Qu’est ce que le Casa Sports a de commun avec le MFDC ? Une seule chose et énormément de différences. Le Casa Sports comme la MFDC se projette géographiquement (région naturelle de Casamance). C’est pourquoi la victoire du Casa Sports a été fêtée aussi bien à Ziguinchor, qu’à Sedhiou et à Kolda. A part ça tout différencie le Casa Sport du MFDC. Le Casa Sports est l’incarnation du régionalisme positif contrairement au MFDC. La victoire du Casa Sports montre qu’il y a ni ostracisme ni complot ni mépris qui ont entrainé des « frustrations » justifiant qu’on prenne les armes contre la république. Ces idées sont comme le poison de « Mein Kampf » version Diamacoune. La nation est plurielle mais indivisible c’est pourquoi le régionalisme n’a rien de négatif. Il y a bien un particularisme Saint-Louisien, un régionalisme très positif Djolof-Djoloff et Foutanké. Apres Emile Badiane, et Ibou Diallo le Casa Sports des années 70 a été le continuateur de ce régionalisme positif casamançais avant que le pirate identitaire Diamacoune ne le détourne pour le faire atterrir dans les sentiers tortueux de la rébellion qui a fait cette région paradisiaque un enfer. C’est une heureuse coïncidence et un grand symbole que le Casa sports renaisse de ses cendres au moment où les thèses fallacieuses de Diamacoune réduites en cendre sont dans les poubelles de l’histoire. La guerre de Casamance comme la guerre de sécession malgré ses horreurs et les souffrances permettra à la nation d’être plus forte parce qu’elle a permis à tous les sénégalais de se rendre compte que même si elle est indivisible, la nation est plurielle. C’est un non sens de parler de nation une et indivisible. Il n’y a que l’ethnie qui est une. La guerre en Casamance nous a, au moins permis de savoir les limites du « modèle islamo wolof » comme disent Mamadou Diouf et Momar Coumba Diop. Le Sénégal c’est aussi nos compatriotes chrétiens, les bassaris et le koniagui de Kédougou. La victoire du Casa Sports, la candidature de Robert Sagna à la Présidentielle et l’exemple de Pierre Atépa Goudiaby qui a emprunté l’ascenseur social de la république mais surtout le taux de participation massive des casamançais aux rendez vous électoraux nationaux sont autant d’éléments qui rendent anachroniques la revendication indépendantiste du MFDC.
Candidature unique : le sexe des anges
Le débat sur la candidature unique de Bennoo est comme le débat sur le sexe des anges au Moyen âge. Une pure perte de temps pour un débat sans intérêt. En voulant un candidat unique qu’il sait manifestement impossible Bennoo s’enferme dans un pari pascalien à l’envers c’est dire qu’il perd à tous les coups. Benno sait depuis le début que la candidature unique est impossible et donc annoncer qu’ils n’ont pas eu de consensus est un mauvais signal à l’opinion. Deuxièmement, la candidature unique est la meilleure façon de perdre la Présidentielle pour une raison simple. Dans une élection Présidentielle toute candidature est une contestation du candidat sortant. Secondo, dans la Présidentielle, tout vote qui n’est pas pour Wade est forcement contre Wade que ce soit pour Niasse, Tanor, Idy, Macky, Talla Sylla. Peu importe c’est une voix contre Wade. Si par exemple Talla Sylla se présente et qu’il a 1 000 voix c’est 1000 contre Wade alors que si Talla Sylla n’est pas candidat, Wade pourrait en récupérer 500. Donc plus, il y de candidats, plus il y a de voix contre Wade et plus on se rapproche d’un second tour. C’est de la logique pour ne pas dire du bon sens. En plus la candidature plurielle permet de « geler » les rivalités homériques et les règlements de compte politico historiques entre Niasse et Tanor par les électeurs vont trancher le débat de la représentativité au premier tour de la Présidentielle qui serait ainsi une primaire entre les leaders de Bennoo. La question de la représentativité étant tranchée au premier tour par les électeurs, il ne resterait qu’aux leaders de Bennoo de le soutenir au second tour. En perdant autant de temps sur la candidature unique Bennoo se trompe d’élection. Une candidature unique de l’opposition n’a de sens que lors d’une Présidentielle à un seul tour où lors d’élections locales comme en 2009 qui avec le « raw gadou » a permis à Bennoo de prendre les grandes villes du pays. Depuis sa victoire de 2009, Bennoo dort sur des lauriers fanés depuis longtemps. A cinq mois de la Présidentielle, il est temps de se réveiller.
Senat
Pour aller vers l’alternance, le Senat français y est allé à pas de sénateurs (prendre tout son temps). Le Senat a mis plus de 50 ans pour changer de majorité. Dans les démocraties normales le Senat joue un grand rôle dans la régulation démocratique. A Rome, c’est le sénat qui sauva la république en mettant fin au projet dynastique de Jules Cesar qui tomba sous les coups de poignards des Sénateurs à l’intérieur même de sénat. Aux Etats Unis, le Senat tempère souvent les ardeurs et la fougue de la chambre des représentants. Pour la France, le Senat est le meilleur rempart contre la dictature de la majorité à l’assemblée. Les français sont tres attachés à leur Senat parce que deux fois interrogés sur la suppression du Senat par referendum (1946 et 1969), ils ont répondu non. C’est cette chambre haute qui a toujours été un bastion de la droite dans toute l’histoire de la Ve république que Sarkozy vient de perdre. C’est un signe tres négatif pour la prochaine élection présidentielle pour deux raisons. Un : le Senat va bloquer toutes ses reformes. Deux : ce changement de majorité montre aussi les élus (le corps électoral du Sénat) suivent l’air du temps. Sarko est dans les bas fonds des sondages et la perte du Senat complique davantage sa réélection. Cet événement que constitue l’alternance au Senat français nous rappelle nous aussi au Sénégal que nous avons un Senat. En fait où sont nos sénateurs, que font-ils ? Quelle loi porte leur empreinte ? Ont-ils été à l’origine d’une reforme ?
Arabie Saoudite : Abdallah et la reforme de la monarchie
En Arabie Saoudite, où une femme peut être condamnée à être fouettée pour avoir conduit une voiture, le Roi Abdallah vient d’attribuer le droit de vote aux femmes en 2015. C’est une révolution dans ce royaume très conservateur. Le Roi Abdallah veut moderniser le Royaume par la reforme. C’est tout le problème parce que comme l’URSS, le royaume a été conçu de façon monolithique pour ne pas être reformé. La reforme de Gorbatchev a été à l’origine de la dislocation de l’URSS et il faudra beaucoup de finesse et un grand sens de l’équilibre au Roi Abdallah pour éviter le syndrome soviétique. Sur le principe, il a raison. Si des femmes conduisaient des caravanes à l’époque du prophète, on ne voit pas pourquoi elles n’auraient pas le droit de conduire une voiture. Abdallah a raison de prendre les devants parce que l’Arabie Saoudite ne pouvait pas être à l’abri du printemps arabe et du changement, qui comme une tempête de sable allait tôt ou tard secouer la tente saoudienne parce que le monde arabe compte trois grands pays : l’Egypte, déjà traversé par la tempête de sable du changement, l’Irak, en pleine mutation démocratique. Il ne manquait plus que l’Arabie Saoudite et Abdallah a saisi l’avis de tempête et s’y prépare pour sauver sa tente.






















