Categorized | Les Blogs

BLOG DE YORO DIA

yoro dia

Irak : la victoire de l’Iran

4000 soldats américains tués en 7 ans pour une démocratie embryonnaire incapable d’avoir un gouvernement plusieurs semaines après les élections. C’est le bilan de l’intervention américaine en Irak. Vers « l’Orient compliqué » Georges Bush avait débarqué avec des « idées simples » pour ne pas dire simplistes ou manichéennes. Le soldat Bush sous la dictée des intellectuels néoconservateurs comme Paul Wolfowitz, Richard Pearl, dogmatiques comme l’abbé Torquemada ( chef de l’Inquisition en Espagne sous Isabelle) était convaincu qu’un Irak démocratique entrainerait la démocratisation du Moyen Orient par un effet domino ou de contagion. C’est paradoxal mais Bush n’a été qu’un sous traitant de l’Iran, le seul vainqueur de cette guerre. Bush a réalisé le rêve de l’iman Khomeiny : prendre Saddam, le souhait de Ben Laden : prendre pied symboliquement dans capitale de l’empire abbasside : Bagdad, ce qui était impensable sous Saddam. Un axe chiite Teheran-Bagdad ? Les stratèges iraniens en ont toujours rêvé. Bush a réalisé leur rêve utopique sans que l’Iran ne perde un soldat. Le retrait sans gloire de l’armée américaine d’Irak ouvre un boulevard au programme pour l’Iran et son programme nucléaire. Les iraniens peuvent être convaincus qu’un engagement militaire américain contre les mollahs n’est même plus une vue de l’esprit. Finalement la recherche des armes de destruction massive, prétexte de la guerre n’aura été rien d’autre qu’une arme de distraction massive inventée par des intellectuels néoconservateurs qui voulaient utiliser l’Irak comme un cas pratique de leur théories élaborées dans des think tanks. Les néoconservateurs sont convaincus que l’Amérique est un empire pas une république. C’est pourquoi les néoconservateurs ne s’intéressent guère à la politique intérieure. Leur intérêt est principalement tourné vers ce que Tony Smith appelle « america’s mission ».

Wade et l’Iran et le sénat américain

Notre cher Président est au fond comme les néoconservateurs de Washington : la politique intérieure l’ennuie. Wade a des ambitions d’empereur que son petit pays ne peut contenir. D’ailleurs en Sciences Politiques la particularité de l’empire est l’absence de frontières. L’empereur Wade ne saurait se contenter des frontières du Sénégal : Nepad, Muraille verte, autoroute Dakar Tanger, Monument de la renaissance africaine, festival mondial des arts nègres. Apres l’affaire Clotilde Reiss, l’empereur a entame une nouvelle croisade : faire libérer des américains détenus en Iran. S’il réussit, ce sera un grand coup diplomatique qui à coup sur lui ouvrir les portes de la Maison Blanche. Wade a au moins l’ambition d’exister sur la scène internationale et fait entendre la voix du Sénégal. Les sénateurs américains qui poussent des cris d’orfraie parce que Wade fréquente Téhéran nous manquent de respect. Pourquoi les Etats Unis devraient nous choisir nos amis ou nous demander d’avoir les mêmes amis qu’eux. Comment on peut nous reprocher de fréquenter les perses alors que Obama ne cesse de leur faire des clins d’œil. Les américains ont toujours un reflexe et le syndrome d’empire et donc pensent que le champ d’application de loi américaine doit être le monde. Qui ne se souvient pas de la loi d’Amato mettant hors la loi tout pays faisant du commerce avec la Lybie. Il a fallu leur rappeler que c’est une loi américaine pas une loi de l’ONU. Même s’il siège au Capitole, le sénat des Etats Unis n’est celui de la Rome antique et nous ne sommes pas les barbares pour s’aligner ou s’assimiler afin de s’attirer les grâces des sénateurs ou leurs foudres. Faut il encore le rappeler un sénateur qui saisit le congres d’une lettre est un non événement aux Etats unis, la patrie du lobbying. Etant donne qu’on admet que l’Etat est l’arbitre entre les différents intérêts privés, le lobbying est naturel et nécessaire. Et sensibiliser un sénateur pour qu’il écrive une lettre est une chose naturelle et banale aux Etats Unis. Dans notre système d’inspiration latine et jacobine où on place l’intérêt général au centre des institutions et on proclame qu’il ya pas de mandat impératif, le lobbying est considéré comme malsain. C’est par ignorance du mode de fonctionnement du système américain que les confrères donnent souvent de l’importance à une lettre d’un sénateur « sensibilisé » surement par des cabinets de lobbying qui pullulent au congres. Si le Sénégal engageait un cabinet de lobbying à Washington, bientôt on aurait un sénateur qui prendrait sa plume pour militer en faveur de l’éligibilité du Sénégal au MCA. Eh oui c’est ça les Etats Unis, les cabinets de lobbying peuvent officiellement faire les « couloirs du congres » pour sensibiliser les sénateurs. D’ailleurs le mot lobby vient de cette pratique : faire le couloir ou organiser des rencontres dans les lobbys des hôtels.

Les mécanismes du soupçon

« Le pouvoir de la cour suprême c’est son autorité » ainsi parlait le juge John Marshall, quatrième Président de la cour suprême et qui a grandement contribue à donner prestige et autorité à la cour qui était presque une coquille vide avant sa nomination. Marshall a donné de l’autorité à la cour en décidant qu’elle devait décider de la constitutionnalité des lois dans l’affaire Marbury vs Madison. Par son autorité, ce juge a donne un immense pouvoir à la cour suprême des Etats Unis. Ce qui ne sera pas surement le cas du Président de notre conseil constitutionnel dont l’autorité et par conséquent le pouvoir est gravement remis en cause par une suspicion légitime. Cela tombe sous le sens, l’arbitre n’est crédible et fiable que s’il jouit de la confiance des parties. Et pour le juge Diakahté, ce n’est pas le cas. Aucun des membres de l’actuel conseil constitutionnel n’a fait l’objet de soupçon ou de suspicion, le juge Diakate devrait penser à mettre ses collègues du Conseil et les mettre à l’aise en rendant son tablier. Evidemment ils ne vont pas demander à leur Président de démissionner mais c’est à lui de le comprendre. Quand Roland Dumas, Président du Conseil Constitutionnel français a été mis en cause par la Justice, il a démissionné. Pour le cas du juge Diakahté la démission s’impose d’autant plus qu’il est mis en cause des sa nomination.

Comments are closed.






Publicité

Google

Google Adsense