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Blog de Yoro DIA

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Les experts et les fédayins

Le Président Wade admettait récemment avoir la bataille pour l’opinion internationale. En attendant l’avis du conseil constitutionnel qui comme les desseins de la Providence sont impénétrables, Wade a largement perdu la bataille de l’opinion sur la recevabilité de sa candidature. Et dans une démocratie, la bataille de l’opinion est la mère des batailles. Dans l’histoire des caricatures  danoises, il y en a une qui dit « c’est dur d’être aimé par des cons ». C’est exactement ce qui explique cette bérézina de la bataille de l’opinion. Alors que l’opposition mobilise tous les constitutionnalistes du pays dont des rédacteurs de la constitution qui s’appuient sur leur légitimité académique pour déconstruire l’argumentaire de Wade, qu’est-ce- qu’on a en face ? Des fédayins. Des rouges alors que l’heure est aux experts. Certes le temps du droit n’est pas le temps de la  politique mais le conseil constitutionnel ne pourra pas rester insensible à une telle pression de l’opinion. L’opposition a une stratégie redoutablement efficace qui se divise en deux parties. Premièrement, convaincre l’opinion que le droit est de son coté.  Deuxièmement, engager la bataille politique qui consiste à agir sur l’opinion pour qu’elle mette la pression sur le conseil constitutionnel. Ce qui fait que même si par extraordinaire, le conseil constitutionnel validait la candidature de Wade, l’opinion la prendrait comme un affront, une forfaiture qui se laverait dans les urnes.  En enfourchant déjà la trompette de l’incompétence de Conseil Constitutionnel, le camp de Wade montre qu’il est à court d’arguments parce qu’on ne voit pas par quel miracle le conseil dans une irresponsabilité illimitée se déclarerait incompétent ouvrant ainsi le tonneau des danaïdes sur le plan politique. Cet argument montre que l’opposition a touché un point faible et l’une des premières règles en matière de stratégie consiste à ne jamais montrer à son adversaire qu’on est touché parce qu’il va encore taper là ou ça fait mal.

Khadaffi : BHL plus fort que Reagan

Apres avoir survécu à Reagan, Khaddafi a été terrassé par l’OTAN.  Khaddafi qui sort de la scène, c’est un dictateur de moins et le monde ne s’en portera que mieux mais il  ya plusieurs leçons à tirer de sa chute. C’est tout de même surréaliste que ce soit le Secrétaire général de l’Otan qui annonce la chute de Khaddafi depuis ses bureaux à Bruxelles qui  a quand même réussi à tenir pendant 6 mois face  à la plus grande alliance militaire de tous les temps. Depuis la chute de l’URSS et la dislocation du bloc de l’est, l’OTAN se cherche une nouvelle mission et une raison d’exister. Autant son intervention en Afghanistan se justifie parce que l’organisation a pour mission d’organiser des représailles collectives contre toute agression d’un Etat membre. Le 11 septembre, les Etats Unis étant agressés par Al Qaeda, l’acte est considéré comme une attaque contre tous les Etats membres d’où l’intervention en Afghanistan qui abritait Ben Laden. Pour le cas de la Libye, il n’en est rien à moins que l’OTAN soit devenue entre temps une armada  pour démocratiser le monde. La deuxième leçon montre qu’après la mort de Ben Laden, le philosophe très médiatique  Bernard Henry Levy est devenu l’homme le plus puissant du monde après le Président des Etats Unis. Apres une visite à Bengazi, BHL a réussi à transformer ce qui était des manifestations de rue en guerre impliquant l’OTAN avec en tête la France, les Etats Unis et la Grande Bretagne grâce à sa connaissance du fonctionnement des mécanismes de l’opinion et des connivences au sommet de l’Etat français. Nous sommes bien dans l’ère des « individus superpuissances ». Traditionnellement, le diplomate et le soldat  qui relèvent tous de l’Etat étaient les principaux acteurs des relations internationales, dorénavant il faut compter avec les individus superpuissance. Jacques Prévert avait raison en disant que « c’est dangereux de laisser les intellectuels jouer avec des allumettes ». Paul Wolfowitz a mis le feu en Irak et BHL vient de réussir la où Reagan a échoué : faire dégager Khaddafi. Qu’attendent donc les Syriens et les Yéménites pour faire venir BHL qui est devenu l’hirondelle qui annonce l’arrivée de l’OTAN pour faire accoucher les révolutions. La dernière leçon : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en oubliant la contribution décisive de Khaddafi dans la lutte contre l’apartheid. D’ailleurs, Mandela a réservé l’une de ses premières sorties de chef d’Etat à Khaddafi, considéré à l’époque comme un paria, pour le remercier bravant ainsi l’embargo qui frappait ce pays.

DSK

Apres l’abandon des poursuites contre DSK, faut-il jeter la pierre à la justice américaine ? Certainement pas. En s’attaquant au Directeur Général du FMI, accusée par une femme de chambre immigrée, la justice américaine  a prouvé que l’égalité devant la loi au delà du principe est une réalité concrète dans la patrie de Thomas Paine auteur de commen sense. Nafissatou Diallo a-t-elle victime  de DSK ? Probablement oui mais dans le système américain ce n’est pas suffisant. En plus elle a commis un péché capital qui s’appelle le mensonge dans la très libérale mais aussi très puritaine Amérique et le Procureur Vance qui jouait aussi son avenir politique dans l’affaire n’a pas voulu prendre de risque avec une accusatrice coupable du délit de mensonge, un péché capital aux Etats Unis. L’offensive médiatique de Nafissatou Diallo passée de l’ombre aux feux des projecteurs, n’y aura pas changé grand-chose, les avocats de DSK avaient réussi à semer le doute dans les esprits en démontant la crédibilité de Nafissatou Diallo qui a perdu la bataille de New York mais a gagné la guerre de Paris parce que l’Elysée s’est fermée définitivement pour DSK. On peut tolérer une première dame qui a posé nue mais un Président menotté en tenue de détenu pour affaire de mœurs c’est impensable.

Taxer les riches : la nouvelle révolution transatlantique

« Alors que la majeure partie des Américains lutte pour joindre les deux bouts, les méga-riches, continuent à bénéficier d’extraordinaires réductions d’impôts». Imaginez qui tient ces propos révolutionnaires. Si vous pensez l’avoir lu dans le capital de Marx ou les questions du mode vie de Leon Trotsky, vous n’y êtes pas du tout. C’est le résumé d’une contribution de Warren Buffet dans le New York dans le New Times il ya quelques jours. L’idée qui a été reprise en France par Maurice Levy en France a eu paradoxalement un écho très favorable auprès des grands patrons français.  « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés » dit Levy  dans sa  tribune du monde Levy   en invitant à une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». Cette tribune de Levy a été plus efficace que toutes les croisades de la gauche contre le bouclier fiscal cher à Sarkozy. Les riches qui demandent un impôt sur la fortune au nom de la solidarité et du lien social est une idée révolutionnaire et fort intéressante qui rappelle que stabilité  et l’ordre social est la garantie de la jouissance de la richesse et de la sphère privée et les émeutes de l’électricité du 26 juin l’ont prouvé au Sénégal. Que de sueurs froides dans de grosses bolides sur la VDN et la route de l’aéroport ce jour là.

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