De Sare Yoro Oussou à Sare Kanta
Mon incroyable anniversaire. Vous connaissez surement cette émission qui passe sur MTV où l’on relate les anniversaires les plus incroyables aux Etats Unis avec un étalage insolent de luxe avec bolides et hôtels cinq étoiles. Moi aussi j’ai eu droit à mon incroyable anniversaire à Sare Yoro Oussou dans le Fouloudou profond. Incroyable comme ce plaisir intense qu’on ressent quand on se réveille au chant du coq. Ce plaisir que peu de Dakarois connaissent. Cette alternance mélodieuse et harmonieuse entre le chant du coq, les coups de pilon des dames qui pilent le mil, le chant des oiseaux qui souhaitent la bienvenue au nouveau jour est un « art de combiner les sons d’une manière très agreable ». Les autres notes comme le chant du coq et celle des oiseaux, l’appel à la prière sont intermittentes alors que les coups de pilon sont constants et constituent le fond musical de cette mélodie de l’aurore. Braves dames du monde rurales qui n’ont pas le temps de discuter si elles doivent porter le nom de leurs maris. C’est un débat de dakaroises et surtout d’une Ministre d’Etat qui cherche à se donner un rôle. En voyant les femmes du Fouladou de Sare Yoro Oussou à Sare Kante, on se rend compte comment le débat lancé par Awa Gueye Kebé est véniel par rapport à l’essentiel. Dans le Fouladou les femmes continuent encore à pilier le mil, à aller chercher de l’eau au puits, à cuisiner avec du bois et surtout à lever aux aurores pour piler le mil pour la bouillie familiale. La ruralité est un mélange de générosité et de simplicité qu’on a perdu depuis fort longtemps dans les villes. Moi le « peul perdu » parce que n’ayant pas de bœuf j’ai failli me retrouver avec un cheptel après quelques jours au Fouladou. Chaque village se fait un point d’honneur de vous offrir quelque chose après les interminables salutations. Un séjour de temps en temps dans le monde rural est fort utile car il permet de relativiser beaucoup de choses et de comprendre pourquoi on ‘est gouverné par des ruraux ( Senghor, Diouf Wade, Niasse Tanor, Idy, Djibo). Je l’ai compris en prenant en stop un jeune qui va à l’école à Mampatim et qui habite Sare Kanta. Ce garçon qui fait plus de 10 km pour aller à l’école est forcement aussi motivé que Niasse le kaw kaw de Keur Madiabel ou Djibo Ka celui de Thiargny. Au delà de l’hospitalité de la générosité, ce qui m’a le plus marqué dans le Fouladou profond c’est la présence de l’école de la république même à Sare Kanta à quelques encablures de la Guinnée Bissau. Même si on y « capte » plus facilement la radio bissau guinnéenne, on y va à l’école sénégalaise. Les instituteurs qui apportent la voix et montre la voie de la République sont les meilleures sentinelles à de la république. Elles le sont plus que les jeunes soldats du check point de Mampatim. Quand j’observe l’école de Sare Kanta ou celle de Sare Youssou je ne peux m’empêcher de penser à Jules Ferry et le rôle de l’école publique dans l’avènement de la France moderne. Le Sénégal moderne se fera par l’école publique. L’école publique plus que l’armée est le meilleur rempart de la république.
De Farafegni à Manda Douanes
Eureka. J’ai trouvé. C’est à Mandat Douanes, et carrefour entre la Guinée, Vélingara et Tamba et qui mène vers la cite religieuse de Medina Gounasss, à la table d’un Tangana et avec un bon tapa lapa j’ai compris la banalité et la complexité du problème gambien. Il est complexe parce qu’il est purement subjectif. L’ouverture et le l’ambiance amicale qui vous accueille à Mandat Douanes tranche avec l’agressivité et les visages fermés de Farafegni. Les Gambiens sont toujours sur la défensive comme toute personne ou toute nation qui développe un complexe d’infériorité. Ce sentiment se lit sur le visage du policier de Farafegni, qui vous reproche de n’avoir pas marqué le stop même s’il n’y a de panneau et qui vous rappelle immédiatement que vous êtes en Gambie et c’est la loi Gambienne qui s’applique comme si c’était pas une évidence, il est dans cet agent du service d’immigration ou des douanes assis au fond d’une échoppe qui demande aux chauffeurs de venir le trouver pour présenter les papiers du véhicules. Ce sentiment laisse une trace indélébile avec le nombre de cachets et des tampons ( plus de cinq) qu’il faut avoir pour traverser moins de 50 km. C’est surement un record mondial alors que paradoxalement la Gambie est la zone CEDDEAO où la liberté de circulation est théoriquement un droit. A Mandat Douanes ce droit est une réalité. Il est tellement réel que les taxis guinéens ( les 7 places peints en vert et jaune) transformés en 10 places) sans compter la possibilité de prendre des personnes extrêmement pressées sur le porte bagages au dessus. Le contournement de la Gambie est entrain de faire renaitre le Saloum profond, le Bambouk et surtout la ville de Tamba qui retrouve sa position de zone tampon entre la le Centre et la Casamance qui s’annonce des le pont de Gouloumbou. Le fameux pont qui était une sorte de « Djegui sirat » pour les chauffeurs de camion et qui est devenu un pont grand et moderne. Parait il on avait son brevet de chauffeur hors pair si on avait traversé le vieux pont de Gouloumbou. Mais aujourd’hui le pont est tellement bien fait qu’un débutant dans une auto école peut facilement le traverser et quitter le département de Tamba pour celui de Velingara. Ce pont sépare deux départements, deux régions mais aussi deux zones climatiques car des qu’on traverse le pont on entre dans la verte et fascinante Casamance qui étale toute sa splendeur et sa diversité de Goloumbou à Karabane. A Gouloumbou, et à Diaromé dans le Sedhiou, il est intéressant de constater que le pouvoir Sopi a laissé malicieusement les anciens ponts à coté des nouveaux probablement pour montrer la différence d’ambition entre l’ancien régime et celui de Wade. En tout cas les deux ponts de Gouloumbou se passent de commentaires. Le pont de Gouloumbou et la route Tamba Ziguinchor sont des éléments déterminants qui encouragent le contournement de la Gambie qui est une excellente chose car ressuscitant l’économie locale des villes comme Koupentoum, Birkilane et Tamba qui subissent de plein fouet la crise de l’arachide et celle du chemin de fer. Plutôt Koussanar et Koungheul ressuscités grâce au contournement que Soma et Farafegni qui survivent grâce à la traversée de la Gambie.
Né un 04 aout
Le débat relancé par Donald Trump sur le lieu de naissance de Obama révèle un détail très important. Barack Obama est né à Hawaii, tout le monde le savait. Il est donc américain. C’est une évidence. Etant né sur le territoire américain contrairement à Swarzy le governator, il peut constitutionnellement être le Président des Etats Unis, il l’est déjà. Ce qui est intéressant le débat a obligé Obama à publier son bulletin de naissance et on y apprend qu’il est né un 04 aout. C’était déjà un signe prémonitoire comme la poignée de main entre l’étudiant Clinton et le Président Kennedy. C’est dans la nuit du 04 aout 1789 que la France révolutionnaire a voté l’abolition des privilèges et des droits féodaux. Le 04 aout est le symbole par excellence de l’égalité des droits et surtout des chances parce que jetant dans les poubelles de l’histoire le privilège du hasard de la naissance. Que le Premier Président noir des Etats Unis soit né un 04 aout. C’est tout un symbole.






