De la soft à la Hard opposition
« Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère ». Ainsi parlait Thomas Jefferson, le troisième Président des Etats Unis. Le M23 avec sa marche de mercredi a compris qu’une petite rébellion sur le terrain est plus efficace que les dix jours perdus à dénoncer la candidature de Wade à la télé lors de leur temps d’antenne. Le M23 vient de se réveiller et de comprendre que cette « soft opposition » et la stratégie d’opposition dite républicaine inaugurée depuis 2000 n’ébranle pas du tout Wade. C’est tout le contraire puisque avec la stratégie de la soft opposition le M23 n’a récolté que railleries et moqueries de Wade qui n’a cessé de les narguer. Le M23 a renoué avec la hard opposition ce mercredi. Il n’aurait jamais dû rompre avec la hard opposition depuis la date de la validation de la candidature de Wade parce que le candidat du Sopi ne comprend que ce langage. Quand il était opposant, Wade était un partisan de la tension permanente et harcèlement continu. Le M23 a perdu dix jours de campagne à la télé, il lui reste une dizaine de jours parce que sa stratégie depuis la validation de la candidature de Wade est une catastrophe. Ces troubles qui jalonnent la fin du règne de Wade comme l’orage vont purifier l’atmosphère politique parce qu’après Wade aucun Président n’osera considérer la constitution comme un brouillon et les Sénégalais en bravant les interdits de Ousmane Ngom montrent à Wade et à tous les Présidents qui vont suivre que la liberté ne saurait être sacrifiée à l’autel de l’ordre et le combat pour les libertés requiert une vigilance permanente. Ce retour à la Hard opposition et au cycle des manifestions interdites et réprimées est la meilleure preuve de la régression démocratique de notre pays. Les face à la face entre les ténors de l’opposition dont d’anciens Premiers Ministres et la Police rappellent les face à face entre Wade, Ousmance Ngom ou Bathiliy et la Police dans les années 90 à la seule différence que la Police est devenue plus professionnelle et plus courtoise et que le face à face se déroule en direct à la télé. Ces troubles marquent la fin de la phase infantile de notre démocratie et annonce l’ère de la démocratie post alternance qui sera plus apaisée parce que comme dit Jefferson « le peuple est le seul sur lequel, il faut compter pour préserver la liberté ». L’exemple de Wade montre qu’il faut faire confiance aux institutions et non aux hommes qui ont des idéaux dans l’opposition mais qu’ils oublient une fois au pouvoir. Sinon comment comprendre que les victimes d’hier deviennent aussi facilement bourreaux aujourd’hui. Comment on peut passer de la Fayette à Fouché ?
Prêcher par l’exemple
« Long est le chemin des préceptes, court est celui de l’exemple » nous apprend Sénèque. Wade devrait s’en inspirer avant d’accuser Macky Sall d’utiliser des sentiments identitaires à des fins politiques. Si le Président de la république qui de par la constitution est l’incarnation de l’unité nationale avait prêché par l’exemple, il n’aurait pas instauré le « confrérisme d’Etat » en stratégie politique. Wade le garant de l’allégeance collective est celui qui a plus incité à la querelle des allégeances privées au Sénégal. Si notre pays n’a pas sombré dans la querelle des « identités meurtrières », il ne le doit certainement pas à Wade mais à des racines sociologiques très profondes qui transcendent la volonté de Wade. Le Sénégal est l’une des rares sociétés africaines détribalisées et ou les choix politiques ne se fondent ni sur l’ethnie ou la religion sinon Senghor ne serait pas resté à la tête de l’Etat pendant 20 ans et Macky Sall ne serait pas maire de la seule ville à presque 100 % sérère et Wade n’aurait pas eu ses meilleurs scores dans le Fouladou lors de locales. De grâce, par électoralisme, n’ouvrez pas la boite de pandore.
The Voice
Whitney Houston a été à la Pop music, ce que Billy Holiday a été au Jazz. La comparaison entre ces deux grandes dames ne s’arrête pas la. Elles partagent un immense talent, une beauté incroyable et une vie et une fin tragique (mariage raté, drogue). Tout le drame de la vie de Billy Holiday est dans sa chanson « lady sings the blues » et la tragédie prémonitoire de Whitney Houston dans « I wanna dance with somebody who loves me ». Whitney Houston a dansé avec le bad boy Bobby Brown mais il est peu probable que l’amour ait été au rendez vous parce que c’était le début de la déchéance professionnelle et personnelle pour la grande diva. Que retenir de Whitney Houston ? Elle a été l’une des meilleures voix et des meilleurs textes de la pop. Elle a montré tout son talent au cinéma avec « Bodyguard » devenu un classique et dans « Waiting to exhale » mais musicalement elle est entrée au panthéon en reprenant le classique « I will always love you » de Dolly Parton qu’elle transforme en culte. Whitney, we will always love you.
Casamance
Aucun des candidats n’a jugé utile de s’arrêter une minute pour saluer la mémoire des quatre soldats tombés en Casamance pour l’intégrité du territoire et la sécurité de nous tous. Encore une fois, pendant cette campagne la Casamance notre crise nationale sera reléguée à l’arrière plan dans le débat national. Ce silence des candidats sur la mort de nos soldats et leur silence sur la Casamance montre l’écart qu’il y a entre les problèmes réels du pays et le débat politique. Dans cette crise l’armée a gagné la guerre parce que le MFDC ne contrôle même pas une communauté rurale après 30 ans mais il appartient aux hommes politiques de gagner la paix mais l’attitude de tous les candidats montrent qu’ils sont loin d’être à la hauteur à commencer par le Président Wade.






