
Ramadan Zeitgeist
Zeitgeist est un mot allemand qui veut dire “air du temps”. Pour être dans l’ère du temps qui est celui du Ramadan, intéressons nous à cette recherche de Google Insights sur le Ramadan et les pays musulmans sur le net. C’est une révolution. On y apprend que le Sénégal est le 2e pays dans le top 10 au monde pour son intérêt pour le ramadan pour les 12 derniers mois. Le Maroc arrive en tête et la Cote d’Ivoire est 7e. . Deux leçons intéressantes à tirer de ce Google Zeitgeist Premièrement c’est très intéressant de remarquer que le Sénégal et la Cote d’Ivoire sont devant des pays comme l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite et même l’Iran. Google confirme ainsi le déplacement du centre de gravite de la religion musulmane vers la périphérie (Afrique, Pakistan). C’est comme dans le catholicisme même si Rome en est encore le cœur, le centre de gravite s’est déplacé en Amérique Latine et en Afrique. La deuxième leçon qu’il faut en tirer pour le cas du Sénégal est le retour des jeunes vers la religion. Quand on dit Google, on pense forcément jeunes parce que ce sont eux les connectés pas les vieux. Donc ce sont les jeunes qui ont permis le Sénégal d’avoir cette seconde place. Le déplacement du centre de gravité de l’islam vers l’Afrique du moins en matière de recherche sur internet est une tendance lourde parce que quand on fait la même étude sur dix ans ( 2004 à 2010) on se retrouve avec 8 pays africains dans le top 10 ( Maroc à la première place) le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, la Tunisie, le Burkina et l’Algérie. C’est aussi très intéressant de voir « le Sénégal et même Burkina Faso avec ses 45% à 50 ¨% de musulmans arriver devant l’Algérie, l’Afghanistan et l’Arabie Saoudite, trois pays dont l’Islam est la religion officielle alors que le Sénégal et le Burkina sont des Etats laïcs ». C’est comme si « le point de contrainte en religion » comme le veut le Coran est plus efficace pour amener les jeunes vers la religion que les fatwas.
Pakistan : le silence assourdissant de l’OCI
On dit souvent que l’histoire et la politique au Pakistan se résument en 3 A ( Allah, Amérique et l’Armée). Allah a ouvert les vannes du ciel, le pays est sous les eaux, l’Amérique et l’Armée pakistanaise organisent les secours. L’un des plus grands pays musulmans affronte l’une des plus grandes catastrophes de son histoire, l’Amérique est au front pour le secourir alors que l’OCI et son Président s’enferment dans un silence assourdissant qui est très gênant. C’est d’autant plus paradoxal que le Président en exercice de l’OCI semble avoir un avis tout. Quand il y a eu l’ouragan les monarchies pétrolières du Golfe ont été les premiers à voler au secours de l’Amérique alors que pour le cas du Pakistan, elles ne se bousculent pas au portillon pour venir au secours du Pakistan. Le drame qui frappe le Pakistan serait un bon exemple de solidarité islamique car nous avons dans le monde islamique des pays très riches mais aussi des pays extrêmement pauvres. Le Président de l’OCI se doit de donner l’exemple dans l’organisation de l’aide pour le Pakistan. Symboliquement le Président Wade aurait du se rendre au Pakistan et lancer un appel aux pays de l’OCI pour qu’ils viennent au secours du pays de Mohamed Ali Jinah. L’OCI doit organiser une conférence internationale pour aider le Pakistan avant que l’Union européenne ou l’Amérique n’en prennent l’initiative. Ce serait une honte pour le monde musulman. Charité bien ordonnée commence par soi même, le monde musulman doit être en tête pour apporter le secours et l’aide au Pakistan.
Etats Généraux de l’Université
Apres l’UGB, c’est au tour de l’UCAD d’exclure des étudiants pour indiscipline. L’indiscipline et l’ignorance qui ont envahi l’espace universitaire est un symptôme de la décadence de notre système universitaire. Dans les années 80, notre pays avait organisé les Etats Généraux de l’Education et de la formation, il est temps d’organiser des Etats Généraux ou un grand débat national sur l’université sénégalaise. Entre les universités jaxaay de Bambey et de Thiès celle de saint Louis et de Dakar gangrenée par l’indiscipline et la violence, il ya de quoi s’inquiéter de l’avenir de l’université. L’université qui aurait du être un espace d’intégration nationale est devenu un lieu de déconstruction nationale à cause des allégeances privées (confréries, régionalisme, mafias identitaires) qui ont pris le pas sur l’allégeance commune : la quête du savoir. C’est parce que la quête du savoir n’est plus la préoccupation principale des étudiants que le respect du aux profs a presque disparu. Dans les années 60 et 70, les étudiants se regroupaient suivant des affinités idéologiques parce qu’ils étaient très conscients de leur rôle et de leurs responsabilités dans le devenir du pays mais aujourd’hui ils se regroupent suivant des affinités confrériques, régionales et même ethniques. Quand ceux qui doivent incarner l’avenir, la modernité sont prisonniers des identités primaires, il y a de quoi s’arrêter de l’avenir de l’université et donc du pays.
Singapour dans les grands lacs
Le Président Kagamé ne s’en cache pas. Il veut faire de son pays le Singapour de grands lacs. En matière électorale en tout cas, il a assimilé la leçon de Singapour parce qu’il a pris le soin d’écarter de la course ses challengers les plus sérieux pour s’octroyer un score de plus de 90 % comme à Singapour. Kagamé, l’ancien chef de guerre est entrain de redresser son pays qu’il gère comme une entreprise comme Singapour. Pour un pays qui sort d’un génocide, le bilan de Kagamé n’est pas mal surtout sur trois plans : la réconciliation nationale, l’économie et surtout l’éducation avec son projet un élève, un ordinateur alors que le Sénégal ne parvient pas encore à réaliser un étudiant, un ordinateur. Le modèle de Singapour est intéressant parce qu’il montre que la puissance n’est liée l’immensité territoriale. De petits pays comme le Rwanda ou le Sénégal n’ont que la ressource humaine comme levier pour émerger. On ne sait pas si Kagame va transformer le Rwanda en Singapour mais il maitrise déjà Confucius qui dit « la plus grande gloire ce n’est pas de ne jamais tomber mais de se relever chaque fois qu’on tombe ». Kagame a réussi à relever un pays qui était tombé dans l’abime du génocide.






