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Bernard Spitz, Président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA):”On est entré dans une économie de désendettement”

Bernard Spitz, Président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA):”On est entré dans une économie de désendettement”

L’assurance-vie a subi un mouvement de décollecte continu, inédit, de septembre à décembre 2011. Sur l’année, les cotisations ont chuté de 14 %. Pourquoi ?

Toutes choses égales, le phénomène est comparable à celui observé en 2008, lors du premier cycle de crise financière. Lorsque a éclaté la crise des dettes souveraines à l’été, l’assurance-vie s’est vu confrontée à un effet de ciseaux : la baisse des cotisations des assurés, qui avaient moins d’argent à placer, et la hausse des prestations versées par les assureurs.

Fragilisés, de nombreux épargnants ont procédé à des retraits sur leurs contrats d’assurance-vie. Il s’agissait souvent de sommes modestes, destinées à maintenirle pouvoir d’achat et à soutenir la consommation. Ou bien, pour des montants plus importants, à financer un achat immobilier en profitant d’un effet d’aubaine fiscal. J’ajoute que la concurrence des livrets bancaires offrant des rémunérations ponctuelles attractives a joué. Plus généralement, on est entré dans une économie de désendettement et nous commençons à en voir les effets.

L’assurance-vie est une épargne de long terme, qui finance l’économie. Son recul n’est-il pas préoccupant ?

Il convient de relativiser ce ralentissement : sur l’année 2011, la collecte nette est positive de 7,6 milliards d’euros et l’encours a augmenté de 22 milliards d’euros, à 1 362 milliards. Beaucoup se satisferaient de tels résultats.

Nous restons en capacité de financer les entreprises, comme la dette publique. Je rappelle que les assureurs détiennent, à eux seuls, la moitié de la dette française entre les mains des investisseurs nationaux. C’est un point-clé pour les agences de notation. Et, en 2011, les assureurs ont réalisé 3 milliards d’investissements nouveaux en faveur des PME !

L’assurance-vie reste, et restera, l’instrument privilégié de préparation de la retraite, le pilier de l’épargne longue en France. Les incertitudes sur l’économie n’entameront pas le besoin des Français de sécuriser leur avenir. Au contraire.

Les assureurs sont dans le viseur des agences de notation. Comment traversent-ils la crise ? Sont-ils prêts pour la nouvelle réglementation Solvency II ?

Le secteur de l’assurance a extraordinairement bien résisté l’an dernier, en dépit d’une situation exceptionnelle de perfect storm (“tempête parfaite”) qui a mêlé crise financière, crise de l’euro, krach boursier, catastrophes naturelles et ralentissement économique.

Le chiffre d’affaires global n’a baissé que de 9 %, à 190 milliards d’euros. Cette capacité de résistance est une chance pour l’économie française.

Les assureurs sont prêts pour Solvency II ! Mais nous demandons aux régulateurs d’améliorer les mécanismes qui introduisent de la volatilité dans les comptes et pénalisent les investissements de long terme. L’assurance est, et doit rester, un îlot de stabilité dans un monde d’instabilité, une industrie de long terme dans un univers de court terme.

Le Monde

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