Notre Ministre de l’Intérieur comme s’il était piqué par le fameux « réveillez vous » des témoins de Jehovah s’est levé en sursaut comme après « un songe dans une nuit d’été » pour rappeler et surtout se rappeler que l’Etat a le monopole de violence légale. Le Fouché de l’alternance se redécouvre la vertu des enseignements de Marx Weber après avoir libéralisé la violence en tolérant les nervis et laisser Barthelemy Dias jouer au Far West depuis des mois. L’affaire Barthelemy Dias est une preuve supplémentaire que l’Etat du Sénégal est en ruine. La responsabilité de l’Etat est totale. Si l’Etat avait sévi contre les nervis qui avaient assiégé le domicile de Niasse et de Tanor, il y a quelques semaines, nous n’en serions pas là. Si l’Etat avait été ferme contre Barthelemy Dias la première fois qu’il a usé d’armes à feu en public, nous n’en serions pas là. Mais quand l’Etat qui doit avoir le monopole de la violence légale et légitime instrumentalise des nervis contre des adversaires politiques notamment un ancien Premier Ministre (dont la sécurité doit incomber à l’Etat) sous prétexte de représailles parce que des maisons de ministres ont été saccagées, c’est que nous avons un chef de clan à la place d’un chef d’Etat. Etre investi de l’autorité de l’Etat et accepter que des nervis intimident Niasse, Tanor et Bathily au vu et au su de la Police qu’on a bridé est une réaction de chef de clan. C’est pour sortir de la logique clanique et de la scissiparité de la violence privée féodale et seigneuriale que l’Etat est né. Ce qu’on a vu à la Mairie de Baobab montre les risques pour la sécurité de tout le monde quand l’Etat devient faible ou complaisant. Quand l’Etat devient faible et n’a plus le monopole de la violence légale et légitime, la sécurité et la justice privées prennent le relai parce que les citoyens reprennent un droit inaliénable qu’il avait délégué à l’Etat ( assurer la sécurité) en organisant leur propre sécurité ( El hadji Diouf qui entre dans l’hémicycle avec une arme, Barthelemy Dias qui joue au Far West, d’anciens Premier Ministres qui ont recours à une sécurité privée et tous les hommes publics entourés de gardes du corps). La démocratie est « une aristocratie d’orateurs » pas de gladiateurs et il est temps de chasser les gladiateurs du temple démocratique. Les images de la fusillade de Mermoz ont donné une idée aux Sénégalais de toute la violence qui résulte de l’absence d’Etat ou d’un Etat faible. Wade a certes fait des routes, des autoroutes, des échangeurs mais il a détruit notre bien le plus précieux : l’Etat. Pour sauver ce qui reste de notre Etat en ruines, il appartient au procureur de prendre ses responsabilités. Si Barthelemy Dias n’est pas sanctionné, nous serons dans un far West parce que tout le monde va s’armer pour assurer sa propre sécurité, si les nervis et les commanditaires ne le sont pas, toute chose égale par ailleurs quelle est la différence entre l’Etat du Sénégal et l’Etat nazi à ses débuts avec les hordes de SS de la nuit du Cristal.
L’archipel de goulag
Les funérailles de Kim Jong Il avec des présentatrices TV, des généraux, des Ministres en larmes dans une belle chorégraphie menée de main de main maitre par la propagande de l’Etat est une illustration de l’anachronisme et du caractère tragicomique du régime nord coréen qui a transformé ce pays en une gigantesque prison. La Corée du Nord dépasse de loin l’horizon qu’on pensait indépassable du stalinisme en devenant une monarchie communiste et dynastique. Avec l’arrivée du petit fils de Kim il Sung au pouvoir, il serait impropre de parler de république en Corée du Nord qui est le dernier archipel du goulag décrit par Alexandre Soljenitsyne. La Corée du Nord est devenue un musée des dérives du collectivisme et du communisme anachronique. Le temps s’est figé en Corée du Nord depuis les années 50 et le seul élément de modernité de ce pays fermé est hélas l’arme nucléaire instrument de chantage de ce pays pour être aidé. Cuba l’autre pôle de glaciation communiste est devenu une république dynastique mais la Corée du Nord vient d’inaugurer ce qui ni Marx, ni Lénine n’avaient imaginé : une monarchie communiste.
Le gâchis
Aucun des candidats à la Présidentielle n’a pris le temps de se prononcer sur la situation en Guinée Bissau. Le pays est trop absorbé par l’affaire Bathelemy Dias, avant c’était la candidature de Wade ou le fichier électoral. Le débat politique au Sénégal est d’une telle pauvreté que c’est une indignité nationale. Notre voisin du Sud qui a longtemps servi de base arrière au MFDC, la plus grande menace contre notre sécurité nationale est entrain de devenir un narco Etat et ça n’intéresse aucun de ces messieurs qui aspirent à nous diriger. Le vrai débat est la Casamance et comment notre premier cercle concentrique de nos voisins est devenu « un cercle de feu » avec la Guinée Bissau qui va fatalement devenir un narco Etat et la Gambie qui joue un double jeu avec nous en nous soutenant le jour et en armant le MFDC la nuit. Les candidats à la Présidentielle devraient être jugés sur la capacité à apporter des réponses à cette question de sécurité nationale. Au Sénégal, les faux débats ont tellement envahi l’espace public que les vrais questions sont toujours renvoyées aux calendes grecques et on a l’impression qu’il a y a un consensus entre les hommes politiques de la majorité et de l’opposition pour ne pas aborder les vrais questions.
Good riddance day en 2011
Pour ce dernier rendez vous de 2011, je vous présente mes meilleurs vœux pour 2012 mais comme en 2011 je vais sacrifier à la tradition de Good riddance day (jour du bon débarras qui consiste à mettre dans le broyeur de papier ou jeter à la poubelle les mauvais souvenirs de 2011). Le Good riddance day est un rite que les américains organisent à Times Square depuis trois ans et ils viennent en masse jeter dans un broyeur géant leur mauvais souvenir. Je mettrai dans le broyeur pour 2011 et je dirai bon débarras à l’écart entre la gravité de la crise en Casamance et la légèreté avec laquelle l’Etat gère cette question. Je mettrai aussi le débat sur la candidature de Wade qui nous a pompé l’air en 2011 et le far West qui s’est installé au Sénégal avec l’entrée des gladiateurs et des nervis dans le débat politique. Sur le plan plus personnel, je mettrai dans le collecteur de regrets mon engagement à faire plus souvent du sport et rentrer plutôt à la maison. Je n’ai pas pu les tenir en 2011 et courageusement je les transfère en 2012 qui, on l’espère verra le Sénégal franchir tranquillement le rubicond électoral mais par contre j’ai pu tenir l’engagement de relire les chefs d’œuvre de Léon Tolstoï en 2011. Bonne année 2012 !






















