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BLOG DE YORO DIA

yoro dia

Dakar, la Mecque des mendiants

Apres les « panneaux de l’arnaque » pour reprendre l’expression de Kocc sur la campagne de com du Parrer sur la mendicité, le gouvernement du Sénégal a enfin décidé de s’attaquer sérieusement la question. Il faut juste regretter que le gouvernement ait attendu les injonctions des bailleurs pour s’attaquer à cette industrie de la mendicité qui balafre le visage de notre capitale. Le Sénégal n’est pas le pays le plus pauvre de la sous région mais à coup sur, c’est le pays qui fait plus étalage de pauvreté en Afrique de l’Ouest. Les talibés sont exploités par des enturbannées paresseux sous prétexte de leur enseigner le Coran, des baye fall qui n’ont rien à voir avec la philosophie originelle de Cheikh Ibra Fall instaurent des péages aux passants sans parler des dames qui organisent leur vie de familles sur les grands boulevards et terre plein à commencer par la place de l’Indépendance à quelques mètres du Palais Présidentiel. Cette industrie de la mendicité a crée un appel d’air et Dakar est devenue la Mecque des mendiants de la sous-région. On clame partout et à tue tête nos valeurs parce que la plupart du temps cela relève de l’incantation pour se donner bonne conscience. C’est incroyable la facilité avec laquelle les sénégalais tendent la main. A chaque croisement de Dakar on est interpelé par des hommes et femmes en bonne sante qui préfèrent tendre la main. C’est tellement plus facile et rentable. Quand le « fissabillilah » devient plus rentable que le « dane dolé » pourquoi se tuer au travail ? Ce qui est sur, c’est qu’un pays ne peut pas se dire émergent et faire étalage de sa misère à tous les coins de rue même devant les restaurants et pizzerias où on a l’impression que la jeune dame ou le talibé qui vous barre la route à la sortie par un chantage psychologique cherche à vous donner mauvaise conscience parce que vous vous êtes payé une pizza. C’est tout de même regrettable qu’on ait attendu des injonctions des bailleurs pour ouvrir les yeux ou ne plus regarder de l’autre cote. Même regarder pudiquement de l’autre cote était devenu impossible car il y en avait de tous cotes. Le Premier Ministre a posé un acte fort mais il doit éviter que son initiative soit comme celle de wade lors de l’opération désencombrement de Dakar qui n’aura finalement duré que 48h.

Le crack de Podor

La lumière revient enfin à l’université. En primant Moussa Gaye le crack de Podor (c’est normal, vous imaginez un sérère mathématicien), l’Ucad renoue avec l’excellence. Il était temps parce qu’elle a failli mourir du social. J’écris souvent dans ces lignes que le social doit être un complément du mérite et de l’excellence mais malheureusement le social est devenu la finalité. Le crack de Podor est un bon exemple de cette théorie. Qui était plus mal parti que cet étudiant de Podor ? A l’arrivée, il a décroché le graal. Le recteur a bien fait d’organiser une cérémonie officielle pour l’honorer. Moussa Gaye est un exemple pour tous les étudiants. Il a mérité sa bourse pour aller étudier à l’étranger contrairement à ceux qui prennent en otage les autorités et les étudiants afin de l’avoir. Le « Einstein du Fouta » va susciter beaucoup de vocations surtout chez les nouveaux bacheliers qui vont se dire si l’étudiant de Podor a pu le faire pourquoi pas moi ? C’est tout le charme et l’utilité d’offrir l’excellence en exemple. Malheureusement pour notre pays le changement de paradigme s’est fait de façon négative. De notre génération les références étaient Bachir Diagne et les lauréats du concours général mais maintenant ce sont les troubadours et les lutteurs.

La grande victoire de l’Aqmi

Pourquoi les mouvements de la résistance arabe contre Israël n’ont pas recours à la prise d’otage comme moyen de lutte ? La réponse est simple. Cela ne sert à rien parce qu’Israël ne cède jamais et les conséquences sont toujours très lourdes pour les ravisseurs. Apres la prise d’otage et le massacre d’athlètes israéliens à Munich, Golda Meir lance l’opération « la colère de Dieu ». Cette opération retracée par le génial Spielberg dans son film Munich consistait à la liquidation physique de tous ceux qui avaient pris part au massacre de Munich. La fermeté de l’Etat Hébreu et la jurisprudence « Golda Meir » ont toujours été une constante. L’exemple du soldat Guilat Shalit enlevé depuis des années illustre cet exemple. En cédant aux exigences de l’AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) pour obtenir la libération d’otages, le Mali, la Mauritanie et l’Espagne viennent d’encourager l’AQMI à prendre plus d’otages. Le terrorisme dans le Sahara vient de connaitre un tournant : la motivation financière comme dans l’affaire des espagnols va l’emporter sur le combat idéologique comme ce fut pour les FARC en Colombie. AQMI a gagné la bataille sur tous les fronts : faire libérer leurs prisonniers, recevoir l’argent de la rançon et surtout la conviction d’avoir des Etats faibles en face d’eux. C’est cette conviction qui a fait quitter le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) l’Algérie ( Fermeté envers le terrorisme) pour le Mali et la Mauritanie ( Etat faible).

La tijaniya comme outil diplomatique

Le livre de Bacary Samb Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc, est fort intéressant. On y apprend par exemple que « 60% des populations désignées comme arabes vivent en Afrique et que les 2/3 des territoires considérés comme faisant partie du monde arabe se trouvent en Afrique ». L’aspect le plus important du livre est la place la tijaniya dans les relations entre le Sénégal et le Maroc. La Tijaniya est un élément central dans la politique africaine du Maroc qui s’appuie sur cette confrérie pour légitimer le roi du Maroc comme le « commandeur des croyants » alors qu’il n’est pas avère que le roi soit « membre de la confrérie ». A la lecture du Livre on se rend compte que le Maroc a bien défini la « géographie de ses intérêts » en Afrique noire par une politique africaine très cohérente mais l’inverse est moins sure. La politique africaine du Maroc va de l’introduction de la Tijaniya en Afrique noire à l’hégémonie de Attijari. Si on regarde une carte, il est évident que cette volonté de puissance du Maroc ne pouvait s’exprimer qu’en Afrique noire. Les ambitions marocaines en Méditerranée sont bridées par l’Espagne au nord, à l’Est il y a le concurrent et rival algérien qui essaie au Sud de réduire la Maroc en enclave en lui fermant la route de l’Afrique grâce au front Polisario. Donc pour le Maroc, l’Afrique subsaharienne relève de l’espace vital et la Tijaniya est au centre de la conquête de cet espace vital.

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