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Obama veut maintenir l’essentiel des baisses d’impôts de Bush

Tout en proposant un « paquet fiscal » pour l’emploi, Barack Obama milite pour la suppression des baisses d’impôts pour les revenus annuels de plus de 200.000 dollars à partir de 2011.

Le ton est donné : ni virage centriste ni « compromis » avec les républicains sur la fiscalité. Après avoir distillé depuis le début de la semaine ses mesures de relance pour l’emploi, Barack Obama est entré, hier à Cleveland, dans le vif du sujet. Contre l’avis de son ex-directeur du Budget, Peter Orszag, il s’est opposé à toute reconduction des baisses d’impôts accordées aux hauts revenus (2 % des foyers américains) par l’administration Bush en 2001 et 2003 dont l’échéance est prévue à la fin de l’année. En revanche, il s’est prononcé pour la pérennisation des baisses d’impôts accordées à la classe moyenne (revenus inférieurs à 200.000 dollars par an ou à 250.000 dollars par foyer), au risque d’aggraver le déficit fédéral (9,9 % du PIB en 2009). L’avenir des baisses d’impôts sera au centre du scrutin législatif du 2 novembre.
Un certain scepticisme

«Ce n’est pas pour punir ceux qui sont les mieux lotis ; c’est parce que nous ne pouvons pas nous permettre un coût de 700 milliards de dollars (sur dix ans, NDLR)», a lancé hier Barack Obama pour justifier la suppression des baisses d’impôts pour les hauts revenus. «Les Républicains qui veulent réduire le déficit devraient le comprendre», souligne-t-il. Même si la prorogation des baisses d’impôts uniquement pour la classe moyenne était largement attendue, cette « clarification » vise à rassurer les candidats démocrates en vue des élections législatives du 2 novembre, particulièrement délicates pour eux.
Selon les calculs du Pew Economic Group, la prorogation des baisses d’impôts accordées par l’administration Bush en 2001 et 2003 pour 98 % des foyers fiscaux devrait, toutefois, représenter 2.200 milliards de dollars de pertes de recettes fiscales sur 10 ans. L’ancien directeur du Budget de la Maison-Blanche, Peter Orszag, qui a démissionné en juillet, défendait une approche différente. Pour lui, il est impensable de pérenniser ces baisses d’impôts si l’administration veut tenir son objectif de réduction de moitié du déficit fédéral en 2015. Mais face à la situation alarmante du chômage, « la meilleure approche serait un compromis : étendre les baisses d’impôts à tout le monde pour deux ans et puis les supprimer entièrement », plaide-t-il dans une tribune parue dans le « New York Times » du 7 septembre, en militant pour leur disparition pure et simple en 2013. Quant aux républicains, ils estiment que la suppression des baisses d’impôts pour les hauts revenus va pénaliser fortement les petites et moyennes entreprises.
Parallèlement, Barack Obama a détaillé hier son plan de relance pour l’emploi. Outre les 50 milliards de dollars pour les infrastructures annoncé lundi, il prévoit 200 milliards de dollars d’allégements fiscaux pour les entreprises -sous la forme d’une déduction de 100 % des nouveaux investissements dans les équipements industriels jusqu’au 31 décembre 2011 -, et une reconduction du crédit d’impôt-recherche à hauteur de 100 milliards de dollars sur 10 ans. Mais l’ensemble de ces mesures, dont le coût final à terme devrait être réduit à 180 milliards de dollars selon la Maison Blanche, restent largement tributaires du feu vert du Congrès où elles risquent de se heurter à l’opposition des républicains. « Après nous avoir promis qu’un plan de relance de 1.000 milliard de dollars d’argent emprunté allait créer 4 millions d’emplois et faire baisser le taux de chômage sous la barre des 8 %, ce nouveau plan de l’administration devrait être accueilli avec un scepticisme légitime », estime le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, en y voyant un constat d’échec du plan de 2009. De fait, la « relance de la relance » se heurte à un certain scepticisme. Des économistes s’étonnent que l’administration ait choisi la relance de l’investissement alors que les entreprises américaines disposent d’énormes réserves de liquidités. Hier, le beige Book de la Fed a néanmoins fait état de la multiplication des signaux de ralentissement conjoncturel de la croissance américaine.

Les Echos

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