Archive | October, 2011

La planète passe le cap des 7 milliards d’habitants

La planète franchit lundi 31 octobre le cap des sept milliards d’habitants, selon les estimations de l’ONU, qui pointe à cette occasion les inégalités croissantes dans le monde et le nécessaire partage des richesses.

Le palier des 6 milliards avait été atteint en 1999. L’ONU avait alors choisi Adnan Nevic, un bébé né à Sarajevo, comme représentant du six milliardième habitant de la planète. Cette fois, l’ONU s’est gardée de désigner un “gagnant” à l’avance et plusieurs pays ont prévu d’annoncer que l’heureux élu a vu le jour chez eux.

Pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui marquera l’événement par une conférence de presse, le passage aux 7 milliards n’est pas à prendre à la légère.

“Ce n’est pas une simple affaire de chiffre. C’est une histoire humaine”, a-t-il souligné dans une école new-yorkaise la semaine dernière. Et d’expliquer : “Sept milliards de personnes ont besoin de nourriture. D’énergie. D’offres intéressantes en matière d’emplois et d’éducation. De droits et de liberté. La liberté d’expression. La liberté de pouvoir élever ses enfants en paix et dans la sécurité. Tout ce que chacun souhaite pour soi, multiplié par 7 milliards”.

C’est ce message que le secrétaire général devrait porter devant le sommet du G20.

9,3 milliards en 2050

Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), qui a publié vendredi son dernier rapport, prédit que la population va continuer à progresser pour atteindre 9,3 milliards en 2050 et plus de 10 milliards d’ici la fin du siècle.

Les Nations unies prévoient ainsi que d’ici 2025, l’Inde deviendra le pays le plus peuplé du monde, devant la Chine, avec près de 1,5 milliard d’habitants.

Dans ce rapport, les experts mettent en garde face aux défis qui attendent le monde. Pour les pays les plus pauvres, les gouvernements vont être confrontés à la difficulté de trouver un travail à l’armada de jeunes qui arrivera sur le marché. Sans compter le réchauffement climatique, la sécheresse et l’explosion incontrôlée des mégapoles.

Le Japon, comme d’autres pays riches, devra faire face au vieillissement de sa population. En Europe du Nord, le nombre des plus de 60 ans n’a cessé d’augmenter ces vingt dernières années, porté par une espérance de vie estimée à 80 ans, contre 54 ans en Afrique sub-saharienne.

Les plus de 60 ans, qui étaient 384 millions en 1980, sont aujourd’hui 893 millions et devraient être 2,4 milliards en 2050, selon l’UNFPA.

“Il s’agit là d’un succès mondial, mais le vieillissement de la population représente aussi de nouveaux défis au regard de la croissance économique, des soins médicaux et de la sécurité des personnes âgées”, souligne l’ONU.

Disparités sociales

Dans les régions les plus développées, un habitant sur quatre est maintenant âgé de plus de 60 ans. D’ici 2050, la proportion passera à un sur trois. L’UNFPA signale que le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour a diminué, passant de 1,8 milliard en 1990 à 1,4 milliard en 2005. La proportion du nombre de personnes qui ont faim a également baissé depuis 1990, mais en chiffres absolus, leur nombre a grimpé de 815 millions en 1990 à 925 millions aujourd’hui.

Les disparités sociales continuent de croître. En 1960, les 20% les plus riches possédaient 70% des revenus. En 2005, ils possédaient 77% des richesses.

Pour le chef de l’ONU, le septmilliardième bébé, où qu’il soit, “naîtra dans un monde de contradictions”: “une abondance de nourriture, mais avec encore chaque soir, un milliard de personnes qui vont se coucher la faim au ventre”, a-t-il souligné dans une interview au magazine “Time”.

Nouvel Observateur

Posted in Economie0 Comments

Blog de Yoro Dia

Apres le printemps arabe, l’hiver islamiste

Le Printemps arabe. Quel « superbe lever du Soleil » comme la révolution française.  Le superbe lever de soleil du Printemps arabe  est entrain de sombrer dans le crépuscule  de la grisaille de l’hiver islamiste. Dans le monde arabe actuel, le soleil du Printemps démocratique ne pouvait terminer sa rotation que dans l’éclipse de l’hiver islamiste. C’était aussi simple et prévisible que le soleil se lève  chaque jour à l’est et se couche à l’ouest. Dans le monde arabe, il y a que deux forces sociales organisées : les Etats corrompus et les islamistes. Point de société civile ou d’opinion publique qui n’existent pas dans une dictature où la seule vertu du citoyen est le silence. C’est ce face à face entre les Etats corrompus  et les islamistes qui sont les seules forces en présence  dans l’espace politique qui explique que chaque fois qu’il y a une élection dans le monde arabe ce sont les islamistes qui sortent des urnes. Ce fut le cas en Algérie dans les années 90 avec le FIS, en Palestine avec le Hamas et aujourd’hui en Tunisie avec Enahda et demain en Egypte avec les frères musulmans. Même en Lybie où les forces sociales n’ont pas pu parachever la révolution, les islamistes sont arrivés dans les bagages de l’OTAN. Et si demain il y a une élection en Lybie les islamistes vont gagner. Quand le FIS a gagné les élections en Algérie, le processus avait été arrêté illégalement et le monde arabe a perdu 20 ans. Et il va falloir reprendre le processus la où il s’était arrêté c’est-à-dire laisser les islamistes gouverner s’ils remportent les élections. Arrêter le processus parce que le FIS a gagné et mettre la bande de Gaza sous embargo parce que le Hamas a gagné n’est pas très démocratique. Dans le monde arabe, les indépendances ont débouché sur la dictature, la révolution amènera les islamistes au pouvoir. L’arrivée des islamistes au pouvoir et leur mise à l’épreuve est une étape nécessaire pour aller à la démocratie car une fois au pouvoir les populations vont relativiser le projet islamiste parce qu’elles se rendront compte qu’il n’y a pas de solutions définitives aux questions humaines. Apres cette étape les partis islamistes évolueront vers le modèle turc. La démocratie est bel et bien soluble dans l’Islam. Le Sénégal et la Turquie en sont les meilleurs exemples.

Khaddafi : mort comme le Che

Le colonel Khaddafi a appliqué jusqu’au bout la devise de l’armée sénégalaise : « on nous tue mais on ne nous déshonore pas ». Il a préféré la mort chez lui au déshonneur de la fuite comme Ben Ali,   au procès humiliant comme Moubarak ou une prison dorée au TPI comme Taylor. C’est toute la différence entre Khaddafi qui a toujours eu son idéologie chevillée au corps et Moubarak ou Ben Ali arrivés au pouvoir par accident et dépourvus de toute idéologie à part celle de l’enrichissement personnel et de la jouissance du pouvoir. Les leaders du CNT qui se sont empressés d’enterrer Khadaffi dans un lieu secret en plein désert ne pourront pas empêcher son spectre de les hanter. Khadaffi mort et exposé à Misrata rappelle le Che Guevara mort et exposé dans une école bolivienne. Que retenir de Khaddafi ? Il a été capable du meilleur comme du pire. Le pire a été sa dictature sanglante  et son soutien au terrorisme. Le meilleur, il avait réussi transformer un pays désertique et des centaines de tribus bédouines en un pays riche et respecté ou craint qui a eu le mérite d’être un acteur des relations internationales alors que les pays africains ne sont que des sujets pour ne pas dire des pions qu’on déplace dans l’échiquier.  En tout cas sur l’échiquier africain il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique australe et dans la fin de l’apartheid pour avoir soutenu militairement et financièrement l’ANC. N’eut été  le soutien militaire de Khaddafi et la présence des troupes cubaines en Angola, la marche vers la fin de l’apartheid aura été plus longue et plus lente. L’aile militaire de l’ANC et la présence des troupes cubaines a grandement contribué à la prise de conscience des dirigeants de l’apartheid que le rapport de force n’était plus en leur faveur. D’ailleurs Mandela ne s’y est pas trompé en réservant une de ses premières sorties à Khaddafi pour le remercier malgré l’embargo qui frappait le pays. La mort de Khaddafi à la suite d’un raid de l’OTAN doit interpeller tout le continent parce que jusqu’à la preuve du contraire il n’ y a pas encore dans les missions de l’OTAN, le droit d’ingérence  pour démocratiser les pays du sud. Depuis la dislocation de l’URSS, l’OTAN, un machin de la guerre froide qui avait été crée pour défendre le camp occidentale contre une agression soviétique se cherche une nouvelle mission. Elle semble l’avoir trouvé naturellement en Afrique qui de tout temps a été un terrain de jeu et d’expérimentation des grands acteurs des relations internationales.

Le haka politique

Ce qui se passe actuellement au Sénégal est plus un Haka politique que de la violence réelle.  Les hommes politiques jouent tout simplement à se faire peur. Ils finiront par avoir peur comme des enfants qui jouent à se faire peur parce que cette violence  est comparable à celle des all blacks neo-zealandais dans leur danse guerrière. Ce jeu de matamore  à force d’être relayé par les médias finit par créer une psychose. Donc on joue à se faire peur,  on finit par avoir peur et tout le monde se met à appeler à l’apaisement en oubliant qu’il n’y a pas de violence. C’est la situation très cocasse du Sénégal. Nous sommes à cinq mois des élections, le calendrier électoral se déroule normalement,  les institutions ne sont pas bloquées, les candidats se préparent de même que les arbitres, tout se passe normalement mais comme on est au Sénégal et les candidats qui ne veulent pas avoir de vrais débats, jouent à se faire peur. Rien de nouveau sous le Soleil. En 2000 on nous annonçait l’apocalypse, en 2007, l’Armageddon et en 2012, on nous annonce le chaos mais le pays a un Etat qui fonctionne tres bien et c’est son avantage absolu comparé aux Etats de la région. Au fond il y  deux schémas possibles. Premièrement le conseil invalide la candidature de Wade et le forcing est impossible parce que les leviers de l’Etat qui lui ont été confiés depuis 2000 ne vont pas fonctionner pour le suivre dans un acte manifestement illégal. Deuxièmement, le conseil valide sa candidature et là aussi force devra rester à la loi. Donc toute l’agitation que nous notons n’est qu’un que tempête dans un verre d’eau. Nous voulons de débats pas des hakas politiques par nervis interposés.

L’Arabie Saoudite se soviétise

Qu’est ce que l’Arabie Saoudite a de commun avec l’Union Soviétique. A priori peu de choses en commun  à part l’absence de démocratie et de liberté dans les deux systèmes dont l’un est une théocratie alors que l’autre était athée.  L’Arabie Saoudite aujourd’hui avec sa gérontocratie rappelle l’Urss des années 70 et 80 avec une moyenne de 80 ans de ses dirigeants. Quand l’URSS a voulu sortir de la gérontocratie et a sauté une génération avec l’arrivé de Gorbatchev au pouvoir, le système s’est effondré. En URSS on pouvait sauter une génération pour redonner un nouveau souffle à un système sclérosé mais impossible de la faire en Arabie Saoudite qui est une monarchie où il n’y a que des octogénaires dans l’ordre de succession au trône alors que le royaume a jamais eu autant besoin de reforme.

Posted in Les Blogs0 Comments

Les Bourses adoptent le principe de précaution

A l’entrée d’une semaine qui s’annonce chargée avec les réunions de la Réserve fédérale américaine, mercredi, et de la BCE, jeudi, ainsi que le sommet du G20 à Cannes, ce week end, les marchés européens ouvrent en baisse. Le Japon est intervenu sur le marché des changes.

En l’absence d’une partie des investisseurs avant la Toussaint et à l’orée d’une semaine très chargée en événements, les places européennes ont ouvert en baisse. A Paris où les valeurs bancaires fléchissent, le CAC 40 perdait 1,37 % à 3.302,78 points dans les premiers échanges tandis que Londres fléchissait de 0,89 % et Francfort de 0,99 %. Auparavant, la Bourse de Tokyo avaient fini en baisse de 0,69%, les investisseurs prenant leurs bénéfices après une intervention des autorités monétaires japonaises contre l’envolée du yen.

Octobre s’annonce, néanmoins, très positif. Avant cette dernière séance du mois, le CAC 40 était près de 400 points au-dessus de son niveau du 30 septembre (2.981,96 points). « Octobre 2011 semble devoir s’inscrire dans les livres d’histoire comme une période euphorique pour les actions, même si la dernière séance du mois pourrait bien être plus fade », estime Chris Weston, analyste chez IG Markets, dans sa note quotidienne citée par l’AFP.

Après avoir montré leur soulagement, la semaine dernière, suite à la présentation d’un plan européen destiné à sauver la Grèce et à éviter la contagion de la crise de la dette à d’autres pays de la zone euro,les investisseurs vont chercher désormais à en savoir plus sur les mécanismes en place, sans oublier leur autre grande crainte, à savoir le ralentissement de la croissance, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

Toutes ces questions pourraient avoir un début de réponse cette semaine, émaillée de rendez-vous internationaux, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, où débutera un sommet de deux jours du G20. La réunion de la BCE sera la première de son nouveau président l’Italien Mario Draghi, qui succède au Français Jean-Claude Trichet, dont le mandat s’achève lundi. M. Trichet a d’ailleurs prévenu au journal allemand Bild am Sonntag, que malgré l’accord entre les dirigeants, la crise de la dette à laquelle l’Europe fait face n’a pas encore été surmontée.

De son côté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal outil anti-crise, a vu sa note de solvabilité « triple A » confirmée par les trois agences de notation, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch. Par ailleurs, plus de 90% des grandes banques appelées à prendre part à l’allègement de la dette grecque ont répondu positivement à l’accord, a indiqué l’Institut de la finance internationale (IIF), association des plus grandes banques du monde.

La semaine sera également très chargée en statistiques américaines, sur l’activité et l’emploi notamment. Pour la seule journée de lundi, les investisseurs surveilleront aux Etats-Unis l’activité industrielle dans la région de Chicago pour octobre (14H45) et en zone euro, le chômage pour septembre et la première estimation de l’inflation pour octobre. Enfin, à Paris, se tiendra un point de presse de présentation des dernières analyses et principales projections économiques pour les pays du G20 avant le sommet, par Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Changes  : intervention massive du Japon

L’euro reculait face au dollar lundi, et montait face au yen, tout comme le billet vert, après l’intervention de la banque centrale japonaise, déterminée à faire reculer la valeur de la devise nippone qui venait d’enregistrer un nouveau record face au dollar. Vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), la monnaie européenne valait 1,4008 dollar contre 1,4156 dollar vendredi à la même heure. Face à la monnaie japonaise, elle montait à 111,02 yens, contre 107,31 yens la veille.

La Banque du Japon est, en effet, intervenue sur les marchés des changes pour contrer la spéculation qui tire le yen à la hausse et menace de plomber la reprise du pays après le séisme de mars, a annoncé le ministre des Finances Jun Azumi. Le Nikkei a pris jusqu’à 1,1% aussitôt après l’annonce, qui a fait reculer le yen face au dollar, et certains investisseurs, doutant que le yen puisse rester durablement faible, en ont profité pour empocher leurs bénéfices.

Le ministre des Finances du Japon Jun Azumi a précisé que l’intervention était unilatérale mais n’a fait aucun commentaire sur son ampleur. «A cause de la poursuite des mouvements spéculatifs, j’ai ordonné une intervention à 10H25 (01H25 GMT)», a-t–il expliqué lors d’une conférence de presse organisée juste après. Les analystes estimaient, étant donné la vitesse à laquelle le dollar a rebondi, que l’intervention devait être conséquente, dépassant probablement celle du 4 août selon des courtiers.

En août, Tokyo avait vendu quelque 4.500 milliards de yens, sa plus importante action unilatérale jamais accomplie sur le marché des changes. Mais malgré la multiplications des interventions verbales de plusieurs dirigeants japonais, le raffermissement du yen s’était poursuivi ces dernières semaines. Le yen a continué de s’apprécier face au dollar mais aussi face à l’euro alors que les investisseurs sont à la recherche d’une valeur refuge dans des marchés volatils agités par les craintes sur la crise de la dette en Europe et les inquiétudes pour l’économie mondiale.

Les Echos

Posted in Finances, International0 Comments

Jean-Claude Trichet : “Le secteur financier doit changer ses valeurs”

Après huit années passées au poste de président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet sera remplacé mardi 1er novembre par Mario Draghi, l’actuel président de la Banque d’Italie. Au moment même où l’euro traverse, de très loin, la plus violente tempête de sa jeune histoire. Avenir de la monnaie unique, application des décisions prises lors du dernier sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la zone euro, réformes à mener, gouvernance à améliorer, etc. : M. Trichet dresse le chemin à suivre. Tout en faisant le bilan de ses huit ans passés à la tête de l’institution de Francfort et en répondant aux critiques.

De nouveaux accords ont été pris dans la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 octobre par les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, trois mois après le sommet du 21 juillet. Est-ce, enfin, le point final de la crise ?

Jean-Claude Trichet : Cet accord doit être appliqué rigoureusement et rapidement dans toutes ses dimensions, y compris celle de l’amélioration de la gouvernance. Les décideurs doivent s’efforcer d’être en avance sur les événements même si le temps des décisions dans nos démocraties n’est pas nécessairement celui des marchés.

Un des principaux défis de la zone euro réside dans la communication avec les investisseurs du reste du monde qui ont de la peine à déchiffrer les processus de décision européens. Pourvu que leurs décisions soient rapidement appliquées, les nations de la zone euro ont les moyens d’améliorer la perception que le reste du monde a de l’Europe.

Il reste quand même des incertitudes… Sur quel point faut-il être le plus vigilant ?

Il faut avancer sur tous les points de manière résolue. S’agissant de la gouvernance, dans le passé, à la BCE, il nous est arrivé de prêcher dans le désert, lorsque la “négligence” était de règle, au niveau des gouvernements, des marchés, et même de nombreux économistes.

Nous avons connu une période où les marchés ne faisaient pas de distinction entre la signature de la Grèce et celle de l’Allemagne, où une majorité d’observateurs jugeaient que le pacte de stabilité et de croissance était un corset trop serré qui empêchait l’Europe de respirer. Où le monde entier estimait que les prêts du FMI (Fonds monétaire international) étaient devenus inutiles. C’était encore le cas au début de 2007 !

Votre successeur, Mario Draghi, a indiqué que la BCE allait poursuivre ses achats d’emprunts d’Etat. Est-ce à dire qu’il a cédé aux pressions politiques ?

Mario a redit ce que le Conseil des gouverneurs avait communiqué auparavant.

L’indépendance de la BCE n’a-t-elle toutefois pas été entravée ?

La question ne se pose pas. Le traité nous demande de ne pas recevoir ni même de solliciter d’instructions de qui que ce soit. Nous n’avons pas demandé de permission pour prendre, le 9 août 2007, des mesures exceptionnelles pour faire face aux premières vagues de turbulence financière. Nous avons été critiqués par l’Allemagne et la France lorsque nous avons refusé de baisser les taux en 2004, et par dix pays sur douze lorsque nous les avons relevés en décembre 2005.

Toutes nos décisions exceptionnelles ont été prises en toute indépendance. Cette indépendance est essentielle.

Vous êtes le capitaine d’un navire traversant une tempête terrible. N’est-ce pas dangereux pour l’euro de devoir le changer en ce moment, pour des questions de mandat ?

Dans la tempête, la direction est claire : le mandat donné par les démocraties européennes. Il faut être en état d’alerte permanent. Les intempéries sont particulièrement intenses depuis quatre ans. L’équipage de la BCE est sur le pont. Il ne change pas. Le futur président est dans le navire depuis des années. Il a participé à toutes les décisions de façon collégiale. Il a une expérience considérable.

Des pays émergents, comme la Chine, pourraient venir en aide à l’Europe, à travers le Fonds européen de stabilité financière (FESF)…

Dans le communiqué du sommet, il y a une augmentation de la capacité d’intervention du FESF, grâce à un effet de levier. Concrètement, cela veut dire qu’en plus des capitaux européens, des capitaux privés – et éventuellement des capitaux publics – venant du monde entier pourraient eux-mêmes s’investir conjointement avec le Fonds de stabilité. Ils le feront parce qu’ils y trouveront intérêt bien sûr.

Comprenez-vous les critiques de l’Allemagne, qui a jugé que la BCE avait été trop loin dans le soutien aux Etats ?

Dans nos démocraties, les critiques sont naturelles et nécessaires. Certaines sensibilités en Allemagne et dans d’autres pays jugent notre politique trop audacieuse. Tandis que d’autres sensibilités ailleurs nous estiment trop précautionneux…

Nous gardons la monnaie pour dix-sept pays, 332 millions de concitoyens et pour toutes les sensibilités. Nous avons un cap, la stabilité des prix et toutes nos décisions exceptionnelles, depuis le 9 août 2007 – la première décision mondiale dans la crise – ont été prises pour nous aider à restaurer une bonne mise en oeuvre de notre politique dans une période de crise sans précédent depuis soixante-cinq ans.

La stabilité des prix a été assurée depuis la création de l’euro, mais l’économie européenne s’est affaiblie, le chômage s’est développé…

Depuis 1999, les prix ont augmenté de 2,0 % par an. Nous avons fait ce qui nous avait été demandé par les démocraties européennes. J’ajouterai que nos concitoyens, les 332 millions d’habitants de la zone euro, sont extrêmement attachés à la stabilité des prix, particulièrement les plus vulnérables. Les enquêtes d’opinion le montrent.

S’agissant de l’emploi, nous avons créé 14 millions d’emplois dans la zone euro depuis la création de la monnaie unique, contre 7 millions pour les Américains. Il faut poursuivre résolument ces efforts de création d’emplois. Les pays les plus attentifs à leur compétitivité et les plus engagés dans les réformes structurelles sont dans une situation meilleure que les autres.

Certaines de vos décisions continuent à faire débat, comme la hausse de vos taux en 2008 quelques semaines avant la chute de la banque américaine Lehman Brothers

A l’époque, il y avait une menace réelle de déstabilisation des anticipations d’inflation sous l’impact de la hausse des prix du pétrole. Bien entendu personne ne pouvait prévoir que Lehman Brothers allait déposer son bilan à la mi-septembre.

Le fait que nous nous soyons toujours montrés très fermes sur la stabilité des prix – moins de 2 % mais proche de 2 % à moyen terme – nous a aidés dans la crise. Parce que nous avons évité la matérialisation du risque de déflation qui devenait, après Lehman, le principal danger. La comparaison des anticipations d’inflation montre que nous avons eu la meilleure protection “antidéflation” au sein des économies avancées comparables.

On voit monter le mouvement des indignés dans le monde. Comprenez-vous ce désarroi face à la mondialisation ?

Nous observons en ce moment des messages multiples et complexes qui soulignent une réelle incompréhension devant la fragilité du système économique et financier mondial. Ces messages sont importants. Précisément, tout l’effort de la communauté internationale, en particulier celui du G 20, qui va se réunir bientôt en France, vise à renforcer la solidité de l’économie mondiale.

Ces messages se nourrissent de plusieurs facteurs au-delà de la fragilité financière observée depuis 2007. Il y a une protestation contre les bonus du secteur financier, qui ne sont pas acceptés par nos démocraties. Le secteur financier doit changer ses valeurs. C’est aussi un chantier ouvert par le G 20.

Il y a aussi un autre message plus complexe, consistant à dire que les changements sont trop rapides. En premier lieu, la science et la technologie progressent à une vitesse sans précédent : grand succès mais qui oblige à l’adaptation permanente. Deuxièmement, les pays émergents, l’ensemble de l’ancien “tiers-monde” progressent à un rythme sans précédent historique : grand succès qui conduit à des transformations économiques importantes. En troisième lieu, l’allongement continu de la durée de la vie est aussi un prodigieux succès mais qui pose des problèmes de financement.

Trois succès remarquables mais très difficiles à maîtriser. Pour les mettre totalement au service de nos concitoyens, il faut un effort permanent d’adaptation de nos sociétés et de nos économies beaucoup plus rapide que par le passé.

Vous avez souhaité la création d’un ministère des finances européen. Pensez-vous que les mentalités sont prêtes ?

Non pas comme président de la BCE mais comme citoyen, j’imagine une évolution pour “demain” et “après-demain”. Demain, il faudrait que l’on puisse imposer à un pays les décisions indispensables après plusieurs refus d’appliquer les recommandations formulées par la gouvernance européenne.

Ainsi, on pourrait éviter qu’une économie particulière puisse influencer négativement la stabilité financière du reste de la zone. Cela demande un changement de traité, désormais explicitement envisagé par les gouvernements de la zone euro, ce dont je me réjouis.

“Après-demain”, on peut envisager un changement institutionnel plus profond, avec un véritable exécutif européen. L’évolution historique de l’Europe dépend entièrement des leçons que nos démocraties tireront de la crise.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je vais d’abord lire beaucoup et beaucoup méditer. Ensuite, je me connais, je sais que je resterai actif !

Le Monde

Posted in Finances, International0 Comments

Le Code des assurances connaît de nouvelles modifications

Le Code des assurances vient de connaître quelques modifications dont l’une interdit l’assurance à crédit, a annoncé le ministère de l’Economie et des Finances.

‘’Il est désormais strictement interdit aux entreprises d’assurance, sous peine de sanctions, de souscrire ou de renouveler un contrat d’assurance dont la prime n’est pas payée au comptant. Par conséquent, l’assurance à crédit est interdite’’, rapporte le Bulletin d’information économique (BIE) de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), citant le ministère de l’Economie et des Finances.

‘’La prise d’effet et le renouvellement du contrat sont subordonnés au paiement de la prime’’, précise la même source.

Cependant, ‘’une dérogation [à ces] dispositions est toutefois accordée pour les contrats dont la prime n’est pas payée au comptant [et ceux] dont la prime excède 80 fois le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), soit actuellement 34.793.280 francs CFA, à condition que le souscripteur, en accord avec la compagnie d’assurance, s’engage par écrit à payer la prime dans un délai maximum de 60 jours’’, fait savoir le BIE.

Le journal précise que ‘’cette dérogation ne concerne pas les contrats des branches automobile, maladie et marchandises transportées, dont les primes doivent être payées préalablement à la prise d’effet ou au renouvellement du contrat, quel que soit leur montant’’.

La prime est payable au domicile de la compagnie d’assurances ou de l’intermédiaire (agent ou courtier).

‘’Lorsque le paiement de la prime est fait au domicile de l’intermédiaire […], les chèques et effets de commerce doivent être libellés à l’ordre de la compagnie d’assurance’’, indique le ministère de l’Economie et des Finances.

Il ajoute que ‘’les seuls paiements en espèces autorisés entre les mains de l’intermédiaire sont ceux se rapportant à des primes n’excédant pas la somme d’un million de francs CFA’’.

Dans le cadre de l’indemnisation du préjudice corporel résultant d’accident de la circulation, les compagnies d’assurance doivent obligatoirement proposer à la victime directe ou aux ayants droit de la victime décédée une indemnité égale au barème, rapporte le BIE.

La direction des assurances du ministère de l’Economie et des Finances ‘’requiert le strict respect de ces importantes dispositions’’ devant contribuer à ‘’l’amélioration de la qualité des services d’assurance, notamment le paiement des sinistres’’.

Ces modifications ont été ‘’apportées’’ par le conseil des ministres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), selon le ministère de l’Economie et des Finances.

Aps

Posted in Economie0 Comments

EXPORTATIONS DU SENEGAL: La bérézina de l’or

Après avoir connu des hausses respectives de 29,54% et de 67,01% entre juin et juillet 2011, les exportations dévissent à -4,0% tandis que les importations reprennent l’ascenseur à +27,2% entre juillet et août 2011. Entre autres, c’est l’or qui aurait tiré les exportations vers le bas.

Evaluées à 100,2 milliards FCfa en août 2011 contre 104,4 milliards FCfa en juillet 2011, les exportations accusent une baisse de 4,0%, résultant essentiellement de la diminution des exportations d’acide phosphorique (-38,8%), du ciment (-37,2%) et surtout de l’or dont les envois ont dégringolé de 65,8% après avoir chuté de 48,09% au mois précédent.

Le dernier bulletin mensuel de l’Agence nationale de la statistique et la démographie(Ansd) fait noter qu’en valeur absolue, les exportations d’or industriel entre juillet et août 2011 ne font guère plus de 2 745 milliards de FCfa pour un volume d’une tonne d’or contre 8 milliards de FCfa en juillet 2011 pour le même volume. En variation annuelle et comparé à la même période de l’année 2010, cela fait une baisse de -76,55 des exportations d’or industriel.

En cumul sur les 8 premiers mois de l’année 2011, les exportations d’or industriel sont évaluées à plus de 67 milliards de FCfa contre plus de 68 milliards de FCfa sur les 8 premiers mois de 2010 soit une baisse de -0,48%.

Par ailleurs, l’accroissement des exportations des produits pétroliers (+22,3%) et celui de l’huile brute d’arachide, qui a atteint 5,0 milliards FCfa contre 1,1 milliard FCfa au mois précédent, a « sauvé la mise » aux exportations, atténuant leur évolution à la baisse tandis que, par rapport à août 2010, les exportations ont tout de même progressé de 22,0%, leur cumul à fin août 2011 atteignant 779,4 milliards FCfa contre 655,2 milliards FCfa pour la période correspondante en 2010, soit une augmentation de 18,9%. Les principaux produits exportés ont ainsi porté sur les produits pétroliers (24,8 milliards FCfa), l’acide phosphorique (13,1 milliards FCfa), les poissons de mer (6,4 milliards FCfa) et le ciment (5,8 milliards FCfa).

Quant aux importations, elles sont ressorties à 297,0 milliards FCfa au cours de la période sous revue contre 233,5 milliards FCfa au mois précédent, soit une progression de 27,2%.

Cette évolution, selon l’analyse de l’Ansd, est imputable au renforcement des achats extérieurs de l’huile brute de pétrole qui ont atteint en valeur 52,4 milliards FCfa contre 648 millions FCfa au mois précédent et à l’accroissement des importations de riz (+30,1%) et des autres produits pétroliers (+16,0%).

Toutefois, cette tendance haussière est atténuée par le repli des importations du sucre raffiné (-24,9%) et du maïs (-89,8%). Comparativement au mois d’août 2010, les importations ont progressé de 69,4% et le cumul des importations, pour les huit premiers mois, est arrêté à 1595,0 milliards FCfa contre 1475,5 milliards FCfa pour la période correspondante en 2010, soit une hausse de 8,1%.

Les principaux produits importés sont composés de l’huile brute de pétrole (52,4 milliards FCfa), des autres produits pétroliers (40,4 milliards FCfa), des autres machines et appareils (26,0 milliards FCfa) et le riz (19,6 milliards FCfa).

Somme toute, la balance commerciale reste déficitaire avec un solde commercial qui s’établit à -196,7 milliards FCfa en août 2011 contre -129,1 milliards FCfa au mois précédent. Cette détérioration est imputable au renforcement du déficit vis-àvis du Nigéria dû à la reprise d’importation d’huile brute de pétrole (-52,1 milliards FCfa) et de la France (-45,7 milliards FCfa). Comparé au mois d’août 2010 (-93,2 milliards FCfa), le déficit s’est renforcé de -196,7 milliards FCfa, alors qu’en cumul sur les huit premiers mois de 2011, le déficit commercial s’est amélioré pour s’établir à -815,6 milliards FCfa en 2011 contre -820,3 milliards FCfa pour la période correspondante en 2010.

Sud Quotidien

Posted in Economie0 Comments

La croissance revient aux Etats-Unis, mais pas suffisamment selon la Maison Blanche

Les chiffres du PIB publiés jeudi aux Etats-Unis témoignent d’une nette amélioration de la croissance américaine et laissent présager un renforcement de la reprise, prélude indispensable à une baisse du chômage de masse qui frappe le pays. Selon la première estimation du département du commerce, le produit intérieur américain a progressé au troisième trimestre de 2,5 % en rythme annualisé par rapport au deuxième.

Le chiffre du gouvernement traduit une nette amélioration par rapport au printemps qui avait vu la croissance remonter à 1,3 % après sa chute à 0,4 % relevée au premier trimestre. La période juillet-septembre apparaît comme le meilleur trimestre de l’économie américaine depuis l’été 2010.

Selon le ministère, la croissance a été portée par l’accélération de la consommation des ménages et de l’investissement privé hors logement, dont la progression conjuguée a apporté 3,3 points de hausse au PIB du pays. Le principal frein à l’amélioration du produit intérieur brut a été le ralentissement, très fort, de la hausse des stocks des entreprises, qui a fait perdre 1,1 point de croissance.

La Maison Blanche a estimé jeudi que la croissance enregistrée au troisième trimestre aux Etats-Unis, bien qu’en hausse, n’était pas suffisante et montrait la nécessité d’une intervention de l’Etat pour la stimuler davantage. Interrogé sur la signification de cette tendance, et sur le fait qu’elle puisse traduire un éloignement du spectre d’un retour dans la récession, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a refusé de se prononcer mais affirmé que l’économie avait besoin d’être aidée. “Ce que nous savons (…) c’est que 2,5 % est meilleur que ce que nous avons eu aux deux précédents trimestres, mais c’est encore insuffisant, et de loin”, a affirmé M. Carney lors de son point de presse quotidien. “C’est la raison pour laquelle nous devons prendre des mesures afin de stimuler davantage la croissance et les créations d’emplois”, a ajouté M. Carney, en évoquant le plan emploi présenté par le président Barack Obama au Congrès à la mi-septembre.

Ce dispositif mêlant mesures de relance et allègements fiscaux, et destiné à éroder un chômage qui se maintient à 9,1 % de la population active depuis juillet, s’est jusqu’ici heurté à l’hostilité des républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et dotés d’une minorité de blocage au Sénat. La stabilité des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage révélée jeudi par le département du travail ne permet guère d’espérer une amélioration en octobre.

Le Monde

Posted in International0 Comments

L’Europe a-t-elle été bradée à la Chine ?

A la dernière minute, l’accord fut finalement trouvé entre Paris et Berlin pour sauver l’euro, dans la nuit de mercredi à jeudi 27 novembre. Mais face à l’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations et au refus des Etats européens de s’endetter davantage, il a fallu faire appel à des investisseurs non européens tels que les pays émergents, dont la Chine.

Ce que l’opposition, en France, a immédiatemment dénoncé. “L’annonce de la participation de grands Etats extérieurs à l’Europe, dans la mise en œuvre de ce fonds, est profondément troublante”, a ainsi estimé François Hollande dans un communiqué. “Peut-on imaginer que si la Chine, par ce biais, venait au secours de la zone euro, elle le ferait sans aucune contrepartie ?”, s’est demandé le candidat socialiste à l’élection présidentielle,  jugeant qu’“il s’agit là d’une dépendance de fait, qui traduit un aveu de faiblesse”. Est-ce le cas? L’Europe a-t-elle été bradée à la Chine ?

LA PARTICIPATION DE LA CHINE ENCORE HYPOTHÉTIQUE

Dans l’accord trouvé, la nuit dernière, entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, le rôle attribué à la Chine est pour l’instant totalement hypothétique. Seules les grandes lignes de l’accord entre Paris et Berlin ont été communiquées ; les détails seront reglés d’ici à fin novembre. Il a été acté qu’un deuxième fonds allait être créé – un fonds qui n’annule ni ne remplace le Fonds européen de stabilité financière (FESF) – et qu’il serait adossé au Fonds monétaire international (FMI).

“Les Etats européens ne veulent plus s’endetter eux-mêmes, car ils sont soumis à la tutelle des marchés financiers et des agences de notation, explique Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. D’où l’idée de ce fonds, qui permettrait de faire appel à n’importe quel type d’investisseurs, européens ou non, privés ou publics”. C’est donc dans le cadre de ce nouveau fonds que la Chine a fait part de son intention de participer et d’acheter des titres de dette publique de la zone euro mais, pour le moment, aucun détail sur les modalités ou sur les chiffres n’a filtré.

LA CHINE CHERCHE À DIVERSIFIER SES INVESTISSEMENTS

Avec son important excédent commercial, la Chine a des réserves de change qu’elle cherche à diversifier, d’autant plus depuis que l’agence Standard and Poor’s a dégradé la note des Etats-Unis. Par ailleurs, la Chine a le “souci majeur” de “faciliter la transition inéluctable d’une économie de production à une économie de consommation”, comme l’a expliqué le sinologue Jean-Luc Domenach au JDD.fr. “Elle ne peut faire cela d’un coup. Donc, elle doit conserver d’importants marchés extérieurs. (…) Elle est en train d’acquérir des moyens pour peser sur les autorités européennes. En mettant le doigt dans [l'économie européenne], elle va donc continuer à y obtenir un accès rentable et manœuvrer pour améliorer ses relations avec chaque État-membre”, analyse-t-il.

LE RISQUE D’UNE DÉPENDANCE À UN GROS INVESTISSEUR

Le problème n’est pas tant celui du pays en lui-même que le fait de faire appel à un gros investisseur externe. Toutefois, pour Sylvain Broyer, économiste à Natixis, c’est une fausse question, car, selon lui, “il n’y avait pas d’autre choix”. La Chine est avant tout un “acteur économique à part entière depuis une dizaine d’années”, qui a intérêt à investir en Europe et avec qui l’Europe a intérêt à traiter, explique-t-il.

Mathieu Plane, de l’OFCE, est plus circonspect. Il  estime que “c’est une solution de court terme”. “Cela rassure les marchés, dit-il, mais je ne pense pas que ce soient des stratégies qui garantissent la stabilité dont la zone euro a besoin. Cela peut donner une indépendance vis-à-vis des marchés, mais crée une dépendance à un autre gros investisseur.” Mathieu Plane pose plusieurs questions: “Si, dans le futur, ce nouveau fonds prend de l’ampleur, voire prend le relais du FESF, et que la Chine investit beaucoup, que se passera-t-il si elle décide de se retirer ? Et si elle se retire, que faudra-t-il faire pour la faire revenir ?”

Enfin, Philippe Ricard, correspondant du Monde à Bruxelles, expliquait dans un chat sur Le Monde.fr que l’intervention de la Chine est “un tournant dans l’histoire des Européens”. “Cela traduit deux choses : d’une part, la montée en puissance des pays émergents depuis le début de la crise financière, en 2008 ; d’autre part, la difficulté des Européens à s’organiser pour appuyer le sauvetage de leurs membres les plus faibles”, analyse-t-il.

UNE SOLUTION DE SECOURS

Pour Mathieu Plaine comme pour Philippe Ricard, la Banque centrale européenne (BCE) aurait pu alimenter ce fonds, ce qui aurait tout autant rassuré les marchés. Mais, comme l’expliquait Arnaud Leparmentier, journaliste du Monde chargé de l’Elysée, dans son blog, à l’idée de transformer le FESF en banque alimentée par la BCE se sont opposés les “non” catégoriques du président de l’institution, Jean-Claude Trichet et d’Angela Merkel.

L’Allemagne craignait notamment que cela n’envoie un message laxiste aux pays fortement endettés, comme la Grèce ou l’Italie, qui pourraient alors avoir le sentiment de pouvoir s’endetter impunément. “Mais l’option d’adosser le fonds de sauvetage à la BCE aurait brisé un nouveau tabou, car contraire aux traités qui interdisent le renflouement d’un Etat par la BCE. Si elle avait été privilégiée, il est probable que les Européens n’auraient pas eu besoin de faire appel à la Chine”, estime Philippe Ricard.

LA CHINE POSE SES CONDITIONS

“La Chine a déjà mis en avant ses conditions, a expliqué Philippe Ricard. Elle demande davantage d’ouverture sur le marché européen; elle exige de recevoir enfin le statut d’économie de marché, que les Européens lui refusent depuis des années; elle encourage aussi les Etats à mettre en place des plans d’économie budgétaire et de réformes pour pouvoir se redresser. Il est certain que le soutien chinois, qui existe déjà par le biais d’investissements dans les obligations d’Etats en difficulté, comme la Grèce ou le Portugal, n’ira pas sans contrepartie.”

Le Monde

Posted in International0 Comments

Autoroute à péage : le tronçon Rufisque-Diamniadio sera ouvert en début janvier

Le tronçon Rufisque Ouest-Diamniadio, de l’autoroute à péage sera ouvert en ‘’début janvier 2012’’, annonce le communiqué du Conseil des ministres.

Le texte précise que l’annonce a été faite par le ministre-conseiller, directeur général de l’APIX qui souligne que l’ouverture de cet axe ‘’permettra aux automobilistes de contourner Rufisque’’.

Aminata Niane a également ‘’informé le Conseil de la mise en service du péage entre la Patte d’Oie et Pikine à partir du 28 octobre 2011.

‘’La mise en péage, a-t-elle ajouté, permettra également d’assurer la bonne maintenance de ces tronçons en attendant la finalisation complète des travaux de l’Autoroute. Elle a, en outre, rappelé que la Route Nationale 1 (RN1), dont la qualité a été rehaussée au même niveau que l’Autoroute, reste gratuite pour les usagers de la route’’, souligne le communiqué.

Le texte ajoute que Mme Niane a ‘’indiqué avoir pris bonne note de la nécessité de procéder à une large campagne de communication envers les usagers de la route sur les avantages liés à l’emprunt de l’Autoroute à péage, notamment en termes de gain de temps et de consommation de carburant’’.

Aps

Posted in Economie0 Comments

Instrument de financement : La loi sur le crédit-bail votée hier

Longtemps réclamée par des acteurs du Conseil présidentiel sur l’investissement, la loi sur le crédit-bail a finalement été votée hier à l’Assemblée nationale.L’Etat dote ainsi le secteur privé notamment, les Petites et moyennes entreprises, d’un instrument efficace de financement.

Longtemps réclamée par les structures financières lors des différentes réunions du Conseil présidentiel sur l’investissement, la loi sur le crédit-bail a été finalement votée hier par l’Assemblée nationale en même temps que les lois de règlement des exercices budgétaires des années 2006 et 2007 et une loi sur les statistiques. C’est ainsi un grand pas qui vient d’être franchi dans la recherche de financement des entreprises sénégalaises, surtout des Petites et moyennes entreprises (Pme) qui peinent souvent à s’acquitter des garanties au niveau des banques pour financer leur développement. En effet, cet instrument est vu par beaucoup comme étant l’outil de financement le plus adapté aux Pme dans ce sens où il leur permet de financer des investissements matériels dans un contexte de libéralisation des marchés où la concurrence est accrue.

Pourtant, le crédit-bail était institué au Sénégal depuis les années 70 par la loi n°71-458 du 22 avril 1971 qui fixait les conditions dans lesquelles les sociétés de leasing ou crédit-bail sont habilitées à exercer leurs activités à côté de la réglementation bancaire du Système comptable ouest africain (Syscoa) et des actes uniformes de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada). Mais, plus de 30 ans après, le décret est devenu inadapté à l’environnement économique actuel, marqué par la nécessité d’une diversification des instruments de financement en particulier des Pme.

Selon le projet de loi remis aux députés, le marché du crédit-bail au Sénégal a été estimé, en 2009, à 5 milliards de francs Cfa seulement pour une activité représentant 0,2 % du marché du crédit. Ce qui, aux yeux du ministre des Finances, qui défendait le projet de loi hier devant les députés, paraît très faible par rapport aux potentielles et aux attentes. En effet, selon Abdoulaye Diop, dans d’autres pays, comme le Maroc et la Tunisie, cette activité a participé à hauteur de 11 % et de 25 % du marché, soit 400 et 250 milliards de francs Cfa respectivement. C’est pourquoi, il était donc devenu nécessaire pour le Sénégal d’élaborer une loi régissant le crédit-bail, plus ambitieuse que le décret de 1971.

Cette nouvelle loi, dit-il, tient compte des spécificités de l’activité et permet de répondre à une demande pressante des sociétés de crédit-bail tendant à obtenir une protection de leurs contrats et des biens qui en font l’objet, par des mesures spécifiques adaptées. Comprenant 7 chapitres, la loi s’articule autour de la sauvegarde des intérêts des parties en définissant les droits et obligations du crédit-preneur, du crédit-bailleur et du fournisseur. Raison pour laquelle, les députés, qui ont voté sans débat la loi, ont salué la pertinence du texte qui répond, selon eux, à des besoins de sécurisation des acteurs impliqués dans les opérations de crédit-bail.

Interpellé par les députés en commission, Abdoulaye Diop, relate le projet de loi remis aux journalistes hier lors de la plénière, estime qu’elle contribuera aux financements des Pme. Car, le ministre de l’Economie et des Finances soutient que cette loi va résoudre le problème de la garantie demandée par les banques et les organismes financiers assimilés.De plus, il pense que l’activité du crédit-bail pourrait dans les 10 ou 15 ans à venir représenter un marché d’environ 80 milliards de francs Cfa.

Walf

Posted in Economie0 Comments

« SONATEL, une cause nationale »

Fort d’une prise de conscience que la SONATEL au-delà de sa réalité sociologique et son envergure sur le landerneau économique national, est  au cœur du débat quotidien de tout sénégalais, le général Mouhamadou Mansour SECK a eu la noble initiative de regrouper  des compétences humaines avérées du secteur pour un conclave dans un hôtel de la place sous le thème « la SONATEL, une cause nationale »

Compte étant tenu du statut dont jouit la dite entreprise devenue sans conteste une fierté nationale étant la seule société sénégalaise cotée à la bourse d’Abidjan et dotée d’une connectivité et d’un réseau fibre optique sans pareil dans la sous région, une certaine opinion trouve maladroit qu’un quelconque différend avec les pouvoirs publics puisse entacher ce succès. C’est pourquoi, sous la houlette du général SECK des Magistrats, officiers supérieurs, anciens ministres, anciens ambassadeurs, experts du secteur, intellectuels de tout bord, travailleurs de la SONATEL etc. ont tenu ce « think tank américain » aux fins de donner des solutions gages d’un partenariat harmonieux pour la réussite exclusive de notre tissu économique.

Confrontant l’expertise de toutes les parties prenantes, monsieur SECK a eu à préciser en marge de cette table ronde, que celle-ci n’avait aucune connotation politique mais exclusivement informer en tant que patriotes soucieux de l’émergence de pays d’informer tout citoyen. C’est ainsi qu’il a été retenu,  après un exposé sur l’état actuel de l’entreprise et les enjeux du secteur dans le pays, la sous région voire le monde, un certain nombre de dispositions afin de surpasser ce différend : tout d’abord il faut créer un cadre de communication entre acteurs pour avoir la bonne information et être en mesure de prendre les bonnes décisions. Sachant le niveau de la concurrence à l’échelle internationale, il est temps de renforcer le champ d’intervention de la SONATEL pour en faire face à ce statut quo. Aussi, il a été demandé de respecter les dispositions juridiques nous liant car cette nouvelle législation (décret portant sur la surtaxe des appels internationaux entrants) car celle-ci est contradictoire avec les textes de l’UEMOA et enfin, il a été demandé de faire une médiation avec les autorités aux fins de trouver la position la plus pertinente.

Même si la teneur de la rencontre n’était pas pour parler de cette affaire, le Directeur Général Cheikh Tidiane MBAYE est un peu revenu sur les 8% que l’Etat compte les imposer et représentant 100milliards de leur bénéfice et pour clore ce chapitre, Mansour CAMA, président de la CNES de dire qu’aujourd’hui il est clair que « l’Etat du Sénégal n’a pas les moyens de prendre en charge 300 milliards du secteur des télécommunications ».

Moustapha SARR

Posted in Economie0 Comments

Songwe, nouvelle Directrice dans cinq pays, dont le Sénégal

La Banque Mondiale a une nouvelle directrice des opérations pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée Bissau et la Mauritanie. Il s’agit de Madame Vera Songwe qui va s’installer au Sénégal.

Les opérations de la Banque Mondiale de la Banque mondiale pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée Bissau et la Mauritanie vont désormais être dirigées par Madame Vera Songwe. La dame d’origine camerounaise a été nommée Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour ces cinq pays. « Elle a été choisie après une procédure de compétition, elle prendra fonction le 14 novembre prochain et va remplacer Monsieur Habib Fetini dont la mission avait pris fin en janvier 2011 », indique le communiqué dont copie nous est parvenue.

Parlant de la nouvelle directrice des opérations, Mme Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique, dira qu’elle apporte à son nouveau poste une combinaison rare de solides aptitudes d’analyse et d’expériences de terrain et des compétences de leadership pour avoir travaillé au niveau global de la Banque mondiale, tout comme au niveau pays et des secteur.

Cependant, même si elle découvre le poste, Mme Songwe a eu à travailler sur l’Afrique, l’Asie du Sud, l’Europe Orientale et l’Asie Centrale, après avoir travaillé comme économiste principale sur plusieurs pays en Asie Orientale. Elle aura la lourde tâche d’aider ces cinq pays à accéder à des partenariats et à mobiliser des ressources.

Mais elle sera aussi chargée d’orienter les équipes sous sa responsabilité à mettre en œuvre les priorités de la Stratégie de la Banque mondiale en Afrique. Mais pour couvrir ces cinq pays, elle d’installera au Sénégal.

Bon à savoir, Mme Songwe est titulaire d’un doctorat en Mathématiques économiques de l’Université Catholique de Louvain (Belgique) et est également diplômée en Economie et en Sciences politiques de l’Université de Michigan.

Réussir Mag

Posted in Economie0 Comments

L’accord européen favorablement accueilli par les marchés

Les Bourses, le pétrole et l’euro accueillaient jeudi 27 octobre favorablement les annonces en provenance de Bruxelles, à l’issue du sommet européen visant à résoudre la crise de la dette en zone euro. Les Bourses asiatiques — les premières à ouvrir dans le monde — étaient en hausse dans la matinée.

La Bourse de Tokyo a terminé la séance de jeudi en forte hausse de 2,04 %. Vers 5 h 15, Hongkong prenait 1,35 %, Shanghaï 0,37 % et Séoul 1 %. Les échanges à la Bourse de Sydney, suspendus en raison d’un incident technique depuis le début de matinée, ont repris en début d’après-midi, avec une hausse de 1,82 %.

Les Bourses européennes ont suivi le mouvement, ouvrant en forte hausse. A 9 h 08, l’indice CAC 40 gagnait 3,86 % flirtant avec la barre de résistance-clé des 3 300 points et dopé par les banques et par Axa ; Société générale grimpait de 13,51 %, Crédit agricole de 12,85 % et BNP Paribas de 12,71 %. Le reste de l’Europe est également à la fête, avec un gain de 3,5 % à Francfort , de 2 % à Londres et de 3,2 % à Milan.

L’ENGAGEMENT JAPONAIS

Le ministre des finances japonais a promis jeudi que son pays prendrait “les mesures nécessaires” pour aider l’Europe à sortir de sa crise d’endettement, après l’accord des dirigeants européens conclu à Bruxelles. “Une Europe stable est dans l’intérêt de notre pays. Nous prendrons les mesures nécessaires au moment approprié”, a déclaré Jun Azumi au Parlement. Depuis le début de l’année, le Japon a investi 2,68 milliards d’euros, soit 20 % du montant total des emprunts émis par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), l’organe de secours créé pour aider les pays trop endettés de la zone euro.

Le chef du FESF, Klaus Regling, doit se rendre à Tokyo ce week-end, après une visite à Pékin. Le Japon est le deuxième plus important détenteur mondial de devises, après la Chine. Tokyo est particulièrement attentif à la situation en zone euro car cette crise contribue à augmenter la valeur du yen, considéré par les investisseurs comme une valeur refuge en temps de crise.

L’EURO DOPÉ

L’euro a brièvement atteint jeudi la barre des 1,40 dollar pour la première fois depuis sept semaines, après l’accord européen contre la crise d’endettement de la zone euro. A 7 h 27, la monnaie unique européenne a coté 1,40 dollar, avant de redescendre autour de 1,3990 dollar. L’euro ne valait que 1,3908 dollar mercredi à 23 heures.

Enfin, le pétrole était en hausse, après la forte baisse de la veille à New York. Dans les échanges électroniques de la matinée, le baril de light sweet crude gagnait 1,11 dollar à 91,31 dollars tandis que le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en décembre prenait 70 cents à 109,61 dollars.

“Les prix du pétrole progressent (…), le marché réagissant à des progrès apparents dans les discussions autour de la crise de la dette” dans la zone euro, a déclaré Victor Shum, analyste chez Purvin and Gertz.

Le Monde

Posted in International0 Comments

Les troubles de l’euro : réévaluer ou dévaluer le franc CFA ?

Aujourd’hui la situation du franc CFA est bien différente de celle qui prévalait lors de la dévaluation de 1994. Si l’on devait actuellement réévaluer la parité de l’euro et du CFA, celui-ci pourrait s’échanger à 550 au lieu de 695. Analyse.

L’Europe et sa monnaie sont en eaux troubles depuis le début de cette année. Les problèmes de trésoreries du « club Med » (Portugal, Espagne, Grèce, Italie) n’ont pas totalement disparu, malgré les pratiques de consolidation des dépenses publiques. Il y a eu beaucoup d’activisme politique ces derniers temps (onze sommets économiques en dix-sept mois) et beaucoup d’argent décaissé pour sauver l’union. Tout cela n’a pas aidé la monnaie européenne, qui s’échange à près de 1,33 dollars comparé à 1,45 en avril 2010. Si la parité nominale entre l’euro et le dollar est déterminée sur le marché des taux de changes par le mécanisme de l’offre et de la demande, la parité entre le franc CFA et l’euro, elle, demeure fixe. En d’autres mots, quel que soit les soubresauts de l’une des deux monnaies, le taux de change demeure « intouchable ».

En 1999, lors de l’arrimage du franc CFA à l’euro, la parité entre ces deux monnaies a été conjointement fixée à 695 francs CFA pour 1 euro. Les idées de référence reviennent toujours à la dévaluation de la monnaie rattachée quand la monnaie de référence connaît une forte appréciation. C’est ce que j’appellerai une « dévaluation induite ».

Faut-il réévaluer ou dévaluer le franc CFA ?

Très souvent, quand la monnaie rattachée connaît une faible croissance économique (faible croissance du PIB réel, déficits de la balance des paiements et dette publique élevée), on s’empresse de dévaluer cette première. C’est la raison principale qui a poussé à la dévaluation du franc CFA en janvier 1994 ! Une raison, qui cependant est moins évoquée, est le fait que la dévaluation induite de 1994 provient aussi de la politique du franc français fort (appréciation de la monnaie), qui, indirectement, laissa la monnaie africaine s’apprécier, occasionnant la perte de sa compétitivité au niveau du commerce international (surtout au niveau des exportations). Cette fois-ci les choses sont différentes !

Les pays de l’euro expérimentent une faible croissance économique, pendant que ceux de la zone franc connaissent une croissance exemplaire. Cette dynamique comparative des deux groupes avait attiré l’attention des experts en 1999, lors de l’arrimage du franc CFA à l’euro. Déjà en 1999, soit quatre années après la dévaluation de janvier 1994, les économies de la zone franc avaient commencé à expérimenter une croissance remarquable.

Il n’est donc pas certain qu’à ce moment les économistes aient évalué correctement la parité réelle entre le franc CFA et l’euro. Après douze années, beaucoup de choses ont changé. Les pays de l’euro connaissent une sortie de récession difficile. Selon le tableau, la zone CFA croît d’une façon remarquable pendant que l’Europe et la France se « cherchent ». Si l’on devait actuellement réévaluer la parité de l’euro et du CFA, celle-ci pourrait s’échanger à 550 au lieu de 695. La dernière fois que la monnaie africaine a connu une réévaluation date d’octobre 1948, 1 franc CFA faisait alors deux fois le franc français !

Pas besoin d’une réévaluation

La question n’est pas cependant à ce niveau. Une réévaluation nominale de la parité fixe de la relation euro/franc CFA, en ce moment, rendrait les produits d’exportations chers, surtout dans l’espace européen. Elle aurait cependant l’avantage de rendre les importations plus abordables. Les pays de la zone franc n’ont vraiment pas besoin d’une réévaluation de leur monnaie, celle-ci ramerait à contre-courant de leur croissance économique qui, elle-même, est fondée sur les exportations de leurs matières premières. Une réévaluation du franc CFA donnerait la perception que ces économies expérimenteraient en ce moment une situation de surchauffe et de surplus de leurs balances de paiements. La réalité est différente. C’est vrai, il y a croissance dans la zone, mais celle-ci n’a pas encore atteint la phase implosive. Quant aux balances de paiements, leur « surplus » est encore loin.

A mon avis, la dépréciation, à l’heure actuelle, de l’euro par rapport au dollar implique indirectement une dépréciation (dévaluation en terme réel) du franc CFA par rapport au dollar américain, situation à l’avantage des pays de la zone franc.

Il serait donc sage de ne pas changer la parité du franc CFA. On ne change pas une équipe qui gagne, la monnaie africaine paraît plus puissante que jamais. C’est la raison pour laquelle elle vient d’être cotée à la bourse des valeurs de Casablanca.

Une idée fallacieuse

Certains économistes ont énoncé l’idée de dévaluer nominalement le franc CFA. Cette idée est fallacieuse, tant elle ne cadre pas avec la croissance économique de la zone franc. Selon le rapport régional du FMI, la croissance du PIB réel de la zone franc atteindrait 5,3% en 2012. Si l’on considère le PIB par habitant, la zone franc passerait de 0,7 en 2011 à 2,7 en 2012, soit une hausse de 74%. L’inflation se situerait aux alentours des 2%. La capacité de paiements extérieurs de ces pays est de sept mois, soit deux fois le minimum requis de trois mois. A la vue de ces données, la zone franc ne paraît pas candidate à une quelconque dévaluation.

Les Afriques

Posted in Finances0 Comments

Afrique : les impayés menacent la note de plusiers pays de la zone franc, selon Fitch Ratings Lire l’articlAfrique : les impayés menacent la note de plusiers pays de la zone franc, selon Fitch Ratings

L’agence de notation financière Fitch Ratings a estimé lundi que la note de certains États africains de la zone franc était menacée en raison du poids des impayés à leurs créanciers. Sont cités par l’agence, le Cameroun, le Gabon et le Bénin.

Selon l’agence de notation financière Fitch Ratings, certains gouvernements africains de la zone franc, comme le Cameroun, le Bénin et le Gabon, pourraient voir leur note dégradée. Dans un communiqué, l’agence indique que leur accumulation d’arriérés « ne constitue pas un défaut » de paiement, mais « reflète souvent des difficultés pour réaliser les paiements ou des querelles contractuelles plutôt qu’une incapacité ou une volonté du pays de ne pas payer ».

En 2010, ces impayés s’élèvent, selon l’agence, à 1,8% du PIB de l’union monétaire ouest-africaine (UEMOA, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo).

Et dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ils pèsent en moyenne 3,6% du PIB dans quatre des six pays de la zone (Tchad, Centrafrique, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Congo)

Les dettes en monnaie locale du Cameroun, Bénin et Gabon, tous les trois cités par l’agence de notation, sont respectivement notées “B-”, “B”, et “BB-”.

Gestion des finances publiques

Ftich Ratings précise que dans ce contexte certains États, comme le Cameroun, choisissent d’honorer prioritairement leurs créanciers internationaux, avant leurs créanciers nationaux. Une décision qui n’est pas sans risques prévient l’agence : « les retards de paiement du gouvernement au secteur privé peuvent affaiblir la confiance et l’activité, particulièrement là où les gouvernements jouent un rôle majeur dans l’économie. Un secteur privé faible peut affecter les équilibres des banques et leur capacité à prêter ».

Pour Fitch Ratings, ces arriérés sont avant tout symptomatiques, soit d’une mauvaise gestion des finances publiques, soit d’une « instabilité politique » (la Côte d’Ivoire début 2011) ou encore de dépenses de période pré-électorale.

Jeune Afrique

Posted in Finances0 Comments

Après la chute du cours du blé : Les boulangers réclament la baisse du prix du pain

La hausse du prix du blé qui avait provoqué la revue du prix de la farine ayant connu la tendance inverse, le patron des boulangers du Sénégal, Amadou Gaye, demande à l’Etat de revoir à la baisse le prix du blé et par ricochet celui de la baguette de pain.

Le cours du blé sur le marché mondial ayant fléchi depuis quelque temps, les boulangers du Sénégal réclament de l’Etat la révision du prix du sac de farine et par conséquent la baisse du prix du pain. L’exigence est de Amadou Gaye, président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs), qui participait hier aux 4e assises du Comité régional de pilotage du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest. Selon lui, si en septembre 2010, le prix du blé avait fortement augmenté sur le marché international et que, naturellement, les meuniers avaient demandé et obtenu que le sac de farine passe de 14 600 francs Cfa à 20 600 francs, la situation inverse doit s’opérer lorsque les facteurs changent. ‘On constate aujourd’hui que le prix du blé a fortement baissé sur le marché mondial mais que le prix de la farine est resté intact. Les boulangers ne peuvent rien faire à eux seuls parce qu’ils sont dans un régime d’homologation. C’est à l’Etat et aux meuniers de baisser le prix de la farine. Nous avons pris le soin de demander à ces responsables d’ajuster le prix de la farine’, indique Amadou Gaye.

Qui soutient que les conditions sont totalement réunies aujourd’hui pour que les boulangers exigent la baisse du prix de la farine et, par ricochets, du pain. ‘Si la situation continue, nous serons dans l’obligation de crier haut et fort qu’on la baisse pour que le consommateur puisse en bénéficier. Si la farine baisse de 6 mille, on baisse automatiquement le prix du pain’, confie-t-il. Non sans dénoncer la hausse du prix du carburant dans leur secteur dû, entre autres, à la crise énergétique qui secoue le pays. ‘En 2010, au moment où l’on fixait le prix du pain, on achetait notre gasoil à 400 francs Cfa hors taxes, mais aujourd’hui on en est à 600 francs pour ceux qui ont une exonération et à plus de 700 francs à la pompe pour les autres. Tous les ingrédients sont réunis pour que cela explose’, poursuit le président de la Fnbs.

Regrettant la dépendance du Sénégal en blé pour produire de la farine, Amadou Gaye invite l’Etat, les producteurs et les populations à faire la promotion des céréales locales. Car, pour lui, il est dangereux de laisser prospérer l’importation en grande quantité de blé. ‘On est passé de 257 mille tonnes de blé importé en 2000 à 457 mille tonnes en 2010. Et si on fait des projections jusqu’en 2020, on en sera à plus d’un million de tonnes de blé’, note Gaye qui demande à l’Etat de réguler sans pour autant empêcher aux meuniers de faire leur business. Ce qui, à son avis, peut passer par l’introduction des céréales locales dans la fabrication du pain. Une incorporation qui serait très bénéfique pour le monde rural sénégalais. Parce que pouvant permettre aux producteurs de faire plus de mil, de maïs, niébé, qu’ils n’en produisaient jusqu’ici, et d’en tirer des revenus supplémentaires. Elle permettrait également de faire baisser fortement les importations de blé. Aussi, fait remarquer Amadou Gaye, cette politique d’incorporation, si elle atteignait 15 à 30 % de céréales locales, pourrait régler un problème nutritionnel. Cela, parce que ces farines sont très riches en protéines et on permis au Sénégal de gagner le championnat du monde de pain.

Walf

Posted in Economie0 Comments






Publicité

Google

Google Adsense