Archive | August, 2011

Blog de Yoro DIA

Les experts et les fédayins

Le Président Wade admettait récemment avoir la bataille pour l’opinion internationale. En attendant l’avis du conseil constitutionnel qui comme les desseins de la Providence sont impénétrables, Wade a largement perdu la bataille de l’opinion sur la recevabilité de sa candidature. Et dans une démocratie, la bataille de l’opinion est la mère des batailles. Dans l’histoire des caricatures  danoises, il y en a une qui dit « c’est dur d’être aimé par des cons ». C’est exactement ce qui explique cette bérézina de la bataille de l’opinion. Alors que l’opposition mobilise tous les constitutionnalistes du pays dont des rédacteurs de la constitution qui s’appuient sur leur légitimité académique pour déconstruire l’argumentaire de Wade, qu’est-ce- qu’on a en face ? Des fédayins. Des rouges alors que l’heure est aux experts. Certes le temps du droit n’est pas le temps de la  politique mais le conseil constitutionnel ne pourra pas rester insensible à une telle pression de l’opinion. L’opposition a une stratégie redoutablement efficace qui se divise en deux parties. Premièrement, convaincre l’opinion que le droit est de son coté.  Deuxièmement, engager la bataille politique qui consiste à agir sur l’opinion pour qu’elle mette la pression sur le conseil constitutionnel. Ce qui fait que même si par extraordinaire, le conseil constitutionnel validait la candidature de Wade, l’opinion la prendrait comme un affront, une forfaiture qui se laverait dans les urnes.  En enfourchant déjà la trompette de l’incompétence de Conseil Constitutionnel, le camp de Wade montre qu’il est à court d’arguments parce qu’on ne voit pas par quel miracle le conseil dans une irresponsabilité illimitée se déclarerait incompétent ouvrant ainsi le tonneau des danaïdes sur le plan politique. Cet argument montre que l’opposition a touché un point faible et l’une des premières règles en matière de stratégie consiste à ne jamais montrer à son adversaire qu’on est touché parce qu’il va encore taper là ou ça fait mal.

Khadaffi : BHL plus fort que Reagan

Apres avoir survécu à Reagan, Khaddafi a été terrassé par l’OTAN.  Khaddafi qui sort de la scène, c’est un dictateur de moins et le monde ne s’en portera que mieux mais il  ya plusieurs leçons à tirer de sa chute. C’est tout de même surréaliste que ce soit le Secrétaire général de l’Otan qui annonce la chute de Khaddafi depuis ses bureaux à Bruxelles qui  a quand même réussi à tenir pendant 6 mois face  à la plus grande alliance militaire de tous les temps. Depuis la chute de l’URSS et la dislocation du bloc de l’est, l’OTAN se cherche une nouvelle mission et une raison d’exister. Autant son intervention en Afghanistan se justifie parce que l’organisation a pour mission d’organiser des représailles collectives contre toute agression d’un Etat membre. Le 11 septembre, les Etats Unis étant agressés par Al Qaeda, l’acte est considéré comme une attaque contre tous les Etats membres d’où l’intervention en Afghanistan qui abritait Ben Laden. Pour le cas de la Libye, il n’en est rien à moins que l’OTAN soit devenue entre temps une armada  pour démocratiser le monde. La deuxième leçon montre qu’après la mort de Ben Laden, le philosophe très médiatique  Bernard Henry Levy est devenu l’homme le plus puissant du monde après le Président des Etats Unis. Apres une visite à Bengazi, BHL a réussi à transformer ce qui était des manifestations de rue en guerre impliquant l’OTAN avec en tête la France, les Etats Unis et la Grande Bretagne grâce à sa connaissance du fonctionnement des mécanismes de l’opinion et des connivences au sommet de l’Etat français. Nous sommes bien dans l’ère des « individus superpuissances ». Traditionnellement, le diplomate et le soldat  qui relèvent tous de l’Etat étaient les principaux acteurs des relations internationales, dorénavant il faut compter avec les individus superpuissance. Jacques Prévert avait raison en disant que « c’est dangereux de laisser les intellectuels jouer avec des allumettes ». Paul Wolfowitz a mis le feu en Irak et BHL vient de réussir la où Reagan a échoué : faire dégager Khaddafi. Qu’attendent donc les Syriens et les Yéménites pour faire venir BHL qui est devenu l’hirondelle qui annonce l’arrivée de l’OTAN pour faire accoucher les révolutions. La dernière leçon : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en oubliant la contribution décisive de Khaddafi dans la lutte contre l’apartheid. D’ailleurs, Mandela a réservé l’une de ses premières sorties de chef d’Etat à Khaddafi, considéré à l’époque comme un paria, pour le remercier bravant ainsi l’embargo qui frappait ce pays.

DSK

Apres l’abandon des poursuites contre DSK, faut-il jeter la pierre à la justice américaine ? Certainement pas. En s’attaquant au Directeur Général du FMI, accusée par une femme de chambre immigrée, la justice américaine  a prouvé que l’égalité devant la loi au delà du principe est une réalité concrète dans la patrie de Thomas Paine auteur de commen sense. Nafissatou Diallo a-t-elle victime  de DSK ? Probablement oui mais dans le système américain ce n’est pas suffisant. En plus elle a commis un péché capital qui s’appelle le mensonge dans la très libérale mais aussi très puritaine Amérique et le Procureur Vance qui jouait aussi son avenir politique dans l’affaire n’a pas voulu prendre de risque avec une accusatrice coupable du délit de mensonge, un péché capital aux Etats Unis. L’offensive médiatique de Nafissatou Diallo passée de l’ombre aux feux des projecteurs, n’y aura pas changé grand-chose, les avocats de DSK avaient réussi à semer le doute dans les esprits en démontant la crédibilité de Nafissatou Diallo qui a perdu la bataille de New York mais a gagné la guerre de Paris parce que l’Elysée s’est fermée définitivement pour DSK. On peut tolérer une première dame qui a posé nue mais un Président menotté en tenue de détenu pour affaire de mœurs c’est impensable.

Taxer les riches : la nouvelle révolution transatlantique

« Alors que la majeure partie des Américains lutte pour joindre les deux bouts, les méga-riches, continuent à bénéficier d’extraordinaires réductions d’impôts». Imaginez qui tient ces propos révolutionnaires. Si vous pensez l’avoir lu dans le capital de Marx ou les questions du mode vie de Leon Trotsky, vous n’y êtes pas du tout. C’est le résumé d’une contribution de Warren Buffet dans le New York dans le New Times il ya quelques jours. L’idée qui a été reprise en France par Maurice Levy en France a eu paradoxalement un écho très favorable auprès des grands patrons français.  « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés » dit Levy  dans sa  tribune du monde Levy   en invitant à une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». Cette tribune de Levy a été plus efficace que toutes les croisades de la gauche contre le bouclier fiscal cher à Sarkozy. Les riches qui demandent un impôt sur la fortune au nom de la solidarité et du lien social est une idée révolutionnaire et fort intéressante qui rappelle que stabilité  et l’ordre social est la garantie de la jouissance de la richesse et de la sphère privée et les émeutes de l’électricité du 26 juin l’ont prouvé au Sénégal. Que de sueurs froides dans de grosses bolides sur la VDN et la route de l’aéroport ce jour là.

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Famine : polémique autour des politiques agricoles

La Chine a débloqué 60 millions de dollars à destination des populations de la Corne de l’Afrique, en proie à la famine. L’Empire du Milieu répond ainsi à ses détracteurs qui l’accusaient de ne pas prendre une part assez importante de l’effort humanitaire. Mais la polémique n’est pas éteinte pour autant. En toile de fond : les politiques agricoles des pays émergents mais aussi de l’Europe.

Les Chinois ont réagi. Le Premier ministre Wen Jiabao a promis le 15 août de verser un don de 353,2 millions de yuans (55,3 millions de dollars) de denrées alimentaires aux pays africains en proie à la sécheresse (Somalie, Djibouti, Kenya, Ethiopie, Erythrée). Une action d’envergure qui s’ajoute aux 90 millions de yuans (un peu moins de 5 milliards de dollars) déjà débloqués mais qui apparaît comme un simple poids de plus dans la balance d’une polémique plus vaste.

Le chargé des affaires africaines du gouvernement allemand, Günther Nooke, a ainsi récemment mis en cause l’achat de terres par la Chine en Ethiopie, durement touchée par l’épisode de famine. « Il est probable que la vente massive de terres à des entreprises ou des États comme la Chine, qui veulent y pratiquer une agriculture intensive, profite à une petite élite », estime-t-il. Et d’ajouter, dans le quotidien « Frankfurter Rundschau » : « Ne consacrer l’agriculture qu’aux exportations peut conduire à de grands conflits sociaux, si de petits paysans perdent leurs terres et leurs moyens de subsistance. »

Développement et menace alimentaire

Davantage que sa volonté d’aider les populations en détresse, les critiques des chancelleries occidentales visent en effet la politique agricole de la Chine mais aussi des autres pays émergents. La question sous-jacente : les investissements étrangers dans les terres africaines sont-elles un facteur de développement, via la mise en place d’infrastructures destinées à accroître la productivité des installations, ou un accaparement des terres et une menace contre la sécurité alimentaire ?

Elément de réponse : l’Ethiopie a distribué 600 000 hectares à des entreprises étrangères entre 2004 et début 2009, d’après un rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture). Officiellement, le pays cherchait ainsi à profiter des techniques de pointe qui lui auraient permis d’exploiter son sol plus efficacement, de créer des emplois et de doubler la production agricole. Mais les résultats se font attendre :  44 % de la population éthiopienne restent sous-alimentés.

L’Europe accuse mais n’est pas innocente

A en croire Stacy Feldman, co-fondatrice du site Solve Climate News, la réponse est à chercher du côté de la crise alimentaire de 2008 en particulier. Celle-ci a, selon elle, effrayé les pays émergents qui se sont tournés vers l’Afrique pour leur sécurité alimentaire : « Une grande partie des terres est achetée par les pays émergents pour cultiver des produits agricoles destinés à leur population croissante. Ces pays, Chine, Inde, Corée du sud et États pétroliers du Golfe arabo-persique, disposent de ressources limitées en terres agricoles et en eau sur leur territoire. »

Ainsi, la polémique portant sur l’aide chinoise à l’Ethiopie tient avant tout de la macro-économie – les investissements étrangers sont-ils facteurs de développement ?- et d’une question de conscience – peut-on importer des produits alimentaires d’un pays en proie à la famine ? Et il est sans doute restrictif de confiner la question aux pays émergents.
Car l’Europe n’est pas étrangère au phénomène. L’un des plus gros locataires de terres africaines n’est autre que le Royaume-Uni. Et, si les cultures destinées aux agro-carburants remplacent toujours davantage les exploitations vivrières, l’Union Européenne y est sans doute pour quelque chose : pour Bruxelles, 10 % des carburants utilisés pour le transport devront venir de produits d’origine végétale avant 2015.

Jeune Afrique

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Les marchés suspendus à la Fed

L’attentisme semble de mise alors que les Bourses sont suspendues au discours que doit prononcer, cet après-midi, à Jackson Hole, Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine. Une deuxième estimation du PIB pour le deuxième trimestre est attendue aux Etats-Unis.

L’attentisme est de mise sur les marchés avant le discours que doit prononcer le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, à Jackson Hole (nord-ouest des Etats-Unis). Les Bourses de Paris, de Francfort et de Londres ont ainsi ouvert quasiment stable, ce matin, malgré la nette baisse de Wall Street la veille. Par la suite, les aiguilles viraient dans le rouge, mais d’une manière mesurée, les investisseurs se montrant très prudents. Jeudi, l’indice parisien a lâché 0,65% à 3.119,00 points, mettant un terme à trois séances de hausse consécutives, dans des volumes d’échanges peu fournis, comme c’est d’ailleurs toujours le cas depuis le début de la semaine. De son côté, Wall Street a enregistré un recul plus marqué. Le Dow Jones a perdu 1,51% et le Nasdaq 1,95%.

L’intervention de Ben Bernanke, prévue à 16H00, est très attendue par les investisseurs, nombreux à espérer la mise en place de nouvelles mesures de soutien à l’économie américaine, qui montre de sérieux signes de faiblesse. C’est en outre au même endroit, un an plus tôt, que M. Bernanke avait posé les bases de nouvelles mesures exceptionnelles d’assouplissement monétaire.

« Le marché semble déjà avoir anticipé des annonces, ce qui veut dire que toute déception pourrait entraîner un mouvement de vente à court terme », indique Cameron Peacock, analyste chez IG Markets. M. Bernanke prononcera son discours peu après la deuxième estimation du Produit intérieur brut américain pour le deuxième trimestre (14H30), la première ayant fortement déçue. La croissance pourrait pourtant être encore révisée en baisse de 0,2 point, à 1,1%. Les investisseurs surveilleront également la deuxième estimation de la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan pour août à 15H55.

Par ailleurs, la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique ont annoncé jeudi leur décision de prolonger leur restriction sur les ventes à découvert, mise en place pour lutter contre l’instabilité des marchés financiers. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a prolongé « jusqu’à nouvel ordre » l’interdiction des ventes à découvert de dix valeurs du secteur financier, décidée le 11 août.

Démission du Premier ministre japonais

L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a achevé la séance de vendredi en petite hausse, de 0,29%, gagnant 25,42 points à 8.797,78 points, à la suite de l’annonce de la démission du Premier ministre Naoto Kan. Les valeurs à Tokyo ont stagné plusieurs heures avant de progresser légèrement en fin de séance, les investisseurs hésitant à prendre des risques avant la désignation d’un nouveau chef de gouvernement japonais la semaine prochaine et dans l’attente des déclarations du patron de la banque centrale des Etats-Unis. Les donneurs d’ordres à Tokyo sont impatients de connaître la politique économique que proposera le prochain chef de gouvernement (qui sera désigné lundi), alors que le Japon, lesté d’une dette colossale, est retombé en récession à cause des effets de la tragédie du 11 mars.

Les Echos

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Le taux de croissance devrait atteindre 4,5% en 2011

Le Sénégal espère réaliser un taux de croissance de 4,5% en 2011 contre 4,2% en 2010, a indiqué jeudi à Dakar Néné Mboup Ndiaye Dieng, directrice de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances.

‘’La croissance économique pour cette année 2011 va atteindre un taux prévisionnel de 4,5% avec un bond important par rapport à l’année passée (2010) où le taux de croissance était de l’ordre de 4,2%’’, a dit Mme Dieng. Elle présidait la cérémonie de présentation du rapport 2011 de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies.

Selon Mme Dieng, le Sénégal ‘’est dans une dynamique de consolider son taux de croissance’’. ‘’Si nous continuons la même cadence dans la politique de développement, nous pourrons même atteindre des taux de croissance de 5 à 7%’’, a-t-elle ajouté.

‘’Si cette tendance se poursuit vers des taux de croissance plus élevés, le Sénégal pourra atteindre le premier objectif des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) qui est la réduction de moitié de la pauvreté’’ d’ici à 2015, a-t-elle encore dit.

Le rapport annuel sur l’économique africaine a été présenté devant des experts de la CEA et des responsables de l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) des Nations unies.

Cette étude intitulée ‘’Gérer le développement : le rôle de l’Etat dans la transformation économique’’ invite les Etats africains à changer d’approche en instaurant ’’l’Etat développementiste’’ pour ramener les gouvernement au centre des affaires.

APS

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Menaces sur la campagne agricole : Les opérateurs stockeurs réclament 6,5 milliards à l’Etat

Stoïques jusqu’ici, les opérateurs privés stockeurs à qui l’Etat doit encore 6,5 milliards de francs Cfa sont dos au mur.Ils souhaitent que le Trésor public décaisse l’argent au plus vite sous peine de compromettre le bon déroulement de la présente campagne agricole.

L’Etat ne joue pas pleinement sa partition dans la préparation de la campagne agricole. C’est la conviction des opérateurs semenciers. Car, pour eux, malgré la pléthore de mesures annoncées lors du Conseil interministériel de préparation et le fardeau de la subvention qu’il s’est ôté cette année, il peine encore à régler le reliquat de 6,5 milliards de francs Cfa qu’il doit aux opérateurs semenciers dans le cadre de la précédente campagne. De fait, il plombe leurs activités et leur fait subir des pénalités au niveau de leurs banques partenaires.

En effet, n’arrivant plus à faire face à leurs engagements au niveau de ces institutions de crédits, les opérateurs privés stockeurs ont désormais du mal à faire des opérations pour démarrer la campagne agricole de cette année. Massamba Dioum, Secrétaire général de la Fédération nationale des opérateurs privés stockeurs et transporteurs (Fnopst), qui s’est confié à nous hier, soutient que tous les compteurs sont au rouge et que l’Etat est en train de les asphyxier.

‘Les crédits, qui nous ont été accordés jusqu’au mois de juillet dernier, n’ont pas pu être payés à cause du retard de paiement de l’Etat. Les opérateurs sont, aujourd’hui, débiteurs au niveau des banques pour pratiquement la totalité de ce que l’Etat leur doit et qui génère maintenant des intérêts supérieurs à ce qui avait été fixé lors du contrat de financement de la campagne’, déclare Dioum. Qui assure que lui et ses camarades vont payer des intérêts supérieurs à ceux qu’ils devaient payer pour les six mois qu’était censée durer l’opération. ‘Nous sommes maintenant au taux ordinaire qui dépasse les 15 %. Ce qui fait que ces 6,5 milliards que l’Etat doit encore, nous coûte 81 millions de francs par mois en termes de surcoûts. Donc, cela fait déjà plus de 160 millions de francs Cfa de pénalité, rien que pour les deux mois derniers’, clame le Sg du Fnopst.

Débiteurs au niveau des banques et sans le sou, ces opérateurs semenciers commencent même à douter de la sincérité des engagements pris par le gouvernement pour le bon déroulement de cette présente campagne. ‘On nous promet aujourd’hui 12,5 milliards pour le mois d’octobre dans le financement de la prochaine campagne. Mais, avec ce qui se passe en ce moment, nous avons des doutes sur l’exécution de cet engagement du gouvernement dès lors que ce montant qui devait être là depuis le mois de juin n’est pas encore tombé dans la main des opérateurs’, martèle le Secrétaire général de la Fnopst. Pis, Massamba Dioum estime que si cet argent, qui représente un reliquat sur les 21 milliards de francs Cfa que l’Etat leur devait dans le cadre de la campagne agricole 2010-2011, ne tombe pas, aucun opérateur ne pourra bénéficier de financements dans les banques pour commencer la prochaine campagne agricole.

Poussés à bout, ces opérateurs privés stockeurs, qui indexent le Trésor public, comptent se faire entendre si le gouvernement ne trouve rapidement une solution à cette situation. ‘Jusque-là, nous avons tenu une position stoïque. Nous avons tenu à respecter un certain nombre de partenariats que nous avons eus avec l’Etat en patientant un peu. Mais cela devient intenable. Nous nous étions engagés à ne plus manifester notre désapprobation sans auparavant parler aussi bien avec l’Etat qu’avec les huiliers, lorsqu’il y a un différend qui nous oppose. Mais, aujourd’hui, personne ne peut plus rester dans cette situation sans intervenir’, fait remarquer Dioum. Non sans s’indigner de la répétition de pareilles situations dommageables depuis des années.

‘Cela fait très mal de vivre de pareilles situations. Parce que, nous n’avons même pas un sou pour mener des activités ordinaires ou payer nos salariés. On va vers la Korité et il n’y a aucun opérateur qui peut vous rassurer de passer une bonne fête’, se désole-t-il tout en soulignant que les huiliers aussi leur doivent de l’argent lié de manière indirecte à une dette de l’Etat.

Walf

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Apple entre dans l’ère de «l’après Steve Jobs»

A la surprise générale, Steve Jobs a cédé mercredi les rênes d’Apple à son adjoint, Tim Cook. Pas forcément parce que son état de santé s’aggrave mais plutôt pour se donner le temps de gérer une transition en douceur.

Le jour que tant de fanatiques d’Apple redoutaient est arrivé. Mercredi, en fin d’après-midi, Apple a rendu publique une courte lettre envoyée par Steve Jobs à son conseil d’administration. Il y explique qu’il démissionne de son poste de P-DG parce qu’il est désormais «incapable de remplir les exigences de ce poste». Dans la même missive, il recommande «fortement» à ce conseil de désigner Tim Cook, l’actuel N°2, à sa place et propose de devenir lui-même le président deu conseil d’administration d’Apple (chairman of the board). Simultanément, Apple annonçait l’exécution de ces deux mesures. Une décision interprétée dans la Silicon Valley comme le fait que l’emblématique fondateur d’Apple reste influent et en relative bonne santé, du moins pour l’instant.

«Président du conseil d’administration est un poste qui permettra à Steve Jobs de continuer à jouer son rôle «artistique» chez Apple, souligne Colin Gillis, analyste de BGC Partners. De fait, si cette démission était largement attendue depuis que l’ex-patron d’Apple s’est mis en congé maladie au début de l’année, c’est surtout le moment choisi pour officialiser son retrait définitif qui a surpris. Avant l’été, il a participé -photos à l’appui -à un dîner dans la Silicon Valley réunissant autour de Barak Obama tous les grands chefs de la high tech américaine. Selon plusieurs témoignages, il continuait à venir au siège de l’entreprise de temps à autre et conservait en tout cas son rôle de décideur ultime pour les grandes décisions. Cet été, il s’est même fait filmer par la télévision locale lors de la présentation du futur siège social d’Apple aux élus de Cupertino. Bien qu’amaigri, il semblait en bonne forme et beaucoup s’attendaient à le voir, une fois de plus, présenter lui-même sur le nouvel iPhone 5, à l’automne, sur sa scène préférée du Yerba Buena Center for the Arts, à San Francisco.

Transition en douceur

Son retrait inopiné s’explique donc par le souci d’organiser une succession le plus en douceur possible. Et donc de pouvoir passer le relais à Tim Cook avant que son état de santé n’évolue trop défavorablement. De fait, le Chief Operating Officer actuel était désigné de longue date pour devenir le prochain CEO d’Apple. Tout comme est planifié, dans le plan de succession mentionné par Steve Jobs, le maintien de l’actuelle équipe dirigeante, patiemment mise en place à le fondateur lui-même. L’objectif sera donc de montrer, dans les semaines qui viennent, que même sans Steve Jobs, «rien ne change» chez Apple. C’est-à-dire la capacité de l’entreprise à répéter ses succès sur les nouveaux marchés de l’électrique grand public. Un souci de la pérennité qui se traduit par la façon dont Apple fait fonctionner, en interne, une «académie» dont le rôle spécifique est d’entraîner ceux qui dirigeront un jour la firme à réagir comme Steve Jobs le ferait…

Dans un premier temps au moins, tout devrait se passer comme prévu. Tim Cook était déjà, de fait, le N°1 au quotidien et il a déjà tenu ce poste, à la satisfaction générale, lors du premier congé maladie de Steve Jobs. Des questions restent néanmoins posées pour le long terme. Certes, Apple aurait déjà planifié une «road map» de ses produits nouveaux couvrant de plusieurs années, une rareté dans l’industrie high tech. Une sécurité, donc, doublée du fait que le nouveau P-DG est connu pour être un gestionnaire hors pair.

Mais ce n’est pas un «visionnaire»…

Les Echos

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Exportations et importations en baisse, en juin

Les exportations sénégalaises ont baissé de mai à juin derniers, de 17,79% et les importations de 35,71%, rapporte l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Les exportations sont évaluées à 80,6 milliards de francs CFA en juin contre 98 milliards en mai, soit une baisse de 17,79%. Cette évolution mensuelle est imputable au repli des exportations d’acide phosphorique (-55,31%), des poissons frais de mer (-44,24%), des produits pétroliers (-53,62%) et du ciment (-14,25%).

L’accroissement des exportations de l’or (+274,52%), d’huile brute d’arachide (+443,75%), des cigarettes (+19,85%) et du phosphate (+73,53%) a atténué cette évolution.

En glissement annuel, les exportations ont connu une baisse de 13,66%. Leur cumul à fin juin 2011 a atteint 574,8 milliards de FCFA contre 488,7 milliards de francs pour la période correspondante en 2010, soit une progression de 17,61%.

Les importations sont ressorties à 139,1 milliards de FCFA au mois de juin, contre 216,3 milliards au mois précédent, soit une chute de 35,71% résultant essentiellement de la quasi-absence des importations d’huile brute de pétrole.

Les importations “d’huile brute de pétrole” sont évaluées à 41 milliards de FCFA en juin, contre 53 milliards au mois de mai, du fait que la Société africaine de raffinage (SAR) importe l’huile brute de pétrole tous les deux mois. Il est également noté une diminution des achats extérieurs d’huile et de graisses animales et végétales (-69,54%).

Ce fléchissement des importations a été amoindri par la hausse des achats de maïs (+276,62%) et de tabac brut et fabriqué (+309,19%).

Comparativement au mois de juin 2010, les importations ont baissé de 8,56%. Le cumul des importations, pour le premier semestre 2011, est évalué à 1.064,5 milliards de FCFA contre 1.079,5 milliards pour la période correspondante en 2010, soit une baisse de 1,39%.

APS

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Filière volaille : Le stockage, maillon faible de la chaîne

Confirmant les pénuries de poulets qui frappent souvent le marché, les acteurs de la filière volaille le mettent sur le dos de l’inexistence d’infrastructures de stockage. Une situation qui empêche souvent les producteurs à prendre certains risques de peur de tomber en faillite.

Avec un chiffre d’affaires annuel de 110 milliards de francs Cfa, le secteur de la volaille a connu un développement fulgurant ces dernières années. Avec une production qui a doublé en moins de 10 ans, la filière volaille n’est pas pour autant à l’abri de problèmes. En effet, malgré l’interdiction des poulets importés depuis 2005, elle fait face à un sérieux problème de stockage à cause de l’inexistence d’unités de congélation. ‘Les couvoirs sont disponibles à suffisance, l’aliment aussi est accessible, les unités de production foisonnent mais l’inexistence d’unité de stockage et de distribution est le principal facteur bloquant de la filière volaille’, a déclaré El Hadj Diouf de la Fédération des acteurs de la filière volaille (Fafa), hier, lors de leur face-à-face avec la presse. Des échanges tenus pour décrier l’introduction frauduleuse de poulets importés à la veille de la Korité.

Pour ce dernier, les différentes pénuries notées sur le marché, quelques fois, sont à mettre sous l’actif de cette carence qui plombe les efforts des producteurs. Qui doivent souvent faire face à des charges supplémentaires pour continuer à nourrir les poulets lorsqu’ils arrivent à terme. ‘Le marché n’est pas mal approvisionné. S’il y a une surproduction, les acteurs n’ont pas les moyens de stockage des produits. Cela peut induire des surcoûts et avoir des effets très néfastes sur les producteurs qui peuvent même aller en faillite. Car, le poulet, dès l’instant qu’il est à terme, il doit être vendu ou abattu et mis en congélation’, fait-il remarquer. Cela, non sans s’indigner des récurrentes coupures d’électricité qui menacent de détériorer les produits dans les rares capacités de stockage du pays.

Ainsi, il exhorte les autorités en charge de l’élevage à aider la filière à disposer d’infrastructures de stockage pour sécuriser l’approvisionnement correct du pays et par ricochet se mettre dans les dispositions de pouvoir exporter le poulet sénégalais. ‘Si la production vient en masse, il doit y avoir des systèmes de stockage prêts à les garder pour qu’on puisse réguler la commercialisation. C’est un problème qui dépasse largement les acteurs de la distribution’, dit-il pour justifier les pénuries.

Néanmoins, la Fafa tient à rassurer les consommateurs sur la disponibilité du poulet pour la fête de Korité. ‘Comme à l’occasion de chaque fête religieuse, des dispositions ont été prises pour que les marchés soient bien approvisionnés. L’année dernière, nous avions mis 2,2 millions de poulets sur le marché et cette année, il y a en aura beaucoup plus’, assure Ahmedou Moukhtar Mbodj, le président de cette organisation.

Walf

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Serigne Mboup, Président de la Cciak : ‘Un pays ne saurait émerger sans mettre l’accent sur la formation professionnelle’

Le Sénégal va émerger si l’enseignement technique et la formation professionnelle occupent une place centrale dans la politique de développement du pays.L’avis est du Président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de la capitale du Saloum, Serigne Mboup.

Le Président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak) est formel : ‘Un pays ne saurait émerger sans mettre l’accent sur la formation professionnelle’. Serigne Mboup l’a fait savoir, hier, à l’occasion d’une cérémonie de signature de convention de partenariat entre l’Agence nationale de la maison de l’outil et l’institution consulaire qu’il dirige. Un acte qui, selon lui, permet de remettre sur la table la problématique de la formation professionnelle qui, à l’en croire, est la première mission d’une chambre de commerce. ‘Le Sénégal va émerger si l’enseignement technique et la formation professionnelle occupent une place centrale dans la politique de développement du pays’, argumente le patron de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack.

Serigne Mboup a, par ailleurs, salué le partenariat noué avec le Fonds pour le développement et la formation (Fondef). Pour sa part, le directeur général de l’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo) dira qu’il s’agit d’un partenariat naturel. Aussi renseigne-t-il que ce partenariat va d’abord se matérialiser avec l’attribution de locaux pour abriter l’institution régionale, en entendant la construction d’une maison de l’outil digne de ce nom pour Kaolack. Une institution qui va s’ajouter aux trente-six qui doivent faire l’objet de construction ou de réhabilitation, indique le patron de l’Anamo.

Quant au ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Moussa Sakho, il estime qu’il s’agit plutôt du changement des locaux de la Chambre ‘dont, fait-il observer, l’environnement est devenu beaucoup plus accueillant’. Le ministre a aussi salué les projets de l’institution qui, compte tenu de leur importance dans le développement socio-économique, sont d’envergure nationale, voire sous régionale. ‘Des projets qui, soutient-il, feront de Kaolack une région nouvelle pour un développement économique et social fulgurant’. Rappelons que Moussa Sakho était à Kaolack dans le cadre d’un comité régional de développement, axé sur l’enseignement technique et la formation professionnelle.

Walf

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La Chine devient le premier marché mondial des PC

La passation de pouvoir était irrémédiable. La Chine est devenue le premier marché mondial pour les ordinateurs personnels devant les Etats-Unis. Au deuxième trimestre, les ventes de PC ont bondi de 14 % (en volume) en Chine, avec 18,5 millions d’unités écoulées, selon le cabinet IDC. Dans le même temps, le marché américain reculait de 4,8 %, avec « seulement » 17,7 millions d’ordinateurs. Le classement vaut aussi en valeur : la Chine pèse désormais 22 % du marché mondial, à 11,9 milliards de dollars. « Les achats des entreprises et l’activité du gouvernement ont tiré la croissance », a indiqué l’analyste Bryan Ma, interrogé par l’AFP. IDC s’attend à une tendance similaire au troisième trimestre. Mais l’Amérique devrait toutefois reprendre sa couronne au dernier trimestre et conserver son rang de premier marché mondial sur l’ensemble de 2011 - à 1 million d’exemplaires près -, tiré par les ventes de Noël. La Chine devrait définitivement s’imposer en 2012, alors que IDC prévoit une hausse de 18 % des ventes d’ordinateurs sur l’année.

Lenovo numéro un

La transition est symbolique. Elle fait suite à un mouvement similaire intervenu en 2009 dans l’automobile. L’issue est néanmoins logique, compte tenu de la démographie et du différentiel de croissance entre les deux pays. Depuis le début de l’année, le marché américain des PC subit la dégradation de la conjoncture économique. Ménages et entreprises ont tendance à reporter leurs investissements en informatique. La situation est encore plus délicate en Europe de l’Ouest, où les ventes ont chuté de 19 % au deuxième trimestre 2011.

La réussite du groupe Lenovo illustre justement la bonne santé du marché chinois. Le troisième fabricant mondial de PC a vu son chiffre d’affaires bondir de 15 % au dernier trimestre, profitant notamment de sa position de numéro un en Chine. Lenovo, qui avait racheté la branche PC d’IBM en 2005, pourrait prochainement occuper la place de numéro un mondial dans l’industrie, compte tenu des difficultés actuelles de ses deux principaux concurrents, Dell et HP. Le groupe chinois est d’ailleurs cité comme un repreneur potentiel de la division micro-informatique de HP, si ce dernier décidait finalement de la céder.

Les Echos

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Moody’s baisse d’un cran la note de la dette à long terme du Japon

L’agence de notation financière Moody’s a annoncé, mercredi 24 août, qu’elle baissait d’un cran, à Aa3, la note de la dette à long terme du Japon à cause de l’endettement massif du pays, aggravé par le séisme du 11 mars dans le nord-est.

Le Japon est endetté à hauteur d’environ deux fois son produit intérieur brut (PIB), et le fardeau grossit chaque année via l’émission de bons du Trésor pour combler des rentrées très inférieures aux dépenses, notamment depuis la crise économique internationale de 2008-2009.

“La dégradation de la notation est motivée par d’importants déficits budgétaires et l’accumulation de la dette publique japonaise depuis la récession mondiale de 2009″, a expliqué Moody’s dans un communiqué. Et l’agence d’ajouter que “plusieurs facteurs font qu’il est difficile pour le Japon de réduire la proportion de l’endettement vis-à-vis du PIB, d’où l’abaissement de sa note”.

SITUATION AGGRAVÉE PAR LE TSUNAMI ET L’INSTABILITÉ POLITIQUE

C’est la première fois qu’une grande agence de notation baisse la note du Japon depuis la catastrophe du 11 mars doublée d’un accident nucléaire à la centrale de Fukushima. Moody’s avait toutefois averti fin mai de ce risque.

“Le désastre a retardé la reprise après la récession mondiale de 2009 et aggravé la déflation. Les perspectives de croissance économique sont faibles, ce qui rend plus difficile pour le gouvernement d’atteindre les objectifs de réduction du déficit et de lancer une vaste réforme du système fiscal et de prestations sociales.

Alors que le Japon s’apprête à nommer, la semaine prochaine, son sixième premier ministre en cinq ans, Moody’s cite l’instabilité politique comme une des raisons. “Au cours des cinq dernières années, les changements fréquents de dirigeants ont empêché le gouvernement de mettre en œuvre des stratégies économiques et fiscales qui puissent être efficaces et durables”, a-t-elle souligné.

ABAISSEMENT DE LA NOTE DES BANQUES NIPPONES

Dans la foulée, l’agence de notation a annoncé qu’elle baissait d’un cran en moyenne la note de la dette à long terme de grands établissements bancaires japonais.

Moody’s a notamment revu négativement son appréciation sur Mizuho Bank, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et Sumitomo Mitsui Banking, du fait de l’abaissement de la note du Japon et de craintes subséquentes que le pays ait à l’avenir moins de capacité à soutenir le secteur bancaire en cas de nouvelle crise financière.

Les investisseurs à la Bourse de Tokyo ont immédiatement pris en compte ces nouvelles appréciations négatives auxquelles ils s’attendaient cependant. Les titres des groupes bancaires Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) perdait 1,75 %, à 336 yens à la mi-journée, et celui de Sumitomo Mitsui Financial Group 0,72 %. Mais, à la clôture, Tokyo ne cédait toutefois que 0,19 %.

Le Japon est endetté à hauteur d’environ deux fois son produit intérieur brut et le fardeau grossit chaque année via l’émission de bons du Trésor pour combler des rentrées très inférieures aux dépenses, notamment depuis la crise financière et économique internationale de 2008-2009.

Le Monde

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Au secours, le capitalisme est devenu fou !

Comment expliquer la crise d’hystérie collective qui frappe les marchés financiers et boursiers?? Avant tout par la peur, largement irrationnelle, des spéculateurs.

Bien malin qui pourrait prédire l’issue de la crise d’hystérie collective – boursière et financière – qui, depuis plusieurs semaines, déclenche un jour un krach des cours, le lendemain leur remontée en flèche, et le surlendemain un nouvel effondrement. Tout y passe, au gré des rumeurs et des humeurs. Tantôt, les obligations grecques et le colza sont accusés de tous les maux. Tantôt, ce sont la Société générale et le dollar. Seul l’or poursuit sa marche triomphale?: 1?600, 1?800 dollars l’once, bientôt 2?000, peut-être. Les marchés ne savent plus à quelle valeur se fier et où placer leurs sous. Retour à la crise des subprimes??

Pour comprendre ce phénomène qui promet de durer, il faut savoir que les investisseurs oscillent entre deux terreurs.

La première concerne les dettes, il est vrai colossales, des États. Les marchés se sont d’abord effrayés de celles des petits pays périphériques de la zone euro : la Grèce, puis l’Irlande, puis le Portugal, avec l’Espagne en ligne de mire. Doutant de la capacité de ces pays à rembourser leurs emprunts, ils se sont débarrassés des obligations correspondantes, faisant du même coup monter la prime de risque demandée aux gouvernements en difficulté. Pour rassurer les financiers apeurés, ceux-ci ont empilé les plans d’austérité qui asphyxient leur croissance – et donc leur capacité de remboursement.

La seconde terreur de ceux qu’il faut bien appeler des spéculateurs concerne la médiocrité de la conjoncture mondiale, qu’ils contribuent eux-mêmes à déprimer en anticipant le retour de la crise. Pour eux, l’Europe ne repartira pas de sitôt, plombée qu’elle est par la nécessité de redresser ses déficits et de réduire ses dettes. Ceinture?! Et les États-Unis ne sont pas en meilleure posture. Ceinture encore?!

Quand ils se tournent vers les pays émergents (l’Inde et la Chine progressent pourtant à des cadences effrénées?: entre 8 % et 10 %), ils constatent qu’on y augmente les taux d’intérêt et qu’on y adopte des mesures pour calmer la surchauffe de l’économie et l’inflation qui gronde. Le monde entier se met donc au régime. Et les investisseurs anticipent une rechute dans la récession, appelée double dip. Ils vendent à tout-va pour « rester liquides » et achètent des métaux précieux.

Effet domino.

Le même scénario catastrophe, conséquence de la bêtise de ce capitalisme pathologique, s’est répété deux fois en deux mois, des deux côtés de l’Atlantique. En juillet, les chamailleries entre Européens à propos du secours financier à apporter à la Grèce ont tellement effrayé les investisseurs qu’ils se sont souvenus que l’Italie était, elle aussi, endettée jusqu’au cou. Ils ont donc demandé à Rome de payer de plus en plus cher pour continuer à emprunter.

Pour éviter un effet domino, les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro ont cru sortir le grand jeu en rendant public, le 22 juillet, un nouveau plan de 109 milliards d’euros pour soutenir la Grèce, auquel les banques privées apporteront un surcroît de 54 milliards pour alléger sa dette.

Provisoirement rassurés, les marchés ont à nouveau paniqué jusqu’à ce que la Banque centrale européenne promette qu’elle achèterait aussi de la dette italienne et espagnole.

Le calme qui a suivi ces interventions a été de courte durée. Il a suffi que Nicolas Sarkozy interrompe ses vacances durant une journée pour finaliser les mesures d’économies budgétaires qui seront arrêtées fin août pour que les rumeurs sur une possible dégradation de la note de la dette française (AAA) fassent replonger les marchés dans l’hystérie, le 10 août.

Deuxième zone névrotique?: les États-Unis. Les investisseurs ont focalisé leur angoisse sur l’incapacité des congressistes démocrates et républicains à s’entendre sur la manière de contenir le déficit budgétaire abyssal et sur le relèvement du plafond légal de la dette (14?294 milliards de dollars). In extremis, le 31 juillet, Barack Obama a annoncé un accord bancal qui éloigne le spectre de la faillite (dans le cas contraire, l’État fédéral aurait été dans l’incapacité de payer ses fonctionnaires et d’assurer le service de sa dette). Les marchés sont alors remontés. Hélas, le 5 août, l’agence Standard & Poor’s a pris la décision historique de dégrader la note de la dette américaine?: de AAA (soit 20/20) à AA+ (soit 18/20). Parce qu’elle doute de l’efficacité du plan.

Résultat immédiat?: une nouvelle plongée des marchés. Cette rétrogradation n’a pourtant aucune conséquence pratique et n’a pas été suivie par les deux autres agences de notation, Fitch et Moody’s, qui ont jugé prudent de laisser S&P affronter seule l’indignation des politiques.

Le 9 août, tout le monde est suspendu aux décisions de la Réserve fédérale américaine. Celle-ci promet de maintenir des taux à, quasiment, 0 % jusqu’à la mi-2013 afin de soutenir une conjoncture flageolante. Elle révèle aussi qu’elle étudie des moyens de relance moins classiques, pour le cas où. Mais sans dire lesquels.

Les marchés remontent pendant quelques heures, puis s’effondrent de nouveau, le 10 août. Les investisseurs espéraient de la FED un troisième plan de plusieurs centaines de milliards de dollars pour soutenir la consommation, l’investissement, et donc l’emploi. Deux leçons se dégagent de ces trois semaines de folie.

Paiement cash.

La première est que les hommes politiques ne peuvent plus ruser avec les marchés, qui leur font payer cash leurs atermoiements?: tout retard dans l’application d’une promesse engendre une coûteuse défiance. Le temps de la finance est immédiat. Celui des gouvernants est soumis aux prochaines échéances électorales.

La seconde est que les spéculateurs ne reculent que devant une solidarité clairement assumée. Autrement dit, les extrémistes du Tea Party et les républicains américains qui refusent tout relèvement des impôts sur les hauts revenus, aussi bien que les Allemands qui rechignent à aider les Grecs, donnent aux prédateurs le signal de la curée. Paradoxalement, l’apaisement des marchés passe, d’un côté de l’Atlantique, par davantage de justice fiscale. Et de l’autre, par davantage d’Europe.

Jeune Afrique

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Lutte contre la flambée des prix : La recette d’Oxfam

Sécurité alimentaire.La hausse continue des cours de produits aussi essentiels que les denrées alimentaires de base, sur les marchés internationaux, demeure une préoccupation permanente.Pour endiguer les effets néfastes, Oxfam appelle à ‘un changement d’orientation’.

Oxfam appelle à de l’action immédiate pour contrer la flambée des prix. Pour endiguer la menace d’insécurité alimentaire que fait planer sur le monde, la flambée constante des prix des denrées alimentaires de base et du pétrole, l’organisation non gouvernementale internationale, Oxfam prescrit ‘une mutation du système alimentaire’. Dans son dernier rapport intitulé : ‘Cultiver un avenir meilleur : la justice alimentaire dans un monde aux ressources limitées’, l’organisation décrit les contours de ce ‘changement d’orientation’ qui, en son sens, doit nécessairement viser ‘la gouvernance des crises, la restructuration de l’agriculture et notre compréhension de l’environnement’.

Ils se déclinent donc en ‘contrôle du commerce pour gérer les risques en bâtissant un système de réserve alimentaire, renforcement de la transparence sur les marchés des denrées, fin des subventions agricoles faussant les marchés, démantèlement de l’aide en faveur des agro-carburants, régulation de la spéculation financière… ‘.

Signaux d’alerte au rouge

Pour Oxfam, à moins de ne pas être vraiment préoccupé par la gravité de la situation alimentaire actuelle, le monde ne pourrait valablement faire l’économie de ces mesures. Surtout que, comme il le fait remarquer, ‘d’ici à 2050, la planète devra compter neuf milliards d’individus induisant une augmentation de 70 % de la demande alimentaire qui vaudra impérativement satisfaire, malgré l’amenuisement des rendements, la raréfaction des ressources en eau et la concurrence sur les terres’.

Ainsi, après la Fao et plus récemment la Banque mondiale qui, en avril dernier a publié des données indiquant clairement que les prix des produits agricoles ont augmenté de 36 % au premier trimestre de 2011 par rapport à la même période l’année dernière, c’est, à son tour, l’organisation non gouvernementale internationale, Oxfam qui tire sur la sonnette d’alarme. ’Tous les signaux d’alerte sont au rouge : à ce jour, la hausse des prix des denrées alimentaires en 2011 a précipité 44 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et le prix réel des céréales de base devrait augmenter de 120 à 180 % dans les 20 prochaines années’, s’est indigné l’organisation, le 1er juin dernier.

Horizon toujours brumeux… malheureusement

Pour autant, l’horizon planétaire ne paraît pas plus dégagé que cela sur le front de la sécurité alimentaire. Les tendances qu’alimente la prolongation que joue la crise globale de 2008 sous la forme de flambée des prix des matières premières et du cours du pétrole, ne servent pas l’hypothèse d’un retournement de conjoncture. Alors que la détermination des prix sur les marchés des produits de base tend à obéir, de plus en plus, à la logique des placements financiers (plutôt qu’aux fondamentaux du marché), la croissance de la production et de la productivité agricoles est en berne au plan mondial.

Et, comme si la situation n’était pas assez préoccupante déjà, non seulement ‘les phénomènes météorologiques perturbent l’approvisionnement (en denrées alimentaires). Mais, dans le même temps, les biens alimentaires sont l’objet de détournement pour produire des biocarburants’, analyse Oxfam. Un mouvement de ‘détournement des ressources agricoles en faveur des réserves de carburants et aux dépens de l’alimentation’ dénoncé par l’organisation qui décrie que ‘les subventions mondiales accordées aux énergies renouvelables s’élèvent à 57 milliards de dollars contre 312 milliards pour les carburants fossiles’.

Ce contexte général peu avenant, se traduit, comme soutenu par Oxfam, par un ‘système alimentaire de plus en plus fragile’. Et l’organisation a tout juste, d’appeler les Etats à ‘mener des actions immédiates pour renforcer leur résilience et initier la transition vers un nouvel avenir pour l’agriculture’. Mais avec quelle probabilité d’être, non plus entendu, mais vraiment comprise ?

Les Afriques

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Seydina KANE, directeur général de la Sénélec : « Notre objectif, la fin des délestages en septembre »

La Société nationale d’électricité semble sortir aujourd’hui du gouffre dans lequel il se trouvait. Selon son directeur général, Seydina Kane, l’entreprise travaille pour mettre fin aux délestages en septembre prochain. L’approvisionnement en combustible ayant été maintenant sécurisé, « nous aurons suffisamment de capacités pour faire face à la demande. Il n’y a plus une seule machine à l’arrêt par manque de combustible », assure M. Kane dans cette interview.

Est-ce que la Senelec est capable maintenant d’assurer une production et une distribution correctes de l’électricité ?

Aujourd’hui, on peut noter une nette amélioration de la qualité de service. Ceci est dû au fait que nous commençons à voir concrètement les actions du Plan Takkal. Le problème de la Senelec était un problème de déséquilibre offre-demande, mais aussi d’un déséquilibre financier. Et dans le cadre du Plan Takkal, il a été prévu de renforcer la capacité de production de Senelec, mais aussi de sécuriser l’approvisionnement en combustible. Aujourd’hui, au moment où je vous parle (l’entretien a été réalisé le jeudi 18 août), dans toutes les centrales de la Senelec, nous avons une très bonne fourniture de combustible.

Il y avait un déficit structurel qui fait que la Senelec ne pouvait pas faire face à ses charges. Il y a eu beaucoup de délestages par manque de combustible, ce qui veut dire qu’il n’y avait pas d’argent pour acheter ce combustible. C’est un problème qui est désormais derrière nous : il n’y a plus une seule machine arrêtée par manque de combustible. Cela, c’est une action qui peut être capitalisée au compte du Plan Takkal. Mieux, nous avons en moyenne dix jours d’autonomie dans toutes les centrales. Une situation que la Senelec n’a pas connue depuis très longtemps. Grâce à la mise en place du Fonds de soutien à l’énergie (Fse), l’approvisionnement en combustible est sécurisé. Cela veut dire que tous les délestages causés par une insuffisance de la production, elle-même due à un manque de combustible, sont derrière nous, parce que 70 % des délestages étaient dus au manque de combustible. Nous n’avons donc plus ce problème. Le Fse a d’abord permis à la Senelec de sortir du contrat de fourniture en combustible qui le liait avec son fournisseur. Ensuite, il y a eu la mise en place d’un certain nombre de facilités qui ont permis, avec le transfert des importations (en combustible) au niveau de la Sar (Société africaine de raffinage), d’acheter trois cargaisons sur la base d’un appel d’offre ; ce qui nous a permis de faire des économies. Cela nous a également permis d’arriver à un niveau de stock (tous les tanks remplis) très satisfaisant. Nous avons, maintenant, un réservoir de travail et un autre de stockage. Ces mesures ont fait que les délestages ont beaucoup diminués. En plus de la sécurisation du combustible, le Plan Takkal prévoit de mettre en place des capacités rapides : capacités de location, ainsi que la remise à niveau d’un certain nombre de centrales. Ainsi, au niveau de la centrale du Cap des Biches, nous avons 50 mégawatts (MW) supplémentaires qui viennent renforcer la capacité de production de Senelec. Avant la fin du mois de septembre, 100 MW supplémentaires seront dans le réseau ; ce qui fera 150 MW additionnels. Avec la sécurisation de l’approvisionnement en combustible, on peut dire qu’on aura suffisamment de capacités pour faire face à la demande. Maintenant, il se pose quelques problèmes dans la distribution : récemment, nous avons eu beaucoup de clients qui ont été gênés par des pannes dues à des défauts sur les câbles en moyenne tension (les câbles 30.000 volts) qui quittent Hann pour alimenter la zone de l’aéroport, des Almadies, Ouakam, etc. Nous avons aussi eu quelques problèmes dans la zone de Patte d’Oie. Mais tout cela est dû à des incidents sur les câbles qui sont saturés. Un programme d’urgence est en cours pour y remédier. Nous sommes en train de négocier directement avec les fournisseurs pour régler rapidement ce problème. Notre production arrive à satisfaire la demande (qui tourne autour de 700 MW), mais nous avons beaucoup d’incidents sur la distribution.

A propos de ces câbles de distribution, la Senelec a souvent évoqué leur vétusté pour justifier certains délestages ces derniers temps. Quel est aujourd’hui l’état de ce réseau ?

Il y a une différence qu’il faut d’abord faire. Le délestage est une coupure volontaire ou automatique due au fait de l’insuffisance de la production ou, si vous voulez, quand la demande est supérieure à l’offre. Dans ces conditions, si l’on ne déleste pas, le système s’écroule. On peut considérer la demande comme un frein d’un moteur qui tourne. Si la production est supérieure à la demande, il n’y a pas de problème, mais s’il y a une forte demande, elle freine la production. Dans le système électrique, il y a un paramètre important, c’est la fréquence. Cette fréquence, c’est une vitesse qui régule l’offre en temps réel pour qu’il y ait un équilibre entre la demande et l’offre énergétiques. Le délestage, c’est quand on coupe le courant parce qu’il n’y a pas suffisamment d’offre. Maintenant, ce que vivent les populations de ces zones affectées (Almadies, Ouakam, etc.) est dû, comme je l’ai dit tantôt, à un problème lié à la défectuosité des câbles.

Le problème est de deux natures : d’abord il y a eu beaucoup de retards d’investissements sur le réseau de distribution (pour l’entretien des câbles), ensuite il y a le développement de l’urbanisation, qui fait que les charges ont rapidement augmenté. Pour cette raison, ces câbles ne peuvent plus alimenter de façon continue l’énergie nécessaire pour tous ces clients. Et si l’on dépasse la capacité de transit de ces câbles, il y a rupture ; c’est ça qui provoque des incidents du genre de celui que nous avons connu récemment dans cette zone. Le Plan Takkal a pris en compte toutes ces préoccupations en prévoyant un programme global d’urgence pendant l’hivernage. Ce programme va nous permettre d’acquérir des pièces de rechange, de la logistique pour améliorer l’accueil (appels pour accéder aux services de la Senelec). Il y a aussi un autre programme intermédiaire, en cours de préparation, qui devrait permettre de soulager les câbles dont j’ai parlé. Nous allons doubler ces canalisations pour nous permettre d’avoir un câble de travail et un câble de secours – ce qui n’existe plus du fait de l’augmentation des charges. En effet, avec l’augmentation de la demande, nous sommes arrivé à un moment où l’ensemble des câbles sont chargés. Dans un réseau de distribution, le principe est d’avoir un câble qui alimente les clients et un autre câble de secours qui, en cas de problème sur le câble d’alimentation, permet de l’isoler et de réalimenter les clients par le câble de secours. Cette possibilité n’existe pas aujourd’hui, du fait de la saturation du réseau de câbles.

On a promis aux Sénégalais la fin des délestages en septembre. Serez-vous en mesure de respecter cette  échéance ?

La fin des délestages en septembre, c’est une instruction très ferme fondée sur une volonté politique très ferme des autorités ; et nous travaillons pour aller vers cet objectif. Aujourd’hui, je vous l’ai dit, il n’y a pas de délestages par manque de combustible ; ce qui était la cause de 70 % des délestages. Nous sommes donc dans une dynamique d’amélioration de la qualité de service. Il y aura, certes, des coupures localisées, mais nous aurons suffisamment de capacités pour être en mesure de répondre techniquement à la demande, parce qu’il y aura 100 MW en plus des 50 MW qui sont déjà là, sans compter deux groupes (404 et 405) qui arriveront en octobre et vont nous donner 34 MW. Ce sont toutes ces capacités qui vont nous permettre d’avoir une production suffisante pour approvisionner correctement les usagers. Cependant, il y aura des coupures dues à des incidents sur les canalisations de distribution ou éventuellement sur des lignes de tensions. Septembre, c’est donc un objectif qui nous est fixé et nous travaillons pour l’atteindre.

Quel est l’apport chiffré du Plan Takkal dans vos capacités de production électrique actuelles et futures ?

Déjà, j’ai parlé des 150 MW de location qui n’existaient pas dans le package de Senelec. Il y aura 50 MW supplémentaires dans le Plan Takkal grâce à un financement de l’Agence française de développement (Afd) ; ce qui va permettre à Senelec de recouvrer l’ensemble de ses capacités de production. Au total, cela fera 200 MW qui vont rentrer dans le réseau. Le Plan Takkal prévoit aussi l’installation de groupes containerisés à Tobène et qui vont nous apporter 40 à 70 MW. Il y a aussi une première barge (d’une capacité de 70 MW) qui va arriver sur le site de Bel-Air. En plus de cela, il est prévu, dans le Plan Takkal, l’extension de la centrale de Bel-Air (C6) qui produit actuellement 60 MW. Nous venons de signer le contrat et l’attente à la commande a été effectuée cette semaine. Nous aurons donc 34 MW de plus à la centrale C6 de Bel-Air. A la centrale de Kahone (Kaolack) il est prévu de mettre deux moteurs pour étendre ses capacités de 34 MW également. Si vous faites la somme de toutes ces capacités, vous verrez qu’il y a d’abord un renforcement de la capacité, qui va nous permettre d’avoir suffisamment de production pour satisfaire la demande et même nous positionner par rapport à la sous-région, puisque nous n’avons pas encore parlé des centrales à charbon. Déjà, le financement de la première centrale à charbon (de 120 MW) est bouclé et la construction va démarrer au cours du mois de septembre sur le site de Saint-Louis. Parmi les projets, on peut citer la coopération coréenne, dont l’étude de faisabilité est terminée, elle devrait apporter 250 MW. En outre, nous sommes actuellement en phase préliminaire pour un projet de 500 MW avec la coopération chinoise. Si vous regardez sur le site de Saint-Louis qui sera transformé en une plateforme de centrales à charbon, nous aurons à peu près 875 MW. Avec ces capacités, le Sénégal pourrait non seulement satisfaire entièrement sa demande, mais aussi exporter de l’énergie moins chère vers des pays avec lesquels nous sommes déjà en interconnexion (les pays de l’Omvs et de l’Omvg). Le ministre d’Etat (Karim Wade) a récemment signé une convention de partenariat avec le West african power pool (Wapp), le système d’échange électrique ouest-africain, pour pouvoir exporter de l’énergie jusqu’au Nigeria et vice versa. Le Sénégal, dans son programme qui va se dérouler jusqu’à l’horizon 2014-2015, sera ainsi dans une position d’exporter de l’énergie. On dira que c’est très ambitieux, puisque dans la situation actuelle, nous sommes en équilibre précaire avec quelques difficultés. Mais dans le moyen terme, nous serons, avec tous les investissements prévus dans le cadre du Plan Takkal, dans une position de sécurité qui va nous permettre d’alimenter correctement nos clients sénégalais, mais aussi des pays de la sous-région à des coûts compétitifs, parce que c’est seulement avec le charbon que nous allons sortir de cette situation et faire de la Senelec une entreprise performante qui pourra faire face à toutes ses charges d’exploitation et à ses obligations.

La location de centrales, une solution d’urgence transitoire, devra durer combien de temps pour que la Senelec prenne le relais ?

La location doit avoir une durée réduite, parce que les coûts sont assez élevés, compte tenu du coût de production. Le fait de ne pas avoir de l’énergie cause beaucoup de dommages aux clients, mais constitue aussi un frein au développement du pays. Mais la location ne génère pratiquement pas de chiffre d’affaire pour la Senelec ; nous allons donc, dans la mesure du possible, essayer de raccourcir le délai de location en renforçant nos capacités de production avec des centrales utilisant du combustible moins cher. La location fonctionne avec du diesel-oil, les barges vont, elles, fonctionner avec du fuel-oil qui offre des coûts de production moins onéreux. Avec les extensions de Bel-Air et de Kahone, les groupes vont également fonctionner avec du fuel-oil, donc des coûts moindres que ceux de la location. La location se situe entre 120 et 130 francs Cfa le kilowatt/heure (kW/h) produit ; ce kW/h revient à un coût moyen de 70 francs Cfa pour les groupes fonctionnant avec du fuel-oil. Il faut donc sortir rapidement de cette situation de location pour aller vers des centrales plus performantes en termes de production et de coûts de revient. Il s’agit des groupes containerisés, des barges, de l’extension des centrales existantes. C’est aussi la réhabilitation des moteurs diesel-oil de Senelec qui sont plus performantes que la location. Dès que nous le ferons, nous nous libèrerons de la location. Quand les centrales au charbon seront là, ces centrales containerisées pourront, peut-être, être redéployées dans les autres régions. C’est pour cette raison que nous avons opté pour ces centrales qui, si elles arrivent rapidement, nous permettront de sortir de la location. C’est donc un choix technique.

Est-ce que la location est rentable pour la Senelec ? Quels sont les frais qu’elle engendre et qui les supporte ?

Il y a deux composantes dans la location : les coûts de mobilisation (charges fixes) et les coûts variables. Dans l’absolu, on peut dire que le coût de revient est de 120 à 130 francs Cfa le kW/h. Disons que dans ce contrat, le combustible et les charges fixes sont supportées par le fonds (Fonds de soutien à l’énergie) parce que Senelec a besoin d’être accompagnée pour retrouver ses deux pieds. La Senelec avait deux problèmes : un déséquilibre offre/demande et un déséquilibre financier. Nous avons donc besoin d’être accompagnés pour sortir de cette situation ; même si, pour sortir complètement, il faut l’arrivée des centrales à charbon qui ont des coûts de l’ordre de 50 francs Cfa le kW/h au cours actuel du charbon. Ces centrales vont nous permettre de baisser le coût de production de façon rapide. En dehors des centrales hydrauliques (à peu près 30 francs Cfa le kW/h), les centrales diesel (environ 60 francs Cfa le kW/h) sont les moins chers ; les turbines à gaz et autres  se situent entre 100 et 120 francs Cfa le kW/h. Pour sortir de cette situation, nous devons prendre en charge les coûts de la location – qui sont des coûts d’opportunité – parce qu’il vaut mieux donner de l’énergie aux Sénégalais, surtout aux industriels, pour leur permettre de travailler, quel que soit le prix, car les délestages, c’est un désastre pour tout le pays. C’est pour cette raison que le Plan Takkal a été placé en amont et en priorité de tous les autres secteurs, parce que s’il y a des dysfonctionnements dans la fourniture de l’électricité, c’est un frein à l’économie. L’énergie doit être un levier de développement.

Hormis donc la satisfaction de la demande, la Senelec ne gagne rien dans la location de ces centrales…

On peut dire que c’est du cash-flow négatif, parce qu’en fait, le prix moyen de vente de Senelec est aux alentours de 118 francs Cfa le kW/h, alors que le coût de production (des centrales louées) revient à 120 ou 130 francs Cfa. Il y a donc quelque part des pertes. Mais disons que dans l’absolu, si l’on regarde les gains sur le plan macro [économique], il est important que Senelec produise pour permettre à l’activité économique de fonctionner normalement. Je pense que c’est un prix à payer. Les locations nous permettent surtout de pouvoir arrêter nos machines et de les entretenir.

A quand exactement l’arrivée des centrales à charbon ?

Pour la première d’entre elles (avec une production de 125 MW), le promoteur a pu faire son « closing » financier il y a à peu près un mois. Normalement, dans quinze jours, nous allons passer à la phase de construction, qui va durer 24 mois. Normalement, en 2013 ou début 2014, la première centrale à charbon devrait être livrée.

Des efforts ont été faits dans la réhabilitation et la rénovation des centrales de la Senelec grâce à l’appui de l’Afd. Quel est aujourd’hui l’impact de ces efforts ?

C’est un programme qui est en cours. Il y a à peu près douze actions à mener, suivant la nature du projet Afd. Nous n’avons pas encore commencé à avoir les retombées de ce programme, mais à son terme, nous aurons recouvré 50 MW sur le réseau. Il y  a aussi la remise à niveau du personnel de la Senelec parce qu’il y a une subvention de 380 millions de francs Cfa destinés à la formation du personnel de Senelec.

Est-ce que le système d’effacement (consistant au retrait du réseau de la Senelec de certains abonnés disposant de capacités de production électrique, aux heures de pointe) rencontre l’adhésion des gros consommateurs et industriels que vous ciblez ?

Nous avons fait des enquêtes ; le rapport sera bientôt déposé. C’est d’abord des moyens de gestion, de modification du processus de production de l’industriel. C’est ensuite un moyen pour la Senelec de contrôler ce qui se passe réellement dans le réseau. L’idée de ces compteurs intelligents, c’est de nous permettre d’identifier des clients, de communiquer avec eux et de les couper à l’heure de pointe. C’est un dispositif qui est en cours et qui n’est pas encore totalement opérationnel. Nous avons identifié une trentaine de clients qui sont intéressés, mais nous n’avons pas encore commencé l’effacement. Cependant, ce qui est important en parlant de gestion de la demande, ce sont les économies d’énergie : les lampes à basse consommation (Lbc) et l’utilisation d’appareils efficients. Aujourd’hui, il y a beaucoup de frigos d’occasion qui rentrent dans le pays, beaucoup d’appareils ménagers qui ne respectent pas certaines normes ou, en tout cas, qui consomment beaucoup. Et cela participe au renchérissement de la facture d’électricité. L’un des volets importants du Plan Takkal, c’est donc la gestion de la demande et les économies d’énergie. Il est prévu, dans le cadre du Plan Takkal, d’introduire au niveau des ménages 3,5 millions de Lbc. Nous avons eu une première expérience de 550.000 lampes, et cela nous a permis de baisser la pointe de 12 MW. Si nous introduisons, les 3,5 millions de lampes, ce sont 70 MW qui seront économisés sous la pointe. Le client y gagne, Senelec y gagne, et sur le plan macro, il y a un gain important, parce que nous n’allons pas brûler du combustible importé. Mieux encore, c’est un raccourci en termes d’investissement : pour construire une centrale de 70 MW, il faut 12 à 14 mois, alors que pour introduire les Lbc, non seulement les délais sont divisés par dix, mais aussi l’impact sur notre courbe de charge, sur la pointe lumière, est baissé de 70 MW.

Quel est l’état des finances de la Senelec, une société confrontée à des difficultés de trésorerie ?

Nous avons, comme on le dit, reçu une béquille, c’est-à-dire une perfusion. La mise en place du Fse a permis à la Senelec de sortir d’un contrat et, par le biais d’un montage financier avec une banque de la place, de pouvoir enlever 34 milliards de francs Cfa qui ont permis à l’entreprise de payer le fournisseur de combustible et la Sar, mais aussi de se mettre dans une position d’avoir des sûretés de paiement qui lui permettront de faire des économies de près de 3 milliards de francs Cfa sur les trois mois à venir pour l’approvisionnement en combustible. La deuxième chose, c’est la révision tarifaire. Nous sommes sortis aujourd’hui du lissage. Dans l’ancienne formule, les revenus de Senelec étaient calculés en tenant compte d’investissements qui n’étaient pas sur place ; ce qui a fait que la Senelec a eu des déficits du fait d’un tarif inadapté et qui a entrainé, ensuite, des déficits cumulés. Premièrement, la nouvelle formule de révision est trimestrielle. Deuxièmement, nous avons abandonné le lissage au profit d’une formule qui permettra à la Senelec d’avoir un revenu maximal et de pouvoir faire face à ses coûts d’exploitation et à ses investissements. La situation est encore très tendue, très difficile, mais avec toutes les mesures prévues dans le cadre du Plan Takkal (notamment le fonds de soutien pour la sécurisation du combustible), nous avons vu de façon concrète les résultats : la diminution des délestages.

Le deuxième volet, c’est la restructuration financière de l’entreprise. Nous sommes en train de racheter toutes les dettes de la Senelec via des conseillers financiers, des banques qui vont nous accompagner et avec l’appui de la tutelle sur ces transactions que nous sommes en train de faire. Cela va nous permettre de reprofiler la dette de la Senelec, d’avoir du cash et de permettre à l’entreprise de fonctionner.

Qu’entendez-vous par « lissage » ?

Nous sommes en période de révision pour déterminer le revenu de la Senelec. Jusque-là, le revenu de l’entreprise est calculé par la Commission de régulation, qui joue le rôle d’arbitre et, dans la fixation des tarifs, essaie de tenir compte des intérêts des uns et des autres (Senelec, opérateurs privés, etc.) afin d’avoir un secteur équilibré. Dans l’ancienne formule, par exemple, dans les projections de coûts, la Senelec donnait l’ensemble de ses investissements en disant : « je vais mettre des centrales à charbon en 2012 et 2013, et, malgré le fait que ces centrales à charbon ne soient pas encore là, il n’empêche, dans le calcul de revenu, la commission ne tient pas compte des performances de Senelec, en tout cas des investissements dans le cadre de ces centrales ». Ce qui fait que la Senelec n’a pas de revenus au titre de ces investissements. Le revenu qui nous a été alloué n’a pas permis à la Senelec de faire face à ses charges d’exploitation. Aujourd’hui, cette formule (le lissage) a été abandonnée. Chaque trimestre nous recalculons le revenu de l’entreprise. C’est cela l’intérêt de la nouvelle formule.

A quand la Senelec pourra-t-elle retrouver un équilibre financier ?

Pour cela, il faut l’arrivée du charbon à partir de 2013. Aujourd’hui, les charges de combustible représentent 70 à 80 % du chiffre d’affaire de la Senelec. Il faut sortir de l’étau du pétrole et aller vers des combustibles beaucoup moins chers. La solution, ce sont les centrales à charbon. Le fait de ne pas avoir du charbon nous coûte 60 milliards de francs Cfa par an, d’autres parlent même de 100 milliards pour les pertes engendrées par le retard du charbon. Avec le Plan Takkal, le monitoring qui est organisé pour toutes les réunions présidées par le ministre d’Etat lui-même (Karim Wade), gère les délais de mise en œuvre des projets de centrales à charbon, parce que l’avenir, c’est de sortir du pétrole pour aller vers le charbon. La Senelec sortira définitivement de ces problèmes et deviendra une entreprise performante, capable de soutenir l’économie du pays seulement si nous arrivons à mettre en œuvre tous les programmes charbon, mais aussi tous les programmes hydrauliques au niveau de la sous-région. Même si, pour l’hydraulique, les délais de mise en œuvre sont longs, de même que le temps de capitalisation des coûts, cela fait partie de la solution. Il faut aussi tenir compte des énergies renouvelables comme le solaire. Mais dans la situation actuelle, le Plan Takkal vise le solaire dans le cadre de l’approche individuelle, puisque les coûts sont encore élevés et dépassent le prix moyen de cession de la Senelec. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas, aujourd’hui, aller vers ce type d’énergie, s’il n’y a pas de subvention. Par contre, nous pouvons faire des autoroutes avec des panneaux solaires ou des kits pour l’éclairage ou le chauffage pour les ménages. Cela nous permettrait d’éviter l’utilisation de machines très chères au moment de la pointe.

Quel est aujourd’hui le taux d’électrification au Sénégal et son évolution au cours des années ?

En milieu urbain, nous sommes à plus de 60 %, contre 25 % en milieu rural. L’objectif qui nous a été assigné, c’est d’avoir un taux de 50 % en milieu rural d’ici 2012 et d’arriver à un taux de 80-85 % en milieu urbain. Il reste beaucoup de choses à faire. Je sais qu’à Dakar, il y a un important programme d’investissement pour densifier le réseau dans les banlieues, notamment avec la deuxième phase du projet de la coopération chinoise. Nous sommes en train de réaliser la boucle 90 kV qui va améliorer la desserte dans la région de Dakar et contribuer à la résolution des problèmes dans le moyen terme. Cette deuxième phase nous permettra de toucher beaucoup de ménages au niveau de Dakar et de sa banlieue et de Rufisque.

Que va faire la Senelec pour ses agences cassées lors des manifestations de juin dernier ? Ces agences seront-elles ré-ouvertes ?

C’est un évènement douloureux. Ce que les agents ont subi a été un véritable électrochoc. Tout comme la destruction des biens publics est un dommage. Il suffit de voir, chaque matin, toutes les files d’attente ici à la rue Vincens (l’agence principale) pour payer les factures pour avoir une idée du préjudice. A Dakar, il y a eu des saccages à Ouakam, Bourguiba, Patte d’Oie, Yoff, Hann, Yeumbeul et, dans les régions, l’agence de Mbour. Ces saccages représentent, pratiquement, 1 milliard de francs Cfa de pertes en préjudice direct pour la Senelec. Mais c’est aussi plus de 240.000 clients qui sont directement impactés. La Senelec est en train de s’organiser pour trouver une solution. Mais je peux vous dire que cela prendra du temps pour revenir à une situation normale, parce que ces destructions freinent une politique de décentralisation découlant d’une volonté de se rapprocher de la clientèle et de lui faciliter l’accès aux services. Nous avons trouvé une solution transitoire qui  consiste à ouvrir l’agence d’accès, mutualiser un certain nombre de services au niveau de la Patte d’Oie pour permettre à tous ces clients de Bourguiba, Yoff, des Parcelles Assainies, etc., d’aller là-bas pour certaines opérations. Maintenant, nous allons externaliser les paiements de factures à travers des sociétés telles que la Sonatel et d’autres prestataires – nous en aurons deux ou trois. Nous avons achevé les discussions et d’ici une ou deux semaines, nous allons signer des contrats pour permettre à ces sociétés de pouvoir encaisser et restituer cet argent à la Senelec dans le cadre d’une convention qui a été négociée. Mais, pour le moment, je voudrais lancer un appel aux populations en leur disant que la Senelec est une société nationale dont l’Etat est l’actionnaire unique ; et en détruisant un bien de l’entreprise, c’est un bien de tous les Sénégalais que l’on détruit. Il est déplorable de voir la situation qui a été créée par ces saccages que nous n’arrivons pas à comprendre. Nous appelons les populations à la sérénité et au calme. Nous voulons aussi adresser aux agents de la Senelec se trouvant dans les régions quelques mots d’encouragement, en leur disant que c’est très difficile, mais c’est une mission que nous devons assumer et réussir pour contribuer, à notre façon, au développement de notre pays. C’est une mission complexe, parce que nous avons un produit qui n’est pas visible (ou en tout cas que lorsqu’il est transformé en lumière, en chaleur, etc.) ni stockable, mai nous avons la chance d’être dans tous les ménages et d’être utile à tous les Sénégalais. En pensant à cette mission complexe (la fourniture d’électricité), qui fait partie des piliers de développement de notre pays, nous devons mobiliser toute notre énergie pour sortir de cette situation difficile et continuer à faire notre travail comme cela se doit. Aux associations de jeunes, de femmes, des responsables de quartiers, je veux dire que si demain, des situations pareilles (des saccages) devaient se poser, qu’ils défendent ces agences comme leur propre bien, parce que ce sont eux qui, aujourd’hui, sont en train de subir les conséquences de ces casses. Je vous assure, ce n’est pas de gaieté de cœur que je vois chaque matin les gens faire la queue, sous le soleil, ici à l’agence principale. Nous allons faire nos meilleurs efforts pour essayer de revenir à une situation normale mais il faudra beaucoup de moyens, puisqu’il y a eu beaucoup de véhicules cassés ou brûlés, de l’argent emporté, des ordinateurs détruits… Tout cela, il faut l’acquérir, ce qui retarde les échéances pour rétablir la situation.

Est-ce que la Senelec avait souscrit à une assurance pour ce genre de situations ?

Bien sûr. Le matériel est assuré. Nous avons saisi nos assureurs, mais en plus de cela, nous allons porter plainte contre X. Chaque chef d’agence va porter plainte au niveau du commissariat de son quartier ; et moi-même, en tant que directeur général, je vais porter plainte auprès du procureur de la République.

Vous vous constituerez donc partie civile en cas de poursuites pénales contre les personnes arrêtées dans le cadre de ces saccages ?

Bien sûr. C’est mon rôle en tant que directeur général de prendre toutes mes responsabilités quand il se passe des choses pareilles.

Le Soleil

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Commerce extérieur : Une institution financière veut faciliter l’accès au crédit

Les prix des produits à l’importation ont connu, au mois de juin 2011, une baisse de 4,0 %, par rapport au mois précédent, selon la Note sur les indices mensuels des prix du commerce extérieur de juin 2011.

Au mois de juin 2011, les prix des produits à l’importation ont connu une baisse de 4,0 %, par rapport au mois précédent, selon la « Note sur les indices mensuels des prix du commerce extérieur » de juin 2011 publiée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). Cette évolution est imputable au repli des prix des produits des groupes « produits finis destinés à la consommation » (-21,7 %), « énergie et lubrifiant » (-5,8 %), « matières premières animales et végétales » (-4,0 %) et « produits finis destinés à l’industrie » (-3,0 %). Toutefois, indique l’Ansd, la hausse des prix des produits des groupes « autres demi-produits » (+6,5 %), « matières premières minérales » (+4,5 %) et « alimentation-boisson-tabac » (+0,7 %) a amoindri la chute des prix à l’importation.

Les prix des produits du groupe « matières premières animales et végétales » ont reculé de 2,0 % par rapport au mois de mai 2011. Cette évolution est liée au repli des prix de l’huile de soja (-2,2 %). En glissement annuel, les prix des produits du groupe ont connu une hausse de 28,6 %, résultant de l’augmentation des prix de l’huile de soja.

Quant à l’indice des prix des produits du groupe « autres demi-produits », il a crû de 6,5 %, sous l’effet de la progression des prix du bois scié (+10,5 %), des fils de machines en fer (+6,3 %) et des carreaux (+5,4 %).

L’accroissement des prix des produits du groupe « matières premières minérales » de 4,5 % par rapport au mois précédent, résulte de la hausse équivalente des prix du gypse. Les prix des produits du groupe « alimentation-boisson-tabac » ont, quant à eux,  progressé de 0,7 %, sous l’effet de l’augmentation des prix du riz (+5,2 %), du lait (+2,7 %) et de l’huile de palme (+1,9 %). Cette évolution a été atténuée par le recul des prix du sucre (-6,5 %) et du blé (-3,1 %).

Le Soleil

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Fortes précipitations du week-end : Le poisson disparaît des étals de la Petite-côte

Les fortes précipitations enregistrées à Mbour le week-end écoulé n’ont pas eu des conséquences au plan physique. Mais avec une économie locale fortement tournée vers la pêche, ce sont les activités dans ce secteur qui commencent à en pâtir. Plus de cinquante embarcations ont été endommagées, ce qui a occasionné une pénurie de poisson. Et les pêcheurs ne semblent pas encore disposés à reprendre le large.

(Correspondance) – Le Thiébou Dieune mbourois commence à payer le prix des intempéries météorologiques du week-end dernier lors desquelles il a été enregistré en cumul 126 millimètres en deux jours. En effet, il est devenu très difficile pour les ménagères de trouver du poisson à bon prix depuis ce dimanche sur les étals. Les 126 millimètres de pluie tombés dans la ville ont occasionné la destruction de plus de cinquante pirogues, leurs équipements avec. Conséquence : les sorties en mer sont considérablement réduites. Les prises s’amenuisent comme peau de chagrin. Résultat : le poisson se fait rare.

Les ménagères sont presque désespérées depuis trois jours, ne parvenant pas à se procurer du poisson comme souhaité. Les étals sont désespérément vides. Au marché au poisson du quai de pêche, l’ambiance habituelle des lieux a fait place à un triste décor de vendeurs et vendeuses qui se rongent le pouce. Les étals, qui étaient garnis, ont vite pliés sous la pression des acheteurs qui les ont presque assiégés. Les moins fortunés se sont rabattus sur les revendeurs qui pratiquent des prix moins habituels. Le contexte aidant, bonjour la spéculation. Toutes les espèces sont concernées. Il faut casquer fort, si on ne veut pas rentrer la calebasse vide.

Khady Seck, ménagère, a fait les frais de cette situation. ’C’est une situation inédite. Je suis venue au marché avec 1 500 frs. En temps normal, je me procurais du bon poisson avec 700 frs. Ce matin, je ne suis pas parvenue à avoir un tas de poisson noble, soit quatre espèces à moins de 800 frs. Cela a perturbé toutes mes provisions. Présentement, il y a des victuailles dont je ne me suis pas procurée et je ne dispose plus de fonds pour y satisfaire. Forcément, c’est mon plat de riz qui en sera déprécié. Je vais essayer de donner de plus amples explications à mon mari, mais il n’est pas sûr qu’il le comprenne comme tel. Cela me met dans une situation vraiment inconfortable’.

Si Khady Seck a tenté le coup, des dames moins bien inspirées n’ont pas senti le besoin de se rendre au marché. Elles sont de fidèles clientes des ‘Borom table’ (comprenez les revendeuses des quartiers). Maty Guèye, rencontrée dans un quartier populaire de la périphérie sud, ne cache pas son amertume. Elle a failli se chamailler avec la revendeuse du coin, nous confie-t-elle. Avant d’ajouter : ‘Je ne pouvais m’imaginer aucunement qu’on puisse me vendre deux poissons à 800 frs. La revendeuse m’a expliqué qu’elle a fait des pieds et des mains pour trouver du poisson au marché. Elle m’a fait comprendre que si elle ne pratique pas un tel prix, elle vendrait à perte. J’ai hésité un moment pour aller au marché, mais des voisines m’ont fait savoir qu’il n’y a pas une grande différence entre les prix pratiqués ici et ceux pratiqués au marché. C’est pourquoi j’ai renoncé de me fatiguer pour rien.’

Les témoignages de ces deux dames traduisent éloquemment le désarroi de tant d’autres ménagères dans la ville. Certaines, à court de solution, ont préféré se rabattre sur la viande. Oumy en fait partie. ‘J’ai fait le tour de cinq revendeuses, mais je n’ai pu y trouver des prix qui me permettent d’acheter. Je ne peux concevoir d’acheter du poisson à 1.500 frs sans y trouver la quantité requise. C’est pourquoi, je me suis résolue à aller acheter de la viande. Là aussi, il y a des contraintes. Car le kilogramme est à 2 400 frs. Mais, on peut user d’astuces pour y trouver son compte’.

Du côté des pêcheurs, aucun signe de reprise de l’activité. Tranquillement assis dans un abri, aux côtés de ses collègues, Aly affirme n’être pas encore remis de la destruction de sa pirogue. ‘Je suis désemparé. Je ne sais pas comment je vais m’organiser pour trouver la dépense quotidienne. J’avais acquis ma pirogue à 3 millions 800 mille frs. Présentement, mes économies ne me permettent pas d’en acquérir une autre. C’est, une vraie catastrophe’, avoue-t-il.

La question que beaucoup se posent est de savoir jusqu’à quand cette situation pourrait perdurer. Car, ici le poisson est incontournable dans le menu de tous les jours pour plusieurs raisons.

Walf

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