Malgré un indice de chômage (9,6 %) un peu moins mauvais que prévu en août, le président américain s’apprête à annoncer de nouvelles mesures fiscales pour encourager le secteur privé à recruter. Un aveu implicite que le plan de relance de 787 milliards de dollars de février 2009 risque d’être insuffisant.
Le spectre du « double dip » est peut-être écarté, mais cela ne suffit pas à assurer la reprise. Malgré la publication, ce week-end, d’un chiffre du chômage moins mauvais que prévu en août (9,6 % contre 9,5 % en juillet), Barack Obama a promis de présenter cette semaine un nouveau train de mesures fiscales visant à stimuler l’emploi et la croissance. Il évoquera ces mesures lors d’un déplacement à Cleveland (Ohio), mercredi, en vue d’une présentation le 10 septembre. A deux mois des élections législatives de mi-mandat, c’est un aveu implicite que l’impact du plan de relance de 787 milliards de dollars, adopté en février 2009, risque de s’avérer insuffisant, du moins pour enrayer le ralentissement des créations d’emplois dans le secteur privé au cours des derniers mois. « L’économie évolue dans la bonne direction, nous avons juste à lui donner un coup d’accélérateur », a assuré vendredi le président américain, sans cacher qu’il n’y a « pas de solution miracle » pour sortir rapidement de la récession. Tout en dénonçant le blocage du dispositif pour les PME par les républicains au Congrès, il a évoqué de nouvelles mesures pour stimuler l’emploi, « y compris une extension des baisses d’impôts pour la classe moyenne ». Selon le « Washington Post », la Maison-Blanche, dont l’inertie a été critiquée face à l’essoufflement estival de la reprise, envisage une série d’exonérations fiscales temporaires pour les entreprises et une pérennisation du crédit d’impôt recherche-développement déjà prorogé pour un an fin 2009.
L’optimisme relatif de Barack Obama se fonde sur les nouveaux chiffres du chômage publiés vendredi qui ont contribué à rassurer légèrement les marchés. Malgré un taux de chômage de 9,6 % en août (contre 9,5 % en juillet), le secteur privé a créé 67.000 emplois nets en août, même s’ils sont obérés par les 121.000 emplois supprimés dans le secteur public en raison de l’achèvement du plan de recensement. Avec la révision à la hausse des chiffres de juin et juillet, le secteur privé aura ainsi créé quelque 763.000 emplois depuis décembre contre une perte de 750.000 emplois par mois lorsque Barack Obama était entré en fonction, souligne la Maison-Blanche.
Climat d’incertitude
Mais les chiffres du département du Travail font également état d’un net ralentissement des créations d’emplois du secteur privé (72.000 en moyenne entre mai et août, contre + 200.000 en mars-avril), outre un recul des emplois manufacturiers (- 27.000) pour la première fois depuis décembre. « Nous sommes toujours réticents à embaucher car nous voulons être absolument certains que nous n’assistons pas à un rebond temporaire », a expliqué le directeur général de 3M, George Buckley, à Bloomberg. Certains économistes n’excluent pas que le taux de chômage passe la barre des 10 % début 2011, sur fond de ralentissement de la croissance. Pour la majorité démocrate, à deux mois des élections législatives, ce climat d’incertitude sur la reprise sur fond de chômage à plus de 9 % depuis seize mois consécutif, risque d’être lourdement pénalisant. Selon plusieurs sondages, le Parti démocrate serait en train de perdre du terrain auprès des jeunes électeurs de 18-29 ans durement touchés par le chômage. D’où l’urgence de ces nouvelles mesures fiscales, même si l’entourage du président a précisé qu’elles ne seront pas d’une ampleur comparable au premier plan de relance.
LES ECHOS






