Ils ont tous été unanimes sur la cherté de la vie au Sénégal. Des ménagères et des vendeurs rencontrés dans différents marchés de la capitale sénégalaise se sont désolés de la flambée des prix des denrées de première nécessité, notamment. La hausse des prix les a tellement secoués qu’ils dessinent déjà le profil du candidat qui les déchargera de ce lourd fardeau.
La cherté des produits de base affecte beaucoup des ménages et commerçants Dakarois qui ne savent plus où donner de la tête. La ballade que nous avons effectuée, hier, dans les marchés de la capitale nous a permis de constater que les vendeurs et ménagères sont fort éprouvés par le coût élevé de la vie.
A 10 heures, une dame, la soixantaine, arrive au marché Zinc de Pikine, le panier vide à la main. Sandales en plastique, grand boubou, des pieds poussiéreux, elle se dirige vers les vendeuses de poisson. Les eaux mêlées aux écailles des poissons rendent cette partie du marché boueuse et désagréable à voir. Elle demande le prix du poisson à la première vendeuse qui lui rétorque 150 ou 200 francs le ‘yaboye’. La ménagère trouve les prix chers. Et pour trouver du poisson bon marché, elle n’hésite pas à se faufiler entre les différents étals afin de s’enquérir des prix. Mais, elle revient chez la première vendeuse négocier un rabais. Elles tombent finalement d’accord sur le prix. Puis, la ménagère se dirige vers les vendeurs de légumes, chez les étals de viande ensuite. Mais, à chaque fois qu’elle achète une denrée, elle s’estompe un instant pour revoir sa monnaie. Interrogée, elle déplore aussitôt la hausse. ‘On se demande en faisant ses achats si l’on n’a pas égaré son argent. J’ai acheté 500 grammes de viande à 600 francs’, se plaint-elle. Les légumes sont un peu accessibles ces derniers jours, selon la dame. En effet, la carotte coûte 300 francs Cfa le kilogramme et les choux se négocient entre 250 et 300 francs.
Le problème se pose avec l’huile, le riz, la viande et le poisson. Le litre de l’huile raffinée s’échange contre 1 100 francs, la dosette de 250 ml coûte 300 francs. C’est pourquoi elle pense que le futur président de la République devrait s’attaquer à la cherté de la vie, donner des emplois aux jeunes et aider les paysans. Une des vendeuses du marché déplore la mévente qu’elle explique par les faibles revenus des ménages face au coût de la vie. En effet, même pour les petites familles, il faut 2 mille francs Cfa pour s’offrir du poisson, dit la dame. Qui prévient le futur chef de l’Etat : ‘Celui qui sera élu, s’il ne pourra pas nous soulager, il partira aussi’.
Dans un autre marché de Dakar, au Case-bi plus précisément, la devanture du marché était très colorée. Des légumes verts, des carottes, des choux, tomates et maniocs dégageaient leur fraîcheur. Ndèye, teint clair, la quarantaine, a fait le plein de son panier. Elle trouve la vie chère mais pense que c’est dû à la conjoncture. Tout le contraire d’une autre dame qui pense que tout est cher. Elle explique : ‘maintenant, je porte le même habit des jours pour éviter de lessiver souvent. Cela, parce que le prix du savon est à 425 francs’. Cette ménagère, qui se dit exaspérée, espère du prochain président de la République une baisse des denrées de première nécessité. Oustaz Fall, commerçant, trouve la situation des prix des denrées de base inexplicable. ‘Nous ne trouvons plus notre compte dans le commerce. Le sac du riz est acheté à 23 mille et revendu à 460 francs le kilogramme’, dit le vendeur. Qui pense, par ailleurs, que ce sont les ménages qui souffrent plus de la flambée des prix. Le commerçant du marché Case-bi attend du futur président un grand changement dans le sens de la diminution des prix.
Des vendeuses de poissons, trouvées au marché des Castors, à 14 heures, attendent encore devant leurs produits invendus, l’arrivée d’acheteurs. ‘Je suis obligée de glacer mes poissons’, explique l’une d’entre elles. Mères de famille en même temps, ces vendeuses se disent ébranlées par la vie chère. Elles ne tirent aucun bénéfice de la vente, et tout ce qu’elles gagnent est reversé dans la marmite, se désolent les dames. La caisse de poissons est inaccessible alors que le gaz coûte presque 5 mille francs Cfa. Si le riz, le sucre et l’huile étaient accessibles, elles s’en sortiraient.
Walfadjri






