
Vacances gouvernementales
Les populations ne risquent pas de sentir l’absence du gouvernement parti en vacances. Même quand il n’est pas en vacances, le gouvernement répond assez difficilement aux questions des citoyens. Les carences du gouvernement sont telles que de façon inconsciente le Sénégal n’est pas loin de l’Etat minimal théorisé par les libéraux malgré un big governemnt de plus de 40 ministres. En 11 mois, Samuel Sarr n’a su apporter une vraie réponse à la question des délestages, donc si on nous le déleste d’un mois, on ne le sentira pas. Depuis 5 ans le gouvernement n’a pas pu régler la question des inondations, donc une absence d’un mois risque de passer inaperçu. Depuis des années, le gouvernement cafouille dans la politique agricole avec le problème récurrent des opérateurs privés que le Président de la République vient de dénoncer. Une absence d’un mois n’est pas si grave car depuis quatre ans nous avons le même problème des bons impayés. Wade est un vrai libéral. En quelques années il a fait dépérir l’Etat. L’Etat a tellement dépéri que les vacances gouvernementales risquent d’avoir un impact minimal dans la vie du pays. Les hôpitaux ne sentiront pas l’absence du Ministre de la santé car on ne le sent pas depuis des mois sur la grève qui paralyse les hôpitaux. C’est quand même être extrémistes que de denier aux ministres le droit à des vacances. Ils y ont droit comme tous les travailleurs mais la frustration des populations assaillies par des problèmes auxquels le gouvernement peine à trouver des solutions, vient du fait qu’elles sont convaincues que les vacances ne sont pas méritées vu la qualité du travail ( Inondations, délestages, grève des hôpitaux, crise dans les universités….). Quand le pays est dans cet état les vacances gouvernementales doivent se faire dans la discrétion. D’ailleurs on ne se rappelle même pas si le gouvernement de Diouf partait en vacances.
Apartheid dans la santé
La maladie est devenue un grand privilège au Sénégal. Si vous ne pouvez pas vous payer le luxe d’une clinique privée, ne tombez surtout pas malade. Votre santé n’est pas la préoccupation du gouvernement qui a d’autres chats à fouetter que s’occuper de la santé des Have not qui ne sont pas des victimes mais des coupables parce que incapables d’avoir les moyens de payer les services des cliniques privées. Après les deux écoles, l’école publique cliniquement morte depuis longtemps pour les autres et le privé catholique pour les uns, nous sommes entrés à l’ère de deux systèmes de santé avec les cliniques privées pour les uns et les hôpitaux publics gravement malades pour les autres. L’inconscience et le mépris avec lesquels le Ministère de la Sante gère la grève des internes montre que la santé du plus grand nombre n’est pas un souci pour le gouvernement. Cette situation est d’autant plus tragique que les médecins du service public de la santé sont d’une motivation incroyable. Chaque fois on sort d’un hôpital public, on se demande comment ils font pour réussir le miracle permanent. Le service public de la santé regorge de médecins de qualité. Pour s’en rendre compte, il faut se rendre à Fann ou à CTO. Les médecins sont dans leur bon droit, c’est une injustice fondamentale de faire bac+8 et être à peine mieux payé qu’un petit fonctionnaire. La récurrence des grèves pose la crédibilité de la parole du gouvernement qui prend souvent des engagements qu’il sait qu’il ne peut respecter devant les syndicats mais préfère les prendre sur l’instant uniquement pour sortir d’une crise en attendant l’année prochaine. C’est quand même intéressant de constater que presque toutes les grèves ne sont pas de revendications nouvelles mais des exigences pour le respect d’engagements pris par le gouvernement. En matière d’engagement on dit souvent « Un non sincère fait moins mal que mille oui qui ne sont pas suivis d’effets ». Le gouvernement préfère toujours les « milles oui » qui ne sont pas suivis d’effets. Oui aux enseignants, oui aux étudiants, oui aux internes, oui aux inspecteurs du travail. Tous ces oui sont souvent conjoncturels car ils visent à sortir d’une crise pour la renvoyer à l’année prochaine en oubliant que l’année prochaine finit toujours par arriver.
Obama et la mosquée de Ground Zero
Une mosquée à quelques encablures de Ground Zero qui sera toujours cette « larme sur la joue du temps » est une ignominie pour beaucoup d’américains qui l’ont d’ailleurs clairement exprimé. Il a donc fallu un courage politique certain à Obama pour se prononcer pour et rappeler que la liberté réligieuse est un des principes fondateurs de l’Amérique. Il donne une leçon d’homme d’Etat et d’homme de principe à beaucoup de chefs d’Etats à commercer par Sarkozy dont les rafles des « gens du voyage » rappellent les « rafles de la Gestapo » selon le très sérieux Times de Grande Bretagne. Sarkozy transforme la Police Française en gestapo pour des raisons électoralistes. Notre cher Président devrait aussi méditer sur cette leçon de Obama parce qu’il change trop souvent d’opinion sous la pression de l’opinion. Rappeler et défendre les principes de l’Amérique est la meilleure façon de lutter contre le terrorisme. La construction de cette mosquée prés des ruines du world trade center sera un camouflet pour Al Qeada et sa propagande parce qu’il va montrer le degré de liberté et de tolérance exceptionnelle en matière religieuse qu’il y a en Amérique qui fait paradoxalement il est plus facile d’être musulman aux Etats Unis que dans beaucoup de pays musulmans. Quelque soit le traumatisme causé par le 11 septembre, il ne doit pas pousser l’Amérique à oublier ou à mettre entre parenthèse ses principes comme sous Bush. Le meilleur exemple de la supériorité du principe sur la souffrance la plus innommable nous ait raconté par Elie Weisel, le prix Nobel de la Paix et rescapé des camps nazis dans son livre “Tous les fleuves se jettent à la mer”. Ellie Weisel y relate cette histoire sublime d’un vieux rabbin sauvé de justesse de chambre à gaz et dont le premier réflexe est de déclarer « les nazis ont tout consumé en moi sauf l’amour et la capacité de pardonner ». En soutenant la construction de la mosquée prés de Ground zero, Obama rappelle que le 11 septembre n’a pas consumé l’esprit de liberté et de tolérance qui fait l’originalité, le charme de l’Amérique.






