
Les Wade entre Hamlet et King Lear
Les sorties de Wade père et fils sur la succession rappellent deux citations du grand William Shakespeare et résume le caractère tragi-comique d’un débat sur la succession en démocratie. La première citation « readiness Is all » ou « l’essentiel, c’est d’être prêt » est de Hamlet alors que l’autre « Ripness is all » ou l’essentiel est notre maturation » est du Roi Lear. L’essentiel c’est d’être prêt dit Hamlet et les Wade sont prêts pour le projet monarchique puisque Wade dit qu’il « n’y pense pas pour l’instant ». Ce qui veut dire la continuation ou non du projet relève de son seul bon vouloir et non d’un rempart de principe. Si le Président est convaincu que la continuation du projet monarchique dépend de son pouvoir ad natum (dire oui avec le menton), la question que l’on se pose est chez King Lear « l’essentiel est notre maturation ». L’essentiel aujourd’hui est dans la maturation du peuple sénégalais qui doit répondre à la question. Elle a fait preuve de maturation lors des locales en censurant le projet monarchique mais le soulagement ressenti et exprimé après la sortie de Wade disant qu’il n’allait pas mettre son fils relève de l’immaturité démocratique parce qu’on s’est comporté comme si Wade nous faisait un privilège royal en renonçant à son projet. Cette même immaturité se manifeste quand on compte sur la France pour qu’elle arrête le projet. Wade cite les cas des Etats Unis du Gabon et du Togo. Les cas sont différents. Le Gabon et le Togo, ce sont des projets monarchiques alors qu’aux Etats Unis, c’est un projet dynastique parce qu’entre Bush Père et fils il y a un mandat de courtoisie (Bill Clinton) comme ce fut le cas en Inde en Nehru et sa fille Indira Ghandi et son petit fils Rajiv. On peut aussi citer le cas du Pakistan avec les Bhutto ( Ali et Benazir). La démocratie et la république ont une grande fascination pour les dynasties (la saga des Kennedy) mais ne supportent la monarchie. C’est tout le problème des Wade, la première dynastie politique du Sénégal. En résumé pour reprendre Shakespeare ‘l’essentiel pour eux c’est qu’ils sont prêts pour le projet monarchique mais l’essentiel pour nous, c’est notre maturation pour faire face et défendre la république qui faut-il le rappeler est le système ou le pouvoir n’est pas attaché à une personne et à sa famille.
Latif et Voltaire
Au beau milieu des manifestions de Mai 68, on a soufflé au Général de Gaulle, l’idée de faire arrêter Jean Paul Sartre. Sa réponse fut sans appel. « On n’arrête pas Voltaire » avait sèchement répondu le Général. Si le Président Wade avait la même hauteur de vue que l’illustre Général, il aurait dit aux faucons qui rêvent de « casser la plume satanique de latif » qu’on « arrête pas Latif ». Depuis Wade un opposant au pouvoir, l’alternance piégée, Latif est devenu Voltaire parce que la communauté internationale l’a prise sous son aile. Etant donné qu’on n’arrête pas Voltaire, le pouvoir Sopi vient encore d’engager un combat perdu d’avance contre Latif parce que poursuivre un journaliste pour recel de document administratif est déjà un aveu d’échec. Le combat est perdu d’avance parce que si le pouvoir va se couvrir de ridicule en mettant Latif en prison pour recel de document administratif après l’avoir poursuivi sans pour diffamation. Si le pouvoir ne va pas jusqu’au bout comme ce sera surement le cas, il aura encore capitulé devant Latif confirmant ainsi son statut de voltaire. « L’Etat finit toujours par écraser la florette même si elle a raison » dit Hegel. Pour le cas de Latif, exceptionnellement l’Etat ne pourra pas écraser la florette. La plume de Voltaire a eu raison sur la violence du Chevalier de Rohan tout comme celle des Spinoza sur l’intolérance des Orangistes désarmés devant le philosophe placardant sur les murs de la Haye son affiche avec deux mots « ultimi barbarie ». Spinoza ne voulait pas parler des derniers barbares mais des derniers de date. Latif est entrain de faire face aux derniers barbares en date parce que l’histoire de la liberté de presse est un combat permanent entre les disciples de Voltaire et les ultimi barbaries.
Suppression entrée en 6e
Le sabotage et le sabordage de l’école publique continuent de plus belle avec la volonté du ministre de l’éducation de nationale de vouloir supprimer le concours d’entrée en sixième. Ce qui est affligeant c’est que l’argumentaire du Ministre se résume à dire que c’est une recommandation de la banque mondiale. Pour un ancien syndicaliste et ancien militant de gauche c’est quand même désespérant. Faut-il rappeler au Ministre que le système double flux qui a déstructuré l’école primaire et démocratisé l’ignorance était aussi une recommandation de la banque mondiale. L’entrée en sixième est un filtre pour les collèges et les lycées comme l’est le bac pour l’université. Au delà du filtre, c’est aussi un rite. La suppression de l’entrée en sixième aura une conséquence grave : quand on se rendra compte que nos élèves ne savent pas lire ou écrire, ce sera trop tard, ils seront déjà entrain de préparer le BFEM. Et comme la Banque Mondiale va nous recommander la suppression du BFEM, on se rendra compte au Bac que l’école est devenue une production de masse d’ignorants. « Si vous estimez que l’éducation coute chère, essayer l’ignorance » disait Lincoln. Kalidou Diallo a fait le pari d’essayer l’ignorance en voulant supprimer le concours d’entrée en sixième, le meilleur rempart contre l’ignorance au Lycée et au collège parce qu’il sélectionne les meilleurs.
Guinée : des chefs de clan au chef de l’Etat
Pour une première, la Guinée est entrain de réussir un coup de maitre. La Ceni après avoir examiné les recours a confirmé le deuxième tour Cellou Dallein Diallo et Alpha Conde. Le vote du premier tour a été très ethnique et identitaire mais pour le second tour pour gagner il va falloir des identités primaires et tenir un discours rassembleur. Le Président élu aura deux missions principales avant toute chose : bâtir un Etat piraté par le clan de Sekou Touré d’abord et ensuite celui de Lansana Conte. Sekou Touré a régné en chef malinké et Conte en chef soussou mais le premier Président élu démocratiquement de la Guinée sera obligé de régner en chef d’Etat. Chef d’un Etat qui n’existe que de nom






