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Le CAC 40 a fondu de moitié depuis son record du 4 septembre 2000

L’indice parisien frôlait les 7.000 points le 4 septembre 2000. Plus de 400 milliards d’euros sont partis en fumée depuis, la décennie ayant été ponctuée par trois crises de très grande ampleur : Internet, « subprimes » et dettes souveraines. De quoi décourager les investisseurs, notamment les particuliers.
Un souvenir cuisant d’ivresse collective. » « U n anniversaire douloureux », « une leçon d’humilité ». Lorsqu’ils se souviennent du 4 septembre 2000, les professionnels de marchés ne versent pas dans la nostalgie. C’est à cette date, il y a tout juste dix ans, que le CAC 40 frôlait les 7.000 points, atteignant un sommet à 6.922,33 points en clôture. Une décennie plus tard, les investisseurs ont déchanté. L’indice phare parisien évolue péniblement autour des 3.600 points. Il a perdu près de la moitié de sa valeur et, en dix ans, près de 430 milliards d’euros de capitalisation boursière sont partis en fumée.
« On a passé la moitié de la décennie en crise », observe Christophe Donay, responsable de la stratégie chez Pictet & Cie. Trois événements majeurs se sont, en effet, succédé en quelques années : l’effondrement de la bulle Internet, la crise des « subprimes » et celle, plus récente, de la dette souveraine. Entre-temps, des centaines d’entreprises en « .com » ont mis la clef sous la porte, des milliers d’épargnants qui pensaient s’enrichir en quelques clics se sont détournés de la Bourse et les investisseurs se ruent désormais sur l’obligataire, que certains annoncent comme la prochaine bulle…

A la différence d’autres grands indices mondiaux, comme le Dax ou le Dow Jones, le CAC 40 n’a jamais retrouvé son point haut de 2000. « Et pour arriver à 7.000 points en trois ans, il faudrait une croissance de 26 % par an. Autant dire que c’est peu probable… » fait remarquer Jean-Louis Mourier, économiste d’Aurel.
« Le marché était en plein rêve »

Il faut dire qu’en dix ans, l’indice a bien changé. Le secteur des TMT (télécoms, médias, technologie) pesait en 2000 pour 40 % du CAC 40, contre seulement 6 % actuellement. France Télécom, alors première pondération de l’indice, a perdu 87,5 % depuis, Alcatel-Lucent 98 % ! « Ces chutes reflètent la démesure de l’époque. On croyait à un nouveau paradigme, sur fond de révolution technologique. Sous la pression du marché, les analystes cherchaient à justifier des valorisations irrationnelles par tous les moyens », se souvient Pierre-Yves Gauthier, cofondateur d’AlphaValue. « Le marché était en plein rêve, certaines valeurs technologiques avaient des PER [multiples de valorisation, NDLR] de 50 », renchérit Christophe Donay. Il y a dix ans, le CAC 40 capitalisait presque 25 fois les bénéfices des entreprises, alors que la moyenne de long terme est de 15 fois, et que le niveau actuel est d’un peu plus de 10 fois, selon les calculs d’Aurel, sur la base des prévisions de profits à douze mois.
Il est pourtant difficile d’imaginer que le marché reprenne son envol à moyen terme, compte tenu de la conjoncture morose et des craintes qui entourent l’économie américaine. Malgré le quasi-doublement des profits des 40 valeurs composant l’indice ce semestre, à 41,6 milliards d’euros au total, la Bourse a du mal à se stabiliser. « Le CAC 40 à 7.000 points ?… Vous écrivez un article de science-fiction ? » s’amuse un professionnel.

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