Inquiètes quant à la vigueur de la reprise économique américaine, les places boursières mondiales ont connu un accès de faiblesse, jeudi 19 août, enregistrant des baisses importantes. Les marchés européens, très hésitants en début de séance, ont ainsi tous chuté après la publication d’une série d’indicateurs américains décevants. A la clôture, Paris a signé la plus forte baisse, perdant 2,07 %, tandis que Francfort a cédé 1,80 %, Londres 1,73 %, Milan 2,05 % et l’Eurostoxx 50 (indice de principales valeurs européennes) 1,97 %.
La Bourse de New York a fini en nette baisse jeudi, déprimée par la contraction de l’activité industrielle dans la région de Philadelphie et un marché de l’emploi toujours en difficulté avec une nouvelle hausse des inscriptions au chômage : le Dow Jones a perdu 1,39 % et le Nasdaq 1,66 %. Même craintes du côté des Bourses asiatiques, où l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a fini la journée de vendredi 20 août en chute de 1,96 % tandis que la Bourse de Shanghaï ouvrait en baisse de 0,41 % quelques heures plus tôt.
Les indicateurs américains “ont été purement exécrables”, commentait Paul Ashworth, analyste du centre de recherches économiques londonien Capital Economics et montrent, selon lui, que la reprise américaine est “clairement en train de ralentir”.
PROFITS EN HAUSSE DES ENTREPRISES AMÉRICAINES
Toutes ces mauvaises nouvelles ont fait passer au second plan la publication des très bons résultats des entreprises du Standard & Poor’s, l’indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines. Ces entreprises ont ainsi publié près de 200 milliards de dollars (156 milliars d’euros) de résultat au cours du second trimestre, selon des données de l’agence Thomson Reuters publiées par Les Echos. Il s’agit donc du troisième trimestre d’affilée de croissance, après neuf de baisse.
Sur l’ensemble du semestre, le profit du S&P 500 atteint 384 milliards de dollars (300 milliards d’euros), en croissance de 47 %, portés par les bons résultats du secteur de la santé et de l’industrie. Même résultats positifs du côté des entreprises du Dow Jones, qui ont dégagé un résultat positif de 141 milliards de dollars (110 milliards d’euros) lors du dernier semestre, soit une hausse de 32 % par rapport à l’an dernier.
Les bénéfices et chiffres d’affaires de ces sociétés ont ainsi en grande majorité dépassé les attentes des analystes, qui tablent sur de nouvelles augmentations pour les troisième et quatrième trimestres. Les prévisions sur l’ensemble de l’année sont ainsi très satisfaisantes, avec 36 % de bénéfices annoncés, de même que pour l’année 2011, avec 15 %. Ces bonnes perspectives risquent toutefois de ne pas s’avérer suffisantes pour donner un coup de fouet à Wall Street, tant les investisseurs portent actuellement leur attention sur la macroéconomie et non les éléments microéconomiques rassurants.
Le Monde






