
Sauver l’Ucad
« …Lorsque les maitres tremblent devant les élèves et préfèrent les flatter … alors c’est là en toute jeunesse et en toute beauté le début de la tyrannie» La tyrannie des étudiants s’est installée à l’UCAD depuis longtemps. Tout le monde est responsable aussi bien l’Etat que les autorités académiques. L’Etat et le rectorat sont toujours allés à Canossa devant les étudiants pour acheter la paix sociale dans le campus. Osons le dire, les bourses sociales ont entrainé un système mafieux l’université où les Présidents sont devenus des féodaux avec une cour d’étudiants à qui ils dispensent des prétendes (bourses ou chambres) qui deviennent leurs obligés et qu’ils transforment à l’occasion en milice pour les renouvellements. Le Recteur et le Directeur du Coud contribuent au développement de cette pieuvre parce qu’ils sont les premiers à chercher à acheter la paix en capitulant. Il faut sauver l’UCAD en mettant fin au système mafieux des bourses sociales. L’Université est par excellence le domaine du mérite et des étudiants n’ont pas à gérer des bourses et des chambres. C’est de la responsabilité des autorités universitaires. Etre Président d’amicale est la porte d’accès aux prébendes universitaires (chambres, bourses, aides), donc c’est tout à fait normal que les renouvellements deviennent violents et même sanglants. C’est comme les renouvellements au PS ou au PDS. C’’est quand même grave que pour une université dont la devise est « lux mea lex ou la lumière est ma loi » qu’on sorte chaque année des coupes-coupes, des bombes asphyxiantes pour renouveler des amicales. Dans les années 60-70, les dirigeants de grève étaient toujours les meilleurs. Aujourd’hui c’est l’inverse, il n’y a qu’à écouter les dirigeants d’étudiants à la radio : c’est le sommet de la délinquance grammaticale. On peut avoir une université digne de ce nom quand les enseignants à commencer par le recteur tremblent devant des étudiants. Pour sauver l’UCAD, il faut mettre un terme au système mafieux en revenant aux règles élémentaires de fonctionnement d’une université. L’université c’est avant tout mérite qui doit primer sur le social. Donc supprimons les gênes de la violence (gestions de de bourses et quotas de chambres pour les amicales). Définir des règles claires et transparentes pour les bourses fondées uniquement sur le mérite. Ainsi les amicales seront vidées de leur substance et il on verra qu’il y aura moins de violence dans les renouvellements. La violence résulte du combat pour le contrôle à l’accès aux prétendes. Supprimons les prébendes. Avec ce qui c’est passé au rectorat, on va bientôt se mettre à regretter les premiers années de Sada Ndiaye au Coud. C’était tyrannique mais au moins on étudiait tranquillement et normalement. Quand l’anarchie s’installe comme aujourd’hui on ne peut que regretter malheureusement la tyrannie qui avait assaini l’université et mis un terme à des zones de non droits que s’étaient octroyés certains étudiants. Quel avenir pour une université où le désert de l’ignorance et de violence( les deux vont ensemble) ne cesse d’avancer au point d’envahir le bureau du recteur ?
Le Bon
Les manifestations contre les coupures d’électricité parties de Mbour, qui se propagent à Kaolack et dans les autres localités du pays ont rappelé à mon bon souvenir Gustave le Bon auteur de l’incontournable la psychologie des foules. Les foules sont en mouvement. Les jeunes de kaolack qui descendent dans la rue après ceux de Mbour relèvent de la psychologie de foules. Et il est évident que la contamination va se poursuivre car l’effet de la psychologie des foules aidant les manifestations vont se poursuivre dans d’autres localités avec d’autres jeunes qui vont estimer qu’ils ne doivent pas rester en marge du mouvement. Même si elle est gérée avec désinvolture et irresponsabilité illimitée, cette crise énergétique est la plus grande menace contre le régime de l’alternance. Le Bon qui a passé sa vie à étudier les foules nous invite à nous en méfier car dit il « Céder une fois à la foule, c’est lui donner conscience de sa force et se condamner à lui céder toujours ». Cette crise énergétique est tellement scandaleuse que le gouvernement est obligé de céder à la foule comme à Mbour et à Kaolack. Comment réprimer des personnes qui ne font qu’exprimer l’exaspération de toute l’opinion. Et l’opinion c’est le pouvoir en démocratie. Gustave Le Bon prévient aussi que « l’anarchie c’est quand la responsabilité est nulle part ». Nous sommes en pleine anarchie au sens de Le Bon car la responsabilité n’est nulle part. L’actuel Ministre de l’énergie a été directeur General de la Sénégal et a battu les records de délestage. Pour le récompenser il a été promu Ministre. Où la responsabilité dans tout ca ? Nulle part. Et la foule a toujours besoin de bouc émissaire. La furie de la foule est telle que le DG de la Senelec risque d’être un agneau de sacrifice trop petit pour la calmer. Dans quelques jours, même la tête de Samuel Sarr ne suffira pas.
L’Afrique sur les champs Elysées
Les relations entre la France et l’Afrique continuent d’évaluer dans le registre du cavalier et du cheval et la France étant dans le rôle confortable du cavalier. Sarkozy ne s’est déplacé pour aucune des fêtes d’indépendance du cinquantenaire alors que tout le pré-carre s’est déplacé pour le 14 juillet à l’exception de Gbagbo. Le défilé des soldats africains n’a pas même pas l’excuse de l’originalité parce que avant les africains, il y a eu les indiens et les allemands. Les africains ont surtout défilé pour le prestige et le rang de la France. Sarkozy a magnifié les relations spéciales entre la France et l’Afrique. Ces relations spéciales sont une constante mais il faut les repenser. Il faut qu’elles deviennent comme celle qui lie les Etats Unis et la Grande Bretagne, l’ancienne puissance colonisatrice. C’est une relation spéciale et très solide parce que fondée sur histoire commune assumée et un respect mutuel. La France nous a donnés les la république et la valeurs de 1789, ce qui est inestimable et nous lui avons donnés des attributs de puissance parce que la France est une puissance africaine. Au niveau mondial, la puissance demeure les Etats-Unis, en Europe, c’est l’Allemagne, seul le pre-carré, son « savoir faire » en Afrique ( interventions militaires ou humanitaires) donnent des attributs de grande puissance à la France et la parade des soldats africains participent de cette volonté de la France devenue une puissance africaine.






