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La Bourse reflète le rôle majeur du secteur des matières premières

Le groupe minier anglo-australien BHP Billiton, auteur d’une OPA titanesque visant le producteur d’engrais Potash, fait depuis peu partie des “mammouths” de la Bourse mondiale.

Pesant quelque 181 milliards de dollars (141 milliards d’euros), le groupe se place à la dixième place des plus grandes capitalisations mondiales, selon le classement établi par l’agence Bloomberg, mercredi 18 août.

Son ascension boursière, à l’instar des autres groupes miniers absents des cinquante plus grandes capitalisations avant la crise en 2007, s’explique par la flambée des prix des matières premières, dopés par la demande mondiale et en particulier de pays émergents comme la Chine. Elle reflète aussi la consolidation intensive du secteur qui a permis de créer des champions internationaux.

Mais l’arrivée de BHP Billiton dans ce “top ten” traduit aussi le retour en grâce boursière de l’industrie au détriment de la finance.Car si certains groupes comme le pétrolier Exxon Mobil, en tête de la liste avec une capitalisation de 285 milliards de dollars, sont indétrônables depuis plusieurs années, ce n’est pas le cas des banques américaines.

Fin 2006, figuraient dans ce classement actualisé chaque trimestre par le Financial Times, des poids lourds de Wall Street : Citigroup (n°4) et Bank of America (n°8).Depuis, la crise financière a balayé le secteur, avec par exemple l’action Citigroup perdant 90 % de sa valeur !

Pour les experts, cette dégringolade traduit l’éclatement de la bulle du crédit. Les valorisations des banques américaines étaient, selon eux, exagérées comme l’ont été celles des groupes informatiques en 2000 au moment de la bulle Internet.

A l’époque, Intel, IBM, Cisco ou Lucent étaient dans le palmarès des dix plus grosses capitalisations. Aujourd’hui dans le domaine informatique seuls Microsoft et Apple font partie de ce club des poids lourds de la Bourse.

LE POIDS DE LA CHINE

L’industrie a aussi souffert de la crise. General Electric, le conglomérat américain, baromètre de l’économie du pays, classé n°2 fin 2006, a pâti des difficultés de la première puissance mondiale et se range désormais au 15e rang.

Mais d’autres mastodontes ont su démonter leur solidité. Il en est ainsi du géant de la grande distribution, Wal-Mart, qui parvient à conserver son rang (n°9) en dépit d’une consommation déprimée. L’homme d’affaires américain Warren Buffett, qui s’est toujours tenu éloigné d’une finance trop exotique a aussi démontré qu’il était à la hauteur de sa réputation de “messie du business”. Son fonds d’investissement, Berkshire Hathaway, est n°8 du classement.

Mais si la finance américaine a disparu des écrans, des établissements chinois comme Industrial Commercial Bank of China (n°5 avec 214 milliards de dollars de capitalisation boursière) ou China Construction Bank (n°7 ; 194 milliards) lui ont succédé. En quelques années ces banques ont fait une apparition remarquée dans ce classement devenu quasi exclusivement sino-américain.

Une présence qui reflète le poids économique et financier grandissant de la Chine. Mais qui traduit aussi la volatilité et parfois l’exubérance des marchés asiatiques. Autrement dit, une bulle en remplacerait une autre.

Le Monde

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