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La canicule dope les cours des denrées de base

L’Egypte prend les devants en rachetant une grande partie de sa production de blé. Une tactique à la chinoise qui fait partie des nombreux signes avant coureurs d’une probable hausse des denrées de base d’ici l’automne. Le point.

Alors que les gros producteurs asiatiques de riz et de céréales (Chine, Inde) sont ravagés par d’importantes catastrophes naturelles et que la Russie (où 10 millions d’hectares sont partis en fumée) vient d’interdire toute exportation de blé en raison des dégâts occasionnés par les incendies de forêt, voilà que l’Egypte, grand producteur de riz et de céréales, annonce la couleur. Le gouvernement a acheté 2,3 millions de tonnes de blé local entre avril et août. Une opération spectaculaire de la part du ministère de l’Agriculture qui a payé à un prix supérieur au cours international. Pour sa part, la Chine vient encore de se faire livrer 220 000 tonnes de grains, dans un mouvement quasi-continu depuis le début de l’été, poussant les analystes aux spéculations les plus pessimistes sur les tendances d’ici le mois d’octobre. Annoncé sur la fourchette des 75 -80 dollars, le baril de pétrole connaîtra –t-il une nouvelle poussée en liaison avec un probable conflit ouvert entre l’Iran et Israël ? A ce paramètre s’ajoute les prévisions de récolte. La Russie prévoit désormais 85 millions de tonnes de blé (contre 95 millions avant la canicule), des prévisions jugées trop optimistes par certains analystes qui ne voient pas l’ex empire des Tsar dépasser la barre des 70 millions.

Même tendance en Ukraine et au Kazakhstan où l’heure est à la révision. La France qui a vécu une grande sécheresse cette année et l’Allemagne, l’Europe centrale accordent une attention particulière à ce sujet. Autant de signes avant coureurs de tensions qui alimentent les spéculations sur les marchés à terme. Ainsi, la Bourse de Chicago, considérée comme la Mecque des commodities, a inauguré le mois d’août avec un plus haut depuis un an avec un boisseau (25 kg) livrable en septembre coté à 6,27 dollars. Dans le même temps, Euronext cotait 193,25 euros le blé meunier livrable en novembre, soit une forte hausse par rapport au mois de mars où un tel contrat dépassait rarement 130 euros. Cette hausse est nourrie en partie par les fonds de pension américains, et anglo-saxons en général, une présence plutôt inhabituelle, souligne l’agence AWP qui rappelle que le 22 juillet dernier, les échanges ont battu tout le record sur le marché européen où 7% de la récolte française a changé de main. Simple spéculation d’un marché mondial aux mains des traders ou véritable tension sur les céréales d’ici l’automne ? Tel est le grand dilemme du marché. En tout cas, le Conseil international des céréales estime la production mondiale en 2010 à 651 millions tonnes, soit seulement 26 millions de moins par rapport à 2009. Une prévision qui date du 29 juillet, bien avant les ravages en Russie, en Inde et en Chine.

Les Afriques

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