La part des Petites et moyennes entreprises (Pme) dans la commande publique de la sous région est de moins 5%. Une tendance que les autorités consulaires des huit pays de l’Uemoa veulent inverser en s’appuyant sur l’intelligence économique et l’organisation d’un système de veille efficace.
La commande publique des pays de la sous-région reste toujours la chasse gardée des grandes entreprises et des multinationales. Ce qui, du coup, reste inaccessible aux Petites et moyennes entreprises (Pme) qui se partagent moins de 5 % de l’enveloppe globale des huit pays de l’Uemoa si l’on sait que les Etats constituent les principaux pourvoyeurs de marchés publics. Un diagnostic sans complaisance révèle que cet état de fait résulte en partie de la mauvaise posture des Pme dans cette compétition.
Selon Daouda Thiam, vice-président de la Chambre de commerce d’industrie et des d’agriculture de Dakar (Cciad) la taille des Pme constitue un frein pour accéder aux marchés. Malheureusement, elles n’ont pas les outils nécessaires pour avoir de l’information économique. Une situation qui, d’après M. Thiam, explique le fait que les Pme locales éprouvaient d’énormes difficultés à être informés de l’existence d’un marché, a fortiori des possibilités qui leur sont offertes pour postuler et espérer gagner. Ce qui induit une mauvaise connaissance des textes réglementant les marchés publics. «Il faut une bonne connaissance du code des marchés. Avant de pouvoir compétir, il faut connaître les règles du jeu. Il faut que les Pme viennent s’approprier du code des marchés », estime le vice président de la Cciad.
Pour inverser cette tendance, les chambres consulaires des pays de la sous-région compte s’outiller davantage pour mieux appuyer les Pme dans ce sens. D’où l’intérêt du séminaire sur « l’intelligence économique et organisation d’un système de veille » dédié aux points focaux du Projet Accès aux marchés de l’aide au développement (Amade-Proinvest), ouvert de puis hier, lundi 22 novembre à Dakar. Une rencontre cinq jours qui est un atelier de formation des formateurs dont l’objectif de renforcer les capacités des points focaux du projet qui sont logés au niveau des chambres de commerce des huit pays de la sous-région. Ce qui, selon les initiateurs constitue des outils de base pour pouvoir former les opérateurs économiques, les TPE et les PME pour qu’ils puissent avoir les arguments nécessaires et répondre aux avis d’appels d’offre seuls ou en groupe à travers des consortia afin que les entreprises petites par la taille puissent se mettre ensemble et pouvoir gagner des marchés et les exécuter.
Compte tenu du rôle de levier du secteur privé, il est démontré que le développement ne peut s’effectuer sans un soutient cohérent et structuré des pouvoirs publics incluant la mise à niveau des Pme par rapport à la concurrence internationale. Le directeur général du projet, M. Serge Bombo, informe que le projet Amade financé à plus d’un milliard de F Cfa font les 90% assurés par l’Union européenne, cherche entre autres à informer les entreprises sur les marchés publics, former les entreprises sur les procédures de passation des marchés des grands donneurs d’ordre et sur la connaissance et la maîtrise du code des marchés en vigueur dans le pays.
Sur cette même lancée, le représentant du ministre du commerce à cette rencontre y a ajouté le renforcement des capacités des organisations à délivrer des services d’appui à leurs membres pour l’accès aux marchés publics et l’accroissement de leur rôle dans les débats liés à la participation des Pme locaux aux marchés publics.
Sud Quotidien






