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LA TAXE TOURISTIQUE PASSE DE 600 A 1000 FRANCS: La problèmatique de la promotion demeure

LA TAXE TOURISTIQUE PASSE DE 600 A 1000 FRANCS: La problèmatique de la promotion demeure

Elle alimente l’essentiel du budget annuel de promotion touristique du Sénégal qui atteint à peine 1,5 milliard de FCfa. De 600 FCfa depuis 1998, la taxe de séjour passe désormais à 1000 FCfa par nuitée et par personne. Les sénateurs en ont voté ce mardi 27 décembre le projet de loi, mais on est loin de régler le problème.

Depuis hier, mardi 27 décembre, le projet de loi portant augmentation de la taxe de promotion touristique et défendu par le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, a été voté par les sénateurs. De 600 FCfa soit l’équivalent de 0,90 euros, la taxe touristique dont le produit alimente essentiellement le budget annuel de promotion touristique qui atteint à peine 1,5 milliard de FCfa, passe à 1000 FCfa par nuit et par personne, dans l’ensemble de ses structures hébergements, hôtels compris. Cette taxe est normalement comprise dans le prix de la chambre et est affichée à la réception desdites structures d’hébergement. Face à l’insuffisance notoire du budget annuel de promotion du tourisme, le Conseil d’administration de l’Agence nationale de promotion du tourisme(Anpt) avait inscrit depuis quelques années la nécessité de revoir le niveau de la taxe de séjour qui devrait ainsi, produire quelque 2 milliards de francs au profit du Fonds de promotion touristique. Ce qui est encore loin des normes de l’0MT(Organisation mondiale du tourisme) qui recommande que les fonds de promotion représentent 3% des recettes globales en devises.

Quelle promotion ?

Aléatoire, dira t-on. Sur le principe, d’abord. La taxe de séjour est un montant qui est perçue au niveau de tout hôtel ou structure d’hébergement reconnu par le département du tourisme; donc ayant reçu l’agrément. L’opération est faite à chaque fois qu’il y a une arrivée, en tenant compte de la facture enregistrée et la fiche technique des déclarations des versements est envoyée mensuellement par l’établissement, au titre de la taxe de promotion touristique.

Habituellement, ces fonds sont versés directement dans un compte spécial et c’est à partir de ces fonds que le budget de promotion est élaboré. Les ressources pour la promotion de la destination proviennent ainsi de la taxe touristique, et sont donc dépendantes de trois principales variables que sont : la Durée moyenne du séjour (Dms), la taxe touristique et surtout le nombre total d’arrivées. Aussi, qui dit variable…

Certes l’Etat accorde depuis quelques années, un appui institutionnel, mais celui-ci n’est que de 100 millions de FCfa soit environ 7%. Dès lors, cette situation sous entend que si la taxe reste fixe, les variations de la DMS et du nombre d’arrivées entraîneront une variation conséquente du budget total. D’autant plus que, à bien y regarder, ce qui est réellement consacré â la promotion touristique tournerait seulement autour de 70% du budget annuel, réparti entre l’intérieur, l’extérieur, le matériel, etc…

Dès lors, devant l’insuffisance des ressources, transparence, visibilité et efficacité doivent être requises dans la gestion des fonds de promotion touristique. Ce qui est loin d’être garanti d’autant plus que, en aval, il n’est pas sûr que tous les établissements qui collectent la taxe touristique reversent celle-ci surtout dans un contexte où ces derniers enregistrent des baisses importantes de fréquentation.

Cette problématique de la gestion efficiente des fonds de promotion est d’autant plus cruciale que le principe de cette taxe est de financer le tourisme par… le tourisme. Instituée en 1919, rappelons que la taxe de séjour a pour fonction de générer les ressources supplémentaires pour les communes qui subissent des charges supplémentaires liées à la fréquentation touristique.

Il apparaît en tout cas le caractère aléatoire de la ressource que constitue la taxe de séjour dans le financement de la promotion touristique tandis que par ailleurs, des recettes importantes échappent à l’administration à travers la pa-hôtellerie qui accueille et satisfait une grande partie des touristes. D’où l’inadéquation entre le nombre d’entrées et celui d’arrivées au niveau des hôtels.

Par ailleurs, le budget de promotion doit prendre en charge des prospections ou études régulières nécessaires en vue d’une meilleure mesure de la politique de promotion afin d’opérer les rectifications, en vue de la réalisation des objectifs fixés. Ces études sont d’autant plus nécessaires qu’elles permettent une visibilité pour l’élargissement des marchés. Or, au Sénégal, la réalité statistique du secteur touristique est très mal cernée ; ce qui rend le secteur difficilement maîtrisable, biaisant ainsi les projections.

En définitive, la promotion du tourisme ne se limite pas à son budget de promotion, encore moins à une baisse de la TVA dont le bénéfice, au demeurant, devrait être réinvesti dans le secteur par les professionnels. Mais d’autres paramètres aussi importants que la qualité des réceptifs sont autant de facteurs de promotion. Or, sur le terrain au Sénégal, la qualité des hôtels est souvent très en dessous de leur classification officielle.

Ce secteur étant par excellence très concurrentiel, à titre de comparaison, en 2010, le tourisme tunisien a contribué à hauteur de 7 % au PIB, génère chaque année entre 18 et 20 % de recettes en devises, couvre 56 % du déficit commercial et emploie 400 000 personnes. En 1974, la Tunisie reçevait déjà quelque 716 000 visiteurs. Au Sénégal, il est encore difficile d’avoir des statistiques fiables du secteur.

Sud Quotidien

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