenclavement économique à l’intégration sous-régionale » confirme l’anachronisme du combat perdu d’avance du MFDC.  Le Désenclavement économique peut être l’une des solutions au conflit. Avec l’avion, Ziguinchor est à 45 minutes de Dakar, ce qui permet de relativiser le vieux postulat de l’écran territorial que constitue la  Gambie. Le vol Ziguinchor Dakar est constamment surbooké et l’effort de guerre de Sénégal Airlines est de mettre plusieurs avions sur cette ligne comme c’est celle de Cosama de trouver rapidement deux autres navires pour le fret. Etant donné que nous ne pouvons pas annexer la Gambie, il faut faire avec et transformer l’écran territoriale gambien en simple dos d’âne qui nous oblige à ralentir mais ne doit en aucun cas nous arrêter. Senegal airlines et Cosama sont déjà des réponses partielles, comme le sera bientôt la route Ziguinchor Tanaff Velingara. Plus on va désenclaver plus l’idéologie du MFDC va être obsolète parce que le Sénégal des années 80 n’est plus celui de 2011. La Casamance n’a jamais été aussi proche géographiquement et économiquement. L’enclavement économique  ne profite qu’à la Guinée Bissau et à la Gambie qui est devenue par exemple une puissance mondiale pour ses exportations d’anacardes grâce à l’anacarde de la Casamance que les indiens viennent acheter à Banjul. D’ailleurs, un grand producteur d’anacardes m’a fait remarquer  que pendant la saison de la récolte d’anacarde, il y a rarement des braquages et des conflits avec l’armée parce que le MFDC est occupée à récolter et transformer de l’anacarde en Gambie. Pour n’avoir pas compris que les enjeux de l’anacarde les dépassent, les populations de Diagnon l’ont payé de leur vie. Le retour des populations dans les villages abandonnées est un frein au commerce de l’anacarde. Apres avoir coupé les oreilles de quelques paysans en signe d’avertissement, les paysans de Diagnon qui n’avaient pas compris le message l’ont payé de leur vie.

La rectification

L’ombre du Ministre Khoureychi Thiam a beaucoup plané sur les journées économiques. Les Ministres Abdoulaye Baldé et Aliou Sow ont profité de la tribune  des journées économiques pour rectifier le dérapage verbal de Khoureychi Thiam qui disait dans cette même ville que tous les gouverneurs sont Wadistes. Aliou Sow a rappelé que la force du Sénégal résidait dans « une armée et une administration exclusivement républicaine qui sont loin des clivages partisans et qui incarnent la continuité de l’Etat ».  Et Baldé d’enfoncer le clou en disant qu’en tant qu’ancien fonctionnaire, il connait le sacerdoce du service public et s’est toujours interdit de parler politique avec les gouverneurs et les préfets qui n’ont d’autre engagement que celui de servir l’Etat à travers les personnes qui les incarnent. Face à un tel discours, le gouverneur de Ziguinchor  s’est départi de l’obligation de réserve en demandant à la salle d’applaudir. Donc face au discours de Khoureychi que le gouverneur a stoïquement supporté et s’est abstenu de tout commentaire et celui de Baldé et de Aliou Sow qui l’ont poussé à demander à la salle d’applaudir, on sait maintenant de quel côté penche les convictions et les allégeances du Gouverneur : elles vont à l’Etat. Le Sénégal avait soif de ce genre de discours responsable car après avoir lu l’interview du chauffeur de Senghor dans Week-end magazine, j’ai eu le sentiment que même le chauffeur de Senghor a plus le sens de l’Etat que le chef de l’Etat.

Bilan de la guerre d’Irak

Les américains ont fait 9 ans de guerre pour rien. On peut même dire qu’ils ont fait une guerre pour renforcer l’Iran dans la région. L’Iran est le grand vainqueur de la guerre d’Irak parce que les américains ont réalisé le rêve de Khomeyni : l’axe Bagdad Téhéran. Saddam est tombe, les chiites ont pris le pouvoir et point d’armes de destruction massive. La recherche de ces armes était le principal motif invoqué pour envahir l’Irak. Neuf ans après, les américains se sont retirés sur la pointe des pieds en laissant le pays entre les mains d’un pouvoir chiite et Al Qaeda. En fait, ils ont pris l’ombre pour la proie. Ils ont attaqué l’Irak alors que ce pays n’avait aucune arme de destruction massive. Cette distraction massive de l’opinion les empêchera d’attaquer l’Iran qui a vraisemblablement des veritables armes.

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Blog de Yoro DIA

Les barbares et le Temple

En pleine session plénière  du parlement (le lieu par excellence du débat), le député Moussa Sy informe le Ministre des Affaires Etrangères que les deux députés El Hadji Diouf et Famara Sarr sont armés et sont dans la salle. Le lendemain, Barthelemy Dias joue au Far West à Tamba et tire des coups de coups de feu. Le Sénégal est descendu bien bas. La démocratie  est une aristocratie d’orateurs et ne saurait point se transformer en arènes ou en Far West. Comment peut-on  laisser des députés entrer armés dans l’hémicycle ? Comment on peut laisser Barthelemy Dias jouer à « je m’appelle Pekoss » ou John Wayne. L’espace public n’est Fort Alamo ou Ok Corral. La république est une affaire d’élites et les élites se distinguent dans le comportement et la tenue. Laisser quelques hommes politiques se balader avec des armes au vu et au su de tout le monde va pousser d’autres en à faire de même. L’Etat perdrait ainsi tout bonnement ce qui le fonde pour ne pas dire son âme « le monopole de la violence légitime ». Le plus mauvais exemple est venu du sommet de l’Etat quand le pouvoir envoie des nervis « assiéger » les maisons des leaders de l’opposition. Où va le pays si ce sont ceux qui incarnent l’Etat qui sont les premiers à l’affaiblir par électoralisme. Quand on voit des députés qui entrent dans l’assemblée nationale avec des armes et qui le disent publiquement et quand on voit les jeunesses politiques qui risquent de transformer leur Haka politique en « bowling for Colombine », on a envie de crier « Senghor réveilles toi ils sont devenus fous ». Le Sénégal de Senghor était celui de Cicéron, celui de Wade a dégénéré en celui des gladiateurs. Il est urgent de chasser les gladiateurs du temple.

Entrepreneur identitaire

Apres la religion et la politique, Ahmed Khalifa Niasse se lance dans l’entreprenariat identitaire. Les origines de Moustapha Niasse a été sa première cible, il s’en est pris ensuite  à la « mafia halpoular » qui a infiltré l’entourage de Karim Wade comme elle l’avait fait auparavant avec Philippe Senghor et vient de récidiver avec Macky Sall qu’il accuse d’être du « machoudoland » littéralement terre des esclaves.  Ce genre de débat  est fort inconvenable dans une république parce que  la république est le seul système politique qui se fonde sur le dogme  ” L’inégalité n’a aucun fondement naturel” et se base uniquement sur la méritocratie. C’est ce qui explique qu’un petit corse comme Napoléon soit devenu empereur des français et soit entouré des membres de la noblesse comme Talleyrand, Caulaincourt……. C’est ce dogme qui explique que le Sénégal ait toujours été gouverné par des ruraux  et de Senghor à Wade. Cet entreprenariat identitaire de Ahmed Khalifa Niasse ne peut pas prospérer  parce que  le Sénégal est l’une des rares sociétés africaines à être complètement « détribalisée » comme le démontre  si bien le Pr Makhtar Diouf dans son livre le Sénégal : les Ethnies et la nations. Nous sommes tellement détribalisés que nous sommes l’un des sinon le seul pays au monde à avoir eu un Président qui appartenait à une double  minorité. Je m’honore toujours de dire que le Sénégal est le seul pays musulman à avoir eu un Président catholique pendant 20 ans. Au Sénégal les choix politiques ne se fondent nullement sur l’ethnie ou la religion. Sinon Senghor n’aurait pas été Président pendant 20 ans et Macky Sall maire de Fatick la ville plus sérère du Sénégal. Dans un tel pays, l’entreprenariat identitaire y est vain parce que l’harmonie ethnique et religieuse n’est pas seulement la volonté de l’Etat (heureusement d’ailleurs sinon le confrérisme d’Etat de Wade l’aurait détruit)  mais a des racines sociologiques profondes. Cet entreprenariat identitaire est d’autant plus anachronique qu’il vient d’un religieux. Les fondateurs des confréries ont été les premiers à détribaliser  le Sénégal en ayant des talibés partout dans le pays mais aussi et surtout en ouvrant des brèches dans la grande muraille de séparation des castes en élevant au rang de Cheikh des disciples issus de ces castes qu’ils ont anoblis par la religion.  Apres les confréries, l’école l’ascenseur social de la république et le savoir ont pris le relais. Quel est le Sénégalais vivant qui peut se targuer d’avoir hissé  les couleurs du Sénégal à un niveau aussi élevé que le Pr Amadou Makhtar Mbow ?

Musée Présidentiel et mémoire colonial

L’un des plus grands mérites de Wade est de nous montrer tous les jours que le Sénégal indépendant commence à l’échangeur de la Patte d’Oie. Il a fallu 50 ans à notre pays pour sortir du cadre colonial qu’incarne le centre ville de Dakar. Tout dans le cœur de notre capitale et donc de notre république renvoie à la colonisation. Le Palais Présidentiel qui était celui du gouverneur général, le Building administratif, l’assemblée Nationale, la place Protet devenue place de l’indépendance, le Ministère des affaires étrangères. Nous sommes tellement envahis par la mémoire coloniale  que développer le civisme va être difficile dans une capitale où le jeune sénégalais ne rencontre nulle part la nation indépendante dans sa capitale. Notre Sénégal à nous commence à l’échangeur de la Patte d’oie là ou s’arrête celui de Senghor. C’est pour éviter d’être prisonnier de cette mémoire coloniale que des pays comme la Tanzanie et le Malaisie ont bâti de nouvelles capitales. Wade avait la bonne idée de bâtir une nouvelle capitale qui a connu le même traitement et le même sort que la plupart des bonnes idées de Wade : rangée dans les tiroirs pour la postérité. L’idée d’un musée Présidentiel est une excellente idée parce qu’elle va nous  permettre  de savoir que la république doit avoir des traditions et une mémoire qui garantissent une continuité  malgré les ruptures historiques et les alternances politiques. La république est au fond comme un grand mur, chaque génération et chaque génération y apporte sa brique. Cette conception permet d’éviter les deux extrémités que sont l’eternel recommencement ou après moi le déluge.

La guerre du Xoumous

«  Le monde est un grand  livre et celui qui ne voyage pas en est toujours à la première  page » a dit Saint Thomas.  Cette grande idée de Saint Thomas est aussi valable sur le plan gastronomique mais au Moyen Orient malgré les voyages on a l’impression d’être toujours à la même page parce qu’on retrouve du khoumous partout.  Malgré leurs différences, les arabes et les juifs ont moins en commun le khoumous et la guerre gastronomique autour du khoumous est plus agréable que les conflits politico-idelogico-territorial. Apres le débat sur la paternité du Khoumous, cette délicieuse purée de pois chiche, parfumée à l’ail, au jus de citron et aux huiles de sésame et d’olive, Israéliens et libanais s’affrontent pour le contrôle du Guinness record du plus grand khoumous. Le record de deux tonnes de Khoumous  de 250 cuisiniers libanais a été récemment battu par des arabes israéliens du village de Abu Ghosn  (capitale mondiale du khoumous selon ses habitants) prés de Jérusalem.  Cette agréable bataille du Khoumous qui, au moins a le mérite d’unir les arabes et les israéliens se déroule aussi à Dakar. Il ya quelques jours un ambassadeur d’un grand pays du Moyen  Orient m’a fait goûter un excellent khoumous. C’était aussi agréable que le débat de deux heures que j’ai eu avec lui. Son Khoumous était excellent mais avec une subtilité toute diplomatique je lui ai fait comprendre que le Sénégal se lançait dans la bataille du khoumous. Le meilleur khoumous que j’ai mangé m’a été servi à la table d’un sénégalais habitant l’avenue du Moyen orient pardon l’avenue des ambassades et donc très proche voisin de son excellence l’Ambassadeur.

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