La réponse du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des finances ne s’est pas fait attendre suite à une information relative à la « mise en gage » du Bulding administratif abritant le siège du Gouvernement et, certains des immeubles de son département. Interpellé sur la question, hier, mercredi 25 janvier à Dakar, en marge de la revue annuelle Sénégal-Bad, Abdoulaye Diop, pour réfuter cette information, fait part de l’ « impossibilité d’une telle procédure ».
« Il est impossible d’hypothéquer un immeuble administratif, de le vendre, encore moins de le saisir», s’est exclamé le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, M. Abdoulaye Diop qui a réagi suite à une information parue dans la presse et faisant état de la « volonté des autorités d’hypothéquer le Bulding administratif, l’immeuble Peytavin qui abrite le ministère des Finances et l’immeuble qui abrite le Trésor public».
A l’en croire, «une telle procédure ne peut être faite que par une loi ; donc c’est interdit, prohibé».
Maintenant, a-t-il souligné, « dans le cadre d’un financement normal du budget qui a été voté et qui devait être normalement effectué, en partie, par des emprunts au niveau du système bancaire, j’ai demandé qu’on prenne une partie de 100 milliards de FCfa sur 400 milliards FCfa pour tester la finance islamique au Sénégal. Ceci dans le cadre du respect strict des procédures légales et réglementaires». A l’en croire, «Nous avons donc sélectionné City Bank et la Banque islamique de développement (Bid) pour nous accompagner dans cette opération qui sera validée par la Banque centrale mais aussi par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crempf) qui sont les organes d’autorité en matière d’emprunt donc toujours dans le respect des normes strictes et légales réglementaires ».
Dans le cadre de cette opération de 100 milliards de FCfa, renseigne le ministre d’Etat Abdoulaye Diop, « nous avons décidé de le faire en sukuk qui sont des obligations islamiques. Nous avons saisi le conseil d’épargne qui va se prononcer bientôt et si son avis est conforme, nous lancerons donc ces sukuk ». Mais, a-t-il rappelé, « l’émission de sukuk nécessite l’adossement de ces obligations à ce qu’on appelle des actifs qui nous permettent de contourner la question des intérêts. Ce qui ressemble plus ou moins à un crédit bail qui nécessite un loyer ». Abdoulaye Diop de lancer : « Nous ne vendrons jamais et ne gagerons jamais, dans le cadre de cette opération un quelconque actif immobilier. Mais à l’instar de tous les pays des pays qui émettent des sukuk que ce soit la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne qui l’ont fortement développé, nous aussi, nous voulons exploiter cette nouvelle forme de finance islamique qui permettra d’intégrer les musulmans qui ne veulent pas qu’on leur paye des intérêts».
Abdoulaye Diop pense qu’il y a « la petite liste de pays qui l’ont fait et qui ont procédé à des hypothèques c’est soit la Malaisie qui, comme actif sous-jacent, a mis les hôpitaux de Selangor, les quartiers et même les bureaux du gouvernement. Bahreïn a donné des terrains, la Saks qui est une région allemande a donné des terrains et des buildings du gouvernement. Dubaï a donné un terminal à conteneur de son aéroport, le Pakistan des chemins de fer…» D’après lui, « le Sénégal, comme actif sous-jacent, donne certains bâtiments du ministère de l’Economie et des Finances, pas un hôpital, ni un chemin de fer… pour permettre une évaluation de la location ».Pour lui, « ce n’est pas une hypothèque, ni une garantie c’est pour permettre d’évaluer une location à paie pour rembourser la dette ». En aucune façon, a-t-il martelé, « nous ne pourrons faire comme cela a été écrit. Nous le ferons dans le respect de la réglementation nationale et sous-régionale ».
Sud Quotidien






