Holbrooke : Adieu « le Kissenger des balkans »
Apres Henry Kissenger, Richard Holbrooke était probablement le plus grand diplomate américain contemporain. J’ai eu la chance de rencontrer Richard Holbroke, le Kissenger des Balkans à Doha la capitale du Qatar en avril 2006. J’étais invité à prendre part au forum de Doha qui est un lieu de rencontre et d’échange entre intellectuels américains et leurs collègues du monde musulman. Apres le traumatisme du 11 septembre, le forum de Doha a été l’un des premiers ponts bâti pour relier les deux rives (l’Amérique et le monde musulman). Ce qui m’a le plus marqué lors de ma rencontre avec Richard Holbrooke est sa modestie. Dans mon intervention au forum, j’ai présenté le Sénégal, un pays de tolérance et de dialogue, le seul pays musulman à avoir eu un Président catholique pendant 20 ans. A la pause je suis parti serrer la main du « pacificateur des balkans » qui avait réussi la prouesse des accords de Dayton. J’ai été fasciné par sa modestie et sa simplicité. Il m’a serré la main en me disant « on devra s’assoir pour que tu me parles de ton pays parce que c’est un exemple intéressant dans un monde où règne la confusion entre l’Islam et le terrorisme ». Je croyais qu’en bon diplomate, Holbrooke voulait juste être convenable et courtois mais à ma grande surprise, le soir je reçus un coup de fil de la réception du four seasons de Doha me disant « Mister Hoobroke is waiting for you ». Evidemment ce fut un diner fort agréable même si j’étais très intimidé par ce diplomate qui avait réussi à freiner Milosevic, le Hitler des Balkans. Imaginez vous à table avec cet immense diplomate qui commence par vous dire « je vous ecoute, j’aimerais beaucoup apprendre sur le Sénégal ». J’ai parlé du Sénégal mais j’ai surtout essayé d’inverser les rôles en l’écoutant. Il y avait chez chez Holbrooke, cette qualité rare qu’on retrouve chez les grands hommes qui comme dit Kipling peuvent « rester peuple tout en côtoyant les rois »
FESMAN : A l’image de Wade
Le FESMAN résume à lui seul la tragédie du Président Wade : de très bonnes idées qui finissent par perdre leur éclat et leur pertinence à cause de l’informel et de l’amateurisme qu’on retrouve toujours leur concrétisation. L’idée de célébrer en 2006 l’anniversaire du fesman était une idée géniale mais l’informel et l’amateurisme avec les multiples reports ont sabordé cette idée qui voulait faire du Sénégal la capitale de la culture negro africaine. Apres plusieurs reports on se retrouve avec un mini fesman plus folklorique qui n’honore pas le rang du Sénégal qui avait mis la barre très haut en 1966. C’est aussi toute la différence entre Wade et Senghor. Ils sont tous deux des hommes d’idées prométhéennes et ont une haute idée du Sénégal mais contrairement à Wade, Senghor a le sens de la méthode. C’est pourquoi à idées égales, le festival de Senghor fut une réussite mondiale alors que celui de Wade est déjà une berezina culturelle. Autant l’inauguration du monument de la Renaissance a été une réussite avec la présence d’une vingtaine de chef d’Etat autant le festival est un désastre. Le festival de 1966 a été une réussite parce que avant tout c’était une affaire d’Etat et de l’Etat comme ce fut aussi le cas pour le monument la renaissance. Pour un événement aussi important que le Fesman c’est fort regrettable que Wade n’ait pris le temps de bâtir un consensus national et que nous étalions nos « senegalaiseries » devant nos invités avec la marche annoncée de l’opposition. Ceux qui remettent en cause l’opportunité du Festival pour des raisons économiques sont dans le même registre que ceux qui théorisent bêtement qu’on ne mange pas du goudron en dénonçant la priorité accordée aux routes. Le goudron, comme la culture se mangent mais les responsables du Fesman n’ont pas réussi à rendre la culture digeste. C’est étonnant qu’on veuille toujours réduire l’africain à un rapport alimentaire avec la nature. Comme tout le monde nous avons droit aux infrastructures et à la culture. En 1966 Senghor a réussi à montrer « deconstruire » la theorie de la table rase sur le plan culturel. Ce qui a donner tout son sens et son opportunité au fesman de 1966. Aujourd’hui qui doute de la culture négre ? Personne. Le 3e Fesman aurait du le constater et nous faire passer un nouveau cap culturel en « faisant passer de negre à africain passer du regard de l’autre sur nous à notre propre regard sur nous même c’est dire comment passer du combat pour l’affirmation de l’identité ( I am black and I am proud) à notre apport à l’universel .
Daddis Camara, plus populaire que Wade et Beyonce
Même s’il est dans les poubelles de l’Histoire après l’élection présidentielle en Guinée, Daddis Camara pourra toujours se glorifier d’avoir taquiné l’histoire de l’actualité sur Internet. Selon le Zeitgeist (air du temps en allemand) annuel de Google qui détermine les tendances de recherche sur le Net, pour 2010 au Sénégal, le fantasque Capitaine Camara arrive en tête dans les recherches des internautes. Il est au sommet du top 10 devant Wade ( Oh quel crime de lese majesté) , la féerique Beyonce ( quel manque de gout, préférer la mine patibulaire de Daddis aux traits parfaits de Miss Knowles) et Drogba. Pour les internautes sénégalais, Daddis Camara aura été l’homme de l’année. Il est aussi intéressant de noter que pour 2010, à l’exception du Ramadan ( le Coran en tête des recherches) l’intérêt des l’ des internautes a surtout porté sur le Sport particulièrement la lutte et le footaball avec le Real de Madrid qui le club le plus populaire sur le Net en 2010. L’exception du Ramadan a une explication toute simple : les sénégalais surtout nos cousins sereres, ces neo-convertis qui économisent leur piété pour l’investir massivement pendent le mois beni. C’est vrai que le retour sur investissement est fort intéressant pour combler un fossé et un passé de paien.
Le Sénégal et la Gambie : les mots et les actes
La question du trafic d’armes lourdes qui implique la Gambie est d’une simplicité biblique. Que les armes soient destinées au MFDC ou à l’Etat Gambien revient au même : ce sont des armes contre le Sénégal. On n’a pas besoin d’être stratège, spécialiste de géopolitique ou diplomate pour en arriver à une conclusion aussi simple. C’est du bon sens. Le Sénégal étant le seul voisin de la Gambie, des armes en destination de la Gambie c’est forcement contre la sécurité du Sénégal, que la Gambie l’utilise directement ou utilise le MFDC comme bras armé. C’est du pareil au même. Le Sénégal a raison de faire preuve de fermeté dans cette affaire aussi bien vis-à-vis de l’Iran que de la Gambie. C’est invraisemblable que le gouvernement iranien qui a l’un des services de renseignement les plus efficaces au monde ne soit pas au courant du trafic et c’est enfin une excellente chose que le masque de Yaya soit tombé. Aussi bien pour l’Iran que pour le Sénégal, le Sénégal devra apprendre à faire le différence entre les mots et les actes. L’attitude de la Gambie prouve ce que j’écris souvent dans ces lignes : il n’est pas dans l’intérêt de la Gambie et de la Guinée Bissau de nous aider à trouver la paix en Casamance. Si la paix revient, ces deux pays perdent le seul moyen de pression qu’ils ont sur le Sénégal. Apres avoir gagne la guerre seul, le Sénégal doit gagner la paix seul sans l’aide de ses voisins.






