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Yaya Jammeh et nous

L’ombre et la proie
« Le Sénégal est indigné de constater que des balles iraniennes ont pu causer la mort de soldats sénégalais » peut on lire dans le communique du Ministère des Affaires Etrangères qui en tiré les conclusions en rompant ses relations diplomatiques avec l’Iran. Si on rompt à cause de « balles iraniennes » on va bientôt rompre avec la Russie et les Etats Unis parce que le MFDC a aussi des kalachnikov qui tirent des balles russes et peut être même des AK 47 qui tirent des balles américaines. L’origine de balles n’est pas importante, ce qui l’est par contre, c’est qui les commande et les livre au MFDC. L’argent du trafic de chanvre indien, des braquages sur l’axe Senoba Bignona ne peuvent permettre au MFDC d’avoir un fonds de guerre pour commander des armes lourdes en Iran. Ces armes sont commandées par la Gambie qui les livre au MFDC avec comme pour objectif de fragiliser son voisin. C’est pourquoi le Sénégal a tort de « garder avec lui le frère gambien et rompre avec le l’Iran qui joue le registre de la division » comme le dit le communiqué. C’est le « frère Gambien » qui joue le registre de la partition du Sénégal. Apres la fermeté diplomatique avec le lointain Iran, il aurait fallu une réaction ferme contre le « frère » gambien si tenté que Jammeh nous jamais considéré comme un pays frère. Ses actes ont toujours démontré le contraire. En se focalisant sur l’Iran et non pas la sur Yaya Jammeh, le Sénégal fait preuve de cécité stratégique pour ne pas dire qu’il a pris l’ombre pour la proie. La Gambie a le droit de s’armer mais elle n’a pas le droit de donner des armes au MFDC qui combat le Sénégal. Et l’affaire des armes iraniennes montre que Yaya Jammeh joue avec notre sécurité nationale. Il ne faut pas que la Gambie nous serve l’argument que Jammeh n’était pas au courant du trafic pour ne pas dire du transfert d’armes au MFDC car une dictature se caractérise avant tout par un monopole de l’information et du renseignement par le dictateur. Le Sénégal vient d’avoir une preuve supplémentaire que la Gambie arme le MFDC comme ce fut le cas avec la Guinée Bissau dans les années 90. L’opération Gabou en Guinée Bissau a permis de pacifier et de sécuriser le Sud de la Casamance. Il faut l’opération Fode Kaba 3 pour sécuriser le nord. Il faut que le Senegal s’y résolve et se prépare. Il n’est ni dans l’intérêt de la Guinée Bissau encore moins celui de la Gambie que la paix revienne en Casamance. Nos deux voisins perdraient ainsi l’unique moyen de pression qu’ils ont sur nous. Les Etats n’ayant pas d’amis mais uniquement des intérêts, la Gambie et la Guinée Bissau vont continuer à nous endormir avec des belles paroles sur le bon voisinage tout en attisant le feu en Casamance. Notre sécurité nationale exige que le Sénégal soit en mesure de défendre l’intégrité et la sécurité de son territoire avec sans le soutien de ses voisins. C’est une hypothèse cruelle mais c’est le prix de notre sécurité. Quoiqu’il en coute le Sénégal doit se donner les moyens de combiner Gabou et Fodé kaba. Le jour où l’on sera en mesure sur le plan stratégique et militaire d’être prêt pour deux opérations comme Gabou et Fode Kaba en même temps nous aurons la paix car qui veut la paix prépare la guerre. Fode Kaba 3 n’est plus une hypothèse, il est temps de le préparer si ce n’est déjà fait.
G-Senegal : le Woodstock de Google
A l’école primaire nous avons tous récité que « sur le plan géographique, le Sénégal est la porte de l’Afrique ». La porte de l’Afrique est devenue enclavée faute de routes nous connectant directement aux autres pays de la sous région. On doit maintenant apprendre aux écoliers que le Sénégal est la porte de l’Afrique de l’Ouest pour Internet. D’ailleurs Google qui vient d’y tenir un G-Senegal, le plus grand G-event ou Google Event organisé dans un pays africain francophone ne s’y trompe pas. Sur l’économie de l’immatériel notre pays a un avantage absolu pour devenir une exception comme il l’était sur le plan démocratique dans les années 60 et 70. Le G-Senegal a regroupé au moins un millier de personnes en deux jours à UCAD 2 autour du thème « Impact local, croissance globale ». Même si nous vivons les affres des délestages, c’est optimiste de voir tous les jeunes qui pris d’assaut l’UCAD 2 pour un faire un Woodstock numérique. Ce qui frappe le plus dans ce woodstock numérique c’est la générosité dans le partage des connaissances et des innovations. Tout le monde en convient. L’avenir est à l’économie de l’immatériel pour ne pas dire du numérique et sur le plan le Sénégal avec la qualité de ses ressources humaines a un avantage certain. Dans cette économie de l’immatériel, la puissance ne résulte pas du territoire ou de la démographie mais de mégabits de la connectivité. C’est tellement vrai que sur Youtube, le Sénégal avec ses 12 millions d’habitants est au coude à coude avec le géant Nigérian avec ses 120 millions d’habitants.
Le Ceausescu arabe
La semaine dernière, je vous disais que la chute de Ben Ali pouvait être comparé à la chute du mur de Berlin à cause de l’onde de choc de la contagion. Je me posais aussi la question de savoir qui aurait le rôle de Nicolae Ceausescu dans la révolution de Jasmin. La réponse est trouvée. C’est le colonel Kadhafi qui comme le « génie des Carpates » a usé de la violence extrême pour essayer d’arrêter la mer avec ses bras. Même si la Libye n’est pas une monarchie, la violence de la réaction de Kadhafi montre qu’il considère le pays comme son bien personnel. Le roi de Bahreïn a été plus sage que le colonel Kadhafi dont le dernier discours montre qu’il est complètement déphasé en cherchant à légitimer son pouvoir en faisant son discours dans les ruines de tente bombardé par Reagan. Bahreïn est radicalement différent de la Libye. Bahreïn le pays entre les deux mers comme l’indique son nom en arabe est l’un des rares pays du monde arabe à s’être essayé à la démocratie bien avant la révolution de Jasmin. C’est un pays relativement démocratique. Bahreïn est un cas spécifique. La majorité chiite de la population profite de la révolution de Jasmin pour contester une monarchie sunnite. La ou Kadhafi a préféré répondre par des bombardements, la famille al Khalifa de Bahreïn a préféré répondre par le dialogue et l’apaisement. C’est tout l’avantage de la culture démocratique.

Yoro Dia

diayero@gmail.com

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