Réunis en symposium à Dakar sous la présidence du Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, les dirigeants des banques centrales africaines et des régulateurs financiers venus d’horizons divers se penchent sur les axes de prévention contre de futures crises financières.
Le Symposium de l’association des banques centrales africaines (Abca) qui s’est ouvert hier à Dakar ambitionne d’offrir aux Africains des moyens de protection contre les effets néfastes à leurs économies confrontées à la globalisation. « L’intégration de nos systèmes financiers et monétaires est la voie la mieux indiquée pour accélérée le développement économique et social du continent et mettre nos pays à l’abri des chocs extérieurs ». Telle était la conviction du premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, hier, à l’ouverture du symposium de l’Abca pour l’année 2010. La rencontre au siège de la Bceao dans la capitale sénégalaise se tient en marge de la 34e assemblée générale de l’Abca et porte sur le « rôle des banques centrales dans la régulation et la stabilité du système financier ». Il s’agit d’une invite au renforcement des capacités et à l’efficacité pour les institutions monétaires centrales d’Afrique. Au lendemain de la crise financière internationale qui a ébranlé toutes les économies, l’Abca se met ainsi à l’état de veille et ambitionne de pousser la réflexion afin de mettre en place des dispositifs solides de régulation des systèmes financiers, de surveillance et de détection des facteurs de vulnérabilité, tout en développant des pratiques saines de gestion des risques.
Les gouvernements, a indiqué Me Souleymane Ndéné Ndiaye, ont joué pleinement leur rôle en mettant en œuvre des politiques macroéconomiques porteuses de croissance, en améliorant la qualité des institutions et en favorisant la transparence dans la gestion publique. De sorte, poursuit-il, que les travaux du symposium devront refléter les orientations des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, formulées à l’occasion des récents sommets et qui, pour l’essentiel, tournent autour de la prise en compte des préoccupations du continent dans l’architecture financière internationale en gestation.
Les régulateurs appelés à corriger les carences de la supervision
Le Premier ministre a ainsi invité les gouverneurs des banques centrales à se pencher sur les causes profondes et les enseignements à tirer de la crise financière internationale récente et à mettre l’accent sur la nécessité de renforcer la coordination entre régulateurs et à corriger les carences dans la supervision. Il s’est dit convaincu que l’Afrique doit apporter sa contribution à la reconfiguration de l’architecture financière internationale. Dans cette perspective, Souleymane Ndéné Ndiaye estime que ce symposium doit aussi déboucher sur des propositions concrètes quant aux règles et mécanismes de régulation et de supervision, permettant d’adapter le système financier aux besoins de l’Afrique, tout en respectant les normes internationales essentielles.
Pour sa part, le président de l’Abca, Jean-Claude Masangu-Mulongo, par ailleurs Gouverneur de la Banque centrale du Congo, a invité les banques centrales à ne plus se limiter à veiller à la stabilité monétaire, mais aussi à garantir la stabilité du système financier. « Les échanges doivent s’inscrire dans la perspective d’un renforcement de l’intégration monétaire en Afrique et d’une accélération de la mise en œuvre de notre programme de coopération monétaire », estime pour sa part le gouverneur de la Bceao, Philippe-Henri Dacoury-Tabley qui, s’est par ailleurs félicité du choix de son institution pour abriter ces assises annuelles de l’Abca dont la 34e réunion ordinaire du conseil des gouverneurs.
Le Soleil






