Réduire l’importation du riz au Sénégal en mettant en valeur la filière nationale reste un défi majeur pour les acteurs.Allant de la qualité, à la compétitivité, en passant par le manque d’organisation, tous les problèmes qui entravent l’atteinte des objectifs ont été diagnostiqués, lundi dernier, à Dakar par les acteurs et l’Usaid.Le forum d’affaires du riz sénégalais était le lieu pour les acteurs de dynamiser leurs relations et de pouvoir échanger sur les fondamentaux de la compétitivité de la chaîne de valeur.
La filière riz au Sénégal, bien qu’elle ait fait des progrès très appréciables, peine encore à optimiser ses rendements. La qualité du riz produit chez nous est, en effet, un élément satisfaisant dans la volonté de l’Etat de combattre l’importation. Mais, il reste que la compétitivité se heurte à plusieurs énigmes. C’est ce qui a servi de prétexte au forum d’affaires sur le riz, qui a réuni lundi dernier à Dakar l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur sénégalaise. Producteurs, fournisseurs, transformateurs, importateurs et commerçants ont en effet exposé, chacun, leurs problèmes pour envisager des solutions avec l’appui de l’organisation de Etats unis pour le développement (Usaid). Qui est en partenariat et en appui aux acteurs économiques du riz de la vallée du fleuve à travers le projet de croissance économique.
Les discussions ont été structurées autour de cinq panels thématiques dont le premier a parlé de la compétitivité du riz sénégalais à l’épreuve du marché. Les politiques d’autosuffisance ont boosté la production de la filière. Toutefois, c’est une désorganisation qui est notée au niveau de tous les acteurs. L’importateur de riz sénégalais, Moustapha Tall, a ainsi fustigé le manque de cohésion qui existe dans le secteur et qui constitue le mal de l’ensemble des acteurs. Ils doivent donc, selon lui, joindre leurs efforts pour s’auto organiser. ‘Nous ne pouvons pas être d’éternels assistés, d’autant plus que l’Usaid ne peut pas tout faire’, dit Tall.
Le directeur du projet, Andrew Keck, a souligné que gagner le pari de la compétitivité reste un défi majeur de l’ensemble des acteurs. Ces derniers ont d’ailleurs, dans leurs interventions au premier panel, manifesté toutes leurs inquiétudes quant à leurs produits. C’est ainsi que la productrice Ramatoulaye Cissé dira que la compétitivité du riz sénégalais par rapport au riz importé ne mérite pas de débat. Elle explique que ‘le riz importé est sous traité ou consiste en un stock qui a duré plus de cinq années. Or, le riz qu’ils produisent ici est frais’. C’est dans la même perspective que s’est inscrit le docteur Djibril Traoré qui a soutenu qu’avec le riz local, les risques de diabète sont moindres car celui-ci a un taux de glucose assez faible. C’est pourquoi, il pense qu’informer la population sur ce fait pourrait induire à sa forte consommation.
Walfadjri






