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INDUSTRIE SENEGALAISE: Un nouvel élan ?

INDUSTRIE SENEGALAISE: Un nouvel élan ?

En considérant la Valeur ajoutée manufacturière (VAM) par habitant qui mesure sa capacité manufacturière, le Sénégal, encore fortement tributaire d’exportations de ressources naturelles non transformées, est  « en retard » dans son industrialisation. Cependant, avec les derniers projets industriels que le ministre de l’Industrie a visités la semaine dernière, l’espoir est permis pour renverser la tendance.

Sur les cendres de la défunte BATA  dans la zone de Rufisque, sur la Nationale 1 et sur une superficie de trois hectares, CCBM INDUSTRIES a installé ses quartiers que le ministre de l’Industrie, Abdoulaye Baldé, a visités le jeudi 22 septembre dernier, accompagné par une forte délégation composée de ses proches collaborateurs et des autorités administratives régionales de Dakar. C’est là que le Groupe de Serigne Mboup ambitionne, dans deux ans, de produire quelque 4500 véhicules par an et destinés au marché automobile local. Pour l’heure, l’usine est dotée de deux lignes de montage pour un volume journalier de 15 véhicules utilitaires et 4×4 CHERY et GREAT WALL, des marques asiatiques dont le groupe jusqu’ici, était l’importateur précurseur au Sénégal.

Avec un investissement de 11 milliards de FCfa selon le Pdg du groupe CCBM Industries, Serigne Mboup, « l’usine tourne aujourd’hui avec 85 employés sénégalais et compte atteindre 700 emplois dans un an voire mille dans deux ans », a précisé M. Mboup.

Du chassis au moteur en passant par la carrosserie, tout est assemblé ici et les ouvriers sénégalais, sous la supervision de quelques chinois, s’affairent au fur et à mesure que la visite se poursuit. Selon Moussa Faye, directeur de l’usine, l’installation des équipements s’est fait au mois de juin 2011 et un mois après, en juillet, la formation du personnel et la production ont démarré.

L’usine utilise des pièces détachées importées de la République de Chine et tout le matériel provient de la Chine, mais d’ici à cinq ans, selon le PDG de CCBM Holding, « notre objectif est de fabriquer, sur place, des voitures typiquement sénégalaises”.
Des voitures dont le prix, comme il l’a fait savoir, devrait à court terme, baisser considérablement et coûter entre trois et cinq millions, toutes taxes comprises TTC.

C’est un ministre de l’Industrie visiblement « satisfait et fier », qui a ainsi promis « un appui constant du gouvernement à l’industrie automobile » avant de s’ébranler avec son cortège, à quelques kilomètres plus loin dans la zone de Sébikotane, pour visiter un autre projet, celui-là plus structurant, qui sort de terre.

Dur comme fer

Jusqu’ici, la ferraille brute fait l’objet d’une exportation de l’ordre de 250 000 tonnes, sans subir aucune transformation et donc sans aucune valeur ajoutée. C’est là que réside l’intérêt du projet Someta(Société métallurgique d’Afrique) dont le chantier a reçu la visite du ministre de tutelle Abdoulaye Baldé, en compagnie d’une forte délégation par une matinée chaude et trépidante.

Avec une importation annuelle de 300 000 tonnes de fer à béton, le marché local est estimé à quelque 90 milliards de FCfa dont 80% sont importés par Afric Metal, Socemat, Siba, entre autres. Une production locale serait ainsi la bienvenue. C’est justement ce que se propose de faire la SOMETA qui s’est installée il y a un an au Sénégal, précisément à Sébikotane, à environ 40 km de Dakar, à quelques encablures de la zone minière des Niayes.

Encore en chantier, l’usine à capitaux essentiellement chinois et qui bénéficie du régime d’Entreprise franche d’exportation(Efe), est à 90% installée, avec le démarrage prévu pour mi-novembre, selon le Coordonnateur du projet, Pape Sarr.
Pour un investissement de 7 milliards de FCfa financé à 90% par la Someta, l’usine table au départ sur une production annuelle de 150 000 tonnes de fer à béton. De quoi résorber de moitié les besoins du marché local avec « un objectif, dans les quatre prochaines années, d’atteindre une production annuelle d’un million de tonnes et de viser la sous-région», indique encore Pape Sarr.

Le projet semble d’autant plus intéressant que les banques de la place comme Attijari, Ecobank ou encore la BID(Banque islamique de développement) se bousculeraient au portillon pour prendre au financement. De quoi susciter chez le Directeur de l’Industrie, Ibrahima Bass, un certain optimisme quant au caractère structurant de ce projet, « avec ses retombées en termes de création d’emplois, de réduction des importations et de baisse des coûts de construction », dit-il, en soulignant l’aspect décentralisation du projet mais aussi, un aspect important relatif à la nouvelle présence des chinois dans l’industrie au Sénégal « alors qu’ils étaient confinés jusque-là dans le commerce. » Aussi, invite-t-il à un soutien de ce projet « pour une montée en puissance en espérant que celui-ci contribue également à la valorisation du fer de la Falémé, par exemple.»

Il faut cependant souligner que ce n’est pas une première au Sénégal car des unités de transformation de la ferraille existent bel et bien au Sénégal. Sauf que, comme l’explique le coordonnateur du projet, « elles font du fer à béton à froid après avoir importé la matière première et sans respecter les normes édictées. C’est là toute la différence avec le projet Someta qui va produire du fer à béton à chaud à partir de la matière première locale. »

Sud Quotidien

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