Les relations économiques entre le Sénégal et l’Algérie « ne sont pas au niveau souhaité ». C’est pour inverser ce constat de l’ambassadeur d’Algérie au Sénégal que l’Association des étudiants et stagiaires sénégalais en Algérie (Aessa) a organisé un ndogou-débat autour de la question, le vendredi dernier.
Comment redynamiser les relations économiques entre le Sénégal et l’Algérie ? Pour trouver une réponse à cette question, l’Association des étudiants et stagiaires sénégalais en Algérie (Aessa) a organisé, le vendredi dernier, un « ndogou-débat », au Cices. Au cours de cette rencontre qui a réuni, entre autres, M. Abderrahman Benguerrah, ambassadeur d’Algérie au Sénégal, M. Seydou Nourou Bâ, ancien ambassadeur du Sénégal en Algérie et les membres de l’association, tous cadres dans différents secteurs, différents axes de coopération ont été explorés. « Nous voulons que la relation entre le Sénégal et l’Algérie soit solide dans tous les plans, notamment sur le plan économique », a déclaré M. Benguerrah. L’ambassadeur regrette cependant que la « relation économique entre les deux pays ne soit pas au niveau souhaité ». Il note ainsi un « manque d’initiative des agents économiques de part et d’autres, non pas par manque de volonté politique au plus haut niveau, mais, dit-il, les règles de la mondialisation voulant que les agents économiques aient une pleine marge de manœuvre dans le choix de leurs partenaires ». Il invite donc ces derniers à « tirer profit des avantages comparatifs qu’offrent ces deux économies, principalement en termes de rapport qualité-prix, au lieu d’inonder leurs marchés respectifs de produits asiatiques ». « Les produits algériens (notamment chimiques et pétroliers) ont leur place dans le marché sénégalais et ceux du Sénégal (notamment agricoles) dans le marché algérien », a-t-il ajouté.
Saisissant la balle au rebond, Seydou Nourou Bâ ajoute que l’Algérie dispose d’agrégats économiques solides, d’une maîtrise dans certains secteurs (énergie, agriculture et formation en ressources humaines) et surtout d’importantes réserves de changes estimées à 145 milliards de dollars en 2010. Bref, autant d’atouts susceptibles de servir à une relation économique dynamique entre les deux pays. Dès lors, il ne resterait qu’à exploiter les espaces de coopération existants. « C’est pourquoi, ajoute M. Bâ, nos opérateurs économiques auraient intérêt à mieux se connaître ». Le député-maire Cheikh Abiboullah Dièye, un ancien d’Algérie lui aussi, se dit convaincu que « c’est le Sénégal qui a le plus à gagner dans le renforcement des relations économiques avec l’Algérie ». Il fait ainsi allusion à la manne d’investissements que pourraient constituer les importantes réserves algériennes de change, mais aussi à son expérience dans le domaine énergétique – le talon d’Achille du Sénégal. En effet, avec plus de 1.100 Mw exportés l’année dernière vers le Maroc, l’Algérie pourrait être d’une réelle utilité au Sénégal dans ce domaine. Du reste, plusieurs intervenants estiment qu’à l’image de ce qui se passe entre le Sénégal et un certain nombre de pays du Sud (Chine, Iran, Inde, etc.), les avantages qu’offrent la coopération Sud-Sud ne sont plus à discuter tant en termes de qualité qu’en termes de respect entre partenaires. Omar Khassimou Dia déclare même que « les rapports de coopération peuvent être plus justes avec l’Algérie qu’avec d’autres pays asiatiques ».
Tout compte fait, la prochaine édition de la Foire internationale de Dakar (Fidak), prévue en février 2011, avec comme invité d’honneur l’Algérie, constitue une « occasion idéale » pour insuffler une vraie dynamique dans les relations commerciales entre les deux pays.
En tout cas, l’Aessa qui joue la partition du double culture, par la voix de son président, Abdoulaye Guèye, promet de tout faire pour contribuer à l’atteinte de cet objectif. Mais, au-delà des déclarations de bonnes intentions, l’ambassadeur Benguerrah estime qu’il faut donner une base juridique à cette coopération par le biais, par exemple, d’un accord de non imposition réciproque.
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