A l’entrée d’une semaine qui s’annonce chargée avec les réunions de la Réserve fédérale américaine, mercredi, et de la BCE, jeudi, ainsi que le sommet du G20 à Cannes, ce week end, les marchés européens ouvrent en baisse. Le Japon est intervenu sur le marché des changes.
En l’absence d’une partie des investisseurs avant la Toussaint et à l’orée d’une semaine très chargée en événements, les places européennes ont ouvert en baisse. A Paris où les valeurs bancaires fléchissent, le CAC 40 perdait 1,37 % à 3.302,78 points dans les premiers échanges tandis que Londres fléchissait de 0,89 % et Francfort de 0,99 %. Auparavant, la Bourse de Tokyo avaient fini en baisse de 0,69%, les investisseurs prenant leurs bénéfices après une intervention des autorités monétaires japonaises contre l’envolée du yen.
Octobre s’annonce, néanmoins, très positif. Avant cette dernière séance du mois, le CAC 40 était près de 400 points au-dessus de son niveau du 30 septembre (2.981,96 points). « Octobre 2011 semble devoir s’inscrire dans les livres d’histoire comme une période euphorique pour les actions, même si la dernière séance du mois pourrait bien être plus fade », estime Chris Weston, analyste chez IG Markets, dans sa note quotidienne citée par l’AFP.
Après avoir montré leur soulagement, la semaine dernière, suite à la présentation d’un plan européen destiné à sauver la Grèce et à éviter la contagion de la crise de la dette à d’autres pays de la zone euro,les investisseurs vont chercher désormais à en savoir plus sur les mécanismes en place, sans oublier leur autre grande crainte, à savoir le ralentissement de la croissance, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.
Toutes ces questions pourraient avoir un début de réponse cette semaine, émaillée de rendez-vous internationaux, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, où débutera un sommet de deux jours du G20. La réunion de la BCE sera la première de son nouveau président l’Italien Mario Draghi, qui succède au Français Jean-Claude Trichet, dont le mandat s’achève lundi. M. Trichet a d’ailleurs prévenu au journal allemand Bild am Sonntag, que malgré l’accord entre les dirigeants, la crise de la dette à laquelle l’Europe fait face n’a pas encore été surmontée.
De son côté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal outil anti-crise, a vu sa note de solvabilité « triple A » confirmée par les trois agences de notation, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch. Par ailleurs, plus de 90% des grandes banques appelées à prendre part à l’allègement de la dette grecque ont répondu positivement à l’accord, a indiqué l’Institut de la finance internationale (IIF), association des plus grandes banques du monde.
La semaine sera également très chargée en statistiques américaines, sur l’activité et l’emploi notamment. Pour la seule journée de lundi, les investisseurs surveilleront aux Etats-Unis l’activité industrielle dans la région de Chicago pour octobre (14H45) et en zone euro, le chômage pour septembre et la première estimation de l’inflation pour octobre. Enfin, à Paris, se tiendra un point de presse de présentation des dernières analyses et principales projections économiques pour les pays du G20 avant le sommet, par Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).
Changes : intervention massive du Japon
L’euro reculait face au dollar lundi, et montait face au yen, tout comme le billet vert, après l’intervention de la banque centrale japonaise, déterminée à faire reculer la valeur de la devise nippone qui venait d’enregistrer un nouveau record face au dollar. Vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), la monnaie européenne valait 1,4008 dollar contre 1,4156 dollar vendredi à la même heure. Face à la monnaie japonaise, elle montait à 111,02 yens, contre 107,31 yens la veille.
La Banque du Japon est, en effet, intervenue sur les marchés des changes pour contrer la spéculation qui tire le yen à la hausse et menace de plomber la reprise du pays après le séisme de mars, a annoncé le ministre des Finances Jun Azumi. Le Nikkei a pris jusqu’à 1,1% aussitôt après l’annonce, qui a fait reculer le yen face au dollar, et certains investisseurs, doutant que le yen puisse rester durablement faible, en ont profité pour empocher leurs bénéfices.
Le ministre des Finances du Japon Jun Azumi a précisé que l’intervention était unilatérale mais n’a fait aucun commentaire sur son ampleur. «A cause de la poursuite des mouvements spéculatifs, j’ai ordonné une intervention à 10H25 (01H25 GMT)», a-t–il expliqué lors d’une conférence de presse organisée juste après. Les analystes estimaient, étant donné la vitesse à laquelle le dollar a rebondi, que l’intervention devait être conséquente, dépassant probablement celle du 4 août selon des courtiers.
En août, Tokyo avait vendu quelque 4.500 milliards de yens, sa plus importante action unilatérale jamais accomplie sur le marché des changes. Mais malgré la multiplications des interventions verbales de plusieurs dirigeants japonais, le raffermissement du yen s’était poursuivi ces dernières semaines. Le yen a continué de s’apprécier face au dollar mais aussi face à l’euro alors que les investisseurs sont à la recherche d’une valeur refuge dans des marchés volatils agités par les craintes sur la crise de la dette en Europe et les inquiétudes pour l’économie mondiale.
Les Echos






