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Pour promouvoir la sécurité et le développement en Afrique : La Banque mondiale recommande la libéralisation du transport aérien

Les pays africains peuvent améliorer la sécurité aérienne et stimuler leur propre croissance économique et leurs perspectives de développement en mettant en pratique les engagements qu’ils ont pris d’ouvrir les marchés locaux du transport aérien aux opérateurs extérieurs. Cette heureuse possibilité est la conclusion d’une nouvelle étude de la Banque mondiale.

A l’heure actuelle, les normes de sécurité sont médiocres dans 31 pays d’Afrique. Une situation qui cause davantage d’accidents d’avion que dans toute autre région du monde. Le constat est fait par Charles Schlumberger, spécialiste principal du transport aérien à la Banque mondiale et auteur de l’étude Open Skies for Africa – Implementing the Yamoussoukro Decision. ‘Pour ces pays, la mesure de transport aérien la plus urgente est de mettre en place un régime adéquat de supervision de la sécurité et de la sûreté’, déclare M. Schlumberger, dans un communiqué de la Banque mondiale.
L’étude appelle les pays africains à mettre en œuvre tous les engagements auxquels ils ont souscrit dans la décision de Yamoussoukro, adoptée en 1999. Par cette décision, les 44 pays signataires s’engageaient à déréglementer leurs liaisons aériennes et à promouvoir des marchés régionaux du transport aérien ouverts à la concurrence transnationale. Elle faisait suite à la Déclaration de Yamoussoukro de 1988, par laquelle nombre de ces mêmes pays avaient convenu des principes de la libéralisation du transport aérien.

Onze ans plus tard, plusieurs Etats africains ont mis en application les principes de la décision dans des accords de transport aérien bilatéraux, mais rien n’indique que la décision de Yamoussoukro soit en cours d’application à l’échelle du continent. Selon le document, un tiers environ des Etats africains répugnent à libéraliser, car cela exposerait des compagnies aériennes non compétitives à des normes de fonctionnement qu’elles seraient probablement incapables de respecter.‘On est en train de laisser passer une chance historique’, alerte M. Schlumberger d’après qui, ’dix pays n’ont pas signé ou formellement ratifié cette décision, et parmi les signataires nombreux sont ceux qui ne l’ont pas mise en œuvre’.

Le spécialiste des transports aériens regrette que ‘pendant ce temps, la plupart des pays d’Afrique qui ont abandonné leurs compagnies aériennes en difficulté et ouvert leur marché aux opérateurs étrangers disposent à présent de services de transport aérien plus efficaces, plus sûrs et à des prix plus compétitifs, tant pour les voyageurs que pour le fret’.

Se fondant sur les statistiques établies par l’Association du transport aérien international (Iata) et d’autres organismes, l’étude rapporte qu’au cours de la décennie écoulée, le taux d’accidents aériens avec perte de l’aéronef a été plus de six fois plus élevé en Afrique qu’en Asie ou en Amérique latine, plus de 12 fois plus élevé qu’en Europe ou en Amérique du Nord.

Les perspectives de réduction de ce taux d’accidents s’amélioreraient si les Etats africains appliquaient des sanctions bilatérales contre les compagnies aériennes qui ne respectent pas les normes de sécurité établies par l’Oaci. En fait, affirme Schlumberger, c’est précisément ce que les ministres africains chargés du transport aérien se sont engagés à faire lorsqu’ils ont signé la décision de Yamoussoukro en 1999.

Outre l’amélioration de la qualité et des prix du transport aérien, dit-il, l’abandon de leur compagnie aérienne nationale permet aux pays de redéployer les ressources publiques ainsi économisées vers des investissements plus favorables au développement économique. De plus, la diminution des coûts de transport que permet une concurrence accrue réduit un obstacle considérable aux échanges pour les pays africains, tout en améliorant les perspectives de développement du tourisme.

La recommandation que fait Ciels ouverts pour l’Afrique aux Etats africains de mettre en œuvre la décision de Yamoussoukro s’applique à tous ses signataires, mais mentionne spécifiquement ceux qui ne l’ont pas signée ou formellement ratifiée, à savoir l’Afrique du Sud, Djibouti, l’Erythrée, le Gabon, la Guinée équatoriale, Madagascar, le Maroc, la Mauritanie, la Somalie et le Swaziland.

Walf

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