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Human Rights Watch dénonce les pratiques peu sociales de certaines entreprises européennes aux États-Unis

Un rapport de Human Rights Watch (HRW), publié jeudi 2 septembre, accuse une dizaine de groupes européens, dont les français Saint-Gobain et Sodexo, de bafouer le droit syndical dans leurs filiales américaines et d’enfreindre ainsi leurs propres principes de responsabilité sociale. L’organisation de défense des droits de l’homme, basée à New York, a examiné les pratiques de ces dernières années vis-à-vis des syndicats de dix sociétés européennes fortement implantées aux Etats-Unis. Outre les groupes français, il s’agit des allemands Siemens, Deustche Telekom (T-Mobile) et Deutsche Post (DHL Express), britanniques Tesco et Group 4 Securicor, ainsi que du norvégien Kongsberg et du néerlandais Gamma (National Wire Fabric).

“Les entreprises européennes qui affichent leur adhésion aux règles de l’Organisation internationale du travail (OIT), intégrées dans leurs législations nationales et qu’elles respectent de manière générale, ne tiennent trop souvent plus ces engagements lorsqu’elles s’installent aux Etats-Unis, où la loi est moins protectrice de la liberté d’association des salariés”, dit HRW. “Dans certains cas, les entreprises européennes enfreignent les conventions de l’OIT (…) adoptant des pratiques répandues aux Etats-Unis mais qui sont proscrites en Europe”, poursuit le rapport de 128 pages, intitulé A Strange Case : Violations of Workers’ Freedom of Association in the United States by European Multinational Corporations (Une affaire étrange : Violations de la liberté d’association des travailleurs aux États-Unis par certaines multinationales européennes).

HRW relève des pratiques, généralisées ou spécifiques à certains établissements, visant à empêcher la formation de syndicats par l’intimidation de salariés et la désinformation, ainsi que l’embauche temporaire de personnes pour remplacer des grévistes, le licenciement de syndicalistes et le refus de négocier avec des syndicats lorsqu’ils existent. “Sodexo a soumis des salariés qui avaient tenté de monter un syndicat à des menaces, à des entretiens s’apparentant à des interrogatoires, ainsi qu’à des licenciements”, relève l’ONG. “Rien dans la loi américaine n’empêche les groupes européens de traiter aux Etats-Unis les salariés et les syndicats aussi respectueusement qu’ils le font chez eux”, note le rapport. “La liberté d’association des salariés, soit le droit de fonder des syndicats et d’engager des négociations collectives, est un élément central des droits de l’homme et de la responsabilité sociale des entreprises”, rappelle l’organisation

LE MONDE

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