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PÉNURIE DE GAZ A DAKAR : Les ménagères à la recherche de la précieuse bonbonne

La pénurie de gaz butane est durement ressentie par les ménagères. Certaines parcourent les magasins avec l’espoir de trouver une bonbonne remplie. En attendant le retour à la normale, les ménagères se rabattent sur le charbon de bois. Un retour aux vieilles habitudes synonymes aujourd’hui d’inconfort.

A Dakar, depuis presque une semaine, le gaz butane a déserté les ménages. La pénurie qui est devenue effective dans les quartiers de la capitale, planait depuis la période qui a suivie la fête de la Korité. Dans des stations d’essence et dépôts de gaz, le stock est déjà fini, les femmes munies de bonbonnes de gaz butane errent. A l’essencerie Dior située aux Parcelles Assainies, Pape Adama Ndiaye révèle : « nous sommes en rupture de gaz butane depuis presque six jours. Cependant, la commande a été déjà faite. Il parait que c’est le bateau qui tarde ». Un agent de la station d’essence de Fann révèle : « la commande de gaz que nous avions s’est épuisée hier. Il y avait une forte affluence hier sur les lieux car les clients ont soutenu que, pratiquement, dans beaucoup de points de vente de la capitale, il n’y avait pas de gaz. On attend la nouvelle commande ». A l’unité 19 des Parcelles Assainies, le gérant du dépôt de ce quartier, sous couvert de l’anonymat, confirme la pénurie. « Nous n’avons pas de gaz butane, depuis maintenant quatre jours », dit-il. Dans les échoppes des quartiers, c’est la même situation de pénurie qui prévaut. Abdoulaye Diallo, qui tient une boutique dans ce quartier, soutient : « cela fait cinq jours que je n’ai pas vendu de gaz butane. La pénurie est bien réelle ». Du coté des ménages, l’heure est déjà au retour à l’usage du charbon. « Depuis une semaine, je n’ai pas vu de gaz. J’achète du charbon », se désole Maty Ndiaye, rencontrée dans une boutique à Diamalaye. Même son de cloche chez une autre dame du quartier : « depuis que ma bouteille de gaz est finie, je vis un vrai calvaire pour la préparation des repas. Je suis obligé de me rabattre sur le charbon ».

A grand Médine, la pénurie se fait sentir aussi. Bousso Fédhior a déjà adopté le charbon de bois, elle a de la peine à entretenir le feu sur son fourneau. Elle est couverte de sueur. « C’est vraiment dur. Je ne peux pas vous expliquer combien de fois je souffre avec cette pénurie de gaz. Nous, les ménagères, nous la sentons le plus. Pour préparer les repas, il faut se lever tôt, allumer le fourneau parce que nous préparons avec le charbon de bois. Je prie pour que cette pénurie prenne fin avant la rentrée des classes. C’est pour éviter que les enfants arrivent tous les jours en retard », dit-elle. Dans la maison des Bocandé, la fumée s’élève depuis la cuisine. La petite Astou n’arrivant pas à supporter cette fumée, se met à crier. Anta Seck a les yeux rouges qui laissent couler des larmes. Ses narines coulent. « Nous sommes très fatiguées. Dans la cuisine, on a l’impression d’être dans un réchaud. Il fait excessivement chaud et je n’ai pas le choix. Je ne peux pas préparer le repas dehors avec la poussière. Le kilogramme du charbon est cher. Avec la pénurie, le prix du kilogramme du charbon est en hausse, 200 francs alors qu’auparavant, il était à 150. Et quand on achète un kilo on a envie de pleurer à cause de la petite quantité », se désole Anta, une domestique. Nabou, de son coté, n’a aucune difficulté pour faire ses taches. « Mon patron a chargé tous les gaz avant cette pénurie. Donc moi je n’ai pas de problème. Mais je sais comment c’est difficile de préparer avec le charbon de bois », ajoute-t-elle. Le retour aux vieilles habitudes n’est pas de tout repos pour les ménagères.

Le Soleil

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