Le ministre de l’Economie maritime, Khouraïchi Thiam, a fait part, mardi à Dakar, de sa volonté à dialoguer avec le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES) autour des autorisations de pêche accordées aux bateaux étrangers.
‘’La concertation n’est pas tardive. S’ils veulent discuter qu’ils viennent’’, a-t-il indiqué, en marge de la cérémonie de lancement officiel du plan stratégique 2011-2015 de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP).
‘’L’Etat a ses prérogatives régaliennes. Il ne peut pas à chaque fois demander ce qu’il a à faire. Moi, je ne m’immisce pas dans leur domaine, alors qu’ils (les acteurs de la pêche) ne viennent pas s’immiscer dans ce que je fais’’, a dit le ministre de l’Economie maritime.
Les acteurs de la pêche dénoncent, depuis quelques semaines, l’octroi d’une vingtaine de licences de pêche à des chalutiers étrangers par le ministère de l’Economie maritime.
Ils annoncent d’ailleurs ‘’une marche pacifique’’ mercredi à Dakar pour protester contre les licences, en vue de ‘’sauver la pêche’’ sénégalaise.
Selon lui, les pêcheurs artisanaux et les bateaux de pêche sénégalais ne disposent pas de suffisamment de moyens pour aller pêcher les poissons pélagiques estimés à 1,450 millions de tonnes qui migrent en passant par l’espace marin sénégalais.
‘’Le stock meurt s’il n’est pas pêché. Les Sénégalais ne peuvent pas y accéder car nous n’avons pas les moyens de le faire. Est-il normal de laisser piller ce stock ? Nous disons non’’, a martelé Khouraïchi Thiam.
Il souligné que le Sénégal ‘’en tire bénéfice’’ en décidant d’octroyer des autorisations de pêche durant la période de migration des poissons.
‘’Ces autorisations ne durent que quatre mois. C’est ce qui se fait au Maroc où vingt bateaux vont prendre ces poissons à raison de 26,5 dollars la tonne. En Mauritanie, c’est pareil. Avec les 45 bateaux autorisés, l’Etat en tire 37 dollars par tonne. Chez nous, c’est bien raisonnable les 35 dollars que nous avons fixés’’, a expliqué le ministre de l’Economie maritime.
Il a demandé aux armateurs et industriels sénégalais de ‘’ne pas politiser’’ l’affaire, indiquant qu’il n’y a ‘’aucun scandale’’ dans ces autorisations.
’’S’ils peuvent s’organiser pour que, l’année prochaine, ils capturent ces tonnes des poissons, qu’ils viennent mais s’ils ne peuvent pas le faire qu’ils laissent l’Etat l’organiser’’, a dit Khouraïchi Thiam.
APS






