Archive | June, 2010

En Chine, la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire

L’instabilité actuelle des marchés financiers n’a pas dissuadé la Chine de lancer la plus grosse opération boursière de l’histoire. Agricultural Bank of China (ABC), quatrième banque de la République populaire, a en effet ouvert la souscription de ses actions à la Bourse de Hongkong, mercredi 30 juin, puis à Shanghaï jeudi. L’établissement compte lever 23,2 milliards de dollars (19 milliards d’euros) pour une première cotation début juillet.

Le record, en terme de capitaux levés, était jusqu’ici détenu par une autre banque chinoise, Industrial Commercial Bank of China (ICBC). En octobre 2006, l’établissement avait récolté sur ces deux marchés 21,9 milliards de dollars.

La mise sur le marché d’ABC, après les trois autres grandes banques publiques du pays, était prévue de longue date. Longtemps retardé à cause de la crise financière, le lancement de l’opération voit le jour dans un climat agité.

Ce calendrier peut étonner. Faut-il voir dans cette opération à contretemps une volonté d’affirmer la montée en puissance de l’économie asiatique face aux Etats-Unis et à l’Europe ? Le Conseil des affaires d’Etat n’a-t-il pas promis que Shanghaï serait, en 2020, “une place financière internationale” à même de rivaliser avec Londres et New York ? Dans les faits, cette opération titanesque masque une autre réalité. Celle d’un secteur bancaire chinois mal en point pour lequel l’appel au marché est devenu une nécessité. Les banques chinoises sont plombées depuis des années par des créances douteuses. Et parmi les grandes banques publiques, “ABC est sans doute la plus malade”, estime François Blanc, conseiller économique au consulat de Shanghaï.

CRÉANCES DOUTEUSES

Les établissements demeurant entre les mains de la puissance publique et sous l’influence des autorités locales, les octrois de crédits se sont souvent faits “sur d’autres critères que des indicateurs purement économiques”, poursuit M. Blanc. Fin 2007, selon les économistes du cabinet chinois Guodo, 23,57 % des crédits accordés par ABC étaient des créances douteuses.

Ces mauvaises dettes trouvent en grande partie leur origine dans la volonté des localités de mener à bien des projets d’infrastructures souvent somptuaires avec l’argent des banques. ABC a été mis à contribution pour financer ces projets, alors que le secteur agricole est en difficulté. Le plan de relance chinois de 400 milliards d’euros pour faire face à la crise n’a fait qu’accentuer le dérapage : l’Etat a confié aux banques le soin d’en financer au moins la moitié grâce à des prêts accordés aux localités en contrepartie d’actifs fonciers. Quelque 10 000 milliards de yuans (1 205 milliards d’euros) de nouveaux crédits ont été alloués en 2009, deux fois plus qu’en 2008.

L’introduction d’ABC, à l’instar des autres grands établissements publics, vise ainsi à recapitaliser le secteur mais aussi à le remettre au pas. “Le gouvernement veut que le marché scrute les opérations d’ABC et s’assure que chaque centime prêté ne sera pas gaspillé”, indique Xu Weihong, économiste chez Guodu à Shanghaï.

Le marché sera-t-il prêt à suivre ? Pour ne pas effrayer les investisseurs, l’Etat a pris soin, au préalable, de nettoyer le bilan des banques via la mise en place d’une structure de défaisance. “Au total, 3 235,7 milliards de yuans d’actifs pourris ont été sortis des bilans de ces quatre grandes banques publiques par l’Etat pour les assainir, dont 1 161,4 milliards pour ABC”, précise Xu Bei, économiste chez Natixis. La mesure a fait retomber le ratio de mauvaises dettes d’ABC à moins de 3%. Par ailleurs, l’Etat, qui comptait initialement récolter 30 milliards sur le marché, a revu à la baisse ses exigences.

Pour Xu Bei, le succès de l’offre ne fait pas de doute. “La situation des banques n’est pas si inquiétante qu’on le dit”, dit-elle. En cas de problème, explique-t-elle, l’Etat ou le fonds souverain chinois, le CIC, majoritaires au capital des établissements, seront toujours là pour les renflouer. Et la puissance publique ne manque pas d’argent.

En outre, dans un marché encore très fermé aux capitaux étrangers, cette opération est une aubaine pour ceux qui veulent avoir un accès à la croissance du pays. Onze investisseurs d’envergure, dont les fonds souverains du Koweït, du Qatar et de Singapour, la banque britannique Standard Chartered et le magnat hongkongais Li Ka-Shing, se sont déjà engagés à investir 5,45 milliards de dollars dans ABC.

Source: le Monde

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Les sources de tension se multiplient sur les marchés

Une zone euro à la peine, des craintes sur la santé des banques, une reprise qui semble s’essouffler aux Etats-Unis et en Chine… Les investisseurs ont brutalement connu, mardi 29 juin, un nouvel accès de fièvre. La place de Shanghaï a, la première, plongé de 4 %, suivie par les Bourses européennes (–4,01% à Paris, – 5,45% à Madrid) et par Wall Street, où le Dow Jones a reculé de 2,65 %.

Tentant de ramener le calme, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a assuré depuis Washington que “la reprise va continuer. Il n’y aura pas une nouvelle phase de récession”. Mercredi 30 juin, dans la matinée, les marchés européens se redressaient légèrement, mais les alertes persistent.

Les inquiétudes sur les banques européennes. Le rendez-vous est attendu depuis des semaines et pourtant : l’expiration, jeudi 1er juillet, d’un prêt exceptionnel accordé il y a un an par la Banque centrale européenne (BCE) aux établissements financiers de la zone euro met les marchés sous tension. Cette opération de refinancement sur douze mois, première du genre dans l’histoire de la BCE, avait vu plus d’un millier de banques emprunter le montant record de 442 milliards d’euros. Elles doivent maintenant rembourser cette somme. L’échéance est cruciale : avec la crise de la dette souveraine, les établissements rechignent à se prêter entre eux et les plus vulnérables, en Espagne notamment, sont très dépendants du “robinet” BCE.

L’institution tente de calmer le jeu en assurant que les banques pourront continuer à s’approvisionner à son guichet. Mais pour des prêts à plus court terme, de trois mois maximum. Une première opération devait avoir lieu mercredi. Selon le Financial Times, les instituts espagnols militent plutôt pour un renouvellement de l’offre sur douze mois. Une garantie plus sûre de financement à l’heure où se grippe l’accès aux liquidités. Mardi, le coût d’emprunt sur le marché interbancaire de la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis neuf mois.

Des signaux d’alarme sur les déficits. Vite, plus vite. L’alerte lancée lundi par la Banque des règlements internationaux (BRI) sur le dérapage des déficits a alimenté le stress des investisseurs. Tandis que le G20 prône une rigueur “à la carte” pour ne pas pénaliser la reprise, la Banque centrale des banques centrales souligne au contraire, dans son rapport annuel, “l’urgence” de mettre fin aux mesures de relance. Sans cet effort, un risque de “rechute” menace l’économie mondiale. La BRI pointe la “trajectoire insoutenable” que suivent les finances de plusieurs pays. La situation de la Grèce continue d’ailleurs de préoccuper les investisseurs. L’économiste Nouriel Roubini préconisait, mardi, d’engager “maintenant” une restructuration de sa dette ; une étape inéluctable.

La vigueur de la reprise américaine en doute. De la rencontre entre le président américain, Barack Obama, et le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, les investisseurs n’ont retenu qu’une phrase : “L’économie américaine fait face à des vents contraires.” Les paroles rassurantes sur les signaux positifs de la reprise ont été occultées.Les investisseurs ne croient plus à une économie américaine dont le rebond suffirait à compenser les troubles de l’Europe.Et pour cause, malgré tous les stimuli à la croissance, le chômage se maintient à 9,7 % et inquiète les ménages américains. Mardi, l’indice de confiance des ménages aux Etats-Unis publié par le Conference Board a chuté à 52,9 points, après trois mois de hausse. Le marché avait déjà dû se faire à l’idée que la croissance américaine était moins vigoureuse que prévu. La hausse du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre a été à nouveau révisée à la baisse le 25 juin, à 2,8 %, contre une première estimation, fin avril, à 3,2 %.

Le désenchantement de la croissance chinoise. Les marchés n’aiment pas les mauvaises surprises, encore moins les erreurs comptables. Mardi, l’indice composite du Conference Board sur les perspectives de croissance en Chine pour le mois d’avril a été revu à la baisse de 1,7 % à 0,3 % suite à une mauvaise comptabilisation des chiffres de construction. Lorsqu’ils l’ont appris, les investisseurs se sont affolés. Trop ? Certains analystes l’estiment.

Mais cette annonce valide la thèse selon laquelle l’économie chinoise connaîtrait désormais une phase de ralentissement. Et ce après avoir débuté l’année sur un rythme effréné à la limite de la surchauffe : une hausse du PIB de 11,9 % sur un an au premier trimestre. La Chine pourrait ainsi ne plus être en mesure de jouer les moteurs de la reprise mondiale. Mercredi, à contre-courant de la tendance générale, les Bourses d’Asie poursuivaient leur chute.

Source: le Monde

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ÉNERGIE DES MÉNAGES : Les combustibles domestiques font 84% de la consommation

Après une expérience pilote conduite dans 14 Communautés rurales au niveau du Bassin arachidier et en Casamance, le Programme pour la promotion des énergies renouvelables, de l’électrification rurale et de l’approvisionnement durable en combustibles domestiques (Peracod) ambitionne de démultiplier ces projets-pilotes participatifs d’aménagement des forêts et d’approvisionnement durable en combustibles domestiques. 127 villages riverains de 45.000 hectares de forêts sont visés.

Parce qu’au Sénégal, 84 % de la consommation énergétique des ménages sont couverts par les combustibles domestiques (bois, charbon de bois, etc.), l’Etat a mis en place d’importantes stratégies de substitution pour faire baisser considérablement l’utilisation du bois comme source d’énergie, notamment par l’introduction du gaz butane dont le prix est fortement subventionné. Malgré cela, le bois ainsi que le charbon de bois demeurent sans conteste la principale source d’énergie de cuisson du pays. Selon le conseiller principal du Programme pour la promotion des énergies renouvelables, de l’électrification rurale et de l’approvisionnement durable en combustibles domestiques (Peracod), le docteur Jörg Michael Baur, les combustibles domestiques constituent environ 84% de la consommation en énergies des ménages. Citant, une source de la Fao, il souligne qu’au Sénégal, environ 40.000 hectares des forêts disparaissent chaque année. C’est ainsi que dans la lettre de politique sectorielle du sous-secteur, la principale recommandation consiste à assurer, de manière durable, l’approvisionnement des ménages urbains et ruraux en énergie de cuisson, tout en préservant les ressources forestières et l’environnement. Le projet améliore en même temps le quotidien des populations riveraines. Le Peracod a développé en conséquence une stratégie qui permet l’implication de tous les acteurs concernés et qui permet de négocier les règles de gestion et d’exploitation de la forêt entre toutes les parties prenantes.

Ainsi, ce projet financé par les Pays-Bas, à travers la Gtz allemande, a sélectionné 14 Communautés rurales-pilotes des régions de Fatick, Kaolack et Ziguinchor. Dans ces collectivités locales-pilotes, les 127 villages riverains des forêts, selon le chef de la sous-composante Aménagement participatif des forêts, le commandant Mamadou Bodian, cela permet de protéger une superficie de forêt d’environ 45.000 hectares. Le programme de démultiplication de l’aménagement participatif des forêts et de l’approvisionnement durable en combustibles domestiques dans les trois régions susmentionnées a fait hier l’objet d’un atelier à Dakar. M. Bodian précise : « nous ne voulons pas que tout ce qui est initié par le Peracod s’arrête après le projet, c’est pourquoi on veut davantage impliquer les collectivités locales et l’administration forestière ».

Une idée bien accueillie par le chef du service forestier de Ziguinchor. Tout comme Alassane Ndour, Secrétaire général du Conseil régional de Fatick, il estime que « les combustibles domestiques sont très important en milieu rural. C’est pourquoi, il est important de recréer les forêts villageoises ».

Source: le Soleil

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RAPPORT 2010 DE L’UE : L’efficacité de l’aide a été privilégiée

La Commission européenne a adopté son Rapport annuel 2010 sur les politiques de l’Union européenne (Ue) en matière de développement et d’aide extérieure et leur mise en œuvre en 2009. Les clefs de répartition permettent de dire que l’efficience de l’aide est privilégiée.

aSelon le Rapport 2010 sur l’aide au développement européen, adopté récemment par la Commission européenne, l’Ue a octroyé un financement annuel « Fast Start » de 2,4 milliards d’euros sur la période 2010-2012 pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique. La Commission est le 2ème plus grand fournisseur d’aide au développement dans le monde, avec des engagements s’élevant à 12 milliards d’euros. Elle joue un rôle de chef de file dans la coordination des efforts de l’Ue pour rendre l’aide plus efficace. Les programmes et projets ont bénéficié à plus de 140 pays en développement en 2009. Des instruments spécifiques ont été mis en place en 2009 pour aider les pays les plus pauvres à faire face à la triple crise économique, alimentaire et environnementale. Ainsi, plus de 50 millions de personnes bénéficient d’une assistance provenant de la Facilité alimentaire de l’Ue pour lutter contre la faim. Les budgets de 15 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ont été soutenus pour résister aux pressions de la crise économique, selon le communiqué parvenu à la rédaction.

Par ailleurs, afin de mettre en œuvre le programme d’action d’Accra pour l’efficacité de l’aide, la Commission s’est concentrée sur la démonstration de résultats concrets et mesurables dans trois domaines prioritaires : l’utilisation accrue des systèmes nationaux comme première option pour canaliser l’aide bilatérale, la mise en œuvre de la division du travail entre bailleurs de fonds pour réduire la fragmentation de l’aide et l’amélioration de qualité de la coopération technique. Selon le communiqué, les résultats pour 2009 montrent que la performance des projets s’est améliorée par rapport à l’année précédente, puisque 94% des projets sont désormais évalués positivement. La part de l’aide extérieure dans le budget de l’Ue en 2009 représente 9% soit 12 milliards d’euros, du budget total de l’Ue qui est de 143 milliards d’euros. Les engagements financiers pour les pays européens (en dehors des 27) s’élèvent à plus de 2 milliards d’euros, 618 millions d’euros pour l’Afrique du Nord, 3,9 milliards d’euros pour l’Afrique, 669 millions d’euros pour le Moyen-Orient, près de 1,4 milliard d’euros pour l’Asie du Sud, l’Asie centrale et l’Extrême-Orient, 899 millions d’euros pour l’Amérique latine, 89 millions d’euros pour l’Océanie et 2,1 milliards d’euros pour l’aide non attribuée et multilatérale. Les infrastructures sociales arrivent en tête (34%) de la coopération au développement de la Commission européenne avec des engagements s’élevant à environ 4 milliards d’euros ; 1,7 milliard d’euros (14%) ont été octroyés aux secteurs de la production et 1,2 milliard d’euros (11%) ciblaient les infrastructures économiques et les services.

Source: le Soleil

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COLA ET ANACARDE : Ziguinchor organise la commercialisation

Le ministre du Commerce, M. Amadou Niang, a annoncé lundi à Ziguinchor la création d’un cadre régional de commercialisation des productions agricoles pour faire face à toutes les contraintes techniques, organisationnelles et commerciales.

Pour ce qui est de la commercialisation de la cola (la région de Ziguinchor en produit 20 tonnes par saison), le ministre a engagé les services de l’Agriculture à mettre à disposition les plants et l’encadrement technique pour porter la production à 100 tonnes. En ce qui concerne la commercialisation des noix d’acajou, il a recommandé une « bonne » sensibilisation pour que les populations et les paysans comprennent qu’il y a un marché porteur et rémunérateur à prendre au Sénégal, dans la sous-région, en Inde et en Europe. Il a appelé à assainir la filière, afin d’offrir un bon prix aux paysans, de diminuer le nombre d’intermédiaires et de surveiller le marché mondial pour que le prix au producteur évolue en fonction du cours, en insistant sur la mise en place d’une structure « légère » de suivi du cours du produit sur le marché international.

Face à la stagnation de la production de noix de cajou, constatée dans cette partie Sud du Sénégal par rapport aux régions environnantes de la Guinée-Bissau et de la Gambie, M. Amadou Niang a dit l’urgence de pallier les difficultés techniques, relatives aux plants et semis. Il n’a pas occulté les questions de qualité et de distribution. De même que le problème des équipements de transformation, estimant que c’est une contrainte qui inhibe l’expression de la valeur ajoutée. C’est ainsi qu’il a invité les producteurs à prendre, sans délai, contact avec le ministère de la Transformation pour pouvoir disposer, dans les mois à venir, des 400 unités de transformation, destinées aux Communautés rurales. Signalons que le ministre du Commerce présidait une réunion du Comité régional de développement consacrée à la commercialisation de la noix d’acajou et de la cola.

Source: le Soleil

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THE POUR LA SECURITE ALIMENTAIRE: La FAO exhorte les pays producteurs à intensifier leur consommation de thé

La Fao encourage les pays producteurs de thé à augmenter les revenus provenant de ces cultures en assurant une promotion active de la commercialisation du thé à l’échelle nationale et en faisant connaître ses bienfaits pour la santé à l’étranger. L’information est contenue dans un communiqué daté de ce 28 juin et qui est parvenue à notre rédaction.

L’agence onusienne met en garde contre les risques liés à l’extension des plantations de thé, « ce qui aurait un effet négatif sur les prix à long terme ». La Fao note que « dans un rapport paru en ligne cette semaine, la Fao a également indiqué que durant les dix prochaines années, le marché d’exportation du thé vert afficherait une croissance plus rapide que celui du thé noir ». En effet, poursuit la même source, « les marchés du thé noir dans les principaux pays importateurs arrivent quasiment à saturation et ne devraient pas se développer davantage ».

Marge de croissance à l’échelle nationale

« Les perspectives de croissance de la consommation de thé sur les marchés d’importation traditionnels, comme le Royaume-Uni et la Russie, sont relativement limitées mais dans les pays producteurs où la consommation par habitant est beaucoup plus faible, il existe une forte marge d’expansion », a indiqué Kaison Chang, Secrétaire du Groupe intergouvernemental de la Fao sur le thé, seule autorité mondiale en la matière.

La Fao fait savoir que dans les pays producteurs de thé, les consommateurs ne boivent qu’un dixième de la quantité de thé consommée par les marchés d’importations plus mûrs. « Il existe donc de belles opportunités pour les planteurs de thé si des stratégies de commercialisation judicieuses sont mises en place », souligne le rapport de la Fao.

Le communiqué informe que le Prix composite Fao du thé, indicateur mondial des cours du thé noir, a progressé de 13 pour cent en 2009, provoquant une envolée record des prix l’an dernier en raison de la sécheresse qui a sévi dans certaines des principales régions productrices d’Asie et d’Afrique. Il signale que les prix se sont désormais stabilisés avec le retour à la normale des conditions météorologiques. « L’effet de cette hausse pour le consommateur dans les pays développés s’est limité à 5 pour cent en 2009 en raison de la compétition intense caractérisant le marché des boissons », souligne l’agence onusienne.

Selon elle, « dans les pays en développement, les prix au détail du thé ont augmenté de 12 pour cent au cours de la même période. Les exportations mondiales de thé noir devraient augmenter de 1,8 pour cent d’ici à 2019, tandis que celles de thé vert devraient enregistrer une progression annuelle pouvant aller jusqu’à 5,5 pour cent. La Chine est le premier exportateur mondial de thé, suivie du Kenya, du Sri Lanka et de l’Inde ».

Nourriture en échange de thé

« Le thé peut considérablement contribuer à la sécurité alimentaire d’une nation », a fait remarquer M. Chang. « Au Kenya, par exemple, les recettes d’exportation du thé couvrent la totalité de la facture d’importations alimentaires », rapport la Fao. Avant de souligner : que les revenus provenant des exportations de thé représentent 35 pour cent environ des recettes d’exportations agricoles totales du pays. Sur cette même lancée, elle souligne qu’au Sri Lanka, second producteur mondial de thé, le thé constitue 50 pour cent des recettes d’exportations agricoles et couvre quelque 60 pour cent de la facture alimentaire.

« La hausse du prix composite Fao du thé en 2009 s’est traduite par un accroissement de 7 pour cent des recettes d’exportation au niveau mondial, affectant de manière significative les revenus ruraux et la sécurité alimentaire des ménages dans les pays producteurs de thé », a indiqué la Fao. Au cours des cinq dernières années, fait elle signaler, le thé noir a représenté 65 pour cent de la production mondiale, 67 pour cent de la consommation et 80 pour cent des échanges. Au cours des dernières années, poursuit la Fao, les bienfaits reconnus du thé vert pour la santé dans les pays développés ont contribué à la hausse des exportations.

Source: Sud

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La régulation financière et la taxation des banques, urgences oubliées du G20

La taxation des banques : elle est laissée à l’appréciation de chacun. La régulation des marchés financiers : elle attendra le sommet de novembre, en Corée du Sud. Sur les sujets qui devaient constituer le gros de ce G20 il y a encore peu, les participants au sommet de Toronto ont jugé qu’il était urgent d’attendre. Les divergences restent trop importantes, l’impréparation aussi. Le communiqué final, adopté dimanche 27 juin, “s’engage à agir ensemble pour honorer les engagements de réforme du secteur financier” pris lors des précédents sommets. S’engager à honorer ses engagements : on a connu urgence plus solennelle… Au sommet de Londres, en avril 2009, le G20 appelait à se doter au plus tôt des moyens de surmonter “les défaillances importantes dans le secteur financier, dans la réglementation et la supervision financières, (…) causes fondamentales de la crise”.

Samedi, à l’issue du G8, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Mexicain Angel Gurria, avait livré ce verdict : “Tant que la maison commune brûlait, chacun devait jeter de l’eau avec les autres pour éteindre l’incendie. Maintenant que la croissance mondiale est de retour, il redevient plus difficile de trouver des terrains communs d’accord.”

Dès lors, le communiqué final reste très soucieux de préserver la marge de manoeuvre future de chacun. Le niveau de capitaux propres des banques ? Un cadre réglementaire sera adopté, mais ses “dispositions progressives tiendront compte des points de départ des pays et des circonstances qui leur sont propres”. Bref, ses normes seront peu contraignantes.

La “supervision efficace” ? Le Conseil de stabilité financière (CSF, un organisme créé il y a quinze mois qui regroupe les organes de régulation financière des membres du G20) est chargé avec le FMI de présenter des “recommandations” pour la fin de l’année. Il en sera de même de la lutte contre le risque systémique et de l’amélioration de la transparence financière.

APPROCHES DIFFÉRENTES

Nicolas Sarkozy s’est félicité de ce que la taxation des banques, destinée à alimenter un fonds d’aide d’urgence en cas de crise, soit “reconnue comme légitime” par le G20. En réalité, l’initiative promue par le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, visant à adopter une décision collective en ce sens, a été abandonnée après s’être heurtée à de fortes réticences.

Sur ce sujet, le communiqué final est sans appel : les inévitables coûts induits par une future réforme financière font l’objet d’”une série d’approches stratégiques : certains pays ont choisi une taxe financière ; d’autres ont adopté une approche différente”…

Enfin, l’imposition d’une “contribution sur les transactions financières” (de 0,05 %) n’est à aucun moment évoquée dans le document final. Les “financements innovants” chers à M. Sarkozy demeurent une ambition lointaine.

Reste une réalité : en adoptant un projet de loi de réforme financière qui sera vraisemblablement voté par leur Congrès cette semaine, les Etats-Unis ont déterminé le cadre qui manquait jusqu’alors à une négociation générale. Rien ne pouvait réellement avancer tant que la réforme de Wall Street n’était pas engagée. M. Obama a d’ailleurs été félicité par la plupart de ses interlocuteurs pour être parvenu à ses fins.

Désormais, chacun “devra s’adapter”, reconnaissait un participant à l’une des nombreuses réunions organisées à Toronto en marge du G8 et du G20 par les banques centrales des pays concernés.

Christine Lagarde, la ministre française de l’économie, l’a expliqué : “Pour les Etats-Unis, cette loi est un gros progrès ; et elle nous oblige, nous Européens, à nous y atteler.” Après sa conférence de presse, M. Sarkozy a indiqué en aparté qu’à son avis, la régulation financière internationale ne sera pas bouclée à Séoul. Elle sera la grande affaire de la présidence française du G20. Le délai de dix-sept mois supplémentaire n’a pas semblé l’indisposer.

Source: le Monde

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Restructurer la dette, l’arme fatale des Etats

Victime de ses divergences internes, le G20, réuni à Toronto du 25 au 27 juin, semble avoir perdu le crédit de l’opinion quant à sa capacité à gérer la crise. En revanche, les inquiétudes des marchés et des gouvernements quant à la capacité des Etats de la périphérie de la zone euro – Grèce et Espagne en premier lieu – à honorer leurs dettes à terme échu, et surtout l’exposition du système financier au risque de défaut souverain de ces Etats, ont mobilisé l’attention.

“Nombre d’investisseurs cherchent à se débarrasser au plus vite des titres qu’ils détiennent sur les Etats fragiles, mais aussi sur l’ensemble de l’eurozone”, observe un économiste de banque sous couvert d’anonymat. Paradoxalement, le mécanisme de stabilisation européen doté de 500 milliards d’euros et annoncé le 9 mai, censé ramener la confiance dans la valeur des titres d’Etat, a plutôt incité à s’en débarrasser.

Aussi, certains investisseurs, sceptiques sur la capacité des Etats fragiles à retrouver la confiance des marchés, mais aussi des économistes qui doutent que leurs croissance et leurs populations puissent supporter une austérité prolongée, jugent inévitable, voire souhaitable, une restructuration de la dette, c’est-à-dire la négociation de nouvelles conditions de remboursement (délais, intérêts, montant) au détriment des créanciers.

Mais cette solution est aujourd’hui jugée impensable par les gouvernements, qui craignent ses effets sur l’état déjà déplorable des banques créancières, et une contagion de la défiance des marchés envers la zone euro tout entière.

Le hasard du calendrier veut que l’Argentine – responsable du plus grand défaut souverain de l’histoire, en 2001 – ait conclu le 22 juin avec ses derniers créanciers (à quelques-uns près) une telle négociation, ouverte en 2005.

Au final, les créanciers auront perdu en moyenne 50 % de la valeur faciale de leurs engagements. Mais cela n’a pas empêché l’Argentine de retrouver les crédits nécessaires sur les marchés internationaux grâce au retour de la croissance à partir de 2003. “Ce n’est donc pas la fin du monde, observe Nicolas Véron, de l’Institut Bruegel, un think tank bruxellois. Rétrospectivement, on peut s’apercevoir que c’était la bonne décision.”

Une décision d’ailleurs prise maintes fois par le passé, suivant des modalités variées. “Le défaut russe a marqué un tournant dans le règlement des crises financières internationales, concernant le partage du coût des créances entre créanciers publics et privés”, analyse Nicolas Meunier, économiste et spécialiste en risque-pays. Lors du défaut russe de 1998, l’encours de la dette était constitué d’une part de la dette obligataire externe, héritée de l’Union soviétique, dissoute fin 1991, d’autre part de l’endettement cumulé en capitaux étrangers. Certains emprunts étaient libellés en roubles, d’autres en devises.

Créées en 1993, les GKO (obligations d’Etat à court terme) avaient connu un franc succès. Leurs taux s’étaient envolés à près de 200 % en termes réels en 1996 et avaient attiré d’importants capitaux étrangers. A partir de fin 1996, le gouvernement russe avait commencé à recourir à des émissions en devises internationales et autorisé les banques étrangères à détenir des titres en roubles. Cette course effrénée a mené au krach.

Si les titres de la dette interne libellés en roubles relevaient de la juridiction russe, la dette extérieure, en partie émise en euro-obligations, était soumise à la surveillance des autorités financières internationales. “Le gouvernement Eltsine a donc décidé de ne pas rembourser les créanciers de titres émis en roubles, une partie de la dette soviétique a été annulée, et la dette contractée auprès du Club de Paris a été remboursée par anticipation”, indique John Chambers, président des comités de notation des Etats chez Standard & Poor’s. Le traitement de la dette a donc été défavorable aux créanciers privés : les détenteurs d’obligations d’Etat à court terme – réglementés par les lois locales – ont subi jusqu’à 90 % de décote.

INTÉRÊTS DIVERGENTS

Face à une telle restructuration, les intérêts des acteurs sont bien sûr divergents.

Les investisseurs institutionnels peuvent préférer la certitude d’un remboursement, même échelonné et moins bien rémunéré, à une succession de crises ; certains fonds spéculatifs pourront exiger leur dû en justice, tandis que d’autres préféreront racheter de la dette titrisée à bas prix dans l’espoir qu’un retour de l’Etat débiteur à meilleure fortune leur permette de la revendre plus tard à bon prix.

La population peut se diviser entre épargnants, victimes immédiates de la restructuration, et salariés, soulagés de l’abandon de l’austérité. Les entreprises se partagent entre celles qui peineront à se financer sur les marchés, et celles qui, parce qu’elles exportent, bénéficieront de la dévaluation qui accompagne un défaut souverain. Le choix de la restructuration est généralement la résultante de ces intérêts divergents. “C’est avant tout un choix politique, estime Nicolas Meunier. C’est au gouvernement de décider, soit de continuer à ponctionner l’économie pour pouvoir rembourser, soit de changer le cadre de ce remboursement en ouvrant une négociation avec ses créanciers.”

Source: le Monde

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Le TICAA 2010 a fait de Dakar ’’un hub touristique’’, selon Mamadou Racine Sy

La première édition du Salon international du tourisme, des industries culturelles et de l’artisanat d’art (TICAA 2010) a permis au Sénégal de s’imposer en ‘’hub touristique de la sous-région’’, a déclaré, lundi à Dakar, le président du Syndicat patronal de l’industrie hôtelière au Sénégal (SPIHS), Mamadou Racine Sy.

‘’Depuis l’indépendance du Sénégal, il n’y a jamais eu un acte d’une telle portée’’, a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse convoquée par le ministre de l’Artisanat, du Tourisme et des Relations avec le secteur privé et le secteur informel pour faire le bilan de cette manifestation tenue en fin mai dernier à Dakar.

Alors que le Burkina Faso ou le Mali, par exemple, s’affairaient à l’organisation de leur Salon dédié au tourisme dans leur pays, ‘’le Sénégal n’organisait rien du tout’’, a déploré M. Sy

‘’Pour une première, ça a été un succès’’, a-t-il estimé en référence à la première édition du TICAA 2010.

A partir de cette manifestation, ‘’Dakar s’est imposée non seulement comme un Salon de référence (…), mais comme le hub touristique de la sous-région’’, s’est félicité Mamadou Racine Sy.

‘’Mais, a-t-il ajouté, c’est seulement à partir du Salon TICAA que Dakar peut se prévaloir de cela’’.

‘’Aucune œuvre n’est parfaite’’, a-t-il rappelé, en notant que le TICAA 2010 ‘’a simplement eu le mérite de s’être tenu’’ .Il a ajouté que le secteur privé nourrit l’espoir de voir ce Salon devenir une ‘’référence pour toute l’UEMOA.’’

‘’Nous pouvons aujourd’hui dire que nous avons rencontré avec le ministre Thierno Lô un véritable partenaire’’, a-t-il déclaré au cours de cette rencontre avec les journalistes au cours de laquelle il a apporté un ‘’message de satisfaction par rapport à tout ce qui s’est passé.’’

‘’Il nous revient également de vous témoigner en même temps que notre satisfaction, notre gratitude par rapport au courage que vous avez eu. Aujourd’hui, force est de constater que le ministre Thierno Lô a posé un acte d’une portée considérable qu’aucun acteur du privé ne peut valablement nier’’, a souligné le président du SPIHS.

Source: Aps

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TARIFICATION DES APPELS TÉLÉPHONIQUES EXTÉRIEURS : Les gains pourraient atteindre 270 milliards, selon l’Artp

Le Sénégal pourrait dans cinq ans et s’il le souhaite se passer des financements du Millenium challenge account (Mca) grâce aux ressources qui seront tirées du mécanisme de contrôle et de tarification des appels téléphoniques à destination du pays, a soutenu Amadou Lamine Dial.

« Avec les ressources que ce mécanisme va générer, le Sénégal pourrait d’ici à 5 ans se passer des financements du Millénium challenge account (Mca), (estimés à 270 milliards de Fcfa) », a notamment déclaré le directeur en charge de l’optimisation des ressources de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes, lors d’un « petit déjeuner de l’Aps » dont il était l’invité. En effet, souligne M. Dial, ce mécanisme adopté par plusieurs pays de la sous-région dont le Ghana où il s’est rendu en mission entraînera des rentrées d’argent massives pour le Trésor public sénégalais. Par ailleurs, il ajoute que la mise en place de ce mécanisme n’entraînera pas une augmentation des coûts pour les appelants. Le responsable de l’Artp a notamment soutenu que les prix au détail « ne seront pas impactés chez l’appelant, mais plutôt l’opérateur étranger dont le gain sur ces communications constitue un scandale comparé à celui des opérateurs locaux ». Selon M. Dial, le Sénégal enregistre chaque année un manque à gagner estimé à au moins 26 millions de dollars à cause de la fraude sur le trafic international s’opérant vers lui. « En l’état actuel, a-t-il indiqué, on peut même dire que ce sont les pays en développement qui financent en partie les économies des pays développés », du fait des énormes ressources en jeu dans le secteur des télécommunications. Il a ajouté que « c’est pour remédier à cette situation que le Sénégal a décidé de mettre en place ce mécanisme qui permettrait à chacun de gagner et de lutter contre la fraude ».

Le mécanisme de contrôle et de tarification des appels à destination du Sénégal, a expliqué Amadou Lamine Dial, constituera une sorte d’observatoire du marché des télécommunications au Sénégal (…)

Ainsi, ajoute-t-il, « le centre de supervision et de connexion des équipements de signalisation installé au niveau des opérateurs téléphoniques du pays, permettra d’avoir une vision sur l’ensemble du trafic entrant au Sénégal, de faire une identification des abonnées, tout en assurant une conservation des numéros même en cas de changement d’opérateur ».

Le mécanisme dont la mise en œuvre est confiée au groupe Global voice groupe (Gvc) permettra de mettre à nu toutes les fraudes et du coup d’annihiler toutes les velléités allant dans ce sens, a indiqué Amadou Lamine Dial.

Source: le Soleil

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Ecovision – Recommandations bien tardives

La presse s’en est largement fait l’écho ces derniers jours : le Rapport 2010 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) relatif au développement économique en Afrique recommande aux Etats africains d’être fermes dans les négociations avec leurs nouveaux partenaires du Sud, de veiller à ce que cette coopération profite prioritairement au développement des capacités de production du continent, à ce que leurs intérêts nationaux soient privilégiés. La Cnuced est partie du constat de l’importance grandissante de la part des pays émergents dans le commerce extérieur africain (32,5% en 2008 contre 19,6% en 1995) pour déplorer la prépondérance des produits de base dans leurs importations et des produits manufacturés dans leurs exportations, et énoncer ses recommandations.

La Cnuced est assurément la voix économique de toutes les nations. Mais ses conseils à l’Afrique semblent bien tardifs. On ne l’a pas beaucoup entendue sur ce registre, durant toutes ces dernières décennies, quand les pays industrialisés, qu’ils soient anciens colonisateurs ou non, avaient la haute main sur les ressources naturelles de l’Afrique qu’ils ont exploitées pour leur machine économique, sans être confrontés à aucune concurrence, et sans réellement investir dans l’outillage du continent pour son développement endogène. Très peu de voix s’élevaient pour dénoncer ce pillage et les politiques d’ajustement structurel antinomiques à la croissance et au développement que les Institutions de Bretton Woods ont imposées aux Etats africains pour leur soi-disant rééquilibrage macroéconomique, mais qui, en réalité, avaient pour finalité le renforcement et la pérennisation des intérêts du grand capital occidental et multinational sur le sol noir.

C’est maintenant que l’Afrique commence à franchir des pas déterminants dans le sens de son indépendance économique, par la libre diversification de ses partenaires extérieurs, principalement du côté du Sud émergent, que des augures s’épanchent sur les risques d’une reconduction du schéma classique jusque-là entretenu avec le Nord industrialisé. Ils sont réels, mais les Africains qui aspirent à vivre autrement leurs relations avec le reste du monde savent à quoi s’en tenir ; ils sont dans de meilleures dispositions pour ne pas retomber dans le piège infernal de la dépendance économique unilatérale.

Même si, au demeurant, les pays émergents, principalement la Chine et l’Inde, s’intéressent, au premier chef, tout comme les Occidentaux, aux matières premières africaines dont ils ont le plus besoin pour faire tourner leurs usines, la concurrence qu’ils suscitent a l’avantage, pour l’Afrique, d’améliorer les cours de ses matières premières. Ensuite, alors que les partenaires traditionnels du continent ont, pendant des décennies, rechigné à contribuer au financement de la mise en place des bases fondamentales de son développement, ses amis du Sud déploient, depuis quelque temps, d’appréciables efforts pour l’aider à se doter d’indispensables infrastructures. Par ailleurs, comme le reconnaît la Cnuced, la part des économies émergentes du Sud dans l’investissement étranger direct est en nette augmentation, pour se situer, en moyenne, à 20,8% dans la période 2000-2008, et est à destination des infrastructures et de la production. Et, à la différence de ce qui est de mise sous la houlette de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, les prêts consentis ne sont obérés d’aucune conditionnalité.

La démocratie et le respect des droits humains sont certes essentiels dans le devenir des nations, mais ils ne doivent pas servir de prétexte pour sevrer les peuples de moyens utiles à la sortie de la pauvreté et à leur mieux-être collectif. D’autant que, d’une manière ou d’une autre, ils auront à rembourser les prêts consentis, bien au-dessus de leur valeur réelle. La condition essentielle de toute aide au développement est qu’elle serve effectivement à relancer des économies en difficulté, comme ce fut le cas, soixante-cinq années plus tôt, avec le Plan Marshall américain au profit de l’Europe occidentale, sortie de la seconde guerre mondiale en ruine et exsangue.

Que préconise, in fine, la Cnuced ? Rien d’autre qu’un partenariat triangulaire Pays émergents du Sud – Afrique en développement – Pays développés du Nord. Cette proposition n’est, somme toute, pas nouvelle du tout. Et elle n’est pas sans inquiéter, car elle laisse subodorer une intention non avouée de vouloir concilier les intérêts des économies développées et émergentes sur le dos des Africains.

La bonne logique, pour l’Afrique en tout cas, est que ces entités demeurent en concurrence absolue dans leur positionnement, ou repositionnement, sur ce continent. Le drame serait qu’ils arrivent à se liguer dans le dessein de reproduire, ou de perpétuer, cet ordre économique mondial inique qui étouffe la liberté d’initiative et les opportunités de croissance et de développement des pays africains, surtout les chances de ceux qui font tout pour s’extirper de l’ornière.

Source: le Soleil

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FAIBLESSE DES RESSOURCES AQUACOLES : La Fao appelle les acteurs à redoubler d’efforts

Face à la raréfaction des ressources halieutiques, l’aquaculture (pisciculture, crevetticulture, ostréiculture, etc.) constitue une alternative crédible pour assurer la sécurité alimentaire. Pourtant, la dizaine de projets lancés depuis 2000 peinent à donner les résultats escomptés.

Dynamiser le secteur aquacole, pour faire face au déclin de la production halieutique marine, tel est l’objectif que s’est fixé l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts), dans le cadre de la célébration de la Journée de la renaissance scientifique en Afrique, à travers un séminaire sur « L’aquaculture durable en Afrique ». Et ce, en partenariat avec l’Académie des arts, des lettres et des sciences du Canada (Src), l’Institut universitaire des pêches et aquaculture (Iupa-Ucad) et l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana). Autour du thème : « Aquaculture durable en Afrique », cet atelier, qui regroupe des experts venus d’Afrique et des autres continents, des représentants de la communauté scientifique et des partenaires au développement oeuvrant pour le développement de l’aquaculture, entre dans le cadre de la célébration de la Journée de la renaissance scientifique de l’Afrique (Jrsa 2010).

Venu présider l’ouverture du séminaire, M. Omar Ngalla Diop, directeur de Cabinet du ministre chargé de l’Aquaculture, souligne la « pertinence » du choix du thème, notamment dans un contexte marqué par « un déclin de la production halieutique marine ». C’est pourquoi, dit-il, l’aquaculture constitue une solution au déficit alimentaire » et espère que « des recommandations pertinentes » permettant de booster le secteur sortiront de l’atelier.

Passer de l’étape embryonnaire à la production commerciale

Abordant dans le même sens, le Pr Doudou Bâ, secrétaire permanent de l’Ansts, estime que l’aquaculture est un secteur « prioritaire » pour les pays africains. « Toutefois, regrette-t-il, au Sénégal, nous sommes encore à une étape embryonnaire. L’aquaculture n’est pas bien développée. Certains pays comme le Bénin, le Ghana, le Nigeria ou la Côte d’Ivoire sont très en avance par rapport à nous. C’est pourquoi, ce séminaire constitue un cadre utile d’échange d’expériences ».

Sensiblement dans la même veine, le Pr Omar Thiom Thiaw, directeur de l’Iupa, juge que le bilan de la dizaine de projets entrepris depuis les années 1980 est « mitigé ».

« Le Sénégal fait partie des pays où les résultats sont jugés presque insignifiants par la Fao. Nous devons faire plus d’efforts dans ce domaine pour fournir aux populations suffisamment de protéines mais aussi, l’aquaculture peut être une énorme source de devises pour l’économie nationale », plaide-t-il. Parmi les raisons qui expliquent l’absence de résultats satisfaisants, il cite le « le manque d’accompagnement nécessaire » pour les premiers projets, « l’absence de ressources humaines (qu’est en train de combler l’Iupa) et la non-implication du secteur privé ». Pour inverser cette tendance et favoriser le développement de ce secteur jugé porteur, l’Etat a mis en œuvre une nouvelle stratégie et a manifesté sa volonté par la création de l’Ana. Parallèlement, les efforts continuent sur le plan de la recherche où une quarantaine d’ingénieurs ont été déjà formés, indique le Pr Thiaw.

150 tonnes en pisciculture, ostréiculture et crevetticulture

D’après les chiffres de la Fao, au niveau mondial, l’aquaculture a représenté 59,4 millions de tonnes sur une production totale (aquaculture plus pêches marine et continentale) de 142 millions de tonnes, soit plus de 70 milliards en 2004. La production aquacole a connu une progression de plus de 10 % entre 1990 et 2000 et, d’après les prévisions, elle devrait doubler d’ici 2030. Au Sénégal l’ensemble de la production (pisciculture, ostréiculture et crevetticulture) ne dépasse pas 150 tonnes, toutes espèces confondues. Donc, face aux difficultés de la filière de la pêche traditionnelle et pour faire face au déficit croissant entre l’offre et la demande en produits halieutiques (déficit qui dépasserait 50 % de la production nationale d’ici 2015), l’aquaculture constitue « l’alternative » en matière de sécurité alimentaire. D’autant plus que le Sénégal ne manque pas d’atouts : une longue côte, un réseau de cours d’eau douce dense, des mangroves, des lacs artificiels et des bassins de rétentions, etc. Un programme de réalisation de douze fermes de production (dont deux sont déjà en construction à Saint-Louis et Ziguinchor) d’une capacité de 500 tonnes chacune, est en train d’être mis en œuvre. Ce présent atelier ambitionne notamment de « revisiter la politique aquacole du Sénégal ». Les questions liées à la recherche, au développement et à la gouvernance de la filière aquacole seront abordées au cours des différents panels.

Source: le Soleil

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Transformation des produits alimentaires :Bientôt une convention de partenariat entre la tutelle et l’Afsdn

Séduit par le dynamisme des femmes de la région du Nord dans la promotion de l’économie locale, le ministre de tutelle propose un partenariat avec elles pour mieux les assister dans leur élan.

Le ministre d’Etat, ministre des Mines, de l’Industrie, de la Transformation des produits alimentaires et des Pme a décidé, samedi à Saint-Louis, de mettre en place un cadre formel entre son département et l’Association des femmes pour la solidarité et le développement du Nord (Afsdn) pour mieux accompagner cette organisation féminine de développement à la base. ‘Je propose un partenariat entre notre ministère et l’Afsdn pour appuyer celle-ci, en termes de formation, d’encadrement, d’équipement, etc dans les efforts qu’elle déploie pour booster l’économie de la région du Nord. Je demande à mes collaborateurs, notamment à la directrice de la transformation alimentaire de préparer un protocole d’accord ou une convention qui pourra nous permettre de mieux suivre les activités de ces femmes’, a déclaré Me Ousmane Ngom lors de la clôture du forum sur les ‘Journées économiques de la région du Nord’. ‘Nous avons constaté votre engagement et votre détermination dans la promotion de l’économie locale. Ce sont des signes que nous avons bien perçus. C’est la raison pour laquelle nous avons pris la décision de mettre en place un partenariat. Et nous allons tout faire pour que cette convention de partenariat soit signée dans un mois au plus tard, soit à Saint-Louis, soit à Dakar. Vous méritez bien un traitement préférentiel’, s’est-t-il empressé d’ajouter.

Sous ce chapitre, Me Ngom a annoncé la décision prise par le gouvernement d’amener 500 unités polyvalentes de transformation des produits de l’agriculture. Et les femmes du Nord en auront une part importante, selon lui.

Il rassura ainsi les femmes qui se plaignaient surtout, dans leur intervention, du manque d’équipement de transformation de leurs produits. Dans son mot de clôture, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), organisation patronale initiatrice de la rencontre, a surtout mis l’accent sur le ‘succès’ des journées économiques du Nord. ‘Les résultats de ces journées sont positifs en termes de contenu (échanges entre les panélistes et les opérateurs économiques), de participation (la présence effective pendant 48 heures du ministre d’Etat, Me Ousmane Ngom, et du ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation, Aliou Sow) et les participants sont restés assidus’, a-t-il dit.

Un avis partagé par les nombreux participants à la rencontre, à l’image d’une délégation du Fonds monétaire international (Fmi) conduite par son représentant résident au Sénégal. ‘La région Nord a un potentiel économique et c’était intéressant d’entendre le débat qui a eu lieu entre les opérateurs à la base, les entrepreneurs, les Collectivités locales et le gouvernement. C’est une initiative intéressante et très bonne pour avoir permis ce dialogue direct’, a déclaré Valeria Fichera.

Beaucoup de recommandations ont été prises à l’issue de ces journées. Parmi celles-ci figure, en première ligne, l’institutionnalisation de cette rencontre qui est désormais inscrite dans l’agenda économique de la région Nord. La mise en place d’un comité de suivi élargi au ministères concernés est aussi une décision importante prise par les organisateurs de cet évènement.

Source: Walf

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Wall street sous contrôle: une nouvelle ère pour la finance?

La nouvelle règlementation financière des Etats-Unis vient d’aboutir a un accord entre les Sénateurs et les Représentants du Congrès. Depuis les réglementations de 1933 et 1934 à la suite du crash boursier de 1929, c’est à une transformation fondamentale du paysage financier que nous allons assister. Devant l’incapacité des financiers à s’autoréguler, le législateur américain a développé une reglementation d’environ 2000 pages qui visent l’ensemble des aspects de la finance.

Le fait qu’il y ait un accord politique entre démocrates et républicains sur ce projet est en soi remarquable : Wall Street trouvait généralement un soutien presque sans réserve auprès des républicains. C’est l’opinion publique qui a fait la différence. Les abus de la finance ont en effet eu des conséquences concrètes sur l’américain moyen : augmentation des taux de financement de leurs habitations, baisse du marché immobilier, pertes de logements, d’emplois massifs. Nombre d’entre eux n’ont plus été en mesure de financier les études de leurs enfants.

Même si Wall Street n’est pas responsable de la crise économique, elle a l’affaiblie et a détérioré la santé financière des entrepreneurs et des consommateurs. Il était devenu impossible pour les républicains de soutenir ouvertement les banques. L’arrogance de Goldman Sachs, l’affaire Madoff et les bonus payés par des banques qui devaient leur salut au contribuable ont fait le reste.La nouvelle législation modifie substantiellement le paysage financier américain.

La création d’un conseil qui rassemblera les grands régulateurs et la Federal Reserve devrait permettre de mieux prévoir les crises et leurs conséquences.

La victoire la plus significative est de ne plus permettre aux banques d’utiliser leurs fonds propres à des fins spéculatives. Les hedge funds internes seront strictement limités, et dans un grand nombre de cas, les opérations spéculatives devront être effectuées en dehors de la banque, dans des filiales spécialisées dont l’explosion n’atteindra pas les activités bancaires elles-mêmes. Connue sous le non de « Volker Rule » du nom de l’ancien président de la Federal Reserve, elle ne permet plus aux banques de prendre leurs activités bancaires en otage de leur spéculation. JP Morgan avait eu le culot d’annoncer deux jours plus tôt le rachat d’un hedge fund brésilien : cette opération ne pourra se réaliser. Les participations ne pourront etre que minoritaires. · En ce qui concerne les produits dérivés, la structure du marché va évoluer vers plus de transparence : au lieu de maintenir des spécificités inutiles, une forme de standardisation va être établie et les transactions vont se dérouler sur des marchés réglementés, principalement les bourses. Cette transparence permettra également d’en mesurer les dangers.

Une initiative qui tenait à cœur au Président Obama a tenu le coup dans cette lutte de pouvoir : la création d’une agence qui aura pour fonction de règlementer et d’appliquer des règles strictes visant à mettre fin a ce qu’il faut bien considérer comme une forme de harcèlement du consommateur. C’était la bête noire des Républicains : les abus récents des banques ont rendu toute opposition vaine.

Sur la taille des institutions (« too big to fail »), c’est à travers les régulateurs que sera suivie l’évolution de la taille et des risqué des banques. Les banques contribueront à hauteur de 20 milliards de dollars à la création d’un mécanisme permettant d’intervenir a temps, sans devoir faire appel au contribuable.

Quant aux banques qui continueront à développer et vendre des produits structures ou a securities des actifs financiers, il leur sera impose de garder dans leurs bilans 5% au moins de ces actifs : cela assurera une défense contre une attitude qui consistait à vendre n’importe quoi avec une notation favorable sans conséquences pour les émetteurs. Cette législation est une victoire pour le Président Obama.

Elle n’est cependant pas parfaite. Comme pour les soins de sante, son gouvernement a du accepter des concessions importantes pour arriver à obtenir le consensus politique nécessaire. Les banques et autres institutions financières ont livré une bataille pied à pied, et dépensé plus d’un million par jour pour influencer l’administration américaine.Même si cette législation couvre les Etats-Unis seulement, les nouvelles règles du jeu commencent à être claires et influenceront le monde.

Au niveau mondial, les négociations qui se déroulent a Bale au sein du « Basle Committee » de la Banque des Règlements Internationaux progressent et les règles qui en émaneront s’imposeront bien au-delà des Etats-Unis : ce seront les règles qui imposeront au système bancaire mondial une plus grande solidité face aux risques les plus spéculatifs et des remparts de liquidité pour éviter la crise des dernières années.

L’Europe a longtemps réclamé cette règlementation américaine : pour le G 20 de Toronto, les Etats-Unis pourront faire état de leur capacité de réformer Wall Street. Face à cette réalisation, la question que les négociateurs américains poseront est celle de savoir ou en est l’Europe. Affaiblie par la crise de l’euro et par l’absence de progrès dans la réforme de la règlementation, la délégation européenne ne sera pas en position de force. C’est dans son propre jardin que l’Europe doit maintenant intervenir.

Face à l’acte II de la crise financière que sera la gestion des déficits publics, le fait que les institutions financières seront étroitement contrôlées est manifestement une amélioration. Mais nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge, même si un pas significatif vient d’être franchi dans la nuit de jeudi à vendredi à Washington.

Source: le Monde

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G20 : les dirigeants ne trouvent pas de voie commune

Les dirigeants des pays les plus industrialisés et des grandes puissances émergentes réunis à Toronto, au Canada, se sont séparés dimanche 27 juin sans avoir réussi à s’entendre sur une voie commune pour limiter les errements de la finance et coordonner leurs politiques économiques. Il a été ainsi convenu que chacun avancera à son propre rythme en adoptant des politiques “différentes” qui tiennent compte des “circonstances nationales”. “Nos défis sont aussi divers que nos nations”, a déclaré le président américain Barack Obama.

Sur la taxe spécifique au secteur bancaire, chacun est libre d’agir comme il lui plaît. “Certains pays imposent une taxe financière tandis que d’autres ont choisi une approche différente”, peut-on lire dans le long communiqué final publié dimanche. “Ce qui est déjà extraordinaire, c’est qu’on ne nous empêche pas de le faire et ça fera tâche d’huile”, s’est félicité le président français, Nicolas Sarkozy, même si les Européens espéraient convaincre leurs partenaires d’adopter en bloc cette mesure.

Se voulant lui aussi positif, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a expliqué que toutes ces références à la “situation particulière de chaque pays” se justifiaient. “On voit bien l’intérêt qu’il y a à gagner de la croissance, si chacun fait ce qu’il a à faire”, a-t-il déclaré après le sommet.

C’est cet état d’esprit qui a amené le G20 à adopter, sur le sujet polémique des déficits budgétaires, une formule lancée quelques semaines auparavant par les Américains : “des plans de consolidation favorables à la croissance”. Les Européens estiment que les engagements de réduction des déficits contenus dans le communiqué montrent que le G20 a validé leur position. Leur réduction de moitié sur trois ans paraît même largement à portée de main au vu des engagements pris par tous les Etats, y compris les Etats-Unis. Également annoncée, la stabilisation du ratio dette/produit intérieur brut (PIB) à une échéance de six ans s’annonce plus délicate à tenir, les Etats-Unis tablant ainsi jusqu’ici sur une hausse de ce ratio au moins jusqu’en 2015.

Le G20 a également appelé à “accroître la flexibilité du taux de change dans certains marchés émergents”. En ligne de mire : la Chine, seul membre du groupe à ne pas avoir de monnaie flottant librement si on excepte l’Arabie saoudite dont la politique de taux de change ne pose de problème à personne. Pékin s’est montré prêt la semaine passée à assouplir son régime de changes, ce qui devrait permettre une revalorisation de la monnaie chinoise.

SATISFACTION GÉNÉRALE

L’avantage de ce G20 à la carte sera de permettre à chacun de revendiquer une victoire de retour chez lui. “Les pays émergents ont été tout à fait pris en compte dans le communiqué, nos positions sont toutes là”, a claironné le ministre des finances brésilien Guido Mantega, chef de délégation en l’absence de son président Luiz Inacio Lula da Silva. “Le G20 est une composante essentielle de la stratégie de l’administration (du président américain Barack) Obama pour assurer la reprise mondiale”, s’est félicitée la Maison Blanche.

Une exception japonaise a par ailleurs été consacrée à Toronto. Tokyo a obtenu “davantage de latitude” que les autres dans des objectifs de réduction de la dette publique exagérément ambitieux pour ce pays parmi les plus endettés au monde. Mais le plus satisfait était encore l’hôte canadien, estimant avoir obtenu tout ce qu’il avait souhaité. “Ici, on a franchi des étapes importantes, des étapes que le Canada recherchait”, a déclaré le premier ministre Stephen Harper au moment de clore le sommet.

Les dirigeants ont rendez-vous pour un nouvelle réunion dans moins de cinq mois à Séoul, un temps court entre deux rencontres de cette importance. Organisé en sommet depuis 2008, année où la crise économique était à son plus fort, le G20, qui réunit les Etats-Unis, leurs grands alliés européens, le Japon mais aussi la Chine, le Brésil, l’Inde et la Russie, souffre aujourd’hui du rythme plus ou moins rapides des sorties de crise de ses membres, qui se traduisent par des priorités différentes.

Source: le Monde

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CRISE ÉCONOMIQUE : Les voies du commerce et de la régionalisation

Développer des analyses et des positions indépendantes autour des questions d’intégration régionales. C’est le but visé par les organisations de la Société civile ouest-africaine qui ont organisé à Dakar un atelier axé autour du « Dialogue régional sur le commerce et le développement en Afrique de l’Ouest »

Dans un contexte mondial peu favorable où, une série de crises multiformes et multidimensionnelles affectent les Etats ouest-africains qui, aujourd’hui, peinent à faire face à leurs obligations en matière de politiques de développement, des réflexions s’imposent. Ainsi, en partenariat avec le réseau Tiers-Monde (Twn africain), l’Ong Enda organise un atelier de réflexion axé sur « Dialogue régional sur le commerce et le développement en Afrique de l’Ouest ».

Son objectif est de partager l’information et les analyses relatives à cette crise, de servir de plate-forme pour le renouvellement de la capacité et de l’engagement des Etats et des organisations de la Société civile à prendre conscience de son impact, d’aider la Société civile à davantage peser sur les politiques et décisions liées à l’intégration en Afrique de l’Ouest, entre autre. Selon le coordonnateur de programme « Commerce intégration régionale et développement » à Enda, Cheikh Tidiane Dièye, les solutions de cette crise mondiale ne peuvent venir que de l’intérieur des régions qui disposent de grands potentiels pour y faire face. A l’en croire, cet atelier offre un cadre de réflexion aux différents acteurs qui discutent des solutions à apporter.

« Aujourd’hui, la porte d’entrée c’est le commerce. C’est pourquoi nous estimons que l’Afrique de l’Ouest doit promouvoir ce secteur », souligne-t-il. Et d’ajouter que notre région commerce peu avec elle-même. Le commercer intra régional n’est que de 15 % maximum à côté des échanges entre les Etats-Unis, le Mexique, le Canada, entre autre, qui atteignent 60 % ou le commerce inter-Etats qui est de 70 % dans l’Union européenne. Plusieurs thèmes (sessions) sont inscrits au programme. Notamment, la nature et l’évolution de la crise économique mondiale et son impact sur les économies des pays de l’Afrique de l’Ouest, l’intégration et les politiques commerciales en Afrique, l’agriculture et le marché ouest-africain, entre autre. Parlant de la première session centrée sur la nature et l’évolution de la crise économique en Afrique de l’Ouest, le chargé de programme du réseau Twn Africa), Gyekye Tanoh, dira que la crise est la résultante d’un ensemble de facteurs. Il s’agit d’une absence de politiques économiques cohérentes, basées sur le souci de la satisfaction de nos besoins économiques internes, d’un manque de volonté politique de nos leaders à affronter de façon courageuse les problèmes économiques que nous avons. Dans de telles circonstances, le présentateur préconise comme solution, la régionalisation. « C’est la construction la plus importante, pour les pays en développement qui cherchent un moyen global de sortie de crise et de s’orienter vers une transformation et un développement soutenu ».

Source: le Soleil

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