Dans un entretien accordé au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, a déclaré que les politiques économiques européennes devaient être mieux coordonnées et que cette coordination devait, dans un premier temps, s’opérer au niveau des 16 pays de la zone euro. Elle ajoute que d’autres pays hors de la zone euro pourraient choisir de participer à cette coordination.
“La crise nous a montré que limiter la dette, comme le prévoit le traité de Maastricht, n’est pas suffisant. L’Irlande respectait ces critères et se trouve quand même en difficulté”, regrette-t-elle, ajoutant : “L’UE ne doit pas simplement regarder les budgets, elle doit surveiller comment évoluent les économies des pays membres.”
Selon Mme Lagarde, des politiques nationales visant à doper les exportations et à accroître l’investissement dans certains secteurs, par exemple, affecteraient directement les autres Etats de la zone euro. “Je ne pense pas qu’il soit possible d’ôter aux Etats la souveraineté sur leurs budgets mais nous pourrions nous coordonner les uns avec les autres lorsque nous élaborons nos législations fiscales. C’est exactement ce que prévoient la France et l’Allemagne. De plus en plus, nous voulons nous coordonner lorsque nous préparons nos budgets pour les années à venir.”
Christine Lagarde ne veut “absolument pas, pour l’instant”, que l’Europe émette des obligations communes aux pays de la zone euro, surnommées “eurobonds”. Une telle action devrait être précédée par la mise en place d’une politique économique commune. “Avant d’introduire des eurobonds, il nous faut en premier lieu avoir une gouvernance économique plus étroite”, a-t-elle conclu.
Le Monde






